Sœur Gloria, ex-otage au Mali : « Ils m’ont fait souffrir pour voir combien je pouvais endurer »

COLOMBIA

DANIEL MUNOZ / AFP

Sœur Gloria Cecilia Narvaez, libérée en octobre après près de cinq années de captivité aux mains de djihadistes au Mali, est rentrée en Colombie le 16 novembre. « Tout au long de ces années, j’ai senti la présence de Dieu et de la Vierge Marie à mes côtés », a-t-elle raconté à Aleteia.

En écoutant sœur Gloria Cecilia Narvaez, ce qu’elle a vécu pendant quatre ans et huit mois, il est difficile de rester indifférent. On y entend toute sa souffrance, sa peur, mais aussi son courage et son espérance. Libérée en octobre des mains de djihadistes au Mali, la religieuse colombienne est rentrée dans son pays le 16 novembre. Accueillie chaleureusement à l’aéroport de Bogota, elle a accepté de répondre aux questions des journalistes présents, dont celles d’Aleteia.

Dès son enlèvement, ses ravisseurs, lui font éprouver la faim, la soif, lui crachent dessus et n’hésitent pas à la laisser des heures en plein soleil. « Ils n’arrêtaient pas de répéter qu’ils voulaient des cadavres et ils m’ont fait souffrir pour voir combien je pouvais endurer », raconte-t-elle. « Je me suis dit intérieurement : « Je vais me battre, mais si c’est la volonté de Dieu que je meure, alors sa volonté sera faite ». »

GLORIA CECILIA

@DirectorPolicia

Ils n’ont cessé de l’appeler « chienne de croyante ». « En tant que femme et catholique, ma vie valait moins que rien à leurs yeux », explique-t-elle. Sœur Gloria reçoit ces insultes et ces mauvais traitements dans le silence. Elle fait sienne la devise de la fondatrice de sa congrégation, Caridad Brader, « Tais-toi, tais-toi, tais-toi, Dieu veille ».

Dieu a fait un grand miracle en moi et m’a permis de continuer ma vocation.

Malgré le danger et la violence quotidienne, elle réussit à demeurer sereine. « Tout au long de ces années j’ai senti la présence de Dieu et de la Vierge Marie à mes côtés », a-t-elle raconté à Aleteia. Elle n’a jamais manqué une communion spirituelle et a écrit des prières et des lettres à Dieu avec des morceaux de charbon ou dans le sable des dunes. « Dans ces lettres, j’ai remercié Dieu d’être en vie et lui ai dit qu’il m’avait sûrement mise à l’épreuve afin d’apprendre à être plus patiente, humble et dévouée dans ma mission. »

Dans les pas de saint François d’Assise

Pour se protéger des tempêtes du désert et des rafales tirées autour d’elle, sœur Gloria prie le Magnificat. Elle trouve du réconfort en se remémorant les chants entonnés avec les autres religieuses et en répétant constamment les psaumes. Pour nourrir sa vie de prière, sœur Gloria s’est exercée à reconnaître Dieu dans la nature. « En contemplant le soleil radieux, le ciel, les étoiles filantes, la lune et les animaux, je me suis mise dans les pas de saint François d’Assise et j’ai vu la nature comme notre sœur et en elle Dieu irradiait. »

« Dieu a fait un grand miracle en moi et m’a permis de continuer ma vocation », assure-t-elle avec force. « Ma vocation, au service de la mission, est un don inconditionnel. »

Source: ALETEIA, le 22 novembre 2021

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