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Messe du Jeudi Saint: «l’amour est le seul sacerdoce»

Messe du Jeudi Saint: «l’amour est le seul sacerdoce»
Dans la basilique Saint-Pierre, le cardinal Mauro Gambetti a présidé la messe du Jeudi Saint, dite «in Cœna Domini». Revenant sur l’histoire de la Pâques, l’archiprêtre de la basilique vaticane a appelé chaque fidèle à prendre exemple sur le modèle sacerdotal du Christ, et à devenir Eucharistie.

Jean-Benoît Harel – Cité du Vatican
C’est depuis l’autel de la Chaire de Saint-Pierre dans la basilique vaticane que la messe «in Cœna Domini» s’est déroulée ce jeudi 17 avril, en ouverture du Triduum pascal. Elle a été présidée par le cardinal Mauro Gambetti, archiprêtre de la basilique et vicaire du Pape pour la Cité du Vatican, qui a procédé au traditionnel rituel du lavement des pieds, en mémoire du geste de Jésus lors de son dernier repas avec les disciples.

L’humanité représentée par les disciples du Christ
Pour commencer son homélie, le vicaire du Pape pour la Cité du Vatican s’est inspiré des textes bibliques de la première Pâque juive, lorsque le peuple d’Israël est réduit en esclavage en Égypte. Cette première Pâque se vit «dans un contexte d’oppression», a souligné le cardinal Mauro Gambetti. Le sang de l’agneau sacrifié est peint sur les portes des maisons du peuple fidèle au Seigneur afin d’éloigner la mort.
Lorsque Jésus célèbre la Cène, «dans l’amitié du cénacle, la fraternité de l’assemblée ecclésiale», le contexte est également difficile. Le repas que prend Jésus illustre la profonde humanité de Jésus qui tient «à partager le pain et le vin avec tous ceux que le Père lui a confiés», a fait remarquer l’archiprêtre de la basilique Saint-Pierre. Lors de ce repas, les douze apôtres reflètent l’humanité, poursuit-il. «Impulsifs et passionnés, réfléchis et profonds, ambitieux et impétueux, sincères et humbles».
Aujourd’hui encore, «nous traversons une dure épreuve». Notre monde connait ce «Judas qui a pris ce qu’il y avait dans la caisse et a vendu le Maître pour le profit économique et le pouvoir», a dénoncé le cardinal Gambetti, critiquant la toute-puissance de l’argent et du pouvoir sur les relations humaines. Une dynamique qui pousse inéluctablement à la guerre: «les guerres ne sont rien d’autre que l’aboutissement du déclin, la concrétisation du conflit et du mal dans le monde».

Devenir Eucharistie
Mais, aujourd’hui comme hier, «Jésus aime», car «la seule chose qui l’intéresse, c’est l’amour. C’est le seul sacerdoce», continue l’archiprêtre. Pour ce faire, Jésus effectue un geste tout simple, celui de laver les pieds de ses disciples.
Pour le cardinal, Jésus est ainsi le modèle sacerdotal, qui doit inspirer tous les fidèles, mais particulièrement les prêtres, «appelés à participer à la mesure universelle de l’amour». Un sacerdoce qui peut aller jusqu’au sacrifice de sa vie, comme l’a fait le père Giuseppe Berardelli, prêtre à Bergame, qui a renoncé à son respirateur artificiel pendant la pandémie de covid, pour offrir la possibilité de guérir à un autre.
«Je pense que c’est le moment pour l’Église de s’ouvrir à un temps nouveau, le moment de révéler sa nature de peuple sacerdotal. Et la nouveauté vient de l’Eucharistie, en devenant nous-mêmes Eucharistie», encourage le cardinal Gambetti, implorant le Seigneur: «Merci Jésus pour le don de l’Eucharistie! Fais de nous aussi une Eucharistie!»
À la fin de la célébration, les prêtres présents ont formé une procession pour accompagner le Saint-Sacrement dans la chapelle dédiée, pour quelques instants d’adoration.
Source : VATICANNEWS, le 17 avril 2025
Messe chrismale: «Priez pour la joie des prêtres» exhorte le Pape François
Messe chrismale: «Priez pour la joie des prêtres» exhorte le Pape François
Dans son homélie lue par le cardinal Domenico Calcagno, président émérite de l’Administration du patrimoine du Siège apostolique, François est revenu sur le renouvellement des promesses sacerdotales fait chaque jeudi Saint. «L’année jubilaire représente, pour nous prêtres, un appel spécifique à recommencer sous le signe de la conversion» a-t-il notamment souligné.
Olivier Bonnel – Cité du Vatican
Première célébration de ce jeudi Saint, la messe chrismale célébrée dans la matinée en la basilique Saint-Pierre. Une cérémonie sans la présence du Pape François, toujours convalescent, qui avait délégué à l’occasion le cardinal Domenico Calcagno, président émérite de l’Administration du patrimoine du Siège apostolique (APSA). C’est néanmoins l’homélie de l’évêque de Rome qui a été lue, un texte dans lequel le Pape développe une réflexion sur le renouvellement des promesses sacerdotales, qui sont au coeur de cette célébration.
1800 prêtres ont pris place dans la basilique vaticane, aux côtés de 2 500 fidèles. Dans son homélie, le Pape a rappelé combien l’Apocalypse, dernier livre de la Bible, racontait l’espérance de la résurrection à travers la figure de Jésus. «Nous, les prêtres, avons aussi une histoire: en renouvelant nos promesses d’Ordination le Jeudi Saint, nous confessons que nous ne pouvons la lire qu’en Jésus de Nazareth» a t-il expliqué. «Lorsque nous nous laissons instruire par Lui, notre ministère devient un ministère d’espérance, car dans chacune de nos histoires, Dieu ouvre un jubilé, c’est-à-dire un temps et une oasis de grâce».
La proximité du prêtre avec son peuple
Jésus nous apprend combien il fait de nous des prêtres «pour le peuple de Dieu», lit-on encore dans cette homélie. L’année jubilaire en cours est une invitation à se convertir une nouvelle fois dans cette mission sacerdotale, être des «pèlerins de l’espérance, pour sortir du cléricalisme et devenir des hérauts de l’espérance». «Le pasteur qui aime son peuple ne vit pas à la recherche du consensus et de l’approbation à tout prix» a encore relevé François. Le Pape est revenu sur le sens de la promesse du sacerdoce, renouvelée lors de cette messe chrismale. «Nous sommes réunis ici, chers amis, pour faire nôtre et répéter ce «Oui, Amen!». C’est la confession de foi du peuple de Dieu: « Oui, c’est ainsi, il tient comme un roc! ». La passion, la mort et la résurrection de Jésus, que nous nous apprêtons à revivre, sont le terrain qui soutient fermement l’Église et, en elle, notre ministère sacerdotal».

Pour comprendre le «terrain» dans lequel le prêtre peut «s’épanouir», il faut revenir à la vie du Christ à Nazareth. C’est à la synagogue que Jésus montre combien il est un amoureux de la Parole de Dieu. Mais c’est surtout là qu’il choisit de l’accomplir dans sa vie. «Chers prêtres, chacun de nous a une Parole à accomplir. Chacun de nous a une relation avec la Parole de Dieu qui vient de loin. Nous ne la mettons au service de tous que lorsque la Bible reste notre première demeure» a ainsi expliqué François, exhortant ainsi les prêtres à «aider les autres à trouver les pages de leur vie»: les époux au moment de leur mariage ou les personnes en deuil cherchant des passages sur la miséricorde de Dieu.
Le “flair” de l’Esprit-Saint
«Tel est l’Esprit que nous invoquons sur notre sacerdoce: nous en avons été investis et l’Esprit de Jésus reste le protagoniste silencieux de notre service» a encore indiqué l’évêque de Rome, précisant que «les pauvres, avant les autres, les enfants, les adolescents, les femmes, et même ceux qui ont été blessés dans leur relation avec l’Église, ont le “flair” de l’Esprit Saint: ils le distinguent des autres esprits mondains, ils le reconnaissent dans la coïncidence en nous entre l’annonce et la vie».
Le Pape a aussi invité les prêtres à ne «jamais se décourager», car «Dieu ne faillit jamais». «Rappelez-vous ce mot de l’Ordination: « Que Dieu Lui-même achève en vous ce qu’il a commencé »». Et il le fait» a-t-il noté.
La mission dans le monde
En allégeant le fardeau qui pèse sur nos épaules, en annonçant la bonne nouvelle aux pauvres, la liberté aux captifs, le sacerdoce devient «un ministère jubilaire» a encore relevé le Pape François. «C’est le Royaume de Dieu, celui dont parlent les paraboles, efficace et discret comme le levain, silencieux comme la semence. Combien de fois les petits l’ont-ils reconnu en nous? Et sommes-nous capables de dire merci?».
Le champ de la mission reste le monde, a encore expliqué François. «Notre maison commune, si blessée, et la fraternité humaine, si niée et pourtant indélébile, nous appellent à des choix faits pour les champs. La récolte de Dieu est pour tous: Un champ vivant, dans lequel pousse cent fois plus que ce qui a été semé».
Le Pape a ainsi exhorté les fidèles à prier «pour la joie des prêtres» pour faire face à leur mission. «De nombreuses peurs nous habitent et de terribles injustices nous entourent, mais un monde nouveau s’est déjà levé. Dieu a tant aimé le monde qu’il nous a donné son Fils, Jésus. Il oint nos blessures et sèche nos larmes» a-t-il conclu, tourné déjà vers la joie pascale.

18.04.2025 – INTÉGRALE DES LECTURES DU VENDREDI SAINT
Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’intégralité des lectures du Vendredi saint.
Le Jeudi Saint du Pape auprès de prisonniers à Rome

Le Jeudi Saint du Pape auprès de prisonniers à Rome
En ce Jeudi Saint, François a fait un geste concret pour ceux qui vivent derrière les barreaux, visitant la prison romaine Regina Coeli: «J’ai toujours aimé venir en prison pour vous laver les pieds. Cette année, je ne peux pas, mais je suis proche de vous», a-t-il déclaré. Environ 70 détenus d’âges et de nationalités différents l’ont accueilli au milieu de cris de joie et d’applaudissements.
Vatican News
«Liberté!», «Pardon!», «Père!», «Nous sommes avec vous!», «Joyeuses Pâques!», «Priez pour la Palestine!». Tels sont les cris provenant des grandes fenêtres des trois sections donnant sur la rotonde centrale de la maison d’arrêt Regina Coeli de Rome, dominée par la statue d’une Vierge tenant l’Enfant Jésus. Ces cris étaient si forts qu’ils couvraient la voix faible mais déterminée de François, arrivé peu avant 15 heures. «Le Jeudi Saint, j’ai toujours aimé venir à la prison pour me laver les pieds comme Jésus. Cette année, je ne peux pas le faire, mais je peux et je veux être proche de vous. Je prie pour vous et pour vos familles», a-t-il assuré aux 70 détenus qu’il a personnellement rencontrés.
Applaudissements, cris, mains frappées contre la vitre ont accompagné ces quelques mots du Pape qui, bien que convalescent après 38 jours d’hospitalisation à l’hôpital Gemelli, n’a pas voulu manquer sa traditionnelle visite dans une prison le Jeudi Saint. Un acte fort qu’il a très souvent honoré au cours de ses douze années de pontificat et, plus tôt encore, comme cardinal à Buenos Aires.

Au milieu des chœurs et des applaudissements
Une demi-heure de visite au total pour saluer et bénir 70 détenus d’âges et de nationalités différents, ainsi que le personnel de cette ancienne structure, dans le quartier du Trastevere. Le Pape avait déjà visité cette prison en 2018, il avait alors lavé les pieds de douze prisonniers, comme à son habitude pour la messe de la Cène du Seigneur.
Plusieurs fois, avant, pendant et après la visite du Pape François, les gardiens ont appelé à l’ordre et au silence, mais il était difficile de contenir l’émotion des prisonniers de voir l’évêque de Rome dans la même salle où ils se réunissent chaque dimanche pour écouter la catéchèse ou célébrer la messe.

Le chapelet autour du cou et l’Évangile à la main
Ces hommes âgés de 20 à 65 ans, originaires de différents pays, étaient répartis en cinq rangs, alignés devant le Pape. Presque tous portaient un chapelet en bois autour du cou, certains avaient à la main des livres de prières ou des versions de poche de l’Évangile.
Des Évangiles ont été offerts par le Pape lui-même, ainsi que des chapelets, passant entre les rangs et s’arrêtant auprès de chacun des présents, entre ceux qui se jetaient à genoux, ceux qui lui baisaient la main ou posaient leur front sur la chaise roulante du Pape. De nombreux détenus manifestaient leur grande émotion de rencontrer le Successeur de Pierre par des cris de joie, des chants ou des exclamations.
En quittant les lieux, François s’est confié à un groupe de journalistes présents devant la porte: «Chaque fois que j’entre dans un endroit comme celui-ci, je me demande: pourquoi eux et pas moi?». Interrogé sur la manière dont il allait vivre Pâques cette année, après plus d’un mois d’hospitalisation, François a répondu sur le ton humoristique qui le caractérise: «Comme je le peux». Lors de sa précédente visite en 2018, François était le quatrième Pape à se rendre dans la prison Regina Coeli. Il a été précédé par Jean-Paul II en 2000, Paul VI en 1964 et Jean XXIII en 1958.
Source : VATICANNEWS, le 17 avril 2025
La conversion du père Baldé, fils d’un imam devenu prêtre

La conversion du père Baldé, fils d’un imam devenu prêtre
En ce Jeudi Saint qui ouvre le Triduum pascal, l’Église commémore l’Institution de l’Eucharistie rappelant le dernier repas pris par Jésus avec ses disciples. Ce jour marque également la fête du sacerdoce où tous les prêtres sont invités à renouveler leur engagement pris lors de leur ordination. Le père Frederic Baldé, prêtre du diocèse de Paris, et dont le parcours le conduisant au ministère sacerdotal a été parsemé d’embûches, exprime sa joie de «participer au sacerdoce du Christ».
Entretien réalisé par Myriam Sandouno – Cité du Vatican
«Dans chacune de nos histoires», comme indiqué dans l’homélie du Pape, lue par le cardinal Domenico Calcagno lors de la messe chrismale de ce Jeudi Saint, 17 avril, «Dieu ouvre un jubilé, c’est-à-dire un temps et une oasis de grâce». «Nous, les prêtres, rappelle le Saint-Père, avons aussi une histoire: en renouvelant nos promesses d’ordination le Jeudi Saint, nous confessons que nous ne pouvons la lire qu’en Jésus de Nazareth». Le Christ qu’a bien voulu suivre le père Frederic Baldé. Fils d’un imam originaire de la Guinée, issu de la communauté peule, il a fait le choix de devenir chrétien contre l’avis de ses proches. Dans un entretien accordé à Radio Vatican-Vatican News, le prêtre du diocèse de Paris et de la communauté de l’Emmanuel, curé-recteur de la basilique du Sacré-Cœur de Balata à Fort-de-France en Martinique, revient sur sa conversion et le sens de l’Eucharistie en ce Jeudi Saint.
Père Frederic Baldé, le Jeudi Saint est un jour particulier pour les prêtres, puisqu’ils commémorent l’Institution de l’Eucharistie. C’est également la fête du sacerdoce, comment vous vivez aujourd’hui ce moment?
C’est toujours une très grande joie de vivre la Semaine Sainte, de pouvoir vraiment renouveler mes engagements pris lors de mon ordination. Et donc c’est l’occasion, le Jeudi Saint de prendre conscience de ce don inestimable qui m’a été fait de participer au sacerdote du Christ, et de vivre véritablement dans la gratitude. C’est gratuitement que Dieu m’a fait ce don et en même temps, il est fidèle à ce don jusqu’au bout. Malgré mes infidélités, mes faiblesses, je peux toujours m’appuyer sur le Christ.
Fils d’un imam, vous faites le choix de devenir chrétien. Comment la nouvelle a été accueillie dans votre famille, issue d’une communauté peule, et très ancrée dans l’islam?
Oh, très, très mal! Pour mes parents, il n’en était pas question. Pour mes parents, c’était un retour en arrière, car ils estiment que l’islam est la dernière religion monothéiste révélée, et donc, pourquoi revenir au christianisme? Et puis, vu la position de ma famille, c’était inacceptable. Cette situation a donc provoqué une rupture entre mes parents et moi, rupture qui a duré une vingtaine d’années, ce qui d’ailleurs m’a obligé à quitter la Guinée. J’ai poursuivi mon chemin, ma formation, sans que ma famille, mes parents y soient associés jusqu’à mon ordination. C’est seulement plusieurs années après mon ordination que, petit à petit, les relations se sont rétablis avec mes parents. Même si la question religieuse reste quand même presque un sujet tabou.
Qu’est-ce qui a motivé ce choix de suivre le Christ?
Ce qui m’a motivé à devenir chrétien, c’est simplement la question de la communion avec Dieu. Avec la foi chrétienne, je me rendais compte de cette possibilité, puisque si Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils, non pas pour juger le monde, mais pour que par Lui le monde soit sauvé, c’est qu’il y a donc une possibilité de communion avec Dieu. De là à devenir prêtre, c’est une autre histoire. Mais c’est là aussi qu’on se rend compte de la sollicitude du peuple chrétien, du peuple de Dieu. Puisque moi, je n’avais jamais imaginé devenir prêtre. Un jour, des fidèles paroissiens m’ont posé la question. «Alors, tu ne veux pas devenir prêtre?» J’ai été très surpris… Et puis finalement, je me suis dit, il est temps de prendre cette question au sérieux, de poser la question au Seigneur. Au fur et à mesure, mon cœur s’est ouvert à cette proposition pour être enfin capable d’entendre l’appel du Seigneur et de pouvoir y répondre.
Dans le diocèse de Paris vous avez été responsable des relations avec l’islam, comment avez-vous vécu cette expérience?
Ce fu une occasion pour moi de beaucoup former les fidèles chrétiens sur la connaissance de l’islam, pour entrer en dialogue avec l’islam partout où ils sont, dans leur milieu de travail, dans leur quartier, dans leurs écoles, etc. Donc j’ai assuré beaucoup de formations pour la découverte, pour la présentation de la foi musulmane, pour que les chrétiens, face à un musulman, comprennent: ce qu’il pense, ce que les choses veulent dire pour lui, pour ainsi entrer en dialogue avec l’autre. En réalité quand on connaît l’autre, il fait moins peur.
Le plus important, c’est d’être ancré en Christ. Si le Christ n’est pas notre tout, ça ne peut pas marcher. Et quand le Christ dit: «Je ne vous appelle plus serviteur, mais ami». Il faudrait vraiment que nous fassions cette expérience intimement, dans notre cœur. Il nous faut être de vrais amis du Christ. C’est cela qui nous aidera à tenir dans les moments difficiles, dans les moments d’épreuve. «Il m’a aimé le premier et il a livré sa vie pour moi»: C’est le socle qui doit être la base de toute personne voulant se donner au Christ, voulant suivre le Christ.
Quel sens donnez-vous à l’Eucharistie?
L’Eucharistie est toujours l’occasion de recevoir le Christ en plénitude. Et c’est Lui qui se donne. Se préparer à cette rencontre, à ce don qu’Il nous fait, c’est toujours une joie, malgré les épreuves que l’on traverse. L’Eucharistie, ne se résume pas simplement à la messe célébrée, c’est aussi l’adoration, avoir ce «cœur de l’Eucharistie», cette adoration qui nous permet en quelque sorte de vivre dans cette action de grâce continuelle et de pouvoir s’émerveiller devant tout ce que Dieu fait pour nous. Car quand je suis devant l’Eucharistie, je me dis: nous sommes aimés à ce point?
Ce grand don de Dieu dans l’Eucharistie est tellement immense que cela ne peut que nous réjouir et nous faire comprendre que nous devons faire confiance au Seigneur en toutes circonstances. Tout est possible pour Dieu. Malgré mes faiblesses, mes imperfections, le Christ m’a aimé. En restant fidèle, en me battant pour Lui avec ce que je suis, je pourrais contempler le Seigneur face à face.
Source : VATICANNEWS, le 27 avril 2025
« La Vierge Marie tenait la Couronne d’épines ensanglantée »

« La Vierge Marie tenait la Couronne d’épines ensanglantée »
Le Vendredi Saint 25 mars 1921, sœur Josefa Menendez (1) reçoit la visite de Jésus et de Marie qu’elle rapporte ici :
« Après avoir fini mes balayages, je suis montée visiter la Sainte Vierge au Noviciat. J’étais à peine entrée quand Notre Seigneur est venu. Il avait ses mains attachées, sa tête couronnée d’épines, sa figure souillée de sang et de coups. Il fixa seulement ses yeux sur moi avec une grande tristesse. Puis Il disparut.
Vers trois heures de l’après-midi, je Le vis encore une fois – Il me montra la Plaie de son Côté et me dit : « – Regarde ce qu’a fait l’Amour ! » « Sa Blessure s’ouvrit et Il continua : « – C’est pour les hommes qu’Elle s’est ouverte… c’est pour toi ! … Viens… approche… et entre ! »
La Mère des Douleurs confirme les grâces de ce jour par un de ces mots qui révèlent bien son Cœur. Vers cinq heures du soir, Josefa est à l’oratoire du Noviciat :
« Là, sans rien dire, assise aux pieds de la Sainte Vierge, je repassais tout ce que j’avais vu et compris aujourd’hui. Soudain, Elle est venue : sa tunique était de couleur violette très sombre, ainsi que son long voile. Dans ses mains, Elle tenait la Couronne d’épines ensanglantée, Elle me la montra en me disant :
« -Sur le Calvaire, Jésus m’a donné tous les hommes pour fils. Viens, car tu es ma fille ! Ne sais-tu pas déjà combien Je suis ta Mère ? » « Je lui demandai la permission de baiser la Couronne et, me la donnant en même temps qu’ Elle mettait sa main sur mon épaule, Elle dit : « Oh ! Quel souvenir Il m’a laissé de Lui en me donnant les âmes ! … »
Sœur Josefa Menendez
Extrait (pages 139-140) de Un appel à l’Amour, Editions de l’Apostolat de la Prière, Toulouse. Réimpression 1972
Sœur Josefa Menéndez est une religieuse catholique espagnole qui a vécu en France presque quatre années, du 5 février 1920 à sa mort le 29 décembre 1923. Très grande mystique, elle a reçu des quantités de messages attribués à Jésus, messages d’une grande simplicité. Ses messages sont contenus dans le livre Un appel à l’amour.
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
18.04.2025 – SAINTE DU JOUR

Bse Marie de l’Incarnation
Veuve et Carmélite (+ 1618)
Marie de l’Incarnation (dans le siècle Barbe Avrillot) naît à Paris le 1er février 1566. Elle fut, dès sa jeunesse, attirée vers la vie religieuse. Ses parents s’opposèrent à sa vocation, préférant pour elle un riche mariage.
La pieuse enfant dut se résigner ; après quelques années qu’elle passa dans l’humilité, la prière et la mortification, elle fut mariée à un noble gentilhomme nommé Pierre Acarie. Une fois son sacrifice fait, la jeune épouse ne songea plus qu’à se sanctifier dans ce nouvel état.
Elle éleva ses trois garçons et ses trois filles avec un rare dévouement, surveillant leurs prières, leurs travaux, leurs jeux, et les soumettant à une règle sage toujours ponctuellement exécutée : « Maintenant je suis vraiment heureuse, leur dit-elle un jour, je vois que vous aimez Dieu et que Dieu vous aime ! »
Son mari eut à subir de grandes épreuves, qu’elle partagea avec une parfaite résignation. Plus tard, elle n’en parlait qu’avec joie : « Quel temps ! Quels heureux jours ! Qu’on trouve bien Dieu dans l’épreuve ! »
Mme Acarie eut la plus grande part à l’introduction des Carmélites en France. Elle entra elle-même au Carmel après la mort de son mari, à la condition de n’être que sœur converse : « Ma Mère, dit-elle en arrivant, je suis une pauvre mendiante qui vient supplier la Miséricorde divine et me jeter dans les bras de la religion. »
On la vit toujours occupée aux plus bas offices, cuisine, vaisselle, raccommodage.
Sœur Marie de l’Incarnation tombe malade le 7 février 1618 : symptômes d’apoplexie et de paralysie. Dans ses souffrances elle dira : « Quoi ! Mourir sans souffrir ! Le désir de souffrir me fera mourir ! » et, peu avant sa mort : « Ce que je souffre n’est rien en comparaison de ce que je voudrais souffrir, et pourtant quelles douleurs ! Mon Dieu, ayez pitié de moi. »
Marie de l’Incarnation meurt au carmel de Pontoise dans de grandes souffrances, le 18 avril 1618, à l’âge de 52 ans, très aimée de ses enfants, de ses sœurs carmélites et de ses amis. Quand la nouvelle de sa mort se répand dans la ville, on n’entend qu’un cri : « La sainte est morte! » Les miracles se multiplient à son tombeau.
Le 24 août 1792, Pie VI la proclame bienheureuse. Elle continue à être encore invoquée aujourd’hui tout spécialement lors des grossesses difficiles.
Bse Marie de l’Incarnation priez pour nous !

18.04.2025 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 18,1-40.19,1-42.

En ce temps-là, après le repas, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples.
Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis.
Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes.
Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? »
Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C’est moi, je le suis. » Judas, qui le livrait, se tenait avec eux.
Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre.
Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. »
Jésus répondit : « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. »
Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés ».
Or Simon-Pierre avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus.
Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? »
Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs se saisirent de Jésus et le ligotèrent.
Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père de Caïphe qui était grand prêtre cette année-là.
Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. »
Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre.
Pierre se tenait près de la porte, dehors. Alors l’autre disciple – celui qui était connu du grand prêtre – sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre.
Cette jeune servante dit alors à Pierre : « N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? » Il répondit : « Non, je ne le suis pas ! »
Les serviteurs et les gardes se tenaient là ; comme il faisait froid, ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer. Pierre était avec eux, en train de se chauffer.
Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement.
Jésus lui répondit : « Moi, j’ai parlé au monde ouvertement. J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n’ai jamais parlé en cachette.
Pourquoi m’interroges-tu ? Ce que je leur ai dit, demande-le à ceux qui m’ont entendu. Eux savent ce que j’ai dit. »
À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant : « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! »
Jésus lui répliqua : « Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal. Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »
Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe.
Simon-Pierre était donc en train de se chauffer. On lui dit : « N’es-tu pas, toi aussi, l’un de ses disciples ? » Pierre le nia et dit : « Non, je ne le suis pas ! »
Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, insista : « Est-ce que moi, je ne t’ai pas vu dans le jardin avec lui ? »
Encore une fois, Pierre le nia. Et aussitôt un coq chanta.
Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C’était le matin. Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire, pour éviter une souillure et pouvoir manger l’agneau pascal.
Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? »
Ils lui répondirent : « S’il n’était pas un malfaiteur, nous ne t’aurions pas livré cet homme. »
Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. »
Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir.
Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? »
Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »
Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »
Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation.
Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? »
Alors ils répliquèrent en criant : « Pas lui ! Mais Barabbas ! » Or ce Barabbas était un bandit.
Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé.
Les soldats tressèrent avec des épines une couronne qu’ils lui posèrent sur la tête ; puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre.
Ils s’avançaient vers lui et ils disaient : « Salut à toi, roi des Juifs ! » Et ils le giflaient.
Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit : « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara : « Voici l’homme. »
Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
Ils lui répondirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. »
Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte.
Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Jésus ne lui fit aucune réponse.
Pilate lui dit alors : « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ? »
Jésus répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi porte un péché plus grand. »
Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais des Juifs se mirent à crier : « Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi s’oppose à l’empereur. »
En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha.
C’était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. »
Alors ils crièrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. »
Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié. Ils se saisirent de Jésus.
Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha.
C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.
Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. »
Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville, et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec.
Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais : “Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs”. »
Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »
Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas.
Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. » Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : ‘Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement.’ C’est bien ce que firent les soldats.
Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. »
Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : ‘Aucun de ses os ne sera brisé.’
Un autre passage de l’Écriture dit encore : ‘Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.’
Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.
Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres.
Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts.
À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne.
À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :
Saint Augustin (354-430)
évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
Traité sur la Passion du Seigneur, 1-2 : PLS 2, 545-546 (in Lectures chrétiennes pour notre temps, fiche F17; trad. Orval; © 1971 Abbaye d’Orval)
Admirable échange : Il est mort pour nous donner la Vie !
La passion de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ est un gage de gloire et un enseignement de patience. Que ne peut espérer de la grâce divine le cœur des croyants pour qui le Fils unique et coéternel du Père ne s’est pas contenté de naître homme parmi les hommes mais a voulu encore mourir par la main des hommes qu’il avait créés ? Elles sont grandes les promesses du Seigneur. Mais ce qu’il a déjà accompli pour nous et dont nous faisons mémoire est beaucoup plus grand encore. Où étaient-ils et qui étaient-ils, ces impies pour qui le Christ est mort ? Il leur a donné sa mort : qui pourrait douter qu’il donnera aux justes sa vie ? Pourquoi l’humaine faiblesse hésite-t-elle à croire qu’il arrivera un jour où les hommes vivront avec Dieu ? Ce qui s’est déjà produit est beaucoup plus incroyable : Dieu est mort pour les hommes. Qu’est le Christ, sinon ce que dit l’Écriture : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu » (Jn 1,1) ? Ce Verbe de Dieu « s’est fait chair, et il a habité parmi nous » (Jn 1,14). Il n’aurait pas eu en lui de quoi mourir s’il n’avait pris de nous une chair mortelle. Ainsi l’immortel put mourir, ainsi il voulut donner sa vie aux mortels. Plus tard, il fera prendre part à sa vie ceux dont il a d’abord partagé la condition. Par nous-mêmes nous n’avions pas la possibilité de vivre, ni lui par lui-même celle de mourir. Il fit donc avec nous cet admirable échange : ce par quoi il est mort était de nous et ce par quoi nous vivrons sera de lui.

LECTURES :
Livre d’Isaïe 52,13-15.53,1-12.
Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s’élèvera, il sera exalté !
La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme ; il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme.
Il étonnera de même une multitude de nations ; devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit, ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler.
Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ?
Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire.
Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien.
En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié.
Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris.
Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.
Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche.
Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple.
On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n’avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche.
Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira.
Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes.
C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part, avec les puissants il partagera le butin, car il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les pécheurs.

Psaume 31(30),2ab.6.12.13-14ad.15-16.17.25.
R/ Ô Père, en tes mains je remets mon esprit. (Lc 23, 46)
En toi, Seigneur, j’ai mon refuge ;
garde-moi d’être humilié pour toujours.
En tes mains je remets mon esprit ;
tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.
Je suis la risée de mes adversaires
et même de mes voisins,
je fais peur à mes amis
s’ils me voient dans la rue, ils me fuient.
On m’ignore comme un mort oublié,
comme une chose qu’on jette.
J’entends les calomnies de la foule :
ils s’accordent pour m’ôter la vie.
Moi, je suis sûr de toi, Seigneur,
je dis : « Tu es mon Dieu ! »
Mes jours sont dans ta main : délivre-moi
des mains hostiles qui s’acharnent.
Sur ton serviteur, que s’illumine ta face ;
sauve-moi par ton amour.
Soyez forts, prenez courage,
vous tous qui espérez le Seigneur !

Lettre aux Hébreux 4,14-16.5,7-9.
Frères, en Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi.
En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché.
Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.
Le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair, offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect.
Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance
et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

17.04.2025 – Messe en mémoire de la Cène du Seigneur à Notre-Dame de Paris
Messe en mémoire de la Cène du Seigneur célébrée en la cathédrale Notre-Dame de Paris et présidée par Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris. La célébration de la Sainte Cène ouvre le Triduum pascal.