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04.06.2026 – CHAPELET À LOURDES
04.06.2026 – PRIÈRE DU MILIEU DU JOUR AU SACRÉ-CŒUR DE MONTMARTRE
04.06.2026 – MESSE À LOURDES
04.06.2026 – MESSE À NOTRE-DAME DE LA GARDE
04.06.2026 – HOMÉLIE DE LA SOLENNITÉ DU SAINT SACREMENT DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST – JEAN 6, 51-58

Mon corps livré pour vous
Homélie par le Fr. Laurent Mathelot
Lectures : Lire
Ceux qui ont lu la Bible savent qu’elle établit un parallélisme fort entre parole et nourriture, notamment Ézéchiel (Ézéchiel 2,8 – 3,3) et Jean (Apocalypse 10,8-11) sont littéralement invités à mâcher un rouleau de textes. Il s’agit littéralement de manger la parole de Dieu. L’erreur serait de ne voir derrière ce lien qu’un symbolisme, un peu comme on dirait d’un étudiant qu’il avale ses cours. Personne n’imagine qu’il mâche du papier. Pourtant, vous aurez beau lire et relire la Bible, en particulier le Nouveau Testament, ça ne fera pas de vous un Chrétien. Il faudra que votre chair soit touchée, il faudra le baptême … C’est le sens de tous nos sacrements et la mesure de leur efficacité : que la chair soit divinement touchée.
Le christianisme est une religion holistique, qui nous implique tout entier – corps et âme. La particularité de la religion chrétienne, c’est l’incarnation : Dieu a pris chair, nous démontrant ainsi que le corps humain peut être sous l’emprise totale de l’Esprit Saint. Le christianisme est une spiritualité, certes, mais c’est aussi une religion qui implique fondamentalement le corps. Il faut qu’il soit intimement touché par l’Esprit. De là, notre préoccupation de la manière dont nous nous engageons corps et âme dans l’élan amoureux. De là, notre morale exigeante. Il y a, dans notre religion, une manière sainte d’aimer qui nous implique tout entier.
La première chose à retenir de l’incarnation divine, c’est que nous sommes charnellement aimés par Dieu. Le premier regard à poser sur notre corps n’est pas qu’il soit corruptible ou mortel – intrinsèquement attaché au péché et à la souffrance – mais qu’il est voulu, aimé, désiré par Dieu, qu’il est essentiellement bon et qu’il peut fondamentalement être sauvé. Nous sommes appelés à pleinement jouir de l’amour divin, non à le ternir, l’obscurcir, l’étouffer. On retrouve ce coté particulièrement charnel de l’amour de Dieu dans la racine hébraïque du mot « miséricorde » (Rahamim (רחמים), qui vient directement de Rehem (רחם) qui signifie « utérus », « matrice », « entrailles ». Quand nous parlons de miséricorde divine, nous parlons littéralement d’une tendresse viscérale, d’un Dieu pris aux tripes.
Par son incarnation, le Christ fait du corps humain un temple saint – un lieu de prière où brille la présence effective de Dieu. Et, à bien sonder notre âme, nous savons que brûle en nous le désir d’un amour pur, d’une vie saine et d’un esprit saint, le désir d’aimer comme Dieu aime. C’est donc bien qu’il est présent en nous, que nous aussi l’avons dans la peau. Ainsi s’agit-il de prendre soin de notre corps, comme le don merveilleux qui nous unit à Dieu. Et ceci résume toute la morale chrétienne : nous sommes appelés à divinement respecter les corps, à commencer par le nôtre.
Dieu ne peut pas nous aimer charnellement sans se donner charnellement. C’est le propre d’un amour incarné. L’amour n’est pas que belles paroles, qui d’ailleurs ne sont rien si elles ne surgissent pas d’un cœur battant, des entrailles précisément. Faute d’incarnation, nous sommes réduits à adorer un Dieu bien loin dans le ciel, bien loin de nous embrasser, bien loin de pouvoir surgir dans nos vies. Le Christ est ce surgissement du cœur battant de Dieu dans le monde, qui non seulement vient nous toucher mais vient aussi mourir avec nous. Alors que notre cœur et notre esprit s’éteindront, Dieu voudra encore nous rejoindre.
Puisqu’il a fallu que le Christ meure pour nous prouver le jusqu’au-boutisme charnel de l’amour de Dieu, il nous transmet son Esprit, à travers les sacrements précisément : sacrement de notre personne par le baptême et la chrismation, vitalité par l’Eucharistie, le mariage et l’ordre ; restauration par l’onction des malades et la réconciliation. Les sacrements sont la manière charnelle avec laquelle Dieu se donne à nous désormais, la manière qu’il a de venir nous embrasser, de vouloir surgir dans nos vies, de s’immiscer en nous.
Beaucoup peinent à voir la présence réelle de Dieu dans les sacrements. C’est pourtant essentiel au coté charnel, incarné de notre religion. L’Esprit de Dieu est effectivement présent dans l’eau qui baptise, l’huile qui consacre, les époux qui se donnent pour la vie, le prêtre qui absout. L’Esprit d’amour divin est totalement présent dans l’Eucharistie, véritable actualisation du sacrifice du Christ en croix, là où il s’est donné pleinement pour notre restauration.
Mais cette action du don de son corps en nourriture, par pur esprit d’amour, se vit aussi en famille. Chaque repas que posent les parents sur la table de leurs enfants est le fruit de leur travail, de leur sueur convertie en salaire, du don de leur corps par amour. A chaque repas, ceux qui l’offrent sont fondés à dire : « Ceci est mon corps, livré pour vous ». De même lorsqu’on tend un billet à un mendiant : « Voici mon corps, livré pour vous ».
La mère qui donne la vie, le père qui se bat pour ses enfants, les amoureux l’un envers l’autre, savent qu’ils sont prêts à aller loin dans le don d’eux-mêmes par amour, jusqu’au sacrifice de leur corps voire, s’il le faut, au péril de leur vie. Beaucoup d’entre-nous sont prêts à se sacrifier par amour, notre désir est simplement que ce ne soit ni brutal, ni violent. Et c’est ce que l’Eucharistie présente : l’actualisation non violente du sacrifice du corps du Christ, que l’on retrouve dans le don total de soi comme simple nourriture.
Quand nous regardons les personnes aux corps usés, rompus par la vie, ne voyons pas tant l’usure du temps que celle de l’amour. Ne voyons pas le grand âge, les corps rompus comme une déchéance mais, au contraire, comme l’authentique témoignage de corps gracieusement offerts, rompus par l’amour. Voyons dans nos corps usés des eucharisties. « Ceci est mon corps, livré pour vous ».
Marchant allégrement sur les chemins de la vie ou rompu, à bout de souffle en croix, le Christ toujours se donne charnellement. Il se donne finalement comme le pain se donne, disparaissant totalement derrière le don pour n’être plus que don. Seul persiste alors l’Esprit derrière le don.
Que Dieu fasse de nos vies des eucharisties, des dons ultimes de nos corps par amour. Amen.

Source : RESURGENCE.BE, le 3 juin 2027
04.06.2026 – HOMÉLIE DE LA SOLENNITÉ DU SAINT SACREMENT DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST – JEAN 6, 51-58

Souviens-toi !
Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu
Textes bibliques : Lire
Après le sommet Eucharistique du Jeudi Saint, nous nous retrouvons pour une grande fête de l’Eucharistie, celle du Saint Sacrement, Corps et Sang du Christ. C’est Jésus lui-même qui se donne en nourriture. Il a voulu nous laisser sa présence sous la forme d’un repas. L’Eucharistie est vraiment la nourriture essentielle de notre vie. Le curé d’Ars disait : « Vous n’en êtes pas dignes mais vous en avez besoin ». Les textes bibliques de ce dimanche nous préparent à accueillir ce don de Dieu.
La 1ère lecture nous ramène au 7ème siècle avant Jésus Christ. Pour le peuple d’Israël, c’est une période de prospérité et d’abondance ; la tentation est grande de croire que cette réussite vient du seul génie des hommes. On se pose la question : « Pourquoi continuer à honorer Dieu alors qu’on est tiré d’affaire ? » Mais la Parole de Dieu vient le rappeler à l’ordre : « Souviens-toi ». La marche dans le désert était un temps de probation. Au cours de cette difficile traversée, Dieu n’a jamais cessé d’être là. Il a multiplié les bienfaits pour assurer la survie de son peuple. Il a fait pleuvoir la manne et jaillir l’eau du rocher. Il a surtout offert sa Parole qui est la nourriture essentielle de l’âme.
Quand le peuple se nourrit de la manne, il reconnaît que tout vient de Dieu. Nous aussi, nous reconnaissons que nous dépendons de lui. C’est le seul moyen de ne pas devenir esclave d’un autre car le vrai Dieu est libérateur. Nous qui vivons dans un monde souvent indifférent ou hostile à la foi chrétienne, nous devons réentendre cet appel du Seigneur : « Souviens-toi ! » N’oublie jamais de te nourrir de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Le jeune saint Carlo Acutis disait que l’eucharistie était son « autoroute vers le ciel. »
Dans sa 1ère lettre aux Corinthiens, l’apôtre saint Paul insiste précisément sur l’importance de l’Eucharistie. La bénédiction de la coupe et la fraction du pain ne sont pas que des gestes rituels. Elles ne sont pas non plus une simple évocation des gestes du passé. Sous le signe du pain et du vin, nous communions au Corps et au Sang du Christ ; nous faisons nôtre l’amour de Celui qui a livré son Corps et versé son Sang pour nous et pour la multitude. Cet amour qui nous unit à lui doit aussi nous unir à tous nos frères. Nous apprenons à les regarder avec le regard même du Christ, un regard plein d’amour et de miséricorde.
L’Évangile nous propose un extrait du long discours sur le Pain de vie. C’était après la multiplication des pains près du lac de Tibériade. Jusque-là, Jésus avait demandé à ses auditeurs de croire en sa parole. Aujourd’hui, il franchit un nouveau pas dans la révélation de sa personne. Ce pain dont il parle, il dit que c’est lui-même « pain vivant » ; il dit aussi que c’est « sa chair donnée pour la vie du monde ». Il annonce ainsi sa mort qu’il présente comme don de la Vie éternelle au monde.
Le Pain descendu du ciel c’est donc Jésus lui-même. Sa chair et son sang sont une nourriture qui donne la Vie éternelle. Aujourd’hui comme autrefois, Jésus nous demande de faire un acte de foi. Il faut se nourrir de son enseignement et boire ses paroles. Elles sont celles du Fils qui nous apporte la vie du Père. Mais pour accueillir ce don, il nous faut sortir de nos certitudes et de nos raisonnements humains. Il nous faut avoir un cœur de pauvre, entièrement ouvert à celui qui est « le chemin, la Vérité et la Vie.
L’Eucharistie est « Pain de vie ». Cette fête d’aujourd’hui doit raviver notre désir de communion avec Dieu pour « demeurer en lui et lui en nous. » Un jour, quelqu’un disait : « Toute Eucharistie est bien plus forte que tout le mal du monde ». C’est vrai, à chaque messe, nous célébrons le sacrifice du Christ et sa victoire sur la mort et le péché. Nous rendons grâce à Dieu qui ne cesse de nous combler de ses bienfaits. C’est en lui que nous trouvons la vraie joie. Malheureusement, nous sommes trop souvent victimes de la routine alors que nous devrions être dans l’émerveillement. Nous entrons dans l’Eucharistie sans transition, sans préparation. Et nous repartons souvent sans avoir pris le temps d’accueillir Celui qui veut faire en nous sa demeure. Et surtout nous n’avons pas compris que nous sommes envoyés pour vivre la communion.
Il nous faut aujourd’hui retrouver la force du message de l’Évangile. Quand nous sommes rassemblés pour célébrer l’Eucharistie, c’est vraiment LE moment le plus important de la journée. Malheureusement, beaucoup sont les grands absents : Tout cela n’est pas nouveau. Déjà, au moment où saint Jean écrit son évangile, il souffre beaucoup de la désaffection des communautés vis à vis de l’Eucharistie. Alors, il leur rappelle avec force ce que Jésus avait dit aux juifs d’autrefois : « Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. »
Que cette bonne nouvelle nous mette dans la joie, l’action de grâce, et donne un élan nouveau à toute notre vie.

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 31 mai 2026
04.06.2026 – INTÉGRALE DES LECTURES DE LA SOLENNITÉ DU SAINT SACREMENT DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST
Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’intégralité des lectures du dimanche de la solennité du Saint Sacrement du Corps et du sang du Christ, année A.
Ce jeudi 4 juin 2026, l’Église catholique célèbre la Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, autrefois appelée Fête-Dieu. Cette solennité invite les fidèles à célébrer la présence réelle du Christ dans le sacrement de l’Eucharistie. En France, cette fête est célébrée le dimanche suivant, 7 juin 2026. En Suisse, dans les cantons catholiques, le 4 juin 2026.
L’histoire de cette solennité
En 1263, à Bolsena, en Italie,un prêtre en proie au doute sur la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie célèbre la messe. À ce moment-là, il voit du sang s’écouler de l’hostie consacrée. L’Église reconnaît par la suite ce miracle eucharistique, qui contribua à renforcer la foi des fidèles.
L’impulsion décisive en faveur de l’institution d’une fête dédiée à l’adoration eucharistique vint de sainte Julienne de Cornillon (1193-1258). Cette religieuse originaire de la région de Liège reçoit des visions mystiques l’invitant à promouvoir une solennité au cours de laquelle les fidèles pourraient honorer le Corps du Christ. Elle est soutenue dans cette mission par la bienheureuse Ève de Liège. La première célébration a lieu à Liège en 1248.
Le 8 septembre 1264, le pape Urbain IV institue officiellement la solennité du Corps et du Sang du Christ dans toute l’Église. Il confie à saint Thomas d’Aquin la rédaction de l’office liturgique de cette nouvelle fête. Le théologien compose alors plusieurs hymnes devenus célèbres, dont le Pange lingua, le Panis angelicus et l’Adoro te devote. Très vite, cette fête prend un caractère populaire, notamment par les processions eucharistiques qui se répandent à la fin du XIIIe siècle. Le Saint-Sacrement est porté solennellement dans un ostensoir, sous un dais, à travers les rues décorées de guirlandes et de tentures. Les enfants jettent des pétales de roses au passage, et dans certaines régions, les rues sont recouvertes de tapis de fleurs.
En Pologne encore sous régime communiste, saint Jean Paul II renouvelle la consécration du pays à Marie

En Pologne encore sous régime communiste, saint Jean Paul II renouvelle la consécration du pays à Marie
La Pologne était encore sous régime communiste lorsque le pape Jean Paul II y a accompli sa première visite apostolique, du 2 au 10 juin 1979. C’est dans son homélie mémorable de la messe du 4 juin 1979, devant la foule polonaise rassemblée sur l’esplanade du sanctuaire marial de Jasna Gora à Czestochowa que le saint Père a annoncé la consécration de la Pologne à Marie, en déclarant :
« Je désire en ce sanctuaire de Jasna Gora dans ma patrie terrestre, la Pologne, confirmer avant tout les actes de consécration et de confiance qui, à divers moments – bien des fois et sous des formes variées – ont été prononcés par le Cardinal Primat et par l’épiscopat polonais. D’une façon tout à fait particulière, je désire confirmer et renouveler l’acte de consécration prononcé à Jasna Gora le 3 mai 1966 à l’occasion du millénaire de la Pologne. Par cet acte les évêques polonais en se donnant à toi, Mère de Dieu, dans ta maternelle servitude d’amour, voulaient servir la grande cause de la liberté de l’Église » (Jean-Paul II, homélie à Jasna Gora le 4 juin 1979).
Le deuxième voyage du Pape en Pologne eut lieu dans les circonstances particulièrement dramatiques de l’année 1983. Le Pape y présenta le sanctuaire de Jasna Gora comme le « Cana de Galilée polonais » et s’écria : « Mère ! Parle à ton Fils ! Parle à ton Fils de notre aujourd’hui difficile ! » (Jean-Paul II, Homélie à Jasna Gora le 19 juin 1983) Puis le Pape commenta l’appel de Jasna Gora. Il s’agit de la prière maintes fois répétée par les polonais : « Marie, Reine de la Pologne, je suis tout près de toi, je me souviens de toi, je veille. »
L’équipe de Marie de Nazareth
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
04.06.2026 – SAINT DU JOUR

Saint Philippe Smaldone
« Apôtre des sourds-muets »
Prêtre et fondateur des
« Sœurs Salésiennes des Sacrés Cœurs »
Filippo Smaldone vécut de 1848 à 1923, période qui fut marquée par des années où les difficultés et les tensions, au sein de la société italienne et dans l’Église, étaient particulièrement importantes. Premier des sept enfants de Antonio et Maria Concetta De Luca, il naît à Naples, dans le quartier populaire « Mercato » le 17 juillet 1848, année de la fameuse « insurrection de Naples ».
Alors qu’il n’avait que douze ans, il assista à la chute politique de la monarchie des Bourbons, auxquels sa famille était fortement liée ; au moment de la conquête de Garibaldi, l’Église napolitaine vécut des moments dramatiques, spécialement avec l’exil de son archevêque, le Cardinal Sisto Riario Sforza.
Les temps n’étaient certainement pas favorables et ne promettaient rien de bon pour l’avenir, spécialement pour la jeunesse, qui subissait les changements difficiles d’une société fragile et sans cesse en mouvement sur les plans sociologique, politique et religieux. C’est précisément dans cette période de crise institutionnelle et sociale, que Filippo prit la décision irrévocable de se faire prêtre et de s’engager pour toujours au service de l’Église, envers laquelle se développaient de nombreuses oppositions et de multiples persécutions. Pendant qu’il était encore étudiant en philosophie, il voulut mettre son avenir ecclésiastique sous le signe du service charitable, se consacrant à l’assistance d’une partie importante de la population mise au ban de la société et souvent abandonnée en ces temps-là à Naples : les sourds-muets.
Il s’appliqua à exercer une intense activité caritative, dans laquelle il se distingua particulièrement, beaucoup plus que dans les études ; de ce fait, ses résultats scolaires, qui conditionnaient l’accès aux Ordres Mineurs, étaient insuffisants ; ceci entraîna son passage de l’archidiocèse de Naples à celui de Rossano Calabro, où l’archevêque, Mgr Pietro Cilento, l’accueillit à bras ouverts, considérant sa bonté et son grand esprit religieux. Malgré le changement canonique de diocèse – qui cependant dura peu puisque, en 1876, avec la permission de son évêque, il fut de nouveau incardiné à Naples, – il demeura cependant dans la ville de Naples où il continua ses études ecclésiastiques sous la direction d’un des Maîtres du Collège des Théologiens, tout en poursuivant avec zèle son service auprès des sourds-muets.
Il fut ordonné sous-diacre à Naples le 31 juillet 1870, par Mgr Pietro Cilento, qui l’appréciait énormément et voulut l’ordonner personnellement. Le 27 mars 1871, il fut ordonné diacre et, finalement, le 23 septembre 1871, avec la dispense d’âge canonique de quelques mois, car il n’avait pas atteint les 24 ans exigés pour le sacerdoce, il fut ordonné prêtre à Naples, avec une joie indicible au fond de son cœur plein de bonté et de douceur. Dès son ordination sacerdotale, il commença un fervent ministère, à la fois comme catéchiste dans des groupes de prière du soir, qu’il avait fréquentés avec grand profit, encore enfant, comme collaborateur dévoué dans plusieurs paroisses, spécialement de la paroisse S. Caterina in Foro Magno, ainsi que comme visiteur assidu et apprécié par les malades dans des cliniques, dans des hôpitaux et chez des particuliers. Par sa charité, il parvint au sommet de la générosité et de l’héroïsme au moment d’une grave peste qui frappa la ville de Naples ; il tomba lui-même malade jusqu’à l’épuisement et il fut sur le point de perdre la vie ; il fut cependant guéri par Notre-Dame de Pompéi (La Vierge de Pompéi), pour laquelle il eut toute sa vie une dévotion particulière.
Mais la plus grande charge pastorale de don Filippo Smaldone était l’éducation des pauvres sourds-muets, auxquels il aurait voulu consacrer toute son énergie, avec des méthodes plus appropriées que celles qu’il voyait utiliser par d’autres éducateurs. Il souffrait beaucoup de constater que, malgré tous les efforts faits par beaucoup, l’éducation et la formation humaine et chrétienne de ces malheureux, considérés souvent comme des païens, ne portaient pas de fruits. À une époque, peut-être pour donner à son engagement sacerdotal un sens plus concret et plus précis, il envisagea de partir comme missionnaire dans les missions étrangères. Mais son confesseur, qui l’avait suivi continuellement depuis son enfance, lui fit comprendre que sa « mission » était parmi les sourds-muets de Naples. Dès lors, il se consacra totalement à l’apostolat parmi les sourds-muets, qui lui étaient chers. Il quitta la maison paternelle et alla vivre pour toujours parmi un groupe de prêtres et de laïcs, qui avaient l’intention de constituer une Congrégation de Prêtres Salésiens, sans pourtant réussir à réaliser leur rêve. Au fil du temps, il acquit une grande compétence pédagogique auprès des sourds-muets, et, petit à petit, il projeta de réaliser personnellement, si telle était la volonté du Seigneur, une institution durable, capable de se consacrer aux soins, à l’instruction et à l’assistance, humaine et chrétienne, de ceux qui sont atteints de surdité.
Le 25 mars 1885, il partit pour Lecce, afin d’ouvrir, avec don Lorenzo Apicella, un Institut pour sourds-muets. Il y fit venir quelques « religieuses », que lui-même avait formées, et il jeta ainsi les bases de la Congrégation des « Sœurs Salésiennes des Sacrés Cœurs » qui, ayant reçu la bénédiction et les encouragements des évêques successifs de Lecce, Mgr Salvatore Luigi dei Conti Zola et Mgr Gennaro Trama, eut un développement rapide et important. Il avait l’habitude de répéter : « Prenez l’Évangile pour guide et Jésus pour modèle. »
En raison du nombre croissant de personnes à accueillir et à assister, l’Institut de Lecce, comprenant des branches féminines et masculines, eut de plus en plus de maisons, jusqu’à acquérir le célèbre ancien couvent des Déchaussées, qui devint la résidence définitive et la Maison Mère de l’Institut. En 1897, fut créé l’Institut de Bari.
La compassion du Père Smaldone n’avait pas de limite. Il ne savait pas dire non à la demande de nombreuses familles pauvres ; aussi, commença-t-il à accueillir, en plus des sourds-muets, des filles aveugles, des petites filles orphelines et abandonnées. Plus largement, il était attentif à toutes les nécessités humaines et morales de l’ensemble de la jeunesse. Il ouvrit, donc, plusieurs maisons, en y adjoignant des écoles maternelles, des ateliers pour jeunes filles, des pensions pour étudiantes, dont une à Rome. Pendant la vie du Père Smaldone, malgré les rudes épreuves dont elles eurent à souffrir, soit de l’extérieur soit à l’intérieur même de l’Institut, l’Œuvre et la Congrégation connurent un développement discret, mais s’affermirent. À Lecce, le fondateur eut à mener une lutte acharnée contre l’administration communale très laïque et opposée à l’Église. Au sein de la Congrégation, il vécut avec amertume la délicate et complexe histoire de succession de la première Supérieure Générale, succession qui provoqua une longue Visite apostolique. Ces deux événements révélèrent l’âme vertueuse du Père Smaldone, et il fut évident que sa fondation était voulue par Dieu, qui purifie par la souffrance les œuvres nées en son nom et ses fils les plus chers.
Pendant environ une quarantaine d’années, le Père Filippo Smaldone poursuivit inlassablement et sans compter son œuvre caritative, sous de multiples formes, au soutien matériel et à l’éducation morale des sourds-muets, qui étaient chers à son cœur et envers lesquels il manifestait affection et attention, comme un père ; il s’attachait aussi à introduire ses Sœurs Salésiennes des Sacrés Cœurs dans la perfection de la vie religieuse.
À Lecce, c’est d’abord dans la fonction de directeur de l’Institut et de fondateur des Sœurs salésiennes, qu’il fut unanimement reconnu, puis ce fut aussi grâce à un ministère sacerdotal important et varié. Il fut un confesseur assidu et estimé de prêtres et de séminaristes, ainsi qu’un confesseur et un directeur spirituel de plusieurs communautés religieuses. Il fonda aussi la Ligue Eucharistique des Prêtres adorateurs et des Dames adoratrices ; il fut encore Supérieur de la Congrégation des Missionnaires de Saint François de Sales pour les Missions populaires. Pour tout cela, il fut décoré de la Croix « Pro Ecclesia et Pontifice », compté parmi les chanoines de la Cathédrale de Lecce et décoré par les Autorités civiles.
Il termina ses jours à Lecce, supportant, avec une sérénité admirable, un diabète associé à des complications cardiaques et circulatoires et à une sclérose qui se généralisait. Le 4 juin 1923 à 21 heures, après avoir reçu le soutien spirituel et la bénédiction de son archevêque, Mgr Trama, il mourut saintement à l’âge de 75 ans, entouré de plusieurs prêtres, de sœurs et de sourds-muets.
Filippo Smaldone a été béatifié le 12 mai 1996, par saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), et canonisé le 15 octobre 2006, à Rome place saint Pierre, avec trois autres bienheureux : Rafael Guízar Valencia (1878-1938), Rosa Venerini (1656-1728), Théodore Guérin (1798-1856), par le pape Benoît XVI (Homélie du Pape ).
Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).
Saint Philippe Smaldone priez pour nous !
