Qu’entend-on exactement par Marie  médiatrice des grâces ? (II)

© Shutterstock/Zvonimir Atletic
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Qu’entend-on exactement par Marie  médiatrice des grâces ? (II)

Prier à l’intercession de la Sainte Vierge revient-il à oublier le Christ ? Comment comprendre que Marie « distribue » des grâces ? Suite des explications du Père Serafino M. Lanzetta, franciscain marial et auteur de Semper Virgo (éd. Via Romana), qui répond aux questions de Constantin de Vergennes, pour France Catholique :

Est-ce à dire que toutes les grâces, données par le Christ, passent par Marie ?

Oui, car la Vierge et son Fils sont unis, comme l’avait souligné l’École française de spiritualité et en particulier Jean-Jacques Olier, qui avait explicité le concept de médiation en disant que la Vierge Marie était un « sacrement » du Christ, distribuant la grâce de son Fils. En effet, en accueillant Jésus en son sein, la Vierge Marie a participé activement à notre salut. La grâce a été acquise par Jésus, avec la contribution active de Notre Dame. C’est pour cette raison que nous pourrions dire que Marie est « corédemptrice ».

Cette notion est au cœur des débats, pour savoir si cela doit être reconnu comme un nouveau dogme…

Je l’espère, même si cela sera sans doute difficile, car il y a des objections théologiques mais aussi un peu d’ignorance : quand on s’arrête au préfixe « co », on imagine que la Co rédemption place Notre Dame au même niveau que Jésus. Ce qui n’est pas le cas ! La Sainte Vierge reste « subordonnée » à Jésus, tout en étant complémentaire. Elle a été choisie par Dieu pour être la coopératrice, tout comme Ève a été choisie pour être l’épouse d’Adam.

Comment comprendre la notion de « virginité perpétuelle », au cœur de votre livre ?

Dire que la Vierge est αειπάρθενοs, « toujours vierge », comme l’a défini le deuxième concile de Constantinople en 553, signifie que la Vierge l’était avant la naissance du Christ, pendant son accouchement et après. Avant l’accouchement, car Marie est enceinte par la puissance de l’Esprit Saint. La virginité pendant l’accouchement est assurément la plus difficile à comprendre, et aussi la plus niée de nos jours. Pourtant, ce mystère de la virginité est la manifestation que Jésus est vrai Dieu : sa naissance relève ainsi du miracle et démontre bien que le Christ est Dieu. Enfin, sa virginité intacte après la naissance de Jésus rappelle qu’elle n’a pas eu d’autres enfants. Pour les catholiques, c’est un dogme.

En quoi la virginité de Marie est-elle liée à sa médiation ?

Car dès lors, cela signifie que la virginité de Marie fait partie de la médiation originelle qui nous a donné le Christ. Elle permet également l’acte de médiation de Notre Dame au pied de la Croix, aux côtés de saint Jean. En étant toujours vierge, Marie peut être à la fois la Mère du Christ et notre Mère à tous, comme Jésus l’a affirmé en lui disant, du haut de la Croix : « Femme, voici ton fils » puis, à saint Jean : « Voici ta mère ». 

www.france-catholique.fr

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

28.09.2024 – SAINT DU JOUR

St Venceslas

DUC DE BOHÊME ET MARTYR († 929/935)

Saint Wenceslas
Duc de Bohême, martyr 
(† 929/935)

Wenceslas eut pour père Wratislas, duc de Bohême, prince vertueux, et pour mère Drahomire, païenne et ennemie acharnée du nom chrétien. Drahomire eut un autre fils appelé Boleslas, qu’elle éleva dans l’idolâtrie.

À la mort de son mari, elle s’empara de la régence et ne s’en servit que pour persécuter la religion chrétienne. À cette vue, le zèle de Wenceslas le décida à prendre, avant sa majorité, les rênes du gouvernement. Il se fit le père des orphelins, le soutien et le défenseur des veuves, la providence des pauvres. Afin de n’être pas reconnu, il portait, de nuit, du bois aux pauvres honteux. Il visitait les prisonniers, rachetait les captifs, consolait et secourait les malheureux. Il fit venir des missionnaires de Souabe et de Bavière et fit construire de nombreuses églises.

Wenceslas joignait la piété aux bonnes œuvres ; il assistait à l’office divin du jour et de la nuit ; il allait souvent nu-pieds, par le froid et la neige, sans jamais se plaindre de la rigueur de l’hiver. Quelques fois celui qui l’accompagnait la nuit était transi de froid ; mais il n’avait qu’à marcher sur les pas de Wenceslas, et aussitôt il sentait une chaleur bienfaisante pénétrer tous ses membres. L’esprit de religion du pieux roi lui faisait honorer les évêques et les prêtres comme Jésus-Christ lui-même ; il les aimait comme des pères, et quand il traitait quelque affaire avec eux, c’était avec une humilité et une déférence profondes. Sa grande dévotion était la dévotion à la Sainte Eucharistie.

Pour témoigner son amour à Jésus-Hostie, il semait de ses propres mains le blé et pressait le vin destinés au saint sacrifice de la Messe ; son bonheur était de servir à l’autel et de présenter au prêtre le pain, le vin, l’eau et l’encens. La piété de Wenceslas était pour lui la source d’une intrépidité surprenante. Il dut s’opposer aux armes d’un prince voisin qui avait envahi ses États. Pour épargner le sang de ses sujets, il proposa à son ennemi un combat singulier et se présenta presque sans armes devant un adversaire armé jusqu’aux dents. Wenceslas allait être percé par la lance ennemie, quand le prince usurpateur aperçoit près du saint duc deux anges pour le défendre. À cette vue, il se jette à ses pieds et lui demande pardon.

Attiré dans un guet-apens par sa mère et son frère, Wenceslas mourut d’un coup d’épée fratricide, au moment où il priait dans une église. Ce jeune martyr pardonna à son frère en mourant.

Dès le XIe siècle, il est reconnu comme le patron national de la Bohème.

Saint Wenceslas priez pour nous !

28.09.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,43b-45. 

En ce temps-là, comme tout le monde était dans l’admiration devant tout ce qu’il faisait, Jésus dit à ses disciples :
« Ouvrez bien vos oreilles à ce que je vous dis maintenant : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »
Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, elle leur était voilée, si bien qu’ils n’en percevaient pas le sens, et ils avaient peur de l’interroger sur cette parole.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Cardinal Joseph Ratzinger [Benoît XVI

pape de 2005 à 2013]

Sermons Carême 1981, n°3 (trad. Au commencement, Fayard 1986, p. 64)

« Le fils de l’homme va être livré aux mains des hommes »

Quand les soldats romains eurent flagellé Jésus, couronné d’épines et revêtu d’un manteau de dérision, ils l’ont ramené à Pilate. Ce militaire au cœur dur a été apparemment bouleversé à la vue de cet homme détruit, brisé. Il l’a présenté à la foule, l’invitant à la pitié, en déclarant : « Idou ho anthropos ; Ecce homo » que nous traduisons habituellement par « Voici l’homme ! » (Jn 19,5) Mais cela veut dire plus exactement en grec : « Voyez, ceci est l’homme ! » Dans la bouche de Pilate, ces mots étaient ceux d’un cynique qui voulait dire : « Nous nous glorifions d’être des hommes, mais maintenant, regardez donc, le voilà, ce ver de terre, c’est l’homme ! Qu’il est méprisable, qu’il est petit ! » Dans ces mots cyniques, l’évangéliste Jean a tout de même reconnu des paroles prophétiques qu’il a transmises à la chrétienté. Oui, Pilate a raison quand il dit : « Voyez, ceci est l’homme ! » En lui, en Jésus Christ, nous pouvons lire ce qu’est l’homme, le projet de Dieu, et quel traitement nous lui réservons. En Jésus déchiré, nous pouvons voir combien l’homme peut être cruel, petit et mesquin. En lui, nous pouvons lire l’histoire de la haine de l’homme et celle du péché. Mais en lui, en son amour qui souffre pour nous, nous pouvons voir encore davantage la réponse de Dieu : Oui, ceci est l’homme, que Dieu a aimé jusqu’à la poussière, que Dieu a aimé au point de le suivre jusqu’à l’ultime souffrance de la mort. Jusque dans le dernier abaissement, il reste l’appelé de Dieu, le frère de Jésus Christ, appelé à prendre part à l’amour éternel de Dieu. La question « Qu’est-ce que l’homme ? » trouve sa réponse dans l’imitation de Jésus Christ. En mettant nos pas dans les siens, nous pouvons apprendre jour après jour ce qu’est l’homme, dans la patience de l’amour et de la souffrance avec Jésus Christ, et devenir ainsi des hommes. Ainsi, nous voulons lever les yeux vers celui que Pilate, que l’Église nous présentent. L’homme, c’est Lui. Prions-le afin qu’il nous apprenne à devenir véritablement des hommes, à être des hommes.

LECTURES :

Livre de l’Ecclésiaste 11,9-10.12,1-8. 

Réjouis-toi, jeune homme, dans ton adolescence, et sois heureux aux jours de ta jeunesse. Suis les sentiers de ton cœur et les désirs de tes yeux ! Mais sache que pour tout cela Dieu t’appellera en jugement.
Éloigne de ton cœur le chagrin, écarte de ta chair la souffrance car l’adolescence et le printemps de la vie ne sont que vanité.
Souviens-toi de ton Créateur, aux jours de ta jeunesse, avant que viennent les jours mauvais, et qu’approchent les années dont tu diras : « Je ne les aime pas » ;
avant que s’obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que reviennent les nuages après la pluie ;
au jour où tremblent les gardiens de la maison, où se courbent les hommes vigoureux ; où les femmes, l’une après l’autre, cessent de moudre, où le jour baisse aux fenêtres ;
quand la porte se ferme sur la rue, quand s’éteint la voix de la meule, quand s’arrête le chant de l’oiseau, et quand se taisent les chansons ;
lorsqu’on redoute la montée et qu’on a des frayeurs en chemin ; l’amandier est en fleurs, la sauterelle s’alourdit, et la câpre ne produit aucun effet ; lorsque l’homme s’en va vers sa maison d’éternité, et que les pleureurs sont déjà au coin de la rue ;
avant que le fil d’argent se détache, que la lampe d’or se brise, que la cruche se casse à la fontaine, que la poulie se fende sur le puits ;
et que la poussière retourne à la terre comme elle en vint, et le souffle de vie, à Dieu qui l’a donné.
Vanité des vanités, disait Qohèleth, tout est vanité !

Psaume 90(89),3-4.5-6.12-13.14.17ab. 

Tu fais retourner l’homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d’Adam ! »
À tes yeux, mille ans sont comme hier, 
c’est un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.

Tu les as balayés : ce n’est qu’un songe ; 
dès le matin, c’est une herbe changeante :
elle fleurit le matin, elle change ; 
le soir, elle est fanée, desséchée.

Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : 
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ? 
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.

Rassasie-nous de ton amour au matin, 
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !
Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains.

27.09.2024 – RENCONTRE AVEC PROFESSEURS DE LA « KATHOLIEKE UNIVERSITEIT LEUVEN À LOUVAIN – BELGIQUE

Écologie, femme, études…. Le Pape François avec les étudiants de Louvain

Ce samedi 28 septembre, le Pape François avait rendez-vous avec les étudiants de l’Université catholique de Louvain, à l’occasion des 600 ans de l’Université, créée en 1425. Le Saint-Père est revenu sur le rôle de la femme dans l’Église et a rappelé que celle-ci est au coeur de l’événement salvifique grâce au «oui» de Marie. «Ce sont les relations qui expriment notre être à l’image de Dieu, homme et femme ensemble et non pas séparément!», a-t-il assuré. 

Jean-Benoît Harel – Cité du Vatican

Dans la salle de conférence de l’Université catholique de Louvain, environ 4 000 étudiants ont accueilli le Pape François pour célébrer les 600 ans de la fondation de leur université. Après le mot d’accueil de la rectrice et une lettre lue par des étudiants écrite à partir de leur réflexion sur l’encyclique Laudato si’, le Saint-Père s’est réjoui de la quête d’espérance, de justice et de vérité qui émanaient de ces questions.

En introduction, le Souverain pontife a fustigé le «mal qui détruit l’environnement et les peuples», dont la guerre est l’expression la plus brutale. Lorsque les religions sont utilisées pour faire ce mal, François a estimé qu’il s’agissait d’un «blasphème» car «Dieu est Père, pas maître; il est Fils et Frère, pas dictateur; il est Esprit d’amour, pas de domination».

Près de 40 ans après la visite de saint Jean-Paul II dans cette Université, François a appelé à l’espérance, à garder confiance dans l’assurance «que le mal n’a pas le dernier mot».

Gratitude, mission, fidélité

Concernant les liens entre le christianisme et l’écologie, l’auteur de Laudato si’ a d’abord conseillé d’être empli de gratitude envers la Création car «le premier à en prendre soin est Dieu». Il a rappelé le Psaume 8 «À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts/ la lune et les étoiles que tu fixas, / qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, / le fils d’un homme, que tu en prennes souci?».

Après avoir entendu le titre Séquoia (de la chanteuse Pomme, ndlr), interprété par un groupe de l’université, François a donné le «programme écologique» de l’Église: «nous sommes dans le monde pour préserver sa beauté et le cultiver pour le bien de tous, en particulier de la postérité, le prochain dans l’avenir». S’opposant à «l’indifférence arrogante des puissants qui privilégie toujours l’intérêt économique» , le Pape a estimé que le marché est le premier obstacle à un développement humain intégral et juste. «Nous sommes des hôtes, pas des despotes», a rappelé François, encourageant les jeunes à s’engager en faveur de la Création.

Répondant aux étudiants, François a proposé de s’engager pour le développement intégral à travers la fidélité envers Dieu et envers l’homme. «Le développement intégral fait appel à notre sainteté: il est une vocation à une vie juste et heureuse, pour tous», a-t-il assuré.

Distinguant le fait de «manipuler la nature ou de cultiver la nature», François met en garde contre ce possible amalgame dans le monde technique (eugénisme, intelligence artificielle…) mais aussi dans «notre monde intérieur».

Qui est la femme et qui est l’Église?

Dans la lettre des étudiants, une des étudiantes avait relevé que la position de l’Église sur les femmes lui paraissait incompatible avec un développement intégral. «Les femmes sont les grandes absentes de Laudato si’», a ainsi lancé la jeune femme, frappée par l’absence de référence à la femme dans le texte comme dans les références théologiques, réservées aux hommes. En guise de réponse, François est revenu sur ce qu’est la femme et ce qu’est l’Église. 

“L’Église est le peuple de Dieu, pas une entreprise multinationale. La femme, dans le peuple de Dieu, est fille, sœur, mère. Comme moi je suis fils, frère, père. Ce sont les relations qui expriment notre être à l’image de Dieu, homme et femme ensemble et non pas séparément!”

Le Pape a rappelé ensuite le «oui» de Marie, mot «au cœur de l’événement salvifique». Il a estimé que la femme est «accueil fécond, soin, dévouement vital», et a demandé d’ouvrir les yeux sur «les nombreux exemples quotidiens d’amour, de l’amitié au travail, de l’étude à la responsabilité sociale et ecclésiale; de la vie conjugale à la maternité, à la virginité pour le Royaume de Dieu et pour le service». Il a ensuite souligné avec insistance à plusieurs reprises que «l’Église est femme».

L’étude, un chemin vers la connaissance de soi

Dans une dernière partie, le Pape François s’est intéressé aux études que font les milliers d’étudiants réunis devant lui. Il a insisté sur le point que les études ne se font jamais seul mais, «grâce à ceux qui ont étudié avant moi –les professeurs, les camarades plus avancés–, avec ceux qui étudient à mes côtés dans la salle de cours». De même, une fois réalisées, les études serviront aux autres et au bien commun, a estimé François. Il a poursuivi sur l’importance de réfléchir au but des études.

“Parfois, j’étudie pour trouver tel genre de travail, mais je finis par vivre en fonction de tel autre. Nous devenons une “marchandise”. On ne vit pas pour travailler, mais on travaille pour vivre; c’est facile à dire, mais il faut s’engager à le mettre en pratique de manière cohérente.”

Enfin, le Souverain pontife s’est attaché à l’importance de la recherche de la vérité. «Si nous renonçons à chercher ensemble la vérité, l’étude devient un instrument de pouvoir, de contrôle sur les autres. Elle ne sert pas, mais domine. Au contraire, la vérité nous rend libres», a-t-il lancé, rappelant l’Évangile de Jean. «Soyez des chercheurs et des témoins de la vérité», a conclu François, une manière de devenir et de continuer à être «une Université catholique».

Source : VATICANNEWS, le 28 septembre 2024

27.09.2024 – RENCONTRE AVEC LES AUTORITÉS ET LA SOCIÉTÉ CIVILE – BELGIQUE

En Belgique, le Pape exhorte à la paix, à l’espérance et dénonce les abus

«La Belgique est un pont indispensable pour construire la paix et refuser la guerre», a déclaré le Pape François, lors de sa rencontre vendredi 27 septembre, avec les autorités belges et représentants de la société civile. Dans le château de Laeken, le Saint-Père a souligné que «la concorde et la paix ne sont pas des conquêtes acquises une fois pour toutes», mais plutôt «une tâche et une mission incessantes à cultiver». Il est également revenu sur la question des abus. 

Myriam Sandouno – Cité du Vatican

C’est la première visite du Pape François en Belgique, pays visité à deux reprises par le Pape Jean-Paul II: en mai 1985 et juin 1995. «En route, avec Espérance», c’est bien la devise de cette visite du Saint-Père, dans «la Belgique plus précieuse que jamais pour la mémoire du continent européen». Dans la matinée de ce 27 septembre, l’évêque de Rome a eu une rencontre avec les autorités du pays, et les représentants de la société civile. Étaient également présents dans le château de Laeken, (résidence officielle du roi Phillipe, de son épouse la reine Mathilde et de leurs quatre enfants), des entrepreneurs, des autorités religieuses, ainsi que des représentants de la culture: environ 300 personnes.

Après le discours de bienvenue de Phillipe, septième roi des Belges, et celui du Premier ministre, le Pape François a exprimé sa joie de visiter la Belgique, dont «on évoque à la fois quelque chose de petit et de grand: un pays occidental et en même temps central, comme s’il était le cœur battant d’un organisme gigantesque», a déclaré le Souverain pontife. Située sur la ligne de fracture entre le monde germanique et le monde latin, limitrophe de la France et de l’Allemagne, qui «avaient le plus incarné les antithèses nationalistes à la base du conflit, elle est apparue, a-t-il indiqué, comme un lieu idéal, presque une synthèse de l’Europe, d’où repartir pour sa reconstruction, physique, morale et spirituelle».

La Belgique est un pont indispensable pour construire la paix

Pays d’une superficie de 30 688 Km2 avec une population de 11 millions d’habitants, la Belgique n’est «pas un État très étendu, mais son histoire particulière» a fait que, aussitôt après la fin de la Seconde Guerre mondiale, a rappelé François, les peuples européens fatigués et épuisés, entamant un sérieux chemin de pacification, collaboration et intégration, se sont tournés vers ce pays comme siège naturel des principales institutions européennes. «On pourrait dire que la Belgique est un pont: entre le continent et les îles britanniques, entre les régions germaniques et francophones, entre le sud et le nord de l’Europe», a-t-il expliqué: un pont qui permet à la concorde de s’étendre et aux différends de s’estomper; où chacun, avec sa langue, sa mentalité et ses convictions, rencontre l’autre et choisit la parole, le dialogue et le partage comme moyens de relation.

Tel un lieu où l’on apprend à faire de sa propre identité non pas une idole ou une barrière, mais un espace accueillant d’où l’on part et où l’on revient; où l’on favorise les rencontres valables et où l’on cherche ensemble de nouveaux équilibres, où l’on construit de nouvelles synthèses. La Belgique est, selon le Pape, ce véritable pont qui en réalité, favorise les échanges, met en communication et fait dialoguer les civilisations. Un pont indispensable pour construire la paix et refuser la guerre, a soutenu l’évêque de Rome. Dans un monde actuel où les guerres et conflits font ravage, tuant des milliers d’innocents, le Pape a exhorté à la paix et à la concorde, qui «ne sont pas des conquêtes acquises une fois pour toutes, mais plutôt une tâche et une mission incessantes à cultiver, à entretenir avec ténacité et patience».

“L’histoire, magistra vitae trop souvent ignorée, de la Belgique appelle l’Europe à reprendre son chemin, à redécouvrir son vrai visage, à investir à nouveau dans l’avenir en s’ouvrant à la vie, à l’espérance, pour vaincre l’hiver démographique et l’enfer de la guerre.”

L’Église catholique belge

Selon des estimations citées dans le dernier rapport annuel de l’Église en Belgique, 50 % des Belges se définissent comme catholiques. François est ainsi parti à la rencontre d’une Église qui se «veut être une présence qui, témoignant de sa foi dans le Christ ressuscité, offre aux personnes, aux familles, aux sociétés et aux nations une espérance ancienne et toujours nouvelle». Mais aussi, une présence qui «aide chacun à affronter les défis et les épreuves, sans enthousiasmes faciles ni pessimismes moroses», mais «avec la certitude que l’être humain, aimé de Dieu, a une vocation éternelle de paix et de bonté et qu’il n’est pas destiné à la dissolution et au néant».

Ces trente dernières années, l’Église de Belgique a été marquée par une succession de scandales d’abus sexuels commis par des membres du clergé sur des mineurs et des personnes majeures vulnérables. C’est «un fléau auquel l’Église s’attaque avec détermination et fermeté, en écoutant et en accompagnant les personnes blessées et en mettant en œuvre un vaste programme de prévention dans le monde entier». Le Pape a invité à demander pardon aux victimes d’abus: «Frères et soeurs c’est une honte! Nous devons tous demander pardon et résoudre le problème. Les abus sont une honte… À l’intérieur de l’Église ce crime existe», a déploré François.

Les adoptions forcées 

Au cours de cette rencontre, le Pape s’est dit attristé par le phénomène des «adoptions forcées» «qui se sont produites ici également en Belgique entre les années cinquante et soixante-dix du siècle dernier». «Dans ces histoires douloureuses», a souligné François, «s’est mélangé le fruit amer d’un crime avec ce qui était malheureusement le résultat d’une mentalité répandue dans toutes les couches de la société, à tel point que ceux qui agissaient conformément à cette mentalité croyaient en conscience faire le bien, tant de l’enfant que de la mère». Le Successeur de Pierre, a prié pour que «l’Église trouve toujours en elle la force de clarifier et de ne pas se conformer à la culture dominante, même lorsque celle-ci utilise – en les manipulant – les valeurs dérivées de l’Évangile pour en tirer des conclusions indues, avec leurs lourdes conséquences de souffrance et d’exclusion». Il a également porté en prière les responsables des nations afin que, regardant la Belgique et son histoire, «ils sachent en tirer un enseignement et épargnent ainsi à leurs peuples des malheurs sans fin et des deuils sans nombre».

“Je prie pour que les gouvernants sachent assumer la responsabilité, le risque et l’honneur de la paix et qu’ils sachent écarter le risque, le scandale et l’absurdité de la guerre. Je prie pour qu’ils craignent le jugement de la conscience, de l’histoire et de Dieu, et qu’ils convertissent leurs yeux et leurs cœurs, en privilégiant toujours le bien commun”

L’Espérance 

La Belgique a besoin d’espérance. Pour l’évêque de Rome, ce «n’est pas quelque chose que l’on porte dans son sac à dos pendant le voyage; non, l’espérance est un don de Dieu, et elle se porte dans le cœur». Concluant son discours, le Pape a suggéré au peuple belge de «toujours demander et recevoir ce don de l’Esprit Saint, pour marcher avec Espérance sur le chemin de la vie et de l’histoire».

Source : VATICANNEWS, le 27 septembre 2024