Le signe d’une présence à l’heure de la réalité virtuelle

Le Pape François lors de la messe du jubilé des malades, le 6 avril 2025, place Saint-Pierre.  (Vatican Media)

Le signe d’une présence à l’heure de la réalité virtuelle

Le Pape est apparu à l’issue de la messe célébrée place Saint-Pierre pour le jubilé des malades et des personnels soignants. Retour sur la signification de sa présence alors qu’il poursuit depuis le 23 mars sa convalescence après 38 jours d’hospitalisation pour une double pneumonie. 

Andrea Tornielli*

La participation inattendue du Pape François aux derniers moments de la célébration liturgique du jubilé dédié aux malades et au monde de la santé représente un message plein de sens. Même à l’époque de la réalité virtuelle, à l’époque où nous croyons pouvoir participer à tout depuis un écran d’ordinateur, il est très important d’être présent physiquement. Être là en personne, faire l’effort de se déplacer, de sortir, d’attendre; faire l’effort de marcher, de se rapprocher des autres, de transpirer, de s’exposer au soleil ou aux éléments, cela a du sens pour croiser le regard de ceux qui nous entourent en personne, pour vivre la compagnie des autres, pour faire partie d’un peuple de pèlerins. Par son geste inopiné, le Successeur de Pierre nous enseigne que rien ne peut jamais vraiment être remplacé par la présence physique, par le fait d’être là. La sortie du Pape sur le parvis de Saint-Pierre est donc en soi un message plus significatif que toutes les paroles: malgré sa voix encore faible, malgré ses canules d’oxygène, il a voulu être là.

Il y a ensuite une deuxième signification: François a choisi pour sa première sortie après la fin de son hospitalisation à Gemelli, une célébration jubilaire dont il se sent particulièrement proche: une célébration dédiée aux malades, à ceux qui souffrent et à ceux qui prennent soin de ceux qui souffrent. Bien que le pire soit passé, le Pape est un convalescent qui présente encore les signes de la maladie. Fragile parmi les fragiles, il n’a pas renoncé à vivre «son» Jubilé, à se confesser dans la basilique et à franchir la Porte Sainte comme des milliers de personnes le font chaque jour. Cette porte qu’il avait ouverte en tant que souverain pontife la nuit de Noël, il l’a franchie hier en simple pèlerin, souffrant encore des conséquences d’une pneumonie.

Enfin, la sortie surprise de dimanche matin nous parle de la relation du pasteur avec son troupeau, de l’évêque avec son peuple. Malgré sa convalescence, malgré les avertissements des médecins, François n’a pas renoncé à aller à la rencontre du peuple, même s’il est conscient des risques que cela peut comporter pour sa santé. Ce faisant, il nous dit que même si les circonstances peuvent parfois imposer l’approche virtuelle en raison d’une hospitalisation, d’une fermeture due à la pandémie ou de l’impossibilité de voyager, la rencontre en présence est irremplaçable. Car, comme il le disait il y a un peu plus d’un an, «l’amour a besoin de concret, l’amour a besoin de présence, l’amour a besoin de rencontre, l’amour a besoin de temps et d’espace donnés: il ne se réduit pas à de belles paroles, à des images sur un écran…». Cela vaut également pour l’amour du Pape pour le peuple de Dieu, à qui il a toujours «parlé», même avec des gestes et de la tendresse.

*Directeur éditorial des médias du Saint-Siège

Source : VATICANNEWS, le 7 avril 2025

Les innombrables miracles actuels de Notre Dame de Vallarpadam

La basilique Notre-Dame-de-Rédemption de Vallarpadam.
© CC BY-SA 3.0/John Geyo
La basilique Notre-Dame-de-Rédemption de Vallarpadam. © CC BY-SA 3.0/John Geyo

Les innombrables miracles actuels de Notre Dame de Vallarpadam

Fin du XVe siècle, à l’arrivée de missionnaires portugais, les conversions massives ont commencé en Inde. Ils construisirent de belles églises mais à Vallarpadam (1) il s’agit d’une reconstruction, l’église étant fort endommagée. Un autel est dédié à Notre-Dame de la Rédemption, en la vénérant avec un portrait apporté du Portugal, de la Bienheureuse Vierge Marie de la Miséricorde. C’est à la Pentecôte 1524 que les Chrétiens du lieu ont été acceptés par la population locale.

En 1676, une forte inondation détruisit l’église de Vallarpadam. Le portrait de la Vierge (2), aperçu sur la rivière en crue, fut récupéré par le Divan (premier ministre du roi de Cochin) : l’image n’était pas mouillée ! Il se rendit à Vallarpadam et offrit un vaste terrain pour construire une nouvelle église dédiée à ce portrait.

Le 23 mai 1752, une femme, Meenakshi-Amma et son fils se rendaient au temple familial en bateau lorsqu’une tempête éclata. La mère implora la Vierge de les sauver et jura qu’ils seraient ses « esclaves » pour le reste de leur vie. Le bateau chavira, mère et fils disparurent dans les eaux profondes mais furent miraculeusement retrouvés le troisième jour et sauvés par la population locale qui avait jeté des filets sur la rivière !

La mère et l’enfant tinrent leur promesse, balayant l’église et toute la cour matin et soir. Les autorités de l’Église permirent l’ajout de la photo de Meenakshi et de son fils au tableau portugais du sanctuaire.

Les fruits sont  toujours aujourd’hui nombreux : conversions, fortes affluences de pèlerins de diverses religions, remerciements pour les grâces obtenues dont des centaines de couples pour mariages heureux, consécrations comme serviteurs de la Vierge, demandes de grâces de parentalité obtenues par l’intercession de la Vierge…

Etienne Vanderbreucq – Ellezelles – Belgique

(1) Vallarpadam est une île située au sud-ouest de l’Inde et jusqu’en 2004 accessible uniquement par le service de bateau régulier. La Basilique du sanctuaire national de Notre-Dame de Vallarpadam est connue sous le nom de Lourdes du Kerala.

(2) En 2024, avec l’autorisation du Recteur de Vallarpadam, deux images de Notre-Dame de Vallarpadam ont pu être agrandies, bénies et visitent ses enfants lors de temps de prières organisés en différents lieux : l’une se trouvant en Belgique (Ellezelles) et l’autre en République Démocratique du Congo (Boma).

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

08.04.2025 – SAINT DU JOUR

Bx August Czartoryski

Prêtre salésien

August Czartoryski naît à Paris le 2 août 1858 où sa famille était en exil : depuis environ trente ans sa famille, en lien avec l’histoire et les intérêts des dynasties de Pologne, était émigrée en France. 

Il avait six ans quand mourut sa mère, atteinte de tuberculose : un triste héritage que la maman transmit à son fils. Quand le mal manifesta ses premiers symptômes, commença pour Auguste un long pèlerinage forcé dans différentes nations, à la recherche de la santé, qu’il ne recouvrera jamais. Mais la santé n’était pas le principal objectif de sa recherche : coexistait dans son esprit de jeune une autre recherche bien plus précieuse, celle de sa vocation. 

Sur le jeune prince fut exercée une grande influence par son précepteur, Joseph Kalinowski : ce dernier fut précepteur de Czartoryski pendant seulement trois ans (1874-1877), mais il laissa sa marque. Il devint ensuite carme, et sera canonisé par saint Jean-Paul II en 1991. 

L’événement décisif fut cependant la rencontre avec Don Bosco. Auguste approchait des 25 ans. Cela se produisit à Paris, dans l’hôtel Lambert, où il habitait avec sa famille. Après cette rencontre il sentit non seulement le renforcement de sa vocation à l’état religieux, mais il eut la nette conviction d’être appelé à devenir salésien. 

En 1887, il entra au noviciat où il eut pour maître don Giulio Barberis. Le 24 novembre de la même année, à Turin, des mains de Don Bosco, dans la basilique Marie-Auxiliatrice il reçut la soutane. Le saint Fondateur mourut deux mois après et c’est en émettant la profession religieuse sur sa tombe à Valsalice que le prince Czartoryski devint salésien. 

Préparé par la souffrance et dans la souffrance, il fut ordonné prêtre le 2 avril 1892 à San Remo (Ligure, Italie) par Mgr Thomas Reggio, évêque de Vintimille (béatifié le 3 septembre 2000 par saint Jean-Paul II). 

La vie sacerdotale du P. August Czartoryski dura à peine un an, qu’il passa à Alassio, dans une chambre qui donnait sur la cour des enfants. C’est là qu’il s’éteignit le soir du 8 avril 1893, assis sur le fauteuil, où Don Bosco s’était plusieurs fois reposé.

Son corps fut transporté en Pologne et enterré dans la crypte paroissiale de Sieniawa, à côté des tombes de la famille. Par la suite, ses restes furent transportés dans l’église salésienne de Przemyśl, où ils se trouvent encore aujourd’hui. 

August Czartoryski, avec quatre religieuses : Laura Montoya, María Guadalupe García Zavala, Nemesia Valle, Eusebia Palomino Yenes et une laïque : Alexandrina Maria da Costa, a été béatifié à Rome, place Saint-Pierre, le 25 avril 2004, par saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).

Pour un approfondissement biographique :

>>> August Czartoryski

Bx Auguste Czartoryski priez pour nous !

08.04.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8,21-30. 

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Je m’en vais ; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. »
Les Juifs disaient : « Veut-il donc se donner la mort, puisqu’il dit : “Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller” ? »
Il leur répondit : « Vous, vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde.
C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. »
Alors, ils lui demandaient : « Toi, qui es-tu ? » Jésus leur répondit : « Je n’ai pas cessé de vous le dire.
À votre sujet, j’ai beaucoup à dire et à juger. D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis pour le monde. »


Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père.
Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même ; ce que je dis là, je le dis comme le Père me l’a enseigné.


Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. »
Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Maxime de Turin (?-v. 420)

évêque

CC Sermon 57 ; PL 57,339 (trad. Migne 1996, p. 135)

« Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je Suis »

Le Christ notre Seigneur a été mis en croix pour libérer le genre humain du naufrage de ce monde… Dans l’Ancien Testament Moïse avait dressé, au milieu des mourants, un serpent de bronze attaché à un pieu ; il avait enjoint au peuple d’espérer la guérison à la vue de ce signe (Nb 21,6s). Il en sortait un remède d’une telle puissance contre la morsure des serpents que le blessé, en se tournant vers le serpent en croix, se mettait à espérer et aussitôt recouvrait la santé. Le Seigneur n’a pas manqué de rappeler cet épisode dans l’Évangile quand il dit : « Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme » (Jn 3,14)… Le serpent est donc le premier à être crucifié, par Moïse. Ce n’est que justice, puisque le diable le premier a péché sous le regard du Seigneur (Gn 3)… Il est mis en croix sur un bâton, ce qui est justice, puisque l’homme avait été trompé par le biais de l’arbre du désir ; désormais, il est sauvé par un bâton pris à un autre arbre… Après le serpent, c’est l’homme qui est crucifié dans le Sauveur, sans aucun doute pour punir non seulement le responsable, mais aussi le délit. La première croix se venge sur le serpent, la seconde sur son venin… : le venin que sa persuasion avait instillé dans l’homme est rejeté et guéri… Voilà ce qu’a fait le Seigneur par sa nature humaine : lui l’innocent, il souffre ; en lui la désobéissance, provoquée par la fameuse tromperie du diable, est amendée ; et libéré de sa faute, l’homme est libéré de la mort. Puisque nous avons comme Seigneur, Jésus qui nous a libérés par sa Passion, gardons constamment les yeux fixés sur lui, espérons toujours trouver dans ce signe le remède à nos blessures. Si le venin de l’avarice venait à se répandre en nous, regardons la croix, elle nous délivrera ; si le désir, ce scorpion, nous ronge, implorons-la, elle nous guérira ; si les morsures des pensées d’ici-bas nous lacèrent, prions-la encore et nous vivrons. Voilà les serpents spirituels de nos âmes : pour les fouler aux pieds, le Seigneur est mis en croix. Lui-même nous dit : « Voici que je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents, scorpions, et rien ne pourra vous nuire » (Lc 10,19).

LECTURES :

Livre des Nombres 21,4-9. 

En ces jours là, les Hébreux quittèrent Hor-la-Montagne par la route de la mer des Roseaux en contournant le pays d’Édom. Mais en chemin, le peuple perdit courage.
Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! »
Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël.
Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple,
et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! »
Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !

Psaume 102(101),2-3.16-18.19-21. 

R/ Seigneur, entends ma prière : que mon cri parvienne jusqu’à toi ! (Ps 101, 2)

Seigneur, entends ma prière : 
que mon cri parvienne jusqu’à toi !
Ne me cache pas ton visage 
le jour où je suis en détresse ! 
Le jour où j’appelle, écoute-moi ; 
viens vite, réponds-moi !

Les nations craindront le nom du Seigneur, 
et tous les rois de la terre, sa gloire :
quand le Seigneur rebâtira Sion, 
quand il apparaîtra dans sa gloire,
il se tournera vers la prière du spolié,
il n’aura pas méprisé sa prière.

Que cela soit écrit pour l’âge à venir, 
et le peuple à nouveau créé chantera son Dieu :
« Des hauteurs, son sanctuaire, le Seigneur s’est penché ; 
du ciel, il regarde la terre
pour entendre la plainte des captifs 
et libérer ceux qui devaient mourir. »