LES ANGES ET LEURS MANIFESTATIONS

Illustration
© Shutterstock/soniya999

LES ANGES ET LEURS MANIFESTATIONS

Les anges gardiens « pour te garder en toutes tes voies »

Au début du XVIIe siècle, à Rome dans le quartier du Panthéon, l’on frappe à la porte d’un prêtre reconnu pour sa sainteté, Camille de Lellis, fondateur des Ministres des Infirmes ou Camilliens, Ordre religieux dévoué aux malades et blessés des champs de bataille. Par humilité, Camille a renoncé à ses fonctions de supérieur pour vivre dans ce quartier défavorisé. Quand il ouvre, il voit un adolescent qui lui dit, implorant : « Padre, venez vite, pour l’amour de Dieu ! Ma grand-mère est en train de mourir ! » Camille prend les saintes huiles et suit le garçon jusqu’à un immeuble misérable où gît dans une mansarde une vieille femme à l’agonie. En voyant entrer le religieux, la moribonde s’écrie : « Padre, c’est le Ciel qui vous envoie ! J’ai eu si peur de mourir toute seule, sans les sacrements ! » Camille lui dit de remercier son petit-fils, mais la mourante secoue la tête : « Padre, je n’ai pas de petit-fils … J’ai perdu toute ma famille … et les voisins n’ont même pas vu que j’étais malade. » Camille se tourne vers le seuil où, à la seconde, se tenait le jeune homme mais constate qu’il n’y a personne.

Les raisons d’y croire

  • La pauvre femme explique à Camille que quand elle s’est vue partir abandonnée de Dieu et des hommes, elle a appelé à l’aide le seul dont elle savait qu’il était auprès d’elle : son ange gardien, et lui a demandé d’aller chercher un prêtre. L’ange y est allé, c’est son rôle, en toute discrétion, car les esprits célestes, quand ils se mêlent à nous, détestent être reconnus pour ce qu’ils sont.
  • Cette histoire, qui figure dans le procès de canonisation de saint Camille de Lellis, est tout à fait cohérente avec le rôle que les anges gardiens tiennent auprès de nous selon les Écritures : « Nous garder en toutes nos voies » (Ps 90), veiller sur nous, avec pour première préoccupation, non de nous mettre à l’abri des problèmes et malheurs mais nous ramener sains et saufs à la Maison du Père, ayant victorieusement échappé jusqu’au bout aux pièges des démons. Assurer les derniers sacrements à leur protégé est donc à leurs yeux une mission essentielle.
  • L’existence des anges est affirmée à plusieurs reprise dans la Bible. La première mention de la présence d’un ange gardien à nos côtés figure dans la Genèse (48,16) où Jacob évoque « l’ange qui l’a sauvé de tout mal ».
  • Jésus lui-même, dans l’évangile (Matthieu 18,10), affirme leur présence près de nous et le respect qui leur dû en présentant aux disciples l’enfant qui est le modèle à suivre pour mériter le Ciel : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits car, je vous le dis en vérité, leurs anges dans le Ciel voient sans cesse la Face de mon Père. »
  • De même, dans les Actes des Apôtres (12,14-16), c’est son ange gardien qui, au prix d’une intervention miraculeuse, fait évader saint Pierre de la prison où Hérode le détient avec l’intention de le faire mettre à mort.
  • Des anges gardiens, le catéchisme de l’Église catholique enseigne : « On appelle anges gardiens les anges que Dieu a destinés pour nous guider et nous garder dans la voie du Salut. Ils nous assistent par leurs bonnes inspirations et, nous rappelant nos devoirs, ils nous guident dans les chemins du Bien. Ils offrent à Dieu ses prières et nous obtiennent ses grâces. Nous devons être reconnaissants à la divine bonté de nous les avoir donnés et à eux du soin qu’ils prennent de nous. » L’ange gardien est donc à la fois en présence de Dieu qu’il adore inlassablement sans jamais nous quitter
  • L’on objecte souvent que, si toute l’humanité possédait un ange qui la conseille et la guide, il ne se produirait aucun drame en ce monde car nul ne pourrait commettre le mal. C’est oublier que Dieu a fait libres ses créatures et n’a rien voulu leur imposer en les dotant d’un censeur qui briderait leur libre arbitre. Le pouvoir des anges gardiens est donc limité et ils ne peuvent ni pénétrer dans nos pensées ni nous interdire de mal agir.
  • Ainsi que l’affirment Tertullien, Augustin, Ambroise, Jean Chrysostome et bien d’autres, tout homme, même non chrétien, reçoit à sa naissance un ange gardien qui ne lui quittera jamais jusqu’à sa mort. Cependant, plus une âme est éloignée de Dieu et ses lumières, moins l’ange aura facilité pour attirer son attention, l’aider et la guider.
  • Les anges gardiens ne sont pas là pour nous procurer une science ou des biens honnêtes et nécessaires que le travail peut nous donner. Il ne faut pas les confondre avec des êtres magiques tels le génie de la lampe d’Aladin ou la fée de Cendrillon. Parfaitement soumis à Dieu, ils veulent nous maintenir dans son amitié, quand pour cela nous devrions connaître épreuves et malheurs.

Auteur : Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages pour la plupart consacrés à la sainteté.

Source: 1000 raisons de croire

01.10.2024 – Messe d’ouverture de la deuxième session de l’Assemblée générale du Synode, présidée par le pape François

Mercredi 2 octobre 2024 à 9h30, le pape François préside la messe d’ouverture de la deuxième session de l’Assemblée générale du Synode pour « une Église synodale ». KTO retransmet cette célébration en direct de Rome. Elle sera concélébrée par les cardinaux, patriarches et évêques présents au Synode. —- Cette célébration peut être visionnée en intégralité pendant une semaine, et à la suite de cette période, jusqu’au terme de la Liturgie de la Parole et de l’homélie.

« On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable »

© Shutterstock/Immaculate
© Shutterstock/Immaculate

« On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable »

Le mois d’octobre est appelé dans l’Église le mois du Rosaire. Une fête mariale nous rappelle cela le 7 octobre : Notre Dame du Rosaire. Une autre fête nous oriente vers Marie, celle de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, le 1er octobre. Voici un texte de sa main qui peut nous parler :

« Elle vivait de foi comme nous. Que j’aurais bien voulu être prêtre pour prêcher sur la Sainte Vierge ! Une seule fois m’aurait suffi pour dire tout ce que je pense à ce sujet.
J’aurais d’abord fait comprendre à quel point on connaît peu sa vie. Il ne faudrait pas dire des choses invraisemblables ou qu’on ne sait pas ; par exemple que, toute petite, à trois ans, la Sainte Vierge est allée au Temple s’offrir à Dieu avec des sentiments brûlants d’amour et tout à fait extraordinaires ; tandis qu’elle y est peut-être allée tout simplement pour obéir à ses parents…

Pour qu’un sermon sur la Sainte Vierge me plaise et me fasse du bien, il faut que je voie sa vie réelle, pas sa vie supposée ; et je suis sûre que sa vie réelle devait être toute simple. On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable, faire ressortir ses vertus, dire qu’elle vivait de foi comme nous, en donner des preuves par l’Évangile où nous lisons : “Ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait” (Lc 2,50). Et cette autre, non moins mystérieuse : “Ses parents étaient dans l’admiration de ce qu’on disait de lui” (Lc 2,33). Cette admiration suppose un certain étonnement, ne trouvez-vous pas ?

On sait bien que la Sainte Vierge est la Reine du Ciel et de la terre, mais elle est plus mère que reine, et il ne faut pas dire à cause de ses prérogatives qu’elle éclipse la gloire de tous les saints, comme le soleil à son lever fait disparaître les étoiles. Mon Dieu ! que cela est étrange ! Une mère qui fait disparaître la gloire de ses enfants ! Moi je pense tout le contraire, je crois qu’elle augmentera de beaucoup la splendeur des élus. C’est bien de parler de ses prérogatives, mais il ne faut pas dire que cela… Qui sait si quelque âme n’irait pas même jusqu’à sentir alors un certain éloignement pour une créature tellement supérieure et ne se dirait pas : “Si c’est cela, autant aller briller comme on pourra dans un petit coin”.

Ce que la Sainte Vierge a de plus que nous, c’est qu’elle ne pouvait pas pécher, qu’elle était exempte de la tache originelle, mais d’autre part, elle a eu bien moins de chance que nous, puisqu’elle n’a pas eu de Sainte Vierge à aimer, et c’est une telle douceur de plus pour nous. »

www.marianistes.com

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

01.10.2024 – SAINTE DU JOUR

Ste Thérèse de l’Enfant Jésus

CARM. ET DOCTEUR DE L’ÉGLISE

Sainte Thérèse 
de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face
Vierge, Carmélite, Docteur de l’Église 
Co-patronne de la France

Thérèse Martin naît à Alençon, en France, le 2 janvier 1873. Elle fut baptisée deux jours plus tard en l’église Notre-Dame, recevant les noms de Marie Françoise Thérèse. Ses parents étaient Louis Martin et Zélie Guérin (canonisés le 18 octobre 2015 à Rome). Après la mort de sa mère, le 28 août 1877, Thérèse s’installa avec toute sa famille à Lisieux. Vers la fin de 1879, elle s’approche pour la première fois du sacrement de la Pénitence.

Le jour de la Pentecôte 1883, elle reçoit la grâce insigne de la guérison d’une grave maladie, par l’intercession de Notre-Dame des Victoires. Formée par les Bénédictines de Lisieux, elle fait sa première communion le 8 mai 1884, après une préparation intense, couronnée par une expérience très vive de la grâce de l’union intime avec le Christ. Quelques semaines après, le 14 juin de la même année, elle reçoit le sacrement de la confirmation, accueillant en toute conscience le don de l’Esprit Saint dans une participation personnelle à la grâce de la Pentecôte. Elle avait le désir d’entrer dans la vie contemplative, comme ses sœurs Pauline et Marie, au Carmel de Lisieux, mais son jeune âge l’en empêchait.

Pendant un voyage en Italie, après avoir visité la Maison de Lorette et la Ville éternelle, au cours de l’audience accordée par le Pape aux pèlerins du diocèse de Lisieux le 20 novembre 1887, elle demanda à Léon XIII (Vincenzo Pecci, 1878-1903), avec une audace filiale, de pouvoir entrer au Carmel à l’âge de quinze ans. Le 9 avril 1888, elle entra au Carmel de Lisieux. Elle prit l’habit le 10 janvier de l’année suivante et fit sa profession religieuse le 8 septembre 1890, en la fête de la Nativité de la Vierge Marie.

Au Carmel, elle s’engage sur le chemin de perfection tracé par la Mère fondatrice, Thérèse de Jésus, avec une ferveur et une fidélité authentiques, par l’accomplissement des divers services communautaires qui lui sont confiés. Éclairée par la Parole de Dieu, éprouvée très vivement par la maladie de son père bien-aimé, Louis Martin, qui meurt le 29 juillet 1894, elle avance vers la sainteté, inspirée par la lecture de l’Évangile, plaçant au centre de tout l’amour.

Dans ses manuscrits autobiographiques, Thérèse nous a laissé non seulement les souvenirs de son enfance et de son adolescence, mais aussi le portrait de son âme, la description de ses expériences les plus intimes. Elle découvre et communique aux novices qui lui sont confiées la petite voie de l’enfance spirituelle ; elle reçoit comme un don spécial la charge d’accompagner par le sacrifice et la prière deux «frères missionnaires». Elle pénètre toujours plus le mystère de l’Église et sent croître en elle sa vocation apostolique et missionnaire, pour attirer tout le monde à sa suite, saisie par l’amour du Christ, son unique Époux.

Le 9 juin 1895, en la fête de la Très Sainte Trinité, elle s’offre en victime d’holocauste à l’Amour miséricordieux de Dieu. Elle rédige alors le premier manuscrit autobiographique qu’elle remet à Mère Agnès le jour de la fête de celle-ci, le 21 janvier 1896. Quelques mois après, le 3 avril, dans la nuit entre le jeudi et le vendredi saints, elle souffre d’une hémoptysie, première manifestation de la maladie qui la conduira à sa mort et qu’elle accueille comme une mystérieuse visite de l’Époux divin. Elle entre alors dans une épreuve de la foi qui durera jusqu’à sa mort et dont elle donnera un témoignage bouleversant dans ses écrits. Au mois de septembre, elle achève le manuscrit B qui illustre de manière impressionnante la maturité dans la sainteté à laquelle elle est parvenue, en particulier par la découverte de sa vocation au cœur de l’Église.

Alors que sa santé se dégrade et que le temps de l’épreuve se poursuit, elle commence au mois de juin le manuscrit C dédié à Mère Marie de Gonzague ; de nouvelles grâces l’amènent à une plus haute perfection et elle découvre de nouvelles lumières pour la diffusion de son message dans l’Église au profit des âmes qui suivront sa voie. Le 8 juillet, elle est transférée à l’infirmerie. Ses sœurs et d’autres religieuses recueillent ses paroles, tandis que s’intensifient ses souffrances et ses épreuves, supportées avec patience, jusqu’à sa mort dans l’après-midi du 30 septembre 1897. «Je ne meurs pas, j’entre dans la vie», avait-elle écrit à son frère spirituel missionnaire, l’Abbé M. Bellier. Ses dernières paroles, «Mon Dieu…, je vous aime !», scellent une existence qui s’éteint sur la terre à l’âge de vingt-quatre ans pour entrer, suivant son désir, dans une phase nouvelle de présence apostolique en faveur des âmes, dans la communion des saints, pour répandre une pluie de roses sur le monde.

Elle fut canonisée par Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939) le 17 mai 1925 et ce même Pape la proclama « Patronne universelle des missions« , ainsi que St François Xavier, le 14 décembre 1927.

Sa doctrine et son exemple de sainteté ont été reçus par toutes les catégories de fidèles de ce siècle avec un grand enthousiasme, et aussi en dehors de l’Église catholique et du christianisme. De nombreuses Conférences épiscopales, à l’occasion du centenaire de sa mort, ont demandé au Pape qu’elle soit proclamée Docteur de l’Église, à cause de la solidité de sa sagesse spirituelle, inspirée par l’Évangile, à cause de l’originalité de ses intuitions théologiques où brille sa doctrine éminente, et à cause de l’universalité de la réception de son message spirituel, accueilli dans le monde entier et diffusé par la traduction de ses œuvres dans une cinquantaine de langues. 

Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) proclama Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face Docteur de l’Église universelle le 19 octobre 1997.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :

 >>> Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face priez pour nous !

01.10.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,51-56. 

Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.
Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »
Mais Jésus, se retournant, les réprimanda.
Puis ils partirent pour un autre village.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Jean Bosco

(1815-1888), prêtre, éducateur et fondateur de communautés religieuses

Lettres à ses confrères (Lectures pour chaque jour de l’année II, Prière du Temps présent, éd. du Cerf, 1971, p. 142)

« Jésus, se retournant, les réprimanda »

Il est plus facile de se mettre en colère que de supporter, de menacer l’enfant que de le persuader ; je dirais même que notre impatience et notre orgueil se trouvent mieux d’imposer des punitions aux récalcitrants plutôt que de les redresser fermement et de les supporter avec douceur. Pourtant c’est la charité de Paul que je vous recommande, celle qu’il avait pour les convertis de fraîche date, et qui allait jusqu’aux larmes et à la supplication quand il les trouvait trop peu dociles ou inaccessibles à son amour. Prenez garde d’agir par impulsion. En punissant il est difficile de conserver cette égalité d’âme qui est nécessaire pour qu’on ne croie pas que nous agissons pour faire montre de notre autorité ou pour donner libre cours à notre emportement. Regardons [nos garçons] comme des fils sur lesquels nous avons un pouvoir à exercer. Faisons-nous leurs serviteurs, exactement comme Jésus, qui est venu pour obéir et non pour commander ; n’ayons pas honte de dominer à sa manière à lui, et ne les dominons que pour mieux les servir. C’est ce que faisait Jésus avec les Apôtres, qui étaient ignorants et grossiers ; bien plus, il les soutenait lorsqu’ils n’étaient pas assez fidèles, et il montrait une bonté et une amitié familières avec les pécheurs, si bien que certains en étaient stupéfaits, d’autres scandalisés, et que d’autres enfin, en venaient à espérer le pardon de Dieu. C’est pourquoi il nous a commandé d’être doux et humbles de cœur.

LECTURES :

Livre de Job 3,1-3.11-17.20-23. 

Job ouvrit la bouche et maudit le jour de sa naissance.
Il prit la parole et dit :
« Périssent le jour qui m’a vu naître et la nuit qui a déclaré : “Un homme vient d’être conçu !”
Pourquoi ne suis-je pas mort dès le sein de ma mère, n’ai-je pas expiré au sortir de son ventre ?
Pourquoi s’est-il trouvé deux genoux pour me recevoir, deux seins pour m’allaiter ?
Maintenant je serais étendu, au calme, je dormirais d’un sommeil reposant,
avec les rois et les conseillers de la terre qui se bâtissent des mausolées,
ou avec les princes qui ont de l’or et remplissent d’argent leurs demeures.
Ou bien, comme l’avorton que l’on dissimule, je n’aurais pas connu l’existence, comme les petits qui n’ont pas vu le jour.
Là, au séjour des morts, prend fin l’agitation des méchants, là reposent ceux qui sont exténués.
Pourquoi Dieu donne-t-il la lumière à un malheureux, la vie à ceux qui sont pleins d’amertume,
qui aspirent à la mort sans qu’elle vienne, qui la recherchent plus avidement qu’un trésor ?
Ils se réjouiraient, ils seraient dans l’allégresse, ils exulteraient s’ils trouvaient le tombeau.
Pourquoi Dieu donne-t-il la vie à un homme dont la route est sans issue, et qu’il enferme de toutes parts ? »

Psaume 88(87),2-3.4-5.6.7-8. 

Seigneur, mon Dieu et mon salut, 
dans cette nuit où je crie en ta présence,
que ma prière parvienne jusqu’à toi, 
ouvre l’oreille à ma plainte.



Car mon âme est rassasiée de malheur, 
ma vie est au bord de l’abîme ;
on me voit déjà descendre à la fosse, 
je suis comme un homme fini.

Ma place est parmi les morts, 
avec ceux que l’on a tués, enterrés, 
ceux dont tu n’as plus souvenir, 
qui sont exclus, et loin de ta main.

Tu m’as mis au plus profond de la fosse, 
en des lieux engloutis, ténébreux ;
le poids de ta colère m’écrase, 
tu déverses tes flots contre moi.