Saint Paul Lê bao Tinh Prêtre et martyr (*Trịnh Hà, Vietnam, 1793 – † Bay Mau, Viêt-Nam, 6 avril 1857)
Jeune catholique des missions du TonKin, Paul Lê bao Tinh, encore séminariste, fut jeté en prison et torturé à cause de sa foi. Libéré, il fut ordonné prêtre, dirigea le séminaire, publia des recueils d’homélies et de catéchèse. Finalement, il fut de nouveau arrêté et passa en jugement. Il fut condamné et décapité à Bay Mau, Viêt-Nam, le 6 avril 1857.
Paul Lê bao Tinh a été beatifié par Saint Pie X (Giuseppe Melchiorre Sarto, 1903-1914), le 2 mai 1909et canonisé par saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), le 19 juin 1988, parmi cent dix-sept martyrs du Viêt-Nam (Tonkin ou Annam), soit quatre-vingt-seize vietnamiens, onze Espagnols et dix missionnaires français.
On estime qu’entre 1857 et 1862 furent martyrisés cent quinze prêtres du Viêt-Nam, cent religieuses du pays, et plus de cinq mille fidèles. Des couvents, des églises et des écoles catholiques furent rasés, quelque quarante mille catholiques furent spoliés de leurs terres et exilés de leurs régions d’origine ; beaucoup moururent de faim dans le désert ou dans la jungle.
En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Ambroise (v. 340-397)
évêque de Milan et docteur de l’Église
Lettre 26, 11-20 ; PL 16, 1044-1046 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 349 rev.)
Le soleil de justice : la nouvelle Loi dans le Temple
Une femme coupable d’adultère a été amenée par les scribes et les pharisiens devant le Seigneur Jésus. Et ils ont formulé leur accusation comme des traîtres, de telle sorte que si Jésus l’absolvait, il semblerait enfreindre la Loi, mais que s’il la condamnait, il semblerait avoir changé le motif de sa venue, car il était venu afin de pardonner le péché de tous… Pendant qu’ils parlaient, Jésus, la tête baissée, écrivait avec son doigt sur le sol. Comme ils attendaient, il a levé la tête et a dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre. » Y a-t-il rien de plus divin que ce verdict : que celui qui est sans péché punisse le péché ? Comment, en effet, pourrait-on tolérer qu’un homme condamne le péché d’un autre quand il excuse son propre péché ? Celui-là ne se condamne-t-il pas davantage en condamnant chez autrui ce qu’il commet lui-même ? Jésus a parlé ainsi et il écrivait sur le sol. Pourquoi ? C’est comme s’il disait : « Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? » (Lc 6,41) Il écrivait sur le sol du doigt dont il avait écrit la Loi (Ex 31,18). Les pécheurs seront inscrits sur la terre et les justes dans le ciel, comme Jésus dit aux disciples : « Réjouissez-vous parce que vos noms sont inscrits dans les cieux » (Lc 10,20). En entendant Jésus, les pharisiens « sortaient l’un après l’autre, en commençant par les plus âgés »… L’évangéliste a raison de dire qu’ils sont sortis, ceux qui ne voulaient pas être avec le Christ. Ce qui est à l’extérieur du Temple, c’est la lettre ; ce qui est au-dedans, ce sont les mystères. Car ce qu’ils recherchaient dans les enseignements divins, c’étaient les feuilles et non les fruits des arbres ; ils vivaient dans l’ombre de la Loi et ne pouvaient pas voir le soleil de justice (Ml 3,20).
LECTURES :
Livre d’Isaïe 43,16-21.
Ainsi parle le Seigneur, lui qui fit un chemin dans la mer, un sentier dans les eaux puissantes, lui qui mit en campagne des chars et des chevaux, des troupes et de puissants guerriers ; les voilà tous couchés pour ne plus se relever, ils se sont éteints, consumés comme une mèche. Le Seigneur dit : « Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides. Les bêtes sauvages me rendront gloire – les chacals et les autruches – parce que j’aurai fait couler de l’eau dans le désert, des fleuves dans les lieux arides, pour désaltérer mon peuple, celui que j’ai choisi. Ce peuple que je me suis façonné redira ma louange. »
Psaume 126(125),1-2ab.2cd-3.4-5.6.
R/ Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! (Ps 125, 3)
Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie.
Alors on disait parmi les nations : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! » Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !
Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert. Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie.
Il s’en va, il s’en va en pleurant, il jette la semence ; il s’en vient, il s’en vient dans la joie, il rapporte les gerbes.
Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 3,8-14.
Frères, tous les avantages que j’avais autrefois, je les considère comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ, et, en lui, d’être reconnu juste, non pas de la justice venant de la loi de Moïse mais de celle qui vient de la foi au Christ, la justice venant de Dieu, qui est fondée sur la foi. Il s’agit pour moi de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en devenant semblable à lui dans sa mort, avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts. Certes, je n’ai pas encore obtenu cela, je n’ai pas encore atteint la perfection, mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. Frères, quant à moi, je ne pense pas avoir déjà saisi cela. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus.
Réflexions d’une famille américaine dans Notre-Dame restaurée (II)
Ma famille et moi avons visité la cathédrale Notre-Dame de Paris, récemment restaurée, le 31 décembre 2024, la veille de la solennité de Marie, la Mère de Dieu. Cette cathédrale de renom venait juste de rouvrir ses portes quelques semaines plus tôt, avec des dirigeants du monde entier rassemblés pour l’occasion, venus pour voir et être vus lors de la cérémonie de réouverture.
Mon fils de sept ans a demandé à voir des photos de la cathédrale incendiée, et lorsque je lui ai montré l’endroit où nous nous trouvions assis, alors qu’il avait été recouvert de débris effondrés de la toiture détruite, il s’est étonné qu’on ait pu la reconstruire. « C’est un vrai miracle », a-t-il dit, avec tout le sérieux solennel d’un jeune enfant. Il a raison. Le génie particulier de Marie est d’inviter les gens à l’humilité, de les rapprocher de Dieu par l’intermédiaire de son Fils, souvent de manière surprenante.
Les artisans et ouvriers anonymes qui ont construit Notre-Dame à l’origine savaient qu’ils participaient à quelque chose de plus grand qu’eux et qui leur survivrait : un monument à Marie qui magnifie le Seigneur. Des siècles plus tard, à une époque plus païenne, les pompiers et les architectes qui ont travaillé pour sauver et ressusciter la cathédrale ont participé à un acte de foi similaire, même s’ils ne l’ont pas tous ressenti de cette manière.
Mis en présence du divin et de l’éternel dans ce lieu si exceptionnel, qui sait ce que ressentiront les cœurs des milliers de visiteurs de la cathédrale Notre-Dame reconstruite ?
Dans la cathédrale, ma famille et moi nous sommes dirigés vers une chapelle latérale qui donne accès à un petit musée. Derrière nous, un visiteur à l’accent australien a demandé au guichetier s’il y avait quelque chose d’important à voir. « Le bois de la vraie croix », s’est-il entendu répondre. Manifestement impressionné, l’homme s’est tourné vers son compagnon : « C’est assez important », a-t-il dit. Et tous deux se sont mis dans la file d’attente.
Cela nous a fait rire, mais la question « Y a-t-il quelque chose d’important là-dedans ? » est exactement celle que se posent beaucoup de personnes dans leur esprit et dans leur cœur lorsqu’elles envisagent toutes sortes de biens : le travail, le plaisir, les relations.
À Notre-Dame, comme d’ailleurs dans toutes les églises catholiques du monde, aussi humbles soient-elles, nous savons que la réponse est un « oui » catégorique.
En cette année de l’Espérance qui vient d’être inaugurée, ma prière est que, comme Notre-Dame, les catholiques puissent indiquer à tous ceux qui le leur demandent une raison d’espérer, ce qui est vraiment important.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Saint Vincent Ferrier (Vicente Ferrer) MISSIONAIRE O.P. († 1419)
Commémoration : Martyrologium Romanum le 05 avril (dies natalis). Ordo Fratrum Praedicatorum le 05 mai.
Vincent naît le 23 janvier 1350 à Valence, en Espagne. Sa mère, avant sa naissance, eut révélation de son avenir. Inquiète, elle consulta un saint personnage et en reçut l’assurance que cet enfant prédestiné serait un grand saint, dont l’éloquente parole ferait fuir les loups et ramènerait au bercail les brebis égarées.
Tout petit enfant, il réunissait ses camarades, leur parlait du bon Dieu et de la Sainte Vierge avec tant d’onction et d’amour, qu’ils en étaient touchés.
Après avoir édifié quelques années le couvent des Dominicains de Valence, il fit ses premiers essais dans la prédication, et l’on accourut bientôt de loin pour l’entendre. Il puisait son éloquence dans les plaies sacrées du Sauveur et dans les lumières de l’oraison. Un jour qu’il devait prêcher devant un grand seigneur, il se prépara, contre son ordinaire, plus par l’étude que par la prière ; son sermon fut remarquable. Mais le lendemain, prêchant devant le même seigneur, après une longue préparation aux pieds du crucifix, il parla avec beaucoup plus de chaleur et d’onction. Le prince lui en demanda la raison : « Monseigneur, dit le Saint, c’est Vincent qui a prêché hier, et c’est Jésus-Christ qui a prêché aujourd’hui. »
Vincent avait quarante ans quand il entra pleinement dans sa vocation de missionnaire, après avoir été guéri d’une grave maladie par Notre-Seigneur. Un bâton d’une main, un crucifix de l’autre, il parcourut à pied presque toutes les provinces de l’Espagne, de la France et de l’Italie, instruisant, édifiant, convertissant les foules ; il alla jusqu’en Angleterre, en Écosse et en Irlande, répandre la semence de la parole divine.
Les églises ne suffisant pas à contenir la foule de ses auditeurs, il prêchait ordinairement sur les places publiques et en pleine campagne. On compte que ce prédicateur tout divin convertit vingt-cinq mille juifs et autant de musulmans, et retira du vice plus de cent mille pécheurs. Dieu renouvela pour lui le miracle des premiers jours de l’Église : Vincent ne prêchait qu’en latin et en espagnol, et tous ses auditeurs, quels qu’ils fussent, le comprenaient dans leur langue.
Son triomphe était la prédication des fins dernières ; il fut l’apôtre du jugement dernier, et les foules frémissaient dès qu’il répétait les paroles du prophète : « Levez-vous, morts, et venez au jugement. »
Quand Vincent prêchait en quelque lieu, les marchands de disciplines, de cilices et autres instruments de mortification accouraient et ne pouvaient suffire à satisfaire les acheteurs. Tous les jours, après le sermon, son compagnon sonnait les miracles, et on apportait les malades en foule. Il mourut à Vannes (Bretagne) le 5 avril 1419.
Vicente Ferrer a été canonisé le 5 juin 1455, à Rome, par le pape Calixte III (Alonso de Borgia, 1455-1458).
Il est le saint patron des travailleurs de la construction en général, et plus particulièrement des constructeurs, fabricants de briques et de tuiles, poseurs de revêtements de sol.
Il est invoqué contre l’épilepsie et le mal de tête.