Édouard Habsbourg: le Pape vient rallumer le feu de la foi en Hongrie 

La Sainte Couronne de Hongrie du roi fondateur saint Étienne, en fleurs, au Congrès eucharistique de Budapest, le 8 septembre 2021. La Sainte Couronne de Hongrie du roi fondateur saint Étienne, en fleurs, au Congrès eucharistique de Budapest, le 8 septembre 2021.  

Édouard Habsbourg: le Pape vient rallumer le feu de la foi en Hongrie 

Dans les pas des saints Papes Paul VI et Jean-Paul II, le Souverain pontife argentin est le troisième évêque de Rome de l’époque moderne à prendre part personnellement à un Congrès eucharistique. Il préside la messe de clôture du 52ème Congrès eucharistique international de Budapest, dimanche 12 septembre à 11h30. L’ambassadeur de Hongrie près le Saint-Siège, Édouard de Habsbourg-Lorraine, explique le sens et le contexte d’une telle visite pontificale pour le peuple d’Europe centrale. 

Entretien réalisé par Delphine Allaire – Cité du Vatican

Dimanche 12 septembre sur la place des Héros de la capitale hongroise, au bord du Danube, le Pape François clôturera le 52ème Congrès eucharistique international. Une semaine intense de prière et réflexion autour du point culminant de la foi chrétienne: la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie.

Moment de grande joie pour les Hongrois, qui reçoivent la venue du Pape comme un honneur, celui-ci ne se déplaçant pas systématiquement lors de ces rendez-vous spirituels.

Édouard de Habsbourg-Lorraine, ambassadeur de Hongrie près le Saint-Siège, revient sur l’expression particulière de la foi hongroise, et l’accueil que le peuple magyar s’apprête à réserver à l’évêque de Rome.

Entretien avec Édouard de Habsbourg-Lorraine

Comment l’Église et le peuple hongrois accueillent la présence du Pape à ce congrès eucharistique?

C’est un énorme cadeau pour les Hongrois. Nous sommes très conscients que le Pape normalement ne vient pas à des Congrès eucharistiques. Pour nous, c’est un signe que le Saint-Père aime les Hongrois, un honneur, un signe d’espérance car nous sortons d’un temps très difficile. Nous espérons tous que cette visite du Saint-Père va donner un nouveau feu à la foi en Hongrie et à tous les peuples après cette pandémie.  

Quelle est la place de l’Église dans la société hongroise actuelle?

La Hongrie est un pays chrétien, à majorité catholique. Les calvinistes sont très présents dans le secteur public, notre Premier ministre est calviniste. Les Églises travaillent avec l’État pour le bien de la société, comme le dit notre Constitution. Naturellement, il y a une très nette distinction entre État et Église, mais nous travaillons ensemble, tout comme avec les autres communautés religieuses.

Les représentants des communautés religieuses sont visibles et respectés en Hongrie. C’est un pays où la foi est présente dans le secteur public.

Quelles sont, selon vous, les particularités de la foi hongroise, de la piété populaire?

Elle est la même que dans tous les pays de la Mitteleuropa (ndlr, Europe centrale). En Hongrie, la particularité est la rencontre avec des éléments orientaux, la forte présence des gréco-catholiques, leur travail pour les roms, la présence de prêtres mariés avec enfants, qui seront à leur tour prêtres grec-catholiques. Les Églises orthodoxes, protestantes se rencontrent très bien, notamment sur ce congrès eucharistique, ce qui donne de fortes et belles couleurs à Budapest.

L’Église en Hongrie d’aujourd’hui est l’héritière d’un passé millénaire, et plus récemment des persécutions communistes dans la 2ème moitié du XXème siècle, quelles traces subsistent?

Les Hongrois ont l’habitude d’être occupés. Au XVIème siècle, 150 ans d’occupation ottomane, ensuite sont venus les Habsbourg, ma famille, puis par les nazis et les communistes. Nous avons aujourd’hui une Église très consciente des valeurs encore présentes chez nous, mais un peu oubliées en Europe occidentale: la famille, la nation, la foi.

Comment l’Église en Hongrie et les catholiques hongrois se situent-ils en Europe centrale, quel lien tisser avec l’Europe au sens large?

Avec la Pologne, la Hongrie est l’un des pays au sein desquels l’enthousiasme pour l’Europe est le plus fort. J’entends souvent que la Hongrie quitterait l’Union européenne, pas du tout, jamais. La population est très enthousiaste de l’idée européenne, et les Hongrois se sentent européens. Le symbole le plus visible pour l’Église en Hongrie était que notre cardinal Peter Erdő était le président de la conférence épiscopale européenne pour un certain temps. Pendant longtemps, la Hongrie était derrière un rideau de fer, l’Europe se terminait à ce rideau. Mon oncle Otto de Habsbourg a lutté au Parlement européen pour dire «Paneurope», «toute l’Europe», à savoir les pays derrière le Rideau de fer aussi en font partie. Il avait raison.

Source: VATICANNEWS, le 11 septembre 2021

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