Père Patton: au milieu des ténèbres de l’histoire brille la lumière de Bethléem

Le Custode de Terre Sainte, père Francesco Patton, adresse ses vœux de Noël, le 22 décembre 2023.

Père Patton: au milieu des ténèbres de l’histoire brille la lumière de Bethléem

Dans un message vidéo depuis Bethléem, le Custode de Terre Sainte réaffirme le sens de Noël, dans le conflit qui ensanglante Gaza et les rues désertes des Lieux Saints. «Dans les situations les plus difficiles, au milieu des ténèbres de la guerre et de la haine, le Christ est toujours proche de nous», affirme le père Patton.

Tiziana Campisi et Roberto Cetera – Cité du Vatican

Cette année, les rues et places de Bethléem sont vides. Le conflit entre Israël et la Palestine, qui a repris dans la bande de Gaza, causant mort, destruction et douleur, a répandu un climat de tristesse et de peur. Pour le respect de ceux qui souffrent, dans les lieux qui racontent la Nativité, les célébrations de Noël seront vécues avec sobriété. Dans un message vidéo publié vendredi 22 décembre, le Custode de Terre Sainte, père Francesco Patton, transmet des messages d’espérance.

Dieu est entré dans l’histoire une fois pour toutes

«Nous n’avons pas annulé Noël, parce que Noël est quelque chose qui a déjà eu lieu et que, grâce à Dieu, personne ne peut l’annuler», explique le moine franciscain. À Noël, le Fils de Dieu est «entré dans notre histoire une fois pour toutes, il s’est fait l’un de nous, il nous a été donné, il a donné un sens à notre vie et il nous a ainsi sauvés». Et même «si nous nous trouvons au milieu des situations les plus graves et les plus difficiles, au milieu des ténèbres de l’histoire» ou «au milieu des ténèbres de la guerre et de la haine, même si les ténèbres n’accueillent pas la lumière, la lumière continue à briller et ne peut pas être étouffée», souligne le père Patton.

De la grotte de Bethléem, l’espérance d’un monde nouveau

Depuis la basilique de la Nativité à Bethléem, lieu où Jésus est venu au monde, le Custode de Terre Sainte implore: «Nous avons besoin que la lumière se répande partout, depuis cette grotte, pour maintenir vivante l’espérance d’un monde nouveau, sauvé grâce à la naissance de cet Enfant Jésus, l’Emmanuel Dieu avec nous». En ce Noël «étouffé par les ténèbres de la haine et de la guerre», le religieux invite à s’agenouiller «devant la crèche vide dans laquelle Marie a déposé l’Enfant Jésus après l’avoir mis au monde et l’avoir emmailloté».

La prière de Jean-Paul II

Enfin, le père Patton demande d’élever vers Dieu la prière récitée par Jean-Paul II dans son message de Noël Urbi et Orbi de 1994, et invoque l’Enfant Jésus, afin qu’il exhorte «les hommes à déposer les armes et à s’unir dans une étreinte universelle de paix»; afin qu’il invite les peuples «à briser les murs créés par la misère et le chômage, l’ignorance et l’indifférence, la discrimination et l’intolérance». «C’est toi, divin enfant de Bethléem, qui nous sauve en nous libérant du péché. Tu es le vrai et unique Sauveur que l’humanité elle-même cherche à tâtons. Dieu de la paix, don de la paix pour toute l’humanité, viens vivre dans le cœur de chaque homme et de chaque famille, sois notre paix et notre joie. Amen. Joyeux Noël de Bethléem».

Source : VATICANNEWS, le 22 décembre 2023

22.12.2023 – PRÉDICATION DE L’AVENT

Prédication de l’Avent du cardinal Cantalamessa du 22 décembre 2023 (2/2)

Deuxième prédication de l’Avent: avec Marie, revenir au cœur et à la vie intérieure

Après Jean-Baptiste le précurseur, le cardinal Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, a consacré sa deuxième et ultime prédication de l’Avent à la Mère de Jésus vendredi 22 décembre en salle Paul VI, en présence du Pape. 

«Dans l’Évangile du quatrième dimanche de l’Avent, nous entendons le récit de l’Annonciation. Cela nous rappelle comment Marie a conçu et donné naissance au Christ et comment nous pouvons, nous aussi, le concevoir et lui donner naissance, c’est-à-dire par la foi!», a déclaré le cardinal de 89 ans. Le frère capucin a développé le don que l’Esprit Saint a fait à l’Église, avec le renouveau de la Mariologie, et la découverte concomitante d’une nouvelle dimension de la foi de Marie. La Mère de Dieu -a déclaré le Concile Vatican II– «avança dans son pèlerinage de foi» (LG 58). Elle n’a pas cru une fois pour toutes, mais elle a marché dans la foi et y a progressé.

«Espérant contre toute espérance, Marie a cru»

Après l’Annonciation et Noël, par la foi, Marie a présenté l’Enfant au temple. Par la foi, elle l’a suivi, se tenant à l’écart, dans sa vie publique. Par la foi, elle s’est tenue sous la croix. Par la foi, elle a attendu sa résurrection.

Et le prédicateur de la Maison pontificale de relever: «Il y a des faits apparemment contradictoires auxquels Marie réfléchit en elle-même, sans les comprendre. Il est «le Fils de Dieu» et il est couché dans une mangeoire!» Il y a la croix, où elle est là, «impuissante face au martyre de son fils, mais elle consent avec amour». «C’est une répétition du drame d’Abraham, mais combien plus exigeante! Avec Abraham, Dieu s’arrête au dernier moment, mais pas avec elle. Elle accepte que son fils soit sacrifié, elle le remet au Père, le cœur brisé, mais debout, forte de sa foi inébranlable», a rappelé le cardinal italien, ajoutant que ce que l’Apôtre dit d’Abraham doit se dire à plus forte raison de Marie: «Espérant contre toute espérance, Marie a cru; ainsi est-elle devenue la mère d’un grand nombre de nations» (cf. Rm 4, 18).

La mariologie, saint Augustin et Pascal

Le renouveau de la Mariologie opéré par Vatican II doit selon le cardinal Cantalamessa beaucoup (peut-être l’essentiel) à saint Augustin. C’est son autorité qui poussa certains théologiens puis l’assemblée conciliaire à insérer le discours sur Marie dans la constitution sur l’Église, Lumen gentium, plutôt que de faire un discours à part sur elle.

Au terme de son discours sur la foi de Marie, l’évêque d’Hippone adresse à ses auditeurs une vibrante exhortation «qui vaut aussi pour nous»: «Marie crut donc et ce qu’elle crut s’accomplit en elle. Croyons aussi afin de pouvoir en profiter nous-mêmes!» Le frère capucin explique cette exhortation à l’aide de Pascal à qui le Pape a consacré une Lettre apostolique le 19 juin dernier. Le philosophe français fut d’ailleurs un fervent disciple de saint Augustin.

Foi et cœur

«Dieu est senti du cœur et non de la raison, comme dit Pascal, pour le simple fait que ‘’Dieu est amour’’ et que l’amour ne se perçoit pas avec l’intellect, mais avec le cœur. Il est vrai que Dieu est aussi vérité (‘’Dieu est lumière’’, écrit Jean dans sa Première Lettre) et la vérité se perçoit avec l’intellect; mais alors que l’amour présuppose la connaissance, la connaissance ne présuppose pas nécessairement l’amour. On ne peut pas aimer sans connaître, mais on peut connaître sans aimer! Une civilisation comme la nôtre le sait bien, fière qu’elle est d’avoir inventé l’intelligence artificielle, mais si pauvre en amour et en compassion», a développé le frère Cantalamessa.

Malheureusement, ce ne sont pas les «raisons du cœur» de Pascal qui ont façonné la pensée laïque et théologique des trois derniers siècles, mais plutôt le «Je pense donc je suis» (cogito ergo sum) de son compatriote Descartes, même si contre toute intention de ce dernier, qui fut et resta toujours un pieux chrétien et un croyant, constate le cardinal, mentionnant que René Descartes fut un pèlerin du sanctuaire de Notre-Dame de Lorette.

Selon le prédicateur du Pape, la conséquence a été que le rationalisme a dominé et fait loi, avant d’arriver au nihilisme actuel. Tous les discours et débats qui ont lieu, encore aujourd’hui, se concentrent sur «Foi et raison», mais jamais, sur «Foi et cœur» ou «Foi et volonté», déplore-t-il.

La centralité du Christ

Pascal est souvent cité à propos du «risque calculé», du pari avantageux. Dans l’incertitude, écrit-il, il faut parier sur l’existence de Dieu, car «si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien». Mais le véritable risque de la foi -il le sait lui aussi- est autre: c’est celui de mettre Jésus-Christ entre parenthèses.

Le vrai risque de la foi est bien de se scandaliser devant l’humanité et l’humilité du Christ, remarque le théologien capucin, confiant: «J’ai suivi de nombreux débats de haut niveau sur Internet sur l’existence ou non de Dieu: le nom de Jésus-Christ n’y était presque jamais mentionné. Comme s’il ne faisait pas partie de la discussion sur Dieu!»

Voilà ce que doit être selon lui notre principal engagement dans l’effort d’évangélisation. «Le monde et ses médias – disais-je en une autre occasion à ce même endroit – font tout ce qu’ils peuvent (et malheureusement ils y parviennent!) pour garder le nom du Christ séparé, ou absent, dans tous leurs discours sur l’Église. Nous devons faire tout notre possible pour le tenir toujours et obstinément au centre. Non pas pour nous abriter derrière lui et garder le silence sur nos échecs, mais parce qu’il est « la lumière des gentils», le «nom qui est au-dessus de tout autre nom», «la pierre angulaire» du monde et de l’histoire.»

Revenir au cœur

Le cardinal Cantalamessa est revenu aux paroles de Pascal sur Dieu que «l’on sent avec le cœur». Car, dit-il, l’homme envoie ses sondes aux confins du système solaire et même au-delà, mais ignore ce qui se passe à quelques milliers de mètres sous la croûte terrestre, d’où la difficulté de prévenir les tremblements de terre. «C’est une image de ce qui se passe également dans le domaine de l’esprit, dans notre propre vie. Nous vivons tous projetés à l’extérieur, tournés vers ce qui se passe autour de nous, inattentifs à ce qui se passe à l’intérieur de nous. Le silence fait peur.»

La crèche a une signification mystique

Enfin, le prédicateur de la Maison pontificale a évoqué le huitième centenaire de la première création de la crèche à Greccio. Cette circonstance aussi peut nous aider à rentrer dans notre cœur, estime-t-il, regrettant qu’au fil du temps, la crèche se soit éloignée de ce qu’elle représentait pour saint François. «Elle est souvent devenue une forme d’art ou de décor dont on admire l’installation extérieure plutôt que la signification mystique». Mais il assure aussi qu’elle remplit néanmoins sa fonction de signe et qu’il serait insensé d’y renoncer. «Dans notre Occident, les initiatives se multiplient pour éliminer toute référence évangélique et religieuse de la solennité de Noël, la réduisant à une pure et simple fête humaine et familiale, avec de nombreux contes de fées et personnages inventés à la place des personnages réels de Noël. Certains souhaiteraient même changer le nom de la fête», a affirmé le théologien capucin.

La crèche est donc une tradition utile et belle, mais nous ne pouvons nous contenter des crèches extérieures traditionnelles. Il nous faut aménager une crèche différente pour Jésus, une crèche du cœur, a-t-il ajouté. «Ce n’est pas une belle et poétique fiction mentale; c’est l’entreprise la plus difficile de la vie. Dans notre cœur, il y a de la place pour de nombreux invités, mais pour un seul maître. Donner naissance à Jésus signifie faire mourir son propre «moi», ou du moins renouveler la décision de ne plus vivre pour nous-mêmes, mais pour Celui qui est né, est mort et est ressuscité pour nous (cf. Rm 14, 7-9). ‘’Là où naît Dieu, l’homme meurt’’, a affirmé l’existentialisme athée. C’est vrai! Cependant, c’est bien le vieil homme qui meurt, corrompu et destiné, de toute façon, à finir par la mort, tandis que ce qui naît, c’est l’homme nouveau, ‘’créé dans la justice et la sainteté’’ (Ep 4, 24), destiné à la vie éternelle».

«Joyeux anniversaire à Jésus et à vous tous: Saint -et bien-aimé Père, Pape François, vénérés Pères, frères et sœurs, joyeux Noël!», a conclu le frère capucin devant le Souverain pontife et les membres de la Curie présents.

Source : VATICANNEWS, le 22 décembre 2023

La prière est le cœur battant de l’action politique

Andrea Vicentino, La Bataille de Lépante, 1571-1600, musée Correr. CC0/wikimedia

La prière est le cœur battant de l’action politique

Saint Bruno qui, fuyant le monde, créa l’ordre des chartreux où, depuis près d’un millénaire, malgré les vicissitudes temporelles, ses fils assurent une prière ininterrompue sans laquelle le monde se serait écroulé depuis bien longtemps. Stat Crux dum volvitur orbis. La Croix est la seule pierre possible pour la fondation d’une civilisation durable.

Et Notre Dame du Rosaire permit la victoire de Lépante sur la flotte turque bien supérieure quand, à la demande de saint Pie V, le grand Pape dominicain, la Chrétienté tout entière supplia la Vierge d’assurer cette victoire.

Non, la prière n’est pas l’opposé de l’action politique – elle est au contraire la condition nécessaire que cette dernière soit durablement efficace. On ne peut mener une action politique efficace qu’appuyée sur la prière.

Et, en sens inverse (mais non symétriquement car spirituel et temporel ne sont pas du même ordre!), si l’on choisit la consécration totale à la prière comme saint Bruno ou saint Benoît, nous préparons par surcroît des fruits de civilisation temporelle – les moines du temps des invasions barbares n’avaient guère de projet temporel, mais la plus belle civilisation qui naquît jamais sous le ciel est née de leurs cloîtres.

Puissions-nous être aussi déterminés à demander la restauration de la France chrétienne (NDLR : et de nos nations chrétiennes) que nos aïeux l’ont été à demander la victoire de la flotte chrétienne !

Guillaume de Thieulloy, du Salon Beige

Prions :

Je vous salue Marie, pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen

Source : une minute avec Marie

22.12.2023 – SAINTE DU JOUR

Ste Françoise-Xavière Cabrini

V. ET FOND. († 1917)

Sainte Françoise-Xavière Cabrini
(1850-1917)
Vierge et fondatrice : 

« Missionnaires du Sacré-Cœur »

Née et baptisée le 15 juillet 1850 à Sant’Angelo Lodigiano, en Lombardie, treizième enfant d’une famille de cultivateurs, la petite Marie-Françoise, de santé si frêle, ne semblait guère vouée à traverser trente fois l’océan et à établir des fondations qui essaimeraient jusqu’en Australie et en Chine.

Françoise Cabrini embrassa la profession d’institutrice. Plusieurs tentatives pour se faire religieuse échouèrent à cause de sa santé précaire ; elle désirait aussi ardemment devenir missionnaire. Le curé de Codogno, qui connaissait sa force d’âme, la fit venir à l’âge de vingt-quatre ans dans la Maison de la Providencepour remettre de l’ordre dans ce couvent où quelques orphelines recevaient leur formation.

Un jour, l’évêque de Lodi dit à Françoise : « Je sais que vous voulez être missionnaire. Je ne connais pas d’institution qui réponde à votre désir. Fondez-en une ! » Sœur Cabrini réfléchit un instant et répondit fermement : « Je chercherai une maison. » Elle posa à Codogno les bases de l’Institut des Sœurs Missionnaires du Sacré-Coeur. La prière était l’âme de leur action ; l’oraison remplissait quatre heures du jour, une cinquième s’ajoutait pour la fondatrice qui se levait une heure plus tôt que ses sœurs.

En sept ans, Mère Cabrini accomplit l’objectif désiré : l’établissement de sa congrégation à Rome et son approbation par le pape Léon XIII (Vincenzo Gioacchino Pecci, 1878-1903). 

De Rome, son institut s’étendit rapidement. Françoise-Xavière croyait que la Chine l’appelait, mais le Pape lui demanda d’envoyer ses sœurs en Amérique pour aider les cinquante mille émigrés italiens qui attendaient un support matériel, spirituel et moral. Le Saint-Père lui dit : « Non pas l’est, mais l’ouest. Allez aux États-Unis où vous trouverez un large champ d’apostolat. » En effet, sans racines et sans foyer, les émigrés dépérissaient sur le plan religieux et social.

Francesca Saverio Cabrini arriva en Amérique le 31 mars 1889. Sa communauté prit bientôt un développement extraordinaire : hôpitaux, écoles, orphelinats surgirent à New-York, Brooklyn, Scranton, New Jersey, Philadelphia, New Orleans, Chicago, Denver, Seattle et Californie. 

Elle fonda une école supérieure féminine à Buenos-Aires. Cette vaillante ouvrière de l’Évangile se dépensa aussi en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Au retour de ses voyages en Europe, Mère Cabrini ramenait des milliers de sœurs pour ses hôpitaux, ses écoles et ses orphelinats. 

« Travaillons, travaillons, disait-elle toujours à ses Filles, car nous avons une éternité pour nous reposer. Travaillons simplement et bien, et le Seigneur est Celui qui fera tout. » Elle établit soixante-sept maisons en huit pays. Humble devant la prospérité de son œuvre, elle répondait aux témoignages d’admiration : « Est-ce nous qui faisons cela ou bien est-ce Notre-Seigneur ? » Son inébranlable confiance dans le Cœur de Jésus fut largement récompensée.

Celle qui s’était souvent écrié : « Ou aimer ou mourir ! » fit de sa mort un acte de pur amour de Dieu. Elle expira le 22 décembre 1917, à Chicago, dans l’état d’Illinois. Son corps fut transporté à New-York, dans la chapelle de l’école qui porte son nom. C’est là que ses restes sont encore vénérés.

Francesca Saverio Cabrini a été béatifiée, en 1938, par le pape Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939) et canonisée le 7 juillet 1946 par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) qui l’a aussi constituée la Patronne céleste de tous les immigrants.

Ste Françoise-Xavière Cabrini priez pour nous !

22.12.2023 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,46-56.

En ce temps-là, Marie rendit grâce au Seigneur en disant :
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.


Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)

prédicateur, fondateur de communautés religieuses

Traité de la vraie dévotion à la Vierge Marie, 1-6

« Il s’est penché sur son humble servante »

Marie a été très cachée dans sa vie ; c’est pourquoi elle est appelée par le Saint Esprit et l’Église « Alma Mater » : Mère cachée et secrète. Son humilité a été si profonde qu’elle n’a point eu sur la terre d’attrait plus puissant et plus continuel que de se cacher à elle-même et à toute créature, pour n’être connue que de Dieu seul. Dieu, pour l’exaucer dans les demandes qu’elle lui fit de la cacher, appauvrir et humilier, a pris plaisir à la cacher dans sa conception, dans sa naissance, dans sa vie, dans ses mystères, dans sa résurrection et assomption, à l’égard de presque toute créature humaine. Ses parents même ne la connaissaient pas ; et les anges se demandaient souvent les uns aux autres : « Quae est ista ? Qui est celle-là ? » (Ct 6,10) parce que le Très-Haut la leur cachait ; ou, s’il leur en découvrait quelque chose, il leur en cachait infiniment davantage… Que de choses grandes et cachées ce Dieu puissant a faites en cette créature admirable, comme elle est elle-même obligée de le dire, malgré son humilité profonde : « Le Puissant fit pour moi des merveilles ». Le monde ne les connaît pas, parce qu’il en est incapable et indigne.

LECTURES :

Premier livre de Samuel 1,24-28.

En ces jours-là, lorsque Samuel fut sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la Maison du Seigneur, à Silo ; l’enfant était encore tout jeune. Anne avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin.
On offrit le taureau en sacrifice, et on amena l’enfant au prêtre Éli.
Anne lui dit alors : « Écoute-moi, mon seigneur, je t’en prie ! Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici près de toi pour prier le Seigneur.
C’est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande.
À mon tour je le donne au Seigneur pour qu’il en dispose. Il demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie. » Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur.

Premier livre de Samuel 2,1.4-5ab.6-7.8abcd.

Mon cœur exulte à cause du Seigneur ;
mon front s’est relevé grâce à mon Dieu !
Face à mes ennemis, s’ouvre ma bouche :
oui, je me réjouis de ton salut !

L’arc des forts est brisé,
mais le faible se revêt de vigueur.
Les plus comblés s’embauchent pour du pain,
et les affamés se reposent.

Le Seigneur fait mourir et vivre ;
il fait descendre à l’abîme et en ramène.
Le Seigneur rend pauvre et riche ;
il abaisse et il élève.

De la poussière, il relève le faible,
il retire le malheureux de la cendre
pour qu’il siège parmi les princes,
et reçoive un trône de gloire.