« Tous ceux qui viendront me prier en ce lieu verront leurs vœux exaucés » dit Notre Dame de La Vang

Illustration
Église catholique de Song Vinh, Notre-Dame-de-La-Vang. © Shutterstock/godongphoto

« Tous ceux qui viendront me prier en ce lieu verront leurs vœux exaucés » dit Notre Dame de La Vang

En 1798, au Vietnam, des Chrétiens s’enfuient dans la jungle pour échapper aux persécutions gouvernementales anti chrétiennes. C’est alors qu’ont eu lieu une série d’apparitions de la Vierge Marie : elle les réconfortait et les soutenait. Depuis lors, les pèlerinages n’ont jamais cessé ! Telle est l’origine du sanctuaire de La Vang, à mi-distance entre le nord et le sud du Vietnam.

pAucune source écrite sûre ne rapporte ces apparitions, il s’agit d’une tradition orale selon laquelle en 1798, au centre du pays, à 60 km de Hué, dans une zone forestière, la Vierge, entourée de deux anges, serait apparue  à un groupe de Chrétiens pourchassés.

« Elle était revêtue d’un manteau magnifique, à l’orientale, et tenait l’Enfant Jésus dans ses bras », explique un témoin. « Elle se tenait simplement sur le gazon, comme une maman au milieu de ses enfants. À tous elle demandait de se montrer joyeux d’avoir à souffrir pour leur foi. » « J’ai déjà exaucé vos prières. Dorénavant tous ceux qui viendront me prier en ce lieu verront leurs vœux exaucés », dit-Elle. Selon certains, la Vierge serait apparue à plusieurs reprises. Guérisons et conversions sont alléguées.

Et de fait, un pèlerinage et une tradition de prière sont ininterrompus depuis plus de deux siècles. En 1886, une petite chapelle est construite sur le lieu de l’apparition. En 1901, une église est construite et bénie en présence de 12 000 pèlerins ! À cette occasion, Notre Dame de La Vang est déclarée protectrice des Catholiques du Vietnam. Un pèlerinage national s’y déroule tous les trois ans. L’église, élevée au rang de basilique mineure, a été détruite en 1972-1975, pendant la guerre avec le Vietminh.

Le 19 juin 1988 le pape saint Jean Paul II a canonisé 117 martyrs vietnamiens. Au cours de cette cérémonie, il a fait mémoire du sanctuaire marial de La Vang et a souhaité sa reconstruction « dans un climat de liberté, de paix, et de gratitude envers Celle que toutes les générations disent bienheureuse. De sorte que ce sanctuaire puisse favoriser l’unité nationale et le progrès civil et moral du pays.

Et le sanctuaire a bien été reconstruit ! Le 15 août 1998, environ 70 000 fidèles (100 000 selon L’Impartial) ont prié ensemble à La Vang pour le 200e anniversaire de l’apparition.

Encyclopédie Mariale

et aussi : www.francisrichard.net

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

22.11.2024 – SAINTE DU JOUR

Ste Cécile

Ste Cécile

VIERGE ET MARTYRE († 230)

Sainte Cécile
Vierge et martyre 
(† 230)

 Cécile, l’une des fleurs les plus suaves de la virginité chrétienne et du martyre, vécut sous l’empereur Alexandre Sévère. Elle était la fille d’un illustre patricien et seule chrétienne de sa famille. Bien qu’elle eût consacré sa virginité à Jésus-Christ, elle dut se résigner à sortir de la maison paternelle, où elle vivait dans la prière, la lecture des livres saints et le chant des cantiques, pour épouser le jeune Valérien, noble et bon, mais païen.

Le soir des noces, quand les époux se trouvèrent seuls, Cécile s’adressa doucement à Valérien : « Ami très cher, lui dit-elle, j’ai un secret à te confier : mais peux-tu me promettre de le garder ?  » Ayant reçu le serment du jeune homme, elle reprit : 
« Écoute. Un ange de Dieu veille sur moi, car j’appartiens à Dieu. S’il voit que tu m’aimes d’un mauvais amour, il me défendra, et tu mourras ; mais si tu respectes ma virginité, alors il t’aimera comme il m’aime, et sa grâce s’étendra aussi sur toi. » Troublé, Valérien répondit : « Cécile, pour que je puisse croire à ta parole, fais-moi voir cet ange.
– Si tu crois au vrai Dieu et si tu reçois le baptême des chrétiens, tu pourras voir l’ange qui veille sur moi. »

Valérien accepta la condition, se rendit près de l’évêque Urbain, à trois milles de Rome, fut instruit, reçut le baptême et revint près de Cécile. Près d’elle, il aperçut un ange au visage lumineux, aux ailes éclatantes, qui tenait dans ses mains deux couronnes de roses et de lis, et qui posa l’une de ces couronnes sur la tête de Cécile, l’autre sur la tête de Valérien, et leur dit : « Je vous apporte ces fleurs des jardins du Ciel. » Valérien avait un frère nommé Tiburce ; au récit de ces merveilles, il abjura les idoles et se fit chrétien.

Les deux frères furent bientôt dénoncés ; ils demeurèrent invincibles dans la confession et leur foi et eurent la tête tranchée. Quant à Cécile, elle comparut elle-même devant le tribunal du préfet de Rome : « Quel est ton nom et quelle est ta condition ? lui dit-il.
– Devant les hommes, je m’appelle Cécile ; mais ‘chrétienne’ est mon plus beau nom.

– Sacrifie aux dieux !

– Tes dieux ne sont que des pierres, de l’airain ou du plomb. »

Le préfet la fit reconduire chez elle et ordonna de la laisser mourir dans la salle de bains embrasée de vapeurs ; Dieu renouvela pour elle le miracle des Hébreux dans la fournaise. Le bourreau vint pour lui trancher la tête ; mais il le fit si maladroitement, qu’elle ne mourut que trois jours après. Sainte Cécile est la patronne des musiciens.

Sainte Cécile priez pour nous !

22.11.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 19,45-48. 

En ce temps-là, entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs. Il leur déclarait :
« Il est écrit : ‘Ma maison sera une maison de prière’. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
Et il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir,
mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ; en effet, le peuple tout entier, suspendu à ses lèvres, l’écoutait.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Le Missel romain

Préface de la fête de la dédicace d’une église

« Ma maison sera une maison de prière » (Is 56,7)

Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi, Père très bon, Dieu éternel et tout-puissant. Dans ta bonté pour ton peuple, tu veux habiter cette maison de prière, afin que ta grâce toujours offerte fasse de nous un temple de l’Esprit (1Co 3,16) resplendissant de ta sainteté. De jour en jour, tu sanctifies l’Épouse du Christ, l’Église dont nos églises d’ici-bas sont l’image, jusqu’au jour où elle entrera dans la gloire du ciel, heureuse de t’avoir donné tant d’enfants. C’est pourquoi, avec les anges et tous les saints, nous chantons et proclamons : Saint ! Saint ! Saint !…

LECTURES :

Livre de l’Apocalypse 10,8-11. 

Moi, Jean, la voix que j’avais entendue, venant du ciel, me parla de nouveau et me dit : « Va prendre le livre ouvert dans la main de l’ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre. »
Je m’avançai vers l’ange pour lui demander de me donner le petit livre. Il me dit : « Prends, et dévore-le ; il remplira tes entrailles d’amertume, mais dans ta bouche il sera doux comme le miel. »
Je pris le petit livre de la main de l’ange, et je le dévorai. Dans ma bouche il était doux comme le miel, mais, quand je l’eus mangé, il remplit mes entrailles d’amertume.
Alors on me dit : « Il te faut de nouveau prophétiser sur un grand nombre de peuples, de nations, de langues et de rois. »

Psaume 119(118),14.24.72.103.111.131. 

R/ Qu’elle est douce à mon palais, ta promesse ! (Ps 118, 103a)

Je trouve dans la voie de tes exigences 
plus de joie que dans toutes les richesses.
Je trouve mon plaisir en tes exigences : 
ce sont elles qui me conseillent.

Mon bonheur, c’est la loi de ta bouche, 
plus qu’un monceau d’or ou d’argent.
Qu’elle est douce à mon palais ta promesse : 
le miel a moins de saveur dans ma bouche !

Tes exigences resteront mon héritage, 
la joie de mon cœur.
La bouche grande ouverte, j’aspire, 
assoiffé de tes volontés.

24.11.2024 – HOMÉLIE DE LA SOLELENNITÉ DU CHRIST, ROI DE L’UNIVERS – JEAN 18,33b-37

Domination et pouvoir

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Évangile selon saint Jean 18, 33b-37

La fête du Christ Roi de l’Univers a été instituée au XXe siècle, en 1925. Elle célèbre la royauté du Christ, c’est à dire sa domination et son pouvoir sur toute la création.

On est alors dans un contexte particulier, face aux blessures non-cicatrisées de la Première guerre mondiale. Beaucoup de monarchies viennent de s’effondrer : l’Empire russe, l’Empire austro-hongrois, l’Empire allemand, l’Empire ottoman. C’est la période des trônes vacillants.

C’est aussi la période où les totalitarismes qui déclencheront la Seconde guerre mondiale prennent racines, à gauche comme à droite. Si le premier conflit mondial avait été celui de la puissance technologique mise au service des instincts humains les plus belliqueux, le second sera celui du surhomme nietzschéen, de l’homme surpuissant cherchant à façonner les peuples.

Était-il à propos de tenir des discours sur le pouvoir et la domination du Christ à cette époque, alors que pouvoir et domination techniques avaient fait tant de ravages sur les champs de la Somme ou des Ardennes ? Et cette proclamation de la domination universelle du Christ n’est-elle pas l’annonce d’un totalitarisme chrétien que l’on devrait autant déplorer que les totalitarismes athées qui se sont étripés sur les ruines de Stalingrad ou de Berlin ? Fallait-il parler de monarchie divine dans une époque où la notion de puissance était assurément mal comprise par l’Humanité ? Et cette proclamation n’a-t-elle pas été le prélude à une dérive monarchique de l’Église, nourrissant le cléricalisme que nous déplorons tant aujourd’hui ?

C’est un peu vite oublier que les Accords du Latran n’interviendront que quatre années plus tard et que le pape, Pie XI en l’occurrence, se trouve privé d’État. Il ne parle précisément pas de monarchie cléricale, mais de domination et de puissance spirituelle. « Ma royauté n’est pas de ce monde », dit Jésus à Pilate dans l’Évangile.

Le messie qu’attendait Israël devait être à l’image de Melkisédek, « roi de Salem » et « prêtre du Très-Haut » (Gn 14, 18). Roi, comme protecteur et défenseur des croyants ; prêtre, c’est à dire offrant pour le peuple des sacrifices. Si on lit attentivement les Évangiles, on constate que les contemporains de Jésus, dont certains de ses disciples, attendaient surtout un messie guerrier, un roi libérateur, un envoyé de Dieu qui soulèverait le peuple et les délivrerait des Romains. Et c’est finalement l’accusation que Pilate gardera contre lui : le fait de s’être proclamé roi des Juifs et d’avoir menacé l’Empire. Jésus lui avait pourtant affirmé : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. » Jésus n’est en rien un séditieux, ni un révolté contre l’oppression, encore moins un leader politique ou un chef de guerre. Au contraire, il proclame l’amour des ennemis, invite à tendre l’autre joue et à prier pour ceux qui nous persécutent.

Longtemps l’Église a mal compris le principe monarchique et s’est considérée comme une puissance temporelle, qui devait combattre pour le Christ. Ce n’est vraiment pas cela que nous célébrons aujourd’hui.

Si la royauté du Christ n’est pas de ce monde, c’est bien qu’il gouverne sur les esprits. La domination et le pouvoir du Christ, aujourd’hui, je l’espère, nous ne les entendons plus que comme spirituels. Le Christ est, par excellence, l’humain spirituellement maître de soi en toutes circonstances. La royauté du Christ s’entend désormais comme gouvernement personnel et non comme principe étatique. Ce sont nos vies individuelles bien plus qu’une moribonde chrétienté que le Christ veut gouverner avec puissance.

Ainsi l’appel à s’identifier au Christ-Roi est avant tout un appel à se dominer personnellement, à gagner la maîtrise spirituelle de ses élans et de ses pulsions, à se laisser gouverner par l’amour – l’opposé d’un appel à la conquête ou au prosélytisme. C’est de notre gouvernement intime sous l’égide de l’Esprit-Saint que découleront des relations humaines harmonieuses et une société paisible. De là, de cette paix intérieure que nous procure la maîtrise spirituelle de soi, surgira le règne de Dieu parmi les hommes.

L’enseignement moral de l’Église est très exigeant – trop pour certains –, qui demande de garder en toutes circonstances la maîtrise de soi, de ses affects et de ses pulsions. L’enseignement de l’Église est humainement très exigeant – c’est vrai –, qui demande de ne jamais céder aux esprits de vengeance et de haine, de révolte ou de colère, et de résister intimement à toute tentation de nous écarter de l’amour altruiste.

Le règne de Dieu parmi les hommes ne commence pas par un combat pour imposer à tous la loi divine. Par contre, il convaincra et surviendra dans la mesure où nous, chrétiens, dominerons nos passions pour ne rendre au monde que de l’amour. Le règne de Dieu parmi les hommes commence par le combat spirituel personnel visant à la domination intime de l’amour divin.

Que le Seigneur fasse de nous des reines et des rois intérieurs, des gens qui se gouvernent spirituellement, gardent la maîtrise de leurs sentiments et ne font régner que l’amour dans leur vie.

Fr. Laurent Mathelot

Source: RÉSURGENCE.BE, le 20 novembre 2024