Un évêque chinois démissionne, doutant de l’accord entre Pékin et le Saint-Siège

Chine: Mgr Vincent Guo Xijin résiste aux persécutions - InfoCatho

Un évêque chinois démissionne, doutant de l’accord entre Pékin et le Saint-Siège

Analyse 

Dans un discours prononcé dimanche 4 octobre, Mgr Vincent Guo Xijin, évêque de Mindong depuis 2016, mais non reconnu par le gouvernement chinois jusqu’en 2018, a annoncé sa démission de toute fonction publique et son retrait pour prier.

« Je suis incompétent. Je n’ai pas de talent. Je ne suis plus capable de suivre cette époque très rapide. Je ne veux pas être un obstacle au progrès. » C’est en ces termes que Mgr Vincent Guo Xijin, 62 ans, lors de sa dernière messe publique dimanche 4 octobre, a expliqué sa décision de démissionner de toutes ses fonctions publiques et de se retirer pour se consacrer à la prière.

Ordonné prêtre en 1984 pour le diocèse de Mindong (dans la province du Fujian, au sud-est de la Chine), qui compte environ 90 000 catholiques, très majoritairement dans les structures dites « clandestines » de l’Église chinoise, Mgr Guo a été consacré évêque coadjuteur de Mindong en décembre 2008, puis a succédé à Mgr Vincent Huang Shoucheng à la mort de celui-ci, en juillet 2016.

Un diocèse test de la normalisation

Mais s’il fut reconnu comme l’évêque légitime de Mindong par le pape, Mgr Guo Xijin ne le fut pas par les autorités communistes chinoises, qui préférèrent désigner Mgr Zhan Silu, ordonné en 2000 en dehors de la communion avec Rome.

Après avoir dû assister à des « sessions d’études » durant une vingtaine de jours avant la Semaine sainte 2018, Mgr Guo semblait avoir accepté que les Églises clandestine et officielle du diocèse fusionnent. Et ce, afin de ne pas nuire à la signature de l’accord entre la Chine et le Saint-Siège, mettant fin à un schisme datant de 1957.

La situation difficile et complexe de Mgr Guo fut ainsi au cœur des négociations entre le Vatican et la Chine en 2018 et de la reconduction de leur accord le mois dernier. Et le diocèse de Mindong a été perçu comme un « test » pour la normalisation des relations avec le gouvernement et la réconciliation des communautés catholiques officielles (dite aussi « patriotiques ») et clandestine.


Victime de privation de sommeil

C’est dans ce même diocèse que le père Huang fut soumis, pendant quatre jours, à une privation de sommeil pour le contraindre à signer l’adhésion à l’Église patriotique. Après avoir regretté d’avoir signé, il avait déclaré qu’il ne voulait pas « se vautrer dans la boue de l’Association patriotique des catholiques chinois (CPCA) ».

Dans son discours filmé, reproduit par l’agence Asianews, Mg Guo explique que « ces événements de l’Église en Chine – qui sont peut-être le signe d’une nouvelle ère, d’une nouvelle page pour l’Église – sont directement liés à la situation dans notre diocèse ».

Source et suite sous: La CROIX, le 6 octobre 2020

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