La Vierge est aujourd’hui conduite au temple, la Maison du Seigneur

Tintoret, La Présentation de Marie au Temple (détail), 1552-1553, Madodnna dell’Orto, Venise. CC0/wikimedia

La Vierge est aujourd’hui conduite au temple, la Maison du Seigneur

« Le temple très pur du Sauveur, la très précieuse chambre nuptiale, la Vierge, trésor sacré de la gloire divine est aujourd’hui conduite dans la maison du Seigneur et y apporte avec elle la grâce de l’Esprit divin ; les anges la chantent : elle est le tabernacle céleste » comme le proclame aujourd’hui la liturgie orientale.

La fête de la Présentation de Marie au Temple, qui repose sur une antique tradition, est historiquement liée à la dédicace d’une basilique en l’honneur de Sainte Marie, un édifice voulu par Mgr Élie, évêque de Jérusalem, et achevé aux frais de l’empereur Justinien (527-565) – à côté de la zone du temple de Jérusalem, là où la Vierge a pu passer son enfance consacrée au service divin. Cette église fut dédiée le 21 novembre 543, et fut dite Nouvelle Église, pour la distinguer de l’ancienne, dédiée à la nativité de Marie.

Dans le cours du VIIIe siècle, la fête s’est répandue dans toutes les Églises orientales, en rencontrant la faveur du peuple de Dieu : elle fera partie des douze grandes fêtes de l’année, aujourd’hui encore célébrée en Orient avec une veille/vigile ? préparatoire et quelques jours d’après fête, jusqu’au 25 novembre. (1)

La littérature rabbinique confirme le fait que de nombreuses jeunes filles demeuraient dans le Temple et qu’elles s’adonnaient à la confection du voile du Temple. Le Talmud de Jérusalem apporte des précisions intéressantes à ce sujet :

« Le rideau du Temple avait l’épaisseur d’une palme. Il était tressé avec soixante-douze points lisses composés chacun de vingt-quatre fils. La longueur était de quarante coudées et la largeur de vingt. Quatre-vingt-deux jeunes filles le tissaient. On en confectionnait deux par an. Et il fallait le concours de trois cents prêtres pour le porter au bain. » (Mishna Sheqalim 8,5).

Il rapporte aussi que lorsque le Temple fut incendié en 70 après Jésus-Christ, « les vierges qui tissaient le voile se jetèrent dans les flammes » plutôt que de tomber aux mains des ennemis (Pesiqta Rabbati 26,6), et qu’elles logeaient dans un immeuble de trois étages, dans l’enceinte du Temple. (2)

L’équipe de Marie de Nazareth

Sources :
(1) Kondakion et Ikos du 21 novembre; 4e stichère de la 6e ode du 2e canon des matines
(2) D’après le Talmud de Jérusalem

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

21.11.2023 SAINTE DU JOUR

Bse Marie de Jésus Bon Pasteur

V. ET FOND. († 1902)

Bse Marie de Jésus Bon Pasteur

Vierge, fondatrice :

 « Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth »

 

Françoise de Siedliska naît dans une famille de la noblesse polonaise, dans le château de Roszkowa Wola, près de Varsovie, le 12 novembre 1842.

Elle grandit dans une atmosphère affectueuse. Ses parents étaient plus préoccupés de sa formation culturelle que de son éducation religieuse. Dans une ambiance imbue d’indifférence religieuse, propre à la philosophie de l’époque, Françoise commença à connaître Dieu grâce à une préceptrice courageuse et cultivée qui lui enseigna aussi à prier. Sa mort cependant la priva de soutien spirituel.

Une de ses tantes la prépara à sa première confession, puis sa mère tomba gravement malade. Françoise eut la force d’implorer Dieu et sa mère fut guérie peu de temps après. Alors qu’elle s’occupait de sa mère hospitalisée à Varsovie, Françoise demeura chez son grand-père. Elle fit la connaissance d’un capucin lithuanien, le Père Léandre Lendzian, avec qui elle eut des entretiens. Puis elle fit sa première communion en mai 1855.

En 1860, elle vécut un carême douloureux. Son père voulait la marier, mais elle prenait alors conscience de sa vocation religieuse…

Elle suivit ses parents en villégiature qui décidèrent de parcourir les endroits d’Europe où se retrouvait la grande aristocratie européenne. Ils se rendirent en Suisse, dans le Tyrol, en Allemagne dans les villes d’eaux, et à Cannes. Mais brusquement la santé de Françoise déclina. Avait-elle la tuberculose ? C’était la grande crainte de cette époque.

Sa mère l’accompagna en cure à Merano, en Suisse puis à Cannes. Son père les y retrouva, fuyant l’insurrection polonaise. Il semble que son père, Adolphe Siedliski, soit alors revenu à des sentiments chrétiens. La famille retourna en Pologne en 1865, où son père allait mourir en 1870.

Le 12 avril 1873 – elle avait 31 ans – le Père Léandre lui fit comprendre que la volonté de Dieu était qu’elle se consacrât à lui. Il lui révéla aussi qu’elle pouvait fonder une nouvelle famille religieuse. Elle était déjà tertiaire franciscaine.

Surprise, Françoise n’opposa pas de résistance et se mit aussitôt à l’œuvre. Sa mère, revenue à Dieu, et deux tertiaires franciscaines appartenant à une communauté éteinte de Lublin se joignirent à elle. Elle voulut que la nouvelle communauté s’unît à Marie, spécialement à Nazareth, et fût tournée vers l’adoration du Saint-Sacrement.

Parce qu’on ne pouvait alors fonder de nouvelles congrégations catholiques dans l’Empire russe, Françoise partit pour Rome afin, si possible, de rencontrer le bienheureux Pie IX (Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878).

Elle fut reçue par le Souverain Pontife le 1er octobre 1873. Celui-ci approuva l’idée d’une fondation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth. Elle se rendit en pèlerinage à Lourdes afin de trouver un endroit pour sa maison-mère. 

En 1874, sur les conseils du Supérieur Général des Résurrectionnistes, le Père Pierre Semenko, elle acquit une petite maison à Rome, Via Merulana, puis s’installa plus tard Via Machiavelli. Les trois premières novices polonaises arrivèrent à l’automne 1875. En 1881, elle ouvrit une maison à Cracovie. La spiritualité du nouvel institut était d’imiter la vie cachée de la Sainte Famille à Nazareth.

En 1884, elle fit, ainsi que ses compagnes, sa profession religieuse. Elle prit le nom de Marie de Jésus-Bon-Pasteur.

Elle voulut étendre l’influence de sa nouvelle congrégation au sein de l’émigration polonaise, émigration économique de familles démunies. Elle partit donc pour de longs voyages aux États-Unis, en 1885, 1889 et 1896. Elle ouvrit trois maisons à Chicago. Elle en ouvrit une autre à Paris en 1892 et à Londres en 1895.

Mère Marie de Jésus-Bon-Pasteur préparait aussi des documents spécifiant que les Sœurs devaient instruire les enfants pour le catéchisme et les préparer à la première communion, ainsi que des adultes venus d’autres religions, afin de leur faire connaître la vérité de Jésus.

Les Constitutions de la Congrégation seront approuvées par Rome en 1923.

Mère Marie fit de nombreux voyages en France, en Angleterre et en Pologne pour conforter ses filles et soigner celles qui étaient malades. 

Le 16 octobre 1902, épuisée, on lui conseilla de se reposer chez les Bénédictines de Subiaco à Rome. Le 15 novembre, elle eut une péritonite aiguë et elle mourut le 21 novembre 1902 à soixante ans, entourée de ses filles.

Mère Marie de Jésus-Bon-Pasteura été béatifiée à Rome, le 23 avril 1989, par Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).

La congrégation, qui a réformé ses constitutions en 1993 d’après les orientations du dernier Concile, compte aujourd’hui près de 1800 membres dans 150 maisons. Elles sont 22 sœurs en France. La Congrégation s’est ouverte à l’assistance médicale et sociale, en plus de son charisme propre de soutien de la famille.

Bse Marie de Jésus Bon Pasteur priez pour nous !

21.01.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 19,1-10.

En ce temps-là, entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait.
Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche.
Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille.
Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là.
Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. »
Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »
Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham.
En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Athanase (295-373)

évêque d’Alexandrie, docteur de l’Église

Traité sur l’Incarnation du Verbe 10,14 ; PG 25,111-114, 119 (in “Lectures chrétiennes pour notre temps”, fiche B18; trad. Orval ; © 1972 Abbaye d’Orval)

« Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu »

Le Verbe de Dieu n’a pas abandonné les hommes, ses créatures, qui couraient à leur ruine. La mort qui s’était unie à eux, il l’a effacée par l’offrande de son corps ; leurs négligences, il les a corrigées par son enseignement ; et il a restauré le genre humain par sa puissance. (…) Lorsque la figure de quelqu’un a été peinte sur le bois, puis effacée par des éléments extérieurs, il faut la présence de celui dont c’était le portrait si l’on veut restaurer son image sur la même matière. Et si cette matière n’est pas rejetée, c’est à cause de l’image que l’on y avait peinte et que l’on veut restaurer. De même le Fils très saint du Père, étant l’image du Père, est venu dans nos contrées pour renouveler l’homme qui avait été fait semblable à lui pour le retrouver, puisqu’il était perdu, en lui remettant ses péchés, comme dit l’Écriture : « Je suis venu retrouver et sauver ce qui était perdu » (Lc 19,10). Aussi lorsqu’il dit aux Juifs : « Si quelqu’un ne renaît pas » (Jn 3,5), il ne fait pas allusion à la naissance à partir d’une femme, comme le pensaient les Juifs, mais à la renaissance et à la recréation de l’homme à son image.

LECTURES :

Deuxième livre des Maccabées 6,18-31.

En ces jours-là, Éléazar était l’un des scribes les plus éminents. C’était un homme très âgé, et de très belle allure. On voulut l’obliger à manger du porc en lui ouvrant la bouche de force.
Préférant avoir une mort prestigieuse plutôt qu’une vie abjecte, il marchait de son plein gré vers l’instrument du supplice,
après avoir recraché cette viande, comme on doit le faire quand on a le courage de rejeter ce qu’il n’est pas permis de manger, même par amour de la vie.
Ceux qui étaient chargés de ce repas sacrilège le connaissaient de longue date. Ils le prirent à part et lui conseillèrent de faire apporter des viandes dont l’usage était permis, et qu’il aurait préparées lui-même. Il n’aurait qu’à faire semblant de manger les chairs de la victime pour obéir au roi ;
en agissant ainsi, il échapperait à la mort et serait traité avec humanité grâce à la vieille amitié qu’il avait pour eux.
Mais il fit un beau raisonnement, bien digne de son âge, du rang que lui donnait sa vieillesse, du respect que lui valaient ses cheveux blancs, de sa conduite irréprochable depuis l’enfance, et surtout digne de la législation sainte établie par Dieu. Il s’exprima en conséquence, demandant qu’on l’envoyât sans tarder au séjour des morts :
« Une telle comédie est indigne de mon âge. Car beaucoup de jeunes gens croiraient qu’Éléazar, à quatre-vingt-dix ans, adopte la manière de vivre des étrangers.
À cause de cette comédie, par ma faute, ils se laisseraient égarer eux aussi ; et moi, pour un misérable reste de vie, j’attirerais sur ma vieillesse la honte et le déshonneur.
Même si j’évite, pour le moment, le châtiment qui vient des hommes, je n’échapperai pas, vivant ou mort, aux mains du Tout-Puissant.
C’est pourquoi, en quittant aujourd’hui la vie avec courage, je me montrerai digne de ma vieillesse
et, en choisissant de mourir avec détermination et noblesse pour nos vénérables et saintes lois, j’aurai laissé aux jeunes gens le noble exemple d’une belle mort. » Sur ces mots, il alla tout droit au supplice.
Pour ceux qui le conduisaient, ces propos étaient de la folie ; c’est pourquoi ils passèrent subitement de la bienveillance à l’hostilité.
Quant à lui, au moment de mourir sous les coups, il dit en gémissant : « Le Seigneur, dans sa science sainte, le voit bien : alors que je pouvais échapper à la mort, j’endure sous le fouet des douleurs qui font souffrir mon corps ; mais dans mon âme je les supporte avec joie, parce que je crains Dieu. »
Telle fut la mort de cet homme. Il laissa ainsi, non seulement à la jeunesse mais à l’ensemble de son peuple, un exemple de noblesse et un mémorial de vertu.

Gustave Doré, “Le martyr de Éléazar le Scribe,” 1866 (photo: Public Domain)

Psaume 3,2-3.4-5.6-7.

Seigneur, qu’ils sont nombreux mes adversaires,
nombreux à se lever contre moi,
nombreux à déclarer à mon sujet :
« Pour lui, pas de salut auprès de Dieu ! »

Mais toi, Seigneur, mon bouclier,
ma gloire, tu tiens haute ma tête.
À pleine voix je crie vers le Seigneur ;
il me répond de sa montagne sainte.

Et moi, je me couche et je dors ;
je m’éveille : le Seigneur est mon soutien.
Je ne crains pas ce peuple nombreux
qui me cerne et s’avance contre moi.

Les « crimes de haine anti-chrétiens » en Europe ont augmenté de 44% l’année dernière, selon un groupe de surveillance

La Croix de San Lázaro de Séville, Espagne, sculpté du 16ème siècle, a été vandalisé dans la nuit du 21 au 22 octobre 2023 / Credit: Emergencies Seville

L’Europe a connu une augmentation de 44 % des crimes de haine antichrétiens dans plus de deux douzaines de pays européens au cours de l’année écoulée, selon un groupe qui surveille la discrimination à l’égard des chrétiens.

L’Observatoire de l’intolérance et de la discrimination envers les chrétiens en Europe (OIDAC Europe), basé à Vienne, a publié jeudi son rapport annuel détaillant le pic des incidents antichrétiens, qui, selon lui, est « lié à une augmentation de la motivation extrémiste et à une plus grande acceptation du ciblage des églises ».

L’OIDAC Europe indique sur son site web qu’elle recherche, analyse, documente et rapporte « les cas d’intolérance et de discrimination à l’encontre des chrétiens en Europe ».

Les enquêtes de l’association sur « l’intolérance et la discrimination » à l’égard des chrétiens font état « d’attaques physiques et de menaces contre des chrétiens individuels ou des communautés chrétiennes, de profanation et de vandalisme de sites chrétiens » et de « violations de la liberté de religion, d’expression, d’association et de conscience », parmi d’autres incidents.

Dans son rapport publié jeudi, l’OIDAC Europe indique que les « incendies criminels d’églises » ont augmenté de 75 % entre 2021 et 2022. Le rapport révèle également une « discrimination légale à l’encontre des chrétiens qui expriment une vision traditionnelle du monde chrétien ».

Les cinq premiers pays pour les crimes de haine anti-chrétiens, selon le rapport, sont l’Allemagne, l’Italie, la France, l’Espagne et la Pologne. Le Royaume-Uni et l’Autriche sont également en tête de liste.

Dans l’ensemble, « en 2022, l’OIDAC Europe a recensé 748 crimes de haine antichrétienne dans 30 pays différents, allant des incendies criminels, des graffitis, des profanations et des vols aux agressions physiques, aux insultes et aux menaces », précise le communiqué.

Le groupe a noté que ces chiffres correspondent étroitement à ceux rapportés par l’Organisation intergouvernementale pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). L’OSCE a recensé 792 crimes de haine antichrétiens dans 34 pays européens, ce qui fait des chrétiens le groupe religieux le plus visé après les juifs.

Le rapport examine également des cas de chrétiens qui auraient « perdu leur emploi, auraient été suspendus ou auraient fait l’objet de poursuites pénales pour avoir exprimé des opinions religieuses non violentes en public », ainsi que des « violations du droit des parents d’éduquer leurs enfants conformément à leurs convictions religieuses ».

Le communiqué indique notamment que la plupart des crimes de haine commis l’année dernière « ont été perpétrés par des membres radicalisés de groupes idéologiques, politiques ou religieux qui suivent un discours anti-chrétien ».

Regina Polak, professeur et directrice du département de théologie pratique à la faculté de théologie catholique de l’université de Vienne, qui travaille également avec l’OSCE, a déclaré dans le communiqué de presse de jeudi que le « nombre croissant de crimes de haine anti-chrétiens en Europe » détaillé par le rapport est « profondément inquiétant ».

« Il est absolument nécessaire de sensibiliser les gouvernements et la société à ce problème », a déclaré M. Polak dans le communiqué, « et d’entreprendre des mesures politiques pour s’y attaquer et le combattre résolument ».

Le rapport complet est disponible ici.

Source : De Daniel Payne sur Catholic News Agency, le 17 novembre 2023

BD – Donner sans compter, avec le Pères Sevin et Doncœur

Le dessinateur Gaëtan Evrard est l’auteur de plusieurs bandes dessinées catholiques. L’historien Louis-Bernard Koch s’est lui lancé dans le scénario de bandes dessinées depuis plus de vingt ans pour les éditions du Triomphe. Ensemble, ils ont réalisé l’album Donner sans compter qui rend hommage aux deux principales personnalités à l’origine du scoutisme catholique en France : le Père Jacques Sevin et le Père Paul Doncœur.

Ces deux jésuites se sont engagés corps et âme au service de la France et de sa jeunesse. Leur amitié a débuté en l’an 1900 au noviciat des jésuites de la province de Champagne. L’heure est alors aux menaces politiques contre les congrégations religieuses et l’anticléricalisme se déchaîne à nouveau en France. Ces deux prêtres ont grandi durant toute leur enfance dans ce climat d’hostilité affirmée de la république à l’encontre de l’Eglise catholique. Dès 1880, le ministre de l’Instruction publique Jules Ferry prépare un projet de loi prévoyant l’expulsion des congrégations religieuses enseignantes. Le 29 mars 1880, les décrets sont publiés. Les jésuites sont les premiers expulsés. Le 5 novembre 1880, ce sont les dominicains dont on fait enfoncer les portes pour les expulser de Paris. Le même mois, trois mille laïcs tentent d’éviter l’expulsion des 68 prémontrés de l’abbaye Saint-Michel de Frigolet. La république fait donner la troupe. Des canons sont pointés sur l’abbaye. Six mille religieux sont chassés comme des criminels. Puis la situation semble quelques années plus favorables. Mais dès 1901, la Compagnie de Jésus est à nouveau chassée de France. Les Pères Sevin et Doncœur sont envoyés en Belgique, le premier à Arlon, le second à Antoing. C’est justement en Belgique, à Bruxelles, qu’en 1911 l’abbé Jules Petit transforme un patronage en première troupe scoute catholique. La création des Belgian Catholic Scouts est saluée par une lettre de félicitations du Cardinal Merry Del Val, secrétaire général de saint Pie X.

Controverses sur le scoutisme et persévérance des Pères Jacques Sevin et Paul Doncœur

Mais cette bande dessinée n’occulte rien des débats animés qui vont suivre au sein de l’Eglise sur le scoutisme naissant en France, vu comme une conspiration antichrétienne initiée par la franc-maçonnerie pour, par l’intermédiaire des Eclaireurs de France, soustraire les jeunes adolescents de l’influence de l’Eglise catholique.

Survient la Première Guerre mondiale. Le Père Paul Doncœur, fils et petit-fils d’officiers, se porte immédiatement volontaire pour rejoindre le front comme brancardier. Le 16 août 1916, à Bouchavesnes, alors que tous les officiers du 2e bataillon du 35e régiment d’infanterie ont été tués, le Père Doncœur prend le commandement des soldats démoralisés pour éviter l’encerclement par l’ennemi et est gravement blessé. L’année suivante, prêtre sur le front français, le Père Doncœur crée la revue Frères d’armes.

La guerre terminée, le Père Sevin reçoit l’autorisation de créer le scoutisme catholique en France. Il fonde la Fédération catholique des Scouts de France le 25 juillet 1920 et en est commissaire général avec l’accord des autorités religieuses. “Le but des Scouts de France est de faire revivre l’idéal si chrétien et si français de la chevalerie. J’applaudis d’avance et je bénis.”, écrit en 1921 le nouvel archevêque de Paris, Mgr Dubois. De son côté, le Père Doncœur est actif au sein de la Ligue des droits du religieux ancien combattant pour faire face aux nouvelles manigances anti-catholiques du gouvernement franc-maçon dirigé par Edouard Herriot. Il se met ensuite lui-aussi au service du scoutisme catholique en France. Mais le débat sur le scoutisme fait à nouveau rage. Un mémoire hostile au scoutisme est largement diffusé auprès des prélats français et des membres de la curie. Pie XI entend néanmoins les arguments du Père Sevin et lui recommande des réformes nécessaires pour que le scoutisme soit pleinement catholique. En septembre 1928, dix mille scouts catholiques défilent devant le Pape Pie XI. En France, de 300 membres en 1920, le scoutisme en compte 100 000 en 1929.

C’est un véritable tour de force des auteurs de cet album d’avoir réussi à fournir en 48 pages autant d’éléments sur la biographie des Pères Jacques Sevin et Paul Doncœur, sur le contexte historique de cette époque agitée et sur l’histoire du scoutisme catholique français.

Donner sans compter, Gaëtan Evrard (dessinateur) et Louis-Bernard Koch (scénariste), éditions du Triomphe, collection Le Vent de l’Histoire, 48 pages, 16,90 euros

A commander en ligne sur le site de l’éditeur

Source : De Medias-Presse-Info, le 17 novembre 2023

Le Pape François: «Aucune guerre ne vaut les larmes des enfants»

Enfants déplacés dans le camp de Khan Younès, sud de la bande de Gaza, le 20 novembre.

Le Pape François: «Aucune guerre ne vaut les larmes des enfants»

«Combien d’enfants sont privés du droit fondamental à la vie et à l’intégrité physique et mentale à cause des conflits? Combien d’enfants sont contraints de participer ou d’assister aux combats et en portent les cicatrices?» s’interroge le Souverain pontife sur le réseau social X (ex Twitter) à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant.

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican 

Les images diffusées par les médias ces dernières heures à Gaza montrent des scènes à la limite du supportable. Des enfants, même très jeunes, dont les larmes sillonnent leurs visages, noircis par la fumée ou souillés par la poussière des bâtiments effondrés par les bombes. Des enfants dans les bras de leurs parents et de leurs proches, la bouche ouverte, hurlant de douleur d’avoir perdu un membre de leur famille. A côté de cela, des photos de mineurs désespérés devant les cercueils de leurs parents en Ukraine ou celles d’enfants en Afrique n’ayant même pas dix ans, tenant une kalachnikov, assis sur un char, déjà entraînés au conflit. Enfants morts, enfants blessés, enfants migrants, enfants soldats, enfants exploités: est-ce tolérable ? Combien de temps encore la souffrance des petits doit-elle durer? Celle devant laquelle le Pape a dit plus d’une fois qu’il n’y avait pas de réponse, mais seulement des larmes. 

L’appel du Pape 

C’est précisément le Pape qui, une fois de plus, attire l’attention sur les mineurs à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, qui rappelle leurs droits inaliénables et commémore l’anniversaire de l’approbation par l’Assemblée des Nations unies, en 1989, de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et de l’adolescent. 

Pendant que se déroulent les initiatives de la campagne de l’Unicef « Children amidst wars and forgotten emergencies », (« Les enfants au milieu des guerres et des urgences oubliées »), qui souhaite rappeler les nombreux enfants du monde entier qui vivent dans des contextes d’urgence, François fait sentir sa présence sur le réseau social X (anciennement Twitter). À travers le compte @Pontifex, suivi par des millions des followers et diffusé en neuf langues, le Saint-Père publie un message avec l’objectif du avertissement et la forme d’une question – ou plutôt de deux – pour alimenter la réflexion. 

«Combien d’enfants sont privés du droit fondamental à la vie et à l’intégrité physique et mentale à cause des conflits? Combien d’enfants sont contraints de participer ou d’assister aux combats et en portent les cicatrices? Aucune guerre ne vaut les larmes des enfants» écrit le Saint-Père. 

Enfant soldat

Enfant soldat

La douleur de François pour les mères

Une phrase, la dernière, qui prolonge l’appel lancé il y a exactement dix jours, le 10 novembre, par le Souverain pontife dans un message envoyé aux participants du VIe Forum de Paris sur la paix. «Aucune guerre ne vaut les larmes d’une mère qui voit son enfant mutilé ou mort», dénonçait François, ajoutant: «Aucune guerre ne vaut la perte de la vie d’une seule personne humaine, qui est un être sacré, créé à l’image et à la ressemblance du Créateur; aucune guerre ne vaut l’empoisonnement de notre maison commune; aucune guerre ne vaut le désespoir de ceux qui sont contraints de quitter leur patrie et sont privés, d’un moment à l’autre, de leur maison et de tous les liens familiaux, amicaux, sociaux et culturels qu’ils ont construits, parfois depuis des générations».

Aucune guerre – «toujours, toujours une défaite pour l’humanité», comme l’a répété le Pape lors de l’Angélus du 19 novembre – ne vaut la peine de voir ces images. Un coup de poing à l’estomac, un péché pour lequel, disait déjà le Pape lors des célébrations à Sainte Marthe dans les premières années de son pontificat, «Dieu nous demandera des comptes».

Source : VATICANNEWS, le 20 novembre 2023