04.02.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,29-39.

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André.
Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade.


Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons.
La ville entière se pressait à la porte.


Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait.
Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche.
Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. »
Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »
Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Vincent de Paul (1581-1660)

prêtre, fondateur de communautés religieuses

Instruction du 16/08/1656 à deux sœurs envoyées à Arras

« Jésus s’approcha d’elle et la prit par la main »

C’est une belle chose de lire ce qui est rapporté de la belle-mère de saint Pierre dans l’Évangile. Cette bonne femme, étant malade d’une fâcheuse fièvre, entendait dire que notre Seigneur était en Capharnaüm, qu’il faisait de grands miracles, guérissant les malades, chassant les diables des possédés, et autres merveilles. Elle savait que son gendre était avec le Fils de Dieu et pouvait dire à saint Pierre : « Mon fils, votre maître est puissant et a le pouvoir de me délivrer de cette maladie ». Quelque temps après, voilà que notre Seigneur vint dans sa maison, où elle ne témoigne point d’impatience pour son mal ; elle ne se plaint point, elle ne prie point son gendre, non pas même notre Seigneur, car elle lui pouvait dire : « Je sais que vous avez la puissance de guérir toutes sortes de maladies, Seigneur ; ayez compassion de moi ». Pourtant elle ne dit rien de tout cela, et notre Seigneur, voyant son indifférence, commanda à la fièvre de la quitter, et au même instant elle fut guérie. Dans toutes les choses fâcheuses qui nous arrivent, ne nous mettons point en peine, abandonnons tout cela à la Providence, et qu’il nous suffise que notre Seigneur nous voit et sait ce que nous endurons pour son amour et pour imiter les beaux exemples qu’il nous a donnés, particulièrement au Jardin des Olives, lorsqu’il accepta le calice… Car, bien qu’il ait demandé qu’il passe, si faire se pouvait, sans qu’il le boive, il ajouta aussitôt que la volonté de son Père soit faite (Mt 26,42).

LECTURES :

Livre de Job 7,1-4.6-7.

Job prit la parole et dit : Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée, il fait des journées de manœuvre.
Comme l’esclave qui désire un peu d’ombre, comme le manœuvre qui attend sa paye,
depuis des mois je n’ai en partage que le néant, je ne compte que des nuits de souffrance.
À peine couché, je me dis : “Quand pourrai-je me lever ?” Le soir n’en finit pas : je suis envahi de cauchemars jusqu’à l’aube.
Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s’achèvent faute de fil.
Souviens-toi, Seigneur : ma vie n’est qu’un souffle, mes yeux ne verront plus le bonheur.

Psaume 147(146),1.3.4-5.6-7.

Il est bon de fêter notre Dieu,
il est beau de chanter sa louange !
Il guérit les cœurs brisés
et soigne leurs blessures.

Il compte le nombre des étoiles,
il donne à chacune un nom.
Il est grand, il est fort, notre Maître :
nul n’a mesuré son intelligence.

Le Seigneur élève les humbles
et rabaisse jusqu’à terre les impies.
Entonnez pour le Seigneur l’action de grâce,
jouez pour notre Dieu sur la cithare !

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 9,16-19.22-23.

Frères, annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile !
Certes, si je le fais de moi-même, je mérite une récompense. Mais je ne le fais pas de moi-même, c’est une mission qui m’est confiée.
Alors quel est mon mérite ? C’est d’annoncer l’Évangile sans rechercher aucun avantage matériel, et sans faire valoir mes droits de prédicateur de l’Évangile.
Oui, libre à l’égard de tous, je me suis fait l’esclave de tous afin d’en gagner le plus grand nombre possible.
Avec les faibles, j’ai été faible, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns.
Et tout cela, je le fais à cause de l’Évangile, pour y avoir part, moi aussi.

« Ou faire connaître Jésus Christ ou mourir »

Vitrail de Marie Rivier dans l’église de Bourg-Saint-Andéol. CC0/wikimedia

« Ou faire connaître Jésus Christ ou mourir »

Marie Rivier, religieuse française, fondatrice des Sœurs de la Présentation de Marie, a été canonisée le 15 mai 2022 à Rome ; elle est commémorée le 3 février.

Marie Rivier naquit le 19 décembre 1768 à Montpezat-sous-Bauzon (Ardèche) d’une famille profondément chrétienne. Vers l’âge de deux ans, une chute malencontreuse lui enlève l’usage de ses jambes. Avec insistance elle demandera guérison à Notre Dame de la Pitié, et le 15 août 1780 c’est le miracle !

Désormais Marie se donne totalement à Dieu dans l’œuvre de l’instruction chrétienne des enfants. À l’époque de la Révolution française, qui avait supprimé tous les ordres religieux et congrégations, en pleine Terreur, elle n’hésita pas à fonder son couvent des Sœurs de la Présentation de Marie pour instruire dans la foi le peuple chrétien, d’abord à Thueyts, puis, un deuxième à Bourg-Saint-Andéol, toujours en Ardèche : « Ou faire connaître Jésus Christ ou mourir » disait-elle. Elle mourut ainsi dans la faim de son zèle le 3 février 1838.

Son œuvre s’étendra rapidement en France et à l’étranger. Elle-même l’avait prédit : « Mes filles, un jour, traverseront les mers ». C’est en effet sur les cinq continents que les Filles de Marie Ravier iront vivre l’Évangile.

Martyrologe romain

www.nominis.cef.fr

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

03.02.2024 – SAINT DU JOUR

St Blaise

St Blaise

ÉVÊQUE ET MARTYR († V. 320)

Blaise fut l’un des saints autrefois les plus populaires et les plus célèbres par l’efficacité de leur intercession. D’abord très habile médecin, et en même temps très vertueux chrétien, il devint évêque de Sébaste, en Arménie, par le choix du peuple, qui l’entourait d’une grande estime. Mais Blaise, inspiré de Dieu, quitta bientôt son siège épiscopal pour s’enfuir sur une montagne solitaire ; il y avait pour compagnie les bêtes fauves qui venaient chaque jour visiter et caresser l’homme de Dieu, et recevoir, avec sa bénédiction, la guérison de leurs maux.

Il fut rencontré en son désert par des païens qui, surpris de trouver un homme familièrement entouré de lions, de tigres, de loups et d’ours, allèrent raconter cette nouvelle au gouverneur. Blaise saisi peu de temps après comme chrétien, exprima sa joie profonde, à la pensée de souffrir pour Jésus-Christ. Arrivé devant le gouverneur : « Insensé, lui dit-il, penses-tu me séparer de Dieu par tes tourments ? Non, non, le Seigneur est avec moi, c’est Lui qui me fortifie ! »

Les bourreaux le frappèrent à coups de verges et le jetèrent en prison. Quelques jours après, est rappelé au tribunal : “Choisis, Blaise, lui dit le juge, choisis entre deux partis : ou bien adore nos dieux, et alors tu seras notre ami, ou bien, si tu refuses, tu seras livré aux supplices et tu périras d’une mort cruelle” « Ces statues que tu adores, reprend l’évêque, ne sont pas des dieux, mais les organes du démon, je ne puis donc les adorer. »

Le tyran, le voyant inflexible, ordonna de l’attacher à un chevalet, puis il fit apporter des peignes de fer, avec lesquels on lui déchira le dos et tout le corps. La victime, se tournant toute sanglante vers le gouverneur, lui dit : « Déjà voisin du ciel, je méprise toutes les choses de ce monde ; je me ris de vous et de vos supplices. Ces tourments ne dureront qu’un instant, tandis que la récompense sera éternelle. »

Après de nouveaux interrogatoires inutiles, Blaise fut jeté dans le lac voisin pour y être noyé ; mais il fit le signe de la croix et marcha sur les eaux comme sur un terrain solide. Le glorieux martyr eut enfin la tête tranchée.

Tandis qu’il était en prison on lui avait amené un enfant sur le point d’être étouffé par une arête de poisson. Blaise le guérit. C’est sans doute pour ce fait qu’on l’invoque spécialement pour les maux de gorge.

St Blaise priez pour nous !

03.02.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,30-34.

En ce temps-là, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.


Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger.
Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart.
Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux.


En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Césaire d’Arles (470-543)

moine et évêque

Sermon 25, 1; CCL 103, 111-112  (in Livre des jours – Office romain des lectures; trad. A.-M. Roguet et Orval; Le Cerf – Desclée de Brouwer – Desclée – Mame; Paris 1976; 17e lundi, p.884-885,rev.)

« En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de pitié envers eux »

« Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde » (Mt 5,7). Le mot de miséricorde est doux, mes frères. Si le mot est doux, combien plus la chose ? (…) Puisque nous voulons tous la miséricorde, prenons-la comme protectrice en ce monde afin qu’elle nous libère dans le monde à venir. En effet il y a une miséricorde dans le ciel, à laquelle on parvient par des actes de miséricorde sur la terre. L’Écriture dit bien : « Seigneur, ta miséricorde est dans le ciel » (Ps 35,6 Vulg). Il y a donc une miséricorde sur la terre et une autre dans le ciel, c’est-à-dire l’une humaine et l’autre divine. Quelle est la miséricorde humaine ? C’est que tu te penches sur la misère des pauvres. Et quelle est la miséricorde divine ? Sans aucun doute c’est celle qui accorde le pardon des péchés. Tout ce que la miséricorde humaine donne sur le chemin de cette vie, la miséricorde divine le rend dans la patrie. Car c’est Dieu qui, en ce monde, souffre du froid et de la faim en tous les pauvres, comme il l’a dit lui-même : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Dieu qui, du haut du ciel, veut donner, sur la terre, veut recevoir.

LECTURES :

Premier livre des Rois 3,4-13.

En ces jours-là, le roi Salomon se rendit à Gabaon, qui était alors le lieu sacré le plus important, pour y offrir un sacrifice ; il immola sur l’autel un millier de bêtes en holocauste.
À Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur lui apparut en songe. Dieu lui dit : « Demande ce que je dois te donner. »
Salomon répondit : « Tu as traité ton serviteur David, mon père, avec une grande fidélité, lui qui a marché en ta présence dans la loyauté, la justice et la droiture de cœur envers toi. Tu lui as gardé cette grande fidélité, tu lui as donné un fils qui est assis maintenant sur son trône.
« Ainsi donc, Seigneur mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur, à la place de David, mon père ; or, je suis un tout jeune homme, ne sachant comment se comporter,
et me voilà au milieu du peuple que tu as élu ; c’est un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter.
Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; sans cela, comment gouverner ton peuple, qui est si important ? »
Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit :
« Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner,
je fais ce que tu as demandé : je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi. »
De plus, je te donne même ce que tu n’as pas demandé, la richesse et la gloire, si bien que pendant toute ta vie tu n’auras pas d’égal parmi les rois.

Psaume 119(118),9-10.11-12.13-14.

Comment, jeune, garder pur son chemin ?
En observant ta parole.
De tout mon cœur, je te cherche, Seigneur ;
garde-moi de fuir tes volontés.

Dans mon cœur, je conserve tes promesses
pour ne pas faillir envers toi.
Toi, Seigneur, tu es béni :
apprends-moi tes commandements.

Je fais repasser sur mes lèvres
chaque décision de ta bouche.
Je trouve dans la voie de tes exigences
plus de joie que dans toutes les richesses.

02.02.2024 – MESSE DE LA FÊTE DE LA PRÉSENTATION DU SEIGNEUR AU TEMPLE PRÉSIDÉE PAR LE PAPE FRANÇOIS

Chaque 2 février, 40 jours après Noël, l’Église célèbre la présentation du Seigneur au Temple. Cette fête rappelle que, TTT suivant la loi juive, l’Enfant-Jésus a été amené au Temple de Jérusalem au quarantième jour après sa naissance par Marie et Joseph. Depuis 1997, c’est aussi la Journée mondiale de la vie consacrée, l’occasion de rendre grâce pour ces vies données au Christ.

Le Pape aux consacrés: «Cultivons dans la prière l’attente du Seigneur»

Ce vendredi 2 février, le Pape François a célébré une messe dans la basilique Saint-Pierre de Rome à l’occasion de la fête de la Présentation du Seigneur au Temple. Entouré des religieux et religieuses membres des Instituts de vie consacrée et des sociétés de vie apostolique, le Pape a honoré la 28ème journée mondiale de la vie consacrée en appelant les consacrés à se laisser déranger par la nouveauté de Dieu, à l’image de Siméon et Anne. 

Jean-Benoît Harel – Cité du Vatican 

Depuis 1996, le 2 février célèbre la journée mondiale de la vie consacrée. Cette année, le Pape François a présidé une messe dans la basilique Saint-Pierre entouré de prêtres, de religieux et de religieuses. Cette fête intervient 40 jours après Noël, rappelant l’ancienne tradition juive selon laquelle une mère ayant donné naissance à un garçon devait accomplir un rite de purification 40 jours après la naissance. Ce rite que suivent Joseph et Marie pour leur fils Jésus est raconté dans l’Évangile de saint Luc.

Anne et Syméon, symbole de l’attente de Dieu

Si le Pape François rappele les annonces de Malachie dans la Bible, prophétisant la venue du Seigneur dans le Temple, il s’est arrêté sur la figure des deux personnes âgées qui attendent la venue du Messie dans le Temple: Anne, qui «ne s’éloignait pas du Temple» et Siméon, «un homme juste et religieux qui attendait la Consolation d’Israël». Le Saint-Père invite à méditer leur attente car «leur cœur est resté éveillé, comme une torche toujours allumée». Parfois déçus, ils n’ont jamais cédé au défaitisme et «n’ont pas “mis à la retraite” l’espérance», poursuit le Pape. Cette attente se trouve récompensée car «en tenant éveillée l’attente du Seigneur, ils deviennent capables de l’accueillir dans la nouveauté de sa venue».

A l’image d’Anne et Syméon, le Souverain pontife assure que l’attente de Dieu est importante car le Seigneur nous visite chaque jour. Il invite à ne pas tomber dans le «sommeil de l’esprit» qui mène à de nombreux périls: «L’endormissement du cœur, l’anesthésie de l’âme, le rangement de l’espérance dans les coins sombres de la déception et de la résignation».

Ne pas négliger la vie intérieure

S’adressant plus particulièrement aux consacrés, il les interroge sur leur capacité à vivre l’attente de Dieu aujourd’hui et admet qu’il est possible de la perdre. Par exemple en se focalisant sur la charité: «Ne sommes-nous pas trop pris par nos bonnes œuvres, au risque de transformer la vie religieuse et chrétienne en “beaucoup de choses à faire”, et de négliger la recherche quotidienne du Seigneur?». Pour le Pape, deux obstacles majeurs empêchent de vivre l’attente: la négligence de la vie intérieure et l’adaptation au style du monde.

D’abord, la négligence de la vie intérieure peut arriver par habitude, fatigue ou diverses expériences négatives qui peuvent rendre «amers et aigris». François met en garde contre le danger de l’amertume dans les communautés religieuses car «les personnes amères “au visage sombre” appesantissent l’atmosphère». Au contraire il encourage à retrouver «la grâce perdue» par «l’adoration, du travail des genoux et du cœur, de la prière concrète qui lutte et intercède, capable de réveiller le désir de Dieu».

Ensuite, l’adaptation au style du monde au détriment de l’adaptation à l’Évangile constitue un obstacle à l’attente de Dieu. Dans un monde qui «exalte le “tout et tout de suite”, qui se consume dans l’activisme et cherche à exorciser les peurs et les angoisses de la vie dans les temples païens de la consommation ou dans le divertissement à tout prix», le Pape s’inquiète de l’impossibilité de ralentir et de laisser de la place pour l’action de Dieu dans chaque vie. Il invite à refuser une adaptation irréfléchie à la marche du monde: «Veillons donc à ce que l’esprit du monde n’entre pas dans nos communautés religieuses, dans la vie ecclésiale et dans le cheminement de chacun». Loin des présupposés de la société moderne qui assurent que dans la course est la réussite, «l’attente, mûrie dans la prière et la fidélité quotidienne, nous libère du mythe de l’efficacité» insiste le Saint-Père.

De nombreuses personnes consacrées participent à la messe du Pape François ce 2 février 2024.

De nombreuses personnes consacrées participent à la messe du Pape François ce 2 février 2024. 

Simone Weil et la bonne passivité

Reprenant l’image de la mariée qui attend l’arrivée de son époux, François cite la mystique et philosophe française Simone Weil, selon qui «la part de la future mariée est l’attente […]. Désirer Dieu et renoncer à tout le reste : en cela seul consiste le salut». Voici pour le Pape la manière d’apprendre «la bonne passivité de l’Esprit» qui ouvre à la nouveauté de Dieu.

Enfin, le Pape encourage à accueillir «le Dieu de la nouveauté». Une démarche difficile, estime-t-il, «parce que, dans la vie religieuse comme dans la vie de tout chrétien, il est difficile de s’opposer à la “force de ce qui est ancien”». L’ancien en chacun refuse d’accueillir l’enfant, la nouveauté explique le Pape reprenant les paroles du cardinal Martini, ancien archeveque de Milan qui interroge: «Cette nouveauté entrera-t-elle vraiment dans notre vie, ou tenterons-nous plutôt de mettre ensemble l’ancien et le nouveau, en essayant de nous laisser déranger le moins possible par la présence de la nouveauté de Dieu?».

Source : VATICANNEWS, le 2 février 2024