31.10.2022 – HOMÉLIE DU 31ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – LUC 19, 1-10

Qui que tu sois, Dieu vient à ta rencontre

Homélie par L’Abbé Jean Compazieu


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Il y a une grande correspondance entre la 1ère lecture (Livre de la Sagesse) et celle de l’Évangile : Toutes deux nous invitent à célébrer la miséricorde de Dieu. Il est là pour nous aider à sortir de notre situation de péché. Nous sommes tous appelés à nous convertir. Cette bonne nouvelle est pour nous le point de départ d’une grande espérance.

L’auteur du Livre de la Sagesse nous dit que l’œuvre de Dieu est bonne. Il précise que Dieu aime toutes ses créatures et qu’il patiente envers les pécheurs. Comme un bon pédagogue, il apprécie nos petits pas quand nous nous engageons sur la bonne voie. Ce texte nous montre que tout ce qui est bon vient de Dieu. Il insiste très fortement sur le fait que Dieu est amour. Il est source d’amour, de conversion et de générosité. Il est notre Sauveur. Il n’a aucun mépris pour ses créatures, même pour les plus grands pécheurs. La conversion est ouverte à tous.

Ce message est un avertissement très fort pour ceux qui voudraient déformer l’image de Dieu. Le risque est grand d’en faire une caricature. Les violences et les massacres commis au nom d’une religion ne sont pas voulus par Dieu. Les prêcheurs qui appellent à la violence n’agissent pas au nom de Dieu. Le vrai Dieu est amour, compréhension et miséricorde. Il est du côté de ceux que l’on fait souffrir. Il envoie son Fils Jésus pour chercher et sauver ceux qui vont à leur perte. C’est de cela que nous avons à témoigner par nos paroles et toute notre vie. C’est notre mission et notre responsabilité.

Dans sa lettre aux Thessaloniciens (2ème lecture) saint Paul nous rappelle que nous sommes tous appelés à la sainteté. Son message cherche à stimuler la foi des chrétiens. Dieu nous appelle tous à la foi au Christ et cet appel transforme notre existence. C’est important d’y réfléchir car il nous faut éviter les caricatures de la foi. Saint Paul met en garde les chrétiens contre les fausses rumeurs, les prétendues révélations sur la fin du monde. C’est sûr, le Seigneur reviendra, mais personne ne sait le jour ni l’heure. En attendant, nous devons rester fermes dans la foi et fidèles à notre baptême. Nous prions ensemble le Seigneur, en communion les uns avec les autres : oui, il viendra le jour du Seigneur.

L’événement qui nous est rapporté dans l’Évangile de ce jour est bien connu de tous, y compris dans les groupes d’enfants du catéchisme. Cela se passe à Jéricho, une ville païenne, une ville de pécheurs. Chaque fois que Jésus y entre, c’est pour en faire sortir quelqu’un, pour le sortir du péché et le ramener à Dieu. Jésus n’est pas celui qui accuse le pécheur, bien au contraire, il vient l’éclairer pour qu’il voie son péché et qu’il en sorte.

C’est ce qui va se passer avec le publicain Zachée. Il ne pouvait qu’être détesté par tous ces pauvres gens accablés par les impôts qu’il fallait payer à l’occupant romain. Il avait la réputation d’être intraitable et de profiter de sa position dominante. De plus en tant que chef des publicains, il était tenu pour responsable du comportement et des violences de ses collaborateurs. Sa position le rangeait dans la catégorie des pécheurs infréquentables.

Or voilà que cet homme a un ardent désir de voir Jésus. Il court devant, il monte sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là. À partir de ce moment, tout va se passer bien au-delà de ce qu’il avait prévu : Jésus s’invite dans la maison de Zachée ; cette décision provoque des remous. Les “bien-pensants” estiment que Jésus aurait mieux fait d’aller dans une bonne famille. Au lieu de cela, il va chez un voleur infréquentable. Pour eux, c’est un scandale. En ne voyant que le passé de Zachée, ils ne lui laissent aucune chance.

Nous aussi, nous pouvons être comme cette foule. Nous vivons dans une société qui n’a que mépris pour les gens de mauvaise réputation. Mais le Seigneur nous dit qu’il est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Le salut de Dieu est offert à tous, y compris dans les prisons. Chaque personne est très importante aux yeux de Dieu. Cela doit changer notre regard sur elles. Le chemin pour parvenir à ce changement de regard c’est la prière. À Lourdes, Marie dit à Bernadette et à chacun de nous : “Priez pour les pécheurs”.

Le même Christ s’invite aujourd’hui chez nous ; il vient nous apporter le salut de Dieu. En venant chez nous, il nous fait confiance bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. Il rejoint notre assemblée pour nous dire tout l’amour de Dieu pour nous pauvres pécheurs. Avec lui, c’est le salut de Dieu qui entre dans nos maisons. Il suffit que nous nous empressions d’accueillir le Christ qui frappe à notre porte. Que notre rendez-vous à la messe et à l’adoration nous transforme comme il a transformé le publicain de Jéricho.

Abbé Jean Compazieu

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 23 octobre 2022

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