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01.01.2025 – ANGÉLUS À ROME
Angélus: penser aux mères dont les cœurs sont brisés par des guerres
Dieu a choisi de naître pour nous révéler son amour éternel et apporter la paix au monde, a déclaré le Pape dans son exhortation précédant la prière mariale de l’Angélus de ce 1er jour de l’an 2025. En parlant du cœur de Marie, François a invité à penser aux mères, particulièrement à celles dont les cœurs sont brisés par les guerres inhumaines. Il a invité à s’engager pour faire la paix et à témoigner de la joie de l’Évangile.
Stanislas Kambashi, SJ – Cité du Vatican
La surprise et la joie de Noël se prolongent dans l’Évangile de la liturgie de ce premier jour de l’an, qui raconte l’arrivée des bergers à la grotte de Bethléem où ils découvrent le nouveau-né couché dans la mangeoire, a constaté le Pape. Cette rencontre a rempli tout le monde d’étonnement, à cause de ce que les bergers racontent au sujet de cet enfant: «le nouveau-né est le sauveur, le Christ Seigneur». Dans son exhortation, François a invité à réfléchir sur deux aspects: ce qu’ont vu les berges à Bethléem, l’enfant Jésus, et aussi à ce qu’ils n’ont pas vu, c’est-à-dire ce qui se passait dans le cœur de Marie, qui gardait et méditait tous ces faits.
Dieu a choisi de naître pour révéler l’amour et apporter la paix au monde
Abordant le premier aspect, concernant l’enfant Jésus, le Saint Père a, tout d’abord, rappelé la signification de son nom hébreu, qui signifie «Dieu sauve». Sauver, c’est précisément ce que fera Jésus, qui est venu dans le monde pour nous donner sa propre vie. Personne de nous n’a choisi de naître, a fait remarquer le Pape, mais «Dieu, en revanche, a choisi de naître pour nous: Jésus est la révélation de son amour éternel et infini, qui apporte la paix dans le monde».
La guerre est inhumaine et brise les cœurs des mères
Parlant ensuite de Marie, François a constaté que son cœur correspond au Messie nouveau-né, qui manifeste la miséricorde du Père. Le cœur de la Vierge est celui qui a entendu l’annonce de l’archange Gabriel, «ce cœur est la main de l’épouse donnée à Joseph; ce cœur est l’étreinte qui a enveloppé Élisabeth dans sa vieillesse. Dans le cœur de Marie bat l’espérance de la rédemption pour toute créature».
Comme Marie, les mamans chérissent toujours leurs enfants, a poursuivi le Saint Père, qui a invité à penser, à ce premier jour de l’an, à toutes les mères qui se réjouissent dans leur cœur, et celles dont le cœur est plein de douleur, «parce que leurs enfants ont été enlevés par la violence, par l’orgueil, par la haine». En ce jour consacré à la paix, le Pape a imploré le don de la paix, dont la beauté «égaye la vie des peuples», alors que la guerre est inhumaine et «brise le cœur des mères», s’est-il exclamé.
Témoigner au monde la joie de l’Évangile
A la lumière de ces réflexions, comme d’habitude, François a invité les pèlerins, touristes, ainsi que chacun de nous, à se demander: «est-ce que je sais rester en silence pour contempler la naissance de Jésus? Et est-ce que j’essaie de chérir dans mon cœur cet Avènement, son message de bonté et de salut? Et comment puis-je rendre un don si grand par un geste gratuit de paix, de pardon, de réconciliation?». Le Pape a conclu en exhortant à demander l’intercession de la Mère de Dieu, afin qu’elle nous enseigne «à préserver dans notre cœur, et à témoigner dans le monde, la joie de l’Évangile».
Annuler ou réduire les dettes des pays les plus pauvres
Après la prière de l’Angélus, le Pape a adressé ses remerciements au président de la République italienne, Sergio Mattarella, pour le rappel qu’il a fait dans son message à la nation italienne, et l’a assuré de ses prières.
François a, ensuite, rappelé l’institution de la Journée mondiale de la paix le premier jour de l’an par le pape saint Paul VI. Cette année, en raison du Jubilé, cette journée se caractérise par un thème particulier, celui de «la remise des dettes». Le premier à remettre les dettes, a constaté le Saint Père, est Dieu, comme nous le lui demandons toujours lorsque nous prions le «Notre Père», en évoquant nos péchés et en nous engageant à pardonner à notre tour à ceux qui nous ont offensés. «Le Jubilé nous demande de traduire cette remise au niveau social, afin qu’aucune personne, aucune famille, aucun peuple ne soit écrasé par les dettes». «J’encourage donc les dirigeants des pays de tradition chrétienne à donner le bon exemple en annulant ou en réduisant autant que possible la dette des pays les plus pauvres», a appelé le Pape.
Que cessent les combats sur tous les fronts
Poursuivant, le Saint Père a exprimé sa reconnaissance pour toutes les initiatives de prière et d’engagement pour la paix promues dans toutes les parties du monde par les communautés diocésaines et paroissiales, par les associations, les mouvements et les groupes ecclésiaux, comme la Marche nationale pour la paix qui s’est déroulée samedi à Pesaro, en Italie. Il a adressé ses salutations aux participants à l’événement Paix sur toutes les terres organisé par la Communauté de Sant’Egidio dans différents pays.
François a aussi remercié tous ceux qui, dans les nombreuses zones de conflit, œuvrent pour le dialogue et les négociations. Le Pape a invité à prier pour que, «sur tous les fronts, les combats cessent et qu’il y ait un objectif décisif pour la paix et la réconciliation». Il a particulièrement tourné ses pensées vers l’Ukraine tourmentée, Gaza, Israël, la Birmanie, le Nord-Kivu (RDC) et à tant de peuples en guerre. La guerre détruit et elle est toujours une défaite, a-t-il rappelé.
En saluant les pèlerins et touristes, François a particulièrement mentionné les fanfares de certaines écoles des États-Unis d’Amérique et les a remerciés pour la musique jouée ce 1er janvier sur la place Saint-Pierre.
Source : VATICANNEWS, le 1er janvier 2025
01.01.2025 – MESSE POUR LA PAIX PRÉSIDÉE PAR LE PAPE FRANÇOIS
Pape François: né de Marie, Jésus redonne sa dignité à toute vie
Invoquer Marie comme Mère de Dieu, c’est affirmer que Jésus vient dans notre humanité fragile, a déclaré le Pape dans son homélie de la messe du 1er jour de l’an 2025. François invite à confier cette nouvelle année à Marie, pour apprendre «à découvrir la grandeur de Dieu dans la petitesse de la vie». En cette Journée mondiale de la paix, il appelle à préserver la vie et «à rendre sa dignité à la vie de toute personne “née d’une femme”».
Stanislas Kambashi, SJ – Cité du Vatican
La solennité de Marie, Mère de Dieu, est la fête qui ouvre l’année, car célébrée le premier jour de l’an. A cette occasion, le Pape François a présidé la messe ce 1er janvier 2025 dans la basilique Saint-Pierre, en présence de nombreux concélébrants et des milliers de fidèles. «Au début d’une nouvelle année accordée par le Seigneur, il est bon de lever le regard de notre cœur vers Marie», a souligné le Saint Père. En tant que Mère, Marie nous ramène à Jésus, nous parle de Jésus, nous conduit à Jésus et «nous renvoie à notre relation avec son Fils». Ainsi, cette solennité nous plonge à nouveau dans le Mystère de Noël «Dieu s’est fait l’un de nous dans le sein de Marie», elle qui est la porte par lequel le Christ est entré dans le monde, comme nous sommes appelés à franchir la porte au cours du jubilé qui vient de s’ouvrir. Saint Paul, a constaté François, résume le mystère de la Mère de Dieu en soulignant que le Fils de Dieu est «né d’une Femme», ce qui rappelle que notre Sauveur «s’est fait chair et s’est révélé dans la fragilité de la chair».
Dieu s’est fait homme dans des entrailles humaines et est né d’une femme
L’expression «Né d’une femme» renvoi tout d’abord à Noël, car elle fait référence au Verbe fait chair, a déclaré François. En précisant qu’Il est né d’une femme, l’apôtre Paul veut rappeler que «Dieu s’est vraiment fait homme dans des entrailles humaines». Face à la tentation qui fascine un grand nombre aujourd’hui consistant à imaginer ou à se fabriquer un Dieu «abstrait» lié à une vague idée religieuse ou à un sentiment passager, le Pape insiste qu’Il «est né d’une femme», fait de chair et de sang. Ayant un visage et un nom, il nous invite à entretenir une relation avec à Lui. Pour illustrer la beauté de ce mystère de l’incarnation, le Saint Père a décrit des antinomies apparentes que renferme la personne du Christ. «Il vient du sein du Père, mais Il s’incarne dans le sein de la Vierge Marie; Il vient du haut des cieux mais Il habite dans les profondeurs de la terre; Il est le Fils de Dieu, mais Il se fait Fils de l’homme. Image du Dieu Tout-Puissant, Il vient dans la faiblesse et, bien qu’Il soit sans tache, « Dieu, pour nous, l’identifiera au péché » (2 Co 5, 21). Il est né d’une femme et Il est l’un de nous: c’est pour cette raison qu’Il peut nous sauver».
Jésus nous montre Dieu à travers son humanité fragile en prenant soin des plus fragiles
En continuant à explorer cette formulation paulinienne, François a indiqué que l’expression «Né d’une femme» souligne aussi l’humanité du Christ «qui se révèle dans la fragilité de la chair» au point de se montrer «dans la fragilité d’un Enfant». Les bergers venus l’adorer après l’annonce de l’Ange ne trouvent pas de signes extraordinaires ni de manifestations grandioses. Ils ne rencontrent que Marie, Joseph et ainsi qu’un nouveau-né couché dans la mangeoire, «sans défense, fragile, qui a besoin de langes et de lait, de caresses et d’amour» comme tout nouveau-né. Et toute la vie de Jésus prouve le choix de la petitesse et de la discrétion. Il a accompli des grands signes sans céder à l’attrait du pouvoir divin et s’imposer sur les autres comme le diable le lui a suggéré. Il a révélé l’amour de Dieu dans la beauté de son humanité en partageant la condition humaine et la vie ordinaire faite des peines et des rêves. «En ouvrant les yeux des aveugles et en réconfortant les cœurs égarés», il a montré la compassion pour les souffrances du corps et de l’esprit. En faisant ainsi, «Jésus nous montre Dieu à travers son humanité fragile, en prenant soin des plus fragiles».
Marie nous ramène au mystère de son Fils Jésus
Parlan de nouveau de la Mère de Dieu, le Pape fait remarquer que la jeune fille de Nazareth «nous ramène toujours au Mystère de son Fils, Jésus». «Elle nous rappelle que Jésus vient dans la chair et que le lieu privilégié où nous pouvons le rencontrer c’est d’abord notre vie, notre humanité fragile, celle de ceux qui nous côtoient chaque jour». L’invoquer comme Mère, c’est affirmer que le Christ, engendré par le Père, «est vraiment né du sein d’une femme». Nous affirmons aussi qu’étant le Seigneur du temps, il habite notre temps, «notamment cette nouvelle année, de sa présence aimante». Nous affirmons, en outre, «qu’Il est le Sauveur du monde, mais nous pouvons le rencontrer et devons le chercher dans le visage de tout être humain», qu’Il se révèle en tous ceux qui ont besoin des soins, en chaque sœur et frère que nous rencontrons et qui a besoin d’attention, d’écoute, de tendresse.
Confions la nouvelle année à Marie, Mère de Dieu
Poursuivant son homélie, François a invité à confier la nouvelle année à la Mère de Dieu, afin que nous apprenions, comme elle, à découvrir la grandeur de Dieu dans la petitesse; «pour que nous apprenions à prendre soin de toute créature née d’une femme, avant tout en gardant, comme le fit Marie, le don précieux de la vie: la vie dans le sein maternel, la vie des enfants, la vie de ceux qui souffrent, la vie des pauvres, la vie des personnes âgées, des personnes seules, des mourants».
Construire une civilisation de la paix
En ce 1er janvier, Journée mondiale de la paix, le Saint Père a invité à accueillir l’invitation qui jaillit du sein maternel de Marie, celle de «préserver la vie, prendre soin de la vie blessée, rendre sa dignité à la vie de toute personne “née d’une femme”». Ceci, a-t-il souligné, est «la base fondamentale pour construire une civilisation de la paix». Rappelant son Message pour la 58ème Journée Mondiale de la Paix, François a insisté sur «un engagement ferme à promouvoir le respect de la dignité de la vie humaine, depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, afin que toute personne puisse aimer sa propre vie et envisager l’avenir avec espérance».
Pour finir, le Saint Père a de nouveau insisté sur l’humilité de Dieu. Comme aux bergers, Marie nous montre le Dieu qui nous surprend toujours, qui ne vient pas dans la splendeur des cieux, mais dans la petitesse d’une mangeoire. Le Pape a terminé son homélie en invitant à confier à la Mère de Dieu cette nouvelle année jubilaire, nos demandes, «nos préoccupations, nos souffrances, nos joies et tout ce que nous portons dans nos cœurs». «Confions-lui le monde entier, pour que l’espérance renaisse, pour que la paix germe enfin pour tous les peuples de la terre», a conclu François, qui a invité les fidèles présents dans la basilique Saint-Pierre à répéter, ensemble, par trois fois «Sainte Mère de Dieu, Sainte Mère de Dieu, Sainte Mère de Dieu».
Source : VATICANNEWS, le 1er janvier 2024
01.01.2025 – MESSE À LOURDES
01.01.2025 – MESSE DE SAINTE MARIE MÈRE DE DIEU À NOTRE-DAME DE LA GARDE
01.01.2025 -SOLENNITÉ DE SAINTE MARIE MÈRE DE DIEU INTÉGRALITÉ DES LECTURES
Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’intégralité des lectures du dimanche de la solennité de Sainte Marie Mère de Dieu.
Pourquoi dit-on que Marie est la mère de Dieu ?

Pourquoi dit-on que Marie est la mère de Dieu ?
Le 1er janvier, l’Église célèbre Marie en tant que Mère de Dieu. Une fête majeure qui renvoie au concile d’Éphèse, en 431, l’un des plus importants de l’histoire de l’Église.
« Marie de Nazareth », « Sainte Vierge », « Vierge Marie », ou encore « Notre-Dame »… Marie possède plusieurs titres. Lors de la solennité du 1er janvier, elle est désignée comme Marie « mère de Dieu ». Une appellation que nous avons l’habitude d’entendre dans la très connue prière marialeJe vous salue Marie mais qui a au départ provoqué un débat théologique houleux.
La polémique naît avec Nestorius, le patriarche de Constantinople, en 428. Alors que de nombreux Chrétiens et théologiens ont déjà adopté ce nom, il refuse d’appeler la Vierge Marie « Mère de Dieu » puisque, selon lui, Marie ne peut qu’être mère de l’homme Jésus. Il insiste sur la coexistence de deux natures distinctes – humaine et divine – chez le Christ et estime que Marie devait être appelée Christotokos, « Mère du Christ ». En face, Cyrille d’Alexandrie défend l’unité des deux natures du Christ et la croyance commune des Chrétiens dans sa divinité.
C’est l’empereur Théodose II qui met fin à la querelle, en 431. Il convoque, à Éphèse, le IIIe concile œcuménique, réunissant les évêques de toutes les provinces. Il y fut débattu si Jésus était à la fois de nature humaine et divine et si, dans ce cas, Marie devait être appelée « Mère de Dieu ». Le concile d’Éphèse a finalement confirmé le titre de « Theotokos » (mot d’origine grecque qui signifie « qui a enfanté Dieu ») permettant de reconnaître officiellement la maternité divine de Marie. Le Christ est à la fois homme et dieu, union qui est fondée sur le mystère de l’Incarnation, mystère de Dieu qui a pris chair. C’est ainsi que le concile d’Éphèse ouvrit la voie à un véritable culte marial dans l’Église.
En 1931, à l’occasion du quinzième centenaire du concile d’Éphèse, le pape Pie XI promeut une solennité universelle en l’honneur de la Maternité divine de Marie, fixée le 11 octobre.
Après Vatican II, la fête a été reportée au 1er janvier et s’intitule depuis Solennité de Marie, Mère de Dieu. Elle clôt ainsi l’octave de Noël, huit jours après la Nativité du Seigneur, tout en coïncidant avec la Journée mondiale de la paix, promue par le pape saint Jean-Paul II. Elle remplace alors la fête de la circoncision de Jésus, célébrée huit jours après sa naissance, conformément au rite juif.
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
01.01.2025 – SAINTE DU JOUR

Ste Marie
MÈRE DE DIEU
Sainte Marie, Mère de Dieu
Huit jours après la Nativité du Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, nous célébrons sa Mère, celle qui lui a donné son être humain, corps et âme par l’Esprit-Saint qui vient sur elle la plaçant dans l’orbite de la paternité divine.
C’est pourquoi le concile d’Éphèse, en 431, la proclama la Theotokos(en grec Θεοτόκος; en latin Deipara ou Dei genetrix), la Mère de Dieu, puisque son fils est Dieu, ce qui ne préjuge pas de la différence entre Marie créature humaine et Jésus Fils éternel de Dieu.
La solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu, est la première fête mariale apparue dans l’Église occidentale.
Extrait de l’homélie du pape Benoît XVI
(Mardi 1er janvier 2008)
Chers frères et sœurs !
Nous commençons aujourd’hui une nouvelle année et l’espérance chrétienne nous prend par la main ; nous la commençons en invoquant sur elle la bénédiction divine et en implorant, par l’intercession de Marie, Mère de Dieu, le don de la paix : pour nos familles, pour nos villes, pour le monde entier. […]
Dans la première Lecture, tirée du Livre des Nombres, nous avons écouté l’invocation : « Que le Seigneur t’apporte la paix » (6, 26) ; que le Seigneur accorde la paix à chacun de vous, à vos familles, au monde entier. Nous aspirons tous à vivre dans la paix, mais la paix véritable, celle annoncée par les anges la nuit de Noël, n’est pas une simple conquête de l’homme ou le fruit d’accords politiques ; elle est tout d’abord un don divin qu’il faut implorer constamment et, dans le même temps, un engagement à conduire avec patience, en demeurant toujours dociles aux commandements du Seigneur. […]
Notre pensée se tourne à présent naturellement vers la Vierge, que nous invoquons aujourd’hui comme Mère de Dieu. Ce fut le pape Paul VI qui transféra au premier janvier la fête de la Divine Maternité de Marie, qui était autrefois célébrée le 11 octobre. En effet, avant la réforme liturgique qui a suivi le Concile Vatican II, le premier jour de l’année était célébrée la mémoire de la circoncision de Jésus au huitième jour après sa naissance – comme signe de la soumission à la loi, de son insertion officielle au sein du peuple élu – et le dimanche suivant était célébrée la fête du Nom de Jésus. Nous retrouvons encore quelques traces de ces célébrations dans la page évangélique qui vient d’être proclamée, dans laquelle saint Luc rapporte que, huit jours après sa naissance, l’Enfant fut circoncis et qu’il lui fut donné le nom de Jésus, « nom indiqué par l’ange avant sa conception » (Lc 2, 21). La fête d’aujourd’hui, par conséquent, est non seulement une fête mariale extrêmement significative, mais elle conserve également un puissant contenu christologique, parce que, pourrions-nous dire, avant la Mère, elle concerne précisément le Fils, Jésus vrai Dieu et vrai Homme.
L’apôtre Paul fait référence au mystère de la maternité divine de Marie, la Theotokos, dans la Lettre aux Galates. « Mais quand vint la plénitude du temps – écrit-il – Dieu envoya son Fils né d’une femme, né sujet de la Loi » (Ga 4, 4). En peu de mots, nous trouvons synthétisé le mystère de l’Incarnation du Verbe éternel et la divine maternité de Marie : le grand privilège de la Vierge réside précisément dans le fait d’être la Mère du Fils qui est Dieu. A huit jours de Noël, cette fête mariale trouve donc sa place la plus logique et la plus juste. En effet, dans la nuit de Bethléem, lorsqu’elle « enfanta son fils premier-né » (Lc 2, 7), s’accomplirent les prophéties concernant le Messie. « Voici, la jeune femme est enceinte, elle va enfanter un fils », avait annoncé le prophète Isaïe (7, 14); « voici que tu concevras dans ton sein et tu enfanteras un fils », dit à Marie l’ange Gabriel (Lc 1, 31); et un autre ange du Seigneur – raconte l’évangéliste Matthieu -, apparaissant en songe à Joseph, le rassura en lui disant: « ne crains pas de prendre chez toi Marie ta femme: car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint; elle enfantera un fils » (Mt 1, 20-21).
Le titre de Mère de Dieu est le fondement de tous les autres titres sous lesquels la Vierge a été vénérée et continue d’être invoquée de génération en génération, en Orient et en Occident. Beaucoup d’hymnes et de prières de la tradition chrétienne font référence au mystère de sa divine maternité, comme par exemple une antienne mariale du temps de Noël, l’Alma Redemptoris mater, dans laquelle nous prions ainsi: « Tu quae genuisiti, natura mirante, tuum sanctum Genitorem, Virgo prius ac posterius – Toi, dans l’émerveillement de toute la création, tu as engendré le Créateur, Mère toujours vierge ».
Chers frères et sœurs, nous contemplons aujourd’hui Marie, mère toujours vierge du Fils unique du Père; nous apprenons d’elle à accueillir l’Enfant qui pour nous est né à Bethléem. Si dans l’Enfant né d’Elle nous reconnaissons le Fils éternel de Dieu et nous l’accueillons comme notre unique Sauveur, nous pouvons être appelés fils de Dieu : fils dans le Fils. L’Apôtre écrit : « Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la Loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale » (Ga 4, 5).
L’évangéliste Luc répète plusieurs fois que la Vierge méditait en silence sur ces événements extraordinaires auxquels Dieu lui avait fait prendre part. Nous l’avons également écouté dans le bref passage évangélique que la liturgie nous repropose aujourd’hui : « Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant dans son cœur » (Lc 2, 19). […]
Chers frères et sœurs, ce n’est qu’en conservant dans le cœur, c’est-à-dire en mettant ensemble et en trouvant une unité à tout ce que nous vivons, que nous pouvons entrer, à la suite de Marie, dans le mystère d’un Dieu qui par amour s’est fait homme et qui nous appelle à le suivre sur le chemin de l’amour; un amour à traduire chaque jour en un généreux service pour nos frères. Puisse la nouvelle année, que nous commençons aujourd’hui avec confiance, être un temps au cours duquel progresser dans cette connaissance du cœur, qui est la sagesse des saints. Prions pour que, comme nous l’avons entendu dans la première Lecture, le Seigneur « fasse rayonner son visage » sur nous, nous « soit propice » (cf. Nb 6, 24-27), et nous bénisse. Nous pouvons en être certains : si nous ne nous lassons pas de rechercher son visage, si nous ne cédons pas à la tentation du découragement et du doute, si malgré toutes les difficultés que nous rencontrons nous demeurons toujours ancrés à Lui, nous ferons l’expérience de la puissance de son amour et de sa miséricorde. Puisse le fragile Enfant que la Vierge montre aujourd’hui au monde, faire de nous des artisans de paix, ses témoins, témoins du Prince de la Paix. Amen !
Sainte Marie priez pour nous !

01.01.2025 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,16-21.

En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.
Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.
Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.
Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.
Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Saint Anselme (1033-1109)
moine, évêque, docteur de l’Église
Oraison 7 (in Lectures chrétiennes pour notre temps, fiche M88 ; trad. Orval ; © 1972 Abbaye d’Orval)
Ô Marie, mère de notre rédemption !
Commet parler dignement de celle qui a engendré mon Seigneur et mon Dieu ? Par sa fécondité, j’ai été délivré de ma captivité ; par son enfantement, je suis racheté de la mort éternelle ; par son Fils, j’ai été relevé de ma ruine et ramené du malheur à la patrie bienheureuse. Ô bénie entre les femmes, c’est le fruit béni de ton sein (Lc 1,42) qui m’a donné tout cela par la régénération du baptême. Il me l’a donné en réalité ou en espérance, bien que je me sois moi-même privé de tout cela par mon propre péché, au point d’être sans rien et au bord du désespoir. Quoi donc ? Si mes fautes sont pardonnées, serai-je ingrat envers celle par qui tant de biens me sont venus gratuitement ? Dieu me garde d’ajouter cette injustice à mes iniquités ! Dieu a donné son Fils, fruit de son cœur, qui était son égal et qu’il aimait comme lui-même : il l’a donné à Marie et, du sein de Marie, il en a fait son Fils, non pas quelqu’un d’autre, mais le même en personne, de sorte qu’il est par sa nature le même Fils unique de Dieu et de Marie. Toute la création est l’œuvre de Dieu, et Dieu est né de Marie ! Dieu a tout créé, et Marie a enfanté Dieu ! Dieu qui a tout formé s’est formé lui-même du sein de Marie, et ainsi il a refait tout ce qu’il avait fait. Lui qui a pu tout faire de rien n’a pas voulu refaire sa création détruite sans devenir d’abord fils de Marie. Dieu est donc le Père de toutes les choses créées, et Marie la mère de toutes les choses recréées. Dieu est le Père de la création universelle, et Marie la mère de la rédemption universelle. Car Dieu a engendré celui par qui tout a été fait, et Marie a enfanté celui par qui tout a été sauvé.

LECTURES :
Livre des Nombres 6,22-27.
Le Seigneur parla à Moïse. Il dit :
« Parle à Aaron et à ses fils. Tu leur diras : Voici en quels termes vous bénirez les fils d’Israël :
“Que le Seigneur te bénisse et te garde !
Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce !
Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !”
Ils invoqueront mon nom sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai. »

Psaume 67(66),2b.3.5abd.7.8b.
R/ Que Dieu nous prenne en grâce et qu’il nous bénisse ! (Ps 66, 2a)
Que son visage s’illumine pour nous ;
et ton chemin sera connu sur la terre,
ton salut, parmi toutes les nations.
Que les nations chantent leur joie,
car tu gouvernes le monde avec justice ;
sur la terre, tu conduis les nations.
La terre a donné son fruit ;
Dieu, notre Dieu, nous bénit.
Que la terre tout entière l’adore !

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 4,4-7.
Frères, lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse,
afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi et pour que nous soyons adoptés comme fils.
Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie « Abba ! », c’est-à-dire : Père !
Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils, et puisque tu es fils, tu es aussi héritier : c’est l’œuvre de Dieu.
