La première prière de Léon XIV dans la chapelle Sixtine, jeudi 8 mai 2025, jour de son élection sur le trône de Pierre. (ANSA)
Léon XIV va célébrer sa première messe avec les cardinaux
Dans son premier discours, le nouveau Souverain pontife a évoqué la paix, le désarmement et le dialogue, a souhaité insister Matteo Bruni, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège. Le choix de son nom, Léon XIV, est une référence claire à la doctrine sociale de l’Église. Ce dimanche 11 mai, le Pape récitera la prière du Regina Coeli depuis la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre.
Isabella H. de Carvalho – Cité du Vatican
Le Pape Léon XIV «a utilisé les premières paroles de Jésus après Pâques, des paroles de paix, de désarmement et de démobilisation» et a parlé de «dialogue». Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège a voulu souligner ces éléments à propos du premier discours du nouveau Souverain pontife, lors d’un point de presse organisé peu après son élection. Matteo Bruni a évoqué l’importance et l’actualité du nom choisi par le nouveau Pape: il s’agit d’une référence claire à son prédécesseur Léon XIII, qui publia en mai 1891 l’encyclique Rerum novarum, à l’origine de la doctrine sociale moderne de l’Église. «Il s’agit clairement d’une référence non aléatoire aux hommes et aux femmes, à leur travail, même à l’époque de l’intelligence artificielle», a souligné Matteo Bruni.
Il a également ajouté que le nouveau Pape parlait de «dialogue»dans un monde souvent marqué par les conflits et les tensions. «Dieu nous aime, il vous aime tous et le mal ne prévaudra pas». Cette bénédiction de Léon XIV a également rappelé certaines des dernières paroles prononcées par François le dimanche de Pâques.
Les premiers rendez-vous du Pape
La Salle de presse a également fourni l’agenda des prochains rendez-vous du Pape. Les voici:
Vendredi 9 mai, à 11 heures, Léon XIV célébrera une messe avec les cardinaux dans la chapelle Sixtine. Elle sera retransmise en direct sur les médias du Saint-Siège. Rendez-vous sur vaticannews.va en français.
Dimanche 11 mai à 12h00, le nouvel évêque de Rome récitera la prière du Regina Coeli depuis la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre.
Lundi 12 mai à 10h00, le Pape Léon XIV rencontrera dans la Salle Paul VI tous les médias accrédités auprès de la Salle de presse du Saint-Siège qui ont couvert les événements de ces dernières semaines.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,52-59.
En ce temps-là, les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. » Voilà ce que Jésus a dit, alors qu’il enseignait à la synagogue de Capharnaüm.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)
fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
Jesus, the Word to be Spoken, ch. 6 (Jésus, celui qu’on invoque; trad. de l’anglais par Françoise Champenois-Laroche; Nouvelle cité, 1988; p. 84 rev.)
« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui »
Comme Jésus nous parle avec tendresse lorsqu’il s’offre aux siens dans la sainte communion : « Ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment une boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui ». Qu’est-ce que mon Jésus pourrait me donner de plus que sa chair en nourriture ? Non, Dieu ne pourrait pas faire plus, ni me montrer un plus grand amour. La sainte communion, comme le mot lui-même l’implique, est l’union intime de Jésus avec notre âme et notre corps. Si nous voulons avoir la vie et la posséder de façon plus abondante, nous devons vivre de la chair de notre Seigneur. Les saints l’ont tellement bien compris qu’ils pouvaient passer des heures en préparation et plus encore en action de grâce. Qui pourrait expliquer cela ? « Quelle profondeur de richesse dans la sagesse et la science de Dieu ! Comme ses jugements sont incompréhensibles, s’exclamait Paul, comme ses chemins sont impénétrables, car qui connaît l’esprit du Seigneur ? » (Rm 11,33-34). Lorsque vous accueillez le Christ dans votre cœur après le partage du Pain Vivant, souvenez-vous de ce que Notre-Dame a dû ressentir alors que le Saint-Esprit l’enveloppait de son ombre et qu’elle, qui était pleine de grâce, a reçu le corps du Christ (Lc 1,26s). L’Esprit était si fort en elle qu’immédiatement « elle se leva en hâte » (v. 39) pour aller et servir.
LECTURES :
Livre des Actes des Apôtres 9,1-20.
En ces jours-là, Saul était toujours animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur. Il alla trouver le grand prêtre et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il trouvait des hommes et des femmes qui suivaient le Chemin du Seigneur, il les amène enchaînés à Jérusalem. Comme il était en route et approchait de Damas, soudain une lumière venant du ciel l’enveloppa de sa clarté.
Il fut précipité à terre ; il entendit une voix qui lui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? » Il demanda : « Qui es-tu, Seigneur ? » La voix répondit : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes. Relève-toi et entre dans la ville : on te dira ce que tu dois faire. » Ses compagnons de route s’étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient la voix, mais ils ne voyaient personne. Saul se releva de terre et, bien qu’il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. Ils le prirent par la main pour le faire entrer à Damas. Pendant trois jours, il fut privé de la vue et il resta sans manger ni boire. Or, il y avait à Damas un disciple nommé Ananie. Dans une vision, le Seigneur lui dit : « Ananie ! » Il répondit : « Me voici, Seigneur. » Le Seigneur reprit : « Lève-toi, va dans la rue appelée rue Droite, chez Jude : tu demanderas un homme de Tarse nommé Saul. Il est en prière, et il a eu cette vision : un homme, du nom d’Ananie, entrait et lui imposait les mains pour lui rendre la vue. » Ananie répondit : « Seigneur, j’ai beaucoup entendu parler de cet homme, et de tout le mal qu’il a fait subir à tes fidèles à Jérusalem. Il est ici, après avoir reçu de la part des grands prêtres le pouvoir d’enchaîner tous ceux qui invoquent ton nom. » Mais le Seigneur lui dit : « Va ! Car cet homme est l’instrument que j’ai choisi pour faire parvenir mon nom auprès des nations, des rois et des fils d’Israël.
Et moi, je lui montrerai tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom. » Ananie partit donc et entra dans la maison. Il imposa les mains à Saul, en disant : « Saul, mon frère, celui qui m’a envoyé, c’est le Seigneur, c’est Jésus qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais. Ainsi, tu vas retrouver la vue, et tu seras rempli d’Esprit Saint. » Aussitôt tombèrent de ses yeux comme des écailles, et il retrouva la vue. Il se leva, puis il fut baptisé. Alors il prit de la nourriture et les forces lui revinrent. Il passa quelques jours à Damas avec les disciples et, sans plus attendre, il proclamait Jésus dans les synagogues, affirmant que celui-ci est le Fils de Dieu.
Psaume 117(116),1.2.
R/ Heureux l’homme dont la faute est enlevée ! (Ps 31, 1a)
Louez le Seigneur, tous les peuples ; fêtez-le, tous les pays !
Son amour envers nous s’est montré le plus fort ; éternelle est la fidélité du Seigneur !
Le cardinal Robert Francis Prevost est né à Chicago qui a passé de nombreuses années comme missionnaire au Pérou avant d’être élu à la tête des Augustins pour deux mandats consécutifs.
Vatican News
Premier pape augustinien, il est le deuxième pontife américain, après François, mais à la différence de Bergoglio, l’Américain Robert Francis Prevost, 69 ans, est originaire du nord du continent. En effet, le nouvel évêque de Rome est né le 14 septembre 1955 à Chicago, Illinois, de Louis Marius Prevost, d’origine française et italienne, et de Mildred Martínez, d’origine espagnole. Il a deux frères, Louis Martín et John Joseph.
Il passe son enfance et son adolescence dans sa famille et étudie d’abord au Petit Séminaire des Pères Augustins, puis à l’Université Villanova, en Pennsylvanie, où il obtient en 1977 un diplôme en mathématiques et étudie la philosophie. Le 1er septembre de la même année, il est entré au noviciat de l’Ordre de Saint-Augustin (OSA) à Saint-Louis, dans la province de Notre-Dame du Bon Conseil de Chicago. Il a fait sa première profession le 2 septembre 1978 et ses vœux solennels le 29 août 1981.
Il a fait ses études à la Catholic Theological Union de Chicago, où il a obtenu un diplôme en théologie. À l’âge de 27 ans, il a été envoyé par ses supérieurs à Rome pour étudier le droit canonique à l’Université pontificale Saint-Thomas d’Aquin (Angelicum). Dans l’Urbe, il a été ordonné prêtre le 19 juin 1982 au Collège des Augustins de Santa Monica par Monseigneur Jean Jadot, pro-président du Conseil pontifical pour les non-chrétiens, aujourd’hui dicastère pour le dialogue interreligieux.
Le père Prevost a reçu sa licence en 1984 et l’année suivante, alors qu’il préparait sa thèse de doctorat, il a été envoyé dans la mission augustinienne de Chulucanas, Piura, Pérou (1985-1986). C’est en 1987 qu’il discute sa thèse de doctorat sur « Le rôle du prieur local de l’Ordre de Saint-Augustin » et qu’il est nommé directeur des vocations et directeur des missions de la province augustinienne « Mother of Good Counsel » à Olympia Fields, Illinois (USA).
L’année suivante, il rejoint la mission de Trujillo, également au Pérou, en tant que directeur du projet de formation commune pour les aspirants augustins des vicariats de Chulucanas, Iquitos et Apurímac. Pendant onze ans, il a occupé les postes de prieur de la communauté (1988-1992), de directeur de la formation (1988-1998) et de professeur des profès (1992-1998) et, dans l’archidiocèse de Trujillo, de vicaire judiciaire (1989-1998) et de professeur de droit canonique, de patristique et de morale au grand séminaire « San Carlos et San Marcelo ». Parallèlement, il s’est vu confier la charge pastorale de Notre Dame Mère de l’Église, devenue plus tard une paroisse portant le nom de Sainte Rita (1988-1999), dans la périphérie pauvre de la ville, et a été administrateur paroissial de Notre Dame de Monserrat de 1992 à 1999.
En 1999, il a été élu prieur provincial de la province augustinienne « Mère du Bon Conseil » à Chicago, et deux ans et demi plus tard, lors du chapitre général ordinaire de l’Ordre de Saint-Augustin, ses frères l’ont choisi comme prieur général, le confirmant en 2007 pour un second mandat.
En octobre 2013, il est retourné dans sa province augustinienne, à Chicago, et a été directeur de la formation au couvent Saint-Augustin, premier conseiller et vicaire provincial ; postes qu’il a occupés jusqu’à ce que le pape François le nomme, le 3 novembre 2014, administrateur apostolique du diocèse péruvien de Chiclayo, l’élevant à la dignité épiscopale en tant qu’évêque titulaire de Sufar. Il est entré dans le diocèse le 7 novembre, en présence du nonce apostolique James Patrick Green, qui l’a ordonné évêque un peu plus d’un mois plus tard, le 12 décembre, en la fête de Notre-Dame de Guadalupe, en la cathédrale Sainte-Marie.
Sa devise épiscopale est « In Illo uno unum », des mots que Saint Augustin a prononcés dans un sermon, l’Exposition sur le Psaume 127, pour expliquer que « bien que nous, chrétiens, soyons nombreux, dans l’unique Christ, nous sommes un ».
Le 26 septembre 2015, il est nommé évêque de Chiclayo par le pontife argentin et, en mars 2018, il est élu deuxième vice-président de la Conférence épiscopale péruvienne, au sein de laquelle il est également membre du Conseil économique et président de la Commission pour la culture et l’éducation.
En 2019, François le compte parmi les membres de la Congrégation pour le clergé le 13 juillet 2019 et l’année suivante, parmi ceux de la Congrégation pour les évêques (21 novembre).Entre-temps, le 15 avril 2020, le pape le nomme également administrateur apostolique du diocèse péruvien de Callao.
Le 30 janvier 2023, le pape le convoque à Rome en tant que préfet du Dicastère pour les évêques et président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine, le promouvant ainsi archevêque. Au Consistoire du 30 septembre de la même année, il le crée et le fait cardinal, en lui attribuant le diaconat de Santa Monica. Il en prend possession le 28 janvier 2024 et, à la tête du dicastère, participe aux derniers voyages apostoliques du pape François et aux première et deuxième sessions de la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sur la synodalité, tenues à Rome du 4 au 29 octobre 2023 et du 2 au 27 octobre 2024, respectivement. Une expérience des assemblées synodales déjà acquise dans le passé en tant que prieur des Augustins et représentant de l’Union des Supérieurs Généraux (UGS).
Entre-temps, le 4 octobre 2023, François compte parmi les membres des Dicastères pour l’évangélisation, Section pour la première évangélisation et les nouvelles Églises particulières; pour la doctrine de la foi; pour les Églises orientales; pour le clergé; pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique; pour la culture et l’éducation; pour les textes législatifs; de la Commission pontificale pour l’État de la Cité du Vatican.
Enfin, le 6 février dernier, il a été promu à l’ordre épiscopal par le pontife argentin, obtenant le titre d’Église suburbicaire d’Albano.
Lors de la dernière hospitalisation de son prédécesseur à la polyclinique «Gemelli», Mgr Prevost a présidé le rosaire pour la santé de François le 3 mars sur la place Saint-Pierre.
Le nouveau Pape Léon XIV exhorte à la paix et au désarmement du monde
Le conclave a élu le cardinal Robert Francis Prevost comme 267e évêque de Rome. Saluant les 100 000 personnes présentes sur la place Saint-Pierre, le nouveau Pape a tenu «à remercier tous ses frères cardinaux qui l’ont choisi pour être le Successeur de Pierre», et «pour marcher avec lui en tant qu’Église unie à la recherche de la justice». Il a eu une pensée pour le Pape François, et a adressé des salutations en espagnol, au diocèse péruvien de Chiclayo où il a été missionnaire.
Vatican News
À 19h23, le Pape Léon XIV a adressé ses salutations à Rome et au monde depuis la loggia centrale de la basilique vaticane:
«La paix soit avec vous tous!»
Chers frères et sœurs, c’est la première salutation du Christ ressuscité, le Bon pasteur qui a donné sa vie pour le troupeau de Dieu. Je voudrais moi aussi que ce salut de paix entre dans vos cœurs, qu’il parvienne à vos familles, à tous les hommes, où qu’ils soient, à tous les peuples, à toute la terre. Que la paix soit avec vous!
C’est la paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et une paix désarmante, humble et persévérante. Elle vient de Dieu, de Dieu qui nous aime tous inconditionnellement. Nous entendons encore dans nos oreilles cette voix faible mais toujours courageuse du Pape François bénissant Rome!
Le Pape bénissant Rome a donné sa bénédiction au monde, au monde entier, ce matin de Pâques. Permettez-moi de poursuivre cette même bénédiction: Dieu nous aime, Dieu vous aime tous, et le mal ne prévaudra pas! Nous sommes tous entre les mains de Dieu. C’est pourquoi, sans crainte, unis main dans la main avec Dieu et les uns avec les autres, allons de l’avant. Nous sommes les disciples du Christ. Le Christ nous précède. Le monde a besoin de sa lumière. L’humanité a besoin de Lui comme un pont vers Dieu et son amour. Aidez-vous aussi les uns les autres à construire des ponts, par le dialogue, par la rencontre, tous unis pour être un seul peuple toujours dans la paix. Merci au Pape François!
Je tiens également à remercier tous mes frères cardinaux qui m’ont choisi pour être le Successeur de Pierre et pour marcher avec vous, en tant qu’Église unie, toujours à la recherche de la paix, de la justice, cherchant toujours à travailler comme des hommes et des femmes fidèles à Jésus-Christ, sans crainte, pour annoncer l’Évangile, pour être missionnaires.
Je suis un fils de saint Augustin, un augustinien, qui a dit: «Avec vous, je suis chrétien et pour vous, évêque». En ce sens, nous pouvons tous marcher ensemble vers cette patrie que Dieu a préparée pour nous.
À l’Église de Rome, une salutation spéciale! Nous devons chercher ensemble comment être une Église missionnaire, une Église qui construit des ponts, qui dialogue, toujours ouverte pour recevoir, comme cette place, à bras ouverts, tous, tous ceux qui ont besoin de notre charité, de notre présence, de notre dialogue et de notre amour.
(En espagnol)
Y si me permiten también, una palabra, un saludo a todos aquellos y en modo particular a mi querida diócesis de Chiclayo, en el Perú, donde un pueblo fiel ha acompañado a su obispo, ha compartido su fe y ha dado tanto, tanto para seguir siendo Iglesia fiel de Jesucristo.
Et si vous me permettez un mot, un salut à tous et de manière spéciale à mon cher diocèse de Chiclayo, au Pérou, où un peuple fidèle a accompagné son évêque, a partagé sa foi et a tant donné pour continuer à être une Église fidèle de Jésus-Christ.
À vous tous, frères et sœurs de Rome, d’Italie, du monde entier, nous voulons être une Église synodale, une Église qui marche, une Église qui cherche toujours la paix, qui cherche toujours la charité, qui cherche toujours à être proche surtout de ceux qui souffrent.
Aujourd’hui, c’est le jour de la Supplication à Notre-Dame de Pompéi. Notre Mère Marie veut toujours marcher avec nous, être proche, nous aider par son intercession et son amour.
Je voudrais donc prier avec vous. Prions ensemble pour cette nouvelle mission, pour toute l’Église, pour la paix dans le monde, et demandons à Marie, notre Mère, cette grâce spéciale.
Le salut du Pape s’est conclu par la prière de l’Ave Maria, la bénédiction Urbi et Orbi et l’octroi de l’indulgence plénière.
C’est, ce dimanche, la Journée Mondiale de prière pour les Vocations – toutes les vocations religieuses – c’est à dire toutes nos vies à la suite du Christ. Il ne s’agit pas seulement de prier pour qu’il y ait plus de prêtres ou pour le nouveau pape ; il s’agit de prier pour qu’il y ait plus de disciples. Il s’agit aussi, de prier que tous, nous soyons de meilleurs disciples, qui écoutent la voix du Christ et qui le suivent.
Le court passage d’Évangile de ce dimanche nous invite à en resituer le contexte dans le cadre plus large du chapitre 10 de l’Évangile de Jean. Il fait suite à la parabole du Bon Pasteur. Jésus se trouve alors pris à partie par des Juifs qui l’ont vu opérer des guérisons mais refusent toujours de le reconnaître Messie. « Combien de temps vas-tu nous tenir en haleine ? Si c’est toi le Christ, dis-le nous ouvertement ! » (Jn 10, 24).
La scène se situe à la Porte de Salomon du Temple de Jérusalem. C’est par cette porte que chaque matin la lumière du jour pénètre l’esplanade de ce monument prestigieux voulu par Hérode, alors en voie d’achèvement. Par cette porte qui symbolise la sagesse, Jésus va et vient.
C’est aussi le jour de la fête juive de la Dédicace, qui commémore la nouvelle consécration (en ‑165) du Temple de Jérusalem, trois ans après sa profanation par Antiochus IV Épiphane, roi de Syrie.
C’est dans ce contexte, au centre duquel se trouve toute l’histoire du Temple, que Jésus proclame : « Le Père et moi, nous sommes UN. » On comprend, dès lors, l’émotion scandalisée de certains, pour qui la présence réelle de Dieu se trouve en fait dans le Saint des Saint et non face à eux, sur l’esplanade. Par cette phrase, Jésus se présente comme le vrai Temple, le lieu de la présence réelle de Dieu sur Terre, et les réactions d’hostilité ne se font pas attendre. L’Évangile de Jean en effet poursuit : ils prirent alors des pierres pour le lapider. Ils ont vu les œuvres du Christ, mais ils ne parviennent pas à croire qu’il est l’incarnation de Dieu.
Le disciple chrétien est celui qui croit fondamentalement en cette présence incarnée de Dieu au sein de l’Humanité, qui croit qu’avec ce Dieu-fait-homme, on peut avoir une réelle amitié – « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais » – un réel compagnonnage, un cheminement commun.
La vocation chrétienne est avant tout cette relation d’amour et d’amitié avec le Christ, qui peu à peu, à force de fréquentation, nous transforme à son image, nous divinise, nous donne la vie éternelle. A nous aussi, il peut parfois sembler blasphématoire de penser que nos vies puissent véritablement toucher au divin et que nos propres corps puissent être des temples saints, consacrés par la présence de Dieu.
La vocation chrétienne pour laquelle nous prions, c’est celle de la sainteté. Avant tout de notre sainteté. Ce peut nous sembler difficile de nous espérer saints, lumineux de Dieux, au regard des parts d’ombres qui sont les nôtres. Le Christ pourtant nous demande de le croire. Parce que, comme Dieu croit en l’humanité, lui-même croit en nous.
Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus se présente à nous comme le « bon berger ». « Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent ; je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais et nul ne les arrachera de ma main ». Ces paroles de Jésus nous aident à comprendre que nous ne pouvons pas nous proclamer disciples de Jésus si nous n’écoutons pas sa voix. Il ne s’agit pas seulement d’une écoute de l’oreille mais d’une écoute du cœur. Cela nous engage à suivre le Christ, à lui faire confiance et à mettre en pratique ce qu’il nous dit.
Dans le bruit de la vie courante et trépidante, cela n’est pas toujours facile. Nous sommes souvent affrontés à des difficultés, des doutes, des souffrances. Beaucoup sont désorientés par tous ces changements dans notre société, dans notre monde et même dans notre Église. Alors on s’interroge : à qui pouvons-nous donner notre confiance ? Beaucoup disent qu’ils n’ont pas besoin de maître.
Mais l’Évangile de ce dimanche nous montre le rapport étroit que Jésus veut établir avec chacun de nous : il est vraiment notre guide, notre Maître, notre ami, notre modèle ; il est surtout notre Sauveur. C’est cette bonne nouvelle que nous avons entendue : « Je leur donne la Vie Éternelle et personne ne les arrachera de ma main ». Ces paroles du Christ nous donnent un sentiment de sécurité absolue ; notre vie est pleinement à l’abri entre les mains de Jésus et du Père ; il est celui qui ne cesse de nous manifester sa miséricorde. C’est son regard d’amour qui touche chacun de nous a plus profond de lui-même.
Pour comprendre cela, c’est vers la croix du Christ que nous nous tournons. Le pape François nous dit que pour sauver les brebis égarées, le berger s’est fait agneau, il s’est laissé sacrifier, il a pris sur lui tous nos péchés pour nous en libérer. C’est ainsi qu’il a donné sa vie en abondance pour nous et pour le monde entier ; avec lui, nous n’avons plus peur. Notre vie est désormais à l’abri de la perdition. Rien ni personne ne pourra nous arracher à la main de Jésus parce que rien ni personne ne peut vaincre son amour. L’amour de Jésus est invincible.
Nous sommes tous invités à répondre à cet amour qui ne cesse de faire le premier pas vers nous. Il est venu pour tous car il ne veut pas que seul se perde. Cela signifie qu’il ne pense pas seulement aux croyants fidèles. La première lecture nous montre une communauté qui risquait de se renfermer sur elle-même. Avec Paul et Barnabé, l’Évangile sera annoncé aux païens. Ils ont compris que le Christ est la « Lumière des nations » et le « Sauveur de tous les peuples ».
Cette mission connaîtra un succès extraordinaire. Beaucoup de disciples de Jésus subiront la persécution. Mais ils témoigneront de leur foi jusqu’au martyre. Aujourd’hui, encore plus qu’aux premiers siècles, des chrétiens sont assassinés à cause de leur foi en Jésus. Mais rien ne peut ébranler leur espérance. Personne ne peut les arracher de la main du Berger.
La seconde lecture est extraite du livre de l’Apocalypse : elle nous montre précisément la victoire obtenue par les martyrs. Son but est de nous rappeler que même dans les pires catastrophes, le mal n’aura pas le dernier mot. Jésus nous est présenté comme l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Et ce qui est merveilleux ce qu’il veut nous associer tous à sa victoire. Saint Jean nous parle d’une foule de toutes races et de toutes nations. Après les persécutions, les souffrances, la faim et les pleurs, ils connaissent la joie d’être avec Dieu.
En ce dimanche des vocations, nous nous unissons à la prière de l’Église universelle. La bonne nouvelle de l’Évangile est pour toutes les nations. Elle doit être annoncée à temps et à contretemps. Cette journée nous rappelle que le Christ veut nous associer tous à sa mission de « Berger de toute humanité ».
Nous pensons aux prêtres, religieux et religieuses, aux catéchistes, aux animateurs des divers groupes pastoraux mais aussi à tous les baptisés. Nous ne sommes pas chrétiens pour nous-mêmes, pour « sauver notre âme » mais pour travailler avec le Christ qui veut sauver le monde. Personne ne doit rester sur la touche. Le Seigneur attend de nous que nous donnions le meilleur de nous-mêmes là où nous sommes.
En célébrant cette eucharistie, nous nous tournons vers celui qui a échangé sa vie contre notre salut. Nous lui rendons grâce pour cette espérance et cette joie qui est en nous. Qu’il nous donne d’en être les porteurs et les messagers tout au long de notre vie.