Un demi-million d’enfants prient le rosaire pour la paix en Terre Sainte

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Un demi-million d’enfants prient le rosaire pour la paix en Terre Sainte

Au milieu de la guerre entre Israël et le Hamas, le 18 octobre 2023, plus de 500 000 enfants ont participé à une campagne mondiale annuelle de rosaires parrainée par l’Aide à l’Église en détresse.

L’Aide à l’Église en détresse (AED) (1) a lancé la campagne mondiale du rosaire en 2005 et travaille actuellement en partenariat avec le Sanctuaire de Fatima, au Portugal, le Réseau mondial de prière du Pape et l’Apostolat mondial de Fatima. Chaque année, les familles, les paroisses, les enseignants et les catéchistes sont invités à rassembler les enfants pour prier le rosaire. Cette année, l’AED a dédié le rosaire annuel à « la guérison et la protection des souffrances en Terre Sainte ».

La guerre elle-même a été déclenchée par l’attaque surprise du Hamas le 7 octobre, coïncidant avec un shabbat et une fête juive, sur quelque 22 sites en Israël. Israël a déclaré la guerre au Hamas le 8 octobre, en mettant Gaza en état de siège et en bombardant la région par des frappes aériennes, le Hamas ayant riposté. À ce jour, quelque 1 400 personnes ont été tuées en Israël, dont au moins 30 citoyens américains, et au moins 3 500 à Gaza, selon les autorités palestiniennes.

Sœur Nabila, une Sœur du Saint Rosaire affectée à la seule paroisse catholique de Gaza, l’église de la Sainte Famille, a déclaré qu’elle et sa communauté étaient déterminées à rester sur place et à ne pas fuir vers le sud de Gaza en prévision d’une invasion terrestre d’Israël : « Nous ne partirons pas. Les gens n’ont rien, pas même les choses les plus élémentaires ; où pourrions-nous aller ? Mourir dans la rue ? Nous avons des personnes âgées, des personnes souffrant de handicaps multiples et des personnes âgées. Nous avons besoin de médicaments. De nombreux hôpitaux ont été détruits. Où irions-nous ? »

Le père Gabriel Romanelli, pasteur de la Sainte Famille, s’est fait l’écho de cette détermination :« Que trouveront (les habitants de Gaza) dans le sud de la bande de Gaza ? « Il n’y a rien dans le sud et la situation sanitaire et humanitaire est désastreuse, avec un manque d’eau et de nourriture ». Il ajoute que les catholiques de Gaza croient « qu’ils sont plus en sécurité avec Jésus. C’est pourquoi ils prient ensemble … et espèrent que le Seigneur les protégera et que les personnes qui travaillent et prient pour la paix changeront la décision de frapper l’église qui a toujours été une oasis de paix ».

Adapté de : Gina Christian, 19 octobre 2023

www.detroitcatholic.com

(1) Depuis 1947, l’AED travaille sous la direction du Pape pour fournir une assistance pastorale et humanitaire aux catholiques persécutés. Actuellement, l’AED gère chaque année 5 000 projets dans plus de 145 pays. L’organisation se tient également prête à apporter son aide en cas de catastrophe naturelle.

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

09.01.2024 – SAINTE DU JOUR

Bse Alix Le Clerc

VIERGE ET CO-FONDATRICE († 1622)

Bse Alix Le Clerc
Vierge, co-fondatrice de la
Congrégation de Notre-Dame
(Chanoinesses de Saint-Augustin)

Alix, en religion Marie-Thérèse de Jésus, naît le 2 fevrier 1576 à Remiremont, ville des Vosges dans le duché de Lorraine, alors indépendant de la France. Son père, Jean Le Clerc, seigneur de Roville-aux-Chênes, avait épousé Anne Sagay, descendante d’une ancienne famille d’Épinal, et Alix sera leur seule enfant. C’était une belle jeune fille, elle était riche et passait sa jeunesse dans la joie et l’insouciance, aimant danser et se divertir : « J’avais tant de compagnie de vanité et de jeunesse… J’aimais fort à danser. »

Vers ses 18 ans, elle quitte sa ville natale avec ses parents pour un petit village d’Hymont dépendant de la cure de Mattaincourt. Toujours insatisfaite, mais déterminée, elle se confie au jeune nouveau curé arrivé, le 1er juin 1597. C’était St Pierre Fourier. « Il me tombait toujours en l’esprit qu’il faudrait faire une nouvelle maison de filles pour y pratiquer tout le bien que l’on pourrait. » Elle entraîne avec elle quatre amies. Elles désirent donner leur vie à Dieu : elles vont s’essayer à vivre ensemble, prier et faire l’école aux petites filles dont, en ce temps, personne ne s’occupe.

Le Concile de Trente s’était clos en 1563. De la volonté de rénovation pastorale et sociale de Pierre et de l’intuition créatrice d’Alix, la Congrégation Notre-Dame naît à Noël 1597, à Mattaincourt.

Durant vingt-cinq ans, avec Pierre Fourier, Alix connaît les difficultés des premières fondations, lutte pour maintenir l’esprit du projet d’origine, participe à l’élaboration des constitutions de la congrégation, vivant elle-même une intense expérience spirituelle, séjournant dans les maisons qui s’ouvrent, proche de ses sœurs, leur souhaitant en fin de lettre : « Que Dieu soit votre amour entier. »
Elle meurt le 9 janvier 1622 au monastère de Nancy, récemment fondé. 

Marie-Thérèse de Jésus a été béatifiée le 4 mai 1947 par le vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958).

Quand Pierre Fourier est canonisé, en 1897, on dénombre 31 monastères-écoles de Notre-Dame en Europe. Puis ce sont les fondations au Brésil, au Vietnam, en RD Congo, à Hong Kong, au Mexique.

Avec Vatican II, les sœurs ont revisité le charisme éducatif de leurs fondateurs. Elles offrent de partager ce trésor aux nombreux laïcs rencontrés dans leur vie de religieuses apostoliques : enfants, jeunes, éducateurs, animateurs, enseignants, parents, collaborateurs, associés, et tant d’autres, proches et amis. En 1987 Rome approuve les nouvelles constitutions.

Bse Alix Le Clerc priez pour nous !

09.01.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,21-28.

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.


On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »


Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. »
L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »
Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Baudouin de Ford (?-v. 1190)

abbé cistercien, puis évêque

Homélie 6, sur He 4,12 ; PL 204, 451 ; (trad. cf Orval et bréviaire 30e vendr)

« Jésus l’interpella vivement : Silence ! Sors de cet homme »

« La Parole de Dieu est vivante et efficace, plus incisive qu’un glaive à deux tranchants » (He 4,12). Toute la grandeur, la force et la sagesse de la Parole de Dieu, voilà ce que l’apôtre montre par ces mots à ceux qui cherchent le Christ, lui qui est la parole, la puissance et la sagesse de Dieu (1Co 1,24). (…) Quand on proclame cette Parole, la voix qui la prononce donne à une parole extérieurement audible la puissance de sa Parole intérieurement perçue. Dès lors, les morts ressuscitent (Lc 7,22) et ce témoignage fait surgir de nouveaux enfants d’Abraham (Mt 3,9). Elle est donc vivante, cette Parole. Vivante dans le cœur du Père, vivante sur les lèvres du prédicateur, et vivante dans les cœurs remplis de foi et d’amour. Et puisque c’est une Parole vivante, nul doute qu’elle ne soit aussi efficace. Elle agit avec efficacité dans la création du monde, dans son gouvernement et dans sa rédemption. Qu’est-ce qui pourrait être plus efficace ou plus fort ? « Qui dira les prouesses du Seigneur ? Qui fera entendre toute sa gloire ? » (Ps 105 – hébr. 106 –, 2) L’efficacité de cette Parole se manifeste dans ses œuvres ; elle se manifeste aussi dans la prédication. Car elle ne revient jamais sans effet, mais elle profite à tous ceux à qui elle est envoyée (Is 55,11). La Parole est donc efficace, et plus pénétrante qu’une épée à deux tranchants, quand elle est reçue avec foi et amour. En effet, qu’est-ce ce qui serait impossible pour celui qui croit ? (Mc 9,23) Et qu’est-ce ce qui serait difficile pour celui qui aime ?

LECTURES :

Premier livre de Samuel 1,9-20.

En ces jours-là, Anne se leva, après qu’ils eurent mangé et bu. Le prêtre Éli était assis sur son siège, à l’entrée du sanctuaire du Seigneur.
Anne, pleine d’amertume, se mit à prier le Seigneur et pleura abondamment.
Elle fit un vœu en disant : « Seigneur de l’univers ! Si tu veux bien regarder l’humiliation de ta servante, te souvenir de moi, ne pas m’oublier, et me donner un fils, je le donnerai au Seigneur pour toute sa vie, et le rasoir ne passera pas sur sa tête. »
Tandis qu’elle prolongeait sa prière devant le Seigneur, Éli observait sa bouche.
Anne parlait dans son cœur : seules ses lèvres remuaient, et l’on n’entendait pas sa voix. Éli pensa qu’elle était ivre
et lui dit : « Combien de temps vas-tu rester ivre ? Cuve donc ton vin ! »
Anne répondit : « Non, mon seigneur, je ne suis qu’une femme affligée, je n’ai bu ni vin ni boisson forte ; j’épanche mon âme devant le Seigneur.
Ne prends pas ta servante pour une vaurienne : c’est l’excès de mon chagrin et de mon dépit qui m’a fait prier aussi longtemps. »


Éli lui répondit : « Va en paix, et que le Dieu d’Israël t’accorde ce que tu lui as demandé. »
Anne dit alors : « Que ta servante trouve grâce devant toi ! » Elle s’en alla, elle se mit à manger, et son visage n’était plus le même.
Le lendemain, Elcana et les siens se levèrent de bon matin. Après s’être prosternés devant le Seigneur, ils s’en retournèrent chez eux, à Rama.

Elcana s’unit à Anne sa femme, et le Seigneur se souvint d’elle.
Anne conçut et, le temps venu, elle enfanta un fils ; elle lui donna le nom de Samuel (c’est-à-dire : Dieu exauce) car, disait-elle : « Je l’ai demandé au Seigneur. »

Premier livre de Samuel 2,1.4-5ab.6-7.8abcd.

Mon cœur exulte à cause du Seigneur ;
mon front s’est relevé grâce à mon Dieu !
Face à mes ennemis, s’ouvre ma bouche :
oui, je me réjouis de ton salut !

L’arc des forts est brisé,
mais le faible se revêt de vigueur.
Les plus comblés s’embauchent pour du pain,
et les affamés se reposent.

Le Seigneur fait mourir et vivre ;
il fait descendre à l’abîme et en ramène.
Le Seigneur rend pauvre et riche ;
il abaisse et il élève.

De la poussière, il relève le faible,
il retire le malheureux de la cendre
pour qu’il siège parmi les princes,
et reçoive un trône de gloire.

08.01.2024 – VOEUX DU PAPE FRANÇOIS AU CORPS DIPLOMATIQUE

Le Pape aux diplomates: la guerre, tragédie et massacre inutile 

Tour d’horizon des conflits en cours et rappel de la position du Saint-Siège sur les grands dossiers, le Saint-Père a tenu ce lundi 8 janvier le traditionnel discours de vœux au corps diplomatique. François a exhorté à mettre un visage et un nom sur toutes les victimes des guerres et des migrations. Il a aussi dressé la liste des voies à emprunter pour garantir la paix, thème central de son intervention.

Xavier Sartre – Cité du Vatican

C’est le discours «politique» du Pape le plus attendu de l’année. Dans le cadre de la salle des Bénédictions de la basilique Saint-Pierre, devant 180 diplomates accrédités près le Saint-Siège, le Pape François a évoqué les principaux conflits en cours et les problèmes généraux qui affectent le monde aujourd’hui. Il a aussi rappelé que «derrière ce tableau» esquissé, «se trouvent des millions de personnes […] dont les visages nous sont pour la plupart inconnus et que nous oublions souvent». Il a enfin ouvert des perspectives, soulignant les différentes voies à explorer et à suivre pour garantir la paix, «don de Dieu» mais en même temps, «notre responsabilité», mot «très fragile» et «exigeant et plein de sens». Il revient donc au Saint-Siège «d’être une voix prophétique et un appel à la conscience» a-t-il rappelé.

Dans ce tableau mondial, François fait d’abord le constat que «l’élan de ce “renouveau profond”» évoqué par son prédécesseur Pie XII dans son message de Noël de 1944, «semble être épuisé» comme le prouve «le nombre croissant de conflits» qui conforte le concept du Pape de «troisième guerre mondiale par morceaux».

Appel à un cessez-le-feu sur tous les fronts

Le Saint-Père réitère en tout premier lieu sa «condamnation» de «l’attaque terroriste contre la population d’Israël du 7 octobre», et «de toutes les formes de terrorisme et d’extrémisme», soulignant que «la forte réponse militaire israélienne à Gaza a entrainé la mort de dizaines de milliers de Palestiniens, en majorité civils parmi lesquels des enfants et des jeunes» et «une situation humanitaire très grave avec des souffrances inimaginables».

D’où l’exhortation à parvenir à «un cessez-le-feu sur tous les fronts», y compris celui du Liban, à «la libération immédiate de tous les otages à Gaza», à l’envoi d’une «aide humanitaire» à la population palestinienne, et à «la protection nécessaire» des hôpitaux, des écoles et des lieux de culte. Le Pape répète la préférence du Saint-Siège pour une «solution à deux États» avec «un statut internationalement garanti pour la ville de Jérusalem».

Poursuivant sur la situation au Proche-Orient, François appelle à ne pas oublier les Syriens et demande à ce que la communauté internationale cherche des solutions pour qu’ils n’aient plus à souffrir des sanctions internationales. Il exprime sa «tristesse» pour les millions de réfugiés syriens qui se trouvent dans la région, notamment au Liban, où il espère que «l’impasse institutionnelle» qui met le pays «de plus en plus à genoux» sera résolue et qu’un président sera bientôt élu.

En Asie, l’évêque de Rome pose son regard sur la Birmanie, «demandant que tous les efforts soient faits pour redonner de l’espoir à cette terre et un avenir digne aux jeunes générations, sans oublier l’urgence humanitaire qui affecte encore les Rohingyas».

François regrette que «la guerre à grande échelle menée par la Fédération de Russie contre l’Ukraine» perdure et devienne «un conflit qui s’enracine de plus en plus, au détriment de millions de personnes». Il «ne peut être autorisé à se poursuivre, mais doit prendre fin par la négociation, dans le respect du droit international», affirme-t-il.

Le rappel de l’indispensable liberté de culte

Autre préoccupation, «la situation tendue dans le Caucase du Sud, entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan». Le Successeur de Pierre exhorte les parties «à parvenir à la signature d’un traité de paix» pour «trouver une solution à la situation humanitaire dramatique des habitants», «faciliter le retour des personnes déplacées dans leurs foyers en toute légalité et sécurité» et «respecter les lieux de culte des différentes confessions religieuses présentes».

Concernant l’Afrique, le Pape parle des «événements dramatiques au Soudan» où «aucune issue n’est encore en vue», et du sort des personnes déplacées au Cameroun, au Mozambique, en République démocratique du Congo et au Soudan du Sud. Si aucune guerre n’afflige les Amériques, François évoque les «fortes tensions» entre le Venezuela et le Guyana et «les phénomènes de polarisation qui compromettent l’harmonie sociale et affaiblissent les institutions démocratiques» du Pérou.

Le Saint-Père n’oublie pas le Nicaragua qui vit une crise qui perdure et «aux conséquences douloureuses pour l’ensemble de la société nicaraguayenne, en particulier pour l’Église catholique». «Le Saint-Siège ne cesse d’appeler à un dialogue diplomatique respectueux pour le bien des catholiques et de l’ensemble de la population».

La guerre, un massacre inutile

Tous ces conflits se déroulent dans un contexte où cibles militaires et civils se confondent de plus en plus. Or, interpelle le Pape, «nous ne devons pas oublier que les violations graves du droit international humanitaire sont des crimes de guerre, et qu’il ne suffit pas de les relever, mais qu’il faut les prévenir».Le droit humanitaire semble être à ses yeux «la seule voie pour la protection de la dignité humaine dans les situations de guerre». Concernant les conventions sur la guerre, François rappelle que «quand il s’agit aussi d’exercer le droit à la légitime défense, il est indispensable de se limiter à un usage proportionné de la force».

Derrière ces guerres et ces crises, il y a en effet des victimes qui «ne sont pas des « dommages collatéraux »» mais des hommes et des femmes «avec des noms et des prénoms qui perdent la vie. Ce sont des enfants qui restent orphelins et privés d’avenir. Ce sont des personnes qui souffrent de la faim, de la soif et du froid ou qui restent mutilées à cause de la puissance des engins modernes. Si nous pouvions regarder chacun dans les yeux, l’appeler par son nom et évoquer son histoire personnelle, nous regarderions la guerre pour ce qu’elle est: rien d’autre qu’une immense tragédie et “un massacre inutile” qui affecte la dignité de toute personne sur cette terre.»

Le Pape invite à «poursuivre une politique de désarmement», et propose de nouveau de «créer un fonds mondial pour éradiquer enfin la faim et promouvoir un développement durable de la planète entière». Il insiste encore sur «l’immoralité de la fabrication et de la détention d’armes nucléaires» et espère une reprise des négociations sur le nucléaire iranien.

Pour poursuivre la paix, «il faut encore extirper à la racine les causes des guerres, en premier la faim», «l’exploitation des ressources naturelles» et «des personnes». Il faut aussi lutter contre les catastrophes naturelles et environnementales «imputables à l’action ou à la négligence de l’homme» comme «la déforestation de l’Amazonie». Cela porte le Pape à parler de la crise climatique qui «exige une réponse de plus en plus urgente et demande la pleine implication de tous et de toute la communauté internationale». François se félicite de l’accord conclu à l’issue de la COP28 à Dubaï, preuve qu’il «existe une possibilité de revitaliser le multilatéralisme» «dans un monde où les problèmes environnementaux, sociaux et politiques sont étroitement liés».

Après le discours, le Pape a salué les 180 ambassadeurs présents.

Après le discours, le Pape a salué les 180 ambassadeurs présents.

Le droit de pouvoir demeurer dans sa patrie 

Parmi ces problèmes, il y a ceux en lien avec les migrations, celles de milliers de personnes poussées «à abandonner leur terre à la recherche d’un avenir de paix et de sécurité», et qui sont victimes de «trafiquants d’être humains sans scrupules» responsables comme en Méditerranée, de «tragédies». Cette mer entre l’Afrique, l’Europe et le Proche-Orient, devenue «un grand cimetière», «devrait plutôt être un laboratoire de paix». Là aussi, «nous oublions facilement que nous avons devant nous des personnes avec des visages et des noms et nous oublions la vocation propre de la Mare Nostrum», celle d’être «un lieu de rencontre et d’enrichissement réciproque entre personnes, peuples et cultures».

Le Saint-Père rappelle sa position: «les migrations doivent être réglementées pour accueillir, promouvoir, accompagner et intégrer les migrants, dans le respect de la culture, de la sensibilité et de la sécurité des populations qui prennent en charge l’accueil et l’intégration». Il faut aussi «rappeler le droit de pouvoir demeurer dans sa patrie et la nécessité qui en découle de créer les conditions pour qu’il puisse s’exercer effectivement». Pour cela, «aucun pays ne peut être laissé seul», insiste le Pape.

La pratique regrettable de la « mère porteuse »

François propose alors aux ambassadeurs présents de suivre quelques voies de paix, à commencer par le respect de la vie. Il dénonce la pratique «regrettable» dite de la «mère porteuse», l’enfant étant toujours un cadeau, «jamais l’objet d’un contrat», et appelle à l’interdire au niveau universel. Il fustige aussi «la diffusion persistante d’une culture de la mort qui, au nom d’une fausse piété, rejette les enfants, les personnes âgées et les malades» en Occident. Il critique également «les colonisations idéologiques» qui amènent à introduire de nouveaux droits «qui ne sont pas pleinement importants par rapport à ceux initialement définis» dans la déclaration universelle des droits de l’Homme, et qui ne sont pas «toujours acceptables», pointant du doigt la théorie du genre, «très dangereuse parce qu’elle efface les différences dans la prétention de rendre tous égaux».

Autre voie, le dialogue, «âme de la communauté internationale». Le Saint-Père met en garde contre le risque de paralysie «à cause de polarisations idéologiques, en étant instrumentalisés par des États singuliers». Or, «dialoguer requiert de la patience, de la persévérance et une capacité d’écoute», ce qui est essentiel en matière de dialogue social et politique, «base de la coexistence civile d’une communauté politique moderne». 2024 étant une année électorale pour près de la moitié de la population mondiale, le Pape exhorte les jeunes en particulier à voter, soulignant que la politique est «la forme la plus élevée de la charité».

Le dialogue est aussi interreligieux. Il nécessite «la protection de la liberté religieuse et le respect des minorités» estime François, préoccupé par le sort des minorités chrétiennes, dont certaines «sont menacées d’extinction». 360 millions de chrétiens subissent ainsi «un niveau élevé de persécution et de discrimination» note-t-il, dénonçant entre autres, leur «lente marginalisation et exclusion de la vie politique et sociale et de l’exercice de certaines professions». Il dénonce aussi l’antisémitisme, un «fléau» qui «doit être éradiqué de la société, notamment par l’éducation à la fraternité et à l’acceptation de l’autre».

L’expérience de la miséricorde de Dieu lors du Jubilé 2025

L’éducation, c’est aussi par là que passe le chemin de la paix affirme l’évêque de Rome. Éducation aux nouvelles technologies notamment, pour que leur développement se fasse de manière éthique et responsable, et pour que l’intelligence artificielle «reste au service de l’homme, en favorisant et non en entravant, notamment chez les jeunes, les relations interpersonnelles, un sain esprit de fraternité et une pensée critique capable de discernement».

En saluant le corps diplomatique, le Saint-Père a évoqué le Jubilé de 2025, «un temps de grâce où l’on fait l’expérience de la miséricorde de Dieu et du don de sa paix», un temps dont le monde a besoin peut-être plus que jamais.

Source : VATICANNEWS, le 8 janvier 2024