FATIMA100 – LETTRE DE LIAISON NO 156

LETTRE DE LIAISON NO 156 DU 29 NOVEMBRE 2023

La fin de la deuxième apparition de Notre-Dame (13 juin 1917)

Après deux lettres pour lesquelles l’actualité nous a conduit à interrompre la suite de nos réflexions sur les apparitions de Fatima, revenons à la deuxième apparition, celle de juin 1917. À la fin de cette apparition, après avoir réconforté Lucie en lui disant : « Je ne t’abandonnerai jamais ! Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. », juste avant de remonter au Ciel, Notre-Dame ouvrit les mains. Voici comment Lucie relate ce fait dans ses troisième et quatrième mémoires. Les deux rédactions qui ne sont pas exactement les mêmes, se complètent. Voici la rédaction du 3e mémoire (août 1941) :

J’ai déjà dit, dans le second écrit, que Notre Dame, le 13 Juin 1917, m’assura que jamais Elle ne m’abandonnerait et que son Cœur Immaculé serait mon refuge, et le chemin qui me conduirait à Dieu. Ce fut en prononçant ces paroles qu’Elle ouvrit les mains et fit pénétrer dans notre poitrine le reflet de lumière qui en sortait. Il me semble que, ce jour-là, ce reflet avait pour but principal de mettre en nous une connaissance et un amour spécial envers le Cœur Immaculé de Marie.

Voici la rédaction qu’elle en fit quatre mois plus tard dans le 4e mémoire :

Ce fut au moment où Elle prononça ces dernières paroles qu’Elle ouvrit les mains et nous communiqua, pour la seconde fois, le reflet de cette lumière immense. En elle, nous nous vîmes comme submergés en Dieu. Jacinthe et François paraissaient être dans la partie de cette lumière qui s’élevait vers le Ciel, et moi dans celle qui se répandait sur la terre.

Dans ce 4e mémoire, Lucie ajoute un fait qu’elle n’a pas rapporté dans le 3e :

Devant la paume de la main droite de Notre Dame se trouvait un cœur, entouré d’épines qui semblaient s’y enfoncer. Nous avons compris que c’était le Cœur Immaculé de Marie, outragé par les péchés de l’humanité, qui demandait réparation.

Importance des visions par rapport aux paroles

Il est important de s’arrêter quelque temps sur ce geste que Notre-Dame fit au cours de quatre de ses six apparitions de 1917 (Voir lettre de liaison n° 146). Cette partie des apparitions est souvent méconnue, quand elle n’est pas carrément occultée, comme dans le film Fatima de Marco Pontecorvo, paru il y a deux ans (voir lettre de liaison n° 128). Or, cette partie est au moins aussi importante que le reste.

En effet, les apparitions de Notre-Dame ne sont pas constituées uniquement de paroles. Ce qu’ont vu les petits voyants est au moins aussi important que ce qu’ils ont entendu. En effet, une vision est toujours plus riche que de simples paroles. Qui nierait que les visioconférences sont plus riches que les appels téléphoniques ? Par la vue, nous percevons des éléments que ne transmet pas la parole.

Mais cette richesse entraîne une difficulté. En effet, il est beaucoup difficile de rapporter une vision qu’une parole et la description d’une vision, aussi longue soit-elle, ne peut qu’imparfaitement représenter la vision elle-même : le voyant est obligé de transcrire en mots ce qu’il voit, ce qui entraîne nécessairement une certaine interprétation de sa part. Pour reproduire un tableau, un peintre a besoin de le voir : avec une description même très détaillée, il ne pourra pas le reproduire exactement.
Dites quelques mots à deux ou trois personnes et demandez-leur ensuite de vous répéter ce que vous avez dit : dans la majorité des cas, elles rediront fidèlement vos paroles. Répétez exactement ce que l’on a entendu, si le discours n’est pas trop long, n’est pas une difficulté insurmontable.
Maintenant présentez à ces mêmes personnes un tableau, un joli paysage de montagne par exemple, et demandez-leur ensuite de vous décrire ce qu’elles ont vu : vous ne pourrez jamais obtenir exactement le même descriptif. Chaque personne sera plus marquée par certains détails que par d’autres. Car un tableau contient infiniment plus de détails que des paroles ou même un long discours. Les différentes descriptions faites par les personnes interrogées seront sans doute très proches : c’est un paysage de montagnes, partiellement enneigées, … Mais dès qu’elles commenceront à vouloir donner quelques détails, les discours divergeront : l’une commencera par décrire les personnages s’il en a, une autre les habitations, une autre la végétation. Elles ne peuvent transmettre que quelques éléments qu’elles choisissent en fonction de leur sensibilité. Elles sont obligées d’opérer une certaine transformation, d’interpréter dans leur langage ce qu’elles ont vu.

Certains en tirent un prétexte pour dire qu’on ne peut pas se fier à ces descriptions. C’est parfaitement faux ! Certes, les détails varieront d’une personne à l’autre, mais leurs différentes descriptions, pour différentes qu’elles soient, se complèteront. Et les grandes lignes seront les mêmes. S’il s’agit de montagnes, toutes diront que ce sont des montagnes bien qu’en faisant des descriptions légèrement différentes. L’incapacité d’une description à reproduire fidèlement un tableau ne retire rien à la valeur de cette description.

De plus, la vue d’un tableau, d’une image ou d’une photo produit généralement des impressions plus riches et plus fortes dans notre cerveau et marque plus notre esprit que de simples paroles. À la télévision, les présentateurs font tout ce qu’ils peuvent pour accompagner leur discours par des images. C’est pourquoi, même si les voyants ne peuvent pas décrire dans le moindre détail ce qu’ils ont vu, ce qu’ils en disent garde une importance réelle. C’est particulièrement vrai pour les apparitions de Fatima.

Le geste de Notre-Dame

Revenons maintenant au geste de Notre-Dame. Le reflet qui sortit de ses mains eut plusieurs effets :

  • la vision des petits voyants en Dieu,
  • des éléments de la volonté de Dieu sur eux,
  • une connaissance et un amour spécial envers le Cœur Immaculé de Marie.

Le 1er point est une véritable connaissance de soi-même. Les petits voyants se virent comme submergés en Dieu. Lors de la précédente apparition, un fait analogue s’était produit. Rappelons comment sœur Lucie le décrit dans son 4e mémoire (voir lettre de liaison n° 146) :

C’est en prononçant ces dernières paroles (la grâce de Dieu, etc.) qu’Elle ouvrit pour la première fois les mains, et nous communiqua, comme par un reflet qui émanait d’elles, une lumière si intense que, pénétrant notre cœur et jusqu’au plus profond de notre âme, elle nous faisait nous voir nous-mêmes en Dieu qui était cette lumière, plus clairement que nous nous voyons dans le meilleur des miroirs.

Le terme employé pour décrire l’effet produit par le geste de Notre-Dame au cours de la deuxième apparition est plus fort que celui de la première : au lieu de « se voir en Dieu plus clairement que dans le meilleur des miroirs », Lucie dit qu’ils ont été « comme submergés en Dieu ». On pourrait dire aussi immergé en Dieu. C’est une vision de ce qui nous attend tous au paradis. Nous avons longuement montré l’importance de cette connaissance de soi telle que Dieu nous voit et la grandeur de cette grâce dans la lettre de liaison n° 147.

Le 2e point est la connaissance de notre vocation. En effet, pour faire notre salut, il faut non seulement connaître Dieu et nous connaître nous-même comme Dieu nous voit. Mais il faut aussi connaître ce qu’Il attend de nous et Lui montrer qu’on L’aime en faisant le plus possible sa volonté. Pour cela, il faut connaître cette volonté de Dieu sur nous. C’est cette grâce que la Sainte Vierge communique aux petits voyants. La volonté de Dieu sur François et Jacinthe est de les avoir rapidement auprès de Lui. Sa volonté sur Lucie est qu’elle reste plus longtemps sur la terre pour faire connaître et répandre la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Par cette vision, Notre-Dame confirme ce qu’elle venait de leur dire : « Jacinthe et François, je les emmènerai bientôt. Mais toi, tu resteras ici pendant un certain temps. Jésus veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer. » (Voir lettre de liaison n° 151). Dans le récit que Lucie fit plus tard à un de ses confesseurs, elle est encore plus précise ; elle dit : « La Très Sainte Vierge répondit : “Oui, pour Jacinthe et François, je les prendrai au Ciel dans peu de temps” ». Que nous serions heureux, si la Sainte Vierge nous disait à nous aussi : « Je vous emmènerai bientôt au Ciel » ! Au passage, notons qu’il y a une claire affirmation par la Sainte Vierge que François et Jacinthe iraient au Ciel, comme Jésus l’affirma sur la croix au bon larron.

Le 3e point est la connaissance et l’amour envers le Cœur Immaculé de Marie. Notre-Dame apparût avec un cœur entouré d’épines. Elle apparaîtra une deuxième fois ainsi, à Tuy le 13 juin 1929. Sœur Lucie a plusieurs fois mimé ce geste pour montrer l’attitude de Notre-Dame à ce moment-là. Les petits voyants de Fatima eurent donc la vision du Cœur Immaculé de Marie, comme sainte Marguerite-Marie eut la vision du Sacré-Cœur.
Pendant qu’elle montrait son cœur entouré d’épines, la Sainte Vierge ne fit aucun commentaire et resta silencieuse. Elle donna cependant aux petits voyants la grâce de comprendre « que c’était le Cœur Immaculé de Marie, outragé par les péchés de l’humanité, qui demandait réparation ». Sans doute avaient-ils été préparés à le comprendre par ce que Notre-Dame leur avait révélé peu avant : « Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé ». Mais elle ne prononça aucune parole en montrant son cœur entouré d’épines.
Ce que comprirent les petits voyants sera confirmé plus tard. Le 10 décembre 1925, à Pontevedra, l’Enfant-Jésus apparut à Lucie et lui demanda : « Aie compassion du Cœur de ta Très Sainte Mère, entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment, sans qu’il y ait personne pour faire un acte de réparation afin de les en retirer ». 

Cette connaissance communiquée par le reflet émanant des mains de Notre-Dame, ne fut pas exactement le même à chaque fois qu’elle ouvrit les mains. Voici ce que Lucie ajoute après la description de cette vision :

De même que les deux autres fois, il [le reflet] avait eu ce même but, mais par rapport à Dieu et au mystère de la Très Sainte Trinité. Depuis ce jour, nous sentîmes au cœur un amour plus ardent envers le Cœur Immaculé de Marie.

Les deux autres fois dont parle Lucie se rapportent au geste fait par Notre-Dame lors des apparitions du 13 mai et du 13 juillet. Dans l’apparition du 13 mai, Notre-Dame leur communiqua la grâce d’un amour plus ardent pour Notre-Seigneur. Lucie dit dans son 4e mémoire : « Alors, par une impulsion intérieure qui nous était communiquée, nous tombâmes à genoux et nous répétions intérieurement : – Ô, Très Sainte Trinité, je vous adore. Mon Dieu, mon Dieu, je Vous aime dans le très Saint Sacrement. » Cette connaissance de Dieu doit être le but de la vie de tout chrétien afin de bien mourir.
La grâce accordée la deuxième fois fut la connaissance et l’amour du Cœur Immaculé de Marie, amour qui doit être le premier après celui de Dieu Notre-Seigneur. Enfin, la grâce accordée la troisième fois sera, par la vision de l’enfer, une grande horreur du péché et le désir de prier et de se sacrifier pour les pécheurs.

Ainsi, dans cette apparition du 13 juin, on voit combien la vision elle-même apporte de nombreux éléments très riches, qui complètent les paroles de Notre-Dame. Notamment, ces grâces que la Sainte Vierge donne aux petits voyants par le geste qu’elle fait en ouvrant les mains, illustrent la puissance que Dieu a voulu donner à sa très sainte Mère qui est vraiment la médiatrice, ou la dispensatrice, des grâces obtenues par la Passion de son Fils (voir lettre de liaison n° 99).

C’est pourquoi on ne peut être que profondément attristé de voir que le concile Vatican I refusa de reconnaître cette médiation pourtant si clairement montrée à Fatima. Rappelons un fait déjà mentionné dans une lettre précédente. Lors de la préparation du concile Vatican II, trois cent évêques avaient demandé que soit défini le dogme de la Médiation universelle de la Très Sainte Vierge. Mais, peu avant le concile, lors de la discussion du projet de schéma sur la Sainte Vierge par la commission centrale, le cardinal Montini exprima une forte opposition à cette demande des pères conciliaires. Le 20 juin 1962 (un an avant d’être élu pape), il déclara notamment :

La proposition d’un nouveau titre, surtout celui de Médiatrice, à accorder à Marie très Sainte, me paraîtrait inopportune et même condamnable [« damnosa » en italien]. Le terme de médiateur ne doit être attribué uniquement et exclusivement qu’au Christ, selon ce que dit l’apôtre : « Unus est mediator ». L’extension de ce titre ne semble pas favoriser la vraie piété. (…) Il vaut mieux parler de la maternité spirituelle universelle de Marie très sainte, de sa royauté et de sa merveilleuse, très bénigne intercession, mais non de médiation. (Acta et documenta Concilio oecumenico Vaticano II apparando, série II, Praeparatoria, vol. II, pars IV, p. 777-778. Rome, Polyglotte vaticane, 1968. Cité dans Fatima, joie intime, événement mondial, page 320, éditions de la CRC, 1991)

Et la proposition des 300 évêques fut rejetée alors que toute la tradition est unanime pour attribuer le titre de médiatrice à la Sainte Vierge. (Voir lettre de liaison n° 99)

Le petit secret

Cette partie du message de Fatima est donc particulièrement importante. Avec l’urgente nécessité de prier et d’offrir des sacrifices pour la conversion des pécheurs, la dévotion réparatrice envers le Cœur Immaculé de Marie outragé par les hommes, est une des révélations essentielles de Fatima. Elle est si importante que les petit voyants commencèrent par la garder secrète. Lorsqu’on leur demandait si la Sainte Vierge leur avait dit autre chose, ils répondaient invariablement : « Oui ! Elle a dit autre chose, mais c’est un secret ».  Pourtant au cours de l’apparition, à aucun moment la Sainte Vierge ne leur demanda de garder le secret sur cette dévotion ; mais, par une intuition divine, ils sentirent qu’il fallait le faire. Lucie ne commença à en parler que dix ans plus tard.  Dans son quatrième mémoire, elle dit :

Voici, Excellence, ce à quoi nous faisions allusion lorsque nous disions que Notre Dame nous avait révélé un secret en juin. Notre Dame ne nous avait pas demandé encore cette fois-là de garder le secret, mais nous sentions que Dieu nous y poussait.

C’est pourquoi cette partie du message est souvent appelée le « petit secret » pour le distinguer du « grand secret » qui sera révélé un mois plus tard. Étant le premier à avoir été révélé par Notre-Dame, il est donc le cœur du message de Fatima.

Alors, que cette vision de Notre-Dame montrant son cœur entouré d’épines nous inspire. Méditons-la. Dans ses exercices spirituels, pour commencer les méditations qu’il propose, saint Ignace demande de voir en esprit les personnes, de voir ce qu’elles font et d’entendre ce qu’elles disent. Pourtant, dans les Évangiles, il n’y a souvent que peu de détails : les évangélistes rapportent les faits de façon extrêmement sobre. Mais cette sobriété est voulu par Dieu afin que, comme nous le demande saint Ignace, nous exercions notre volonté et notre imagination à voir les personnes et ce qu’elles font. Les quelques points donnés dans l’Évangile ne sont là que pour nous aider à faire cet exercice de reconstruire devant nous les scènes évangéliques.

Il en va de même pour les apparitions de la Sainte Vierge. Le récit de Lucie est sobre : à nous de reconstruire en esprit cette vision de Notre-Dame montrant son cœur entouré d’épines pendant que de ses mains partent des reflets qui vont apporter des grâces aux petits voyants. Relisons la brève description de Lucie ; voyons intérieurement ce qu’elle a vu. Méditions sur toutes les grâces accordées par Notre-Dame par ce geste, et plus particulièrement sur la grâce d’une meilleure connaissance de l’amour que nous devons avoir pour son Cœur Immaculé.
À la rue du Bac, Notre-Dame s’est doucement plainte qu’on ne lui demandait pas certaines grâces (voir lettre de liaison n° 146). Parmi ces grâces « oubliées », n’y aurait-il pas précisément celles de se voir comme Dieu nous voit, d’avoir une claire connaissance de sa volonté sur nous et un ardent amour pour le Cœur Immaculé de Marie ? À chacun d’entre nous de s’examiner et d’y répondre.  

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.
Yves de Lassus

Source : FATIMA100

Cardinal Parolin: le monde s’effrite, le Pape pour un nouvel élan de la COP28

Le cardinal Pietro Parolin en partance pour Dubaï, où s’est ouvert la COP28 jeudi 30 novembre 2023.

Cardinal Parolin: le monde s’effrite, le Pape pour un nouvel élan de la COP28

Le Secrétaire d’État du Saint-Siège, qui se rend vendredi 1er décembre à Dubaï pour participer à la COP28, partage avec les médias du Vatican les préoccupations et les espérances du Pape face à la crise climatique, aux guerres et aux divisions qui déchirent la planète. Concernant les crises au Proche-Orient et la guerre entre la Russie et l’Ukraine, il réitère l’engagement constant du Saint-Siège en faveur de la paix. 

Massimiliano Menichetti – Cité du Vatican

Le Secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, ouvrira les travaux de la délégation vaticane à la COP28, la Conférence des Nations-unies sur le changement climatique qui se tient à Dubaï. Le cardinal est attendu aux Émirats arabes unis dans la journée du 1er décembre, le jour même où François aurait du se rendre sur place, avant de devoir renoncer «avec grand regret» pour éviter une aggravation de l’inflammation pulmonaire qui l’affecte depuis plusieurs jours. 

Éminence, le Pape ne pourra pas participer à la Conférence internationale sur le climat à Dubaï comme il l’aurait souhaité. Quelles sont les attentes et les espérances de François pour la COP28?

Le Pape est conscient de la nécessité d’agir pour prendre soin de la Maison commune, de l’urgence d’adopter des positions courageuses et de donner un nouvel élan aux politiques locales et internationales afin que l’humanité ne soit pas menacée par des intérêts partisans, à courte vue, ou prédateurs. La COP28 est appelée à donner une réponse claire de la communauté politique en s’attaquant avec détermination à la crise climatique dans les délais urgents indiqués par la science. Le Saint-Père n’a pas pu se rendre à Dubaï, mais la décision de s’y rendre, la première fois pour un Pape, trouve clairement sa source dans Laudate Deum.

Son exhortation rappelle que huit années se sont écoulées depuis la publication de la lettre encyclique Laudato si’, dans laquelle il souhaitait partager avec tous les souffrances de la planète et les «préoccupations sincères» pour le soin de la Maison commune. Le Pape explique qu’«au fil du temps … nos réactions sont insuffisantes, alors que le monde qui nous accueille s’effrite et s’approche peut-être d’un point de rupture» (n° 2). Non seulement les études scientifiques mettent en évidence les graves conséquences du changement climatique produit par les comportements anthropogéniques, mais il est désormais quotidien d’assister à des phénomènes naturels extrêmes dans le monde entier qui affectent gravement la qualité de vie d’une grande partie de la population humaine, et en particulier de la composante la plus vulnérable à la crise climatique qui a été la moins responsable de sa provocation.

Le Saint-Père a invoqué à plusieurs reprises le «courage», demandant aux gouvernements de mettre en place des politiques en faveur d’une écologie intégrale, afin de protéger l’homme et la Maison commune. Qu’attend-on de la COP28?

Là encore, Laudate Deum est très claire: «Si nous avons confiance dans la capacité de l’être humain à transcender ses petits intérêts et à penser en grand, nous ne pouvons renoncer à rêver que cette COP28 conduira à une accélération marquée de la transition énergétique, avec des engagements effectifs et susceptibles d’un suivi permanent. Cette Conférence peut être un tournant si elle démontre que tout ce qui a été fait depuis 1992 était sérieux et en valait la peine, sans quoi elle sera une grande déception et mettra en péril tout le bien qui a pu être accompli jusqu’à maintenant.» (n. 54).

En effet, l’espoir est que la COP28 puisse donner des indications claires pour encourager cette accélération. La transition énergétique peut être déclinée de différentes manières, en commençant par la réduction progressive et rapide des combustibles fossiles par une plus grande utilisation des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, ainsi que par un plus grand engagement en faveur de l’éducation à l’écologie intégrale.

Il est bon de rappeler ce que le Saint-Père et le Saint-Siège ont souvent répété: les moyens économiques et techniques pour lutter contre la crise climatique sont nécessaires, mais ils ne sont pas suffisants; Il est indispensable qu’ils soient accompagnés d’un processus éducatif qui influence les changements dans les styles de vie, les moyens de production et de consommation visant à promouvoir un modèle renouvelé de développement humain intégral et de durabilité basé sur l’attention, la fraternité, la coopération entre les êtres humains et le renforcement de l’alliance entre les êtres humains et l’environnement qui, comme l’a dit Benoît XVI dans Caritas in veritate, «doit être le reflet de l’amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers qui nous allons» (no. 50).

Le Pape a rappelé qu’après la conférence de Paris en 2015, il y a eu en effet un déclin, un désintérêt. Vous avez suivi ces événements de près. Le monde se rend-il compte des dangers?

La crise climatique est complexe, mais il s’agit d’un «problème social global qui est intimement lié à la dignité de la vie humaine» (Laudate Deum, n° 4). Elle est en outre liée au comportement humain d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre qui ont des conséquences à long terme. Elles remontent à la période pré-révolution industrielle de la fin du XVIIIe siècle, mais se sont fortement accentuées au fil du temps. Comme l’indique le GIEC, l’organe scientifique de l’ONU qui étudie le changement climatique, plus de 42% des émissions nettes totales depuis 1850 se sont produites après 1990. Il s’agit là de délais qui vont bien au-delà des courts cycles électoraux auxquels les politiciens doivent répondre. Il s’agit certainement d’un premier problème.

En outre, depuis 2015, il y a eu une série de crises, il suffit de penser à la Covid ou aux problèmes humanitaires persistants qui imprègnent notre société. Les conflits en Ukraine et dans la zone israélo-palestinienne ne sont que deux exemples frappants de la manière dont des conflits localisés ont non seulement un impact inacceptable et dévastateur sur les populations civiles locales, mais aussi de profondes répercussions économiques et sociales à l’échelle mondiale. Deuxième problème: ces crises risquent de détourner l’attention de la communauté internationale de la question du climat.

Malheureusement, le changement climatique se poursuit et n’attend pas que la «bonne volonté» humaine soit mise en pratique. Il est nécessaire que la communauté internationale non seulement en prenne acte mais réalise concrètement que pour lutter contre la crise climatique, nous gagnerons ensemble ou nous perdrons ensemble. Lors de la COP26 à Glasgow, le Saint-Père a envoyé un message dans lequel il indique que «les blessures infligées à l’humanité […] par le phénomène du changement climatique sont comparables à celles qui résultent d’un conflit mondial. Tout comme au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il est nécessaire aujourd’hui que l’ensemble de la communauté internationale fasse de la mise en œuvre d’actions collégiales, solidaires et clairvoyantes une priorité». Le véritable ennemi à combattre, ce sont les comportements irresponsables qui ont des répercussions sur toutes les composantes de notre humanité d’aujourd’hui et de demain. La réponse doit être rapide et cohérente.

Il serait bon que la COP28 contribue à mettre en pratique le souhait exprimé par le Pape dans Laudato si’: «Alors que l’humanité de l’époque post-industrielle sera peut-être considérée comme l’une des plus irresponsables de l’histoire, il faut espérer que l’humanité du début du XXIème siècle pourra rester dans les mémoires pour avoir assumé avec générosité ses graves responsabilités.» (n°165). Il y a de l’espoir, car l’humanité possède les moyens et les capacités d’assumer de telles responsabilités.

La COP28 se déroule aux Émirats arabes unis, alors que le conflit entre Israël et le Hamas se poursuit. Quel est le point de vue du Saint-Siège sur cette situation?

L’attaque terroriste perpétrée le 7 octobre par le Hamas et d’autres organisations palestiniennes contre la population d’Israël a causé une blessure grave et profonde aux Israéliens et à nous tous. La sécurité de cette population a été gravement compromise de manière brutale et incroyablement rapide. Le Saint-Père l’a dit dès le début: «Le terrorisme et l’extrémisme n’aident pas à trouver une solution au conflit entre Israéliens et Palestiniens, mais alimentent la haine, la violence, la vengeance, et ne font que faire souffrir les uns et les autres» (Audience générale, 11 octobre 2023).

Et en effet, le processus de paix israélo-palestinien, qui souffrait déjà de ralentissements et de stagnations, est devenu encore plus complexe. D’autre part, peut-être était-ce le but des terroristes, puisque, comme ils l’ont toujours déclaré, les miliciens du Hamas n’ont pas de paix avec Israël à l’horizon, au contraire -de manière irresponsable- ils voudraient sa disparition. Cela ne correspond pas à la volonté que l’Autorité de l’État de Palestine, en particulier le président Mahmoud Abbas, nous a toujours assurée, c’est-à-dire de vouloir un dialogue avec l’État d’Israël pour une pleine réalisation de la solution à deux États, promue depuis tant d’années par le Saint-Siège avec un statut spécial pour la Ville sainte de Jérusalem.

C’est pourquoi j’espère qu’à l’avenir, il y aura des voies de dialogue sincères, même si je les vois très étroites aujourd’hui. Dans les jardins du Vatican, il y a cet olivier planté en 2014 par le président israélien Shimon Peres et le président palestinien Mahmoud Abbas, ainsi que par le Pape François et le patriarche Bartholomée. Nous continuons à l’arroser avec l’eau de l’espérance, qui coule de la prière et aussi du travail diplomatique.

Toutefois, ces derniers jours, nous avons vu une lueur d’espoir dans les négociations qui ont permis une trêve et la libération de plusieurs otages israéliens et autres. Malheureusement, nous avons appris aujourd’hui que les combats ont repris. Le Saint-Siège espère que toute violence cessera dès que possible.

Je crois qu’il faut vraiment saluer les efforts de dialogue déployés par l’Égypte et le Qatar, ainsi que les États-Unis d’Amérique, et la volonté du gouvernement israélien de trouver une solution pour tous les otages le plus rapidement possible. Je suis vraiment heureux de voir que ces personnes peuvent retrouver leur famille. Je prie également pour les autres familles qui ne peuvent toujours pas embrasser leurs proches, toujours kidnappés à Gaza, et je compatis à leur angoisse. Nous espérons qu’ils seront tous libérés rapidement.

Dans le même temps, la situation humanitaire dans la bande de Gaza préoccupe vivement le Saint-Siège. Des milliers de victimes, nous parlons de plus de 15 000 personnes, blessées ou disparues. Il semble qu’il n’y ait aucun endroit sûr, même les écoles, les hôpitaux et les lieux de culte sont mal utilisés et deviennent des lieux de bataille. Plus d’un million de personnes sont sans abri, obligées de se déplacer vers le sud de cette petite bande de terre palestinienne. Le rôle de l’Égypte, qui fournit et coordonne l’arrivée de l’aide humanitaire, ainsi que celui de la Jordanie, du Qatar et des Émirats arabes unis, qui l’envoient et tentent d’aider la population palestinienne, est tout à fait louable. Nous ne pouvons pas oublier et qu’encourager l’effort humanitaire que les agences de l’ONU déploient à Gaza. Il faut donc maintenant que les combats cessent pour de bon et que d’autres moyens soient trouvés pour que le Hamas et les autres organisations palestiniennes puissent désarmer et ne plus constituer une menace terroriste pour les Israéliens, mais aussi pour les Palestiniens eux-mêmes.

Comme l’a déjà dit le Saint-Père, ce conflit, qui touche la Terre Sainte, touche le cœur et les émotions de chacun. On ressent très fortement la colère de tant de personnes pour ce qui s’est passé le 7 octobre en Israël, mais aussi pour ce qui se passe à Gaza, et maintenant pour les horribles reflets que ce conflit produit dans les sociétés de certains pays. Je pense en particulier au nombre croissant d’actes d’antisémitisme qui se sont produits dans de nombreux pays. Comme le Saint-Père l’a dit à maintes reprises et avec une grande détermination: l’antisémitisme est un déni des origines, une contradiction absolue, car un chrétien ne peut pas être antisémite. Nos racines sont communes. Ce serait une contradiction de foi et de vie. Et pas seulement pour les chrétiens: pour tous, défendre la liberté des autres de professer leur foi est un acte humain, alors que l’outrager est inhumain, comme cela s’est produit dans la période honteuse de la Shoah.

Le Saint-Siège continue également de suivre de près la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Comment le travail de la diplomatie vaticane se poursuit-il dans ce contexte?

L’engagement du Saint-Siège reste inchangé et continue de se concentrer sur les questions humanitaires, en particulier le rapatriement des mineurs ukrainiens. Les différents échanges d’informations entre les parties ukrainienne et russe, par l’intermédiaire des nonciatures apostoliques présentes dans les deux pays, ont permis de connaître le sort de dizaines d’enfants. Un résultat encourageant, obtenu également grâce à l’implication explicite du Saint-Siège, comme l’indique le Bureau du Commissaire présidentiel pour les droits de l’enfant de la Fédération de Russie, a été le rapatriement de Bogdan Yermokhin, qui a eu lieu la veille de ses 18 ans. Par ailleurs, le mécanisme mis en place à la suite de la mission du cardinal Zuppi est en train d’être affiné, ce qui promet de meilleurs résultats. Nous espérons que cet effort ouvrira la voie au dialogue sur d’autres questions également.

Éminence, vaut-il encore la peine d’espérer en ces temps complexes, déchirés par les guerres, les violences et les privations?

Face aux tragédies qui continuent d’affliger l’humanité, nous nous sentons tous perdants et sommes tentés de céder au désespoir et au fatalisme. Avec le Pape, je veux aussi répéter: «Ne nous laissons pas voler l’espérance», surtout lorsque le chemin de la vie se heurte à des problèmes et à des obstacles qui semblent insurmontables. Bien sûr, l’espérance exige du réalisme. Il exige que nous appelions les problèmes par leur nom, en sachant que les nombreuses crises morales, sociales, environnementales, politiques et économiques que nous traversons sont interconnectées, et que ce que nous considérons comme des problèmes individuels est en fait une cause ou une conséquence d’autres problèmes.

Mais l’espérance exige ensuite le courage d’agir, l’audace de jeter son cœur par-dessus l’obstacle, de renoncer au mal et de sortir de l’espace étroit des intérêts personnels ou nationaux; de faire chaque jour ces petits pas possibles vers le bien pour essayer d’améliorer des situations compliquées et de semer la paix avec patience et confiance.

Source : VATICANNEWS, le 1er décembre 2023

La prophétie de Jacob à propos de la venue du Messie

Shutterstock/Jorisvo

La prophétie de Jacob à propos de la venue du Messie

La première des prophéties à méditer en ce temps de l’Avent évoque le moment de la venue du Messie et se trouve dans la Genèse (Gn 49,1-10), quand Jacob, né d’Isaac, bénit ses fils avant de mourir. « Rassemblez-vous pour que je vous annonce ce qui vous arrivera dans l’avenir ». Et il poursuit : « Le sceptre ne s’écartera pas de Juda, ni le bâton de commandement d’entre ses pieds jusqu’à ce que vienne Celui auquel il appartient et à qui les peuples doivent obéissance. »

Ce passage, qui a toujours été entendu par les exégètes d’Israël en un sens messianique, prend une actualité nouvelle au temps de la Vierge, après qu’Hérode Ier eut été nommé roi de Judée en mettant fin à la dynastie hasmonéenne juive. La Judée devient alors une province vassale de Rome et elle le restera jusqu’à la destruction de Jérusalem en 70 après Jésus-Christ.

Avec l’avènement d’Hérode Ier l’autorité passe aux Romains, et le signe messianique s’accomplit puisque c’est au moment de la venue du Messie que le sceptre s’éloigne définitivement de Juda. Les juifs pourront maintenant répondre très justement à Pilate, lors du procès du Christ : « Nous n’avons pas d’autre roi que César » (Jn 19,15).

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Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

03.12.2023 – SAINT DU JOUR

St François-Xavier

PRÊTRE S.J. († 1552)

Fête Le 3 Décembre

Saint François Xavier
Prêtre s.j.
Apôtre des Indes et du Japon

François Xavier, nom de naissance Francisco de Jasso y Azpilicueta, dernier de six enfants, naît à Javier, près de Pampelune en Navarre, le 7 avril 1506, dans une famille noble.

Après de brillantes études au collège Sainte-Barbe, à Paris, il enseigna la philosophie avec un succès qui, en lui attirant les applaudissements, développa l’orgueil dans son cœur. Ignace de Loyola, converti, étant venu à Paris pour perfectionner ses études et cherchant à recruter des compagnons pour jeter les bases de la Compagnie de Jésus, s’éprit d’amitié et d’admiration pour ce jeune homme. 

Le 15 août 1534, sept jeunes gens, parmi lesquels Ignace et Xavier, prononcèrent leurs vœux dans une chapelle souterraine de l’église de Montmartre. La Compagnie de Jésus était fondée.

Quelques années plus tard (1537 à Venise), Xavier, devenu prêtre était prêt pour sa mission. Quelle fut sa joie quand Ignace le désigna pour la mission des Indes ! Xavier commença par la conversion de Goa, alors comptoir commercial portugais sur la côte occidentale de l’Inde. Une mission finie, une autre l’appelait ; le désir du salut des âmes était insatiable dans son cœur.

Il rencontra des difficultés incroyables, l’ignorance des langues, l’absence de livres en langues indigènes, les persécutions, la défiance et la rivalité des ministres païens. 

Xavier, par son énergie et le secours de Dieu, triompha de tout ; Dieu lui donna le don des langues, le pouvoir d’opérer des miracles sans nombre. Il évangélisa, en onze années, cinquante-deux royaumes et baptisa une multitude incalculable. Sa plus belle et sa plus difficile mission fut l’évangélisation du Japon. 

Il aspirait à convertir la Chine, pour rentrer en Europe par les pays du Nord, quand Dieu, le 3 décembre 1552, appela au repos, à l’âge de 46 ans et 8 mois, cet incomparable conquérant des âmes, qu’on a justement surnommé l’apôtre des Indes et du Japon.

François Xavier a été béatifié, le 21 octobre 1619, par le pape Paul V (Camillo Borghese, 1605-1621) et canonisé, avec Ignace de Loyola, par le Pape Grégoire XV (Alessandro Ludovisi, 1621-1623), le 12 mars 1622.

Saint François Xavier priez pour nous !

03.12.2023 – ÉVANGILE DU JOUR DU 1ER DIMANCHE DE L’AVENT

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 13,33-37.

Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment.
C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller.


Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ;
s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis.
Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

Acclamons et partageons la parole de Dieu!

COMMENTAIRE :

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

prêtre, curé d’Ars

Sermon pour le 3e dimanche après la Pentecôte (Sermons de Saint Jean Baptiste Marie Vianney, Curé d’Ars, t. 2 ; Éd. Ste Jeanne d’Arc, 1982 ; p. 187-188 ; rev.)

Dieu vous offre aujourd’hui sa grâce : convertissez-vous !

Mes frères, ne différons plus de retourner à Dieu. (…) Puisque Dieu vous offre aujourd’hui sa grâce, pourquoi n’en profitez-vous pas ? Dire que rien ne presse, que vous avez le temps, n’est-ce pas, mes frères, raisonner comme des insensés ? Voyez, de quoi êtes-vous capables quand vous êtes malades ? Hélas ! de rien du tout ; vous ne pouvez pas seulement faire comme il faut un acte de contrition, parce que vous êtes tellement absorbés par vos souffrances, que vous ne pensez nullement à votre salut. Eh, bien, mes frères, ne sommes-nous pas trop malheureux d’attendre la mort pour nous convertir ? Faites du moins pour votre pauvre âme ce que vous faites pour votre corps qui n’est cependant qu’un monceau de pourriture et qui, dans quelques moments, sera la pâture des plus vils animaux. Lorsque vous êtes dangereusement blessés, attendez-vous six mois ou un an pour y appliquer les remèdes que vous croyez être nécessaires pour vous guérir ? Lorsque vous êtes attaqués par une bête féroce, attendez-vous d’être à moitié dévorés pour crier au secours ? N’implorez-vous pas, de suite, le secours de vos voisins ? Pourquoi, mes frères, n’agissez-vous pas de même lorsque vous voyez votre pauvre âme souillée et défigurée par le péché, réduite sous la tyrannie des démons ? Pourquoi n’employez-vous pas aussitôt l’assistance du ciel et n’avez-vous pas recours à la pénitence ? Oui, mes frères, quelques grands pécheurs que vous soyez, puisque vous désirez quitter un jour le péché, pourquoi ne le quitteriez-vous pas aujourd’hui, puisque Dieu vous donne le temps et les grâces pour cela ?

LECTURES :

Livre d’Isaïe 63,16b-17.19b.64,2b-7.

Pourtant, c’est toi notre père ! Abraham ne nous connaît pas, Israël ne nous reconnaît pas. C’est toi, Seigneur, notre père ; « Notre-rédempteur-depuis-toujours », tel est ton nom.
Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer hors de tes chemins ? Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir et ne plus te craindre ? Reviens, à cause de tes serviteurs, des tribus de ton héritage.
Nous sommes comme des gens que tu n’aurais jamais gouvernés, sur lesquels ton nom n’est pas invoqué. Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face,
quand tu ferais des prodiges terrifiants que nous n’espérons plus. Voici que tu es descendu : les montagnes furent ébranlées devant ta face.
Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï dire, nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi agir ainsi pour celui qui l’attend.
Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice, qui se souvient de toi en suivant tes chemins. Tu étais irrité, mais nous avons encore péché, et nous nous sommes égarés.
Tous, nous étions comme des gens impurs, et tous nos actes justes n’étaient que linges souillés. Tous, nous étions desséchés comme des feuilles, et nos fautes, comme le vent, nous emportaient.
Personne n’invoque plus ton nom, nul ne se réveille pour prendre appui sur toi. Car tu nous as caché ton visage, tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes.
Mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre père. Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes : nous sommes tous l’ouvrage de ta main.

Psaume 80(79),2-3bc.15-16a.18-19.

Berger d’Israël, écoute,
toi qui conduis Joseph, ton troupeau :
resplendis au-dessus des Kéroubim,
Réveille ta vaillance

et viens nous sauver.
Dieu de l’univers reviens !
Du haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,

celle qu’a plantée ta main puissante.
Que ta main soutienne ton protégé,
le fils de l’homme qui te doit sa force.
Jamais plus nous n’irons loin de toi :

fais-nous vivre et invoquer ton nom !

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,3-9.

À vous, la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ.
Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ;
en lui vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la parole et de la connaissance de Dieu.
Car le témoignage rendu au Christ s’est établi fermement parmi vous.
Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ.
C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout, et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ.
Car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur.