28.01.2024 – HOMÉLIE DU 4ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B – MARC 1,21-28

Une parole qui libère

Pistes pour l’homélie de l’Abbé Jean Compazieu


textes bibliques : lire


Dans la première lecture tirée du livre du Deutéronome, nous avons entendu un vieil épisode qui nous a rappelé ce qui s’est passé au Sinaï au temps de Moïse : Le peuple était rassemblé au bas de la montagne ; il entendait la voix de Dieu qui parlait à Moïse. Son cœur était partagé entre l’émerveillement et la peur. Finalement, c’est la peur qui l’a emporté. « Je ne veux plus entendre la voix de Dieu, disait-il, car je ne veux pas mourir. » Et Dieu a répondu en annonçant la venue d’un prophète, un homme qui ne parlera pas en son nom personnel mais au nom de Dieu, un homme qui dira les paroles même de Dieu.

Le texte du Deutéronome précise que cet homme ne devra pas dire de paroles autres que celle qui vient de Dieu. On se demande pourquoi il a cru bon d’apporter cette précision. En fait, il faut savoir que ce texte a été écrit bien plus tard pour mettre le peuple en garde contre les faux prophètes. Au temps de Jérémie, il y a beaucoup de beaux parleurs : « Ce qu’ils prêchent n’est que vision de leur imagination. Cela ne vient pas de la bouche du Seigneur. » (Jr. 23. 16) Le vrai prophète c’est celui qui est le porte-parole de Dieu devant les autres. Tout au long de l’Ancien Testament, nous voyons des prophètes rappeler au peuple d’Israël qu’il est le peuple de l’alliance. Ils dénoncent les ruptures et les transgressions. Ils appellent les gens à une conversion radicale. Cet appel nous rejoint tous aujourd’hui. Par notre baptême et notre confirmation, nous sommes appelés à devenir des prophètes en transmettant la Parole de Dieu.

Saint Paul insiste sur ce point. Il nous dit que nous devons « être attachés au Seigneur sans partage ». Ailleurs, il nous rappelle que « le temps est limité ». Ce message est une réponse à des questions très concrètes que les chrétiens de son temps se posaient. Il précise que vouloir plaire à son mari ou à son épouse c’est bien. Mais le plus important c’est de ne pas oublier les affaires de Dieu. C’est une priorité absolue pour tout chrétien. Cet appel vaut pour nous aujourd’hui. Il y a beaucoup de choses qui passent avant les « affaires de Dieu », avant la prière, avant la messe du dimanche, avant l’inscription d’un enfant au catéchisme… Nous avons tous à nous convertir à Celui qui donne tout son sens à notre vie. Notre mission c’est d’être les témoins fidèles de Jésus Christ.

L’Évangile nous révèle que Jésus est ce prophète annoncé par Moïse. Il est un prophète puissant par ses paroles et ses actions. Son enseignement est nouveau. Saint Marc nous le dit : “Il enseignait en homme qui a autorité.” Il ne se contente pas de répéter ce qu’il a étudié. Il parle avec l’autorité de Dieu.

L’Église d’aujourd’hui a reçu pour mission d’annoncer cette parole de Dieu. Dans un monde enchaîné par la haine, la violence, l’égoïsme, la précarité, c’est plus que jamais nécessaire. Ce monde a besoin d’entendre une parole qui libère et qui redonne espérance. Nous sommes tous envoyés pour crier la bonne nouvelle à temps et à contretemps.

Cette bonne nouvelle nous concerne tous. Jésus est venu nous libérer de l’esprit mauvais. Il ne cesse de nous apporter la liberté des enfants de Dieu. La guérison de ce possédé nous montre que l’heure de notre libération est arrivée. Cet homme dont parle l’évangile c’est l’humanité entière. Ce que Jésus a commencé à Capharnaüm, il va le continuer tout au long de son ministère en Palestine. Et il continue à la faire tout au long des siècles par son Église. C’est lui qui parle quand on lit dans l’Église les Saintes Écritures. C’est lui qui donne la vie quand on baptise. Il est toujours à l’œuvre dans le monde d’aujourd’hui.

Si nous voulons être des messagers de la bonne nouvelle, il faut que toute notre vie soit imprégnée de cet amour qui est en Dieu. Nous ne pouvons parler que de ce que nous vivons avec Jésus. Pour cela, nous commençons par nous nourrir de la Parole de Dieu ; nous nous laissons transformer par elle. Il est important que notre vie soit en accord avec cette Parole que nous avons à annoncer de la part de Dieu.

Comme autrefois dans la synagogue, le même Jésus rejoint les communautés réunies en son nom dans toutes les églises du monde. Il nous fait entendre sa Parole. Il vient nous libérer de toutes nos attaches. Ouvrons-nous à cette Parole qui guérit d’elle-même. Avec lui, nos actes et toute notre vie deviendront conformes à cette parole. En accueillant le Christ libérateur, nous pourrons chanter avec plus de force : “Ta Parole, Seigneur est vérité, et ta loi délivrance.”

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 20 janvier 2024

Notre Dame du Bon Voyage sauva le navire du naufrage

Unsplash/Robson Hatsukami Morgan

Notre Dame du Bon Voyage sauva le navire du naufrage

En Inde, au nord de Calcutta, s’élève la basilique du Saint-Rosaire de Bandel appelée aussi Notre-Dame du bon voyage, au nord de la ville de Calcutta, au Bengale-Occidental. Il s’agit de la plus ancienne église du Nord et de l’Est de l’Inde et c’est un centre très fréquenté par de nombreux pèlerinages marials.

L’église de Bandel devint progressivement centre de dévotion mariale lorsqu’une statue miraculeuse de Notre-Dame du Bon-Voyage y fut installée par un capitaine portugais dont le navire, par l’intercession de la Vierge Marie, échappa au naufrage lors d’une violente tempête dans le golfe du Bengale. Un mât du vaisseau érigé devant l’église commémore le même événement.

Nombre de pèlerins et de touristes, chrétiens et non-chrétiens, visitent le sanctuaire tout au long de l’année. Plus particulièrement, en janvier, les Santals catholiques (d’Inde et du Bangladesh) y ont leur grand rassemblement et pèlerinage annuel. La communauté chinoise de Calcutta s’y rassemble également tous les ans.

Le sanctuaire marial fut érigé en basilique mineure en 1988 par le pape Jean-Paul II.

L’Encyclopédie Mariale

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Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

25.01.2024 – SAINT DU JOUR

Bx Henri Suso

Bx Henri Suso

PRÊTRE DOMINICAIN († 1366)

Henri Suso naît sur les bords du lac de Constance (situé à la frontière entre la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche), à la fin du XIIIe siècle. Un père mondain et violent, une mère douce et pieuse d’où lui vient cette nature tendre et aimante que nous trouvons dans ses écrits.

Il entre chez les dominicains de Constance à l’âge de 13 ans. Pendant cinq ans il y mène une vie plutôt médiocre et relâchée et, à l’âge de 18 ans, ayant été favorisé d’une vision, il se convertit. Dès lors il se livre à de très rudes austérités pour réduire son corps en servitude, si bien qu’à 40 ans il était proche de la mort. Sur un signe du Très-Haut, il jeta dans le Rhin tous ses instruments de pénitence.
Après ses premières études théologiques, on l’avait envoyé à Cologne où il connut Maître Eckart vers 1320-1325. Devenu lecteur, il revient à Constance de 1329 à 1336. Il y est lecteur conventuel, puis prieur ; il y écrit, pour la défense d’Eckart, « Le livre de la vérité« . Cet ouvrage lui vaut de grands ennuis de la part du Chapitre provincial, puis du Chapitre général qui le dépose de sa charge priorale. Il reste alors dans son couvent et travaille à son « Livre de la Sagesse » dédié au Maître de l’Ordre sous le titre « L’Horloge de la Sagesse« . Il se donne également à la prédication dans toute la région.

S’il a mis fin volontairement à ses mortifications corporelles, le Seigneur ne lui épargne pas les autres : il devient l’objet de calomnies et de détractions de toutes sortes. De nature extrêmement sensible et aimante, il se voit abandonné par plusieurs de ses amis. Il exerce pourtant un ministère très apprécié auprès de plusieurs couvents de religieuses dominicaines. C’est à l’une d’elles, Élisabeth Stagel, qu’il confie l’histoire de sa vie qu’elle mettra par écrit.

Refusant d’obéir aux ordres schismatiques de Louis de Bavière, les dominicains quittent Constance et se réfugient à Diessenhoven. Suso est envoyé à Ulm. On ne sait que très peu de choses sur les dernières années de sa vie. 
Il y meurt en 1366 vers sa 70eannée. Le concile de Constance le considéra comme bienheureux, mais sa béatification officielle est due à Grégoire XVI (Bartolomeo Cappellari, 1831-1846) en 1831.

Il nous reste de lui sa Vie, sous la forme que nous avons dite, avec quelques retouches postérieures à la révision qu’il en fit, le Livre de la Vérité, l’Horloge de la Sagesse, deux collections de lettres et quelques Sermons. Le succès du Livre de la Sagesse fut énorme : aux XIVe et XVe siècles, ce fut le livre le plus lu en Allemagne ; aucun autre n’est représenté par autant de manuscrits, pas même l’Imitation de Jésus-Christ.

Après Maître Eckart et Jean Tauler, Henri Suso est représentatif de l’École de spiritualité dominicaine des « mystiques rhénans » du XIVesiècle. Elle garde la vision de l’univers que lui donne saint Thomas, exalte le primat de la contemplation et, pour y arriver, le dépouillement progressif du sensible, la purification de ce qui agite et distrait, le regard sur le Christ, Vérité éternelle.
Suso insiste sur l’union au Christ par la contemplation de ses perfections et de ses souffrances. Après lui, l’accent sera mis davantage sur l’affection que sur la connaissance : on cherche ce qui émeut, on s’applique à méditer les plaies du Crucifié, les sept douleurs de la Vierge : c’est l’ère des représentations tragiques de la Passion, des Pietà, des Descentes de Croix… L’œuvre de Suso annonce déjà ce tournant à la fin du XIVe et au XVe siècle.

Bx Henri Suso priez pour nous !

25.01.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,15-18.

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.
Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné.

Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ;


ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ;

ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Bernard (1091-1153)

moine cistercien et docteur de l’Église

1er Sermon pour la fête de la conversion de saint Paul, 1, 6 ; PL 183, 359 (trad. cf Orval)

« Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »

C’est avec raison, frères bien-aimés, que la conversion de « celui qui enseigne les nations » (1Tm 2,7) est une fête que tous les peuples célèbrent aujourd’hui avec joie. En effet nombreux sont les surgeons qui ont poussé de cette racine ; une fois converti, Paul est devenu l’instrument de la conversion du monde entier. Autrefois, lorsqu’il vivait encore dans la chair mais non selon la chair (cf Rm 8,5s), il a converti beaucoup à Dieu par sa prédication ; aujourd’hui encore, alors qu’il vit en Dieu une vie plus heureuse, il ne cesse de travailler à la conversion des hommes par son exemple, sa prière et sa doctrine. (…) Cette fête est une grande source de biens pour ceux qui la célèbrent. (…) Comment désespérer, quelle que soit l’énormité de nos fautes, quand on entend que « Saul, ne respirant encore que menace et meurtre contre les disciples du Seigneur » a été changé soudainement en « un instrument de choix » ? (Ac 9,1.15) Qui pourrait dire, sous le poids de son péché : « Je ne peux pas me relever pour mener une vie meilleure », alors que, sur la route même où le conduisait son cœur assoiffé de haine, le persécuteur acharné est devenu subitement un prédicateur fidèle ? Cette seule conversion nous montre en un jour magnifique la grandeur de la miséricorde de Dieu et la puissance de sa grâce. (…) Voilà bien, mes frères, un modèle parfait de conversion : « Mon cœur est prêt, Seigneur, mon cœur est prêt. (…) Que veux-tu que je fasse ? » (Ps 56,8; Ac 9,6) Parole brève, mais combien pleine, vivante, efficace et digne d’être exaucée ! Qu’il se trouve peu de gens dans cette disposition d’obéissance parfaite, qui aient renoncé à leur volonté au point que leur cœur même ne leur appartienne plus. Qu’il se trouve bien peu de gens qui à chaque instant cherchent non pas ce qu’ils veulent eux-mêmes mais ce que Dieu veut et qui lui disent sans cesse : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? »

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 22,3-16.

En ces jours-là, Paul dit au peuple : « Je suis Juif, né à Tarse en Cilicie, mais élevé ici dans cette ville, où, à l’école de Gamaliel, j’ai reçu une éducation strictement conforme à la Loi de nos pères ; j’avais pour Dieu une ardeur jalouse, comme vous tous aujourd’hui.
J’ai persécuté à mort ceux qui suivent le Chemin du Seigneur Jésus ; j’arrêtais hommes et femmes, et les jetais en prison ;
le grand prêtre et tout le collège des Anciens peuvent en témoigner. Ces derniers m’avaient donné des lettres pour nos frères de Damas où je me rendais : je devais ramener à Jérusalem, ceux de là-bas, enchaînés, pour qu’ils subissent leur châtiment.
Donc, comme j’étais en route et que j’approchais de Damas, soudain vers midi, une grande lumière venant du ciel m’enveloppa de sa clarté.
Je tombai sur le sol, et j’entendis une voix me dire : “Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?”
Et moi je répondis : “Qui es-tu, Seigneur ? – Je suis Jésus le Nazaréen, celui que tu persécutes.”
Ceux qui étaient avec moi virent la lumière, mais n’entendirent pas la voix de celui qui me parlait.
Alors je dis : “Que dois-je faire, Seigneur ?” Le Seigneur me répondit : “Relève-toi, va jusqu’à Damas ; et là on te dira tout ce qu’il t’est prescrit de faire.”
Comme je n’y voyais plus rien, à cause de l’éclat de cette lumière, je me rendis à Damas, conduit par la main de mes compagnons.
Or, Ananie, un homme religieux selon la Loi, à qui tous les Juifs résidant là rendaient un bon témoignage,
vint se placer près de moi et me dit : “Saul, mon frère, retrouve la vue.” Et moi, au même instant, je retrouvai la vue, et je le vis.
Il me dit encore : “Le Dieu de nos pères t’a destiné à connaître sa volonté, à voir celui qui est le Juste et à entendre la voix qui sort de sa bouche.
Car tu seras pour lui, devant tous les hommes, le témoin de ce que tu as vu et entendu.
Et maintenant, pourquoi tarder ? Lève-toi et reçois le baptême, sois lavé de tes péchés en invoquant son nom.” »

Psaume 117(116),1.2.

Louez le Seigneur, tous les peuples ;
fêtez-le, tous les pays !

Son amour envers nous s’est montré le plus fort ;
éternelle est la fidélité du Seigneur !