La messe du début du pontificat de Léon XIV, une liturgie entre rites et symboles

La place Saint-Pierre lors de la première apparition publique de Léon XIV.   (@Vatican Media)

La messe du début du pontificat de Léon XIV, une liturgie entre rites et symboles

Avec la célébration de ce dimanche 18 mai, le ministère pétrinien de Robert François Prévost débutera officiellement. Le rite spécifique pour cette occasion soulignera le lien avec l’apôtre Pierre et son martyre, qui a fécondé l’Église de Rome naissante, et mettra en évidence la valeur spécifique des insignes épiscopaux «pétriniens» remis au Pape: le pallium et l’anneau du pêcheur. 

Tiziana Campisi – Cité du Vatican

Avec la célébration eucharistique qui aura lieu le 18 mai, à 10 heures, dans la basilique Saint-Pierre et sur la place du même nom, Léon XIV, 267eévêque de Rome, commence officiellement son ministère pétrinien, en tant que successeur de l’apôtre Pierre et donc comme pasteur de l’Église catholique. Le rite, comme l’explique le bureau des célébrations liturgiques du Souverain pontife, comprend plusieurs moments symboliques dans lesquels se distinguent les anciens insignes épiscopaux «pétriniens»: le pallium et l’anneau du pêcheur.

Le pallium

Le pallium est un vêtement liturgique en laine d’agneau. Il évoque le Bon Pasteur, qui prend la brebis perdue sur ses épaules, et la triple réponse de Pierre à la demande de Jésus ressuscité de paître ses agneaux et ses brebis. Comme l’écrit Siméon de Thessalonique dans De sacris ordinationibus, ce vêtement «symbolise le Sauveur qui, nous rencontrant comme la brebis perdue, l’a portée sur ses épaules, et prenant notre nature humaine dans l’Incarnation, l’a déifiée, par sa mort sur la croix nous a offerts au Père, et par sa résurrection nous a exaltés». Il s’agit d’une ceinture étroite qui repose sur les épaules, au-dessus de la chasuble. Elle est ornée de six croix de soie noire -une sur la poitrine, une autre sur le dos et quatre sur l’anneau qui repose sur les épaules- et est garnie, à l’avant et à l’arrière, de trois épingles (acicula) représentant les trois clous de la croix du Christ.

L’anneau du pêcheur

L’anneau du pêcheur a la valeur spécifique de l’épingle qui authentifie la foi, tâche confiée à Pierre pour confirmer ses frères. Il est appelé «anneau du pêcheur» parce que Pierre est l’apôtre qui, ayant eu foi en la parole de Jésus, a tiré de la barque les filets de la pêche miraculeuse jusqu’au rivage. Avec le pallium, l’anneau sera remis au cours de la messe, après l’Évangile.

Sur la tombe de saint Pierre

La liturgie commencera à l’intérieur de la basilique vaticane. Le nouveau pontife romain descendra, avec les patriarches des Églises orientales, jusqu’au tombeau de saint Pierre, s’y recueillera et l’encensera. Ce moment souligne le lien étroit de l’évêque de Rome avec l’apôtre Pierre et son martyre, sur le lieu même où le premier Vicaire du Christ a confessé sa foi par le sang, avec tant d’autres chrétiens qui ont porté avec lui le même témoignage. Deux diacres prendront ensuite le pallium, l’anneau du pêcheur et le livre des Évangiles et se dirigeront en procession vers l’autel de la célébration, sur le parvis de la place Saint-Pierre.

Sur le parvis de la basilique vaticane

Léon XIV rejoindra la procession, tandis que les Laudes Regiæ -un chant liturgique- seront chantées, invoquant l’intercession des saints pontifes, des martyrs et des saints de l’Église romaine. La tapisserie de la pêche miraculeuse, représentant le dialogue de Jésus avec Pierre, à laquelle il est fait explicitement référence dans les textes de la célébration, sera suspendue aux portes centrales de la basilique vaticane. Il s’agit d’une reproduction de la tapisserie de facture flamande réalisée pour la chapelle Sixtine sur un carton de Raffaele Sanzio et conservée aux Musées du Vatican. Sur l’autel, en revanche, se trouve une effigie de Notre-Dame-du-Bon-Conseil provenant du sanctuaire marial de Genazzano, au sud de Rome. Ensuite, on procèdera au rite de la bénédiction et de l’aspersion d’eau bénite, puisque c’est un dimanche du temps de Pâques. Le Gloria sera chanté, suivi de la prière de la collecte, qui rappellera le projet du Père de bâtir son Église sur l’apôtre Pierre.

La liturgie de la parole

C’est alors que commencera la liturgie de la Parole. La première lecture, prononcée en espagnol, sera un passage des Actes des Apôtres (Ac 4, 8-12) dans lequel Pierre annonce que le Christ est «la pierre rejetée par les bâtisseurs». Prononcé en italien, le Psaume (Ps 117 [118]) reprendra le thème de la «pierre» -«La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire»-, tandis que la deuxième lecture, lue en anglais, tirée de la première lettre de Pierre, mettra en évidence le lien entre Pierre, l’Église de Rome et le ministère de son successeur. L’Évangile, un passage de Jean proclamé en latin et en grec (Jn 21, 15-19), sera celui de la triple demande de Jésus à Pierre de paître «ses agneaux » et «ses brebis». Il s’agit de l’un des textes qui fondent traditionnellement la mission spéciale et personnelle conférée à Pierre dans le groupe des douze apôtres.

L’imposition des insignes épiscopaux pétriniens

Après la proclamation de l’Évangile, trois cardinaux des trois ordres (diacres, prêtres et évêques) et de différents continents s’approcheront de Léon XIV: le premier lui imposera le pallium, le deuxième demandera, par une prière spéciale, la présence et l’assistance du Seigneur sur le Pape, enfin le troisième prononcera également une oraison, invoquant le Christ, «pasteur et évêque de nos âmes», qui a construit l’Église sur le roc de Pierre, et qui a été reconnu par Pierre lui-même comme le «Fils du Dieu vivant». C’est lui qui remettra au nouveau Pape l’anneau du pêcheur. Ce moment se terminera par une prière à l’Esprit Saint pour qu’il donne au Saint-Père la force et la douceur de préserver les disciples du Christ dans l’unité de la communion, puis le Pape bénira l’assemblée avec l’Évangéliaire, tout en acclamant en grec: «Ad multos annos!»

Le rite d’obéissance

Après le rite symbolique d’«obéissance» prêté au Pape par douze représentants de toutes les catégories du peuple de Dieu, venus de différentes parties du monde, la célébration se poursuivra par l’homélie du Pape. Puis le Credo sera chanté, suivi de la prière des fidèles avec cinq invocations, en portugais, en français, en arabe, en polonais et en chinois. Les fidèles réunis sur la place supplieront le Seigneur pour l’Église, partout répandue sur la terre, pour le Pape qui commence son ministère, pour ceux qui exercent des responsabilités de gouvernement, pour ceux qui sont dans la souffrance et la détresse, pour l’assemblée elle-même.

La liturgie eucharistique

Pendant que sera entonné l’hymne d’offertoire «Tu es pastor ovium», la prière sur les offrandes du pain et du vin demandera que, par le ministère missionnaire de l’Église, les fruits de la rédemption soient étendus au monde entier. Léon XIV prononcera ensuite la prière eucharistique en latin avant le rite de la communion, au terme duquel le Pape demandera à Dieu de confirmer l’Église dans l’unité et la charité et d’être lui-même sauvé et protégé avec le troupeau qui lui a été confié.

Rites de clôture

Avant de conclure la célébration, le Pape prononcera une brève allocution et, après la prière du Regina Cæli, donnera la bénédiction solennelle qui reprend l’image biblique de la vigne et du vignoble, appliquée à l’Église, en invoquant le Seigneur pour qu’il «veille» et «protège» la souche et la vigne qu’il a plantées, et demandera que son visage de salut «resplendisse» sur le monde entier.

Source : VATICANNEWS, le 16 mai 2025

« Du soir jusqu’à l’aurore, la Vierge Marie me parle d’une voix douce »

« Du soir jusqu’à l’aurore, la Vierge Marie me parle d’une voix douce »

Au Japon en 1869, première année du règne de l’Empereur Meiji, quand furent amenés à Otometögué des Chrétiens de Nagasaki, il s’en trouva deux qui furent enfermés dans une cellule qui ne mesurait pas un mètre de côté.

Le premier, Antoine Marie Wasaburô, y mourut le 9 octobre 1869. Le second, Jean-Baptiste Yasutarô, âgé de 32 ans, était sur le point de mourir quand un Chrétien réussit à pénétrer dans la cellule. Entre eux s’engagea le dialogue suivant :

« Vous devez souffrir de votre solitude ? – Non, répond le moribond, chaque nuit, depuis 10 heures du soir jusqu’à l’aurore, apparaît auprès de moi une jeune fille de 17 ou 18 ans, qui ressemble à la Vierge Marie, et que je crois être la Sainte Vierge ; elle me parle d’une voix douce. Mais, surtout, ne dites rien de cela tant que je suis en vie. – N’avez-vous rien à me confier ? – Non, dites seulement à ma mère que je meurs attaché à la croix avec Jésus-Christ. »

Cette apparition de la Reine des Martyrs à un de ses dévots serviteurs n’est-elle pas dans la tradition catholique ?

Henri Mora

Missions Etrangères de Paris (M.E.P.), La dévotion mariale au Japon, dans : Maria – études sur la Vierge Marie – sous la direction d’Hubert du Manoir, s. j. – Tome

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

17.05.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,7-14. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ?
Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.
Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père. »
et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.
Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Augustin (354-430)

évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

Lettre 130 à Proba, 27-28 : PL 33, 505-506 (in Lectures chrétiennes pour notre temps, fiche H7 ; trad. Orval ; © 1972 Abbaye d’Orval)

Plein de désirs, demandons la vie éternelle !

Celui qui demande à Dieu la seule chose qui importe et la recherche (cf. Ps 26,4), peut le faire avec certitude et confiance, sans craindre qu’il lui soit dommageable d’être exaucé. Hors de cela, tout ce qu’il demandera dans la prière ne lui servira de rien. Ce bien unique, c’est la seule vie véritablement heureuse, celle où, nous-mêmes immortels et incorruptibles de corps et d’esprit, nous contemplerons pour toujours les délices du Seigneur. C’est en fonction de cette seule chose qu’il convient de rechercher les autres et de les demander. Celui qui la possédera aura tout ce qu’il voudra et ne pourra rien désirer que de bon. Là se trouve, en effet, la source de vie. Il faut que nous en ayons soif dans la prière, tant que nous vivons dans l’espérance sans voir encore ce que nous espérons, et tant que nous sommes protégés par les ailes de celui vers qui monte tout notre désir d’être enivrés de l’abondance de sa maison et de boire au torrent de ses délices. Car chez lui se trouve la source de vie et en sa lumière nous verrons la lumière (cf. Ps 35, 8-10) quand nos désirs seront comblés et que nous n’aurons plus à chercher en gémissant mais à rester en possession de notre joie. (…) Mais comment décrire l’objet de nos désirs, tant que nous ne le connaissons pas ? Certes, si nous l’ignorions entièrement, nous ne pourrions pas le désirer ; et en revanche, si nous le contemplions, nous n’aurions plus à le désirer ou à le chercher en gémissant.

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 13,44-52. 

Le sabbat qui suivait la première prédication de Paul à Antioche de Pisidie, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole du Seigneur.
Quand les Juifs virent les foules, ils s’enflammèrent de jalousie ; ils contredisaient les paroles de Paul et l’injuriaient.
Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance : « C’est à vous d’abord qu’il était nécessaire d’adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes.
C’est le commandement que le Seigneur nous a donné : ‘J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre.’ »
En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur ; tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants.
Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région.
Mais les Juifs provoquèrent l’agitation parmi les femmes de qualité adorant Dieu, et parmi les notables de la cité ; ils se mirent à poursuivre Paul et Barnabé, et les expulsèrent de leur territoire.
Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et se rendirent à Iconium,
tandis que les disciples étaient remplis de joie et d’Esprit Saint.

Psaume 98(97),1.2-3ab.3cd-4. 

R/ La terre tout entière a vu le salut de notre Dieu. (Ps 97, 3)

Chantez au Seigneur un chant nouveau, 
car il a fait des merveilles ; 
par son bras très saint, par sa main puissante, 
il s’est assuré la victoire.

Le Seigneur a fait connaître sa victoire 
et révélé sa justice aux nations ;
il s’est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d’Israël.

La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière, 
sonnez, chantez, jouez !