13.02.2022 – HOMÉLIE DU 6ÈME DIMANCHE ORDINAIRE

Heureux l’homme qui met sa foi dans le Seigneur !

Par l’Abbé Jean Compazieu

Homélie


Textes bibliques : Lire


Le 11 février 1858, la vierge apparaissait pour la première fois à Bernadette de Lourdes. Depuis plusieurs années, ce 11 février est devenu la journée mondiale des malades mais aussi celle de tout le monde de la santé, médecins, infirmières, aides soignants, visiteurs, service évangélique des malades… Le thème de cette journée se résume dans un titre : « Heureux. »

Les lectures de ce dimanche nous rejoignent dans ce défi. Nous avons d’abord le prophète Jérémie qui nous invite à mettre toute notre confiance en Dieu. Ensuite, saint Paul insiste sur la foi en Jésus ressuscité d’entre les morts pour être parmi les morts le premier ressuscité. C’est aussi ce paradoxe que l’Évangile nous décrit. Jésus nous propose un chemin impossible du simple point de vue humain. Au nom de notre bon sens, nous avons envie de réagir : Pour avoir le courage de vivre, il faut bien s’appuyer sur du solide, du visible, il faut avoir un minimum de bien être, être reconnu dans ce que nous sommes et ce que nous faisons, être aimé de quelqu’un, avoir une bonne santé. La promesse d’un bonheur futur dans l’au-delà peut-elle suffire pour nous donner le goût de vivre ? Voilà ce que beaucoup pensent autour de nous.

Mais le plus important c’est de voir ce que le Christ nous en dit et d’accueillir son message. Il n’annonce pas le bonheur de demain par opposition au malheur d’aujourd’hui. C’est même le contraire : il annonce le bonheur d’aujourd’hui à ceux qui, aux yeux des hommes, sont malheureux. Et il met en garde ceux qui sont heureux aujourd’hui car demain, ils pourraient être malheureux. Comprenons bien : Ce n’est pas lui qui va provoquer le malheur de ces derniers. C’est eux qui vont subir les conséquences d’un mode de vie qui va les entraîner vers leur perte.

« Heureux vous les pauvres de cœur ! » Cela ne veut pas dire : « Heureux les misérables ». La misère est toujours une insulte à Dieu. Dans le cas présent, Jésus nous parle du bonheur de ceux qui ne se prévalent pas de leurs richesses, de leurs connaissances et de leur sagesse. Il s’adresse à ceux qui se reconnaissent pauvres devant Dieu et leurs frères. Ils se débarrassent de tout esprit de supériorité. Ils sont entièrement disponibles pour accueillir la Bonne Nouvelle de l’Évangile.

Par contre, malheur à moi si mes biens matériels tendent à me replier sur moi-même. Si je mets ma joie dans mon argent et dans ma réussite matérielle, j’ai un cœur de païen. Mais tout cela ne dure qu’un temps. Les richesses que nous accumulons ne valent que dans le monde des hommes. Aux yeux de Dieu, les vrais biens sont ailleurs. Bernadette de Lourdes a été réellement pauvre. Elle a pleuré sur ses péchés. Elle a été la risée de la moitié de la ville. Mais en choisissant de s’en remettre au Seigneur et de lui faire confiance, elle a trouvé le vrai bonheur.

Les personnes malades et handicapées se reconnaissent dans ce message d’espérance. A Lourdes, Marie nous permet d’entrevoir le monde de la résurrection dont parlait saint Paul. L’Immaculée Conception est aussi Marie de l’Assomption. Ce que Dieu a fait pour elle, il veut aussi le réaliser pour nous. Nous sommes tous appelés à partager son bonheur auprès de Dieu. Croire au Christ ressuscité c’est être engagé dès maintenant dans la Vie Éternelle. C’est entrer dans l’espérance du Royaume en constituant le peuple de la Nouvelle Alliance.

Notre rôle de chrétiens c’est d’être témoins et messagers de cette Bonne Nouvelle. Nous le serons non seulement par nos paroles mais surtout en vivant de cet amour que le Seigneur met en nous. Nous sommes tous les membres du Corps du Christ. Et c’est précisément auprès des pauvres, des malades, des exclus, des sans espoir que nous aurons à révéler l’amour de Dieu. Par notre manière de vivre, d’aimer et d’accueillir, nous montrons au monde qu’il y a une place pour chacun dans le Royaume de Dieu.

Nous sommes tous invités à passer de la « sagesse des hommes » à « la Sagesse de Dieu » qui est fondée sur l’amour. Le Christ ressuscité est vainqueur de la mort et du péché. C’est en lui que nous mettons notre foi en préparant activement le Royaume de demain. Chacun, qu’il soit malade ou bien portant, y a sa part. A la suite du Christ, nous pouvons tous apporter la pierre précieuse de l’amour. Il ne peut y avoir d’exclu pour le Royaume.

Le message des béatitudes est toujours d’actualité. La dignité éternelle de l’homme est en péril lorsque les intérêts économiques et financiers deviennent des objectifs majeurs. La bonne santé d’une société ne se mesurera jamais à la seule capacité de soigner les corps. Elle se mesurera à sa capacité de vivre la fraternité et la solidarité. Ce qui est premier c’est que toute notre vie soit remplie de l’amour de Dieu. Les corps disparaîtront. « L’amour ne passera jamais. »

Source: DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 6 février 3022

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