Toute la vie de Marie se résume en ce mot : adoration

Illustration
La Nativité (détail) par Zanobi Strozzi, 1433-1434. CC0/wikimedia

Toute la vie de Marie se résume en ce mot : adoration

Toute la vie de Marie se résume en ce mot : adoration ; car l’adoration c’est le service parfait de Dieu, et elle embrasse tous les devoirs d’une créature envers son Créateur. C’est Marie qui la première a adoré le Verbe incarné ; il était dans son sein et personne ne le savait sur terre.

Oh! que Notre-Seigneur dans le sein de Marie fut bien servi ! Jamais il n’a trouvé un ciboire, un vase d’or plus précieux et plus pur que le sein de Marie ! Cette adoration de Marie le réjouissait plus que celle de tous les anges. « Le Seigneur a placé son tabernacle dans le soleil », dit le Psalmiste ; ce soleil, c’est le cœur de Marie.

À Bethléem, Marie adore la première son divin Fils couché dans la crèche. Elle l’adore avec un amour parfait de Vierge Mère, un amour de dilection, selon le mot de l’Esprit-Saint ; après elle, viennent adorer saint Joseph, les bergers, les Mages : c’est Marie qui a ouvert ce sillon de feu qui couvrira le monde.

St Julien Eymard

www.adoperp.com

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

10.01.2025 – SAINTE DU JOUR

Ste Françoise de Sales Aviat

FONDATRICE († 1914)

Sainte Françoise De Sales (Léonie Aviat)
Fondatrice des Sœurs

« Oblates de Saint-François de Sales »  

 

Léonie Aviat naît à Sézanne, en Champagne (F), le 16 septembre 1844. 

Elle est baptisée dès le lendemain. Toute jeune, elle entre comme pensionnaire à la Visitation de Troyes, gouvernée alors par la Vénérable Mère Marie de Sales Chappuis. 

L’aumônier du Monastère, l’Abbé Louis Brisson, la prépare à sa Première Communion qu’elle fait avec ferveur, le 2 juillet 1856.

Léonie devient une élève qui se distingue non seulement par ses qualités naturelles, mais aussi par une foi ardente et une solide piété. Elle connaît de bonne heure le secret de l’abandon à la Volonté divine, secret que le Sauveur lui révèle plus intimement encore par l’entremise de la Vénérable Mère Marie de Sales Chappuis qui lui dit à sa sortie du pensionnat : « Dieu sait arranger toutes choses ; laissez-Le agir ; mettez-Le dans vos intérêts et faites toujours sa divine Volonté. » Profondément touchée par ces paroles, elle y conformera sa vie tout entière avec une inébranlable fidélité. 

Léonie désire vivement être religieuse. Pour mieux étudier sa vocation, elle revient au Monastère de Troyes faire une retraite sous la direction de la Vénérable Mère Chappuis. Pendant ces jours de grâces, elle comprend que Dieu l’a choisie pour être le premier plant de vigne que le Père Brisson est appelé à enraciner dans le champ du Père de famille, pour répandre l’esprit de saint François de Sales dans le monde, par l’éducation et la protection de la jeunesse. Léonie répond aussitôt à l’appel divin, sans considérer les incertitudes et les difficultés de ce chemin inconnu. Dès lors, elle se donne généreusement à la mission d’apostolat qui va lui être confiée.

Le 30 octobre 1868, elle reçoit l’habit de la nouvelle Congrégation des « Oblates de Saint-François de Sales », des mains de Monseigneur Mermillod, évêque de Genève, et le 11 octobre 1871, elle fait sa Profession religieuse en présence de Monseigneur de Ségur, qui préside la cérémonie.

Nommée Supérieure Générale de l’Institut naissant, elle exerce cette charge pendant six ans ; puis elle est nommée supérieure du Pensionnat, à Paris, et est réélue Supérieure Générale, en 1893. Elle gouverne alors la Congrégation sans interruption jusqu’à sa mort avec une sagesse et une prudence remarquables. Elle donne en même temps les plus beaux exemples d’humilité, de charité et d’oubli total d’elle-même. Toujours docile à suivre les indications de la Providence, par sa fidélité au mouvement de la grâce, elle coopère au rapide développement de l’Institut qui étend ses rameaux d’abord dans plusieurs villes de France par l’établissement d’œuvres ouvrières et de maisons d’éducation, puis en Suisse, en Italie, en Autriche, en Angleterre, en Amérique, et jusque dans l’Afrique australe, dans les Missions du Fleuve Orange. 

La persécution religieuse qui frappe les Communautés en France est une douloureuse épreuve qu’elle accepte avec la force d’âme et la générosité qui la caractérisent. 
D’Italie où elle a dû s’exiler, Mère Françoise de Sales continue à répandre par sa douceur, sa mansuétude, la paix dans tous les cœurs, et à les gagner à la confiance en Dieu. Attentive à se perfectionner chaque jour selon l’esprit de son Institut, elle adhère de plus en plus aux Vouloirs divins. Une courte maladie, dont elle supporte les vives souffrances avec une admirable patience, la conduit bientôt aux portes du tombeau. 

Elle reçoit les derniers sacrements avec une piété et une foi ardente, et retourne paisiblement à Dieu, le 10 janvier 1914, à Pérouse (Italie), dans la sérénité et l’abandon à Dieu, fidèle jusqu’à son dernier souffle à sa résolution de profession : « M’oublier entièrement ». 

Elle laisse à ses filles cette consigne très salésienne : « Travaillons à faire le bonheur des autres ».

Françoise De Sales (Léonie Aviat) a été béatifiée le 27 septembre 1992 et canonisée le 25 novembre 2001, à Rome, par saint Jean Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).

Sainte Léonie Aviat priez pour nous !

10.01.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,12-16. 

Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; voyant Jésus, il tomba face contre terre et le supplia : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. »
Jésus étendit la main et le toucha en disant : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta.
Alors Jésus lui ordonna de ne le dire à personne : « Va plutôt te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit ; ce sera pour tous un témoignage. »
De plus en plus, on parlait de Jésus. De grandes foules accouraient pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies.
Mais lui se retirait dans les endroits déserts, et il priait.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

LECTURES :

Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231)

franciscain, docteur de l’Église

Sermons pour le dimanche et les fêtes des saints (trad. Bayart, Eds. franciscaines 1944, p. 71)

« Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : ‘Je le veux, sois purifié’ »

Oh, que j’admire cette main ! Cette « main de mon Bien-Aimé, d’or rehaussé de pierreries » (Ct 5,14). Cette main dont le contact délie la langue du muet, ressuscite la fille de Jaïre (Mc 7,33 ;5,41) et purifie le lépreux. Cette main dont le prophète Isaïe nous dit : « Elle seule a fait tous ces prodiges ! » (66,2) Étendre la main, c’est donner un présent. Ô Seigneur, étends ta main — cette main que le bourreau étendra sur la croix. Touche le lépreux et fais-lui largesse. Tout ce que ta main touchera sera purifié et guéri. « Il toucha l’oreille de Malchus, dit saint Luc, et le guérit » (22,51). Il étend la main pour accorder au lépreux le don de la santé. Il dit : « Je le veux, sois guéri » et aussitôt la lèpre est guérie ; « tout ce qu’il veut il le fait » (Ps 113B – hébr. 115 –, 3 ). En lui, rien ne sépare vouloir et accomplir. Or, cette guérison instantanée, Dieu l’opère chaque jour dans l’âme du pécheur par le ministère du prêtre. Le prêtre a un triple office : il doit étendre la main, c’est-à-dire prier pour le pécheur et avoir pitié de lui ; il doit le toucher, le consoler, lui promettre le pardon ; il doit vouloir ce pardon et le donner par l’absolution. Tel est le triple ministère pastoral que le Seigneur confie à Pierre quand il lui dit par trois fois : « Sois le pasteur de mes brebis » (Jn 21,15s).

LECTURES :

Première lettre de saint Jean 5,5-13. 

Bien-aimés, qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?
C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité.
En effet, ils sont trois qui rendent témoignage,
l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois n’en font qu’un.
Nous acceptons bien le témoignage des hommes ; or, le témoignage de Dieu a plus de valeur, puisque le témoignage de Dieu, c’est celui qu’il rend à son Fils.


Celui qui met sa foi dans le Fils de Dieu possède en lui-même ce témoignage. Celui qui ne croit pas Dieu, celui-là fait de Dieu un menteur, puisqu’il n’a pas mis sa foi dans le témoignage que Dieu rend à son Fils.
Et ce témoignage, le voici : Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est dans son Fils.
Celui qui a le Fils possède la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu ne possède pas la vie.
Je vous ai écrit cela pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui mettez votre foi dans le nom du Fils de Dieu.

Psaume 147,12-13.14-15.19-20. 

R/ Glorifie le Seigneur, Jérusalem ! Célèbre ton Dieu, ô Sion ! (Ps 147, 12)

Glorifie le Seigneur, Jérusalem !
Célèbre ton Dieu, ô Sion !
Il a consolidé les barres de tes portes, 
dans tes murs il a béni tes enfants.

Il fait régner la paix à tes frontières, 
et d’un pain de froment te rassasie.
Il envoie sa parole sur la terre : 
rapide, son verbe la parcourt.

Il révèle sa parole à Jacob, 
ses volontés et ses lois à Israël.
Pas un peuple qu’il ait ainsi traité ; 
nul autre n’a connu ses volontés.

12.01.2025 – HOMÉLIE DE LA FÊTE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR – LUC 3,15-16.21-22

Pourquoi le Christ se fait-il baptiser ?

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot OP

J’ai une tendresse pour Jean le Baptiste. Il apparaît un peu – si vous me permettrez l’expression – comme le perdant magnifique du Christianisme. D’abord Jean a une intuition en opposition avec son temps et son milieu. Lui qui descend d’une famille sacerdotale de Jérusalem quitte tout pour aller prêcher au désert, plus exactement sur les rives du Jourdain qui marquent la frontière entre désert et Terre d’Israël. « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur » (Jn 1, 23). Pour lui, il faut conquérir à nouveau la Terre promise. C’est dire que, dans son esprit, Israël n’est plus rien ; le Temple n’est plus rien ; le peuple de Dieu lui-même est dépouillé, nu, sans terre, revenu à l’errance. Et Jean l’assume pour lui, se vêt en conséquence, quitte Jérusalem pour les terres arides et prône une nouvelle entrée en Terre sainte. En se positionnant comme les Hébreux avant l’entrée en Terre promise, Jean pose une acte de défi radical à l’establishment dont il est issu et à l’esprit de son temps.

C’est radical est c’est sans doute ce qui me plaît en lui. Jean quitte tout – confort, famille, situation, nourriture et vêtements – pour assumer le dépouillement de son peuple et la désolation de son époque.

Puis arrive Jésus de Galilée, qui le dépasse et rafle la mise : son bel idéal, la nouvelle entrée en Terre promise, ses disciples, tout ce que Jean a mis en œuvre, Jésus semble s’en emparer … presque l’en dépouiller. Et l’Écriture insiste : « Moi, je vous baptise avec de l’eau, mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. » On l’a l’impression d’une course de fond où Jean se fait coiffer au poteau parle Christ.

Même sa mort, que l’Évangile situe également lors d’un repas, n’est pas accomplie comme celle du Christ. Vous vous souvenez de l’épisode de la tête de Jean offerte à Salomé sur un plateau pour une danse lascive. C’est Hérode qui triomphe à la mort de Jean, alors que c’est le Christ qui triomphe à sa propre mort.

J’ai une tendresse pour Jean le Baptiste parce qu’il apparaît comme un magnifique perdant, un bel idéaliste qui a perdu son combat. Il est intransigeant et c’est ce qui lui coûte la tête.

C’est Jean qui invente le baptême mais c’est Jésus qui s’y voit couronné par Dieu. Une voix venant du ciel dit « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Alors Jean le Baptiste n’est-il qu’un admirable perdant ? Oui et non.

Oui, c’est le Christ qui accomplit sa mission. Jean s’efface et c’est Jésus qui triomphe. Remarquons que lui-même, Jésus, triomphe à la manière d’un perdant. Car s’il apparaît muni de la plénitude de l’Esprit à son baptême ; il meurt à bout de souffle – en rendant l’Esprit – moqué jusqu’au pied de la Croix par des foules qui tantôt l’acclamaient et maintenant réclament sa crucifixion.

Jean le Baptiste est humain, nous sommes humains et le Christ est humain. Et ultimement l’humanité s’efface devant la divinité. En cela, tous, nous apparaissons comme des perdants. Et tous nous mourrons.

Mais finalement, et dès le baptême de Jean, nous triomphons. Si, dans la crèche, Dieu rejoint notre humanité, au baptême de Jean – je l’ai dit – Dieu rejoint nos combats. En se laissant baptiser par lui, Jésus endosse la révolte de Jean le Baptiste contre la corruption des élites et l’hypocrisie du Temple. Jean est un révolté contre son époque et le Christ vient le rejoindre au bord du Jourdain. Il vient habiter la radicalité de sa contestation avec la plénitude de l’Esprit Saint. Ainsi, comme dira saint Paul à Tite : il nous apprend « à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété », faisant de nous « un peuple ardent à faire le bien. »

Tous nous menons des combats. Sans doute chacun avec une radicalité différente mais je crois que tous, il nous arrive d’être révoltés par la corruption et l’hypocrisie, par l’injustice. Celle de notre époque et, peut-être aussi, la nôtre. Tous, nous menons des combats, contre le mal en nous et contre le mal dans le monde. Et le mal, à juste titre, nous révolte.

Si le Christ vient se faire baptiser par Jean alors qu’il est Dieu, c’est pour signifier que, par le baptême, il endosse tous les combats de notre vie, tous les combats de l’humanité. Dieu n’a pas besoin d’être baptisé mais Dieu veut montrer, par la baptême, qu’il peut investir la radicalité de tous nos combats humains.

C’est effet si nous laissons le Christ habiter pleinement les combats que nous menons – et à cette seule condition – que nous les accomplirons avec justice. Et ainsi, avec Dieu, de tous les combats, nous sortirons vainqueurs.

C’est à nous, et depuis notre baptême, que Dieu dit : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Fr. Laurent Mathelot OP

Source : RÉSURGENCE.BE, le 8 janvier 2025

12.01.2025 – HOMÉLIE DE LA FÊTE DU BAPTÊME DU SEIGNEUR – LUC 3,15-16.21-22

« Appelés enfants de Dieu… »

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Le jour de Noël, nous avons fêté la naissance de Jésus : il a été manifesté aux bergers et, à travers eux, aux petits, aux pauvres et aux exclus. Le jour de l’Épiphanie, dimanche dernier, cette révélation a été offerte aux mages. Cette fête nous a aidés à comprendre que le Christ est venu aussi pour les étrangers, pour ceux qui ne connaissent pas Dieu ; son amour est offert à tous. Et aujourd’hui, c’est une autre manifestation du Seigneur que nous célébrons : c’est Jean Baptiste qui nous le montre ; il vient annoncer la venue de Celui qui apporte le Salut au monde.

Cette bonne nouvelle était déjà proclamée par le prophète Isaïe (1ère lecture). Ce texte est un message de consolation pour un peuple qui vient de vivre 50 ans d’exil à Babylone : « Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance… » Mais cette puissance n’est pas celle qu’on croit ; il ne vient pas pour venger ni pour punir. Cette puissance c’est celle de l’infinie tendresse de Dieu qui pardonne. Le Seigneur est là pour réconforter son peuple. Son amour est offert à tous : « Là où le péché a abondé, l’amour a surabondé. » (Lettre de saint Paul aux Romains). C’est quand le Seigneur vient à nous que nous retrouvons la vraie joie.

Dans sa lettre à Tite (2ème lecture), saint Paul nous parle du salut offert à tous les hommes ; au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans l’amour infini de Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit. C’est un changement radical qui nous entraîne vers une nouvelle manière de vivre. Avec Jésus, c’est une vie nouvelle qui commence. Pour les nouveaux convertis, plus rien ne peut être comme avant. Nous avons tous besoin de retrouver la force de cette présence du Seigneur dans notre vie et notre monde.

Dans l’Évangile, nous retrouvons Jean Baptiste qui annonce la venue de Celui qui apporte la « consolation au monde ». « Moi, je vous baptise dans l’eau, mais il vient Celui qui est plus puissant que moi… Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Luc 3, 16). L’Esprit Saint est l’artisan principal du baptême chrétien. Il est Celui qui brule et détruit le péché du monde ; il nous libère de la domination des ténèbres et du péché. Il nous transfère dans le Royaume de Lumière qui est celui de l’amour et de la paix.

C’est cela que nous découvrons dans le baptême de Jésus. Il rejoint ce peuple de pécheurs qui viennent accomplir un geste de pénitence. Les uns et les autres étaient invités à se convertir. Jésus n’avait pas de péché à se faire pardonner. Mais s’il entre dans l’eau du Jourdain, c’est pour rejoindre ce monde pécheur qu’il est venu chercher et sauver. Il nous rejoint au plus bas dans l’abîme de la perdition, dans l’horreur de notre iniquité et de notre déchéance. Tout ce péché qui nous accable, il le prend sur lui pour nous en libérer.

Cet événement nous apporte un éclairage nouveau sur la différence entre le baptême de Jésus et celui que nous avons reçu : au jour de son baptême, Jésus a été plongé dans le péché du monde ; il l’a entièrement pris sur lui pour nous en libérer. Pour nous chrétiens, c’est le contraire : nous avons été immergés dans cet immense océan d’amour qui est en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Nous sommes devenus un avec Dieu. Le baptême chrétien nous donne le Christ pour passer avec lui de la mort à la vie, du péché à la sainteté, de l’angoisse à l’amour.

C’est aussi à chacun de nous que la voix du Père se fait entendre : « Tu es mon enfant bien aimé. Voilà une parole que nous devons nous répéter inlassablement : nous sommes tous les enfants bien-aimés du Père. Il nous aime tous tels que nous sommes. Désormais, plus rien ne peut être comme avant dans notre vie ; nous retrouvons une assurance nouvelle, une nouvelle manière de nous tenir debout et d’exister.

C’est aussi une responsabilité : au jour de notre baptême, nous sommes entrés dans une grande famille qui s’appelle l’Église ; l’autre est aussi enfant de Dieu, tout comme moi ; et je dois en tenir compte dans mes rapports avec lui. C’est un appel à réagir contre la violence, contre la misère et contre tout ce qui dégrade l’homme. Il reste beaucoup à faire pour instaurer le règne du Christ dans nos villages, nos quartiers, nos lieux de travail et de loisir. Nous sommes tous envoyés pour construire un règne de paix et de justice, un règne de vérité et d’amour. Et que chacun puisse s’entendre dire : « Tu es mon enfant bien-aimé. Tu fais toute ma joie. »

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 5 janvier 2025