19.03.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 1,16.18-21.24a. 

Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.
Or, voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.


Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;


elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Léon XIII

pape de 1878 à 1903

Encyclique Quanquam pluries du 15 août 1889 (in Lettres apostoliques de S. S. Léon XIII, t. 2; Éd. A. Roger et F. Chernoviz, p. 255; © Bibliothèque Saint Libère 2010; rev. )

Saint Joseph, saint patron de l’Église

Joseph était le gardien, l’administrateur et le défenseur légitime et naturel de la maison divine dont il était le chef. Il exerça de fait ces charges pendant tout le cours de sa vie mortelle. Il s’appliqua à protéger avec un souverain amour et une sollicitude quotidienne son Épouse et le divin Enfant ; il gagna régulièrement par son travail ce qui était nécessaire à l’un et à l’autre pour la nourriture et le vêtement ; il préserva de la mort l’Enfant menacé par la jalousie d’un roi (…) ; dans les incommodités des voyages et les amertumes de l’exil, il fut constamment le compagnon, l’aide et le soutien de la Vierge et de Jésus. Or, la divine maison que Joseph gouverna comme avec l’autorité du père contenait les prémices de l’Église naissante. De même que la très sainte Vierge est la Mère de Jésus Christ, elle est aussi la Mère de tous les chrétiens qu’elle a enfantés au Calvaire, au milieu des souffrances suprêmes du Rédempteur ; Jésus Christ aussi est comme le premier-né des chrétiens, qui, par l’adoption et la rédemption, sont ses frères (Rm 8,29). Telles sont les raisons pour lesquelles le bienheureux patriarche Joseph regarde comme lui étant particulièrement confiée la multitude des chrétiens qui compose l’Église, c’est-à-dire cette immense famille répandue par toute la terre sur laquelle, parce qu’il est l’époux de Marie et le père de Jésus Christ, il possède comme une autorité paternelle. Il est donc naturel et très digne du bienheureux Joseph que, de même qu’il subvenait autrefois à tous les besoins de la famille de Nazareth et l’entourait saintement de sa protection, il couvre maintenant de son patronage céleste et défende l’Église de Jésus Christ.

LECTURES :

Deuxième livre de Samuel 7,4-5a.12-14a.16. 

Cette nuit-là, la parole du Seigneur fut adressée au prophète Nathan :
« Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur :
Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté.
C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal.
Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils.
Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours. »

Psaume 89(88),2-3.4-5.27.29. 

L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ; 
ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge.
Je le dis : C’est un amour bâti pour toujours ; 
ta fidélité est plus stable que les cieux.

« Avec mon élu, j’ai fait une alliance, 
j’ai juré à David, mon serviteur :
J’établirai ta dynastie pour toujours, 
je te bâtis un trône pour la suite des âges.

« Il me dira : “Tu es mon Père, 
mon Dieu, mon roc et mon salut !” »
Sans fin je lui garderai mon amour, 
mon alliance avec lui sera fidèle. »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 4,13.16-18.22. 

Frères, ce n’est pas en vertu de la Loi que la promesse de recevoir le monde en héritage a été faite à Abraham et à sa descendance, mais en vertu de la justice obtenue par la foi.
Voilà pourquoi on devient héritier par la foi : c’est une grâce, et la promesse demeure ferme pour tous les descendants d’Abraham, non pour ceux qui se rattachent à la Loi seulement, mais pour ceux qui se rattachent aussi à la foi d’Abraham, lui qui est notre père à tous.
C’est bien ce qui est écrit : ‘J’ai fait de toi le père d’un grand nombre de nations.’ Il est notre père devant Dieu en qui il a cru, Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle à l’existence ce qui n’existe pas.
Espérant contre toute espérance, il a cru ; ainsi est-il devenu le père d’un grand nombre de nations, selon cette parole : ‘Telle sera la descendance que tu auras !’
Et voilà pourquoi il lui fut accordé d’être juste.

Calendrier des célébrations de Pâques 2024 du Pape François 

Le Pape françois lors de l’office de la Passion du Seigneur, le 7 avril 2023.   (AFP or licensors)

Calendrier des célébrations de Pâques 2024 du Pape François 

En cette année 2024, le Carême prendra fin avec le mois de mars. Le Pape François présidera les célébrations de la Semaine sainte, qui culminera le 31 mars avec la messe du dimanche de Pâques place Saint-Pierre, et la bénédiction «Urbi et Orbi» depuis la loggia de la basilique.

40 jours après la célébration du Mercredi des Cendres, le Pape François présidera les célébrations qui clôtureront le Carême.

Le 24 mars, la messe du dimanche des Rameaux aura lieu à 10 heures sur la place Saint-Pierre, pour faire mémoire de l’entrée du Seigneur dans Jérusalem, avant sa Passion. L’Évangile de la Passion du Christ selon saint Marc sera lu au cours de l’office, pour permettre aux fidèles de se préparer à la Semaine Sainte. Le Pape prononcera ensuite l’Angélus comme chaque dimanche.

Le jeudi 28 mars, François présidera la messe chrismale à 9h30 dans la basilique Saint-Pierre, traditionnellement entouré des prêtres du diocèse de Rome, dont il est l’évêque. Durant cette messe, l’évêque bénit les huiles saintes et consacre le Saint chrême. Cette huile servira dès les baptêmes de Pâques, puis tout au long de l’année, pour les sacrements du baptême, de la confirmation, et de l’ordre, pour le rite de l’onction des mains.

Triduum pascal 

Le Vatican a précisé mercredi 6 mars que la messe In Coena Domini du Jeudi saint se tiendrait sous forme privée à 16 heures à la prison pour femmes de Rebibbia à Rome. Le Pape rencontrera les détenus et le personnel du centre carcéral. L’année dernière, il avait célébré la messe de la Cène du Seigneur dans la prison pour jeunes de Casal del Marmo, à Rome.

Le Vendredi saint, le 29 mars, deux célébrations auront lieu en présence du Pape. La première à 17h pour l’office de la Passion dans la basilique Saint-Pierre, puis le Chemin de croix à 21h15 autour du Colisée, lieu de nombreux martyrs.

Pour la fête de la Résurrection du Christ, la vigile pascale aura lieu dans la basilique Saint-Pierre à 19h30 le samedi 30 mars. Le lendemain, le Saint-Père présidera la messe de Pâques à 10h, sur la place Saint-Pierre, avant de donner la bénédiction «Urbi et Orbi» depuis la loggia centrale de la basilique vaticane.

Le baldaquin qui surmonte le maitre autel de la basilique Saint-Pierre étant en restauration pour le Jubilé 2025, les célébrations prévues en intérieur se tiendront dans le chœur de la basilique.

Récapitulatif des horaires

Dimanche 24 mars, Dimanche des Rameaux, Passion du Seigneur

À 10 heures, messe des Rameaux place Saint-Pierre.

Jeudi 28 mars, Jeudi Saint

À 9h30, messe chrismale en la basilique Saint-Pierre.

À 16h00, messe in Coena Domini, de la Cène du Seigneur, sous forme privée à la prison pour femmes de Rebibbia à Rome. Rencontre avec les détenus et le personnel du centre carcéral

Vendredi 29 mars, Vendredi Saint

À 17 heures, office de la Passion du Seigneur en la basilique Saint-Pierre

À 21h15, chemin de Croix au Colisée

Samedi 30 mars, Dimanche de Pâques, Résurrection du Seigneur

À 19h30, vigile Pascale en la basilique Saint-Pierre

Dimanche 31 mars, Dimanche de Pâques, Résurrection du Seigneur

À 10h00, messe de Pâques place Saint-Pierre

À 12h00, bénédiction Urbi et Orbi, loggia centrale de la basilique Saint-Pierre

Source : VATICANNEWS, le 18 mars 2024

Calendrier des célébrations de Pâques 2024 du Pape François 

Le Pape françois lors de l’office de la Passion du Seigneur, le 7 avril 2023.   (AFP or licensors)

Calendrier des célébrations de Pâques 2024 du Pape François 

En cette année 2024, le Carême prendra fin avec le mois de mars. Le Pape François présidera les célébrations de la Semaine sainte, qui culminera le 31 mars avec la messe du dimanche de Pâques place Saint-Pierre, et la bénédiction «Urbi et Orbi» depuis la loggia de la basilique.

40 jours après la célébration du Mercredi des Cendres, le Pape François présidera les célébrations qui clôtureront le Carême.

Le 24 mars, la messe du dimanche des Rameaux aura lieu à 10 heures sur la place Saint-Pierre, pour faire mémoire de l’entrée du Seigneur dans Jérusalem, avant sa Passion. L’Évangile de la Passion du Christ selon saint Marc sera lu au cours de l’office, pour permettre aux fidèles de se préparer à la Semaine Sainte. Le Pape prononcera ensuite l’Angélus comme chaque dimanche.

Le jeudi 28 mars, François présidera la messe chrismale à 9h30 dans la basilique Saint-Pierre, traditionnellement entouré des prêtres du diocèse de Rome, dont il est l’évêque. Durant cette messe, l’évêque bénit les huiles saintes et consacre le Saint chrême. Cette huile servira dès les baptêmes de Pâques, puis tout au long de l’année, pour les sacrements du baptême, de la confirmation, et de l’ordre, pour le rite de l’onction des mains.

Triduum pascal 

Le Vatican a précisé mercredi 6 mars que la messe In Coena Domini du Jeudi saint se tiendrait sous forme privée à 16 heures à la prison pour femmes de Rebibbia à Rome. Le Pape rencontrera les détenus et le personnel du centre carcéral. L’année dernière, il avait célébré la messe de la Cène du Seigneur dans la prison pour jeunes de Casal del Marmo, à Rome.

Le Vendredi saint, le 29 mars, deux célébrations auront lieu en présence du Pape. La première à 17h pour l’office de la Passion dans la basilique Saint-Pierre, puis le Chemin de croix à 21h15 autour du Colisée, lieu de nombreux martyrs.

Pour la fête de la Résurrection du Christ, la vigile pascale aura lieu dans la basilique Saint-Pierre à 19h30 le samedi 30 mars. Le lendemain, le Saint-Père présidera la messe de Pâques à 10h, sur la place Saint-Pierre, avant de donner la bénédiction «Urbi et Orbi» depuis la loggia centrale de la basilique vaticane.

Le baldaquin qui surmonte le maitre autel de la basilique Saint-Pierre étant en restauration pour le Jubilé 2025, les célébrations prévues en intérieur se tiendront dans le chœur de la basilique.

Récapitulatif des horaires

Dimanche 24 mars, Dimanche des Rameaux, Passion du Seigneur

À 10 heures, messe des Rameaux place Saint-Pierre.

Jeudi 28 mars, Jeudi Saint

À 9h30, messe chrismale en la basilique Saint-Pierre.

À 16h00, messe in Coena Domini, de la Cène du Seigneur, sous forme privée à la prison pour femmes de Rebibbia à Rome. Rencontre avec les détenus et le personnel du centre carcéral

Vendredi 29 mars, Vendredi Saint

À 17 heures, office de la Passion du Seigneur en la basilique Saint-Pierre

À 21h15, chemin de Croix au Colisée

Samedi 30 mars, Dimanche de Pâques, Résurrection du Seigneur

À 19h30, vigile Pascale en la basilique Saint-Pierre

Dimanche 31 mars, Dimanche de Pâques, Résurrection du Seigneur

À 10h00, messe de Pâques place Saint-Pierre

À 12h00, bénédiction Urbi et Orbi, loggia centrale de la basilique Saint-Pierre

Source : VATICANNEWS, le 18 mars 2024

Joseph comprend le silence de Marie

© Unsplash/Willizm Gullo

Joseph comprend le silence de Marie

Une ombre s’est glissée dans le bonheur de Joseph. Désormais Marie est perdue pour lui : il va se retrouver seul, et elle aussi sera seule pour toujours. Tout cela est si inattendu, si mystérieux et si incroyable que Joseph ne sait plus que faire. Mais c’est là que sa sainteté et sa sagesse spirituelle apparaissent en pleine lumière. C’est là qu’il réagit en homme juste, pleinement ajusté au vouloir de Dieu.

Cette grandeur d’âme de Joseph s’enracine en Dieu, et Dieu vient au devant de son serviteur: il lui révèle son dessein. Dès lors tout s’éclaire : Joseph comprend le silence de Marie, il saisit d’une seule intuition de foi ce que Dieu attend d’elle et ce que Dieu attend de lui. Dieu, de nouveau, les réunit pour les insérer tous deux au cœur de l’histoire du salut.

Elle donnera au Messie sa chair et ses traits ; lui, fils de David et charpentier, sera là pour lui donner légalement un nom dans la lignée royale de David. Respect maximum des personnes, accueil docile des initiatives de Dieu: telles ont été les réactions de Joseph devant le mystère de la maternité de Marie.

Et c’est bien ainsi qu’il nous faut à notre tour approcher du mystère de l’action de Dieu en nous, chez les autres et dans le monde. C’est bien ainsi qu’il faut nous situer, dans la foi, face à la venue du fils de Dieu.

La maternité de Marie a été depuis le début enveloppée de silence, comme toutes les grandes œuvres de Dieu, et ce silence qui voile l’incarnation de Jésus, personne jamais ne pourra le percer. Il nous faut, comme Joseph, y entrer par le oui de l’adoration.

La maternité de Marie n’a pas d’autre explication que l’amour de Dieu pour le monde et le choix infiniment libre qu’il a fait d’une femme pour l’associer intimement à son œuvre de recréation. Et puisque c’est Dieu lui-même qui a fait ce choix, puisque c’est lui qui a aimé, voulu et préparé Marie, ne craignons pas de l’accueillir chez nous, de lui faire une place dans notre souvenir, dans notre prière et dans notre cœur, oui dans notre cœur, car tout ce qui nous viendra par elle portera la marque de l’Esprit Saint.

Jean Lévêque, carme, de la Province de Paris

bibleetviemonastique

Source : une minute avec Marie

18.03.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8,1-11. 

En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers.
Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu,
et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.


Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

pape

Encyclique « Dives in misericordia », §2 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana rev.)

« Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre »

« Nul n’a jamais vu Dieu », écrit saint Jean pour donner plus de relief à la vérité selon laquelle « le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a révélé » (Jn 1,18)… Telle qu’elle est révélée dans le Christ, la vérité sur Dieu « Père des miséricordes » (2Co 1,3) nous permet de le voir particulièrement proche de l’homme, surtout quand il souffre, quand il est menacé dans le fondement même de son existence et de sa dignité. Et c’est pourquoi, dans la situation actuelle de l’Église et du monde, bien des hommes et bien des milieux, guidés par un sens aigu de la foi, s’adressent, je dirais quasi spontanément, à la miséricorde de Dieu. Ils y sont certainement poussés par le Christ, dont l’Esprit est à l’œuvre au fond des cœurs. En effet, dans le contexte des menaces actuelles contre l’homme, le mystère de Dieu comme « Père des miséricordes » que le Christ nous a révélé devient un appel particulier adressé à l’Église. Je voudrais…répondre à cet appel ; je voudrais reprendre le langage éternel — et en même temps incomparable de simplicité et de profondeur — de la révélation et de la foi pour exprimer encore une fois, en face de Dieu et des hommes, les grandes angoisses de notre temps. En effet, la révélation et la foi nous apprennent moins à méditer sur le mystère de Dieu comme « Père des miséricordes » de manière abstraite qu’à recourir à cette miséricorde au nom du Christ et en union avec lui. Le Christ ne nous a-t-il pas enseigné que notre Père, « qui voit dans le secret » (Mt 6,4), attend continuellement que nous recourions à lui dans tous nos besoins et que nous scrutions toujours son mystère, le mystère du Père et de son amour ? Je désire donc que mes réflexions rendent ce mystère plus proche pour tous, et qu’elles soient en même temps un vibrant appel de l’Église à la miséricorde dont l’homme et le monde contemporain ont un si grand besoin. Car ils en ont besoin, même si souvent ils ne le savent pas.

LECTURES :

Livre de Daniel 13,1-9.15-17.19-30.33-62. 

En ces jours-là, il y avait un habitant de Babylone qui se nommait Joakim.
Il avait épousé une femme nommée Suzanne, fille d’Helkias. Elle était très belle et craignait le Seigneur.
Ses parents étaient des justes, et ils avaient élevé leur fille selon la loi de Moïse.
Joakim était très riche, et il possédait un jardin auprès de sa maison ; les Juifs affluaient chez lui, car il était le plus illustre d’entre eux.
Deux anciens avaient été désignés dans le peuple pour être juges cette année-là ; ils étaient de ceux dont le Seigneur a dit : « Le crime est venu de Babylone par des anciens, par des juges qui prétendaient guider le peuple. »
Ils fréquentaient la maison de Joakim, et tous ceux qui avaient des procès venaient les trouver.
Lorsque le peuple s’était retiré, vers midi, Suzanne entrait dans le jardin de son mari, et s’y promenait.
Les deux anciens la voyaient chaque jour entrer et se promener, et ils se mirent à la désirer :
ils pervertirent leur pensée, ils détournèrent leurs yeux pour ne plus regarder vers le ciel et ne plus se rappeler ses justes décrets.
Ils guettaient le jour favorable, lorsque Suzanne entra, comme la veille et l’avant-veille, accompagnée seulement de deux jeunes filles ; il faisait très chaud, et elle eut envie de prendre un bain dans le jardin.
Il n’y avait personne, en dehors des deux anciens qui s’étaient cachés et qui l’épiaient.
Suzanne dit aux jeunes filles : « Apportez-moi de quoi me parfumer et me laver, puis fermez les portes du jardin, pour que je puisse prendre mon bain. »
Dès que les jeunes filles furent sorties, les deux anciens surgirent, coururent vers Suzanne
et lui dirent : « Les portes du jardin sont fermées, on ne nous voit pas ; nous te désirons, sois consentante et viens avec nous.
Autrement nous porterons contre toi ce témoignage : il y avait un jeune homme avec toi, et c’est pour cela que tu as renvoyé les jeunes filles. »
Suzanne dit en gémissant : « De tous côtés, je suis prise au piège : si je vous cède, c’est la mort pour moi ; et si je refuse de céder, je n’échapperai pas à vos mains.
Mieux vaut pour moi tomber entre vos mains sans vous céder, plutôt que de pécher aux yeux du Seigneur. »
Alors Suzanne poussa un grand cri, et les deux anciens se mirent à crier contre elle.
L’un d’eux courut ouvrir les portes du jardin.
Les gens de la maison, entendant crier dans le jardin, se précipitèrent par la porte de service pour voir ce qui arrivait à Suzanne.
Quand les anciens eurent raconté leur histoire, les serviteurs furent remplis de honte, car jamais on n’avait dit pareille chose de Suzanne.
Le lendemain, le peuple se rassembla chez Joakim son mari. Les deux anciens arrivèrent, remplis de pensées criminelles contre Suzanne, et décidés à la faire mourir. Ils dirent devant le peuple :
« Envoyez chercher Suzanne, fille d’Helkias, épouse de Joakim. » On l’envoya chercher.
Elle se présenta avec ses parents, ses enfants et tous ses proches.
Tous les siens pleuraient, ainsi que tous ceux qui la voyaient.
Les deux anciens se levèrent au milieu du peuple, et posèrent les mains sur sa tête.
Tout en pleurs, elle leva les yeux vers le ciel, car son cœur était plein de confiance dans le Seigneur.
Les anciens déclarèrent : « Comme nous nous promenions seuls dans le jardin, cette femme y est entrée avec deux servantes. Elle a fermé les portes et renvoyé les servantes.
Alors un jeune homme qui était caché est venu vers elle, et a couché avec elle.
Nous étions dans un coin du jardin, nous avons vu le crime, et nous avons couru vers eux.
Nous les avons vus s’unir, mais nous n’avons pas pu nous emparer du jeune homme, car il était plus fort que nous : il a ouvert la porte et il s’est échappé.
Mais elle, nous l’avons saisie, et nous lui avons demandé qui était ce jeune homme ;
elle n’a pas voulu nous le dire. De tout cela, nous sommes témoins. » L’assemblée les crut, car c’étaient des anciens du peuple et des juges, et Suzanne fut condamnée à mort.
Alors elle cria d’une voix forte : « Dieu éternel, toi qui pénètres les secrets, toi qui connais toutes choses avant qu’elles n’arrivent,
tu sais qu’ils ont porté contre moi un faux témoignage. Voici que je vais mourir, sans avoir rien fait de tout ce que leur méchanceté a imaginé contre moi. »
Le Seigneur entendit sa voix.
Comme on la conduisait à la mort, Dieu éveilla l’esprit de sainteté chez un tout jeune garçon nommé Daniel,
qui se mit à crier d’une voix forte : « Je suis innocent de la mort de cette femme ! »
Tout le peuple se tourna vers lui et on lui demanda : « Que signifie cette parole que tu as prononcée ? »
Alors, debout au milieu du peuple, il leur dit : « Fils d’Israël, vous êtes donc fous ? Sans interrogatoire, sans recherche de la vérité, vous avez condamné une fille d’Israël.
Revenez au tribunal, car ces gens-là ont porté contre elle un faux témoignage. »
Tout le peuple revint donc en hâte, et le collège des anciens dit à Daniel : « Viens siéger au milieu de nous et donne-nous des explications, car Dieu a déjà fait de toi un ancien. »
Et Daniel leur dit : « Séparez-les bien l’un de l’autre, je vais les interroger. »
Quand on les eut séparés, Daniel appela le premier et lui dit : « Toi qui as vieilli dans le mal, tu portes maintenant le poids des péchés que tu as commis autrefois
en jugeant injustement : tu condamnais les innocents et tu acquittais les coupables, alors que le Seigneur a dit : “Tu ne feras pas mourir l’innocent et le juste.”
Eh bien ! si réellement tu as vu cette femme, dis-nous sous quel arbre tu les as vus se donner l’un à l’autre ? » Il répondit : « Sous un sycomore. »
Daniel dit : « Voilà justement un mensonge qui te condamne : l’Ange de Dieu a reçu un ordre de Dieu, et il va te mettre à mort. »
Daniel le renvoya, fit amener l’autre et lui dit : « Tu es de la race de Canaan et non de Juda ! La beauté t’a dévoyé et le désir a perverti ton cœur.
C’est ainsi que vous traitiez les filles d’Israël, et, par crainte, elles se donnaient à vous. Mais une fille de Juda n’a pu consentir à votre crime.
Dis-moi donc sous quel arbre tu les as vus se donner l’un à l’autre ? » Il répondit : « Sous un châtaignier. »
Daniel lui dit : « Toi aussi, voilà justement un mensonge qui te condamne : l’Ange de Dieu attend, l’épée à la main, pour te châtier, et vous faire exterminer. »
Alors toute l’assemblée poussa une grande clameur et bénit Dieu qui sauve ceux qui espèrent en lui.
Puis elle se retourna contre les deux anciens que Daniel avait convaincus de faux témoignage par leur propre bouche. Conformément à la loi de Moïse, on leur fit subir la peine que leur méchanceté avait imaginée contre leur prochain :
on les mit à mort. Et ce jour-là, une vie innocente fut épargnée.

Psaume 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6. 

Le Seigneur est mon berger : 
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ; 
il me conduit par le juste chemin 
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort, 
je ne crains aucun mal, 
car tu es avec moi : 
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi 
devant mes ennemis ; 
tu répands le parfum sur ma tête, 
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent 
tous les jours de ma vie ; 
j’habiterai la maison du Seigneur 
pour la durée de mes jours.