Par le Rosaire, Marie nous éduque à contempler le Seigneur
Il existe un chemin tout simple pour mener à bien cette grande œuvre de notre vie qu’est la prière, c’est le Rosaire. Le Rosaire peut devenir notre école d’oraison à condition d’accepter de redevenir simples, comme les petits enfants qui ne crânent pas et ne se montent pas la tête !
Le Rosaire est une école mariale. Nous laissons la Vierge Marie nous éduquer à contempler le Seigneur, à garder la Parole au fond de notre cœur, à nous refaire un cœur semblable au sien.
Le Rosaire consiste en la répétition par dizaines successives, coupées de doxologies, de la Salutation angélique méditée. Méditée, dis-je, non en elle-même et dans sa littéralité, mais dans tous les mystères qu’elle évoque, parce que la vie de Jésus entière, avec tous ses enseignements, se trouve contenue dans le fait suggéré avec tant de délicate grandeur par cette perle incomparable : l’Ave Maria.
Père Sertillange.
La Prière, Paris, Librairie de l’art catholique, 1917
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Le dimanche 29 septembre 2024, dernier jour de son voyage au Luxembourg et en Belgique, le pape François préside la messe au stade Roi Baudouin de Bruxelles. La célébration est suivie de la prière de l’Angélus. C’est l’ultime étape du Saint-Père en Belgique avant son retour à Rome.
François condamne fortement les abus: juger les auteurs et ne rien dissimuler
Au cours de son homélie clôturant son voyage au Luxembourg et en Belgique, le Pape François est revenu sur la douloureuse question des abus sexuels et a estimé que «dans l’Église, il y a de la place pour tout le monde, mais que tout le monde sera jugé». Il a également élevé comme modèle de «sainteté féminine» le mode de vie de la nouvelle bienheureuse sœur Anne de Jésus.
Jean-Benoît Harel – Cité du Vatican
À la fin de son voyage de trois jours en Belgique, le Pape François a présidé la messe dominicale dans le stade Roi Baudouin à Bruxelles ce dimanche 29 septembre. Après diverses rencontres notamment consacrées aux jeunes, à l’écologie et aux abus dans l’Église, François est revenu dans son homélie sur «le danger de scandaliser, c’est-à-dire d’entraver le chemin des “petits”». Évoquant sa rencontre avec 17 victimes d’abus sexuels, François a répété que «dans l’Église, il y a de la place pour tout le monde», maia que «tout le monde sera jugé».
Il a poursuivi en condamnant les abus mais également la dissimulation des faits: «Je le demande à tous: ne couvrez pas les abus. Je demande aux évêques: ne couvrez pas les abus. Condamnez les abuseurs et aidez-les à se remettre de cette maladie qu’est l’abus», a-t-il imploré. Pour le Saint-Père, les abus ne doivent pas être cachés «et l’abuseur doit être jugé: qu’il soit laïc, prêtre ou évêque, qu’il soit jugé!». La foule présente a salué ses paroles par des applaudissements nourris.
Devant environ 40 000 personnes et des représentants de toutes les religions venus de Belgique, le Saint-Père a proposé de s’arrêter sur cet «avertissement fort et sévère» à travers trois mots: ouverture, communion et témoignage.
Imiter l’ouverture de Dieu
Dans la première lecture, deux hommes reçoivent le don de l’Esprit Saint et se mettent à prophétiser. Alors que les proches de Moïse veulent les en empêcher, Moïse au contraire s’en réjouit: «Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes!». Cette parole d’ouverture de Moïse est d’ailleurs reprise dans l’Évangile de saint Marc, lorsque Jésus recommande à ses disciples de ne pas entraver ceux qui agissent en son nom. Pour François, Jésus invite ses disciples «à aller au-delà de leurs schémas, à ne pas se laisser “scandaliser” par la liberté de Dieu».
Dressant un parallèle entre les deux scènes, le Saint-Père insiste sur le fait que la vie chrétienne donne une mission dans l’Église. Mais «il s’agit d’un don et non d’un titre dont on se vante», précise-t-il encore.
“La Communauté des croyants n’est pas un cercle de privilégiés, elle est une famille de sauvés, et nous ne sommes pas envoyés pour porter l’Évangile au monde par nos propres mérites, mais par la grâce de Dieu, par sa miséricorde et par la confiance que, au-delà de toutes nos limites et de nos péchés, Il continue à mettre en nous avec un amour de Père, voyant en nous ce que nous-mêmes ne parvenons pas à percevoir.”
Ainsi, poursuit le Successeur de Pierre, loin d’être dans la jalousie et la rancœur, «si nous voulons coopérer à la libre action de l’Esprit sans être un scandale (…) nous devons accomplir notre mission avec humilité, gratitude et joie».
Le Pape François lors de la messe dans le stade de Bruxelles.
La communion entre frères, au cœur de l’Évangile
L’espérance «que nous nous retrouvions tous un jour réunis dans les bras du Père» doit faire comprendre que l’unique chemin de vie est celui du don et du partage, a souligné le Pape, s’opposant à l’égoïsme. «L’égoïsme, comme tout ce qui empêche la charité, est “scandaleux” parce qu’il écrase les petits, en humiliant la dignité des personnes et en étouffant le cri des pauvres», a-t-il continué.
Face à un monde qui privilégie «les seuls principes de l’intérêt personnel et de la logique du marché (…), il n’y a plus de place pour ceux qui sont en difficulté, ni de miséricorde pour ceux qui se trompent, ni de compassion pour ceux qui souffrent et n’arrivent pas à s’en sortir». Ainsi en est-il des migrants, «qui rêvent d’un monde meilleur et (…) et finissent par être victimes d’exploitation», a insisté François en cette Journée mondiale du Migrant et du Réfugié.
“Écoutons ce que dit Jésus dans l’Évangile: loin de nous l’œil scandaleux qui voit l’indigent et se détourne! Loin de nous la main scandaleuse, qui ferme le poing pour cacher ses trésors et se retire avidement dans ses poches! Loin de nous le pied scandaleux, qui court vite non pas pour se faire proche de ceux qui souffrent, mais pour “passer outre” et se tenir à distance! Rejetons tout cela loin de nous!”
François a ensuite rappelé l’importance de mettre l’Évangile à la base des différents choix de vie. «Sans amour, rien ne dure, tout s’évanouit, se délite et nous laisse prisonniers d’une vie éphémère, vide et dépourvue de sens, d’un monde inconsistant qui, au-delà des façades, a perdu toute crédibilité, parce qu’il a scandalisé les petits», a rappelé le Pape.
Un modèle de «sainteté féminine»
Citant les différents saints belges comme sainte Gudule, patronne du pays (v. 650-v. 712) ou saint Guidon d’Anderlecht, le pèlerin ami des pauvres (+1012), François a salué l’élan missionnaire des nombreux missionnaires belges à travers les siècles, qui «ont annoncé l’Évangile dans diverses parties du monde, parfois jusqu’au sacrifice de leur vie».
Le Souverain pontife a ensuite évoqué la moniale carmélite Anne de Jésus dont il a prononcé la formule de béatification au début de la célébration. À la suite d’une «géante de l’esprit», sainte Thérèse d’Avila, et dans des temps bouleversés par la Réforme protestante, sœur Anne de Jésus et ses compagnes «ont su ramener beaucoup de personnes à la foi, au point que quelqu’un a désigné leur fondation dans cette ville comme un “aimant spirituel”».
«Par son mode de vie, elle a contribué à relever l’Église à une époque de grandes difficultés», a estimé François, avant d’encourager les fidèles présents à accueillir ce «modèle de “sainteté féminine“», qui stimule pour marcher sur les traces du Seigneur.
En fin de messe, le Pape a renouvelé son appel à voir dans «chaque visage de nos frères et sœurs migrants, le visage du Christ qui s’est fait pèlerin au milieu de nous». Il a enfin annoncé qu’il ouvrira, dès son retour à Rome, le procès de béatification du roi Baudouin, souverain belge de 1951 à 1993, qui avait refusé de contresigner une loi légalisant l’avortement.
Belgique: le Pape va ouvrir le procès en béatification du roi Baudouin
À l’issue de la messe au stade Roi Baudouin à Bruxelles, le Pape François a annoncé ouvrir le procès en béatification du souverain belge, qui avait notamment refusé de ratifier une loi sur l’avortement en 1992. Il a aussi fait part de son inquiétude pour l’extension du conflit au Liban et a appelé toutes les parties à un cessez-le-feu immédiat.
Jean-Benoît Harel – Cité du Vatican
«Dès que je rentrerai à Rome, j’ouvrirai le procès en béatification du roi Baudouin: que son exemple d’homme de foi éclaire les gouvernants», a déclaré le Pape François, à la fin de la messe de clôture de son voyage en Belgique, dans le stade qui porte le nom du souverain belge. L’annonce a été suivie des chaleureux applaudissements des fidèles ayant participé à la messe présidée par le Pape.
La veille, samedi 28 septembre, le Pape François s’était recueilli sur la tombe du roi Baudouin dans la crypte royale de l’église Notre-Dame de Laeken en présence du roi et de la reine des Belges. Il avait alors «salué le courage» de Baudouin, lorsqu’il choisit de «quitter son poste de roi pour ne pas signer une loi homicide». En effet, en 1992, le souverain belge avait abdiqué pendant 36 heures afin de ne pas signer la loi sur la légalisation de l’avortement.
Né en 1930, le monarque belge est souvent cité comme un modèle de gouvernant chrétien. «Je demande aux évêques belges de s’engager et de mener à bien cette cause», a encouragé le Souverain pontife. Le dernier monarque européen béatifié par l’Église est le dernier empereur d’Autriche-Hongrie, Charles Ier (1916-1918), décédé en 1922 et béatifié par Jean-Paul II en 2004.
Le Pape salue le roi et la reine des Belges. L’actuel roi Philippe est le neveu du roi Baudouin.
Un appel pour la paix au Liban
«Je continue à suivre avec douleur et beaucoup d’inquiétude l’élargissement et l’intensification du conflit au Liban», a assuré le Souverain pontife depuis la Belgique.
Alors que les tensions s’exacerbent entre Israël et le Hezbollah, qui a confirmé hier le décès dans une frappe de son leader Hassan Nasrallah, le Pape François a déploré que «beaucoup trop de gens continuent à mourir jour après jour au Proche Orient». Il a appelé «toutes les parties à cesser le feu immédiatement au Liban, à Gaza, dans le reste de la Palestine, en Israël», ainsi qu’à la libération des otages et au libre-accès de l’aide humanitaire. «Prions pour les victimes, pour leurs familles, prions pour la paix», a-t-il demandé aux 40 000 personnes présentes dans le stade.
De plus, le Souverain pontife a imploré de ne pas oublier «l’Ukraine meurtrie, la Palestine et Israël, le Soudan du sud, la Birmanie et tous les pays déchirés par la guerre».
La Journée mondiale du migrant et du réfugié
En ce dimanche 29 septembre, Journée mondiale du migrant et du réfugié sur le thème «Dieu marche avec son peuple», le Pape a rappelé que «la Belgique a été et est encore une destination pour de nombreux migrants». Il a aussi demandé à l’Europe et à la communauté internationale de considérer le phénomène migratoire comme «une opportunité de grandir ensemble dans la fraternité, et j’invite tout le monde à voir dans chaque frère et sœur migrant le visage de Jésus qui s’est fait hôte et pèlerin parmi nous».
Saints Michel, Gabriel et Raphaël Archanges (Fête)
Avec saint Michel, l’Église, en ce jour, honore tous les bons anges, dont il a été le chef et le modèle au jour de la révolte de Lucifer et des mauvais anges. D’après nos Saints Livres, ils sont divisés en neuf chœurs et en trois hiérarchies : les anges, les archanges et les vertus ; les puissances, les principautés et les dominations ; enfin, plus haut encore, les trônes, les chérubins et les séraphins. Leur occupation est de contempler Dieu, de L’aimer, de Le louer et d’exécuter ses volontés pour la conduite de l’univers et pour le salut des hommes. Aussi les voyons-nous chargés de différentes missions sur la terre, auprès des personnes, des familles, des paroisses, des diocèses, des royaumes, de l’Église entière.
Ceux dont l’écriture fait une mention particulière sont, outre saint Michel, l’archange Gabriel, à qui semble avoir été confié le soin de tout ce qui regarde le mystère de l’Incarnation, et l’archange Raphaël, qui conduisit et ramena si merveilleusement le jeune Tobie.
Saint Michel a été fait non seulement prince des anges, mais aussi prince des âmes qui doivent remplir les places demeurées vides par la chute des démons. Son nom marque son humilité, car il signifie : « Qui est semblable à Dieu ? »
Les saints lui attribuent la plupart des apparitions mentionnées dans l’Ancien Testament. C’est lui, disent-ils, qui retint la main d’Abraham prêt à immoler son fils Isaac ; c’est lui qui apparut à Josué et le rendit maître de Jéricho par la chute de ses tours et de ses murailles ; c’est lui qui dirigea l’arche de Noé par-dessus les eaux du déluge ; c’est lui qui lutta contre Jacob et le bénit ; c’est lui qui donna la loi à Moïse sur la montagne du Sinaï ; qui rendit David victorieux de Goliath et le préserva de la persécution de Saül, etc. Il a été le protecteur de la synagogue ; il est le protecteur de l’Église.
L’histoire nous rapporte tant de merveilles de cet ange sublime, qu’on ne peut douter qu’il ne soit, dans les desseins de Dieu, l’un des principaux instruments de sa puissance et de sa bonté. L’assistance que la France a souvent reçue de lui le fait regarder comme le protecteur spécial de ce pays.
Saints archanges Michel, Gabriel et Raphaël priez pour nous !
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,38-43.45.47-48.
En ce temps-là, Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. » Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ; celui qui n’est pas contre nous est pour nous. » Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense. « Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer.
Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas.
Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds. Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux, là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Julienne de Norwich (1342-après 1416)
recluse anglaise
Révélations de l’amour divin, ch. 35-36 (trad. Cerf 1992, p. 124s rev.)
Face à la miséricorde de Dieu, reconnaître pleinement notre péché
Dieu lui-même est justice par excellence. Toutes ses œuvres sont justes, ordonnées qu’elles sont de toute éternité par sa haute puissance, sa haute sagesse, sa haute bonté. De même qu’il a tout réglé pour le mieux, de même il œuvre sans cesse et conduit chaque chose à sa fin… La miséricorde est l’œuvre de la bonté de Dieu ; elle continuera à œuvrer aussi longtemps qu’il sera permis au péché de tourmenter les âmes justes. Lorsque cette permission sera retirée…tout sera établi dans la justice, pour y demeurer éternellement. Dieu permet que nous tombions. Mais par sa puissance et sa sagesse, il nous garde. Par sa miséricorde et sa grâce, il nous élève à une joie infiniment plus grande. Ainsi veut-il être connu et aimé dans la justice et dans la miséricorde, maintenant et à jamais… Moi, je ne ferai rien d’autre que pécher. Mais mon péché n’empêchera pas Dieu d’opérer. La contemplation de son œuvre est joie céleste pour l’âme qui est pénétrée de crainte et qui désire toujours plus amoureusement accomplir la volonté de Dieu avec l’aide de la grâce. Cette œuvre commencera ici-bas. Elle sera glorieuse pour Dieu et d’un énorme avantage pour tous ceux qui l’aiment sur terre. À notre arrivée au ciel, nous en serons témoins dans une joie merveilleuse. Cette œuvre se poursuivra jusqu’au dernier jour. La gloire et la béatitude qui en découleront subsisteront au ciel, devant Dieu et tous ses saints, à tout jamais… Là sera la plus haute joie : voir que Dieu lui-même en est l’auteur. L’homme, lui, n’est autre que pécheur. Il me semblait que notre bon Seigneur me disait : « Vois donc ! N’y a-t-il pas là matière à humilité ? N’y a-t-il pas là matière à aimer ? N’y a-t-il pas là matière à te connaître toi-même ? N’y a-t-il pas là matière à te réjouir en moi ? Alors, par amour pour moi, réjouis-toi en moi. Rien ne peut me plaire davantage ».
LECTURES :
Livre des Nombres 11,25-29.
En ces jours-là, le Seigneur descendit dans la nuée pour parler avec Moïse. Il prit une part de l’esprit qui reposait sur celui-ci, et le mit sur les soixante-dix anciens. Dès que l’esprit reposa sur eux, ils se mirent à prophétiser, mais cela ne dura pas. Or, deux hommes étaient restés dans le camp ; l’un s’appelait Eldad, et l’autre Médad. L’esprit reposa sur eux ; eux aussi avaient été choisis, mais ils ne s’étaient pas rendus à la Tente, et c’est dans le camp qu’ils se mirent à prophétiser. Un jeune homme courut annoncer à Moïse : « Eldad et Médad prophétisent dans le camp ! » Josué, fils de Noun, auxiliaire de Moïse depuis sa jeunesse, prit la parole : « Moïse, mon maître, arrête-les ! » Mais Moïse lui dit : « Serais-tu jaloux pour moi ? Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux ! »
Psaume 19(18),8.10.12-13.14.
La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ; la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples.
La crainte qu’il inspire est pure, elle est là pour toujours ; les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables :
Aussi ton serviteur en est illuminé ; à les garder, il trouve son profit. Qui peut discerner ses erreurs ? Purifie-moi de celles qui m’échappent.
Préserve aussi ton serviteur de l’orgueil : qu’il n’ait sur moi aucune emprise. Alors je serai sans reproche, pur d’un grand péché.
Lettre de saint Jacques 5,1-6.
Vous autres, maintenant, les riches ! Pleurez, lamentez-vous sur les malheurs qui vous attendent. Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés des mites, votre or et votre argent sont rouillés. Cette rouille sera un témoignage contre vous, elle dévorera votre chair comme un feu. Vous avez amassé des richesses, alors que nous sommes dans les derniers jours ! Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs, le voici qui crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur de l’univers. Vous avez mené sur terre une vie de luxe et de délices, et vous vous êtes rassasiés au jour du massacre. Vous avez condamné le juste et vous l’avez tué, sans qu’il vous oppose de résistance.
Le Pape à l’Église belge: «Sans l’Esprit, rien de chrétien n’advient»
«Marchez ensemble, vous et l’Esprit Saint, pour, ainsi, être Église» a déclaré le Pape François, lors de sa rencontre samedi 28 septembre, avec les évêques, les prêtres, diacres, séminaristes, personnes consacrées et agents pastoraux de Belgique. Dans la basilique du Sacré-Cœur de Koekelberg, le Saint-Père a invité à réfléchir sur trois mots clés: «évangélisation, joie, miséricorde».
Augustine Asta – Cité du Vatican
C’est dans un cadre impressionnant en la basilique du Sacré-Cœur de Koekelberg, au nord de Bruxelles, cinquième plus grande église au monde, que le Pape François a rencontré ce samedi matin 28 septembre les évêques, les prêtres, diacres, séminaristes, personnes consacrées et agents pastoraux de Belgique.
Avant que le Saint-Père ne prononce son discours, le président de la Conférence épiscopale, Mgr Luc Terlinden, dans son allocution de bienvenue, a tout d’abord exprimé la joie de tout l’épiscopat catholique belge mobilisé «pour partager ce temps de dialogue fraternel avec vous», a-t-il assuré au Pape.
«Notre pays est au carrefour de l’Europe et du monde», a déclaré Mgr Luc Terlinden. Dans cette société multiculturelle belge, «l’Église est appelée à être signe de communion et d’intégration», a-t-il affirmé, avant d’ajouter: «l’accueil de l’étranger et le brassage de populations sont à la fois un défi et une chance pour l’Église, la pastorale, la théologie…». Mais au-delà, Mgr Luc Terlinden voit en cela «une grâce que Dieu nous fait et un appel pressent à annoncer joyeusement l’Évangile dans un monde qui évolue profondément et se sécularise». Car, dit-il, «le Sacré-Cœur de Jésus nous invite en particulier à témoigner de la tendresse de Dieu pour tout être humain au-delà de toute frontière et à reconnaitre en chacun une sœur, un frère».
«Par votre visite, vous nous encouragez à nous mettre en route dans l’espérance!», a-t-il conclu, laissant la parole au Saint-Père.
La Belgique, une Église «en mouvement»
«Dans ce carrefour qu’est la Belgique, vous êtes une Église “en mouvement”», a souligné le Pape argentin dès l’entame de son propos, qui a été précédé par 6 témoignages. «Vous essayez de transformer la présence des paroisses sur le territoire, de donner une forte impulsion à la formation des laïcs; surtout, vous vous efforcez d’être une communauté proche des gens, qui accompagne les personnes et témoigne par des gestes de miséricorde», s’est réjoui le Souverain pontife.
«Évangélisation, joie, miséricorde»
Le Saint-Père a ensuite poursuivi en invitant à réfléchir à trois mots: «évangélisation, joie, miséricorde». Concernant ‘‘l’évangélisation’’, l’évêque de Rome considère que les «changements de notre époque et la crise de la foi que nous vivons en Occident nous ont poussés à revenir à l’essentiel». Pour lui, «la crise –toute crise– est un temps qui nous est offert pour nous secouer, nous interroger et changer. Elle est une occasion précieuse –appelée kairòs dans le langage biblique– de nous réveiller de notre torpeur et de retrouver les chemins de l’Esprit, comme ce fut le cas pour Abraham, Moïse et les prophètes».
“Nous sommes passés d’un christianisme installé dans un cadre social accueillant à un christianisme “de minorité”, ou plutôt, de témoignage. Cela demande le courage d’une conversion ecclésiale pour initier les transformations pastorales qui touchent aussi les coutumes, les modèles, les langages de la foi, afin qu’ils soient vraiment au service de l’évangélisation (cf. Exhortation apostolique Evangelii gaudium, n. 27).”
Aussi, le Successeur de Pierre encourage le clergé à être courageux, afin d’«être des prêtres qui ne se contentent pas de préserver ou de gérer un héritage du passé». Il les invite par ailleurs à être «des pasteurs amoureux de Jésus-Christ et attentifs à saisir les questions –souvent implicites– de l’Évangile, en marchant avec le Peuple saint de Dieu, un peu devant, un peu au milieu et un peu derrière».
«L’unité dans l’Église n’est pas uniformité»
Face à l’Église belge, le Pape a également souligné qu’«il est bon, voire nécessaire, qu’il y ait parmi les jeunes des rêves et des spiritualités différentes». Car a-t-il dit «les parcours personnels ou communautaires qui nous conduisent cependant au même but, à la rencontre avec le Seigneur peuvent être nombreux: dans l’Église il y a de la place pour tous et personne ne doit être la photocopie de l’autre».
Au cours de cette rencontre, le Saint-Père a aussi rappelé que «l’unité dans l’Église n’est pas l’uniformité», puisqu’elle consiste «à trouver l’harmonie dans la diversité», a-t-il dit, avant d’estimer que «le processus synodal doit être un retour à l’Évangile; il ne doit pas avoir parmi les priorités quelque réforme “à la mode”», d’où une question primordiale posée par François: «comment pouvons-nous faire parvenir l’Évangile dans une société qui n’écoute plus ou qui s’est éloignée de la foi?».
La joie
La joie «c’est un don qui vient d’en haut, de Dieu. C’est la joie du cœur suscitée par l’Évangile: c’est savoir que nous ne sommes pas seuls sur le chemin et que, même dans les situations de pauvreté, de péché, d’affliction, Dieu est proche, il prend soin de nous et ne permettra pas à la mort d’avoir le dernier mot».S’appuyant sur les propos du cardinal Joseph Ratzinger, bien avant de devenir Pape, qui indiquait que «là où la joie manque, là où l’humour meurt, là il n’y a même pas l’Esprit Saint […] et vice versa: la joie est un signe de la grâce (Il Dio di Gesù Cristo, Brescia 1978, p. 129)», Françoisa déclaré: «votre prédication, votre célébration, votre service et votre apostolat laissent transparaître la joie du cœur, car cela suscite des questions et attire même ceux qui sont loin».
Troisième chemin: la miséricorde.
À cet égard, a poursuivi le Pape, «l’Évangile, accueilli et partagé, reçu et donné, nous conduit à la joie parce qu’il nous fait découvrir que Dieu est le Père de la miséricorde qui s’émeut pour nous, qui nous relève de nos chutes, qui ne retire jamais son amour pour nous».
“Fixons cela dans notre cœur: jamais Dieu ne retire son amour pour nous. “Même lorsque j’ai commis quelque chose de grave?”. Jamais Dieu ne retire son amour pour toi. Face à l’expérience du mal, cela peut parfois nous sembler “injuste”, parce que nous appliquons simplement la justice terrestre qui dit: “celui qui fait des erreurs doit payer”. Cependant la justice de Dieu est supérieure: celui qui s’est trompé est appelé à réparer ses erreurs, mais pour guérir dans son cœur il a besoin de l’amour miséricordieux de Dieu. C’est par sa miséricorde que Dieu nous justifie, c’est-à-dire qu’il nous rend justes, parce qu’il nous donne un cœur nouveau, une vie nouvelle.”
Le Souverain pontife a ainsi saisi le prétexte de cette visite pour féliciter l’Église de Belgique pour le travail fait dans le cadre de la lutte contre les abus. Un travail qui vise, a précisé François, à «transformer la colère et la douleur en aide, en proximité et en compassion», car les «les abus engendrent des souffrances et des blessures atroces; elles minent aussi le chemin de la foi. Et il faut beaucoup de miséricorde afin de ne pas rester un cœur de pierre devant la souffrance des victimes, leur faire sentir notre proximité et offrir toute l’aide possible, pour apprendre d’elles», a-t-il affirmé. Soulignant aussi que «l’une des racines de la violence est l’abus de pouvoir, lorsque nous utilisons les rôles que nous avons pour écraser les autres ou pour les manipuler».
«Jésus nous montre que Dieu ne se tient pas à l’écart de nos blessures et de nos impuretés. Il sait que nous pouvons tous faire des erreurs, mais personne n’est une erreur. Personne n’est perdu pour toujours», a-t-il ajouté, appelant aussi à «suivre toutes les voies de la justice terrestre et les voies humaines, psychologiques et pénales». François ira plus loin mais en ajoutant que «la peine doit être un remède, elle doit conduire à la guérison». C’est pourquoi le Pape a invité les uns et les autres à «aider les personnes à se relever et à retrouver leur chemin dans la vie et dans la société».«Nous pouvons tous faire des erreurs, mais personne n’est une erreur, personne n’est perdu pour toujours. Miséricorde, toujours miséricorde», a-t-il martelé.
Se basant sur une œuvre de Magritte, illustre peintre belge, qui s’intitule “L’acte de foi”, l’évêque de Rome a dit trouver en cette création, «une ouverture qui nous invite à aller au-delà, à regarder vers l’avant et vers le haut, à ne jamais nous refermer sur nous-mêmes». Pour lui, cette œuvre est un symbole fort qui magnifie une Église qui ne «ferme jamais ses portes, qui offre à tous une ouverture sur l’infini, qui sait regarder au-delà. C’est l’Église qui évangélise, vit la joie de l’Évangile, pratique la miséricorde».
Concluant son discours, le Pape a dit au peuple belge: «Marchez ensemble, vous et l’Esprit Saint, pour, ainsi, être Église. Sans l’Esprit, rien de chrétien n’advient. La Vierge Marie, notre Mère, nous l’enseigne».