« Marie est la mère de la restitution de tout »

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« Marie est la mère de la restitution de tout »

Dieu est le Père des choses créées ; Marie est la Mère des choses recréées…

Dieu est le Père de la Constitution de tout, Marie est la mère de la restitution de tout. Car Dieu a engendré celui par qui tout fut créé ; et Marie a enfanté celui par qui tout fut sauvé….

O bienheureuse confiance ! O sûr refuge ! La Mère de Dieu est notre Mère. »

Saint Anselme, docteur de l’Église

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

21.04.2025 – SAINT DU JOUR

Saint Anselme de  Cantorbéry  (+ 1109)

Archevêque et docteur de l’Église 

Anselme naît à Aoste, en Piémont, en 1033 ou 1034. Sa pieuse mère Ermengarde lui apprit, de bonne heure, à aimer Dieu et la Très Sainte Vierge ; mais, privé du soutien maternel vers l’âge de quinze ans, poursuivi dans sa vocation religieuse par le père, Gandolfo, mondain et intraitable, il se laissa entraîner par le monde.

Las d’être la victime de son père, il s’enfuit en France, et se fixa comme étudiant à l’abbaye du Bec, en Normandie. Là il dit à Lanfranc, chef de cette célèbre école : « Trois chemins me sont ouverts : être religieux au Bec, vivre en ermite, ou rester dans le monde pour soulager les pauvres avec mes richesses : parlez, je vous obéis. » Lanfranc se prononça pour la vie religieuse. Ce jour-là, l’abbaye du Bec fit la plus brillante de ses conquêtes. Anselme avait vingt-sept ans.

Quand bientôt Lanfranc prit possession du siège archiépiscopal de Cantorbéry, il fut élu prieur de l’abbaye, malgré toutes ses résistances ; il était déjà non seulement un savant, mais un saint. De prieur, il devint abbé, et dut encore accepter par force ce fardeau, dont lui seul se croyait indigne.

Sa vertu croissait avec la grandeur de ses charges. Le temps que lui laissait libre la conduite du couvent, il le passait dans l’étude de l’Écriture Sainte et la composition d’ouvrages pieux ou philosophiques. La prière toutefois passait avant tout le reste ; l’aube le retrouvait fréquemment à genoux. Un jour le frère chargé de réveiller ses frères pour le chant des Matines, aperçut dans la salle du chapitre, une vive lumière ; c’était le saint abbé en prière, environné d’une auréole de feu.

Forcé par la voix du Ciel, le roi d’Angleterre, Guillaume, le nomme archevêque de Cantorbéry ; Anselme refuse obstinément ; mais, malgré lui, il est porté en triomphe sur le trône des Pontifes. Huit mois après, il n’était pas sacré ; c’est qu’il exigeait comme condition la restitution des biens enlevés par le roi à l’Église de Cantorbéry. Le roi promit mais il manqua à sa parole, et dès lors Anselme, inébranlable dans le maintien de ses droits, ne fut plus qu’un grand persécuté.

Obligé de fuir, il traversa triomphalement la France, et alla visiter le Pape, qui le proclama hautement « héros de doctrine et de vertu ; intrépide dans les combats de la foi. » Quand Anselme apprit la mort tragique de Guillaume dans une partie de chasse, il s’écria en fondant en larmes : « Hélas ! J’eusse donné ma vie pour lui épargner cette mort terrible ! » Anselme put revenir en Angleterre, vivre quelques années en paix sur son siège, et il vit refleurir la religion dans son Église.

Il meurt le 21 avril 1109 à Cantorbéry où il attend la résurrection dans la célèbre cathédrale.  

Pour approfondir, lire la catéchèse du pape Benoît XVI :

>>> Saint Anselme

Saint Anselme de  Cantorbéry priez pour nous !

21.04.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28,8-15. 

En ce temps-là, quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange, vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui.
Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »
Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé.
Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme
en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.”
Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »
Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

évêque de Jérusalem et docteur de l’Église

Catéchèse baptismale n°14,14 (Les catéchèses, coll. Les pères dans la foi n° 53-54; trad. J. Bouvet; éd. Migne 1993; p. 220-221)

Ceux qui ont accueilli la vérité l’ont proclamée

Les princes des prêtres et les pharisiens avaient fait sceller la tombe par Pilate : les femmes n’en ont pas moins contemplé le ressuscité. Isaïe connaissant et la pusillanimité des princes des prêtres, et la fermeté de la foi des saintes femmes, dit : « Femmes qui revenez de la vision, approchez : car le peuple est sans intelligence » (Is 27,11 LXX). Les princes des prêtres manquent d’intelligence, tandis que les femmes voient de leurs propres yeux. Et quand les soldats vinrent trouver les princes des prêtres dans la ville et leur racontèrent tout ce qui s’était passé, ceux-ci leur dirent : « Dites : ses disciples sont venus la nuit et l’ont enlevé tandis que nous dormions » (Mt 28,13). Isaïe a donc eu raison de prédire comme en parlant d’eux : « Eh bien ! parlez-nous et annoncez-nous une autre tromperie » (Is 30,10 LXX). Le ressuscité s’est réveillé et les voilà qui donnent aux soldats de l’argent pour essayer de les convaincre. (…) Et si le gouverneur l’apprend, nous lui ferons entendre raison » (Mt 28,14). Vous aurez beau le convaincre, vous ne convaincrez pas l’univers. Car pourquoi les soldats qui gardaient Jésus Christ n’ont-ils pas, comme le furent les gardes lorsque Pierre sortit de sa prison, été condamnés ? Le châtiment d’Hérode tomba sur ces derniers, car ils ne surent pas trouver de justification ; mais les autres, qui avaient vu le fait, mais qui, pour de l’argent, l’avait dissimulé, furent couverts par les princes des prêtres. (…) Ceux qui avaient caché la vérité ont totalement disparu ; ceux qui au contraire l’avaient accueillie l’ont proclamée, par la puissance du Sauveur qui non seulement était ressuscité des morts, mais encore avait avec lui ressuscité les morts. Parlant au nom de ceux-ci, le prophète Osée dit clairement : « Dans deux jours il vous guérira, et le troisième jour nous ressusciterons et nous vivrons devant lui » (Os 6,2).

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 2,14.22b-33. 

Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles.
Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes.
Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies.
Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir.
En effet, c’est de lui que parle David dans le psaume : ‘Je voyais le Seigneur devant moi sans relâche : il est à ma droite, je suis inébranlable.
C’est pourquoi mon cœur est en fête, et ma langue exulte de joie ; ma chair elle-même reposera dans l’espérance :
tu ne peux m’abandonner au séjour des morts ni laisser ton fidèle voir la corruption.
Tu m’as appris des chemins de vie, tu me rempliras d’allégresse par ta présence.’
Frères, il est permis de vous dire avec assurance, au sujet du patriarche David, qu’il est mort, qu’il a été enseveli, et que son tombeau est encore aujourd’hui chez nous.
Comme il était prophète, il savait que Dieu lui avait juré de faire asseoir sur son trône un homme issu de lui.
Il a vu d’avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : ‘Il n’a pas été abandonné à la mort, et sa chair n’a pas vu la corruption.’
Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins.
Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint qui était promis, et il l’a répandu sur nous, ainsi que vous le voyez et l’entendez. »

Psaume 16(15),1-2a.5.7-8.9-10.11. 

R/ Garde- moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge. (Ps 15, 1)

Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge.
J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe : 
de toi dépend mon sort. »

Je bénis le Seigneur qui me conseille : 
même la nuit mon cœur m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon cœur exulte, mon âme est en fête, 
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort 
ni laisser ton ami voir la corruption.

Tu m’apprends le chemin de la vie : 
devant ta face, débordement de joie ! 
À ta droite, éternité de délices !

20.04.2025 – Célébration oecuménique du mystère de Pâques à Notre-Dame de Paris

Ce dimanche 20 avril à 16h, en cette année où toutes les confessions chrétiennes fête Pâques le même jour, Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, invite tous les membres des Églises à se réunir pour une prière commune à Notre-Dame de Paris.

20.04.2025 – MESSE DE LA RÉSURRECTION À ROME

Messe de la Résurrection: le Pape exhorte à chercher le Christ partout dans la joie

La Solennité de la Résurrection a été présidée place Saint-Pierre par le cardinal Comastri, archiprêtre émérite de Saint-Pierre, concélébrée par 300 prêtres, évêques et cardinaux, devant 35 000 fidèles et pèlerins. En ce dimanche 20 avril, jour de Pâques providentiellement commun aux chrétiens d’Orient et d’Occident, la messe a revêtu une dimension byzantine toute particulière. Dans son homélie préparée, le Pape, absent physiquement, a rappelé que «le Christ vivant n’est pas un héros du passé». 

Delphine Allaire – Cité du Vatican

En l’absence du Pape ayant délégué la célébration au cardinal Angelo Comastri, la joie et l’émerveillement inhérents à la Résurrection ont été célébrés lors de la messe du jour de Pâques sur la place Saint-Pierre. Quelques 250 prêtres, 16 évêques et 26 cardinaux l’ont concélébrée, en présence de 35 000 fidèles dont certains étaient arrivés aux premières lueurs de l’aube, précautionneux de l’affluence d’une année jubilaire. Parmi certains invités officiels se trouvaient le Premier ministre de la Croatie, Andrej Plenković, ainsi qu’une délégation hollandaise, dont le pays tapisse de milliers de fleurs le parvis de la basilique chaque année depuis 40 ans. Après le chant d’entrée O Filii et Filiae, hymne liturgique du temps pascal, la Résurrection du Seigneur a été annoncée avec le rite du Resurrexit, l’un des éléments orientaux de la célébration. L’icône acheiropoïète («qui n’est pas faite de main d’homme») du Très Saint Sauveur, représentant sur le panneau central le Christ glorieux assis sur un trône, a ensuite été dévoilée. Après deux lectures, en anglais et en français, le psaume 117, la double proclamation de l’Évangile selon saint Jean a eu lieu en latin et en grec, signe d’union entre Occident et Orient chrétiens, particulièrement en cette année où toute la chrétienté célèbrent la Résurrection dimanche 20 avril. L’hymne byzantin de la Résurrection “stichi” et “stichirà” de la Pâques byzantine a été entonné en signe d’unité.

Ne pas enfermer le Christ dans une belle histoire ou dans un musée

Contrairement aux années précédentes où l’homélie de la Vigile pascale fait foi, le Pape avait cette fois préparé une homélie lue par le cardinal Angelo Comastri. Le vicaire général émérite pour la Cité du Vatican et archiprêtre émérite de la basilique Saint-Pierre s’en est chargé «avec tant d’émotion», «en ce jour lumineux et intemporel», a-t-il glissé.Le Souverain pontife a choisi ce dimanche de centrer son homélie sur le fait que les protagonistes des récits de Pâques «courent tous»dans les Évangiles. Cette course en l’occurrence de Marie-Madeleine, Pierre et Jean, exprime donc selon François «le désir, l’élan du cœur, l’attitude intérieure de ceux qui partent à la recherche de Jésus». En effet, il est ressuscité et n’est donc plus dans le tombeau. Il faut le chercher ailleurs. «Le Christ ressuscité, vivant, n’est pas resté prisonnier de la mort, il n’est plus enveloppé dans le linceul, et donc on ne peut pas l’enfermer dans une belle histoire à raconter, on ne peut pas en faire un héros du passé ou penser à Lui comme à une statue placée dans la salle d’un musée!», a écrit le Pape, exhortant à ne pas rester immobiles, mais à nous mettre en mouvement à sa recherche. «Le chercher dans notre vie, le chercher sur le visage de nos frères, le chercher dans le quotidien, le chercher partout sauf dans ce tombeau.»

“On ne peut pas enfermer le Christ ressuscité dans une belle histoire à raconter, on ne peut pas en faire un héros du passé ou penser à Lui comme à une statue placée dans la salle d’un musée!”

«Nous devons courir, pleins de joie»

Et le Successeur de Pierre d’affirmer au contraire que le Christ se cache et se révèle aujourd’hui encore «dans les sœurs et les frères que nous rencontrons sur notre chemin, dans les situations les plus anonymes et les plus imprévisibles de notre vie». C’est pourquoi, selon lui, la foi pascale, «est tout sauf un arrangement statique ou une installation paisible dans une quelconque assurance religieuse». Elle nous invite à avoir des yeux capables de “voir au-delà”, a rappelé François, invitant chacun à hâter son pas à la rencontre du Christ, afin de redécouvrir «la grâce inestimable d’être ses amis». «Nous ne pouvons donc pas parquer notre cœur dans les illusions de ce monde ou l’enfermer dans la tristesse; nous devons courir, pleins de joie».

“La foi pascale est tout sauf un arrangement statique ou une installation paisible dans une quelconque assurance religieuse.”

Et le Pape de conclure citant, comme souvent, le théologien français jésuite Henri de Lubac (1896-1991), dont la cause de béatification a été ouverte en 2023 par les évêques de France: «Il nous suffira de comprendre ceci: le christianisme, c’est le Christ. Non, il n’y a rien d’autre que cela. Dans le Christ, nous avons tout» (Les responsabilités doctrinales des catholiques dans le monde d’aujourd’hui). Le cardinal Comastri s’est permis en fin d’homélie de remercier le Pape pour ces mots «réveillant notre foi en Jésus ressuscité et vivant», avant qu’un long silence priant n’enveloppe la place Saint-Pierre.

La récitation du Credo a ensuite revêtu une dimension particulièrement chorale en ce dimanche de Pâques commun à tous les chrétiens. Le symbole de Nicée-Constantinople demeure l’un des héritages intacts du premier concile oecuménique de l’Église à Nicée dont les 1700 ans sont commémorés cette année. Autre signe de l’universalité de l’Église, les intentions de prière ont ensuite été lues successivement en langue russe, espagnole, arabe, portugaise et chinoise.

Source : VATICANNEWS, le 20 avril 2025

20.04.2025 – HOMÉLIE DU DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 20,1-9

Jour de Pâques 2025

Ensemble,
éveillons-nous avec le Christ ressuscité

Textes bibliques : Lire


Pistes pour l’homélie


En ce dimanche de Pâques, nous célébrons avec tous les chrétiens la résurrection du Christ. Il s’agit de sa victoire sur la mort et le péché. Cet événement s’est produit sans que personne ne puisse le voir ni le décrire.

Après la mort de Jésus, deux hommes s’étaient occupés de son corps. Ils l’avaient descendu de la croix puis déposé respectueusement dans un tombeau. Pendant ce temps, les apôtres s’étaient cachés. Ils avaient peur d’être poursuivis et mis à mort comme leur Maître. Nous n’avons pas à les juger. Nous chrétiens, nous savons bien que dans un monde hostile ou indifférent, nous avons du mal à affirmer notre foi. Devant le Seigneur, nous sommes invités à reconnaître nos erreurs et nos lâchetés.

L’Évangile nous montre que Marie-Madeleine a fait preuve d’un plus grand courage. Elle n’a pas eu peur des menaces qui pesaient sur les disciples de Jésus. De bon matin, elle se rend au tombeau. Mais quand elle y arrive, elle voit qu’il est ouvert et vide. Elle en déduit qu’on a enlevé le corps de Jésus ; elle court prévenir Pierre et Jean ; tous deux arrivent devant le tombeau vide ; ils voient les linges restés sur place et bien rangés ; Pierre est perplexe. Mais pour Jean, c’est différent. Quelques mots disent sa foi : « Il vit et il crut. »

C’est important pour nous aujourd’hui : nous n’aurons jamais d’autre preuve de la résurrection de Jésus que le tombeau vide. Bien sûr, il y a les apparitions du Christ. Les quatre Évangiles nous en donnent le témoignage. Mais aucune de ces preuves n’est vraiment contraignante. Si nous croyons au Christ ressuscité, c’est parce que nous faisons confiance au témoignage des apôtres et à celui des communautés chrétiennes qui nous a été transmis de génération en génération.

C’est ce témoignage que nous trouvons dans le livre des Actes des Apôtres (1ère lecture). Il s’agit d’un discours de Pierre chez un centurion de l’armée Romaine. Nous nous rappelons qu’au moment de la Passion, il avait renié son Maître devant de simples domestiques. Or aujourd’hui, il se trouve à Césarée qui est le lieu de résidence de Pilate et de ses légions. C’est là qu’il ose proclamer la bonne nouvelle de la résurrection. Les mots de son discours sont audacieux : « Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois de la croix, Dieu l’a ressuscité le troisième jour.

Tout cela se passe chez un centurion de l’armée romaine, donc un païen. C’est une manière de dire que le salut offert en Jésus Christ est offert à tous, même à ceux qui sont très loin de la foi. Dieu n’exclut personne. Quelle que soit sa nation ou sa langue, chacun peut recevoir le salut dans la mesure où il accueille l’Évangile. La bonne nouvelle doit être proclamée au monde entier. C’est pour tous que le Christ a donné sa vie sur une croix.

Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous avons à rendre compte de nos raisons de croire. Sur notre route, nous rencontrons des jeunes et des moins jeunes qui doutent. Ils ont besoin de notre témoignage. Mais n’oublions pas : pour témoigner de l’espérance qui nous anime, il nous faut puiser à la Source, rencontrer le Seigneur dans la prière, nous nourrir de sa Parole et de son Eucharistie. Ce témoignage que nous avons à donner n’est pas le nôtre mais celui du Christ en nous.

Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul nous recommande d’enlever de nos cœurs le vieux levain, c’est-à-dire tous les ferments mauvais de pourriture. Cela ne veut pas dire qu’il faut abandonner le monde ni passer sa journée à regarder vers le ciel. Il s’agit pour nous de fixer notre regard vers le Christ. C’est un appel à lui manifester chaque jour notre amour. Cette manifestation, nous pourrons la vivre dans la prière, dans les sacrements, dans la charité et dans notre témoignage. Alors, comme saint Paul, nous pourrons dire fièrement : « Pour moi, vivre, c’est le Christ et mourir est un avantage. »

En ce dimanche, de nombreux baptêmes sont célébrés dans la plupart des églises du monde entier. Des enfants, des jeunes et des adultes entrent dans la grande famille des chrétiens. Pour eux aussi, c’est un nouveau départ. Toutes ces personnes qui sont baptisées s’engagent sur la même route que nous. Sur cette route, ce n’est pas toujours facile. Comme nous, ils connaîtront le doute et le découragement. Ils auront besoin de sentir que Jésus ressuscité c’est quelqu’un d’important, qu’il est vraiment la Lumière de notre vie.

Le Seigneur ressuscité ne demande qu’à enlever de nos cœurs la pierre qui nous enferme dans les ténèbres. Il veut que la lumière de Pâques brille dans le monde entier. Si nous voulons que nos communautés chrétiennes soient vivantes, il faut qu’elles soient missionnaires. Le Christ ressuscité compte sur notre témoignage à la place qui est la nôtre. Il désire que nous soyons porteurs de cette bonne nouvelle auprès de tous ceux qui nous entourent.

En ce jour, nous demandons au Seigneur qu’il fasse de nous des ressuscités, des témoins de la Vie qu’il donne en plénitude. Qu’il nous donne sa force et ta joie pour révéler aux plus pauvres la grandeur de son amour.

Sources : Revue Feu Nouveau – Missel des dimanches et fêtes des trois années, dossiers personnels.

Source : PUISER À LA SOURCE, le 4 avril 2025