2ème dimanche du Temps ordinaire – « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

2ème dimanche du Temps ordinaire – « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »

Par l’Abbé Jean Compazieu

Homélie


Textes bibliques : Lire


«Il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était. Jésus aussi fut invité, ainsi que ses disciples»… Or, on manqua de vin… » ce n’est pas surprenant car au temps de Jésus, les noces duraient sept jours. La fête a donc failli être gâchée. On n’avait pas prévu assez de vin. Marie s’en aperçoit. Elle s’adresse directement à Jésus ; puis elle s’adresse aux serviteurs ; elle leur dit : « faites tout ce qu’il vous dira ». Et c’est le signe extraordinaire : six cents litres de vin, c’est bien plus qu’il n’en faut pour une noce.

Ainsi donc, Jésus commence son ministère en prenant part à un repas de noces. Certains esprits grognons ont dû penser que c’était une curieuse façon d’annoncer la Parole de Dieu. D’ailleurs on le lui reprochera. Jésus lui-même s’en est rendu compte : un jour il dira : « le Fils de l’homme est venu : il mange et il boit et l’on dit : c’est un glouton et un ivrogne » (Mt 11-19)

Il ne faut pas lire cet Évangile comme une belle histoire qui finit bien. En agissant ainsi Jésus agit dans la ligne des prophètes. Les uns et les autres proclamaient le Message de Dieu autant par des gestes symboliques que par des paroles. L’image des noces exprime l’amour de Dieu pour son peuple. Son geste d’aujourd’hui nous rappelle l’alliance nouvelle. Un jour, il a comparé le Royaume de Dieu à un roi qui célébrait des noces pour son fils. Jésus a épousé notre humanité pécheresse pour l’élever jusqu’à sa divinité. Il invite chacun à vivre une alliance d’amour avec lui.

Mais le vin manqua. Dans la Bible, le vin c’est le symbole de la joie et de la bénédiction divine. Le manque de vin exprime la détresse des hommes qui sont loin de Dieu. Jésus a vu cette détresse et il est descendu parmi nous pour que nous ayons la plénitude de sa joie. Tout cela, il le manifeste à Cana par ces noces. Et il ne lésine pas sur les moyens : six cuves, environ six cents litres ! Et pas du vin ordinaire mais du vraiment « supérieur » comme on n’en avait jamais goûté ! Du bon vin gardé jusqu’à maintenant, celui de son amour pour nous.

La première lecture nous invite à entrer dans l’élan d’enthousiasme du prophète. Il s’adresse pourtant à une communauté qui se trouve réduite à une poignée de rescapés. Nous n’avons pas de mal à nous reconnaître dans cette description : il est de bon ton d’être inquiet pour l’Église ; c’est vrai que la baisse de la pratique religieuse, le manque de prêtres, les divisions entre chrétiens ont de quoi nous inquiéter. Mais le prophète intervient pour nous rappeler que Dieu n’a jamais cessé de nous aimer. Il se présente à tous comme l’époux qui est passionné d’amour pour son épouse. Sa puissance et sa gloire vont éclater, à tel point que les pays voisins seront émerveillés.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous rappelle précisément que nous ne sommes pas abandonnés. Si des communautés chrétiennes se développent c’est d’abord grâce à l’Esprit Saint. Il est toujours présent et agissant dans le cœur de ceux et celles qui le met sur la route des missionnaires. Comme l’apôtre Paul, nous pouvons, nous aussi, faire la liste considérable des dons de l’Esprit Saint dans l’église d’aujourd’hui. Quel que soit le charisme de chacun, c’est toujours lui qui agit. C’est d’abord grâce à lui que le travail des missionnaires peut porter du fruit.

En lisant l’Évangile de ce jour, nous ne devons pas oublier le rôle de Marie, la mère de Jésus. Elle a vu le manque de vin et elle a dit à son fils. Elle est aussi présente dans notre vie. Elle voit tous nos manques, manques d’amour et de joie, manques d’espérance, manques de de paix. Si nous n’avons pas l’amour, nous ne pouvons pas entrer dans cette alliance entre Dieu et les hommes. Mais il nous faut entendre l’invitation de Marie : « Faites tout ce qu’il vous dira ».

Aujourd’hui comme autrefois, Jésus nous invite à puiser. Cette eau qu’il nous faut puiser c’est celle de la vie qui est en Dieu, c’est celle de son amour ; c’est l’eau vive que Jésus proposait à la Samaritaine. Le Seigneur ne cesse de vouloir nous combler de cette vie qui est en lui. Il suffit de puiser à la source et il fait tout le reste.

En conclusion, l’Évangile nous dit que Jésus « manifesta sa gloire » et que « ses disciples crurent en lui ». Ici, ce n’est que le début. La manifestation suprême de sa gloire aura lieu à « l’Heure de la Croix ». Le signe de Cana nous annonce la joie débordante de Pâques. Ce vin servi en abondance est le signe de la nouveauté et de la puissance de l’Évangile. À Cana, Jésus a remplacé l’eau par du vin. Mais n’oublions pas qu’il veut changer notre vie fade comme de l’eau en une vie bonne et savoureuse comme un grand cru. Un jour, ce sera la grande surprise. Nous pensions qu’il aurait servi le bon vin en premier. Encore une fois, une dernière fois, nous découvrirons que Jésus aura gardé le meilleur pour après et pour les siècles des siècles. Amen

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 9 janvier 2022

09.01.2022 – Baptême du Seigneur – Homélie

« Toi, tu es mon Fils bien-aimé »

Par l’Abbé Jean Compazieu

Homélie


Textes bibliques : Lire


Depuis Noël, nous allons de révélation en révélation. La nuit de Noël, c’était la bonne nouvelle annoncée aux bergers ; à travers eux, elle était adressée aux petits, aux pauvres, aux exclus. Dimanche dernier, c’était la fête de l’Épiphanie ; cette fête, c’est celle de la bonne nouvelle annoncée aux mages et, à travers eux, à toutes les nations, à tous ceux qui ne connaissent pas Dieu. Son amour est offert à tous.

Et aujourd’hui, c’est une autre manifestation du Seigneur que nous célébrons : l’Évangile nous parle de la prédication de Jean Baptiste ; il annonce la venue de Celui qui apporte de salut au monde. Cette bonne nouvelle était déjà annoncée par le prophète Isaïe (1ère lecture) : « Consolez, consolez mon peuple… parlez au cœur de Jérusalem…. Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance…. » Mais cette puissance n’est pas celle qu’on croit ; il ne vient pas pour venger ni pour punir. Cette puissance c’est celle de l’infinie tendresse de Dieu qui pardonne. Le Seigneur est là pour réconforter son peuple. Son amour est offert à tous sans exception : “Là où le péché a abondé, l’amour a surabondé.” (Lettre de saint Paul aux Romains). C’est quand le Seigneur vient à nous que nous retrouvons la vraie joie.

Dans l’Évangile, nous retrouvons Jean Baptiste qui annonce la venue de Celui qui apporte la “consolation au monde”. Il arrive au Jourdain pour inviter les gens à se convertir. Les prêtres et les lévites Hébreux cherchent à savoir qui il est. Non il n’est pas le Messie, ni Élie ni le prophète semblable à Moïse annoncé par le Deutéronome. Il affirme simplement être la voix qui crie à travers le désert : “Préparez les chemins du Seigneur”. Dans son discours, il parle de ravins à combler, de collines à abaisser. Il s’agit de combler les graves manquements à la loi de Dieu et de rabaisser les prétentions orgueilleuses et la rébellion. C’est ainsi que Jean Baptiste exhorte le peuple à se convertir et à recevoir un baptême pour exprimer son désir d’être purifié.

Or voilà que Jésus arrive et se fait baptiser. Pourtant, lui, le Fils éternel du Père, n’a pas de péché à se faire pardonner. Il est totalement pur. Un Dieu qui demande à se faire baptiser à la suite des hommes qui confessent leurs péchés, on n’a jamais vu ça. Alors pourquoi demande-t-il un baptême de conversion ? La réponse, nous la trouvons tout au long des évangiles : ce baptême est une manifestation de sa mission. Jésus, l’envoyé du Père, rejoint le monde pécheur pour lui montrer que Dieu ne l’abandonne pas. Il entre dans les eaux du Jourdain, pur de tout péché. Il en ressort, porteur de tous les péchés du monde. Ces péchés, il les prend sur lui car il veut nous en libérer.

C’est important pour nous aujourd’hui. Notre vie est souvent polluée par la colère, l’égoïsme, la rancœur. Tout cela, nous devons le donner au Seigneur. Il veut nous en libérer car cela nous empêche de vivre. Alors, n’hésitons pas à déposer à ses pieds tout ce qui va mal dans notre vie. Avec la venue de Jésus, c’est la promesse d’Isaïe qui se réalise : Dieu rejoint son peuple accablé par le malheur. Il vient le consoler, lui dire son amour passionné. Tout au long des évangiles, nous le découvrons comme “Lumière des nations. Il est celui qui ouvre les yeux des aveugles et libère les captifs.

C’est ce Sauveur que la voix du Père révèle à son peuple en ce jour : “Tu es mon Fils bien aimé”. Ce qui est merveilleux, c’est que cette parole est aussi pour nous : nous sommes tous les enfants bien-aimés du Père. Son Salut est offert à tous malgré nos peurs et nos fautes. Son règne de Lumière s’étend au monde entier. Rien ni personne ne peut arrêter la Parole de Dieu ni l’empêcher de produire du fruit. C’est comme un feu qui ne demande qu’à se répandre dans tout l’univers. Ce feu, c’est l’amour passionné de Dieu.

Ce titre de “Sauveur”, accolé à celui de Jésus, revient de façon appuyée dans la lettre de Saint Paul à Tite. Il s’agit du “salut de tous les hommes”. Le baptême de Jean Baptiste était une annonce du baptême chrétien. Ce dernier n’est plus un geste de pénitence mais une immersion totale dans l’amour de Dieu. Il nous renouvelle dans l’Esprit Saint. Désormais, plus rien ne peut être comme avant. Ce passage était beaucoup plus marqué pour les premiers chrétiens qui venaient du monde païen. Avec Jésus c’est une vie nouvelle qui commençait pour eux.

Ces trois manifestations du Christ aux pauvres, aux étrangers (les mages) et aux pécheurs nous invitent à changer notre regard sur eux. Les Évangiles nous disent que Jésus est venu pour tous. La conséquence logique c’est que nous ne devons pas mépriser les petits, les pauvres, ni les étrangers ni ceux qui ont un passé lourd. Ils sont tous appelés à Jésus. Il tient à eux comme à son bien le plus précieux. Que l’Esprit Saint nous donne de reconnaître en Jésus de Nazareth Celui qui a les paroles de la Vie Éternelle et qui nous sauve. Plus que jamais, nous le prions : “Tu es notre Dieu et nous sommes ton peuple, Ouvre-nous le chemin de la vie.”

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 2 janvier 2022

02.01.2022 – Solennité de l’Épiphanie du Seigneur

« Debout, resplendis ! Elle est venue ta lumière ! »

Par l’Abbé Jean Compazieu

Homélie


Textes bibliques : Lire

On dit souvent que le plus important à Noël c’est de pouvoir se retrouver en famille. Oui, bien sûr, et nous voyons bien que c’est dramatique pour les familles divisées qui ne peuvent pas se réunir. Mais le plus important est ailleurs ; pour le comprendre, il nous faut revenir à l’Évangile de la nuit de Noël : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple ». Noël n’est pas seulement la fête des familles mais celle de tout le peuple. Le plus important, durant cette période, c’est d’aller à la crèche.

À travers ces bergers, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée aux pauvres, aux petits, aux exclus. Aujourd’hui, la fête de l’Épiphanie nous invite à ouvrir nos horizons : ce n’est pas seulement au peuple Juif que le mystère de Dieu est offert ; il n’est pas seulement pour ceux qui se reconnaissent chrétiens : il est pour toute l’humanité. C’est ce que nous font comprendre ces mages qui ont quitté leur pays pour aller à la rencontre du Roi des juifs.

Ces mages venus d’Orient sont les premiers d’une grande procession. C’est ce que nous fait comprendre le prophète Isaïe dans la première lecture : il nous annonce la gloire du Seigneur qui s’est levée vers Jérusalem ; toutes les nations convergent vers cette ville. Mais sa splendeur ne vient pas de son prestige ; sa vraie richesse est dans la présence de Dieu. Cette fête de l’Épiphanie nous rappelle que le Christ est la vraie Lumière qui éclaire notre monde. C’est cette lumière que nous sommes invités à accueillir pour la rayonner autour de nous.

Dans sa lettre aux Éphésiens, l’apôtre Paul nous dit que le Christ est venu pour nous et pour le monde entier. Tous ont la possibilité d’avoir part au salut : “Toutes les nations sont associées… au partage de la même promesse dans le Christ Jésus.” Désormais tous les hommes sont appelés à entrer dans cette grande famille qui s’appelle l’Église. Tout homme est devenu membre du Christ. C’est lui que nous mettons au centre de notre vie. Par la croix du Christ, tous, juifs et païens ont été réconciliés “en un seul corps. La fête de l’Épiphanie nous rappelle que nous sommes tous appelés à faire partie de cette grande procession qui s’est mise en route vers le Christ Sauveur.

Les mages nous indiquent la route sur laquelle nous sommes invités à marcher. L’Évangile nous dit qu’ils cherchaient la véritable Lumière. Après avoir vu le signe de l’étoile, ils l’ont interprété ; ils se sont mis en marche. Ils ont fait un long voyage vers Celui qui est la Lumière du monde. À travers eux, c’est tous les peuples étrangers qui sont appelés à la rencontre du Seigneur ; devant lui, il n’existe plus aucune division de race, de langue ni de culture. Tous sont appelés à faire partie de son peuple.

Les mages étaient des païens qui ne connaissaient pas la Bible. Mais ils se sont mis en route et ils sont arrivés jusqu’à la crèche. Ils y ont trouvé l’enfant avec Marie sa mère. Ils se sont prosternés et lui ont offert leurs cadeaux ; Ils ont choisi ce qu’il y a de mieux : l’or nous dit qu’il est roi ; l’encens nous dit qu’il est Dieu. La myrrhe, qui sert à embaumer les morts, nous dit qu’il est homme, destiné à mourir. Tout cela est révélé à des païens totalement étrangers à la religion juive. Et nous, qu’avons-nous à offrir au Roi du monde. Il n’a pas besoin de pierres précieuses. Le trésor auquel il tient le plus, c’est une vie remplie d’amour. C’est cela que nous pouvons lui offrir.

En ce jour de l’Épiphanie du Seigneur, il n’est plus possible de rester bien entre nous. Le Christ est venu pour tous les hommes du monde entier. Nous les portons tous dans notre prière. Notre priorité doit être comme celle du Christ pour tous ceux et celles qui ne connaissent pas Dieu. En ce dimanche, notre solidarité et notre prière sont tout spécialement pour les communautés chrétiennes d’Afrique. Et bien sûr, nous n’oublions pas nos pays d’ancienne chrétienté qui ont un besoin urgent d’une nouvelle annonce de l’Évangile. Le Christ doit être présenté à tous avec la même chaleur et la même joie que Marie aux mages.

« Où est le Roi des Juifs qui vient de naître ? » Il est dans le Pain Partagé, dans l’Eucharistie que nous allons célébrer ensemble. « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant… » Paradoxalement, Hérode nous donne un bon conseil : Se renseigner sur le Christ, être des chercheurs de Dieu pour mieux le connaître et en témoigner autour de nous. Les incroyants attendent de nous une foi plus éclairée. Après nous être nourris de la Parole et du Corps du Christ, nous sommes invités à repartir « par un autre chemin » pour rendre compte de l’espérance qui nous anime. Que cette Épiphanie soit la fête de tous ceux qui cherchent Dieu.

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 24 décembre 2021

1er janvier : fête de Sainte Marie Mère de Dieu

Par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire ici

En ce début d’année, nous échangeons des souhaits. Et nous avons des formules pour le faire : “Bonne et heureuse année, beaucoup de santé, que tous tes désirs se réalisent. La Bible a aussi ses formules : Dans la première lecture, nous en trouvons une qui est très belle ; il s’agit d’une bénédiction que Dieu a transmise à son peuple : “Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !” Cette bénédiction s’adressait au peuple de l’ancienne alliance. Elle s’adresse aussi à l’Église d’aujourd’hui et à chacun de nous. Quelles que soient les épreuves qui surviendront en cours d’année, la bénédiction de Dieu nous est toujours offerte.

Il est heureux que nous débutions cette nouvelle année en fêtant Marie, Mère de Dieu. Saint Paul nous dit que “Dieu a envoyé son Fils né d’une femme”. Il nous rappelle ainsi que le Seigneur Jésus, Fils de Dieu, fait pleinement partie de la famille humaine. Dieu nous a donné son Fils pour faire de nous, en Jésus, des fils adoptifs. C’est en écoutant et en suivant le Christ que nous entrons dans une vie de liberté sous la conduite de l’Esprit Saint. Et marie est toujours là pour nous inviter à faire “tout ce qu’il nous dira”.

L’Évangile nous annonce que Dieu vient nous combler bien au-delà de nos espérances. La nuit de Noël, nous avons fêté la naissance de notre Sauveur. Cette bonne nouvelle aurait dû être annoncée aux gens influents du pays, l’empereur Auguste ou au moins aux habitants de Nazareth. Mais Dieu ne voit pas les choses comme nous. Il envoie ses anges vers les bergers. Ces derniers sont des pauvres parmi les pauvres. Ils sont les premiers à recevoir cette bonne nouvelle ; ils sont les premiers à découvrir Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans une mangeoire. Saint Luc nous dit qu’ils repartent en glorifiant Dieu et en le louant pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu.

En ce début d’année, nous pouvons souhaiter que le Christ nous donne à tous “un cœur de berger”, un cœur capable de découvrir le Christ, un cœur capable de s’émerveiller de sa présence au milieu de nous, un cœur capable de déceler la présence du Christ là où nous ne pensions pas le rencontrer. Car le Christ n’est pas qu’à l’église ; il est partout où il y a de l’amour ; il est aussi là où on souffre. Puissions-nous le découvrir partout.

Cette bonne nouvelle doit être proclamée dans le monde entier. Les bergers ont raconté “ce qui leur avait été dit au sujet de l’enfant”. C’est important pour nous aujourd’hui. Pour que la foi se répande, il faut que les gens parlent. Celui qui a découvert le Christ ne peut faire autrement que d’en témoigner.

Pour cette mission, nous ne sommes pas seuls. Après nous avoir parlé des bergers, saint Luc attire notre attention sur Marie, mère de Jésus. L’Évangile n’a retenu que quelques paroles d’elle. Il nous dit aujourd’hui qu’elle “retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.” Elle venait de vivre des événements très forts. En les méditant “dans son cœur”, elle découvre la richesse et la beauté de ce qui lui arrive. Ce cœur à cœur avec Dieu est absolument essentiel.

A la suite de Marie, nous sommes tous invités à méditer les événements de notre vie. Et nous avons la chance de pouvoir le faire à la lumière de l’Évangile. Même quand tout va mal, nous ne devons jamais oublier que le Seigneur est là ; nous pouvons toujours compter sur lui.

Ce 1er janvier est aussi la journée mondiale de prière de la paix. Nous pensons à tous ces pays qui sont douloureusement marqués par la guerre, la violence, le terrorisme. Nous n’oublions pas les familles qui se déchirent, les voisins qui ne se parlent plus. Si Dieu nous a envoyé son Esprit d’amour c’est pour que nous soyons es artisans et des messagers de paix et de miséricorde.

En ce jour, nous te prions, Seigneur : Que ta Parole nous habite et fasse vivre chacun de nous. Conduis-nous sur le chemin que tu es venu nous montrer. Garde-nous fidèles à ton amour. Amen

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 26 décembre 2021

Épiphanie du Seigneur – « Debout, resplendis ! Elle est venue ta lumière ! »

Par l’Abbé Jean Compazieu

« Debout, resplendis ! Elle est venue ta lumière ! »

Homélie


Textes bibliques : Lire

On dit souvent que le plus important à Noël c’est de pouvoir se retrouver en famille. Oui, bien sûr, et nous voyons bien que c’est dramatique pour les familles divisées qui ne peuvent pas se réunir. Mais le plus important est ailleurs ; pour le comprendre, il nous faut revenir à l’Évangile de la nuit de Noël : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple ». Noël n’est pas seulement la fête des familles mais celle de tout le peuple. Le plus important, durant cette période, c’est d’aller à la crèche.

À travers ces bergers, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée aux pauvres, aux petits, aux exclus. Aujourd’hui, la fête de l’Épiphanie nous invite à ouvrir nos horizons : ce n’est pas seulement au peuple Juif que le mystère de Dieu est offert ; il n’est pas seulement pour ceux qui se reconnaissent chrétiens : il est pour toute l’humanité. C’est ce que nous font comprendre ces mages qui ont quitté leur pays pour aller à la rencontre du Roi des juifs.

Ces mages venus d’Orient sont les premiers d’une grande procession. C’est ce que nous fait comprendre le prophète Isaïe dans la première lecture : il nous annonce la gloire du Seigneur qui s’est levée vers Jérusalem ; toutes les nations convergent vers cette ville. Mais sa splendeur ne vient pas de son prestige ; sa vraie richesse est dans la présence de Dieu. Cette fête de l’Épiphanie nous rappelle que le Christ est la vraie Lumière qui éclaire notre monde. C’est cette lumière que nous sommes invités à accueillir pour la rayonner autour de nous.

Dans sa lettre aux Éphésiens, l’apôtre Paul nous dit que le Christ est venu pour nous et pour le monde entier. Tous ont la possibilité d’avoir part au salut : “Toutes les nations sont associées… au partage de la même promesse dans le Christ Jésus.” Désormais tous les hommes sont appelés à entrer dans cette grande famille qui s’appelle l’Église. Tout homme est devenu membre du Christ. C’est lui que nous mettons au centre de notre vie. Par la croix du Christ, tous, juifs et païens ont été réconciliés “en un seul corps. La fête de l’Épiphanie nous rappelle que nous sommes tous appelés à faire partie de cette grande procession qui s’est mise en route vers le Christ Sauveur.

Les mages nous indiquent la route sur laquelle nous sommes invités à marcher. L’Évangile nous dit qu’ils cherchaient la véritable Lumière. Après avoir vu le signe de l’étoile, ils l’ont interprété ; ils se sont mis en marche. Ils ont fait un long voyage vers Celui qui est la Lumière du monde. À travers eux, c’est tous les peuples étrangers qui sont appelés à la rencontre du Seigneur ; devant lui, il n’existe plus aucune division de race, de langue ni de culture. Tous sont appelés à faire partie de son peuple.

Les mages étaient des païens qui ne connaissaient pas la Bible. Mais ils se sont mis en route et ils sont arrivés jusqu’à la crèche. Ils y ont trouvé l’enfant avec Marie sa mère. Ils se sont prosternés et lui ont offert leurs cadeaux ; Ils ont choisi ce qu’il y a de mieux : l’or nous dit qu’il est roi ; l’encens nous dit qu’il est Dieu. La myrrhe, qui sert à embaumer les morts, nous dit qu’il est homme, destiné à mourir. Tout cela est révélé à des païens totalement étrangers à la religion juive. Et nous, qu’avons-nous à offrir au Roi du monde. Il n’a pas besoin de pierres précieuses. Le trésor auquel il tient le plus, c’est une vie remplie d’amour. C’est cela que nous pouvons lui offrir.

En ce jour de l’Épiphanie du Seigneur, il n’est plus possible de rester bien entre nous. Le Christ est venu pour tous les hommes du monde entier. Nous les portons tous dans notre prière. Notre priorité doit être comme celle du Christ pour tous ceux et celles qui ne connaissent pas Dieu. En ce dimanche, notre solidarité et notre prière sont tout spécialement pour les communautés chrétiennes d’Afrique. Et bien sûr, nous n’oublions pas nos pays d’ancienne chrétienté qui ont un besoin urgent d’une nouvelle annonce de l’Évangile. Le Christ doit être présenté à tous avec la même chaleur et la même joie que Marie aux mages.

« Où est le Roi des Juifs qui vient de naître ? » Il est dans le Pain Partagé, dans l’Eucharistie que nous allons célébrer ensemble. « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant… » Paradoxalement, Hérode nous donne un bon conseil : Se renseigner sur le Christ, être des chercheurs de Dieu pour mieux le connaître et en témoigner autour de nous. Les incroyants attendent de nous une foi plus éclairée. Après nous être nourris de la Parole et du Corps du Christ, nous sommes invités à repartir « par un autre chemin » pour rendre compte de l’espérance qui nous anime. Que cette Épiphanie soit la fête de tous ceux qui cherchent Dieu.

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 24 décembre 2021

4ème dimanche de l’Avent | 12 décembre 2021Tournés vers le Christqui prend corps pour nous !


4ème dimanche de l’Avent | 12 décembre 2021
Tournés vers le Christ qui prend corps pour nous !

Parle l’Abbé Jean Compazieu

Homélie


Textes bibliques : Lire


En ce 4ème dimanche de l’Avent, nous sommes à quelques jours de Noël. Comme chaque année, nos villes et nos villages prennent un air de fête. Toutes ces lumières qui illuminent les rues et les maisons c’est quelque chose de merveilleux. Malgré la pandémie, on se prépare à faire la fête. Des associations s’organisent pour que cette joie soit partagée avec les plus démunis. Noël sera aussi fêté dans les hôpitaux, les maisons de retraite, les prisons. Chaque année, des hommes et des femmes de bonne volonté s’organisent pour que cette joie de Noël soit offerte à tous.

Le problème, c’est que chaque année, on oublie de plus en plus le vrai sens de Noël. On ne pense plus à Celui qui devrait être au centre de cette fête. Les textes bibliques de ce dimanche viennent remettre la fête de Noël “à l’endroit”. Si nous sommes dans la joie, c’est d’abord à cause d’un “heureux événement”. Noël c’est d’abord la naissance du Christ sauveur. En lui, c’est Dieu qui est venu à nous pour nous dire tout l’amour qui est en lui. Et pour que nous n’ayons pas peur de lui, il se fait tout petit enfant. C’est là le seul vrai cadeau de Noël que Dieu nous fait. Il a tellement aimé le monde qu’il lui a envoyé son Fils unique. Par rapport à ce cadeau extraordinaire, tout le reste c’est de la pacotille.

C’est ce message que nous pouvons dans le livre du prophète Sophonie (première lecture). Il s’adresse à un peuple démoralisé « qui se traîne à travers l’immense désert ». C’est au cœur de cette douloureuse épreuve qu’il lui adresse des paroles très fortes : “Pousse des cris de joie… Réjouis-toi… Bondis de joie…” La raison de cette joie c’est la présence de Dieu au milieu de son peuple. Les accusateurs et les ennemis disparaîtront. C’est Dieu qui gouvernera son peuple. Il est “Dieu avec nous” Dieu en nous. Oui c’est une bonne nouvelle pour la période troublée qui est la nôtre.

Dans la première lecture, le prophète Michée s’adresse à un peuple humilié par ses ennemis. Il lui annonce le salut. Ce salut ne viendra pas d’une capitale orgueilleuse et pervertie. Il viendra d’un petit village de rien du tout. C’est ainsi que Dieu donne sa force au plus humble. C’est dans ses habitudes ; avec ce qui est petit et méprisé, il peut réaliser de grandes choses. Il ne fait pas appel aux sages et aux savants mais aux petits, aux humbles. C’est à eux qu’il s’adresse pour transmettre au monde les messages les plus importants (pensons à Bernadette de Lourdes, la plus ignorante de sa ville).

La lettre aux Hébreux nous apporte quelques précisions sur ce Messie dont nous allons célébrer la naissance. Il est l’envoyé de Dieu. Il est le seul grand prêtre. Il s’offre, lui-même pour accomplir la volonté de Dieu. En s’incarnant, il accepte une condition humble et faible. Il n’est pas né comme un roi de ce monde, mais comme un SDF, dans une étable. Nous sommes loin de toute cette agitation commerciale qui imprègne nos festivités de Noël. Nous devons comprendre que Noël c’est d’abord une bonne nouvelle pour les petits, les pauvres, les exclus. Noël c’est Dieu qui vient et qui se donne au monde. C’est la manifestation de l’amour qui ne fera que croître jusqu’à la victoire complète sur la mort et le péché.

L’Évangile nous parle de Marie qui rend visite à sa cousine Élisabeth, devenue enceinte du futur Jean Baptiste. Elle y va pour l’aider mais aussi pour partager sa joie. Jean Baptiste tressaille déjà d’émotion à l’approche de Jésus. Marie ne s’est pas préoccupée de sa propre fatigue. Elle a beaucoup marché pour rejoindre Élisabeth. Elle a parcouru ce long chemin pour lui apporter son aide sur le plan matériel, psychologique et spirituel. Il lui fallait une aide-ménagère mais aussi quelqu’un à ses côtés pour communier au miraculeux bonheur de la vie.

La Vierge n’a pas changé. Si nous l’appelons, elle court toujours vers nous. Et Jésus est en elle ou à ses côtés. Oui, Marie vient à nous avec Jésus. À l’approche de Noël, elle nous invite à l’accueillir et à faire « tout ce qu’il nous dira. » Le même Jésus nous pousse, nous aussi, à aller vers les autres. Avec Jésus et Marie, nos visites deviennent des « visitations ». Cette bonne nouvelle doit nous remplir de joie.

Le message de Noël c’est précisément la bonne nouvelle annoncée aux pauvres, aux malades, aux prisonniers, aux personnes seules. Noël c’est Jésus qui est venu et qui vient pour sauver l’humanité. C’est en lui que nous trouvons la joie, la paix et l’amour. Noël c’est le commencement du don de Dieu. C’est de cette grande espérance que nous avons à témoigner dans le monde d’aujourd’hui. En ce jour, nous pouvons supplier le Christ notre sauveur : « Toi qui est lumière, toi qui est l’amour, mets à nos ténèbres ton esprit d’amour. »

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 12 Décembre 2021

3ème dimanche de l’Avent (Homélie)

Tournés vers le Christ dans la joie de sa venue

Par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


La liturgie de ce 3ème dimanche de l’Avent nous invite à la joie. C’est ce message que nous trouvons dans la première lecture. Le prophète Sophonie profite d’un petit bout de paix retrouvée pour inviter son peuple à faire la fête. Cette accalmie est le signe d’une transformation plus profonde que Dieu accomplira un jour. On n’aura plus à craindre la guerre : l’humanité sera conviée à danser de joie avec son Seigneur. C’est l’amour qui aura le dernier mot sur la terre. Ce sera le triomphe définitif du Sauveur au milieu des hommes.

Ces paroles du prophète s’adressent aussi à chacun de nous aujourd’hui : Ce dimanche nous invite à la joie car le Seigneur est au milieu de nous. Nous ne devons pas nous laisser aller à la tristesse ni au découragement. Le Seigneur est toujours là au cœur de nos vies. C’est en lui que nous trouverons la vraie joie.

C’est aussi cet appel à la joie que nous retrouvons dans la lettre de saint Paul aux Philippiens (2ème lecture). Il écrit de sa prison ; on attendrait de sa part un message d’inquiétude et d’angoisse. Pourtant il rayonne de joie et il invite ses correspondants à la partager ; un chrétien doit frapper tous les regards par sa joie inaltérable ; c’est là son meilleur témoignage dans un monde perpétuellement inquiet. La joie chrétienne a sa source dans la certitude que le Christ est proche de celui qui souffre, proche des affligés. Malgré les multiples raisons d’inquiétude, il ne cesse de nous rejoindre pour nous apporter la joie et la sérénité.

Mais pour en arriver là, « que nous faut-il faire » ? C’est la question qui est répétée trois fois dans l’Évangile de ce jour. Toutes les catégories de personnes s’adressent à Jean Baptiste : la foule, les publicains (percepteurs d’impôts) puis les soldats. Il va montrer aux uns et aux autres que la vraie conversion doit passer par des actes. Ces actes concernent la vie sociale et professionnelle : partager avec celui qui n’a rien, bien accomplir son devoir d’état, ne pas profiter de la situation.

Ce qu’il faut bien voir, c’est que Jean Baptiste s’adresse à tous : aucune catégorie n’est exclue de ce parcours de conversion pour obtenir le salut. Cela vaut même pour les publicains qui étaient considérés comme des pécheurs irrécupérables. Dieu ne refuse à personne la possibilité de se sauver. Il est un Père qui aime chacun de ses enfants et qui veut le salut de tous.

« Que nous faut-il faire » ? Cette question est aussi la nôtre ; et les réponses de Jean Baptiste sont aussi pour chacun de nous : nous devons réentendre ses appels à nous convertir, à changer de direction et à emprunter la route de la justice, de la solidarité et de la sobriété. Ce sont des valeurs indispensables d’une existence pleinement humaine et authentiquement chrétienne.

La liturgie de ce dimanche nous aide à découvrir que cette conversion est source de joie. Ceux qui s’approchent du Seigneur ressentent de la joie. Nous vivons dans un monde qui est accablé par toutes sortes de problèmes, la pandémie, la précarité, la violence. Beaucoup craignent pour l’avenir. Et pourtant le chrétien est une personne joyeuse. Sa joie n’est pas quelque chose de superficiel et d’éphémère. Elle est profonde et durable. C’est un don du Seigneur qui remplit sa vie. Elle vient de la certitude que le Seigneur est proche. Il est proche par sa tendresse, par sa miséricorde, par son pardon et son amour.

Dans quelques jours, nous fêterons la naissance du Christ sauveur. Le même Christ continue à vouloir venir en nous. Il frappe à notre porte et il attend notre réponse. Il compte sur nous pour que, à la suite de Jean Baptiste, nous soyons ses précurseurs dans ce monde où la violence ne cesse de gangrener les relations sociales et familiales. Préparer le chemin du Seigneur c’est donner un témoignage de paix, de dialogue, d’écoute, de patience et de réconciliation. Cela suppose une véritable conversion de nous-mêmes, un ajustement à ce Dieu qui est Amour.

Par l’Eucharistie, le Seigneur nous donne la nourriture qu’il nous faut pour cette mission. Nous venons nous nourrir et nous imprégner de cet amour et de cette joie qu’il veut nous communiquer. Puis, à la fin de la messe, nous sommes envoyés pour aimer tous nos frères dans le quotidien et le concret de leur vie. Dans ce monde qui meurt de froid, nous avons sans cesse à répandre le feu de l’amour qui est en Dieu. Que le Seigneur nous garde fidèles à cette mission.

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 5 décembre 2021

05.12.2021 – 2ème dimanche de l’Avent (Homélie)

05.12.2021 – 2ème dimanche de l’Avent (Homélie)

Par l’Abbé Jean Compazieu, le 28 novembre 2021

Tournés vers le Christ avec Jean Baptiste

Textes bibliques : Lire


Pour comprendre les textes bibliques de ce dimanche, il convient de les situer dans leur contexte historique. Nous avons tout d’abord Baruc qui appelle son peuple à la joie et à l’espérance. Ce peuple a été déporté en exil et humilié. Mais il va retrouver le bonheur et la liberté. C’est cet appel à la l’espérance que nous entendons dans la 1ère lecture : « Quitte ta robe de tristesse et de misère et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours ».

L’Évangile de ce jour est une réponse à cette annonce : il nous ramène à une situation bien précise de l’histoire. Luc met au-devant de la scène tous les personnages politiques et religieux du moment : l’empereur romain Tibère, son représentant en Judée Ponce Pilate, Hérode prince de Galilée et d’autres petits rois. Il cite également les autorités religieuses, Anne et Caïphe. Face à ces personnages prestigieux, nous avons un homme tout simple ; il s’appelle Jean ; il ne vit pas dans les palais ni dans le temple mais dans le désert. C’est là que la Parole de Dieu lui est adressée.

« La parole de Dieu fut adressée à Jean dans le désert ». En nous disant cela, l’évangéliste a quelque chose d’important à nous faire découvrir : au temps de Jean Baptiste, c’était dans le désert que la Parole de Dieu pouvait être le mieux entendue. C’est important pour chacun de nus aujourd’hui : à la manière de Jean Baptiste, nous sommes tous invités au désert pour entendre ce que Dieu à nous dire aujourd’hui. C’est ainsi que nous pourrons préparer son chemin.

Bien sûr, il n’est pas question de consulter une agence de voyage pour aller dans le Sud Du Sahara. Le désert dont Dieu nous parle, il est en chacun de nous. Le désert est synonyme de silence. Aller dans le désert, c’est trouver le silence. Nous vivons dans une société où le bruit nous envahit de tous côtés. Et pourtant, le silence est absolument essentiel. « Nous sommes trop sollicités par ce monde qui va trop vite. Nous ne prenons pas le temps de nous arrêter, de faire silence pour que nous puissions nous poser la question de savoir si la vie que nous menons est bien accrochée à l’essentiel (Jean-Louis Étienne).

Emportés les uns et les autres dans le tourbillon de la vie, il nous faut faire des moments de désert si nous voulons rester des hommes et des femmes d’intériorité, si nous voulons simplement rester des croyants. Noël, c’est la visite de Dieu dans nos cœurs, mais si nous sommes ailleurs, la visite n’aura pas lieu. Pour l’entendre, il faut que nous l’écoutions. C’est pour cette raison que Jean va au désert. C’est dans le silence que nous commençons à entendre. Dieu ne demande qu’à parler au cœur de chacun.

Ce désert dont parle saint Luc nous renvoie également à celui que nous subissons : le désert de la pandémie que nous avons vécu et qui est toujours d’actualité… le désert terrible de la maladie… le désert brûlant de la mort… le désert glacial de la solitude… le désert aride de l’échec professionnel ou du chômage…

C’est dans tous ces déserts que les paroles de Jean Baptiste nous rejoignent : « Préparez les chemins du Seigneur… Aplanissez sa route ! » Pour répondre à l’invitation de Jean Baptiste, il nous faut combler les ravins de notre méfiance, abaisser les montagnes de nos préjugés et de nos apriori, il nous faut aplanir les sentiers de nos égoïsmes personnels et collectifs et de notre petite tranquillité. Cette conversion à laquelle Jean Baptiste nous appelle, c’est vraiment un changement de toute notre vie.

Cette conversion pour le pardon des péchés est offerte à tous. Mais elle ne peut devenir efficace que si nous l’accueillons librement. Ce n’est pas d’abord un passage du vice à la vertu ; c’est surtout un passage du fatalisme à l’espérance, du doute à la foi, du repli sur soi à l’ouverture. L’espérance chrétienne c’est de croire que Dieu est à l’œuvre. Même quand tout va mal il est là. Il agit dans le cœur des hommes. Nous en avons des signes dans les gestes de dévouement et de solidarité des uns et des autres. À travers eux c’est Dieu qui est là. Son amour est plus fort que la haine.

Dans la seconde lecture, saint Paul nous dit précisément que ce salut de tous les hommes est réalisé en Jésus-Christ. Ce n’est pas vous qui avez eu l’initiative. C’est d’abord l’œuvre de Dieu ; et nous y sommes tous associés. Ce qui nous est demandé, ce n’est pas de travailler “pour” le Seigneur mais de travailler à l’œuvre “du” Seigneur. Le principal travail c’est lui qui le fait dans le cœur de chacun et il veut nous y associer tous.

Ils sont nombreux dans le monde ceux et celles qui se préparent à fêter Noël. Mais beaucoup vont vivre ce jour en oubliant celui qui devrait être au centre de cette fête. Préparer Noël, c’est d’abord accueillir Jésus qui vient, c’est se mettre à l’écoute de son Esprit Saint, c’est aller au désert pour mieux entendre son appel. Par l’Eucharistie qui nous rassemble chaque dimanche, il vient nous éclairer et nous rendre la vie. Prions-le afin qu’il fasse grandir en nous sa vie divine.

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 28 novembre 2021

Homélie du 1er dimanche de l’Avent (C)

Tournés vers le Christ qui s’annonce

Par l’Abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


En ce premier dimanche de l’Avent, nous entrons dans une nouvelle année liturgique. Dans quatre semaines, nous fêterons Noël. Dans les magasins, tout est mis en place pour l’organisation des festivités. On se dit que le plus important, c’est la joie de se retrouver en famille. Oui, bien sûr ! Mais le vrai Noël, c’est bien plus : ce jour-là, nous fêtons la naissance du Christ Sauveur. Le grand message de Noël, c’est que Jésus est “Dieu avec nous”. Il nous rejoint dans nos tribulations. Il est avec nous tous les jours pour nous guider sur le chemin de la Vie.

Alors oui, c’est important de fêter Noël, mais il ne faut pas oublier Celui qui en est l’origine. Sinon ce serait comme si nous organisions un anniversaire en oubliant celui qui devrait y occuper la place centrale. Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à sortir de cette insouciance. C’est très bien de faire la fête ; mais il faut savoir pourquoi et le dire au monde. Si nous faisons la fête, c’est d’abord parce que Dieu rejoint son peuple dans ses tribulations. Le Dieu que nous attendons est fidèle à sa promesse de bonheur. Il est toujours “Dieu avec nous”.

C’est cette bonne nouvelle que nous trouvons dans la première lecture biblique de ce dimanche. Jérémie s’adresse à un peuple très éprouvé par la défaite et la misère. C’est vraiment la désolation. Mais voilà que le prophète lui annonce la consolation. Cette “promesse de bonheur” s’accomplira sans que le peuple la mérite. Dieu n’abandonne pas son peuple blessé. Ce qu’il veut, c’est le bonheur de tous. Mais il attend une réponse de leur part.

Dans la lettre aux Thessaloniciens, il est également question de la “venue du Seigneur dans la gloire”. Au moment où il écrit, Paul croit fermement que ce retour du Christ est pour bientôt. Il invite les membres de la communauté à progresser chaque jour dans la foi et dans l’amour. Cet amour doit être ouvert à tous, même à ceux qui ne partagent pas leur foi. La dynamique de l’Avent doit les pousser (et nous pousser) à faire chaque jour des nouveaux progrès dans le domaine de l’amour fraternel.

L’Évangile de ce dimanche nous renvoie à la fin des temps, au retour définitif de Jésus. Aujourd’hui, il voudrait nous remettre en éveil. Il est absolument urgent de sortir de notre insouciance. Le jour J approche. “Que votre cœur ne s’alourdisse pas dans la débauche et les soucis de la vie !” Voilà une parole du Christ qui interpelle notre société de consommation. Il n’y a rien de changé sous le soleil. Remplir les caddies, faire la fête, ce n’est pas un mal. Mais nous ne devons jamais oublier que préparer Noël c’est nous disposer à accueillir Jésus qui vient. Tous nos préparatifs devraient être orientés vers ce seul but.

Dans l’évangile de ce dimanche, nous avons entendu des paroles inquiétantes. Ce retour du Christ semble associé à des catastrophes : “Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire.” À première vie, il y a de quoi être effrayé. Mais ce n’est pas le but de Jésus. Lui-même nous avertit : “Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche”. Nous devons partager l’enthousiasme de Jean-Paul II quand il disait au début de son ministère : “N’ayez pas peur !” L’Évangile est une bonne nouvelle : Dieu nous aime comme un Père et rien ne saurait nous séparer de son amour.

En ce temps de l’Avent, nous demandons au Seigneur qu’il nous apprenne à l’accueillir chez nous et à demeurer avec lui. Il ne cesse de nous inviter à la vigilance. Le temps de l’Avent nous fait entendre ses appels avec encore plus d’insistance. Prions-le pour qu’il nous donne un cœur attentif. Qu’il ouvre nos yeux pour le reconnaître quand il vient. Car c’est vrai, le Seigneur vient à nous dans les événements de nos journées et à travers les personnes que nous rencontrons. S’il vient c’est pour nous apporter la vie, la paix, l’amour. Ces cadeaux, il les offre à un monde trop souvent imprégné de violence et de mort, à un monde affolé par le fracas de la tempête et la crainte des malheurs. L’actualité nous en donne de nombreux exemples chaque semaine.

Ces paroles d’espérance, Jésus les adresse encore et toujours aux pauvres de cœur, à ceux qui pleurent, aux artisans de paix, tous ceux qui étaient cités dans l’évangile des béatitudes le jour de Toussaint. Le Christ rejoint aussi à tous ceux qui se débattent dans le péché et qui sans cesse font tout leur possible pour se relever. Ce Jésus qui a relevé tant d’hommes et de femmes malades et pécheurs nous invite à ne pas nous laisser tomber. Il est là justement et il ne nous laisse pas tomber.

“Redressez-vous et relevez la tête. Votre rédemption est proche”. Ce temps de l’Avent est un appel à entrer dans l’espérance. Le Seigneur est là au cœur de nos vies. Par l’Eucharistie qui nous rassemble, il nous partage sa vie et sa joie. Il nous donne son Esprit de Lumière et de force dans nos difficultés. Accueillons de tout notre cœur Celui qui vient nous éveiller à l’Amour qui sauve le monde.

Sources : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 21 novembre 2021

Le Christ roi de l’univers (solennité – homélie)

Suivons le Christ Serviteur, Roi de l’univers

Par l’abbé Jean Compazieu

Textes bibliques : Lire


En ce dernier dimanche de l’année liturgique, nous célébrons la solennité du Christ roi de l’univers. Les textes bibliques de ce jour nous adressent un message d’espérance.

Nous avons tout d’abord un texte du prophète Ézéchiel. Il s’adresse à un peuple qui vit une situation désespérée. Le pays est détruit ; il vit sous une domination étrangère ; c’est vraiment la catastrophe ; beaucoup se posent des questions : “Où est-il notre Dieu ? Que fait-il ?” C’est en réponse à ce doute que le prophète intervient pour annoncer une bonne nouvelle : Dieu enverra un “fils d’homme” c’est-à-dire un homme pour relever son peuple et lui redonner toute sa place parmi les nations. Cet homme recevra une autorité sûre et confiante. Plus tard, les chrétiens comprendront que ce titre de “Fils de l’homme” désignait la royauté de Jésus.

La 2ème lecture est extraite de l’Apocalypse de saint Jean. Ce livre a été écrit bien après la résurrection du Christ. Il s’adresse à des chrétiens persécutés. L’empereur de Rome est très dur pour eux. C’est dans ce monde hostile et violent que saint Jean annonce le triomphe de Celui qui est l’Amour. Par sa mort et sa résurrection, il a vaincu la mort et le péché et il veut nous associer tous à sa victoire. Dans sa lettre aux Romains, saint Paul nous dit que “rien ne peut nous séparer de son amour”.

Ces deux premières lectures sont une bonne nouvelle pour notre monde d’aujourd’hui. De nombreux dictateurs y règnent en maîtres. Ils font peser leur pouvoir sur les plus faibles. Dans de nombreux pays, les chrétiens sont victimes de la haine et de la violence des hommes. Mais un jour, les dictatures finissent par tomber. Il n’est pas question de vengeance : cela ne ferait qu’ajouter de la violence à la violence. Ce n’est pas par la force des armes qu’on peut obtenir la victoire contre le mal mais par celle des paroles et surtout celle de l’amour.

L’Évangile de ce jour nous montre Jésus face à Pilate : il se présente à lui en tant que roi d’un Royaume « qui n’est pas de ce monde ». Sa Royauté ne repose pas sur l’ambition ni sur la compétition. Elle n’utilise pas les armes de la peur ni le chantage ni la manipulation des consciences. Sa royauté s’exprime dans l’humilité et la gratuité. Les royaumes de ce monde se fondent parfois sur les abus de pouvoir, les rivalités, les oppressions. Le Royaume du Christ est un « Royaume d’amour, de justice et de paix » (Préface).

Jésus s’est révélé comme roi dans l’événement de la croix. Aux yeux du monde, c’est un échec. Mais l’Évangile nous invite à changer notre regard. La croix du Christ c’est l’échec du péché. C’est en levant les yeux vers le Christ en croix que nous prenons conscience de son amour gratuit pour nous et pour le monde entier. Sa puissance et sa force sont celles de l’amour, un amour solide et intègre, même face aux refus.

Sur le Calvaire, on ridiculise ce « roi des juifs ». On lui lance un défi : « Sauve-toi toi-même en descendant de la croix ». Mais Jésus ne cherche pas à se sauver lui-même. Il a donné sa vie pour chacun de nous. Lui-même nous dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. En passant par la mort et la résurrection, il nous a ouvert un passage vers ce monde nouveau qu’il appelle « le Royaume de Dieu ».

Aujourd’hui encore, ils sont nombreux ceux qui refusent cette royauté du Christ. On fait tout pour l’effacer en supprimant ses disciples. Dans notre société sécularisée, on le relègue à l’exil, on le ridiculise sur les écrans de télévision et dans les salles de cinéma. Et surtout, nous ne devons pas oublier les très nombreux martyrs dans de nombreux pays du monde. Mais le mal, la violence et la haine n’auront pas le dernier mot. Encore une fois, c’est l’amour qui triomphera.

Le premier qui a compris a été l’un des malfaiteurs crucifié en même temps que Jésus, celui qu’on appelle « le bon larron ». Nous connaissons sa supplication : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume ». Cet homme était un malfaiteur, un corrompu. Il était condamné à mort pour toutes les brutalités qu’il avait commises dans sa vie. Mais il a vu qu’avec Jésus, l’amour peut triompher de la haine. Comme cet homme, nous pouvons redire cette prière : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume ». Et nous avons la ferme espérance qu’un jour, il nous dira : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. »

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 14 novembre 2021