18.10.2023 – AUDIENCE GÉNÉRALE À ROME

Audience générale: Charles de Foucauld, figure prophétique de notre temps

À mi-chemin de l’assemblée synodale, François choisit l’exemple évangélisateur de saint Charles de Foucauld, et met en relief les différentes facettes de la vie du saint, dont son attention à l’importance des laïcs pour la participation à la mission de l’Église.

Jean Charles Putzolu – Cité du Vatican

La tendresse d’un frère du désert était au centre de la catéchèse de François, ce mercredi 18 octobre pour l’audience générale place Saint Pierre. Poursuivant sur le zèle apostolique du croyant, le Pape a mis en lumière l’amour de Saint Charles de Foucauld pour le Christ «au point de passer de l’attraction pour Jésus à l’imitation de Jésus». Dans une de ses lettres à un ami de lycée non croyant, Gabriel Tourdes, le frère Charles écrit avoir perdu son cœur pour Jésus de Nazareth.

François relève ici un premier aspect: recevoir Jésus dans le cœur est le premier pas de l’évangélisation. Il s’en explique: «Si ce n’est pas le cas, difficilement nous réussissons à le montrer par notre vie. Nous risquons en revanche de parler de nous-mêmes, de notre groupe, d’une morale ou, pire encore, d’un ensemble de règles, mais pas de Jésus, de son amour, de sa miséricorde». Charles de Foucauld a fait de Jésus la passion de sa vie. Il s’est rendu à Nazareth pour marcher là où le Christ avait marché. Il visite en Terre Sainte les lieux de la vie du Seigneur et «vit une relation intense avec Lui». Il parcourt les Évangiles des heures durant, jusqu’à se sentir comme «le petit frère» de Jésus. C’est de là, souligne François, que nait son ardent désir de faire connaitre le Christ; «toute notre existence doit crier l’Évangile», écrit Charles.

Crier dans le silence

L’attitude évangélisatrice de Saint Charles de Foucauld ne fait pourtant pas de bruit. Il s’installe pauvrement dans le désert du Sahara et passe la moitié de ses journées en silence, «convaincu que la « vie eucharistique » évangélise». Pendant des heures, il reste en prière devant le tabernacle, aux pieds de Jésus, qui est pour lui le premier évangélisateur. Il laisse donc agir le Christ qui, dans l’adoration de l’Eucharistie, le rapproche des autres. Cette force de l’Eucharistie était concrète pour Saint Charles de Foucauld. L’est-elle aussi pour nous? «Croyons-nous au pouvoir de l’Eucharistie?» interroge François. «Notre sortie vers les autres, notre service, trouve-t-il là, dans l’adoration, son commencement et son accomplissement?», questionne le Saint-Père.

Tout chrétien est un apôtre

Dans une correspondance à son ami Joseph Hours, Charles de Foucauld affirme que «tout chrétien est apôtre», et il ajoute qu’«à côté des prêtres, nous avons besoin de laïcs qui voient ce que le prêtre ne voit pas, qui évangélisent avec une proximité de charité, avec une bonté pour tous, avec une affection toujours prête à se donner». Le Souverain pontife voit dans cet échange du début du XXe siècle une anticipation du Concile Vatican II. La perception de l’importance des laïcs par le frère Charles est prémonitoire. Et François d’indiquer aux fidèles quelques lignes utiles pour un appel d’air. Il suggère de s’inspirer du saint pour faire accroitre la participation des laïcs, de se mettre à genoux, d’accueillir l’action de l’Esprit «qui suscite toujours de nouvelles manières de s’engager, de se rencontrer, d’écouter et dialoguer, toujours dans la collaboration et dans la confiance», en soulignant la nécessité d’une participation qui soit «toujours en communion avec l’Église et avec les pasteurs».

Ces quelques mots de François adressés aux pèlerins de la place Saint-Pierre, pourraient aussi résonner jusque dans la salle Paul VI, toute proche, où les participants au synode sont appelés à réfléchir et échanger sur cette thématique, puisque l’Instrumentum laboris, l’a portée à l’ordre du jour de cette manière: «Il est nécessaire de donner un nouvel élan à la participation spéciale des laïcs à l’évangélisation dans les diverses sphères de la vie sociale, culturelle, économique et politique», dans la section B2 intitulée: «Que faire pour qu’une Église synodale soit aussi une Église missionnaire “toute entière ministérielle?”»

L’apostolat de la douceur

Le frère du désert, proche des pauvres et pauvre avec eux, est donc une «figure prophétique de notre temps», affirme le successeur de Pierre. Il a témoigné «de la beauté de la communication de l’Évangile à travers l’apostolat de la douceur». Son cœur était ouvert à l’accueil de tous. Il avait tissé des liens d’amitié avec les pauvres et les Touaregs, et finalement avec ceux qui étaient éloignés de sa mentalité. La «force évangélisatrice» de la «tendresse»de Charles de Foucauld a ouvert les portes de la fraternité, de l’inclusion, et de l’appréciation de la culture de l’autre. Enfin, François conclut sur la joie de l’annonce. Se référant à Charles, qui aimait aussi rire, ce qui mettait de bonne humeur son entourage, facilitait les liens et la compréhension de l’autre, l’évêque de Rome demande de porter la joie en nous et aux autres. La joie est la charité du cœur et «le thermomètre qui mesure la chaleur de notre annonce de Jésus».

Source : VATICANNEWS, le 18 octobre 2023

« Notre Dame arrive en courant chaque fois qu’il y a un problème »

Unsplash/Jacob Bentzinger

« Notre Dame arrive en courant chaque fois qu’il y a un problème »

Nous avons prié le rosaire, une prière belle et vitale, parce qu’elle nous met en contact avec la vie de Jésus et de Marie. Et nous avons médité les mystères joyeux, qui nous rappellent que l’Église ne peut être que la maison de la joie. La petite chapelle dans laquelle nous nous trouvons est une belle image de l’Église : accueillante, sans portes. L’Église n’a pas de portes, pour que tous puissent y entrer. Et ici, nous pouvons aussi insister sur le fait que tout le monde peut entrer, parce que c’est la maison de notre Mère, et qu’une mère a toujours le cœur ouvert à tous ses enfants, à tous, à chacun, sans aucune exclusion.

Nous sommes ici, sous le regard maternel de Marie, nous sommes ici en tant qu’Église, Église Mère. Le pèlerinage est précisément une caractéristique mariale, car la première à se rendre en pèlerinage après l’annonce de Jésus fut Marie. Dès qu’elle entendit que sa cousine était enceinte – elle était bien avancée en âge – elle se mit en route en toute hâte. L’Évangile dit « elle s’est hâtée », nous dirions « elle partit en hâte », elle partit en hâte avec ce désir d’aider, d’être présente.

Les titres de Marie sont nombreux, mais en y réfléchissant, nous pourrions aussi dire : Notre-Dame qui arrive en courant, chaque fois qu’il y a un problème, chaque fois que nous l’invoquons, elle n’est pas en retard, elle vient, elle se dépêche, « Notre-Dame pressée », vous aimez ? Disons-le tous ensemble : « Notre-Dame en hâte ». Elle se hâte d’être près de nous, elle se hâte parce qu’elle est Mère. En portugais, nous disons « apressada », me dit Mgr d’Ornelas. Notre-Dame « apressada ». Et c’est de cette façon qu’elle accompagne la vie de Jésus, qu’elle ne se cache pas après la Résurrection, qu’elle accompagne les disciples dans l’attente de l’Esprit Saint, et qu’elle accompagne l’Église qui commence à grandir après la Pentecôte. Notre-Dame qui prend soin et Notre-Dame qui accompagne.

Elle accompagne toujours. Elle n’est jamais protagoniste. La mission d’accueil de Marie notre Mère est double : d’abord elle accueille et ensuite elle montre Jésus. Dans sa vie, Marie ne fait rien d’autre que de montrer Jésus. « Faites tout ce qu’il vous dira. » Suivez Jésus.

Ce sont les deux gestes de Marie, pensons-y bien : elle nous accueille tous et elle montre Jésus. Et cela elle le fait avec un peu de prévenance, « apressada ». Mère attentionnée qui nous accueille tous et nous montre Jésus. Et chaque fois que nous venons ici, souvenons-nous de ceci. Marie s’est rendue présente ici d’une manière particulière, afin que l’incrédulité de tant de cœurs puisse s’ouvrir à Jésus. Par sa présence, elle nous montre Jésus, elle nous montre toujours Jésus. Et aujourd’hui, elle est ici parmi nous, elle est toujours parmi nous, mais aujourd’hui, nous la sentons beaucoup plus proche. « Marie pressée ».

Pape François

Le 5 août, lors de la méditation du Rosaire, pendant les Journées Mondiales de la Jeunesse à Lisbonne

www.zenit.org

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

Belgique : attentat à Bruxelles

Logo de la Conférence épiscopale de Belgique
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Belgique : attentat à Bruxelles

Les évêques belges appellent à ne pas céder à la spirale de la violence

Voici le communiqué que les évêques de Belgique publient au lendemain de l’attentat à Bruxelles qui a fait deux morts.

Une fois de plus, nous sommes secoués par un attentat dans notre pays. Nos prières et nos pensées vont aux victimes innocentes et à leurs familles.

L’auteur de l’attentat aurait voulu se venger à partir d’une foi radicalisée. Quoi qu’il en soit, aucune insulte, aucune agression, même si elle nous touche profondément, ne peut être jugulée par la violence.

Certes, une société sans sécurité est impossible. Mais une société sans fraternité et sans solidarité est tout aussi impossible.

Alors surtout, ne cédons pas à ceux qui veulent nous diviser et nous opposer. Ne nous retranchons pas derrière les hauts murs de notre bon droit, effrayés et traqués, le dos tourné à l’autre. Aussi naïf que cela puisse paraître, nous avons grand besoin de bâtisseurs de ponts. C’est vrai au niveau des pays et des peuples. C’est tout aussi vrai à l’intérieur de nos propres cercles.

Soyons plus que jamais des artisans de paix.

Les évêques de Belgique

Source : ZENIT.ORG, le 17 octobre 2023

Terre Sainte : prière pour la paix à Nazareth

Nazareth, basilique de l'Annonciation © David Shankbone wikimedia commons
Nazareth, Basilique De L’Annonciation © David Shankbone Wikimedia Commons

Terre Sainte : prière pour la paix à Nazareth

Journée de prière et de jeûne pour la paix au Moyen Orient

En cette Journée de prière et de jeûne pour la paix au Moyen Orient, mardi 17 octobre 2023, les célébrations et les recueillements des fidèles ont eu lieu dans la Basilique de l’Annonciation de Nazareth, qui abrite la grotte de l’Annonciation, indique l’agence vaticane Fides.

Au terme de l’angélus du dimanche 15 octobre, le pape François a invité les fidèles à prier pour la paix en Terre Sainte. Il a en effet dit : « La prière est la force douce et sainte qui s’oppose à la force diabolique de la haine, du terrorisme et de la guerre. J’invite tous les croyants à se joindre à l’Église en Terre Sainte et à consacrer le mardi 17 octobre prochain à la prière et au jeûne. »

Hier soir, le 16 octobre, les Sœurs ont organisé une veillée de prière dans la grotte de l’Annonciation. La messe a été célébrée ce mardi matin à 8h devant la grotte, suivie de l’exposition solennelle du Saint-Sacrement tout au long de la journée. La récitation du Rosaire à 11h et la récitation de l’Angélus à 12h ont eu lieu en présence des Sœurs franciscaines du Cœur Immaculé de Marie, des Sœurs salésiennes de Nazareth et d’autres communautés de femmes consacrées. Ce soir, Mgr Rafic Nahra, vicaire patriarcal pour Israël du Patriarcat latin de Jérusalem célébrera une messe en arabe dans la Basilique de l’Annonciation, suivie du Rosaire de saint Joseph, qui fait partie des saints qui seront invoqués pour demander à Dieu le don de la paix.

« Aujourd’hui, toute notre communauté est immergée dans le silence, le jeûne et la prière au Très-Haut. La prière la plus profonde est de demander à Dieu d’accorder la paix au cœur des hommes », explique le vicaire.

Mgr Nahra souligne qu’il est « nécessaire de rompre le cercle vicieux de l’inhumanité, de la violence, de la vengeance ». « Nous voyons avec une extrême souffrance, dit-il, qu’il y a de la colère dans le cœur de chacun et qu’il est même difficile de dire un mot. La seule façon de briser ce cercle est d’accomplir des actes concrets de proximité et de miséricorde pour dissoudre la haine, qui est la racine de tout mal, de toute violence et de toute cruauté. » « Seule la miséricorde de Dieu peut ouvrir un chemin de réconciliation, ajoute-t-il. C’est pourquoi nous nous arrêtons dans la prière et le jeûne. »

Source : ZENIT.ORG, le 17 octobre 2023

18.10.2023 – SAINT DU JOUR

St Luc

St Luc

ÉVANGÉLISTE (IER SIÈCLE)

Saint Luc
Évangéliste et martyr
(Ier siècle)

Luc, né à Antioche, est une des principales gloires de cette ville. On sait peu de chose de ses premières années ; on ignore même si, avant sa conversion, il était païen ou observait la religion juive ; cette dernière opinion est la plus généralement adoptée.

Luc selon le témoignage de saint Paul, à la fin de sa Lettre aux Colossiens « Vous avez la salutation de Luc, le médecin bien-aimé, et de Démas. » (4, 14), était médecin. Personne n’a autant mérité que lui le titre de « porteur de la Bonne Nouvelle de Jésus Sauveur » ! 

Son œuvre comporte deux parties reliées par Jérusalem : son Évangile en est comme l’ascension depuis Bethléem et Nazareth (l’évangile de l’Enfance), et le témoignage des Actes des Apôtres nous conduit de Jérusalem à Rome. Saint Luc nous a ainsi laissé, avec saint Paul, la plus importante contribution personnelle au Nouveau Testament : il est l’historien de l’Église naissante. 

Ami et compagnon de saint Paul, avec Timothée il sera l’un des amis les plus intimes de l’Apôtre des Nations, spécialement au cours des 2e et 3e missions, à travers l’Asie mineure, la Grèce, la Méditerranée et enfin Rome.

Saint Luc, en communion étroite avec le témoignage des Apôtres et de l’Église de Jérusalem, se fera, selon l’expression de Dante, « le chantre de la mansuétude du Christ » ! Dans la personne et le visage de Jésus le Sauveur, Luc met d’abord en relief, avec une très vive sensibilité, l’amour qui est tendresse et miséricorde. 

C’est dans son évangile qu’on trouve les récits les plus forts : de l’Agonie de Jésus au Jardin des oliviers, de l’accueil sans limites à tous les pécheurs, à tous les malades d’où qu’ils viennent. On y trouve les paraboles du publicain et du bon Samaritain et le témoignage du bandit qui meurt dans la paix, en croix près de Jésus. Les femmes, dans l’œuvre de saint Luc, ont une place considérable qui correspond parfaitement aux attitudes du Seigneur : l’accueil de la pécheresse, l’hospitalité de Marthe et l’écoute de Marie à Béthanie, les veuves de Naïm et du Temple… et surtout la place faite à Marie, Mère de Jésus. Luc nous en a laissé la plus belle Icône en témoignant : « Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. » (Luc 2,19)

Qui n’a entendu parler des Vierges peintes par saint Luc ? D’après une tradition, il aurait obtenu de Marie la grâce de faire son portrait, et la divine Mère aurait consenti à poser devant lui ; le travail terminé, la Sainte Vierge l’aurait béni en disant : « Ma grâce sera toujours avec cette image. » Les Madones de saint Luc sont vénérées en plusieurs lieux. 

Les Actes s’achevant brutalement, sans que l’on sache ce qu’il advint de saint Paul toujours détenu à Rome, le lecteur en conclut que saint Luc mourut avant lui. Cependant, Selon Épiphane (Haer. 51), à la mort de Paul, Luc serait revenu évangéliser en Macédoine. Vivant une vie de moine, il serait mort à l’âge de 84 ans. 

Selon d’autres sources, il aurait connu le martyre (crucifiement). Au IVe siècle, sa dépouille aurait été transférée de Patras à l’église des Apôtres de Constantinople, ce qui donna lieu à la dispersion et la vénération de nombreuses reliques du saint (comme celle de sa tête emportée par saint Grégoire jusqu’à Rome) ; en outre, plusieurs icônes de la Vierge étaient considérées comme ayant été peintes par saint Luc, car à sa pratique des langues, du droit et de la médecine il aurait ajouté celle de la peinture.

Les peintres et les médecins le regardent comme leur patron.

Luc est symbolisé par le taureau, animal de sacrifice, parce que son évangile commence par l’évocation d’un prêtre sacrificateur desservant le Temple de Jérusalem : Zacharie, le père de Jean-Baptiste.

Pour un approfondissement :
>>> Livre des Actes des Apôtres
>>> Évangile selon saint Luc

Saint Luc priez pour nous !

Mgr Shomali: «La paix est la seule ressource dont nous avons besoin en Terre Sainte»

Des missiles dans le ciel du sud de la bande de Gaza, le 16 octobre 2023. (AFP or licensors)

Mgr Shomali: «La paix est la seule ressource dont nous avons besoin en Terre Sainte»

À l’initiative du Patriarcat latin de Jérusalem, une journée de prière, de jeûne et d’abstinence est proposée ce mardi 17 octobre pour la paix et la réconciliation en Terre Sainte. Mgr William Shomali, le vicaire général et patriarcal latin pour Jérusalem et la Palestine, nous explique le sens de cette démarche, alors que les chrétiens de Gaza, privés de sommeil, vivent une peur de tous les instants.

Entretien réalisé par Marie Duhamel – Cité du Vatican

Dans leur foyer ou en paroisse, les croyants du monde entier sont invités ce mardi 17 octobre à une journée de jeûne, de prière et d’abstinence pour la paix et la réconciliation en Terre Sainte. Des Etats-unis au Cambodge en passant par la France, des diocèses se proposent de suivre cette initiative du Patriarcat latin de Jérusalem, de l’assemblée des ordinaires catholiques de Terre Sainte, relancée par l’ensemble des patriarches et des chefs des Églises à Jérusalem. Dimanche dernier, le Pape lui-même, lui apportait son soutien, en rappelant que «la prière est la force douce et sainte qui s’oppose à la force diabolique de la haine, du terrorisme et de la guerre». 

Mgr William Shomali est le vicaire général et vicaire patriarcal latin pour Jérusalem et la Palestine. Il revient sur le soutien nécessaire à apporter en particulier aux chrétiens de Gaza qui vivent actuellement dans la peur.

Les paroissiens de Gaza ont peur parce que les Israéliens leur ont demandé d’évacuer vers le Sud. Ils n’ont pas accepté parce qu’ils sont déjà réfugiés à Gaza depuis 1948 et ils ont entendu parler de cette expérience malheureuse et ne veulent pas la répéter. Surtout qu’au Sud, rien ne les attend. Il n’y a ni tentes, ni eau, ni nourriture, ni médicaments. Il n’y a rien. Ils se retrouveraient dans les rues ou dans des champs, ça ne peut pas marcher. Donc ils préfèrent, s’il le faut, mourir chez eux. Donc aujourd’hui, la question, c’est la peur et l’impact négatif sur la psychologie des enfants. La moitié des chrétiens qui se trouvent à Gaza (ndrl, réfugiés dans les églises, catholique et orthodoxe de la ville et dans un centre associatif chrétien) sont des enfants qui ont très peur et toute la journée ils ne font rien. Il n’y a pas d’école, donc ils ne pensent qu’à la violence, à ce qui va arriver. Sans parler du fait que pendant la nuit, aucun d’entre eux ne dort parce qu’il y a le bruit des armes, des bombardements. Et quand les gens ne dorment pas, c’est terrible. Le curé qui se trouve là est très fatigué. Il est surchargé parce qu’il doit soigner les 400 fidèles qui se trouvent chez lui, matériellement et spirituellement.

Est-ce que les événements en cours transforment leur foi? Est ce que dans un contexte de peur, la prière peut être, sinon apaisante, au moins structurante?

Comment les aider depuis Jérusalem ? Vous vous faites l’écho d’une réunion ce lundi de dix organisations caritatives chrétiennes, présentes à Gaza, pour une meilleure coordination de l’aide dans l’enclave malgré le blocus. Comment cette aide s’organise?

Il y a un blocus, mais Gaza a deux millions d’habitants et les grands marchands sur place ont des dépôts d’eau, de riz. C’est vrai qu’on ne trouve pas tout ce qu’on veut, mais les choses nécessaires existent encore. Hier, nous avons demandé de l’eau. Le plus difficile était de faire parvenir l’eau aux chrétiens parce qu’il y a un danger d’être bombardé. D’ailleurs, les taxis se font payer beaucoup plus qu’auparavant. Même l’eau coûte plus cher. Avant, une bouteille coûtait l’équivalent de 2 €, maintenant elle coûte 5 €. Et à Gaza, c’est difficile. Parfois, un ouvrier ne prend pas 5 € par jour. Mais, la paroisse distribue l’eau gratuitement. Nous lui envoyons de l’argent, pour l’eau et la nourriture.

Il faut souligner également qu’avant la guerre, nous avons laissé un dépôt et d’autres agences chrétiennes ont un dépôt caché à Gaza. Aussi, à la paroisse, les gens font la cuisine, Ils ont du gaz. Il en va de même à la paroisse orthodoxe. Donc jusqu’à présent, ils ont de quoi boire et manger. Ils disposent aussi d’une citerne souterraine d’où ils font sortir l’eau qui n’est pas potable. C’est pour simplement aller se laver, pour les toilettes. Pour extraire cette eau de la citerne, il faut toutefois de l’électricité et pour l’électricité, il faut du carburant. Or, le carburant va manquer dans deux jours, s’il n’y a pas de nouvel approvisionnement. Et, pour se laver ou pour les toilettes, on a besoin d’eau tous les jours. Donc la situation humanitaire est très fragile.

Sur un plan spirituel, le Patriarcat est donc à l’initiative de cette journée de prière de jeûne, d’abstinence pour la Terre Sainte ce mardi 17 octobre. Quel est le sens de cette initiative?

Toujours dans l’histoire, quand il y a eu des pandémies, des maladies, des catastrophes ou désastres naturels, l’Église a eu recours à Dieu. Car lorsque nous sommes impuissants, c’est la puissance de Dieu qui remplace notre faiblesse. Nous croyons que Dieu peut changer le cours de l’histoire, et convaincre les politiciens à adopter une autre attitude. Regardez la création de l’Union européenne après deux guerres mondiales ?

“Nous prions pour que le Seigneur nous fasse éviter le pire”

C’est vrai, c’est une initiative humaine, mais inspirée par Dieu. Tout ce qui est bien, vient aussi de Dieu. Ensuite, la prière peut empêcher le pire. Le pire, c’est évacuer tout le nord de Gaza, bombarder et tuer. Si cela arrive, il y aura un désastre humain terrible. Il pourrait y avoir un génocide parce qu’il y a des milliers et des milliers de personnes qui mourraient. Donc, nous prions pour que le Seigneur nous fasse éviter le pire et pour qu’il donne la force de résister dans le sens humain, de croire en Lui, en sa bonté malgré la souffrance.

Le Patriarcat a donc appelé à la prière. Le patriarche lui-même a proposé de prendre la place, si c’était nécessaire, d’un otage enfant. Le Saint-Siège a proposé une médiation. Comment les chrétiens peuvent aider, sinon à aboutir à la paix, mais au moins à protéger les civils, à arrêter les bombardements, etc.

En tant que patriarcat, nous sommes une petite Église. Nous ne sommes pas une superpuissance comme les États-Unis, la Chine, la Russie. Ainsi, nous ne pouvons pas vraiment élaborer un plan politique de réconciliation entre les deux parties. Mais notre prière inspire les chefs politiques qui lisent nos communiqués. Le patriarche a parlé dernièrement et à plusieurs reprises avec le cardinal Parolin. Le cardinal Pizzaballa a également échangé avec le Secrétaire d’État américain, il a rencontré hier la ministre française des Affaires étrangères et il y a trois jours le chef de la diplomatie italienne.

La voix de l’Église est écoutée. Notre attitude modérée envers les deux parties est plus acceptable que le son d’une seule cloche. Notre prière et notre médiation dans ce sens est positive en vue d’une entente mutuelle, car on le sait il n’y a pas d’entente. Il y a deux langages, deux récits, deux histoires à raconter. Tout est double, tout est contradictoire.

Il faut vraiment des médiateurs, C’est vrai. On peut en partie jouer le rôle de médiateur à travers nos communiqués, pour parler avec les gens puissants, mais aussi il faut que l’Egypte, les Émirats, les Américains interviennent. Ceux sont eux qui ont la puissance de changer le cours de l’histoire.

On a parlé des chrétiens de Gaza, mais plus largement, comment est-ce que cette guerre affecte les chrétiens de Terre Sainte? Vous-même qui êtes Palestinien, quel est votre sentiment aujourd’hui?

Nous sommes tristes et ressentons aussi une certaine angoisse pour l’avenir, parce que quoi qu’il se passe, c’est à nous d’intervenir sur le côté humanitaire. Nous sommes responsables. Nous prions pour que le Seigneur nous épargne un désastre humanitaire qui peut arriver si la guerre continue longuement. Maintenant, la Palestine est bouclée.

Moi, je ne peux pas aller à Bethléem ; les gens de Bethléem ne peuvent pas venir ici. Tous les chemins qui mènent à Jérusalem sont bloqués avec des grands blocs de pierre ou de ciment. C’est fermé.

Autre souci, il n’y a pas de pèlerins, et ainsi il n’y a pas de travail pour la majorité des gens. Donc, d’ici à Noël, les Palestiniens seront confrontés à vraiment beaucoup de pauvreté. Je ne parle pas de Gaza seulement. Cela nous donne un certain sens d’angoisse. Et comment intervenir et réagir s’il y a des difficultés économiques? On ne peut pas toujours compter sur les donateurs. Ils sont fatigués de donner. Il y a eu tellement de guerres entre Gaza et Israël, quatre guerres, et chaque fois, les Européens ont dû reconstruire, reconstruire, reconstruire. On ne peut pas toujours attendre des miracles de la part des donateurs. C’est pourquoi le meilleur don, c’est la paix et l’arrêt de la guerre. Pour cela, nous prions.

Source : VATICANNEWS, le 17 octobre 2023

18.10.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,1-9.

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.


Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

évêque, théologien et martyr

Contre les Hérésies, III, 14-15; SC 34 (trad. cf Cerf 1984, p. 337s)

Saint Luc, compagnon et collaborateur des apôtres

Que Luc ait été inséparable de Paul et son collaborateur dans la prédication de l’Évangile, lui-même le montre avec évidence, non pour se glorifier mais poussé par la vérité elle-même. En effet, lorsque Barnabé et Jean, surnommé Marc, se sont séparés de Paul et se sont embarqués pour Chypre, Luc écrit : « Nous sommes venus à Troas » (cf Ac 16,8.11)…; puis il décrit en détail tout leur voyage, leur venue à Philippes, et comment ils y ont annoncé la parole pour la première fois… Il relate dans l’ordre tout son voyage avec Paul dont il raconte les circonstances avec toute la précision possible… Ayant été présent à tous ces événements, Luc les a consignés de façon précise ; on ne peut surprendre chez lui ni mensonge ni orgueil, car tous ces faits étaient connus… Que Luc ait été non seulement le compagnon, mais encore le collaborateur des apôtres, de Paul surtout, Paul le dit clairement lui-même dans ses lettres : « Demas m’a abandonné et s’en est allé à Thessalonique, Crescens en Galatie, Tite en Dalmatie, Luc seul est avec moi » (2 Tm 4,11). Cela prouve bien que Luc a toujours été uni à Paul, de façon inséparable. De même dans la lettre aux Colossiens, on lit : « Luc, le médecin bien-aimé, vous salue » (Col 4,14)… D’autre part, nous connaissons beaucoup d’événements de l’Évangile — et des plus importants — par Luc seul… Qui sait, d’ailleurs, si Dieu n’a pas fait en sorte que beaucoup de traits de l’Évangile aient été révélés par Luc seul…, pour que tous se laissent guider par le témoignage qu’il apporte ensuite [dans son deuxième livre] sur les actes et la doctrine des apôtres, et qu’en gardant ainsi inaltérée la règle de la vérité, tous puissent être sauvés. Ainsi le témoignage de Luc est vrai ; l’enseignement des apôtres est clair, solide et ne cache rien… Telles sont les voix de l’Église, d’où toute l’Église tire son origine.

LECTURES :

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4,10-17b.

Bien-aimé, Démas m’a abandonné par amour de ce monde, et il est parti pour Thessalonique. Crescent est parti pour la Galatie, et Tite pour la Dalmatie.
Luc est seul avec moi. Amène Marc avec toi, il m’est très utile pour le ministère.
J’ai envoyé Tychique à Éphèse.
En venant, rapporte-moi le manteau que j’ai laissé à Troas chez Carpos. Apporte-moi aussi mes livres, surtout les parchemins.
Alexandre, le forgeron, m’a fait beaucoup de mal. Le Seigneur lui rendra selon ses œuvres.
Toi aussi, prends garde à cet individu, car il s’est violemment opposé à nos paroles.
La première fois que j’ai présenté ma défense, personne ne m’a soutenu : tous m’ont abandonné. Que cela ne soit pas retenu contre eux.
Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent.

Psaume 145(144),10-11.12-13ab.17-18.

Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.

Ils annonceront aux hommes tes exploits,
la gloire et l’éclat de ton règne :
ton règne, un règne éternel,
ton empire, pour les âges des âges.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Il est proche de ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’invoquent en vérité.