Quand Sartre, l’athée, évoque Marie à la crèche (I)

Illustration
Unsplash/Patti Black

Quand Sartre, l’athée, évoque Marie à la crèche (I)

Nous sommes en 1940, en Allemagne, dans un camp de prisonniers français.

Des prêtres prisonniers demandent à Jean-Paul Sartre (1), prisonnier depuis quelques mois avec eux, de rédiger une petite méditation pour la veillée de Noël. Sartre, l’athée, accepte. Et offre à ses camarades ces quelques lignes magnifiques. Comment douter que la grâce soit venue le visiter à ce moment-là, même si le philosophe s’en défend ?

« Vous avez le droit d’exiger qu’on vous montre la Crèche. La voici. Voici la Vierge, voici Joseph et voici l’Enfant Jésus. L’artiste a mis tout son amour dans ce dessin, vous le trouverez peut-être naïf, mais écoutez. Vous n’avez qu’à fermer les yeux pour m’entendre et je vous dirai comment je les vois au-dedans de moi.

La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant. Ce qu’il faudrait peindre sur son visage, c’est un émerveillement anxieux, qui n’apparut qu’une seule fois sur une figure humaine, car le Christ est son enfant, la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles. Elle l’a porté neuf mois. Elle lui donna le sein et son lait deviendra le sang de Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit : “mon petit” !

Mais à d’autres moments, elle demeure toute interdite et elle pense : “Dieu est là”, et elle se sent prise d’une crainte religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant, parce que toutes les mères sont ainsi arrêtées par moment, par ce fragment de leur chair qu’est leur enfant, et elles se sentent en exil devant cette vie neuve qu’on a faite avec leur vie et qu’habitent les pensées étrangères.

Mais aucun n’a été plus cruellement et plus rapidement arraché à sa mère, car Il est Dieu et Il dépasse de tous côtés ce qu’elle peut imaginer. Et c’est une rude épreuve pour une mère d’avoir crainte de soi et de sa condition humaine devant son fils. Mais je pense qu’il y a aussi d’autres moments rapides et glissants où elle sent à la fois que le Christ est son fils, son petit à elle et qu’il est Dieu. Elle le regarde et elle pense : “ce Dieu est mon enfant ! Cette chair divine est ma chair, Il est fait de moi, Il a mes yeux et cette forme de bouche, c’est la forme de la mienne. Il me ressemble, Il est Dieu et Il me ressemble” ».

L’équipe de Marie de Nazareth

Extrait de « Bariona ou le Fils du tonnerre », le texte se trouve intégralement dans l’ouvrage Les Écrits de Sartre de M. Contat et M. Rybalka, NRF 1970].

(1) Jean Paul Sartre (1905-1980) est un écrivain français

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

25.12.2025 – SAINT DU JOUR

Bx Pierre le Vénérable

ABBÉ DE CLUNY († 1156)

Bienheureux Pierre le Vénérable

Neuvième abbé de Cluny 

Pierre le Vénérable naît dans la noble famille des Montboissier, entre 1092 et 1094, en Auvergne. 

Il entre très jeune au monastère clunisien de Sauxillanges en Auvergne, puis gravit les échelons de la carrière clunisienne : il fut notamment nommé écolâtre et prieur à l’abbaye de Vézelay, dans les années 1116/1117, par le nouvel abbé de Cluny, Pons de Melgueil. Certains lui ont attribué le programme iconographique des chapiteaux de l’abbatiale romane de Vézelay.

Il voyage beaucoup et joue un rôle diplomatique important, notamment lors de l’élection pontificale lorsqu’il reconnaît en 1130 le Pape Innocent II (Gregorio Papareschi, 1130-1143), contre l’antipape Anaclet II (Pietro Pierleoni, 1130-1138). 

Son activité intellectuelle fait de lui un représentant de la renaissance du XIIe siècle. Il fait traduire le Coran en latin, Lex Mahumet pseudoprophete. Connu comme polémiste, il rédigera ensuite des traités pour réfuter les doctrines israélites et musulmanes. En effet, il recommande d’établir des débats argumentés avec les théologiens des autres religions, plutôt que des Croisades. 

Sa devise est : « La règle de saint Benoît est subordonnée à la charité ». Les accusations de Bernard de Clairvaux (St Bernard) contre Cluny avaient été violentes et Pierre y avait répondu avec une dignité qui lui avait assuré la victoire. Il s’est ensuite réconcilié avec Bernard dont il est devenu l’ami et parfois, tout de même, son charitable critique. 

Quand Abélard, également dénoncé par le très contemplatif St Bernard, est condamné comme hérétique à être enfermé dans un couvent, Pierre le Vénérable l’accueille à Cluny comme un frère. À la mort d’Abélard, Pierre cède furtivement son corps à l’abbaye du Paraclet, dont Héloïse est abbesse, et rédige l’absolution plénière suivante : « Moi, Pierre, abbé de Cluny, j’ai reçu Pierre Abélard dans le monastère de Cluny et cédé son corps, furtivement apporté, à l’abbesse et aux religieuses du Paraclet. Par autorité de Dieu tout-puissant et de tous les saints, je l’absous d’office de tous ses péchés. » Cette absolution fut, selon la coutume d’alors, gravée au-dessus du tombeau d’Abélard par l’abbesse.

Considéré par l’historiographie du XXe siècle comme le dernier des grands abbés de Cluny, Pierre succède à son oncle Hugues II de Semur. Il combat également l’hérésie de Pierre de Bruys. Il réforme l’abbaye de Cluny, en proie à des difficultés financières. Il réforme le domaine seigneurial pour assurer le train de vie des moines (Dispositio rei familiaris). 

Les inventaires qui sont constitués (Constitutio expense cluniaci) sont une précieuse source pour les historiens, avec des données sur les rendements, les semences, les techniques agricoles… 

Il est l’auteur d’un livre « Les merveilles de Dieu » et aussi d’un traité contre les juifs : Aduersus Iudœorum inueteratam duritiem

Pierre le Vénérable meurt le 25 décembre 1156.

 

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :

>>> Pierre le Vénérable

Bienheureux Pierre le vénérable priez pour nous !

25.12.2024 – ÉVANGILE DE LA SOLENNITÉ DE LA NATIVITÉ DU SEIGNEUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,1-18. 

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;


la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.
Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.
Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.
Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.


Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu.
Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.
Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom.
Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.
Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.


Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »
Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ;
car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Grégoire de Nazianze (330-390)

évêque et docteur de l’Église

Discours 45 pour la sainte Pâques, 7-9 : PG 36, 631-635 (in “Lectures chrétiennes pour notre temps”, fiche B6; trad. Orval ; © 1971 Abbaye d’Orval)

Dieu se vide pour que je prenne part à sa plénitude

Le Verbe même de Dieu, plus ancien que les âges, l’invisible, l’incompréhensible, l’incorporel, le principe né du principe, la lumière née de la lumière, la source de la vie et de l’immortalité, l’empreinte du divin modèle, le sceau immuable, l’image parfaite et la parole définitive du Père s’avance vers sa propre image, revêt la chair pour sauver la chair, s’adjoint une âme pensante à cause de mon âme afin de purifier le semblable par le semblable, et assume tout ce qui est humain, hormis le péché. Conçu de la Vierge qui avait été purifiée par l’Esprit dans son corps et dans son âme, c’est vraiment Dieu qui assume l’homme au point de former un seul être issu de ces deux opposés, la chair et l’esprit, dont l’un divinisait tandis que l’autre était divinisée. Union étonnante et paradoxal échange ! Celui qui est devient. L’incréé se laisse créer. Celui que rien ne peut contenir est contenu au sein d’une âme pensante qui tient le milieu entre la divinité et l’épaisseur de la chair. Celui qui donne la richesse se fait mendiant, il mendie ma chair pour m’enrichir de sa divinité. Celui qui est plénitude se vide ; il se vide un moment de sa gloire pour que je prenne part à sa plénitude.

LECTURES :

Livre d’Isaïe 52,7-10. 

Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut, et vient dire à Sion : « Il règne, ton Dieu ! »
Écoutez la voix des guetteurs : ils élèvent la voix, tous ensemble ils crient de joie car, de leurs propres yeux, ils voient le Seigneur qui revient à Sion.
Éclatez en cris de joie, vous, ruines de Jérusalem, car le Seigneur console son peuple, il rachète Jérusalem !
Le Seigneur a montré la sainteté de son bras aux yeux de toutes les nations. Tous les lointains de la terre ont vu le salut de notre Dieu.

Psaume 98(97),1.2-3ab.3cd-4.5-6. 

R/ La terre entière a vu le Sauveur que Dieu nous donne. (Ps 97, 3)

Chantez au Seigneur un chant nouveau, 
car il a fait des merveilles ; 
par son bras très saint, par sa main puissante, 
il s’est assuré la victoire.

Le Seigneur a fait connaître sa victoire 
et révélé sa justice aux nations ;
il s’est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d’Israël.

La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière, 
sonnez, chantez, jouez !

Jouez pour le Seigneur sur la cithare, 
sur la cithare et tous les instruments ;
au son de la trompette et du cor, 
acclamez votre roi, le Seigneur !

Lettre aux Hébreux 1,1-6. 

À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ;
mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes.
Rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être, le Fils, qui porte l’univers par sa parole puissante, après avoir accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les hauteurs des cieux ;
et il est devenu bien supérieur aux anges, dans la mesure même où il a reçu en héritage un nom si différent du leur.
En effet, Dieu déclara-t-il jamais à un ange : Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ? Ou bien encore : Moi, je serai pour lui un père, et lui sera pour moi un fils ?
À l’inverse, au moment d’introduire le Premier-né dans le monde à venir, il dit : Que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu.

24.12.2024 – MESSE DE LA NUIT DE NOËL À BETHLÉEM

Messe de Noël à Bethléem: la joie de la Nativité vide la rhétorique de la guerre 

À Bethléem, le patriarche latin de Jérusalem a célébré la messe de la nuit de Noël pour les catholiques latins, en invitant à être «des pèlerins de l’espérance même dans les rues et dans les maisons détruites» par le conflit.

2024 a été «une année éprouvante, faite de larmes, de sang, de souffrances, d’espoirs souvent déçus et de projets de paix et de justice brisés»: le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche de Jérusalem des Latins, ne cache pas «la fatigue»d’annoncer la joie de la naissance du Sauveur dans un contexte difficile, tragiquement marqué par la guerre. Dans son homélie pour la messe de la nuit de Noël, prononcée le 24 décembre à Bethléem, le cardinal a souligné une «sensation désagréable de l’inutilité des mots, même ceux de la foi, face à la dureté de la réalité, à l’évidence d’une souffrance qui semble ne pas vouloir s’éteindre».

Persévérer sans peur sur le chemin de la justice

Pourtant, ajoute-t-il, «le Noël du Seigneur est là: par son Fils, le Père s’implique personnellement dans notre histoire et en porte le poids, partage ses souffrances et ses larmes jusqu’au sang, et lui offre une issue de vie et d’espérance»«La force de l’amour de Dieu, dit le patriarche, nous demande de ne pas avoir peur des puissances de ce monde, mais de persévérer sur le chemin de la justice et de la paix». D’où l’invitation à croire avec foi et confiance, car même si les chrétiens du Proche-Orient sont «peu nombreux et peut-être même insignifiants dans les constellations du pouvoir et sur l’échiquier où se jouent les jeux d’intérêts économiques et politiques», ils représentent néanmoins «le peuple auquel est destinée la joie de Noël».

Des pèlerins de l’espoir même dans les décombres de la guerre

«Nous osons croire, ajoute le cardinal Pizzaballa, que depuis que le Verbe s’est fait chair, en toute chair et en tout temps, il continue à féconder l’histoire, en l’orientant vers la plénitude de la gloire». En cette année jubilaire consacrée à l’espérance, le chant de joie de la naissance du Sauveur «n’est pas désaccordé, mais il rend inaudibles les bruits de la guerre et la rhétorique vide des puissants». Ce chant n’est pas trop faible, mais il résonne puissamment dans les larmes de ceux qui souffrent et nous encourage à désarmer la vengeance par le pardon. Nous pouvons aussi être des pèlerins de l’espoir dans les rues et les maisons brisées de notre pays, parce que l’Agneau marche avec nous.

Entreprendre courageusement la réconciliation et le pardon

La Terre Sainte, poursuit le cardinal, «a besoin plus que quiconque d’un véritable jubil黫d’un nouveau départ dans tous les domaines de la vie, d’une nouvelle vision, du courage de regarder l’avenir avec espérance, sans se laisser aller au langage de la violence et de la haine qui, au contraire, ferme toute possibilité d’avenir». En particulier, l’espoir est que «les dettes soient remises, que les prisonniers soient libérés, que les biens soient restitués, et que des voies sérieuses et crédibles de réconciliation et de pardon, sans lesquelles il n’y aura jamais de paix véritable, puissent réellement s’ouvrir avec courage et détermination».

Gaza n’est pas seule

Le cardinal Pizzaballa a donc une pensée particulière pour les «frères de Gaza» qui offrent un «merveilleux témoignage de force et de paix»«Vous n’êtes pas seuls», leur dit-il, «vous êtes vraiment un signe visible d’espérance au milieu du désastre de la destruction totale qui vous entoure. Mais vous n’êtes pas détruits, vous êtes toujours unis, fermes dans l’espérance».

Une autre pensée va aux «chers frères et sœurs de Bethléem» qui, cette année encore, vivent un «triste Noël, marqué par l’insécurité, la pauvreté, la violence»«dans la fatigue et l’attente de jours meilleurs»«Courage – les exhorte enfin le cardinal – ! Nous ne devons pas perdre l’espérance. Renouvelons notre confiance en Dieu. Il ne nous laisse jamais seuls».

Source : VATICANNEWS, le 25 décembre 2024

Si Noël, c’est la paix

Si Noël, c’est la paix

Si Noël, c’est la Paix, la Paix doit passer par nos mains.
Donne la paix à ton voisin…
Si Noël, c’est la Lumière, la Lumière doit fleurir en notre vie.
Marche vers ton frère pour illuminer ses jours.
Si Noël, c’est la Joie, la Joie doit briller sur nos visages.
Souris au monde pour qu’il devienne bonheur.
Si Noël c’est l’Espérance, l’Espérance doit grandir en notre coeur.
Sème l’Espérance au creux de chaque homme.
Si Noël c’est l’Amour, nous devons en être les instruments.
Porte l’Amour à tous les affamés du monde

Auteur inconnu, Haïti

Prière de Jacques Brel

Prière de Jacques Brel

« Dites, dites, si c’était vrai, s’Il était né vraiment à Bethléem dans une étable. Dites, si c’était vrai, si les Rois Mages étaient vraiment venus de loin, de fort loin, pour Lui porter l’or, la myrrhe, l’encens. Dites, si c’était vrai, si c’était vrai tout ce qu’ils ont écrit Luc, Matthieu et les deux Autres. Dites, si c’était vrai, si c’était vrai le coup des Noces de Cana et le coup de Lazare. Dites, si c’était vrai, si c’était vrai ce qu’ils racontent les petits enfants le soir avant d’aller dormir. Vous savez bien, quand ils disent Notre Père, quand ils disent Notre Mère, si c’était vrai tout cela? Je dirais oui! Oh, sûrement je dirais oui! Parce que c’est tellement beau tout cela quand on croit que c’est vrai ». 

Ainsi soit-il.

Jacques Brel (1929-1978)

Une prière de Noël

Une prière de Noël

Amis, frères de partout
il est venu celui qu’on attendait.
Connaissez-vous son nom?
Je vais vous le dire et dans vos cœurs
son Nom chantera comme une flûte
dans le silence brumeux de la nuit.
Portes, ouvrez-vous!

Sur les chemins, faites de la place,
Préparez la maison,
Posez des lumières sur vos fenêtres,
Sachez que la longue attente est terminée,
Levez la tête!
Je vous le dis: Il est venu!
Connaissez-vous son nom?

Je vais vous le dire
et son Nom éclatera
comme des poussières d’étoiles
sur la place du monde.

Aujourd’hui, lumineuse sera la nuit
et resplendissant le jour.
Car il est né l’enfant
qui change le monde.
Connaissez-vous son nom?

Sur son visage danse le sourire de Dieu.
Il est né, il restera avec nous
et la joie des hommes
devient la joie de Dieu.

Il est né, il reste avec nous
et la souffrance des hommes
devient la souffrance de Dieu.
Il est né, il reste avec nous
et l’amour des hommes
devient l’amour de Dieu.

Il est né, il reste avec nous
et ses paroles portent
la vie en elles comme un printemps
gonflé de promesses.

Connaissez-vous son Nom?
Je vais vous le dire
et je voudrais qu’il reste attaché
à votre cœur.
Il s’appelle EMMANUEL. Il est Dieu avec nous .

Charles Singerextrait de Fêtes pour Dieu (Ed. Fleurus)

La gratuité d’un amour

La gratuité d’un amour

Jésus, là où Tu es né, au milieu de Joseph et de Marie, ta crèche n’était pas fermée.
Tout le monde pouvait entrer.
Jésus, quand Tu es né, Tu as voulu que tout le monde puisse venir Te voir
parce que Tu es venu pour tout le monde.

Avant que Tu ne naisses, Jésus, Joseph et Marie n’avaient trouvé
que des maisons aux portes fermées: fermées au secret de Dieu.
Ils ont trouvé ouverte une étable, une pauvre étable.
Mon cœur, il peut aussi être ouvert ou fermé pour aimer.
Mes mains, elles peuvent aussi être ouvertes ou fermées pour donner.
Ma vie, elle peut aussi être ouverte ou fermée pour faire vivre.

Aujourd’hui, Jésus, Tu ne nais plus dans une étable ;
mais Tu veux naître, dire le secret de Dieu,
dans toutes les maisons, dans tous les cœurs.
Tu veux déposer le baiser de Dieu sur tous les visages.
Tu veux des millions de crèches pour habiter le monde.
Tu veux des millions de cœurs pour donner ta paix sur la terre.
Tu veux des millions de visages pour donner la paix de Dieu.
Tu veux des millions de Noëls pour donner ton Noël.
Ouvre les maisons fermées par la peur ou par la richesse.
Ouvre les cœurs fermés par le chagrin ou par l’égoïsme.
Ouvre les visages fermés par la colère ou par le manque d’amour.

Jésus, viens ouvrir nos sourires et nos lèvres,
viens ouvrir nos maisons et nos cœurs pour dire avec Toi:
Gloire à Dieu, notre Père!

Frères Élie Maréchal

24.12.2024 – OUVERTURE DE LA PORTE SAINTE DE LA BASILIQUE ST-PIERRE ET DU JUBILÉ 2025 ET MESSE DE LA NUIT DE NOËL

Messe de la nuit de Noël et début d’une année de grâce, de renouveau et d’espérance 

Avant de célébrer la Sainte Messe de la nuit de Noël, le Pape François a ouvert la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre, inaugurant ainsi le Jubilé 2025 placé sous le thème de l’espérance. Cette vertu chrétienne est incompatible avec la paresse et demande à chacun de «devenir des pèlerins à la recherche de la vérité», a déclaré le Saint-Père dans son homélie. Pendant un an, les fidèles du monde entier sont invités à traverser une Porte Sainte et ouvrir grand les portes au Christ.

Alexandra Sirgant – Cité du Vatican

C’est en silence et en prière que le Successeur de Pierre a ouvert les battants en bronze de la Porte Sainte de la basilique pétrinienne, plongeant officiellement les catholiques du monde entier dans l’Année Sainte 2025. La Porte, située à l’extrémité droite de l’atrium de la basilique vaticane, restera ouverte jusqu’au 6 janvier 2026, permettant aux pèlerins qui la franchiront, ainsi que les quatre autres Portes Saintes de la cité éternelle, de passer du péché à la grâce. C’est chose faite pour les 54 fidèles, tout âge confondu et venant des cinq continents, qui ont suivi les pas du Saint-Père ce 24 décembre, accompagnés de l’hymne officiel du Jubilé, et suivi des cardinaux, prêtres, religieux et membres de la curie romaine.

Devant les 6 000 fidèles de la basilique et les 25 000 autres rassemblés place Saint-Pierre, le Pape François a consacré son homélie à l’espérance apportée par la naissance de l’Enfant Jésus, «descendu parmi nous pour nous relever et nous ramener dans l’étreinte de Père». «Et si Dieu vient, même lorsque notre cœur ressemble à une pauvre mangeoire, alors nous pouvons dire: l’espérance n’est pas morte, l’espérance est vivante, et elle enveloppe notre vie pour toujours!» s’est exclamé le Souverain pontife, au pied du Baldaquin du Bernin restauré et de la statue de Notre-Dame de l’Espérance.

À l’image des bergers de Bethléem qui «se mirent en route sans tarder» après l’annonce de la naissance de l’enfant Jésus, le Saint-Père a invité les fidèles eux aussi à partir «sans tarder» à la recherche de l’espérance perdue afin de «la semer dans les désolations de notre temps et de notre monde», et de la traduire «dans les situations de notre vie».

L’espérance, incompatible avec la médiocrité et la paresse

Le Pape argentin a toutefois appelé à ne pas confondre l’espérance chrétienne avec «une fin heureuse à attendre passivement». Au contraire, a martelé le Saint-Père en son douzième Noël au Vatican, elle demande aux croyants de ne pas s’enfermer dans leurs habitudes, de ne pas s’enfoncer dans la médiocrité et la paresse mais de s’«indigner des choses qui ne vont pas et d’avoir le courage de les changer». L’espérance chrétienne «nous demande de devenir des pèlerins à la recherche de la vérité, des rêveurs qui ne se lassent pas, des femmes et des hommes qui se laissent bouleverser par le rêve de Dieu, le rêve d’un monde nouveau, où règnent la paix et la justice». Pour ce faire, l’évêque de Rome conseille de prendre à nouveau exemple sur les bergers de Bethléem, car «l’espérance qui naît en cette nuit ne tolère pas l’indolence des sédentaires et la paresse de ceux qui se sont installés dans leur confort; elle n’admet pas la fausse prudence de ceux qui ne se lancent pas par peur de se compromettre et le calcul de ceux qui ne pensent qu’à eux-mêmes; elle est incompatible avec la vie tranquille de ceux qui n’élèvent pas la voix contre le mal et les injustices qui se commettent sur le dos des plus pauvres». L’espérance chrétienne doit s’accompagner de responsabilité et de compassion.

L’engagement de porter l’espérance là où elle a été perdue

Choisie pour thème de l’année jubilaire, cette vertu chrétienne invite les fidèles «à redécouvrir la joie de la rencontre avec le Seigneur, (…) à un renouveau spirituel et nous engage à transformer le monde, afin que ce temps devienne vraiment un temps jubilaire» aussi bien pour la Terre, «défigurée par la logique du profit», que pour «les pays les plus pauvres, accablés de dettes injustes», ainsi que les «prisonniers des anciens et des nouveaux esclavages». L’ouverture de l’Année Sainte incombe à chacun «le don et l’engagement de porter l’espérance là où elle a été perdue», comme par exemple dans le cœur des pauvres, des souffrants ou encore des prisonniers. Ces derniers, souvent privés de la perspective d’une vie meilleure, seront mis à l’honneur ce jeudi 26 décembre lors de l’ouverture de la Porte Sainte dans la prison romaine de Rebbibia. Comme indiqué dans la bulle d’indiction Spes non confundit, l’ouverture de cette porte parmi les détenus symbolise l’espérance d’un nouveau départ possible pour chacun.

Le Saint-Père a poursuivi en citant une homélie de noël du défunt cardinal italien et archevêque de Milan, le jésuite Carlo Maria Martini, portant sur la tendresse de Dieu manifestée dans le visage de l’Enfant Jésus: «En contemplant la bonté aimante de Dieu qui surmonte nos méfiances et nos peurs, nous contemplons aussi la grandeur de l’espérance qui nous attend. […] Que cette vision d’espérance illumine notre chemin de chaque jour» (Homélie de Noël, 1980).

Le Pape François s’est enfin adressé à l’ensemble des fidèles: «Ma sœur, mon frère, en cette nuit, c’est pour toi que s’ouvre la “Porte Sainte” du cœur de Dieu. Jésus, le Dieu-avec-nous, est né pour toi, pour nous, pour chaque homme et chaque femme. Et avec Lui, la joie fleurit, avec Lui la vie change, avec Lui l’espérance ne déçoit pas».

Comme c’est la tradition chaque année, le Pape François a conclu la cérémonie en portant l’Enfant Jésus jusqu’à la crèche de la basilique Saint-Pierre, entouré par des enfants qui y ont déposé leurs bouquets de fleurs.

Source : VATICANNEWS, le 24 décembre 2024

C’est donc Toi, ce nouveau-né?

C’est donc Toi, ce nouveau-né?

Comment peux-tu?
Comment, toi Dieu, qui es si grand
Peux-tu être aussi proche de moi
Qu’un nouveau-né qu’on berce dans ses bras?
Comment, toi Dieu, qui es Dieu
Peux-tu soudain être un homme?
J’ai beaucoup retourné ces questions
Dans ma tête sans jamais y trouver de réponse.
Je ne saurais donc jamais comment…
Mon cœur m’a dit pourquoi,
Il m’a dit: il n’y a que l’Amour!
Amen!

Jean Debruynne, prêtre de la Mission de France (1925-2006)