Le père Roberto Pasolini, prédicateur de la Maison pontificale (Vatican Media)
Les prédications de carême du père Pasolini sur la conversion de saint François à l’Évangile
Du 6 au 27 mars, chaque vendredi à 9h00 dans la salle Paul VI, le prédicateur de la Maison pontificale proposera quatre méditations sur le témoignage lumineux d’une humanité nouvelle, née de la rencontre de saint François avec le Christ. Son parcours n’est pas un modèle à imiter extérieurement, mais un cheminement intérieur susceptible de raviver le désir de l’Évangile et d’une vie nouvelle dans l’Esprit.
Vatican News
À partir de ce vendredi 6 mars et jusqu’au 27, le prédicateur de la Maison pontificale, le Père Roberto Pasolini, frère mineur capucin, proposera chaque vendredi des prédications de Carême sur la conversion à l’Évangile selon saint François, autour de ce passage de la deuxième lettre de Paul aux Corinthiens: «Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle» (2 Cor 5,17). Les méditations auront lieu dans la salle Paul VI à 9 h.
Une conversion authentique à l’Évangile
«Dans le contexte du huitième centenaire de la mort de saint François d’Assise, une nouvelle année de grâce nous invite à chérir le don reçu lors du Jubilé de l’Espérance et à le laisser mûrir comme une authentique conversion à l’Évangile», écrit le père Pasolini dans l’invitation adressée aux cardinaux, archevêques et évêques, prélats de la famille pontificale, employés de la Curie romaine, du Gouvernorat, du Vicariat de Rome, supérieurs généraux, procureurs des ordres religieux faisant partie de la Chapelle pontificale, séminaires, collèges de Rome, gentilshommes de Sa Sainteté, préfets et tous ceux qui souhaitent participer.
Le lumineux témoignage d’humanité de saint François
Pour le religieux, «l’expérience du petit pauvre d’Assise demeure un témoignage lumineux d’une humanité nouvelle, née de la rencontre avec le Christ». Son parcours est un véritable cheminement évangélique, «de l’accueil des lépreux à la découverte de l’Évangile, de l’accueil de chaque homme comme un frère à la proclamation du Royaume à toute créature» qui conduit à une joie parfaite, mûrie dans les épreuves et les tribulations.
En effet, saint François «parvient à accueillir la mort comme une sœur, sans crainte ni honte, confiant toute sa vie à la fidélité de Dieu», explique le prédicateur de la Maison pontificale, ajoutant que le cheminement du saint d’Assise «n’est pas un modèle à imiter extérieurement, mais un cheminement intérieur» qui peut «raviver le désir de l’Évangile et d’une vie nouvelle dans l’Esprit».S’appuyant sur le témoignage de saint François, les méditations de Carême «visent à offrir un espace d’écoute et de discernement», en gardant à l’esprit ce que saint Paul affirme dans sa deuxième lettre aux Corinthiens: «Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle.»
Le calendrier des quatre prédications
Les prédications de Carême seront organisés selon le calendrier suivant:
• 6 mars, «Conversion. Suivre le Seigneur Jésus sur le chemin de l’humilité»; • 13 mars, «Fraternité. La grâce et la responsabilité de la communion fraternelle»; • 20 mars, «Mission. Proclamer l’Évangile à toute la création»; • 27 mars, «La liberté des enfants de Dieu. Joie parfaite et mort en sœur».
En mars, Léon XIV appelle à «désarmer les cœurs pour construire la paix»
L’intention de prière du Saint-Père pour ce mois de mars, diffusée dans le cadre de la campagne «Prie avec le Pape», est dédiée à la paix et au désarmement. Dans un contexte international marqué par la multiplication des conflits armés et une hausse continue des dépenses militaires, Léon XIV, à travers le Réseau Mondial de Prière du Pape, invite les nations à privilégier le dialogue, la diplomatie et la fraternité entre les peuples.
Augustine Asta – Cité du Vatican
Pour ce mois de mars, le Saint-père reprend les premiers mots prononcés depuis la loggia des bénédictions de la basilique Saint-Pierre, le 8 mai dernier, marquant le début de son pontificat: «La paix soit avec vous». En effet, l’évêque de Rome les présentecomme un appel constant à la réconciliation. Ainsi, il exhorte l’Église et «toutes les personnes de bonne volonté» à rejeter la logique de la violence et à construire une sécurité fondée sur la confiance et la justice. Dans le cadre de la campagne «Prie avec le Pape»,Léon XIV adresse une prière forte: «Dieu nous a créés pour la communion, non pour la guerre; pour la fraternité, non pour la destruction.»
«Désarmer les cœurs»
Dans cette intention de prière du mois de mars, le Pape insiste surtout sur la nécessité d’un désarmement qui dépasse la seule dimension militaire. Pour le Souverain pontife, la paix commence par une transformation intérieure. «Désarmons les cœurs de la haine, de la rancœur et de l’indifférence»,demande-t-il. L’évêque de Rome, estime aussi que la véritable sécurité ne naît ni de la peur ni du contrôle, mais de la confiance mutuelle, de la justice et de la solidarité entre les nations. En ce mois de mars il confie particulièrement les responsables politiques et les dirigeants des États, afin qu’ils aient, «le courage d’abandonner des projets de mort et d’arrêter la course aux armements». Le Pape exprime également son inquiétude face à la persistance de la menace nucléaire qui, note-t-il «continue de conditionner l’avenir de l’humanité».
Un monde toujours plus armé
L’appel du Souverain pontife intervient alors que les dépenses militaires mondiales continuent d’augmenter. Selon les données du Stockholm International Peace Research Institute (SPIRI), les dépenses militaires globales ont atteint 2 700 milliards de dollars en 2024, marquant la dixième année consécutive de hausse. L’augmentation de 9,4 % par rapport à l’année précédente a porté les dépenses militaires mondiales à leur niveau le plus élevé jamais enregistré par le SIPRI.
Le poids des dépenses militaires représente désormais 2,5 % du produit intérieur brut mondial, et atteint en moyenne 4,4 % dans les pays directement touchés par des conflits armés. Ces chiffres soulignent le contraste entre les ressources consacrées à l’armement et les besoins urgents en matière de développement humain, d’aide sociale et de construction de la paix.
Léon XIV appelle à «désarmer les cœurs pour construire la paix»
La paix, une priorité
L’appel à la paix s’inscrit dans la continuité du magistère récent de l’Église. Le prédécesseur de Léon XIV, Pape François, avait déjà consacré plusieurs intentions de prière à ce thème, notamment en 2020 pour la «promotion de la paix dans le monde » et en 2023 pour une « culture de la non-violence». Depuis le début de son pontificat, Léon XIV a lui aussi placé la paix au cœur de ses priorités. Lors de sa première bénédiction Urbi et Orbi, il évoquait déjà une paix «désarmée et désarmante»,appelant à remplacer les logiques de confrontation par des chemins de réconciliation et de fraternité entre les peuples.
Pour le Réseau Mondial de Prière du Pape, cette intention mensuelle ne se limite pas à dénoncer la violence. Elle propose également un chemin concret de conversion personnelle et d’engagement collectif: prière, dialogue, éducation à la paix et solidarité. À travers cet appel, le pontife invite l’humanité à choisir «la vie, la fraternité et la paix», convaincu que la prière partagée peut ouvrir de nouveaux chemins d’espérance.
Le réseau mondial de prière
Le Réseau Mondial de Prière du Pape, confié à la Compagnie de Jésus, est aujourd’hui présent dans plus de 90 pays et rassemble plus de 22 millions de personnes. Fondé en 1844 sous le nom d’«Apostolat de la Prière», ce réseau est devenu une fondation vaticane en 2020 à l’initiative du Pape François. Ses intentions mensuelles invitent les fidèles à prier et à agir face aux grands défis de l’humanité et de la mission de l’Église.
Le Rosaire des enfants est un mouvement de prière laïque destiné aux enfants. Il s’agit d’une initiative visant à créer dans les paroisses des groupes de prière du Rosaire composés d’enfants et dirigés par des enfants. L’âge cible des enfants pour ces groupes de prière est compris entre 4 et 14 ans. Les enfants de Fatima et Bernadette de Lourdes avaient tous cette tranche d’âge.
Cependant, il existe une certaine flexibilité à chaque extrémité de cette fourchette et les enfants ne doivent jamais être refusés s’ils souhaitent faire partie d’un groupe de prière. Il convient de noter tout particulièrement les enfants handicapés qui peuvent être plus âgés mais qui occupent une place spéciale dans le Rosaire des enfants (cf. childrensrosary.org ).
Cette année, le Rosaire des enfants a été introduit dans 7 nouveaux pays : la Suisse, les Émirats arabes unis, l’Autriche, le Rwanda, le Liban, Madagascar et les Bahamas. Des groupes du Rosaire des enfants ont ainsi été créés dans 50 pays à travers le monde. Nous espérons augmenter ce nombre dans les mois à venir. Nous avons envoyé 96 301 chapelets faits à la main cette année.
Parmi les pays où nous avons constaté une croissance considérable du Rosaire des enfants, citons le Pakistan, avec 30 nouveaux groupes, l’Irlande, avec plus de 55 groupes du Rosaire des enfants, et l’Allemagne, avec 22 groupes. Une seule paroisse à Luwero, en Ouganda, compte 12 300 enfants et 100 animateurs qui font partie du Rosaire des enfants.
Dr Blythe Kaufman, 11 décembre 2025 – EWTN Grande-Bretagne
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Sainte Colette Vierge, réformatrice des Clarisses (1380-1447)
Colette est née à Corbie, en Picardie. Ses parents se désolaient de ne pas avoir d’enfants ; ils prièrent saint Nicolas. Lorsqu’ils reçurent cette petite fille, ils lui donnèrent le nom du saint protecteur : Nicole, en diminutif familier Colette.
Orpheline à dix-huit ans, elle obtint du père Abbé d’un monastère voisin, la possibilité d’entrer chez les béguines d’Amiens malgré son âge. Elle n’y reste qu’un an jugeant leur vie trop douce. Même déception chez les bénédictines, puis chez les clarisses. Son père spirituel est franciscain et comprend son désir d’austérité. Il la fait entrer dans le Tiers-Ordre de Saint François comme recluse à Corbie.
Mais elle se sent appelée à plus de pauvreté encore et, pour cela, elle veut réformer le Second Ordre de saint François, les clarisses. C’est pourquoi elle obtient de rencontrer le pape Benoît XIII qui réside alors en Avignon. Ce pape était un « antipape d’Avignon » du Grand Schisme qui déchirait alors l’Occident. Mais son sens spirituel était réel et profond. Il reçoit la profession religieuse de sainte Colette dans la règle de Sainte Claire et la nomme abbesse de tous les monastères qu’elle sera amenée à fonder ou réformer. Si Colette s’adressa à Benoît XIII, c’est que, dans l’incertitude sur l’obédience à laquelle il fallait se rattacher, elle suivit la France entière, qui avait reconnu le pape d’Avignon ; mais dès les décisions connues du concile de Pise, elle fit ratifier par Alexandre V, l’élu du concile, les faveurs reçues précédemment de Benoît XIII.
Colette vient alors en Franche-Comté et réforme en premier lieu le monastère de Besançon puis bien d’autres en Savoie, Artois, Allemagne et Belgique. Elle mourra à Gand et son corps sera, par la suite, transporté à Poligny dans le Jura.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,33-43.45-46.
En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !”
Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !’
Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. » En entendant les paraboles de Jésus, les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu’il parlait d’eux. Tout en cherchant à l’arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu’elles le tenaient pour un prophète.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Basile (v. 330-379)
moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
Homélie 5 sur l’Hexaéméron, 6 ; SC 26 (trad. SC p. 304 rev. Delhougne)
Porter du fruit
Le Seigneur ne cesse de comparer les âmes humaines à des vignes : « Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau, en un lieu fertile » (Is 5,1) ; « J’ai planté une vigne, je l’ai entourée d’une haie » (cf Mt 21,33). Ce sont évidemment les âmes humaines que Jésus appelle sa vigne, elles qu’il a entourées, comme d’une clôture, de la sécurité que donnent ses commandements et de la garde de ses anges, car « l’ange du Seigneur campera autour de ceux qui le craignent » (Ps 33,8). Ensuite il a planté autour de nous une sorte de palissade en établissant dans l’Église, « premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d’enseigner » (1Co 12,28). En outre, par les exemples des saints hommes d’autrefois, il élève nos pensées sans les laisser tomber à terre où elles mériteraient d’être foulées aux pieds. Il veut que les embrassements de la charité, comme les vrilles d’une vigne, nous attachent à notre prochain et nous fassent reposer sur lui. Ainsi gardant constamment notre élan vers le ciel, nous nous élèverons comme des vignes grimpantes, jusqu’aux plus hautes cimes. Il nous demande encore de consentir à être sarclés. Or une âme est sarclée quand elle écarte d’elle les soucis du monde qui sont un fardeau pour nos cœurs. Ainsi celui qui écarte de lui-même l’amour de ce monde et l’attachement aux richesses ou qui tient pour détestable et méprisable la passion pour cette misérable gloriole a pour ainsi dire été sarclé, et il respire de nouveau, débarrassé du fardeau inutile des soucis de ce monde. Mais, pour rester dans la ligne de la parabole, il ne faut pas que nous produisions seulement du bois, c’est-à-dire vivre avec ostentation, ni rechercher la louange de ceux du dehors. Il nous faut porter du fruit en réservant nos œuvres pour les montrer au vrai vigneron (Jn 15,1).
LECTURES :
Livre de la Genèse 37,3-4.12-13a.17b-28.
Israël, c’est-à-dire Jacob, aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, parce qu’il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique de grand prix. En voyant qu’il leur préférait Joseph, ses autres fils se mirent à détester celui-ci, et ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité. Les frères de Joseph étaient allés à Sichem faire paître le troupeau de leur père. Israël dit à Joseph : « Tes frères ne gardent-ils pas le troupeau à Sichem ? Va donc les trouver de ma part ! » Joseph les trouva à Dotane. Ceux-ci l’aperçurent de loin et, avant qu’il arrive près d’eux, ils complotèrent de le faire mourir. Ils se dirent l’un à l’autre : « Voici l’expert en songes qui arrive ! C’est le moment, allons-y, tuons-le, et jetons-le dans une de ces citernes. Nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré, et on verra ce que voulaient dire ses songes ! » Mais Roubène les entendit, et voulut le sauver de leurs mains. Il leur dit : « Ne touchons pas à sa vie. » Et il ajouta : « Ne répandez pas son sang : jetez-le dans cette citerne du désert, mais ne portez pas la main sur lui. » Il voulait le sauver de leurs mains et le ramener à son père. Dès que Joseph eut rejoint ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, la tunique de grand prix qu’il portait, ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne, qui était vide et sans eau. Ils s’assirent ensuite pour manger. En levant les yeux, ils virent une caravane d’Ismaélites qui venait de Galaad. Leurs chameaux étaient chargés d’aromates, de baume et de myrrhe qu’ils allaient livrer en Égypte. Alors Juda dit à ses frères : « Quel profit aurions-nous à tuer notre frère et à dissimuler sa mort ? Vendons-le plutôt aux Ismaélites et ne portons pas la main sur lui, car il est notre frère, notre propre chair. » Ses frères l’écoutèrent. Des marchands madianites qui passaient par là retirèrent Joseph de la citerne, ils le vendirent pour vingt pièces d’argent aux Ismaélites, et ceux-ci l’emmenèrent en Égypte.
Psaume 105(104),4a.5a.6.16-17.18-19.20-21.
R/ Souvenez-vous des merveilles que le Seigneur a faites. (Ps 104, 5a)
Cherchez le Seigneur et sa puissance, souvenez-vous des merveilles qu’il a faites, Vous, la race d’Abraham son serviteur, les fils de Jacob, qu’il a choisis.
Il appela sur le pays la famine, le privant de toute ressource. Mais devant eux il envoya un homme, Joseph, qui fut vendu comme esclave.
On lui met aux pieds des entraves, on lui passe des fers au cou ; il souffrait pour la parole du Seigneur, jusqu’au jour où s’accomplit sa prédiction.
Le roi ordonne qu’il soit relâché, le maître des peuples, qu’il soit libéré. Il fait de lui le chef de sa maison, le maître de tous ses biens.
Avez-vous remarqué que personne, finalement, ne puise ni ne boit dans cet Évangile de la rencontre avec la Samaritaine ? C’est le signe, pour nous, qu’il y a ici, derrière l’évocation de l’eau, une symbolique à décoder. A nouveau, nous retrouvons le principe biblique d’une réalité concrète qui dénote une réalité spirituelle. L’eau vive est ici l’amour divin, auquel nous sommes invités à profondément puiser.
La scène se situe au puits de Jacob, père des douze tribus d’Israël, dont le nom signifie : « Celui qui lutte avec Dieu » (Gn 32, 29). Dans l’Ancien Testament, les puits sont des lieux de rencontre amoureuse. C’est près d’un puits que Jacob rencontre Rachel (Gn 29) ; c’est près d’un puits que Moïse rencontre Séphora (Ex 2) ; c’est près d’un puits que le serviteur d’Abraham trouve Rebecca (Gn 24). Il est midi, l’heure la plus chaude du jour, précisément l’heure à laquelle personne ne vient au puits, sinon ceux qui meurent de soif et les amoureux, pour une rencontre discrète. Les puits bibliques sont des lieux de fiançailles. D’ailleurs, plutôt dans l’Évangile de Jean, Jean-Baptiste avait présenté Jésus comme un époux. « Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite » (Jn 3, 29).
Clairement, on évoque ici une rencontre personnelle à connotation nuptiale entre Jésus et la Samaritaine, que le Christ présente comme l’adoration véritable de Dieu : « Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer » (4, 23-24). Réfléchissons, si vous le voulez bien, sur les enjeux spirituels de l’adoration, l’acte d’aimer Dieu en esprit et en vérité.
Avec une pudeur toute liturgique, le passage que nous venons de lire fait l’impasse sur la vie dissolue de la femme que Jésus rencontre. C’est pourtant un élément contextuel important. Non seulement est-elle Samaritaine, issue d’un peuple que les Juifs méprisent comme hérétique, mais surtout elle est adultère : « Des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai » (4, 18). Cette vie morale compliquée traduit, en creux, une soif d’amour que le Christ veut vivifier.
Pourtant, dans un étonnant renversement des rôles, avant de se présenter comme l’eau vive, c’est Jésus qui dit « Donne-moi à boire » – « Donne-moi ton amour ». Ainsi l’adoration répond-elle au désir divin d’être aimé. Il s’agit avant tout d’aimer personnellement le Christ et, ainsi, d’adorer le Père en esprit et en vérité. Pour Jésus, le culte véritable transcende les divergences communautaires et les exigences morales. Seul compte l’amour personnel dont nous gratifions Dieu qui, en retour, étanche à torrents nos soifs d’être aimés. On retrouve ici la volonté constante du Christ de se substituer au pécheur mendiant de l’amour – « Donne-moi à boire » – pour lui faire découvrir l’abondance de l’amour du Père à son égard. Cette inversion de rôles traduit le mystère de l’Incarnation et de la kénose : Dieu vient mendier notre amour humain pour nous sauver.
Enfin, c’est à l’occasion de cette rencontre avec la Samaritaine que Jésus se révèle, pour la première fois dans l’Évangile de Jean, comme Messie. La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ (…). Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. ». Il s’agit d’une référence explicite à l’épisode du buisson ardent, quand Moïse demande à Dieu son nom et que celui-ci répond : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS” » (Ex 3, 14). Dans son désir d’amour pour la Samaritaine, le Christ se présente tel quel, assumant une certaine nudité divine.
Alors, décryptons tout ceci pour notre vie spirituelle.
Le Christ a soif de notre amour. Il veut vivre une rencontre amoureuse avec nous. Il vient en plein jour, à l’heure la plus chaude, au creux de nos soifs les plus torrides, avec le désir de s’unir à nous dans la plus grande authenticité. En l’aimant, nous découvrons qui il est : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive ». Il mendie nos eaux stagnantes, qu’il transforme en vifs torrents. À nos amours taris, Dieu répond en nous inondant le cœur.
Au fur et à mesure que croîtra notre amour pour le Christ, il nous révélera qui nous sommes. « Il m’a dit tout ce que j’ai fait » (Jn 4, 39), proclame la Samaritaine qui avait dissimulé son péché à Jésus. Ainsi, l’adoration de Dieu nous renvoie-t-elle aussi à nous-même, à notre authenticité, à notre nudité d’âme. Ce que nous pensons dissimuler à Dieu – que nous cherchons en fait à cacher à nous-même et à enfouir – Dieu nous le révélera toujours, à mesure que son amour nous touchera en profondeur. Symboliquement, on rejoint ici l’étymologie évoquée du prénom Jacob : « Celui qui lutte avec Dieu ». L’adoration de Dieu fait resurgir nos blessures enfouies dans la honte, que dissimulent maladroitement les eaux stagnantes de notre amour.
La rencontre de Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob symbolise toute rencontre mystique avec le Christ, rencontre personnelle et amoureuse que, tous, nous sommes appelés à vivre. Dieu vient sur les margelles de nos abîmes y mendier notre amour stagnant. Or l’amour dont nous témoignons toujours nous révèle, nous guérit, nous purifie et nous permet donc de voir plus clairement en nous, nous révélant peut-être des eaux plus profondes encore, plus ténébreuses, plus stagnantes, plus enfouies. C’est sans honte qu’il nous faudra les servir à boire au Christ pour qu’il les vivifie de son amour.
Pendant l’adoration eucharistique, lors des sacrements ou pendant nos moments de prière intime, alors que nous méditons sous le regard de Dieu, transcendons la honte de nos abîmes que dissimulent nos amours stagnants ; acceptons la divine nudité d’âme que nous propose le Christ ; soyons nous aussi, dans notre relation avec Dieu, tels que nous sommes.
Sur la margelle du passé, le Christ vient mendier notre amour englouti qu’il se propose de vivifier. Ce faisant, il se révèle à nous autant qu’il nous révèle à nous-même et ainsi nous sauve.
Les fiançailles mystiques de la Samaritaine adultère, étrangère à la morale chancelante, qui reconnaît en Jésus son sauveur doit nous inciter, en ce temps de Carême, à tomber toute pudeur amoureuse avec le Christ. L’authenticité de l’amour divin est à ce prix.