Unplanned diffusé sur C8 : le CSA met en garde la chaîne

Le film Unplannes est inspiré de l’histoire vraie d’Abby Johnson, ancienne du Planning Familial passée dans le camp « pro-vie ».  – Unplanned, capture d’écran facebook

Unplanned diffusé sur C8 : le CSA met en garde la chaîne

Après des plaintes déposées au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, celui-ci a finalement tranché en faveur de C8 et CNews pour la diffusion de la messe du 15 août et du film Unplanned sur l’avortement, au nom de la liberté éditoriale. Il a néanmoins mis en garde la chaîne contre un manquement aux règles de protection du jeune public concernant Unplanned.

Les chaînes C8 et CNews n’ont pas eu tort de diffuser la messe du 15 août, ni le film Unplanned sur l’avortement. Telle est la décision qu’a rendu le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) le 28 octobre, après plusieurs plaintes déposées pour cette programmation jugée propagandiste et prosélyte les 15 et 16 août 2021.

Pour la messe du 15 août sur CNews, la réponse du CSA est simple : il a « observé que la chaîne avait contextualisé la mise à l’antenne de cette cérémonie religieuse, laquelle correspondait à un évènement d’actualité et relevait de sa liberté éditoriale. Dès lors, le principe de pluralisme d’expression des courants de pensée et d’opinion n’apparaît pas avoir été méconnu. » Par ailleurs, il a « considéré que les conditions de la diffusion de cet office religieux n’avaient pas méconnu le format éditorial de cette chaîne d’information. »C’est pourquoi il a « décidé de ne pas intervenir auprès de la chaîne. » Une bonne nouvelle pour CNews qui compte justement réitérer l’opération en diffusant la messe de la Toussaint lundi 1er novembre, célébrée par la communauté Saint-Martin au sanctuaire de Montligeon (Orne).

Une mise en garde pour la diffusion d’Unplanned

Le CSA est plus sévère avec C8 concernant la diffusion du film Unplanned. Celle-ci avait particulièrement animé le débat, certains jugeant non seulement que le film véhiculait de « fausses informations » sur l’avortement et que sa diffusion constituait un « délit d’entrave », mais aussi que C8 avait pris des mesures insuffisantes pour protéger les mineurs des images et de l’ambiance anxiogène et violente du film. L’affaire avait même pris une tournure politique avec les prises de positions de plusieurs ministres, notamment Marlène Schiappa et Elisabeth Moreno qui s’est fendue d’un communiqué et a dénoncé sur Twitter « un outil de propagande anti-avortement abject ». Ce long métrage diffusé par Saje Distributions en France racontait l’histoire vraie d’Abby Johnson, ex directrice d’un planning familial passée dans le camp pro-vie après avoir pris conscience de la réalité cruelle des avortements.

« Le Conseil a considéré que la diffusion de ce film, œuvre de fiction relevant de la liberté de création, ne pouvait être regardée comme susceptible de générer un trouble à l’ordre public et que sa programmation relevait de la liberté éditoriale de la chaîne », indique le CSA dans le communiqué de sa décision.

En revanche, il a décidé de procéder à une mise en garde de la chaîne concernant le manque de mesures prises pour protéger les mineurs en diffusant ce film. « Le CSA a estimé que le film Unplanned relevait de la catégorie III en raison de son climat anxiogène et de la présence de plusieurs scènes susceptibles de troubler les mineurs de 12 ans. »Ayant coupé les deux scènes particulièrement violentes du film montrant des fœtus avortés et démembrés, C8 l’avait classé en catégorie II, correspondant aux programmes « comportant certaines scènes susceptibles de heurter les mineurs de 10 ans », et avait indiqué « déconseillé aux moins de 10 ans ». D’après l’article 2 de la recommandation du 7 juin du CSA, la catégorie III correspond plutôt aux « œuvres cinématographiques interdites aux mineurs de 12 ainsi [qu’aux] programmes pouvant troubler les mineurs de 12 ans, notamment lorsque le programme recourt de façon répétée à la violence physique ou psychologique ».

Décision plutôt sévère de la part du CSA

Les programmes de catégorie III « ne doivent pas être diffusés avant 22 heures, d’après l’article 3 de la recommandation. À titre exceptionnel, il peut être admis une diffusion après 20h30 de programmes de cette catégorie, sauf les mardis, vendredis, samedis, veilles de jours fériés et pendant les périodes de vacances scolaires ». Le CSA dénonce encore le fait que « le programme ne comportait pas, pour le jeune public, de ressorts de distanciation appropriés. En application des dispositions de l’article 3 de la recommandation précitées, ce film ne pouvait donc être diffusé en première partie de soirée durant les vacances scolaires. » Le CSA a donc « mis en garde la chaîne contre la réitération de manquements aux règles édictées par les articles 2 et 3 de la recommandation du 7 juin 2005. »

Avec cette lettre de mise en garde, le CSA a donc choisi d’utiliser son deuxième degré de sévérité sur trois parmi les actions à sa disposition pour pointer du doigt un manquement d’une chaîne. Le moins sévère est la lettre de rappel à la réglementation, et le troisième est la mise en demeure. C’est celle-ci que C8 risque en cas de prochain incident du même ordre. Suivent ensuite des sanctions, soit pécuniaire, soit l’insertion d’un communiqué dans le programme, soit une suspension plus ou moins longue de la diffusion d’un programme, soit la résiliation d’une convention avec la chaîne concernée.

Source: Famillechrétienne, le 29 octobre 2021

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