05.11.2023 – ANGÉLUS À ROME

Angélus: soigner la vie intérieure, afin d’être des chrétiens cohérents et crédibles

Lors de la prière de l’angélus place Saint-Pierre, devant de nombreux fidèles, le Pape François a mis l’accent sur: «la distance entre le dire et le faire, et la primauté de l’extérieur sur l’intérieur». François a exhorté ce dimanche 5 novembre, à pratiquer ce que l’on prêche en tant que chrétiens.

Myriam Sandouno – Cité du Vatican

« »Car ils disent et ne font pas » et « toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens »». Le Pape attire tout d’abord l’attention des fidèles sur ces paroles de Jésus à l’égard des scribes et pharisiens, relevées dans l’Évangile de Matthieu. (Mt 23, 1-12). Il y a là une distance entre le dire et le faire, et la primauté de l’extérieur sur l’intérieur, fait remarquer François.

À ces guides religieux, «maîtres d’Israël, qui prétendent enseigner aux autres la Parole de Dieu et être respectés comme autorités du Temple, Jésus conteste la duplicité de leur vie: ils prêchent une chose, mais en vivent une autre», explique-t-il. Le Saint-Père met en garde contre le danger de la duplicité du cœur, qui met en péril «l’authenticité de notre témoignage et notre crédibilité en tant que personnes et en tant que chrétiens».

Vivre avec « un pied dans deux chaussures »

Reconnaissant certes «que nous faisons tous l’expérience, d’une certaine distance entre le dire et le faire en raison de notre fragilité», il exhorte à plus de responsabilité dans la société ou encore dans l’Église. Pour un prêtre, un agent pastoral, un homme politique, un enseignant ou un parent, cette règle s’applique toujours, affirme-t-il, puis d’insister: «ce que vous dites, ce que vous prêchez aux autres, engagez vous à être le premier à le vivre». Pour être un enseignant qui fait autorité, «il faut d’abord être un témoin crédible», comme l’a rappelé saint Paul VI.

La primauté de l’extérieur sur l’intérieur

Vivant dans la duplicité, rappelle le Pape, les scribes et les pharisiens s’inquiètent de devoir cacher leur incohérence pour sauver leur réputation extérieure. Car «si les gens savaient ce qu’il y a vraiment dans leur cœur, ils seraient couverts de honte et perdraient toute crédibilité. Ils accomplissent donc des œuvres pour paraître justes, pour « sauver la face », comme ils disent». Ainsi, pour terminer, le Souverain pontife invite à l’introspection: «Essayons-nous de pratiquer ce que nous prêchons, ou vivons-nous dans la duplicité? Sommes-nous seulement préoccupés de nous montrer impeccables à l’extérieur, ou prenons-nous soin de notre vie intérieure dans la sincérité du cœur?»

À la Sainte Vierge «qui a vécu avec intégrité et humilité de cœur selon la volonté de Dieu», le Pape confie tous les fidèles, «afin qu’elle nous aide à devenir des témoins crédibles de l’Évangile».

Source : VATICANNEWS, le 5 novembre 2023

Marie nous montre combien Dieu aime et respecte la liberté de l’homme

Jacopo Bellini, L’Annonciation, 1430-1435, église Sant’Allessandro, Brescia. CC BY-SA 3.0/Wolfgang Moroder

Marie nous montre combien Dieu aime et respecte la liberté de l’homme

Nous avons certainement écouté de nombreuses fois le dialogue de l’Annonciation (cf. Lc 1, 26-38) entre une jeune fille nommée Marie et l’Archange Gabriel, envoyé par Dieu. Un échange sur lequel nous pouvons toujours revenir car il s’agit d’un moment capital pour l’alliance entre Dieu et l’humanité.

Et lorsque Marie répond « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1,38) ce Oui de Marie, bien qu’il n’ait apparemment rien changé, est fondamental : à partir de ce moment, le Fils du Très-Haut fut conçu dans son sein. À cet instant, le très grand miracle s’est produit : Dieu s’est fait homme. Le Ciel éclate en une grande fête. 

Cette scène nous révèle l’immense amour de Dieu pour ses créatures, mais aussi comment Il s’appuie sur la correspondance humaine pour réaliser son plan de salut. Marie nous montre combien Dieu aime et respecte la liberté de l’homme et désire sa coopération pour que la rédemption puisse continuer à s’accomplir dans toutes les âmes.

« En toi aussi, ô Marie, se manifestent aujourd’hui la force et la liberté de l’homme. Après qu’un si grand dessein a été conçu, l’ange te fut envoyé pour t’annoncer le message de la divine décision en te demandant ton consentement ; et le Fils de Dieu n’est pas descendu dans ton sein avant que tu n’aies donné le consentement de ta volonté. Il attendait aux portes de ta volonté que tu ouvres à celui qui voulait venir à toi ; Il ne serait jamais entré si tu n’avais pas ouvert la porte en disant : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1,38). La divinité éternelle a frappé à ta porte, ô Marie, mais si tu n’avais pas ouvert les portes de ta volonté, Dieu n’aurait pas pris chair humaine ».(1)

Nous n’aurons jamais assez de gratitude envers la Sainte Vierge pour avoir dit oui à l’appel de Dieu.

Adapté de :

Maria Candela, Chemin, no 145

opusdei.org/fr/article/comme-dans-un-film-la-vocation-de-marie/

Extrait des Prières de Sainte Catherine de Sienne, vierge et docteur (OR, XI, Annonciation 1379 ; ed. G. Cavallini, Rome 1978, pp. 123-129).

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

05.11.2023 – SAINT DU JOUR

St Guy Marie Conforti

St Guy Marie Conforti

ÉVÊQUE ET FONDATEUR († 1931)

St Guy-Marie Conforti

Évêque de Parme et fondateur

« Missionnaires xavériens »

 

Guido Maria Conforti naît le 30 mai 1865 à Casalora de Ravadese dans la province de Parme en Émilie.

Encore enfant, il est déjà frappé à la vue du crucifix qui semble « lui dire beaucoup de choses », et à qui il attribue sa vocation.

Adolescent, il est conquis à la lecture de saint François Xavier. 

Prêtre, il crée en 1895 un séminaire pour les Missions étrangères qui devient en 1898 la « Congrégation de Saint François Xavier pour les Missions étrangères ».

Ordonné évêque de Ravenne en 1902, il est nommé à Parme en 1907 ; c’est là qu’il résidera jusqu’à sa mort. En 1912, il ordonne le premier évêque xavérien pour la Chine : Mgr Luigi Calza, vicaire apostolique de Cheng-Chow. Dans son propre diocèse, Mgr Conforti constate un abandon préoccupant de la foi. Il a l’intuition que la mission ‘ad gentes’ pourrait revitaliser la foi languissante des pays de vieille chrétienté, bref, que la foi s’accroît en la transmettant.

Conscient que tout prêtre doit être missionnaire, il fonde avec le Père Manna en 1917 l’Union Missionnaire du Clergé qui prendra rapidement une extension mondiale. Mais tout laïc chrétien aussi est appelé. « Faisons-nous donc tous apôtres, dit-il à ses diocésains, car nous le pouvons et nous le devons tous, dans l’état et dans la condition dans laquelle la divine Providence nous a placés. »

La source d’où tirent leur vigueur, à la fois son zèle infatigable et le don total de lui-même à la mission ‘ad gentes’, c’est la croix. « Le crucifix, dit-il, est le grand livre sur lequel se sont formés les saints.(…) Tous les enseignements contenus dans le saint Évangile sont résumés dans le Crucifix ».

En 1928, malgré l’avis formel de ses médecins, il se rend en Chine pour visiter ses missionnaires. Il partage leur vie frugale et se rend dans les postes les plus reculés. Au retour, il en rend compte à ses diocésains avec émerveillement.

Il meurt à Parme le 5 novembre 1931.

Guido Maria Conforti a été béatifié, par Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), le 17 mars 1996, et canonisé, le 23 octobre 2011, par Benoît XVI (Joseph Ratzinger, 2005-2013).

La devise de saint Guido Maria Conforti, « Caritas Christi Urget Nos » (la charité du Christ nous presse), résume le programme de l’institut missionnaire qu’il créa, une famille religieuse entièrement consacrée au service de l’évangélisation sous le patronage de saint François-Xavier, le grand apôtre de l’orient.

St Guy-Marie Conforti priez pour nous !

05.11.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 23,1-12.

En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples,
et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse.
Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas.
Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ;
ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues
et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères.


Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux.
Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

pape et docteur de l’Église

Livre XIV, SC 212 (Morales sur Job, trad. A. Bocognano, éd. du Cerf, 1974 ; p. 345-347)

« Le principe de tout péché, c’est l’orgueil. » (Si 10,15)

« Que la mort aînée dévore la beauté de sa peau et qu’elle consume ses bras. » (Jb 18,13 Vg) La beauté de la peau désigne la gloire temporelle, qui est désirée extérieurement et qui est retenue comme une brillante apparence sur la peau. Quand au mot de bras, il s’applique avec justesse à nos œuvres, le travail corporel étant accompli par les bras. Et que peut être la mort, sinon le péché, qui sépare l’âme de la vie intérieure et la tue ? (…) Si donc le péché est la mort, on peut entendre avec justesse par mort aînée l’orgueil, puisqu’il est écrit : « Le principe de tout péché, c’est l’orgueil. » (Si 10,15 Vg) La beauté de sa peau et ses bras sont donc dévorés par la mort aînée, car gloire et activité de l’injuste sont jetés à terre par l’orgueil. Il aurait pu, en cette vie même, se maintenir dans sa gloire sans péché s’il n’avait pas été orgueilleux ; il aurait pu se recommander au jugement de son créateur par certaines de ses œuvres si sous les yeux de son juge ces œuvres mêmes n’étaient pas jetées à terre par sa fierté. Souvent, nous voyons des riches qui auraient pu garder puissance et gloire sans péché, s’ils avaient voulu les garder avec humilité. Mais ils se rengorgent au milieu de leurs biens, ils plastronnent dans les honneurs, ils ne sont que dédain pour le reste du monde et ils mettent toute la confiance de leur vie dans l’abondance des biens. C’est ainsi que parlait un riche : « Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années, repose-toi, mange, bois, fais bonne chère. » (Lc 12,19) Mais quand le juge d’en-haut voit ainsi leurs pensées, il arrache ces hommes à leur confiance même.

LECTURES :

Livre de Malachie 1,14b.2,1-2b.8-10.

Maudit soit le tricheur qui possède un mâle dans son troupeau, qui fait un vœu et qui sacrifie au Seigneur une bête mutilée ! Je suis un grand roi – dit le Seigneur de l’univers –, et mon nom inspire la crainte parmi les nations.
Maintenant, prêtres, à vous cet avertissement :
Si vous n’écoutez pas, si vous ne prenez pas à cœur de glorifier mon nom – dit le Seigneur de l’univers –, j’enverrai sur vous la malédiction, je maudirai les bénédictions que vous prononcerez. Oui, je les maudis, car aucun de vous ne prend rien à cœur.
Mais vous vous êtes écartés de la route, vous avez fait de la Loi une occasion de chute pour la multitude, vous avez détruit mon alliance avec mon serviteur Lévi, – dit le Seigneur de l’univers.
À mon tour je vous ai méprisés, abaissés devant tout le peuple, puisque vous n’avez pas gardé mes chemins, mais agi avec partialité dans l’application de la Loi.
Et nous, n’avons-nous pas tous un seul Père ? N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ? Pourquoi nous trahir les uns les autres, profanant ainsi l’Alliance de nos pères ?

Psaume 131(130),1.2.3.

Seigneur, je n’ai pas le cœur fier
ni le regard ambitieux ;
je ne poursuis ni grands desseins,
ni merveilles qui me dépassent.

Non, mais je tiens mon âme
égale et silencieuse ;
mon âme est en moi comme un enfant,
comme un petit enfant contre sa mère.

Attends le Seigneur, Israël,
maintenant et à jamais.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 2,7b-9.13.

Alors que nous aurions pu nous imposer en qualité d’apôtres du Christ, au contraire, nous avons été pleins de douceur avec vous, comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons.
Ayant pour vous une telle affection, nous aurions voulu vous donner non seulement l’Évangile de Dieu, mais jusqu’à nos propres vies, car vous nous étiez devenus très chers.
Vous vous rappelez, frères, nos peines et nos fatigues : c’est en travaillant nuit et jour, pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous, que nous vous avons annoncé l’Évangile de Dieu.
Et voici pourquoi nous ne cessons de rendre grâce à Dieu : quand vous avez reçu la parole de Dieu que nous vous faisions entendre, vous l’avez accueillie pour ce qu’elle est réellement, non pas une parole d’hommes, mais la parole de Dieu qui est à l’œuvre en vous, les croyants.