Marie chez les Coptes éthiopiens (I)

Illustration
La Théotokos à l’enfant Jésus, mosaïque de la basilique Sainte-Sophie à Constantinople. © CC0/wikimedia

Marie chez les Coptes éthiopiens (I)

Héritiers de la théologie de saint Athanase et de saint Cyrille d’Alexandrie, les Coptes ont toujours soutenu la maternité divine de Marie. Les « Theotokies », par leur titre et leur contenu, l’office marial du mois de Kiahk, les homélies et les recueils de miracles en sont le témoignage.

En parlant de Marie Theotokos, les Coptes y voient sa destinée de Mère universelle. Elle fut Mère au sens complet : Mère du Christ-homme, Mère du Christ-Dieu, Mère du Christ Mystique – de l’Église et de chaque fidèle.

La virginité perpétuelle de Marie est l’écrin d’or de toute leur littérature religieuse. Les attributs les plus fréquemment utilisés sont : « porte scellée », « buisson ardent », « terre fertile », etc. Pour les Coptes, le privilège de la virginité est aussi une gloire pour Marie: sur la terre elle ressemble aux anges et dans le ciel elle mérite une gloire supérieure à la leur.

Marie est « au superlatif » : grande par sa perfection personnelle et par la fonction qu’elle a à la suite de Jésus. Sa sainteté est un don de la très sainte Trinité, mais elle est aussi méritée par une vie de sacrifice. Marie a donné son Oui d’une manière volontaire et généreuse tout au long de sa vie.

Les Coptes sont profondément convaincus de la mission médiatrice de Marie et ils précisent qu’elle est intermédiaire entre le Christ et les créatures dignes de la grâce divine. Les individus, les institutions et l’Église universelle sont mises sous sa protection. Marie agit en faveur des cas désespérés, elle guérit du découragement, elle agit contre les maladies et veille à l’heure de la mort.

Encyclopédie Mariale

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

15.06.2024 – SAINTE DU JOUR

Ste Germaine Cousin

Ste Germaine Cousin

VIERGE († 1601)

Germaine Cousin naît à Pibrac, non loin de Toulouse. Sa courte vie de vingt-deux ans est une merveille de la grâce. Fille d’un pauvre laboureur, percluse de la main droite, scrofuleuse, elle fut, pour comble de malheur, privée de sa mère, à peine sortie du berceau. La petite orpheline devint l’objet de la haine et du mépris d’une belle-mère acariâtre et sans cœur ; la douleur, née avec elle, devait être sa compagne jusqu’à la mort. Cette pauvre ignorante fut instruite par Dieu même dans la science de la prière. 

Bergère des troupeaux de la famille, elle passait son temps en conversations avec le Ciel ; le chapelet était son seul livre ; la Sainte Vierge était sa mère, les anges ses amis, l’Eucharistie sa vie. Souvent on la vit agenouillée dans la neige, traversant à pied sec le ruisseau voisin sans se mouiller, pour se rendre à l’église, où elle assistait chaque jour au Saint Sacrifice et communiait souvent, pendant que ses brebis paissaient tranquilles autour de sa quenouille plantée en terre. Charitable pour les pauvres, elle leur donnait son pauvre pain noir, ne vivant guère que de l’amour de Dieu ; et, un jour, le Ciel renouvela pour elle le miracle des roses devant les yeux de son impitoyable marâtre. 

À sa mort, les anges et les vierges célestes chantèrent au-dessus de sa maison. Quarante ans plus tard, on trouva, comme par hasard, mais providentiellement, son corps intact avec un bouquet de fleurs fraîches, sous les dalles de l’église de sa paroisse. Elle est devenue un des grands thaumaturges et une des saintes les plus populaires de la France.

Pour un approfondissement biographique :
>>> Sainte Germaine Cousin

Sainte Germaine Cousin priez pour nous !

15.06.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,33-37. 

En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.’
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu,
ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi.
Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

prêtre, curé d’Ars

Sermon pour le 7ème dimanche après la Pentecôte (Sermons de Saint Jean Baptiste Marie Vianney, Curé d’Ars, t. 2 ; Éd. Ste Jeanne d’Arc, 1982 ; p. 286.289-290.306 ; rev.)

Heureux celui qui parlera en vérité !

Gardez-vous bien, nous dit Jésus-Christ, de fréquenter toute personne qui use de fourberie dans ses paroles et dans ses actions. En effet, mes frères, nous voyons que rien n’est plus indigne d’un chrétien, lequel doit être un fidèle imitateur de son Dieu qui est la droiture et la vérité même, que de penser une chose et de dire l’autre. Aussi Jésus-Christ, dans l’Évangile, nous recommande de ne jamais mentir : « Dites oui ou non, cela est ou cela n’est pas. » (Mt 5,37) Saint Pierre nous dit que nous devons être semblables aux petits enfants, qui sont simples et sincères, ennemis de tout mensonge et de toute dissimulation (cf. 1P 2,2). (…) Considérons le mensonge par rapport à notre dignité de chrétiens ; nous, mes frères, qui, par le Baptême, sommes devenus les temples du Saint-Esprit qui est ennemi de tout mensonge, hélas ! mes frères, dès que nous avons le malheur de mentir, le Saint-Esprit s’en va et nous abandonne, et le démon prend sa place et devient notre maître. Voilà, mes frères, les tristes effets et les ravages effroyables que le mensonge produit en celui qui est si aveugle que de le commettre. Cependant, mes frères, que ces péchés sont communs dans le monde. (…) Que devons-nous conclure de tout cela ? Le voici. C’est de ne jamais nous accoutumer à mentir ; car, une fois qu’on en a pris l’habitude, on ne peut plus s’en corriger ; il faut être sincère et véritable dans tout ce que nous disons et faisons. Si l’on ne veut pas nous croire, eh bien ! qu’on le laisse ! (…) Mes frères, comment pouvons-nous employer à mentir notre langue qui a été arrosée du sang précieux de Jésus-Christ, notre bouche, qui, tant de fois, a servi de tabernacle au corps adorable de Jésus-Christ ? Ô mon Dieu ! si nous pensions à tout cela, aurions-nous bien ce courage ? Heureux, mes frères, celui qui agira avec simplicité et qui parlera toujours dans la vérité ! C’est le bonheur que je vous souhaite.

LECTURES :

Premier livre des Rois 19,19-21. 

Élie s’en alla. Il trouva Élisée, fils de Shafath, en train de labourer. Il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Élie passa près de lui et jeta vers lui son manteau.
Alors Élisée quitta ses bœufs, courut derrière Élie, et lui dit : « Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai. » Élie répondit : « Va-t’en, retourne là-bas ! Je n’ai rien fait. »
Alors Élisée s’en retourna ; mais il prit la paire de bœufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l’attelage, et les donna à manger aux gens. Puis il se leva, partit à la suite d’Élie et se mit à son service.

Psaume 16(15),1-2a.5.7-8.9-10. 

Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge.
J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe : 
de toi dépend mon sort. »

Je bénis le Seigneur qui me conseille : 
même la nuit mon cœur m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon cœur exulte, mon âme est en fête, 
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort 
ni laisser ton ami voir la corruption.

16.06.2024 – HOMÉLIE DU 11ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE – MARC 4,26-34

Qu’est-ce que le règne de Dieu ?

Par le Fr. Laurent Mathelot

« À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? » Voilà la question que pose Jésus dans l’Évangile. Aujourd’hui, on dirait sans doute « Qu’est-ce que le règne de Dieu ? » et on se poserait la question de savoir sous quelle conditions voit-on que Dieu règne. La tentation moderne est de poser un regard analytique – presque scientifique – sur le règne de Dieu. « Que peut-on raisonnablement penser de ce règne ? »

C’est sans doute oublier un peu vite que l’analyse scientifique, le discours rationnel sont valides à mesure où ils se détachent de leur objet. Il y a une distance nécessaire pour observer les choses, nous dit la science. Or, nous dit le Christ, le Royaume de Dieu s’est approché de nous, il est tout proche, il passe à travers nous ; il nous précède et il nous suit ; il nous transcende. Difficile dans ces conditions d’avoir la distance nécessaire pour un regard objectif. De même, qu’il est difficile d’avoir une distance objective avec l’humanité, la vie, l’amour. Notre regard sur le règne de Dieu est nécessairement subjectif. Il faut vivre quelque chose de ce règne pour en parler avec foi.

« Qu’est-ce que le règne de Dieu ? »

Vous le savez, la culture juive n’apprécie pas tant les notions abstraites. C’est sans doute pour cette raison qu’on ne trouve pas dans la Judée antique de traités de géométrie. La raison juive fonctionne par analogies concrètes : l’esprit est toujours vu comme un « souffle » ; s’élever spirituellement revient à « aller sur une haute montagne » ; l’impossible consiste à « faire passer un chameau par le chas d’une aiguille », l’inouï de la foi revient à « demander à une montagne de se jeter dans la mer » ; surmonter sa peur devient « marcher sur l’eau ». La pensée juive – et donc le discours de Jésus – sont truffés de ces allusions à des éléments du quotidien ; à des situations concrètes pour dire les réalités spirituelles.

Ainsi, quand Jésus parle du règne de Dieu, il est comme une graine de moutarde que l’on plante ; il fonctionne comme les semailles et la moisson. Déjà le Livre d’Ézéchiel avait présenté l’avènement du Christ comme la tige d’un grand cèdre que Dieu plante sur une haute montagne et qui déploie ses rameaux. Plus qu’une allégorie végétale – la terre c’est ici l’homme (Adam), la semence c’est la foi, aussi petite soit-elle, et la croissance telle un cèdre est celle de l’Esprit – plus qu’une allégorie agricole, c’est ici le concret et le naturel de ce royaume que l’on veut souligner : le royaume de Dieu c’est la croissance spirituelle de tous les jours. Et tous les triomphes célestes que nous rapportent les apocalypses et autres récits extraordinaires qui parsèment la Bible, qui traduisent les combats spirituels qu’il faut parfois mener, se ramènent toujours concrètement à cela : le règne de Dieu est comme une semence qui germe et qui grandit, que l’on dorme ou que l’on se lève. Une croissance spirituelle avant tout discrète et paisible avant d’apparaître extraordinaire et triomphale.

Jésus aurait pu recourir à d’autres images toutes aussi concrètes et parlantes pour les gens de son époque : « Le règne de Dieu est comme celui de César : il domine toute la terre ». Il ne le fait pas. La force de la parabole agricole, c’est qu’elle dément toute notion d’impérialisme divin au profit d’une croissance spirituelle naturelle, cultivée au quotidien.

Évidemment, la conception concrète et quotidienne du règne de Dieu que présentent les paraboles se heurte à une certaine limite lorsque, de la pensée juive, elle passe à la pensée grecque – la nôtre – qui jongle avec l’abstraction. L’image agricole que donne Jésus perd de son caractère absolu dans une culture rationnelle. Finalement, on pourrait avoir l’impression d’une image un peu simpliste pour des gens à la culture simple.

D’ailleurs Paul, dans sa Deuxième lettre aux Corinthiens souligne que tous, nous cheminons dans la foi et la confiance, non dans la claire vision. « Tant que nous demeurons dans ce corps, nous demeurons loin du Seigneur. » Voilà qui atténue le caractère pleinement actuel du royaume. Pour Paul, le règne de Dieu se déploie certes en nous mais reste toujours partiel et n’est véritablement réalisé qu’au-delà de la mort, lors de la rencontre ultime avec Dieu.

Et c’est peut-être le point avec lequel notre époque a spirituellement le plus de difficultés. Sommes-nous d’accord de dire, avec Paul que « nous voudrions plutôt quitter la demeure de ce corps pour demeurer près du Seigneur » ? Avons-nous une telle soif du règne de Dieu que nous souhaiterions abandonner tout ce qui nous retient en ce monde pour vivre de sa seule présence ? Avons-nous le désir de tout lâcher pour faire le grand saut vers Dieu, là, maintenant ? N’est-ce pas pourtant ce que nous désirons le plus, vivre d’un amour infini ?

Alors « Qu’est-ce que le règne de Dieu ? »

Je crois que nous devons maintenir les deux images : celle du règne de Dieu comme d’une réalité éminemment concrète qui se vit dans le quotidien et qui est notre façon d’aimer, au jour le jour, du mieux possible, celles et ceux qui nous entourent. Mais le règne de Dieu est tout autant une réalité qui nous dépasse complètement, un horizon d’amour que nous désirons de tout notre cœur, depuis notre plus tendre enfance et qui ne ne se dément pas ; un infini d’amour qu’on ne rencontre pourtant véritablement qu’au delà de la mort, lorsque l’on a enfin donné sa vie, et vers lequel aussi, tendent notre prière, notre désir et notre foi.

Le règne de Dieu c’est vivre aujourd’hui d’une plénitude d’amour qui n’est pas encore là ; d’un manque d’amour qui persiste et nous emporte pourtant très concrètement vers l’amour toujours au-delà que nous ne cessons jamais de désirer.

Le règne de Dieu c’est vivre concrètement, quotidiennement, le paradoxe d’un amour infini.

Fr. Laurent Mathelot OP

Source : RÉSURGENCE.BE, le 12 juin 2024