Le Pape reprend ses voyages avec l’Irak en mars 2021

Croix au-dessus de l'église Saint-Thomas dans la vieille ville de Mossoul en Irak, le 28 octobre 2020Croix au-dessus de l’église Saint-Thomas dans la vieille ville de Mossoul en Irak, le 28 octobre 2020 

Le Pape reprend ses voyages avec l’Irak en mars 2021

Ce sera le premier voyage du Pape depuis novembre 2019. L’annonce en a été faite par la Salle de presse du Saint-Siège, lundi 7 décembre. Le Pape François visitera cinq lieux irakiens, Bagdad, la plaine d’Ur, Erbil, Mossoul et Qaraqosh, du 5 au 8 mars 2021. 

Massimiliano Menichetti – Cité du Vatican

Un déplacement de quatre jours en Irak. Après 15 mois d’interruption en raison de la pandémie, le Souverain pontife reprend exceptionnellement ses voyages apostoliques.

«Accueillant l’invitation de la République d’Irak et de l’Église catholique locale, le Pape François effectuera un voyage apostolique dans ce pays du 5 au 8 mars 2021, visitant Bagdad, la plaine d’Ur liée à la mémoire d’Abraham, la ville d’Erbil, ainsi que Mossoul et Qaraqosh dans la plaine de Ninive. Le programme du voyage sera publié ultérieurement, en tenant compte de l’évolution de la crise sanitaire mondiale».

La proximité à un pays martyrisé

Ce voyage représente résolument un geste concret de proximité à toute la population de ce pays martyrisé. François avait clairement exprimé son intention de visiter l’Irak le 10 juin 2019, lors de l’audience aux participants à la Rencontre des œuvres d’aide aux églises orientales, la Roaco. 

«Une pensée récurrente m’accompagne en pensant à l’Irak– avait-il déclaré, partageant sa volonté d’y venir en 2020- et souhaitant que le pays «puisse regarder vers l’avant à travers la participation pacifique et partagée à la construction du bien commun de toutes les composantes – y compris religieuses – de la société, et ne retombe pas dans les tensions venant des conflits jamais éteints des puissances régionales».

Préserver la présence historique des chrétiens

Une possibilité qui est apparue de plus en plus concrète, lorsque le 25 janvier 2020, le Pape a reçu au Vatican, Barham Salih, président de la République d’Irak. Le chef de l’État irakien avait également rencontré le cardinal-Secrétaire d’État, Pietro Parolin, et Mgr Paul Richard Gallagher, Secrétaire pour les Eelations avec les États. Les défis du pays avaient été évoqués, comme celui de «favoriser la stabilité et le processus de reconstruction, en encourageant la voie du dialogue et la recherche de solutions adéquates en faveur des citoyens et dans le respect de la souveraineté nationale», soulignait une note de la Salle de Presse du Saint-Siège,  où «l’importance de préserver la présence historique des chrétiens» et «la nécessité de leur garantir la sécurité et une place dans l’avenir» du pays, figuraient au centre.

Les chantiers de la paix, la sécurité et la stabilité

Il y avait en Irak avant 2003, l’année du conflit qui a conduit à la chute de Saddam Hussein, 1 à 1,4 million de chrétiens. L’horreur des guerres successives puis l’occupation de la plaine de Ninive par le groupe État islamique, entre 2014 et 2017, les ont réduites à environ 300-400 000. Le président Salih a souligné à plusieurs reprises la valeur des chrétiens et leur rôle dans la construction, tout comme le Premier ministre, Mustafa Al-Kazemi, qui a invité les chrétiens, qui ont fui l’Irak en raison de la violence, à revenir pour contribuer à la reconstruction.

Cependant, les chantiers de la paix, de la sécurité et de la stabilité sont toujours ouverts. La crise économique, le chômage, la corruption et la tragédie des quelques 1,7 million de personnes déplacées à l’intérieur du pays mettent les projets de développement à rude épreuve. L’Unicef estime que plus de 4 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, dont la moitié sont des enfants. Dans ce contexte, où les hôpitaux et les médicaments font défaut, la pandémie de Covid-19 a tué des milliers de personnes.

François réalise le rêve de Jean-Paul II

En première ligne, sur tous les fronts, l’Église locale attend maintenant l’arrivée du Successeur de Pierre qui mettra en œuvre le projet, pensé en 2000 par Saint Jean-Paul II. «Le Pape François est un homme ouvert, un chercheur de paix et de fraternité. Tout le monde en Irak, chrétiens et musulmans, l’estime pour sa simplicité et sa proximité», déclarait le cardinal Louis Raphaël Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens, à l’agence Sir il y a un an. «Ses paroles touchent le cœur de tous, car elles sont celles d’un pasteur. C’est un homme qui peut apporter la paix. Plusieurs millions de musulmans ont suivi la visite du Pape à Abou Dhabi. Il en sera de même en Irak», ajoutait-il.

L’ Irak, dans la plaine d’Ur des Chaldéens, devait être la première étape du pèlerinage jubilaire de Jean-Paul II pour l’an 2000. Le voyage du Pape polonais était prévu du 1er au 3 décembre 1999. Mais ce projet ne s’est pas concrétisé, car Saddam Hussein, après des négociations de plusieurs mois, avait décidé d’un report. Plus de 20 ans plus tard, le rêve de Jean-Paul II devrait donc se réaliser pour son second successeur.

Source: VATICANNEWS, le 7 décembre 2020

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