08.06.2025 – MESSE DE LA PENTECÔTE À ROME

À la Pentecôte, Léon XIV souhaite que l’Esprit Saint ouvre les frontières 

50 jours après Pâques, 30 après son élection sur le trône de Pierre, Léon XIV a célébré la Pentecôte, l’effusion de l’Esprit sur les apôtres, sur une place Saint-Pierre couverte de dizaine de milliers de fidèles. Dans son homélie, le Pape a développé l’idée de l’Esprit qui ouvre les frontières, intérieures, dans les relations et entre les peuples. Léon XIV a souhaité qu’il abatte les murs et dissolve la haine, loin des préjugés et des logiques d’exclusion, politiques ou guerrières. 

Delphine Allaire – Cité du Vatican

L’événement de la Pentecôte est un «un jour heureux»; les apôtres, auparavant «enfermés dans la peur et la tristesse», reçoivent «un regard nouveau» et «une intelligence du cœur». C’est en citant l’un des discours de l’évêque d’Hippone que le Pape augustin a initié son homélie. Un mois après avoir été élu sur le trône de Pierre sous le regard de la Madone de Pompéi, le 8 mai, Léon XIV célèbre son premier mois de pontificat dans l’effusion du vent puissant de l’Esprit Saint. Face à des dizaines de milliers de fidèles réunis à l’occasion du Jubilé des mouvements et associations d’Église ce dimanche à Rome, le Pape a livré une réflexion sur l’Esprit «qui ouvre les frontières», comme il avait ouvert les portes du Cénacle de Jérusalem. Une image éloquente évoquée lors de la Pentecôte il y a vingt ans, le 15 mai 2005, par l’un de ses prédécesseurs Benoît XVI, lui aussi alors à l’orée de son pontificat.

L’Esprit Saint ouvre les frontières en nous

L’Esprit ouvre des frontières avant tout intérieures. Selon Léon XIV, cette présence dissout en effet «nos duretés, nos fermetures, nos égoïsmes, les peurs qui nous bloquent, les narcissismes qui nous font tourner uniquement autour de nous-mêmes». Ainsi le Saint-Esprit vient défier en chacun «le risque d’une vie qui s’atrophie, aspirée par l’individualisme». Le Pape relie à nouveau ce mal du siècle à l’hyperconnexion contemporaine accroissant solitude et désorientation. «Il est triste de constater que dans un monde où les occasions de socialiser se multiplient, nous risquons paradoxalement d’être davantage seuls, toujours connectés mais incapables de “créer des réseaux”, toujours immergés dans la foule mais restant des voyageurs désorientés et solitaires.» Au contraire, l’Esprit de Dieu, lui, ouvre à la rencontre avec nous-mêmes au-delà des masques; «Il ouvre les frontières en nous, afin que notre vie devienne un espace accueillant», a développé le Pape, abordant ensuite l’ouverture des frontières dans les relations.

“Il est triste de constater que dans un monde où les occasions de socialiser se multiplient, nous risquons paradoxalement d’être davantage seuls, toujours connectés mais incapables de “créer des réseaux”, toujours immergés dans la foule mais restant des voyageurs désorientés et solitaires.”

L‘Esprit Saint ouvre à la joie dans les relations

L’Esprit Saint y permet là de vaincre les rigidités, de surmonter la peur de la différence et d’éduquer les passions qui s’agitent. L’Esprit transforme aussi, selon Léon, les dangers «les plus cachés» qui polluent les relations, comme lorsqu’une relation est infestée «par la volonté de dominer l’autre», s’est-il attristé, pensant «avec douleur» aux nombreux cas récents de féminicide. À l’inverse, l’Esprit Saint fait mûrir des fruits d’amour, de joie, de paix, de patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maitrise de soi. «L’Esprit élargit les frontières de nos relations avec les autres et nous ouvre à la joie de la fraternité.» Un critère décisif pour l’Église, a relevé le Pape, affirmant que «nous ne sommes vraiment l’Église du Ressuscité et les disciples de la Pentecôte que s’il n’y a ni frontières ni divisions entre nous, si, dans l’Église, nous savons dialoguer et nous accueillir mutuellement en intégrant nos différences; si, en tant qu’Église, nous devenons un espace accueillant et hospitalier pour tous».

“Nous ne sommes vraiment l’Église du Ressuscité et les disciples de la Pentecôte que s’il n’y a ni frontières ni divisions entre nous.”

L’Esprit Saint ouvre les frontières entre les peuples

Enfin, le Pape a médité sur l’Esprit qui ouvre également les frontières entre les peuples. «Lorsque le Souffle divin unit nos cœurs et nous fait voir dans l’autre le visage d’un frère, les différences ne deviennent plus une occasion de division et de conflit, mais un patrimoine commun dont nous pouvons tous tirer parti et qui nous met tous en chemin, ensemble, dans la fraternité», a-t-il expliqué, rappelant que «là où il y a l’amour, il n’y a pas de place pour les préjugés, pour les distances de sécurité qui nous éloignent de notre prochain, pour la logique d’exclusion que nous voyons malheureusement émerger aussi dans les nationalismes politiques».

Léon XIV de citer l’une des homélies de Pentecôte du Pape François qui regrettait l’anesthésie par l’indifférence et l’oppression par la solitude de notre monde. «Les guerres qui agitent notre planète sont un signe tragique de tout cela. Invoquons l’Esprit d’amour et de paix, afin qu’il ouvre les frontières, abatte les murs, dissolve la haine et nous aide à vivre comme des enfants du seul Père qui est aux cieux», a conclu le 266e Successeur de Pierre, demandant à ce «que le vent puissant de l’Esprit vienne sur nous et en nous, ouvre les frontières de notre cœur, nous donne la grâce de la rencontre avec Dieu, élargisse les horizons de l’amour et soutienne nos efforts pour construire un monde où règne la paix».

“Invoquons l’Esprit d’amour et de paix, afin qu’il ouvre les frontières, abatte les murs, dissolve la haine et nous aide à vivre comme des enfants du seul Père qui est aux cieux.”

Source : VATICANNEWS, le8 juin 2025

« Marie, la Mère de Dieu, est présente à la Pentecôte »

« Marie, la Mère de Dieu, est présente à la Pentecôte »

La venue de l’Esprit Saint nous est racontée par saint Luc, dans les Actes des Apôtres. Saint Luc est le grand évangéliste marial : celui de l’Annonciation, de la Visitation, de Noël, de la Présentation. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait tenu à signaler la présence de Marie au Cénacle.

Marie, la Mère de Dieu, est présente à la Pentecôte, puisqu’il est question d’une naissance, la naissance de l’Église, « peuple de Dieu ». Au cours du concile Vatican II, le pape Paul VI a proclamé Marie « Mère de l’Église ». Mais elle ne l’est pas au même titre qu’elle était devenue la Mère de Jésus, au jour de l’Annonciation. Pour fonder son Église, Jésus a choisi les apôtres. Saint Luc a précisé qu’ils avaient été choisis « dans l’Esprit Saint » (Actes 1, 2) : c’est pourquoi nous disons, dans le Credo, que l’Église est « apostolique ».

Il faut aussi remarquer que la présence de Marie est signalée par saint Luc dans les jours qui précèdent la Pentecôte. Certes, il n’y a aucune raison d’imaginer qu’elle ait quitté le Cénacle avant que se réalise la promesse de l’Esprit Saint. Mais, au jour de la Pentecôte, c’est Pierre qui est au centre. Il avait pris l’initiative de pourvoir au remplacement de Judas. C’est lui qui, aujourd’hui, prend la parole, « debout avec les Onze », pour annoncer l’Évangile du Christ ressuscité.

Parce que Marie, ce jour-là, n’est pas au premier rang, la Pentecôte est peut-être une des fêtes les plus authentiquement mariales. Car toutes les fêtes chrétiennes sont, avant tout, des fêtes du Seigneur. Comme l’Esprit Saint dont elle est le chef-d’œuvre, Marie nous conduit à Jésus. Déjà, à Cana, l’Esprit s’était exprimé par sa bouche quand elle disait aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira ».

La fête de la Pentecôte est une occasion favorable pour découvrir le vrai sens de la récitation du rosaire : avec Marie, apprendre à mieux connaître, à mieux aimer, à mieux suivre son Fils.

Mgr Jacques Perrier

17 mai 2013

www.fr.zenir.org

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

08.06.2025 – SAINT DU JOUR

St Jacques Berthieu

Saint Jacques Berthieu
Missionnaire s.j. et martyr
(1838-1896)

Jacques Berthieu naît le 27 novembre 1838 à Montlogis (Cantal, France). Il entre, à l’âge de 15 ans, au petit séminaire de Pléaux et rejoint, en octobre 1859, le grand séminaire de Saint-Flour où il est ordonné prêtre le 21 mai 1863. 

Les neuf années durant lesquelles il a été vicaire à la paroisse de Roannes-Saint-Mary ont mûri en lui la vocation religieuse et missionnaire : il entre, en 1873, dans la Compagnie de Jésus.

Le 26 septembre 1875, il s’embarque à Marseille pour la mission à Madagascar. Dans les divers lieux qu’il a parcourus jusqu’à son arrivée en 1891 à Andrainarivo, il se mit au service de ceux qui souffrent, les réconfortant, leur enseignant le catéchisme et célébrant les sacrements. Son amour sacerdotal était tel que ceux qui l’approchaient en étaient profondément touchés : son détachement à l’égard de tout et la pauvreté dans laquelle il vivait ; son zèle et sa promptitude à accourir auprès des mourants et des besogneux ; surtout, l’ardente foi avec laquelle il parlait de la vie éternelle, suscitait l’admiration. 

Il est resté avec ses malgaches, même lorsque les circonstances devenaient de plus en plus menaçantes.

En juin 1896, le village fut envahi par les rebelles, qui capturèrent le Père Berthieu. Près d’Ambiatibe, leur chef fit avancer six hommes armés de fusil. Voyant cela, le père se mit à genoux et fit le signe de la croix. L’un des chefs lui dit : “renonce à ta stupide religion ; ne trompe plus les gens ; nous te prendrons pour faire de toi un chef et un conseiller parmi nous”. « Je ne peux absolument pas consentir à cela, mon fils ; je préfère mourir. »

Deux hommes tirèrent, mais manquèrent leur cible. Un autre coup de fusil atteignit le père dans le dos, mais sans le tuer. Alors le capitaine s’approcha et lui tira un coup à la nuque qui le tua : c’était le 8 juin 1896.

Jacques Berthieu fut élevé à l’honneur des autels le 17 octobre 1965, par St Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978), pendant le Concile Vatican II, et canonisé le 21 octobre 2012, par le pape Benoît XVI (Joseph Aloisius Ratzinger, 2005-2013), à l’occasion de la journée mondiale des missions.

Fonte principale: vatican.va/news_services/liturgy/(“RIV./gpm”).

Saint Jacques Berthieu priez pour nous !

08.06.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,15-16.23b-26. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231)

franciscain, docteur de l’Église

Dimanche de la Pentecôte (Une Parole évangélique, trad. V. Trappazzon, éd. Franciscaines, 1995, p. 56, 59-60 ; rev.)

Ô Seigneur, envoie ton Esprit !

Le Seigneur dit dans l’évangile de ce jour : « Le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jn 14,26). Le Père a envoyé le Paraclet au nom du Fils, pour la gloire du Fils, pour manifester la gloire du Fils. « Lui, dit-il, vous enseignera », pour que vous sachiez ; il « vous rappellera » (Jn 14,26), vous exhortera pour que vous vouliez. La grâce de l’Esprit donne le savoir et le vouloir. C’est pourquoi, nous chantons dans la messe de ce jour : « Viens, Esprit Saint, pénètre le cœur de tes fidèles ! », pour qu’ils aient la science, « qu’ils soient brûlés au feu de ton amour ! », pour qu’ils aient la volonté de traduire en pratique ce qu’ils savent. De même que l’on chante : « Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre ! » Nous trouvons cette pensée dans cette Lamentation de Jérémie : « D’en haut il envoie un feu qu’il a fait descendre dans mes os pour m’instruire » (cf. Lm 1,13). Le Père d’en haut, du Fils, envoie aujourd’hui un feu, l’Esprit Saint, dans mes os, dans les apôtres, commente l’Église, et par eux il m’instruit pour que je sache et je veuille. (…) L’Esprit Saint donne le savoir et le vouloir : présentons-lui le pouvoir qui est dans nos possibilités et nous deviendrons le temple du Saint-Esprit. Prions le Fils de l’envoyer sur nous, lui qui est béni dans les siècles, Amen ! (…) Prions-le avec ferveur ; demandons-lui de nous envoyer le Paraclet qui nous le fera connaître et aimer afin de mériter de parvenir jusqu’à Lui.

LECTURES :

Livre des Actes des Apôtres 2,1-11. 

Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière.
Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux.
Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.
Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel.
Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient.
Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ?
Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie,
de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage,
Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »

Psaume 104(103),1ab.24ac.29bc-30.31.34. 

R/ Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre ! (Ps 103, 30)

Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur !
La terre s’emplit de tes biens.

Tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; 
tu renouvelles la face de la terre.

Gloire au Seigneur à tout jamais ! 
Que Dieu se réjouisse en ses œuvres !
Que mon poème lui soit agréable ; 
moi, je me réjouis dans le Seigneur.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,8-17. 

Frères, ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu.
Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.
Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes.
Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais elle n’est pas envers la chair pour devoir vivre selon la chair.
Car si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si, par l’Esprit, vous tuez les agissements de l’homme pécheur, vous vivrez.
En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu.
Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père !
C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.
Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire.