20.02.2022 – HOMÉLIE DU 7ÈME DIMANCHE ORDINAIRE

Miséricordieux comme le Père

Par l’Abbé Jean Compazieu

Homélie


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En écoutant l’Évangile de ce dimanche, Beaucoup peuvent se dire que c’est le monde à l’envers ; il accumule des situations impossibles à gérer au premier abord : aimer ses ennemis, faire du bien à ceux qui nous haïssent, prier pour ceux qui nous calomnient, présenter l’autre joue à celui qui a frappé la première. Nous vivons dans un monde où beaucoup ne pensent qu’à se faire justice.

Pour comprendre cet Évangile, c’est vers le Christ qu’il nous faut regarder : il a été harcelé tout au long de son ministère ; il a été rejeté, humilié et condamné à mourir sur une croix. Sa dernière prière a été : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Son amour est allé jusqu’au pardon et au don de sa vie. Lui-même nous demande de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés (Autant qu’il nous a aimés).

Nous ne devons jamais oublier que l’Évangile c’est d’abord le livre de la miséricorde de Dieu. C’est en le lisant et en le relisant régulièrement, nous découvrons cette révélation : tout ce que Jésus a dit et accompli est une expression de cette miséricorde du Père. Il a accueilli les exclus, il a pardonné ; il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il est venu nous combler de la surabondance de son amour, et tout cela sans mérite de notre part.

Mais tout n’a pas été écrit dans ce livre. L’Évangile de la miséricorde reste un livre ouvert ; il doit être rempli de tous les signes d’amour du Christ. Ces gestes concrets d’amour que nous sommes appelés à donner sont le meilleur témoignage de la miséricorde. C’est ainsi que nous deviendrons des témoins vivants de l’Évangile, des porteurs de la bonne nouvelle. C’est à notre amour que nous serons reconnus comme disciples du Christ. Comment parler de la miséricorde de Dieu si nous-mêmes nous ne pardonnons pas ?

Certes, nous pouvons nous interroger : sommes-nous capables d’être miséricordieux comme le Père ? Pouvons-nous nous comporter, dans le monde actuel, comme Jésus, le Christ ? Ce qui paraît impossible aux hommes, laissés à eux-mêmes, est possible à Dieu. Oui, nous le pouvons, si nous nous laissons transformer par l’Esprit Saint ; il est la force de Dieu à l’intime de nous-mêmes ; il est puissance de vie pour le corps du Christ, l’Église du Seigneur.

Cette vérité, nous la déclarons dans la préface pour la réconciliation : « Dieu, Père tout-puissant…, ton Esprit travaille le cœur des hommes pour que les ennemis se parlent à nouveau, les adversaires se tendent la main, et que les peuples cherchent à se rencontrer. Oui, c’est ton œuvre, Seigneur, quand l’amour l’emporte sur la haine, quand la vengeance fait place au pardon, et la discorde se change en amitié. »

« Son amour est de toujours à toujours » (psaume 117/118). C’est vrai, la miséricorde de Dieu est éternelle. Elle ne finit pas ; elle ne s’épuise pas ; elle ne se fatigue jamais ; elle nous apporte force et espérance dans les moments d’épreuves. Nous sommes certains que Dieu ne nous abandonne jamais. Nous devons le remercier pour ce si grand amour qu’il nous est impossible de comprendre : Dieu a oublié nos péchés, il les a pardonnés ; et aujourd’hui, il nous invite à en tirer les conséquences.

Pour cela, deux attitudes sont nécessaires : reconnaître nos propres torts et oublier les offenses des autres. Tout au long de sa vie et surtout au moment de sa Passion, Jésus n’a eu d’autre attitude que celle de l’amour et de la miséricorde. Avant de mourir, il a eu cette prière : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Nous ne devons pas recevoir cet Évangile comme une simple leçon de morale. Ce que Jésus nous dit, il l’a vécu. Il attend de nous que nous ayons le même regard que lui, les mêmes sentiments et les mêmes gestes que lui à l’égard des bons et des méchants. Son amour pour nous et pour le monde est somme un feu qui vient brûler nos rancœurs, nos rancunes et toutes les formes de violences qui empoisonnent notre vie.

La prière de saint François d’Assise nous inspire toujours : « Seigneur, fais de moi un artisan de paix ; là où il y a la haine, que je mette l’amour ; là où il y a l’offense, que je mette le pardon ; là où il y a le mensonge, que je mette la vérité, etc. »

Déjà, au temps de la première alliance, David a eu un comportement exemplaire, digne de Dieu. David, jalousé par le roi Saül, a la grandeur d’âme de demander à son compagnon d’arme d’épargner Saül. David agit en artisan de paix. Ainsi, loin de perdre pied, laissons descendre en nos consciences ces paroles inouïes : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. »

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 13 février 2022

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