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05.04.2026 – HOMÉLIE DU DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 20, 1-9

L’éclatant mystère

Homélie par le Dr. Laurent Mathelot

Lectures

Les deux évangiles proposés pour ce dimanche de Pâques sont, d’une part, la découverte du tombeau vide par Marie-Madeleine et, si la messe est dite au soir, la rencontre des disciples d’Emmaüs. Ces deux récits forment un diptyque qui encadre le mystère joyeux que nous célébrons : la Résurrection.

Jean commence par nous dire que Marie-Madeleine s’est rendue au tombeau « de grand matin ; c’était encore les ténèbres ». Ainsi, le récit de ce jour merveilleux qui proclame la victoire définitive du Christ sur la mort commence-t-il dans le noir, au creux d’un tombeau où l’on pense trouver un cadavre. D’emblée, on se rappelle que Pâques embrasse la mort, que la Résurrection surgit des ténèbres, que le deuil est un terreau de la joie. Pendant le Carême, nous avons scruté nos abîmes, nos puits stagnants, les tombeaux qui nous enferment encore, au bord desquels Jésus pleurant est venu nous crier : ‘sors !’. Tout le mystère de la Résurrection est contenu dans le verset suivant : « Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. » Nulle part le texte ne raconte ni par qui, ni comment la pierre a été enlevée. On aurait aimé un peu plus d’explications … Non ! Il nous confronte à une simple constatation : le tombeau est ouvert ; le corps n’est plus là.

Les personnes qui guérissent d’un épisode ténébreux de la vie, de l’impression d’une existence en deuil, vous diront sans doute qu’ils ne savent non plus pas très bien comment la pierre de leur tombeau a été enlevée. Nos guérisons et relèvements ne nous apparaissent qu’une fois établis. Toutes les résurrections comportent une part de mystère, un passage des ténèbres à la lumière qui se fait dans le trouble, quasi à notre insu. A ceux qui, en ce jour de Pâques, traînent encore une impression de vie au tombeau, voici un conseil spirituel : méditez-le vide, la pierre enlevée, vos linges funéraires repliés et vous dehors. La spiritualité de la vie ténébreuse n’est pas une obsession sur la manière de s’en sortir, comme s’il s’agissait de nous-même soulever le poids qui nous enferme. Au contraire, c’est précisément là, enfermés dans un tombeau de larmes, qu’il s’agit de croire intensément en la résurrection des morts. Il s’agit avant tout de s’espérer au-delà de la tombe, vivant à nouveau. Nous ne sommes pas tant appelés à nous battre contre la mort qu’à désirer la vie. Pour le chrétien, la spiritualité de la tombe est nécessairement une spiritualité du resurgissement mystérieux de la vie. Que Dieu nous donne à tous de voir au-delà de nos pierres tombales.

Au soir de ce dimanche de Pâques, c’est la rencontre sur le chemin d’Emmaüs qui nous est proposée comme méditation de la Résurrection. On est au-delà de la tombe, quand la mort emporte l’espérance. Les disciples d’Emmaüs ont définitivement enterré l’espoir christique. Pour eux, Jésus est mort et c’est la fin de tout : ils quittent Jérusalem ; ils fuient la tombe et s’enfoncent dans le désespoir. Emmaüs, c’est la route vers nulle part.

Comme la Résurrection surgit des ténèbres, c’est dans le désespoir que se rencontre en personne le Ressuscité. Là aussi, le texte préserve le mystère : d’abord, ils ne l’ont pas reconnu. C’est alors que le jour de la Résurrection tombe, que le Christ se révèle à la fraction du pain béni. Bien sûr, nous voyons là une invitation à reconnaître le Seigneur présent dans nos eucharisties. Mais, au-delà, il s’agit de saisir que la résurrection surgit aussi à la fin du jour, au creux des espoirs déçus, par le simple partage d’un bout de pain béni, quand le Christ nous nourrit simplement de sa présence.

Ainsi, les textes ne nous éclairent-ils pas beaucoup sur le processus de résurrection, qui reste mystérieux. Par contre, ils présentent des constats de Résurrection qui ne sont pas immédiats, un au-delà du mystère enfin découvert, une présence du Ressuscité qu’on reconnaît enfin à ses cotés.

Les Évangiles ne sont pas des manuels de résurrection, mais des récits de témoins. Toute notre foi repose sur le témoignage de ceux qui ont vu le ressuscité venir à eux : ceux qu’il a libérés d’un tombeau ; ceux qu’il a nourris au-delà du désespoir.

C’est une tautologie de dire que la résurrection ne s’aperçoit qu’alors qu’on est sauvé. Mais cela souligne que le processus de guérison de nos souffrances dissimule toujours quelque peu sa finalité : le nez dans le guidon, on ne voit pas l’arrivée. Comment Dieu, finalement, me délivrera-t-il de la mort ? Cela reste un mystère. Seul le constat de ma délivrance ratifiera ma foi.

Pour asseoir notre foi en la Résurrection, pour l’ancrer dans le réel, nous n’avons que nos propres expériences de résurrection : là où nous avons pu constater la présence salvatrice du Christ dans notre vie. Mais ce n’est pas encore la résurrection des morts, juste de petites morts à soi.

En ce monde, confrontés à la souffrance, la Résurrection du Christ apparaîtra toujours mystérieuse. Tout au plus pouvons-nous l’imaginer comme une guérison aboutie dont nous ne pouvons mesurer les effets qu’en espérance. Seuls les témoignages de personnes ayant effectivement rencontré le Ressuscité permettent d’ancrer notre foi. Or tout témoignage reste contestable … Les disciples d’Emmaüs ont-il réellement rencontré le Christ ou le traumatisme de sa mort a-t-il exacerbé leur désir de le voir toujours vivant ? N’y a-t-il pas des illuminés prétendant avoir rencontré personnellement Dieu ?

Heureusement, le Christ nous a donné une clé ultime pour discerner l’effectivité de son action sur Terre : les fruits de nos conversions. S’il est difficile de discerner la grâce de Dieu au quotidien, à long terme, la rencontre avec le Ressuscité porte du fruit : « Un arbre bon ne peut pas donner des fruits mauvais, ni un arbre qui pourrit donner de beaux fruits. Donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Mt 7, 16.18). Ainsi malgré le danger de n’être pas crue, Marie-Madeleine court-elle annoncer la Résurrection. De même, les disciples d’Emmaüs retournent-ils vers Jérusalem qu’ils fuyaient. Le fruit ultime de la rencontre avec le Ressuscité, c’est l’affranchissement de la peur de la mort.

Témoigner de sa foi en la Résurrection, c’est certes raconter sa rencontre personnelle avec le Ressuscité, mais c’est surtout apporter au monde les fruits de cette rencontre. C’est alors que notre témoignage revêt une portée concrète.

Voici Pâques, le jour où nous célébrons l’abondance de fruits dont nous n’avons que l’avant-goût ; le jour où nous fêtons l’éclat de la Résurrection dans un monde encore enténébré de souffrance, la joie du Salut éternel dans une Humanité toujours affrontée à la mort.

Pâques, c’est quand quelqu’un vient vous dire « J’étais mort et je suis vivant » et que ça se voit. Allons offrir au monde nos témoignages de résurrection, toutes ces fois où nous étions morts et qu’une espérance divine nous a rendu la vie. Alors, selon l’abondance des fruits que nous apporterons, peut-être nos interlocuteurs y verront-ils le Christ, mort et ressuscité.

Fr. Laurent Mathelot

Source : RESURGENCE.BE, le 2 avril 2026

05.04.2026 – HOMÉLIE DU DIMANCHE DE PÂQUES – JEAN 20,1-9

Réjouissons-nous, Christ est ressuscité, alléluia

Homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine se rend au tombeau de Jésus. Pour elle, c’est un jour de tristesse. C’est souvent le cas dans notre vie quand nous nous rendons sur la tombe d’un être cher. Mais aujourd’hui, il y a une tristesse de plus : ce n’est plus seulement le corps d’un ami qui finit dans la tombe ; c’est l’espérance d’un règne nouveau qui est anéantie.

L’Évangile de saint Jean nous dit qu’il faisait encore sombre ; comprenons bien : ce n’est pas seulement l’obscurité de la nuit. Il veut nous montrer que la lumière est en train de l’emporter sur les ténèbres. Elle chasse la nuit dans laquelle les hommes sont plongés à cause de leur péché. Jésus ressuscité est la Lumière qui luit dans les ténèbres. Cette lumière, rien ne peut l’arrêter ; rien ne peut l’empêcher de briller.

Arrivée devant le tombeau, Marie-Madeleine découvre que la pierre a été roulée. Elle en déduit qu’on a enlevé le corps de Jésus ; elle court prévenir Pierre et Jean. Tous deux arrivent devant le tombeau vide. Ils voient les linges restés sur place et bien rangés. Pierre est perplexe ; mais pour Jean, c’est différent : quelques mots disent sa foi : “Il vit et il crut.” Nous nous rappelons qu’il avait suivi Jésus jusqu’au pied de la croix ; il avait participé à l’ensevelissement. Il voit bien qu’il n’y a pas de désordre provoqué par une violation de sépulture. Plus tard, Jésus dira : “Heureux ceux qui croient sans avoir vu.”

C’est important pour nous aujourd’hui : nous n’aurons jamais d’autre preuve de la résurrection de Jésus que le tombeau vide. Bien sûr, il y a les apparitions du Christ ressuscité. Les quatre Évangiles nous en donnent le témoignage. Mais aucune de ces preuves n’est vraiment contraignante. Si nous croyons au Christ ressuscité, c’est parce que nous faisons confiance au témoignage des apôtres et à celui des communautés chrétiennes qui nous a été transmis de génération en génération.

La première lecture (Actes des Apôtres) nous rapporte un discours de Pierre après la résurrection. Nous nous rappelons qu’il avait renié son Maître devant de simples domestiques. Aujourd’hui, il ose proclamer la bonne nouvelle de sa résurrection dans la ville de Césarée qui est le lieu de résidence de Pilate et de ses légions. Les mots de ce discours de Pierre sont très audacieux : “Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois de la croix, Dieu l’a ressuscité le 3ème jour.”

Tout cela se passe chez le centurion de l’armée romaine. C’est une manière de dire que le salut est offert à tous, même aux païens. Dieu n’exclut personne. Quelle que soit sa nation ou sa langue, toute personne peut recevoir le salut dans la mesure où elle accueille l’Évangile. Cette bonne nouvelle doit être proclamée à tous les peuples du monde entier. C’est pour tous que le Christ a donné sa vie sur la croix.

C’est aussi ce témoignage de foi en Jésus ressuscité que nous trouvons chez saint Paul dans la 2ème lecture. Cette résurrection n’est pas un simple retour en arrière comme c’était le cas pour Lazare. Paul nous dit qu’il est ” assis à la droite de Dieu”. Il est monté au ciel ; il a reçu l’autorité de la part du Père. C’est un appel pour nous à lever les yeux vers le ciel et à rechercher “les réalités d’en haut”. Si nous croyons en Jésus ressuscité et si nous le suivons, plus rien ne peut être comme avant. Cette résurrection du Christ nous provoque à un renouveau de notre vie, un renouveau de la prière, une joie de découvrir et de vivre l’Évangile.

Tout cela passe par des décisions concrètes : sortir du “tombeau” de notre égoïsme pour vivre un amour vrai, rouler la pierre du découragement qui nous emprisonne et nous empêche d’aller de l’avant, ne pas nous laisser emporter par la rancune et la vengeance mais faire triompher le pardon et la miséricorde. C’est par notre manière de vivre que nous pourrons montrer que le Christ est vivant et qu’il transfigure ceux et celles qui accueillent sa force de vie.

C’est en vivant ainsi que nous pourrons être porteurs de vie et d’espérance. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire sur toutes les forces du mal qui cherchent à détruire l’homme. Nous sommes tous appelés à choisir la vie et à nous laisser envahir par l’amour de Dieu. Nous vivons dans un monde où beaucoup souffrent de la guerre, de la violence, de la haine et du mépris des autres. Mais le Seigneur ressuscité ne demande qu’à enlever de nos cœurs cette pierre qui nous enferme dans les ténèbres. Il veut que la lumière de Pâques brille dans le monde entier. En communion avec toute l’Église, soyons témoins de cette bonne nouvelle auprès de tous ceux et celles que nous rencontrons.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 29 mars 2026

Pourquoi ai-je obéi à cette impulsion contraire à ma volonté ?

Pourquoi ai-je obéi à cette impulsion contraire à ma volonté ?

Durant la Seconde Guerre mondiale, mon père rapporte comment une force mystérieuse l’a conduit à sauver un homme. Il attribue cette force à l’intercession de la Vierge Marie. Sous la pression de l’avancée de l’armée soviétique, la colonne de prisonniers avait quitté le camp de Stablack en Prusse Orientale ce mois glacial de février 1945. Avec un ami, mon père cherchait à s’évader et avait récupéré un brassard de médecin de l’armée allemande. Il écrit ces lignes :

« Mon compagnon Robert et moi avons décidé de nous éclipser pendant la traversée du petit village vers lequel se dirige le cortège des prisonniers. Nous devons nous retrouver dans la grange d’une ferme que l’on distingue vaguement sous la faible clarté de la lune et c’est maintenant le moment le plus favorable. Je suis du regard la haute silhouette de Robert montant vers le village. À un moment donné, je le vois se pencher sur le corps d’un camarade, affalé sur le côté de la route et tenter sans succès de le ranimer.

Tout à mon idée d’évasion, je me mets à maugréer. Cet idiot de Robert va attirer l’attention sur lui ; ensuite, il ne pourra plus s’enfuir. La seule chance d’en sortir est de s’occuper exclusivement de soi. J’éprouve un soulagement égoïste lorsque je vois Robert abandonner le pauvre bougre et continuer sa route.

Quelques instants plus tard, je passe auprès du malheureux que Robert a vainement tenté de ranimer. Il est allongé sur le dos dans la neige, les yeux à demi révulsés. Il est foutu ! Pensai-je et je continue mon chemin, uniquement préoccupé par mon plan d’évasion.

Brusquement, j’éprouve une curieuse impression comme si quelqu’un me donnait le pressant conseil de retourner vers le gars. Pourquoi ai-je obéi à cette impulsion irraisonnée et contraire à ma volonté ? Aujourd’hui encore je ne le comprends pas. Quand je suis près de lui, je le saisis à plein bras et me mets à hurler devant son visage livide et inconscient : – Marche !  Marche !  Marche ! A ma stupéfaction, je vois le gars reprendre ses sens, remuer les yeux. Je le saisis aux épaules et crie à trois centimètres de son visage : – Tu marches ! Tu tiendras !

Les sentinelles ont entassé leurs paquets dans une charrette et s’accrochent de la main au véhicule pour se faire tirer. Je guide mon type jusqu’au char à banc. Là, je commande à mon malade de s’accrocher et de tenir bon. Le gardien, dérangé, grogne furieux : – Pas de prisonniers ici ! – Fais lui place, lui dis-je avec autorité. L’Allemand fit le geste de dégager le fusil qu’il porte en bandoulière. J’ai alors une inspiration : – Je suis médecin et le devoir d’un médecin est de s’occuper des malades quelle que soit leur nationalité, compris ?

– Médecin ? reprit le soldat incrédule. – Voilà mon insigne et je tire de ma poche le brassard volé à Stablack, et le montre au gardien. Un médecin, dans des situations comme celle-ci, après tout, qui peut se vanter de ne pas en avoir besoin avant longtemps ? Le gardien n’insiste pas et en bougonnant laisse le prisonnier titubant s’accrocher au véhicule. »

Extrait de Charles Belbéoc’h, Le Feu sur la Neige (Mon carnet d’évasions) Editions du Panthéon – Nov 2018

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

02.04.2026 – SAINT DU JOUR

St François de Paule

ERMITE ET FONDATEUR

de l’« Ordre des Minimes » († 1507)

François (Francesco) naît, dans la petite ville de Paule (en Calabre), le 27 mars 1416, du couple Giacomo Alessio et Vienna di Fuscaldo. François fut plus l’enfant de la grâce que de la nature, car il vint au monde contre toute espérance de ses parents, et l’on aperçut, pendant la nuit de sa naissance, de vifs jets de lumière sur la toiture de la maison de ses parents, symbole du flambeau qui venait de paraître dans l’Église.

L’enfance de ce petit prédestiné fut tout extraordinaire. Il poussa l’humilité jusqu’à vouloir être appelé le plus petit, le minime, parmi les enfants de Jésus-Christ. Les veilles et les abstinences lui furent inspirées du Ciel dès l’âge le plus tendre ; aussitôt après son lever, sa première pensée était de courir à l’église, où il passait la grande partie de ses journées, ne s’ennuyant jamais avec le bon Dieu, comme il disait dans son naïf langage. 

Admirons la belle réponse qu’il fit un jour à sa mère, qui le pressait, par un temps froid, de couvrir sa tête en récitant son rosaire : « Maman, lui dit-il, si je parlais à une reine, vous me commanderiez de me tenir nu-tête ; mais la Sainte Vierge n’est-elle pas plus que toutes les reines, puisqu’elle est la Mère de Dieu et la Souveraine de l’univers ? » 

Quand il eut treize ans, ses parents le placèrent pour un an dans un couvent de saint François ; sa vertu et sa régularité y furent confirmées par des miracles. Un jour, le frère sacristain l’envoie chercher du feu pour l’encensoir ; il y court et, n’ayant pas d’instrument, remplit sa robe de charbons ardents, qu’il dépose avec les doigts un à un dans l’encensoir, sans avoir ni sur les doigts ni sur son vêtement la moindre trace de brûlure.

À quatorze ans, François se fit ermite et s’enfonça dans un rocher profond, au bord de la mer, résolu d’y vivre et d’y mourir oublié des hommes. Mais Dieu, qui le voulait fondateur d’un ordre religieux, lui envoya une foule de disciples, si bien qu’au bout de six ans il lui fallut bâtir un grand monastère où, nous dit un historien, François fit entrer plus de miracles que de pierres et de pièces de bois. 

Il guérit tant de malades qu’il faisait le désespoir des médecins ; il ressuscita plusieurs morts ; il traversa le bras de mer qui sépare la Calabre de la Sicile sur son manteau, avec deux de ses frères. Mais le plus grand des miracles, c’est sa sainteté elle-même. La nuit, pendant que ses frères dormaient, il priait encore. Il allait toujours nu-pieds, à travers les rochers, la neige et la boue ; le cilice était son vêtement, la terre son lit. À l’imitation de Notre-Seigneur, il passa des Carêmes entiers sans prendre de nourriture. 

C’est un fait d’histoire que le roi Louis XI, instruit de sa puissance miraculeuse, le fit venir pour obtenir sa guérison d’une maladie mortelle. Le saint lui obtint plus que la santé du corps, il le prépara à mourir en chrétien. 

François meurt en France, à Plessis-les-Tours, le vendredi saint, 2 avril 1507, à 3 heures de l’après-midi ; il avait 91 ans.

François de Paule fut béatifié par le pape Léon X (Giovanni de’ Medici, 1513-1521) en 1513 et canonisé, par le même pape, en 1519.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.

Saint François de Paule priez pour nous !