Au Colisée, Léon XIV porte la croix en présence de 30000 fidèles
Les femmes, les opprimés, les prisonniers, les victimes des guerres et des injustices étaient au cœur des méditations du Chemin de Croix de Léon XIV au Colisée ce vendredi soir 3 avril. Que Dieu donne des larmes pour pleurer «sur les massacres et les génocides» ou «sur le cynisme des tyrans».
Alexandra Sirgant – Cité du Vatican
Cela faisait trente-deux ans qu’aucun Pape n’avait porté la croix tout le long de la Via Crucis. Pour sa première Pâques depuis son élection, Léon XIV a tenu à faire sien le douloureux chemin du Christ, celui de sa condamnation à sa mise au tombeau. «Je pense que ce sera un signe important, compte tenu de ce que représente le Pape: un chef spirituel dans le monde d’aujourd’hui, cette voix qui nous dit que le Christ souffre encore» avait lui-même déclaré Léon XIV aux journalistes à sa sortie de Castel Gandolfo mardi dernier, expliquant son geste comme étant une invitation à «toutes les personnes de foi, à cheminer ensemble, à marcher avec le Christ qui a souffert» pour les hommes.
Ce cheminement, auquel sont invités les fidèles, se déroule «dans un environnement chaotique, agité et bruyant», à l’image de l’époque de Jésus. Deux mille ans plus tard, «le croyant est continuellement mis au défi», reconnait le père franciscain Francesco Patton dans ses méditations, choisies cette année pour accompagner les dernières heures de la vie de Jésus. «Le Chemin de Croix n’est pas le chemin de ceux qui vivent dans un monde préservé dans sa ferveur et de recueillement abstrait, mais c’est l’exercice de ceux qui savent que la foi, l’espérance et la charité doivent s’incarner dans le monde réel».
Accompagné du maître des célébrations liturgiques et du cardinal-vicaire de Rome, Léon XIV a solennellement parcouru les quatorze stations du Chemin de Croix, s’arrêtant à chacune d’entre elle pour méditer sur des extraits des Évangiles et des écrits de saint François d’Assise, et adresser une prière de supplication, reprise en chœur par les 30 000 pèlerins rassemblés autour du Colisée, cierge à la main.
Plus de 30 000 fidèles présents au Colisée. (@Vatican Media)
Servir les autres plutôt que de les dominer
«François d’Assise, qui a simplement cherché à suivre tes traces, nous rappelle que toute autorité devra répondre devant Dieu de la manière dont elle aura exercé le pouvoir qui lui a été confié», arappelé la méditation lors de la première station, qui marque la condamnation à mort de Jésus par Ponce Pilate. Après avoir été chargé de la croix, Jésus chute une première fois, exténué par le poids du bois et ses blessures. Lors de la troisième station, qui commémore cet instant où le Seigneur trébuche, la méditation a rappelé que la vie même du Christ a été «une succession d’abaissements et de descentes». Jésus s’est dépouillé en se faisant homme. «Aide-nous, nous aussi, à choisir de rester à terre, aux pieds des autres, plutôt que de chercher à être en hauteur et à les dominer».
Pleurer sur les désastres des guerres
À la station suivante, Jésus rencontre sa Mère sur le chemin du Calvaire, et lui demande de «consoler les orphelins, spécialement à cause des guerres». Une imploration qui résonne fortement avecles drames qui déchirent le monde contemporain, tout comme lors de la huitième station lorsque Jésus rencontre les femmes de Jérusalem qui pleurent sa mort certaine: «Là où il y a une souffrance ou un besoin, les femmes sont présentes: dans les hôpitaux et les maisons de retraite, dans les communautés thérapeutiques et d’accueil, dans les foyers pour les mineurs les plus fragiles, dans les avant-postes les plus reculés de la mission pour ouvrir des écoles et des dispensaires, dans les zones de guerre et de conflit pour secourir les blessés et consoler les survivants». Dans sa méditation, celui qui fut custode de Terre Sainte de 2016 à 2025 demande au Seigneur de donner aux hommes «des larmes» pour pleurer «sur les désastres des guerres», «sur les massacres et les génocides» ou «sur le cynisme des tyrans».
Le Pape Léon XIV a porté la croix tout au long des quatorze stations de la Via Crucis. (@Vatican Media)
«Apprends-nous la compassion»
Jésus est dépouillé de ses vêtements avant d’être cloué sur la croix à la onzième station. Il manifeste ainsi «que le pouvoir véritable n’est pas celui de ceux qui utilisent la force et la violence pour s’imposer», mais de «ceux qui se chargent du mal de l’humanité (…)et qui l’anéantissent par la puissance de l’amour qui se manifeste dans le pardon». Quand Jésus est descendu de la Croix, à la treizième station, le père Francesco Patton demande au Seigneur de «faire en sorte que notre époque, qui a perdu le respect des vivants, conserve au moins celui des morts» et qu’il apprenne aux hommes la compassion envers les prisonniers politiques, les familles d’otages ou les morts sous les décombres. Après avoir marqué à nouveau l’arrêt à la quatorzième et dernière station, où Jésus est déposé dans le sépulcre, le Pape Léon XIV a invité les fidèles à conclure ce moment de contemplation et de prière par la bénédiction que saint François portait à ses frères: «Que le Seigneur tourne vers vous son visage et qu’il vous apporte la paix».
Office de la Passion: la partition de la Croix, un appel silencieux à désarmer le mal
En ce Vendredi Saint, le Pape Léon XIV a présidé sa première liturgie de la Passion du Christ en la basilique Saint-Pierre. L’homélie de la Passion a été prononcée par le prédicateur de la Maison pontificale, le père capucin Roberto Pasolini. «À une époque, si déchirée par la haine et la violence, où même le nom de Dieu est invoqué pour justifier des guerres et des décisions de mort, nous, chrétiens, sommes appelés à nous approcher de la croix du Seigneur», a-t-il exhorté.
Augustine Asta – Cité du Vatican
La liturgie de la parole, la vénération de la Croix et la communion au corps du Christ. Tels ont été les trois temps forts de l’Office de la Passion du Seigneur présidé par le Pape Léon XIV, ce 3 avril, en la basilique Saint-Pierre. En ce Vendredi Saint, le père Roberto Pasolini, 54 ans, capucin, bibliste et prédicateur de la Maison pontificale depuis novembre 2024, a expliqué dans son homélie, que la liturgie «nous invite à contempler la Passion du Seigneur». Face à ce mystère de mort et de gloire, il est «naturel de se recueillir en silence dans la prière», a-t-il dit.
Une Croix qui s’inscrit dans un chemin
La Croix du Christ risque cependant, a poursuivi le religieux capucin, de «rester incompréhensible si nous la considérons comme un fait isolé, comme un événement soudain et inexplicable». Car, en réalité, a fait remarquer le père Pasolini, elle est le «point culminant d’un cheminement: l’aboutissement d’une vie au cours de laquelle Jésus a appris à écouter et à accueillir la voix du Père, se laissant guider jusqu’à l’amour le plus grand».
Pour le prédicateur de la Maison pontificale, au cours de cette Semaine Sainte, la liturgie met en avant les «Chantsdu Serviteur» du Seigneur, des textes poétiques dans lesquels le prophète Isaïe a esquissé la figure d’un Serviteur mystérieux par lequel Dieu parvient à sauver le monde du mal et du péché.
La douceur comme seule force
Le Serviteur est présenté, dans le premier chant, comme «quelqu’un appelé par le Seigneur à accomplir une mission précise et ambitieuse: ouvrir ‘‘les yeux des aveugles’’ et faire ‘‘sortir de prison les captifs, de la détention ceux qui vivent dans les ténèbres’’» (Isaïe 42, 6-7). C’est une tâche, a-t-il estimé, «placée sous le signe de la vie, destinée à tous ceux qui sont écrasés par la souffrance, l’injustice, le péché». Cependant, il «devra l’accomplir avec une extrême délicatesse, en suivant une méthode précise et à contre-courant»:«Aucune agressivité, aucun recours à la force, aucune tentation de tout détruire pour repartir à zéro. Le Serviteur devra être un chercheur de vie au milieu des ténèbres du mal», a détaillé le prédicateur de la Maison pontificale.
“Nous sommes tous tentés de forcer les situations, d’utiliser un peu d’agressivité, en pensant que sans dureté, les choses ne se résolvent jamais. Le Serviteur du Seigneur ne pourra céder à cet instinct: il devra garder la douceur comme seule force pour affronter les ténèbres du mal, protéger chaque fragment de bien qui subsiste et offrir de l’oxygène aux flammes qui sont sur le point de s’éteindre.”
Le doute et l’épreuve de l’inutilité
Le deuxième chant introduit une fracture intérieure: «J’ai épuisé mes forces pour rien, en vain» (Isaïe 49, 4). Le Serviteur fait l’expérience du découragement, du sentiment d’échec. «Le bien semé ne semble pas germer, tout semble figé et bloqué». C’est une crise qui, a précisé le père Pasolini, «tôt ou tard, touche quiconque a choisi de suivre le Seigneur: le sentiment de tourner en rond, de ne mener nulle part, de rester fidèle à quelque chose qui ne porte aucun fruit». Mais, a-t-il insisté, «ce n’est qu’une impression».
“En apportant la lumière dans les ténèbres, le Serviteur du Seigneur est entré dans un espace où les choses ne se comprennent plus selon nos critères, mais suivent le dessein, souvent paradoxal, d’un salut qui vient de Dieu.”
La lumière
Le troisième chant révèle une autre difficulté: le rejet. En effet, a-t-il noté, ceux qui vivent dans les ténèbres n’accueillent pas toujours la lumière. Parfois, ils la rejettent et tentent de la repousser. «Pourquoi cela?», s’est interrogé le père Pasolini. Et d’y répondre: «Parce que la lumière ne met pas seulement en évidence ce qui est beau», mais aussi ce que «nous préférerions cacher: nos blessures, nos mensonges, notre ambiguïté». C’est pourquoi «on finit ainsi par repousser celui qui apporte la lumière, pour ne pas avoir à faire face à ce que cette lumière révèle».Pourtant, le Serviteur, «ne recule pas» poursuivant le «chemin tracé par le Seigneur, sans fuir».
Briser la chaîne du mal
Dans le quatrième chant, la violence qui s’abat sur le Serviteur «est si intense qu’elle défigure son visage, au point de le rendre méconnaissable». Et pourtant, a encore expliqué le père Pasolini, c’est précisément au cours de ce cheminement qu’il a appris à ne pas rendre le mal reçu.
“Lorsque le mal nous frappe, notre instinct est de réagir, de le renvoyer, de régler nos comptes. Le Serviteur, lui, ne cède pas à cette logique: il accueille tout sans rendre la violence.”
«Jésus ne s’est pas contenté d’écouter ces chants. Il les a interprétés et vécus intensément, avec une confiance totale dans la volonté du Père, jusqu’à transformer sa crucifixion en un événement de salut», a ensuite affirmé le religieux capucin. Face au mal, a-t-il ajouté, le monde ne connaît que deux voies: «capituler ou le rendre». Par ailleurs, Jésus-Christ ouvre une troisième voie. Car il a «brisé cette chaîne non pas en s’imposant par une force supérieure, mais en accueillant ce qui lui arrivait et en y reconnaissant la ‘‘partition’’ d’amour et de service confiée à sa vie.»
Une voix discrète dans un monde bruyant
Dans le monde actuel marqué par les guerres et les injustices, la voix de Dieu, a soutenu le père Pasolini, n’a pas disparu, mais elle est malheureusement devenue «une voix parmi tant d’autres», couverte par des discours promettant sécurité et progrès. Dans ce contexte, une «foule silencieuse» continue pourtant d’écouter une autre mélodie: celle de la conscience, de l’amour patient, du refus de rendre le mal.
Dans son homélie, le prédicateur de la Maison pontificale a rendu hommage à ces hommes et ces femmes ordinaires qui incarnent, dans le silence, l’esprit du Serviteur. Ils «ne font pas de bruit», mais leur manière de vivre, qui consistent à porter des fardeaux, à rester fidèles et à continuer à faire le bien, empêche le mal d’avoir le dernier mot. Une vision du salut qui ne passe ni par les puissants ni par les grandes décisions, mais par une multitude d’actes discrets.
Déposer les armes, même invisibles
Au moment de l’adoration de la Croix, le père Pasolini a invité les fidèles à effectuer un geste intérieur fort: «déposer les armes». Pas seulement les armes visibles, mais aussi celles du quotidien: rancunes, paroles blessantes, jugements. «Elles suffisent à vider de sens nos relations», a-t-il averti.
Focalisant son homélie sur une image musicale: la Croix comme une “partition”, le prédicateur de la Maison pontificale, a rappelé que Jésus-Christ ne s’est pas contenté de la lire, il l’a «interprétée» par des gestes concrets, des silences, des pardons. Aujourd’hui, a-t-il enjoint, cette partition est confiée à chacun. «Il n’y a aucune situation qui ne puisse être affrontée… aucun ennemi qui puisse nous empêcher d’aimer.» C’est un appel exigeant, mais porteur d’espérance: même dans un monde marqué par la violence et les divisions, une autre manière de vivre reste possible.
Vers la fin de son homélie, le père capucin a présenté la Croix comme un trône. Non pas un symbole de pouvoir, mais le lieu où l’on apprend à régner en servant.
“À une époque comme la nôtre, si déchirée par la haine et la violence, où même le nom de Dieu est invoqué pour justifier des guerres et des décisions de mort, nous, chrétiens, sommes appelés à nous approcher sans crainte, mais «avec une pleine confiance» (Hébreux 4, 16), de la Croix du Seigneur, en y reconnaissant le trône sur lequel on apprend à régner en mettant sa vie au service des autres.”
Pourquoi ai-je obéi à cette impulsion contraire à ma volonté ? (II)
Quelques temps plus tard (1) alors que mon père visitait des malades dans une infirmerie militaire, il témoigne :
« À ce moment, je remarque un prisonnier italien qui fait des grands signes à Giuseppe l’infirmier. – Que veut-il ? demanda le docteur Renaud. – Il se nomme Pepito, traduisit Giuseppe, il dit que le Docteur Belbéoc’h l’a sauvé sur la route, il veut le remercier. Sans attendre que son compatriote termine, Pépito s’est levé et m’embrasse avec effusion. Je me sens très gêné de cette démonstration de reconnaissance car je me souviens fort bien d’être passé devant ce malheureux uniquement préoccupé de moi-même et de mon évasion. Je me dégage et demande à Giuseppe : – Comment peut-il me reconnaître ? Il faisait presque nuit et son état ne lui permettait pas de distinguer mon visage ? Et de plus il ne parle que l’Italien. – Il t’a reconnu à ta voix. Il affirme qu’il serait capable de te reconnaître sans erreur entre mille autres.
Je ne sais vraiment quelle contenance adopter lorsque brusquement j’aperçois, épinglé au revers de la veste de Pépito, une médaille de Notre Dame du Bon Conseil. Un instant, je reste stupéfait, c’est effectivement un bon conseil que j’ai eu l’impression d’entendre et auquel j’ai répondu, un peu contre mon gré. – Giuseppe, traduis à ton camarade, dis-je soudain très sérieux : ce n’est pas moi qui t’ai sauvé. Je suis d’abord passé devant toi indifférent, sans même me pencher… seulement quelques pas plus loin j’ai eu l’impression que l’on me suggérait un conseil et je suis revenu.
C’est Elle qui t’a sauvé, dis-je en désignant du doigt la médaille. Remercie-la. Un silence total s’est fait dans l’infirmerie. Je vois les yeux bruns de Pépito se mouiller de larmes. Est-ce l’émotion d’avoir été l’objet d’une telle sollicitude de la part de Celle qu’il a choisie comme protectrice ou bien éprouve-t-il une lourde déception de constater que son sauveur n’est pas digne du piédestal où il le met ? Je ne le sais pas mais ce jour-là, je fais la promesse de rapporter exactement ces faits, si un jour j’écris l’histoire de cette période de ma vie. »
Extrait de Charles Belbéoc’h, Le Feu sur la Neige(Mon carnet d’évasions) Editions du Panthéon – Nov 2018 (1) Cf UMM du 2 avril 2026
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Saint Luigi Scrosoppi Prêtre et fondateur de la Congrégation “Sœurs de la Providence”
Luigi Scrosoppi naît le 04 août 1804 à Udine (ville italienne située dans la région Frioul-Vénétie julienne). Son père Domenico était orfèvre, sa mère Antonia était issue d’une famille aisée. Le foyer était très chrétien et très pieux, l’éducation religieuse y tenait une grande place, d’ailleurs, les deux frères, Carlo et Giovanni Battista, de Luigi devinrent prêtres comme lui.
Dans les années 1814-1816, la région du Frioul avait connu de grands désordres climatiques, fragilisant une population pauvre qui avait subi disettes et épidémies. De nombreux orphelins avaient été ainsi laissés à l’abandon après la mort de toute leur famille. Le petit Luigi, voyant la misère des gens qui l’entouraient, décida de consacrer toute sa vie à ces pauvres.
À l’âge de 12 ans il entra au petit séminaire. Et le 31 mars 1827 il reçut lui aussi l’ordination sacerdotale. Il collabora à l’œuvre entreprise par son frère Carlo, qui venait en aide aux orphelines abandonnées, s’adonnant aux tâches les plus humbles, quêtant dans la rue pour l’éducation des petites filles qu’ils avaient rassemblées. Il consacra tous ses biens à son œuvre, ralliant aussi d’autres prêtres et des professeurs, afin d’éduquer ces enfants pour qu’ils aient une vie digne de ce nom. C’est ainsi que naquit la Congrégation des “Sœurs de la Providence”, le 1er février 1837, placée sous la protection de saint Gaetano de Thiene (1480-1547), misant sur la tendre providence qui n’abandonne jamais ceux qui se confient à elle.
Tenté par la pauvreté et la fraternité universelle de saint François d’Assise, il suivra pourtant les pas de St Filippo Néri (1515-1595)et, en 1846, devint Oratorien. Luigi Scrosoppi consacra toute sa vie à son œuvre, formant les jeunes maîtresses, fondant de nombreuses maisons, étant le guide spirituel de tous et de toutes dans la plus grande humilité et l’anonymat le plus total. Non content d’avoir fondé la congrégation des Sœurs de la Providence, Luigi participait à toutes les autres œuvres du diocèse, s’occupait des séminaristes pauvres, et créait un institut de sourds-muets. Atteint d’une grave maladie de la peau, il mourut dans la nuit du 3 avril 1884, ses dernières paroles furent « Charité, charité ! ».
Quant aux Sœurs de la Providence, elles œuvrent encore aujourd’hui dans diverses parties du monde : au Brésil, en Uruguay, en Afrique, en Inde, en Bolivie, en Roumanie, en Birmanie et bien sûr en Italie.
Déclaré vénérable le 12 juin 1978, par saint Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978), Luigi Scrosoppi à été béatifié le 04 octobre 1981 et canonisé le 10 juin 2001, à Rome, par saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005). Au cours de la même cérémonie ont été canonisés : Rafqa Pietra Choboq Ar-Rayès, première sainte du Liban ; Bernardo de Corleone (1605-1667), du Tiers-Ordre des capucins ; Agostino Roscelli (1818-1902), prêtre italien du diocèse de Gênes et Teresa Eustochio Verzeri (1801-1852), fondatrice de l’Institut des filles du Sacré-Cœur de Jésus (>>>Homélie du pape Jean-Paul II le 10 juin 2001).
Luigi Scrosoppi a été déclaré protecteur des malades atteints du SIDA.
Source principale : wikipédia.org (« Rév. x gpm »).
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 18,1-40.19,1-42.
En ce temps-là, après le repas, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis. Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C’est moi, je le suis. » Judas, qui le livrait, se tenait avec eux. Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre. Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. » Jésus répondit : « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. » Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés ». Or Simon-Pierre avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus. Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? » Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs se saisirent de Jésus et le ligotèrent. Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père de Caïphe qui était grand prêtre cette année-là. Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. » Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre. Pierre se tenait près de la porte, dehors. Alors l’autre disciple – celui qui était connu du grand prêtre – sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre. Cette jeune servante dit alors à Pierre : « N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? » Il répondit : « Non, je ne le suis pas ! » Les serviteurs et les gardes se tenaient là ; comme il faisait froid, ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer. Pierre était avec eux, en train de se chauffer. Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement. Jésus lui répondit : « Moi, j’ai parlé au monde ouvertement. J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n’ai jamais parlé en cachette. Pourquoi m’interroges-tu ? Ce que je leur ai dit, demande-le à ceux qui m’ont entendu. Eux savent ce que j’ai dit. » À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant : « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! » Jésus lui répliqua : « Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal. Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe. Simon-Pierre était donc en train de se chauffer. On lui dit : « N’es-tu pas, toi aussi, l’un de ses disciples ? » Pierre le nia et dit : « Non, je ne le suis pas ! » Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, insista : « Est-ce que moi, je ne t’ai pas vu dans le jardin avec lui ? » Encore une fois, Pierre le nia. Et aussitôt un coq chanta. Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C’était le matin. Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire, pour éviter une souillure et pouvoir manger l’agneau pascal. Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » Ils lui répondirent : « S’il n’était pas un malfaiteur, nous ne t’aurions pas livré cet homme. » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. » Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir. Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? » Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? » Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. » Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? » Alors ils répliquèrent en criant : « Pas lui ! Mais Barabbas ! » Or ce Barabbas était un bandit. Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé. Les soldats tressèrent avec des épines une couronne qu’ils lui posèrent sur la tête ; puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre. Ils s’avançaient vers lui et ils disaient : « Salut à toi, roi des Juifs ! » Et ils le giflaient. Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit : « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara : « Voici l’homme. » Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » Ils lui répondirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. » Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte. Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Jésus ne lui fit aucune réponse. Pilate lui dit alors : « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ? » Jésus répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi porte un péché plus grand. » Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais des Juifs se mirent à crier : « Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi s’oppose à l’empereur. » En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha. C’était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. » Alors ils crièrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. » Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié. Ils se saisirent de Jésus. Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha. C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. » Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville, et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : « N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais : “Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs”. » Pilate répondit : « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. » Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. » Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : ‘Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement.’ C’est bien ce que firent les soldats. Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. » Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : ‘Aucun de ses os ne sera brisé.’ Un autre passage de l’Écriture dit encore : ‘Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.’ Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts. À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne. À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Nersès Snorhali (1102-1173)
patriarche arménien
Jésus, Fils unique du Père , § 727-736 ; SC 203 (trad. SC p. 181 rev.)
« Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ou Calvaire, ils ont mis Jésus en croix, avec les malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche » (Lc 23,33)
En échange de l’arbre qui a donné la mort, Poussé au milieu du Paradis (Gn 3,3), Tu as porté sur tes épaules le bois de la croix, Tu l’as monté sur le lieu appelé Golgotha. Soulage mon âme, tombée dans le péché Et portant un fardeau si lourd ; Soulage-la grâce au « joug doux » Et au « fardeau léger » de la croix (Mt 11,30). Le vendredi, à trois heures, Au jour où le premier homme a été séduit, Tu as été cloué, Seigneur, sur le bois En même temps que le larron criminel. Tes mains qui avaient créé la terre, Tu les as étendues sur la croix, En échange des mains d’Adam et d’Ève qui s’étaient tendues Vers l’arbre où elles avaient cueilli la mort. Moi qui ai péché comme eux, Et même les ai surpassés… Pardonne-moi mon délit Comme à eux dans la région d’où l’espoir est banni. Tu es monté sur la sainte croix, Tu as ôté la transgression des hommes ; Et l’ennemi de notre nature, Tu l’y as cloué. Fortifie-moi sous la protection De ce saint signe, toujours vainqueur, Et lorsqu’il se lèvera à l’Orient (Mt 24,30), Illumine-moi de sa lumière. Au larron qui était à ta droite Tu as ouvert la porte du Paradis ; Souviens-toi de moi aussi lorsque tu reviendras Avec la Royauté de ton Père (Lc 23,42). Que moi aussi j’entende prononcer La réponse qui fait exulter : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans l’Éden, Dans ta patrie première ! »
LECTURES :
Livre d’Isaïe 52,13-15.53,1-12.
Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s’élèvera, il sera exalté ! La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme ; il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme. Il étonnera de même une multitude de nations ; devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit, ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler. Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ? Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous. Maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s’est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple. On a placé sa tombe avec les méchants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n’avait pas commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche. Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira. Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes. C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part, avec les puissants il partagera le butin, car il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort, et il a été compté avec les pécheurs, alors qu’il portait le péché des multitudes et qu’il intercédait pour les pécheurs.
Psaume 31(30),2ab.6.12.13-14ad.15-16.17.25.
R/ Ô Père, en tes mains je remets mon esprit. (Lc 23, 46)
En toi, Seigneur, j’ai mon refuge ; garde-moi d’être humilié pour toujours. En tes mains je remets mon esprit ; tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.
Je suis la risée de mes adversaires et même de mes voisins, je fais peur à mes amis s’ils me voient dans la rue, ils me fuient.
On m’ignore comme un mort oublié, comme une chose qu’on jette. J’entends les calomnies de la foule : ils s’accordent pour m’ôter la vie.
Moi, je suis sûr de toi, Seigneur, je dis : « Tu es mon Dieu ! » Mes jours sont dans ta main : délivre-moi des mains hostiles qui s’acharnent.
Sur ton serviteur, que s’illumine ta face ; sauve-moi par ton amour. Soyez forts, prenez courage, vous tous qui espérez le Seigneur !
Lettre aux Hébreux 4,14-16.5,7-9.
Frères, en Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi. En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché. Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours. Le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair, offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect. Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.