François: la pauvreté est un scandale, faisons de notre vie une offrande d’amour
A l’occasion de la 7e Journée mondiale des pauvres, ce dimanche 19 novembre, le Pape François a célébré la messe en la Basilique Saint-Pierre, en présence de personnes défavorisées. Dans son homélie, le Saint-Père exhorte à ne pas enterrer «les biens du Seigneur» mais à faire «circuler la charité», à partager «notre pain» et à multiplier «l’amour».
Vatican news
5000 fidèles étaient présents dans la Basilique Saint-Pierre pour la messe célébrée ce dimanche 19 novembre à l’occasion de la 7e Journée mondiale des pauvres. Parmi eux, 1 200 pauvres avec lesquels le Pape François déjeunera à treize heures dans la salle Paul VI du Vatican.
Depuis l’autel de la confession, le Souverain pontife a commenté l’Évangile du jour, celui de saint Mathieu (cf. Mt 25, 14-30), dans lequel Jésus raconte à ses disciples une parabole sur la fructification des biens, qui nous invite selon François «à multiplier ce que nous avons reçu, en faisant de notre vie une offrande d’amour pour les autres».
Le voyage de Jésus
Au début de la parabole, «Jésus parle d’une homme qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens». Un voyage qui symbolise selon François celui de Jésus, «descendu du sein du Père pour rencontrer l’humanité» avant de retourner «vers le Père en ressuscitant». Avant de partir, Jésus confie ses biens à ses fidèles, en «se laissant Lui-même dans l’Eucharistie» mais aussi «sa Parole de vie», «sa sainte Mère» et «les dons de l’Esprit Saint pour que nous puissions continuer son œuvre dans le monde». Ces «talents», précise l’Évangile, sont distribués «à chacun selon ses capacités» (v.15) et représentent, explique François, «une mission personnelle» confiée par le seigneur «dans la vie quotidienne, dans la société et dans l’Église». Le voyage de Jésus est donc marqué par le fait qu’Il a «tout reçu des mains du Père mais n’a pas gardé cette richesse pour lui», prenant ainsi la condition de serviteur.
Le voyage de notre vie
La parabole de l’Évangile du jour précise que «le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes» (Mt 25, 19). «En effet, le premier voyage vers le Père sera suivi d’un autre, que Jésus effectuera à la fin des temps, lorsqu’il reviendra dans la gloire et voudra nous rencontrer à nouveau pour “exiger les comptes” de l’histoire et nous introduire dans la joie de la vie éternelle. Nous devons donc nous demander : comment le Seigneur nous trouvera-t-il à son retour? Comment me présenterai-je au rendez-vous avec Lui?» demande François.
viendra alors le moment de s’interroger sur «le voyage de notre vie». La parabole indique que chacun d’entre nous a reçu les «talents», à comprendre les «biens du Seigneur, ce que le Christ nous a laissé en retournant vers le Père». Vient alors cette question que le Saint-Père appelle à se poser: «que fais-je d’un don si grand sur le chemin de ma vie?».
Se donner pour les autres, à l’image du Seigneur
La parabole des trois serviteurs nous offre deux possibilités: soit comme les deux premiers serviteurs, celle de «multiplier le don reçu» en faisant «de notre vie une offrande d’amour pour le autres», soit comme le troisième, celle de «cacher sous terre le trésor que nous avons reçu» en ne «pensant qu’à nous-mêmes».
Ce texte est une «mise en garde» selon François «pour vérifier dans quel esprit nous affrontons le voyage de la vie». Le Saint-Père invite «à devenir don pour les autres», tout comme le Seigneur a fait don de son amour. Pour cela il faut avoir le courage d’aller chercher la pauvreté de l’autre, car «la pauvreté est pudique, elle se cache».
Des pauvretés multiples
Le Successeur de Pierre conclut en exhortant à penser à «ceux qui sont opprimés, épuisés, marginalisés, aux victimes des guerres et à ceux qui quittent leur terre au péril de leur vie; à ceux qui sont sans pain, sans travail et sans espérance». Pour répondre à cette multitude de pauvreté, l’Évangile invite à ne pas enterrer les biens du Seigneur, mais à faire circuler la charité, à partager notre pain et multiplier notre amour. «La pauvreté est un scandale» rappelle François. «Quand le Seigneur reviendra, il nous en demandera compte et – comme l’écrit saint Ambroise – il nous dira: «Pourquoi as-tu laissé tant de miséreux mourir de faim?»
La Journée mondiale des pauvres a été instaurée par le Pape François dans sa Lettre Apostolique Misericordia et Misera, publiée le 20 novembre 2016 pour célébrer la fin du Jubilé Extraordinaire de la Miséricorde. Depuis lors, organisée par le dicastère pour l’Évangélisation, elle est célébrée chaque année le 33e dimanche du temps ordinaire. Le thème de cette édition 2023 est «Ne détourne ton visage d’aucun pauvre» (Tb 4, 7).
Domenico Ghirlandaio, La Nativité de la Vierge, 1485, fresque, chapelle Tornabuoni, Florence. CC0/wikimedia
Anne enfanta la Souveraine
Joachim se choisit pour épouse Anne, cette femme d’élite, digne des plus grands éloges. En effet, comme la première Anne, aux temps anciens, affligée par la stérilité, avait obtenu par la prière et par un vœu, de donner naissance à Samuel, celle-ci à son tour, de la même manière, par les supplications et la promesse, obtint de Dieu la Mère de Dieu.
Sur ce point, elle ne le cède donc en rien à aucune des femmes illustres. Ainsi la grâce, car telle est la signification du nom Anne, enfanta la souveraine (c’est ce que veut dire le nom Marie). Marie, en effet, a vraiment été établie la souveraine de toutes les créatures, elle qui fut la Mère du Créateur.
Elle voit le jour dans la maison de Joachim, près de la porte probatique, et est conduite au Temple. Ensuite, « plantée dans la maison de Dieu », et nourrie par l’Esprit, semblable à un olivier fertile, elle devient la demeure de toutes les vertus. Détachant son cœur de toutes les convoitises de cette vie et de la chair, elle conserve son âme vierge autant que son corps, comme il convient à celle qui allait concevoir Dieu dans son sein.
Livre de Saint Jean de Damas
Sur la foi orthodoxe (4, 15)
Prions :
Je vous salue Marie, pleine de grâce ; Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, Priez pour nous pauvres pécheurs, Maintenant et à l’heure de notre mort.
Sainte Mechthild von Hackeborn Moniale et mystique allemande
Mechthild von Hackeborn naît en 1241, au château de Helfta, dans une famille noble et puissante. Sa sœur aînée étant abbesse au monastère des cisterciennes de Rodersdorf, la petite fille lui fut confiée, dès l’âge de sept ans, pour son éducation. Très vite Mechthild se distingua par son humilité, sa ferveur, son amabilité et l’intensité de sa foi.
Devenue religieuse, elle se verra confier la charge de chantre et de maîtresse des novices. Les sœurs se réunissaient autour d’elle, surnommée « le rossignol de Dieu », pour entendre la Parole de Dieu, comme autour d’un prédicateur. De nombreuses personnes extérieures au monastère sollicitaient son aide et ses sages conseils.
Parmi ses élèves, une moniale particulièrement douée se signalera : sainte Gertrude la Grande (fêtée le 16 novembre). La vie spirituelle de Mechthild, d’une richesse rare, s’enracinera dans la Lectio Divina et la contemplation du Christ Glorieux.
Elle bénéficiera de nombreuses visions du Sacré-Cœur de Jésus comme amour victorieux et exercera une profonde influence sur la spiritualité catholique. Dans l’une de ses visions, Mechthildentendit le Seigneur Jésus lui dire : « Vois combien Mon Amour est grand : si tu veux bien le connaître, tu ne le trouveras nulle part ailleurs mieux exprimé que dans l’Évangile. Personne n’a jamais entendu exprimer des sentiments plus forts et plus tendres que ceux-ci : Comme le Père M’a aimé, Moi aussi Je vous ai aimés ». (Saint Jean 15, 9). (Liber specialis gratiae VI, 1).
C’est à l’âge de 58 ans que Mechthild, dans le monastère d’Helfta, s’endormit dans la paix du Seigneur, le 19 novembre 1299.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,14-30.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Un homme qui partait en voyage appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.”
Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.
J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Concile Vatican II
Constitution sur l’Eglise, Lumen gentium, §34
Faire fructifier les dons de l’Esprit Saint
Voulant poursuivre également par le moyen des laïcs son témoignage et son service, le Christ Jésus, prêtre suprême et éternel, leur apporte la vie par son Esprit et les pousse inlassablement à réaliser tout bien et toute perfection. A ceux qu’il s’unit intimement dans sa vie et dans sa mission, il accorde, en outre, une part dans sa charge sacerdotale pour l’exercice du culte spirituel en vue de la glorification de Dieu et du salut des hommes. C’est pourquoi les laïcs reçoivent, en vertu de leur consécration au Christ et de l’onction de l’Esprit Saint, la vocation admirable et les moyens qui permettent à l’Esprit de produire en eux des fruits toujours plus abondants. En effet, toutes leurs activités, leurs prières et leurs entreprises apostoliques, leur vie conjugale et familiale, leurs labeurs quotidiens, leurs détentes d’esprit et de corps, s’ils sont vécus dans l’Esprit de Dieu, et même les épreuves de la vie, pourvu qu’elles soient patiemment supportées, tout cela devient « offrandes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus Christ » (1P 2,5). Et dans la célébration eucharistique ces offrandes rejoignent l’oblation du Corps du Seigneur pour être offertes en toute piété au Père. C’est ainsi que les laïcs consacrent à Dieu le monde lui-même, rendant partout à Dieu dans la sainteté de leur vie un culte d’adoration.
LECTURES :
Livre des Proverbes 31,10-13.19-20.30-31.
Une femme parfaite, qui la trouvera ? Elle est précieuse plus que les perles ! Son mari peut lui faire confiance : il ne manquera pas de ressources. Elle fait son bonheur, et non pas sa ruine, tous les jours de sa vie. Elle sait choisir la laine et le lin, et ses mains travaillent volontiers. Elle tend la main vers la quenouille, ses doigts dirigent le fuseau. Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux. Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ; seule, la femme qui craint le Seigneur mérite la louange. Célébrez-la pour les fruits de son travail : et qu’aux portes de la ville, ses œuvres disent sa louange !
Psaume 128(127),1-2.3.4-5c.6a.
Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies ! Tu te nourriras du travail de tes mains : Heureux es-tu ! À toi, le bonheur !
Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de la table, comme des plants d’olivier.
Voilà comment sera béni l’homme qui craint le Seigneur. De Sion, que le Seigneur te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.
et tu verras les fils de tes fils. Paix sur Israël !
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 5,1-6.
Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur, vous n’avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre. Vous savez très bien que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand les gens diront : « Quelle paix ! Quelle tranquillité ! », c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux, comme les douleurs sur la femme enceinte : ils ne pourront pas y échapper. Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres, ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur. En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ; nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres. Alors, ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres.
La parabole des talents : l’amour vécu comme responsabilité.
La parabole des talents (Mt 25, 14-30) qui nous est proposée ce dimanche, se situe entre la parabole des dix vierges (Mt 25, 31-46) qui a été méditée dimanche dernier et le passage sur le jugement dernier (Mt 25, 31-46) qui sera lu dimanche prochain.
La parabole des dix vierges nous a fait méditer sur la vigilance prévoyante : le Royaume de Dieu peut arriver d’un moment à l’autre et si nous voulons donc être prêts pour sa venue, il est nécessaire d’être prévoyants. La parabole des talents nous fait réfléchir sur la vigilance laborieuse et porte donc sur la croissance du Royaume : celui-ci croît lorsque nous utilisons les dons que nous avons reçus pour servir. Dimanche prochain, le récit du jugement dernier nous rappellera comment entrer dans le Royaume : nous y entrons quand nous sommes zélés dans la charité envers le prochain, en particulier quand nous accueillons les « derniers ».
Pour bien comprendre la parabole de ce dimanche, il faut rappeler que les « talents » (contrairement à ce que l’on dit souvent) ne sont pas tant les dons ou les capacités (intelligence ou autres) que Dieu a donnés à chacun, mais les responsabilités que nous sommes appelés à assumer. De fait la parabole raconte que le patron donna « à l’un, cinq talents, à l’autre deux, à chacun selon ses capacités ».
Les deux premiers serviteurs sont l’image même de la diligence et de l’esprit d’initiative : ils font du commerce avec ce qui leur a été confié et ils rendent le double de ce qu’ils ont reçu. Par conséquent ils sont considérés comme « bons et fidèles ». Le troisième en revanche est paresseux et passif : il ne fait pas de commerce, il ne court pas de risque et il se limite à « conserver » et par conséquent il est considéré comme « mauvais, paresseux » et « bon à rien ». Il y a un contraste entre la diligence et la paresse.
Même si cette parabole a eu une influence sur le plan social et historique en encourageant chez les populations chrétiennes une mentalité active et entreprenante, l’enseignement central qu’elle nous délivre concerne l’esprit de responsabilité avec lequel nous devons accueillir le Royaume de Dieu : responsabilité envers Dieu et envers l’humanité.
Aujourd’hui Jésus veut nous apprendre à bien utiliser les dons qu’il nous fait. Il appelle chaque homme à la vie et il lui remet des talents en lui confiant en même temps une mission à remplir. Il serait inepte de penser que ces dons sont un dû, de même que renoncer à les utiliser reviendrait à tourner le dos au sens de sa propre existence. Commentant cette page de l’Évangile, Saint Grégoire le Grand remarque que le Seigneur ne fait manquer à personne le don de sa charité et de son amour. Il écrit : « Il est donc nécessaire, chers frères, que vous mettiez tous vos soins à garder la charité dans toutes les actions que vous devez accomplir. » (Homélie sur l’Évangile 9, 6). Et après avoir précisé que la vraie charité consiste à aimer autant les amis que les ennemis, il ajoute : « Si l’un de vous n’a pas cette vertu, il perd tous ses biens, il est privé du talent qu’il a reçu et il est jeté dehors dans les ténèbres » (ibidem).
2) Le talent par excellence.
Je voudrais rappeler cependant que le talent par excellence, le plus précieux de tous les dons est Jésus lui même qui s’est offert au monde dans un immense amour.
Ce don a été offert aux disciples que nous sommes nous aujourd’hui. Et nous le sommes non pas tant et seulement parce que nous avons accueilli la doctrine du Christ et que nous nous efforçons d’observer ses préceptes moraux, mais parce que nous l’avons accueilli Lui, don imprévisible de Dieu qui vient dans notre chair, qui fait de nous ses enfants et qui nous rend producteurs féconds de nouveaux fruits.
Aujourd’hui comme alors, les disciples de Jésus sont vigilants et attentifs à accueillir le don toujours nouveau des merveilles de Dieu et ils sont soucieux de laisser le don accueilli porter ses fruits et se multiplier.
Les vierges consacrées nous donnent un bon exemple de disciple de Jésus et de « serviteur bon et fidèle ». En effet elles sont :
des « bonnes servantes » parce qu’elles ne vivent pas pour elles-mêmes en s’appuyant sur leurs propres dons, mais parce qu’elles vivent la vie comme un don qu’elles ont reçu et qu’elles doivent partager et parce qu’elles comprennent que le don accueilli doit être donné à son tour pour pouvoir continuer à porter des fruits ;
des « fidèles servantes » parce qu’elles s’abandonnent totalement tous les jours, je dirais même à chaque instant, au Christ dans une confiance amoureuse. « La fidélité est la perfection de l’amour » (Saint Escriva de Balaguer) et affranchit le temps (Cf Ep 5, 16).
La virginité est la plus haute façon de vivre la parabole des talents parce que la personne qui se consacre et qui s’offre elle-même totalement à Dieu ouvre son cœur au grand don libérateur du Christ. En libérant de manière particulière son cœur et en le faisant ainsi encore plus brûler de charité pour Dieu et pour tous les hommes, la vierge consacrée témoigne que le Royaume de Dieu et sa justice sont cette perle précieuse qui va préférée à tout autre bien, même de grande valeur, et ce talent qu’il faut faire fructifier.
« C’est pour cela, en raison du lien tout à fait singulier de ce charisme avec le Royaume de Dieu, que l’Église, tout au long de son histoire, a toujours défendu sa supériorité par rapport à celui du mariage. Tout en ayant renoncé à la fécondité physique, la personne vierge devient féconde spirituellement, père et mère d’un grand nombre, coopérant à la réalisation de la famille suivant le dessein de Dieu » (Saint Jean Paul II, Familiaris Consortio, 16).
La vierge consacrée partage de manière particulière le Talent-Christ.
Enfin il ne faut pas oublier que la parabole d’aujourd’hui insiste sur l’attitude intérieure, je dirais même virginale, avec laquelle nous devons accueillir et valoriser ce don. L’attitude erronée est celle de la peur : le serviteur qui a peur de son patron et qui redoute son retour cache la monnaie sous terre et celle-ci ne produit aucun fruit. Cela arrive par exemple à ceux qui ayant reçu le Baptême, la Communion, la Confirmation enterrent par la suite ces dons sous un manteau de préjugés, sous une fausse image de Dieu qui paralyse la foi et les œuvres de façon à trahir les attentes du Seigneur. Mais la parabole met davantage en évidence les bons fruits apportés par les disciples qui, heureux du don reçu, ne l’ont ni gardé ni caché par peur et jalousie, mais l’ont fait fructifier en le partageant et en le distribuant. Oui, ce que le Christ nous a donné se multiplie en étant donné à son tour ! C’est un trésor fait pour être dépensé, investi, partagé avec tous :
« La virginité a la valeur symbolique de l’amour qui n’a pas besoin de posséder l’autre, et elle reflète ainsi la liberté du Royaume des cieux. C’est une invitation aux époux à vivre leur amour conjugal dans la perspective de l’amour définitif du Christ, comme un parcours commun vers la plénitude du Royaume » (Pape François, Amoris Laetitia, n.161).
Enfin n’oublions pas que Dieu donne le Christ et tous « ses biens » à chacun de nous, selon les capacités de chacun que Lui seul connaît.
Maintenant tout dépend de comment chacun répond avec sa liberté propre à la responsabilité qui lui a été confiée librement par celui qui veut impliquer ses serviteurs dans un projet de joie et de bonheur en leur donnant jusqu’à « ses propres biens ». Efforçons-nous d’être des disciples « vigilants » et de vivre notre vie comme un espace de liberté qui nous a été confié par un Dieu qui connaît personnellement chacun de nous et qui donne à chacun de nous ses propres biens pour vivre intensément sa propre vie. Tout est don : la vie, la confiance, l’amour, la liberté sont des dons à vivre sans peur. Il nous est seulement demandé d’accueillir le don, de ne pas étouffer ni retenir l’Amour, de ne pas le rendre vain.
Lecture patristique
Saint Jean Chrysostome (+ 407) Homélies sur l’évangile de Matthieu, 78, 2-3
PO 58, 713-714.
Dans la parabole des talents, Jésus nous raconte l’histoire d’un homme qui partit en voyage après avoir confié son argent à ses serviteurs. Il veut ainsi nous révéler la patience de notre Maître, mais, à mon avis, il y fait aussi allusion à la résurrection. Par ailleurs, Jésus ne parle ni d’agriculteurs ni de vignerons, mais d’ouvriers en général. La raison en est qu’il veut s’adresser non seulement aux chefs du peuple ou aux Juifs, mais à tout le monde.
Tout d’abord les serviteurs qui rendent l’argent avec les intérêts déclarent sans tergiverser ce qui vient d’eux et ce qui vient de leur maître. Le premier dit : Seigneur, tu m’as confié cinq talents (Mt 25,20), et le deuxième : Seigneur, tu m’as confié deux talents (Mt 25,22). Ils reconnaissent ainsi que leur Maître leur a donné les moyens de réaliser une opération avantageuse. Ils lui en savent gré et portent à son crédit la totalité de la somme qui est en leur possession.
Que répond alors le maître ? Très bien, serviteur bon et fidèle (car on reconnaît l’homme bon à sa sollicitude pour le prochain), tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître (Mt 25,23).
Mais il n’en va pas de même pour le mauvais serviteur : Je savais, dit-il, que tu es un homme dur: tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient (Mt 25,24-25).
Quelle est donc la réponse du maître ? Il fallait placer mon argent à la banque (Mt 25,27), c’est-à-dire qu’il fallait parler, exhorter, conseiller. « Mais, réplique l’autre, les gens ne m’écouteront pas. » A quoi le maître répond : « Cela n’est pas ton affaire. <> Tu aurais pu au moins mettre cet argent en dépôt et me laisser le soin de le redemander, et je l’aurais réclamé avec les intérêts – entendant par là les oeuvres qui procèdent de l’écoute de la Parole -. Tu avais seulement à fournir la part la plus facile du travail et à me laisser la plus difficile » (cf. Mt 25,27).
Voilà comment ce serviteur a manqué à sa tâche. Aussi, ajoute le maître, enlevez-lui son talent et donnez-le à celui qui en a dix. Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a (Mt 25,28-29).
Qu’est-ce à dire ? Celui qui a reçu pour le bien d’autrui la grâce de la parole et de l’enseignement, et n’en fait pas usage, se fera enlever cette grâce. Quant au serviteur zélé, il attirera sur lui une grâce plus abondante, tout comme l’autre perdra celle qu’il a reçue.