La naissance de Marie est le signe certain des temps nouveaux
Moins solennelle que l’Assomption, la Nativité de Marie est fêtée avec joie par le peuple chrétien, comme celle de Jean-Baptiste. L’une et l’autre annoncent l’aurore du salut. Dans la prière, la naissance de Marie et sa maternité divine sont mises en relation.
L’Église de Jérusalem fut la première à honorer le souvenir de la Nativité de la mère de Dieu, par une fête que Rome adopta sûrement vers la fin du VIIe siècle et où le pape Serge 1er la dota d’une procession.
La naissance de Marie est le signe certain des temps nouveaux. L’Ancien Testament touche à sa fin et trouve son accomplissement dans une alliance nouvelle et éternelle que Dieu conclut avec l’humanité.
La joie est la note dominante de cette fête. Tous les âges disent bienheureuse la Vierge qui a porté le Fils du Père éternel. Cette fête est commune avec les Églises orientales.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Un pécheur endurci est sauvé de l’enfer grâce à un petit reste de dévotion mariale
Né à Auray le 14 juillet 1602 dans une riche famille noble, Pierre de Keriolet semble, dès l’enfance, sous emprise démoniaque. Il aime faire le mal. Ses études chez les Jésuites de Rennes ne le corrigent pas, au contraire. Toujours à court d’argent, il vole son entourage.
À vingt ans, il tente de rejoindre l’Empire ottoman pour devenir musulman. Il n’y parviendra jamais, tant les obstacles se dressent sur sa route. Il est victime de brigands alors qu’il traverse l’Allemagne : seul survivant de l’attaque, il implore Notre Dame de Liesse de le sauver. Exaucé, il ne respecte pas le vœu qu’il lui a fait et, pendant plus de quinze ans, il mène une existence de débauches, au cours de laquelle il a peut-être signé un pacte avec le diable.
En 1635, il rentre en France recueillir l’héritage de son père et achète une charge de conseiller au Parlement de Bretagne. Il se sert de son pouvoir de magistrat pour entretenir les haines entre justiciables, éprouvant satisfaction à faire le mal.
À plusieurs reprises, il échappe à la mort, comme si une protection invisible et toute puissante s’étendait sur lui. Au lieu de s’interroger, il se félicite de sa chance exceptionnelle.
C’est dans l’espoir d’être remarqué du jeune duc d’Orléans, frère de Louis XIII, que Pierre de Keriolet accompagne ce dernier à Loudun, en 1636, avec d’autres parlementaires. Une affaire de sorcellerie secoue alors la ville. Pendant un exorcisme en l’église Sainte-Croix de Loudun, le démon, parlant par la bouche de la possédée, apostrophe Pierre de Keriolet en public, lui révèle qui l’a protégé et lui en expose les raisons, évoquant les miracles de protection dont il a bénéficié. En conclusion, le démon précise qu’il se tenait là pour le conduire en enfer, hurlant : « Sans elle et ton ange, je t’aurais emporté ! »
Le lendemain, le diable s’écrie en revoyant Keriolet : « Tiens, revoilà le monsieur d’hier ! S’il continue comme cela, il montera aussi haut dans le Ciel qu’il aurait été bas avec nous en enfer. Ah ! si tu savais ! […] Elle a mis les bras dans la fange jusqu’aux coudes pour le retirer de ses ordures, et cela sous prétexte qu’il gardait un peu de dévotion pour elle !!! Et dire que nous, nous sommes damnés pour un seul péché !!! »
En fait, Keriolet est sauvé pour avoir, toute sa vie et quelles qu’aient été ses fautes, respecté la promesse faite jadis à sa mère : dire chaque jour, quoi qu’il arrive, un Ave Maria en l’honneur de Notre Dame. Alors qu’il était réputé pour son avarice, il a toujours fait généreusement l’aumône, même s’il affirmait que ce n’était pas pour l’amour de Dieu. Or, « l’aumône couvre la multitude des péchés », selon le mot de saint Grégoire le Grand.
Certes, les attaques démoniaques se poursuivront toute la vie de l’abbé de Keriolet, car l’enfer déteste lâcher sa proie, mais ce sera en vain. L’on n’arrache pas à Notre Dame ce qu’elle tient.
Anne Bernet
Auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages pour la plupart consacrés à la sainteté.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
En 2013, le diocèse de Syracuse en Italie a fêté le 60ème anniversaire du prodige qui s’y est déroulé pendant quatre jours successifs. Le fait s’était produit les 29, 30, 31 août et 1er septembre 1953 chez un jeune couple, Angelo Lannuso et Antonia Giusto. Un petit relief en plâtre représentant le Cœur Immaculé de Marie, placé au chevet du lit du couple, s’était mis à verser des larmes humaines. Le pape saint Jean-Paul II y fit une visite pastorale le 6 novembre 1994, et dans son homélie il dit :
« Les larmes de la Vierge font partie des signes : elles témoignent de la présence de la Mère dans l’Église et dans le monde. Une mère pleure quand elle voit ses enfants menacés par quelque mal spirituel ou physique. Sanctuaire de la Vierge aux Larmes, tu es destiné à rappeler à l’Église les larmes de la Mère.
Ici, entre ces murs accueillants, que viennent tous ceux qui se sentent oppressés par la conscience du péché et qu’ils fassent ici l’expérience de la richesse de la miséricorde de Dieu et de son pardon ! Que les conduisent ici les larmes de la Mère.
Ce sont des larmes de douleur pour tous ceux qui refusent l’amour de Dieu (…), pour tous ceux qui ne prient pas parce qu’ils sont distraits par mille autres intérêts, ou parce qu’ils demeurent obstinément fermés à l’appel de Dieu. Ce sont des larmes d’espérance, qui font fondre la dureté des cœurs. »
Pape saint Jean Paul II
Extrait de l’homélie du 6 Novembre 1994pour la dédicace du sanctuaire de Notre Dame des larmes, Syracuse, Sicile.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
« Si nous voulons être chrétiens, nous devons aussi être marials »
Robert Fastiggi, professeur de théologie au Grand Séminaire du Sacré-Cœur à Détroit (États-Unis) et ancien président de la Société mariologique d’Amérique, répond ici à la question : Pourquoi les catholiques accordent-ils tant d’attention à Marie ?
R. Fastiggi : On attribue à sainte Teresa de Calcutta une réponse simple à cette question : « Sans Marie, pas de Jésus » : Cette réponse va au cœur du problème.
Saint Paul écrit dans la lettre aux Galates que « lorsque vint la plénitude des temps, Dieu envoya son fils, né d’une femme, né sous la loi » (Gal 4,4). Cela signifie qu’une femme nommée Marie – la mère du Verbe de Dieu incarné – est au centre même de l’histoire du salut.
Saint Thomas d’Aquin enseigne que Dieu, dans son pouvoir omnipotent, aurait pu restaurer la nature humaine de différentes manières, mais qu’il a choisi de nous racheter en s’incarnant dans la Vierge Marie.
Si Dieu a choisi librement de nous racheter en « naissant d’une femme », il s’ensuit nécessairement que cette femme, Marie, est au centre de son plan de salut. Dans son homélie du 24 avril 1970 au sanctuaire marial de Notre-Dame de Bonaria à Cagliari, en Sardaigne, le pape saint Paul VI l’a magnifiquement exprimé : « Si nous voulons être chrétiens, nous devons aussi être mariaux/marials ?, c’est-à-dire reconnaître le lien essentiel, vital et providentiel qui unit la Vierge à Jésus et qui nous ouvre la voie qui nous conduit à lui. »
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Il y a 5 ans, je suis allée à Medjugorje (1) et là-bas j’ai écrit une petite lettre à la Vierge Marie en lui disant que je désirais me marier, et que j’aimerais que ça soit elle « Notre Dame de Medj », c’est à dire « la Reine de la Paix » comme elle s’est présentée la bas, qui conduise mon futur mari vers moi.
Quelques années plus tard, ma meilleure amie part à Medjugorje avec le Club Medj, et à son retour le groupe organise un chapelet sur le Champs de Mars à Paris, auquel elle me convie.
Après avoir refusé plusieurs fois, j’y vais enfin, et là en priant « Notre Dame de Medjugorje » – la Reine de la Paix – je rencontre Jean-Baptiste avec qui je suis mariée aujourd’hui.
Nous avons même le bonheur d’être parents d’un petit Karol. Je crois que Marie à Medjugorje vient spécialement pour les familles : après tout, tous les voyants sont mariés ! Marie est une merveilleuse entremetteuse !
Međugorje est une ville de Bosnie-Herzégovine devenue un sanctuaire marial et un lieu de pèlerinage catholique depuis les apparitions de la Vierge Marie sur la « colline des apparitions » qui ont commencé en 1981.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Au nord de l’Angleterre, 5 000 fidèles n’ont pas eu peur de braver la fameuse pluie écossaise, début septembre 2017, pour assister à la consécration solennelle de leur pays au Cœur Immaculé de Marie par leurs évêques. La cérémonie, présidée par l’archevêque de Glasgow, a eu lieu au sanctuaire de Carfin (Écosse). Dans la formule de consécration, où il s’adressait à la Mère de Dieu, l’archevêque a prononcé ces paroles au nom de tous : « Nous te consacrons l’Écosse, tout ce que nous aimons et tout ce que nous avons. À toi, nous donnons nos esprits, nos cœurs, nos corps, nos âmes, et nous nous mettons nous-mêmes à ton service, nos familles, nos communautés », en qualifiant cette journée d’ « historique », de « grande fête » pour le pays et pour toute l’Église catholique.
De fait, en Europe, beaucoup de grandes nations catholiques ont prononcé cette consécration par le passé. C’est le cas de la France, consacrée à Dieu par les mains de Marie le 10 février 1638, selon le vœu du roi Louis XIII. Le Portugal, quant à lui, fut confié à Marie dès 1644. Deux ans plus tard, Marie est déclarée reine du Portugal, sous le vocable de son « Immaculée Conception ». Ce qui explique, au passage, pourquoi le souverain portugais a refusé depuis lors de porter une couronne…
L’Allemagne, pourtant protestante, est consacrée à Dieu par Marie au cours de l’année mariale de 1950, par le cardinal Frings. Ce sera ensuite l’Irlande en 1979, en présence de Jean Paul II. Plus récemment, le 18 février 2017, l’Angleterre et le Pays de Galles ont été consacrés au Cœur Immaculé de Marie, par le cardinal Vincent Nichols, archevêque de Westminster.
Au-delà des frontières européennes, en Amérique du Sud, on peut citer le Pérou en 2016, avant lui le Venezuela et le Chili. En Afrique, mentionnons également le Zimbabwe, le Mozambique, l’Angola et le Ghana, qui a renouvelé cet acte au cours de l’année. Le Congo s’est lui consacré au Cœur Immaculé de Marie le 4 février 2017, en présence du cardinal Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Pourquoi il n’y a pas de statue de Bernadette près de la grotte de Lourdes
Nous avons tous vu des répliques de la grotte de Lourdes, le sanctuaire marial des Pyrénées françaises, un peu partout dans le monde entier, avec la statue de la Vierge sur une hauteur, souvent sur un rocher ou un affleurement rocheux, et la statue de la jeune Bernadette Soubirous agenouillée en contrebas. Ce n’est pas le cas à Lourdes.
Il y a bien quelques images de Bernadette dans le domaine, dont deux de l’autre côté du Gave, mais aucune ne se trouve à proximité de la Grotte elle-même, où la première apparition eut lieu le 11 février 1858.
C’est Bernadette elle-même qui le voulut ainsi. Elle affirma toujours que Lourdes et la Grotte étaient consacrés à la Vierge Marie et à ses messages de prière, de pénitence, de guérison et de renouveau.
Elle disait souvent: « La Vierge s’est servie de moi comme d’un balai pour enlever la poussière. Lorsque le travail est terminé, le balai est remis derrière la porte ».
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Un jour que saint Dominique (1) prêchait en présence du duc de Bretagne, de toute la cour et d’un peuple immense, il assura, d’après une révélation personnelle, qu’aucun hommage, si ce n’est l’Office divin et l’adorable Sacrifice, n’était si agréable à Jésus et à Sa Mère, que la récitation fervente du Rosaire de Marie. Cette assertion parut exagérée à son nombreux auditoire; mais Dieu en prit la défense, et voici comment.
Après le sermon, Dominique célébra la sainte Messe en présence de la multitude. Or qu’arriva-t-il ? Le Saint y fut ravi en extase ; on le vit s’élever au-dessus du sol, et demeurer ainsi suspendu en l’air pendant toute une heure, le visage enflammé d’un feu divin. À la consécration, quand il éleva la sainte hostie, tout le peuple y vit clairement apparaître la Vierge Mère avec son divin Enfant qu’elle tenait dans ses bras. Quand il éleva le calice, on vit le Rédempteur couvert de plaies, transpercé, en proie à toutes les douleurs de sa Passion, tel qu’Il avait été au Calvaire. Vers la fin de la messe, une éblouissante lumière environna l’autel; et au sein de cette splendeur, le Seigneur se montra tout plein de la gloire de sa résurrection, et comme montant au ciel.
Cette vision transporta la foule; et le sacrifice terminé, Dominique remonta en chaire. Il expliqua à ses auditeurs émerveillés le sens de ces trois apparitions : la Vierge tenant l’Enfant Jésus, était la figure des Mystères joyeux; Jésus souffrant signifiait les Mystères douloureux ; et sa résurrection, les Mystères glorieux.
Il fit comprendre à toute l’assemblée combien la dévotion qui consiste à méditer ces mystères en récitant les cent cinquante Ave du Rosaire devait être agréable au Seigneur, puisqu’Il la confirmait par de tels prodiges. Tous, princes et peuples restèrent convaincus et embrassèrent avec ardeur une si excellente pratique.
Dominique de Guzman, né vers 1170 en Espagne et mort en1221 en Italie, est un religieux catholique, prêtre, fondateur de l’ordre des frères prêcheurs appelés couramment « dominicains ». Canonisé par l’Église en 1234, il est célèbre sous le nom de saint Dominique
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Le 31 août, dernier jour du mois consacré à la Panagia (la Vierge toute-sainte”), l’Église orthodoxe grecque commémore la déposition de la ceinture de la très sainte Mère de Dieu.
Le placement de cette vénérable relique dans une église du quartier Chalcoprateia à Constantinople (aujourd’hui Istanbul) s’est produite sous le règne de l’empereur Théodose le Jeune. Auparavant, la ceinture, confiée à l’apôtre Thomas par la Mère de Dieu, avait été conservée par de pieux chrétiens à Jérusalem après sa Dormition.
Quand sous le règne de l’empereur Léon le Sage (886-911), son épouse Zoé fut atteinte d’un esprit impur, l’empereur pria Dieu de la guérir. L’impératrice eut la vision qu’elle serait guérie de son infirmité si l’on plaçait sur elle la ceinture de la Mère de Dieu. L’empereur demanda alors au patriarche d’ouvrir le coffret. Le patriarche enleva le sceau et ouvrit le coffret dans lequel la relique était conservée, et la ceinture de la Mère de Dieu apparut entière et non abîmée par le temps. Le patriarche plaça la ceinture sur l’impératrice malade et celle-ci fut immédiatement libérée de son infirmité.
On chanta des hymnes d’action de grâce à la très sainte Theotokos, puis on replaça la vénérable ceinture dans le coffret et on le referma.
En mémoire de l’événement miraculeux et du double placement de la ceinture sacrée , la fête de la Déposition de la ceinture vénérable de la très sainte Théotokos fut instituée. Des parties de la ceinture sacrée se trouvent au monastère de Vatopedi sur le mont Athos, au monastère de Trèves et en Géorgie.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Du premier livre au dernier, la Bible parle de Marie
Robert Fastiggi, professeur de théologie au Grand Séminaire du Sacré-Cœur à Détroit, aux États-Unis et ancien président de la Société mariologique d’Amérique, répond ici la question « Si Marie est si importante, pourquoi la Bible parle-t-elle si peu d’elle » ?
R : L’importance de Marie ne se mesure pas au simple nombre de citations bibliques, mais à son rôle central dans la révélation biblique. Dans son encyclique de 1987, Redemptoris Mater (« Mère du Rédempteur »), saint Jean-Paul II souligne « le mystère de cette ‘femme‘ qui, depuis les premiers chapitres du Livre de la Genèse jusqu’au Livre de l’Apocalypse, accompagne la révélation du plan salvifique de Dieu pour l’humanité ». De même, dans sa lettre apostolique de 1988, « Mulieris Dignitatem » (« Sur la dignité et la vocation de la femme »), Jean-Paul II note que, dans la mesure où l’Incarnation « constitue le point culminant et définitif de l’autorévélation de Dieu à l’humanité … une femme se trouve au centre de cet événement salvifique ».
Marie, la mère du Verbe incarné, est essentielle au plan de salut de Dieu parce que Jésus est le point culminant de l’histoire du salut.
Les Pères de l’Église ont trouvé de nombreuses préfigurations de Marie dans l’Ancien Testament. Ils ont vu en elle la Femme en conflit avec le serpent (Gn 3,15), la « nouvelle Eve » qui sera « la mère de tous les vivants » (Gn 3,20), « la fille de Sion » (Zach 2,14) et « l’arche de l’alliance » (Ex 40 ; cf. Rv 11,19). En 2 Samuel 6,9, David dit : « Comment l’arche du Seigneur peut-elle venir à moi ? ». De manière très similaire, en Luc 1,43, Élisabeth s’exclame : « Et comment m’arrive-t-il que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? ». David danse de joie devant l’arche du Seigneur (2 Sm 6,14-15), tout comme Jean Baptiste bondit de joie dans le sein de sainte Élisabeth à l’approche de Marie, qui porte l’enfant Jésus dans ses entrailles (Lc 1,41). (…)
Dans le Nouveau Testament, Marie joue un rôle central parce qu’elle est la mère du Christ, le rédempteur. Saint Paul fait allusion à Marie dans Galates 4,4-5, et les quatre Évangiles parlent d’elle. Marie est présentée comme la Vierge mère de l’Emmanuel (Mt 1, 22-23) qui s’enfuit en Égypte avec Jésus et Joseph (Mt 2, 13-21). Dans l’Évangile de Luc, Marie occupe une place importante lors de l’Annonciation (1,26-38) et de la Visitation (1,39-45). Toujours dans Luc, elle prie le Magnificat (1,46-56), donne naissance à Jésus (2,1-7), le présente au Temple (2,22-38) et le retrouve plus tard dans le Temple, prêchant parmi les docteurs de la loi (2,41-52).
Dans l’Évangile de Jean, Marie fait appel à Jésus aux noces de Cana pour qu’il accomplisse son premier miracle (2,1-12) ; elle est également présente au pied de la croix où Notre Seigneur la donne comme mère à Jean et (par extension) à tous les chrétiens (19,25-27). Marie est présente avec les apôtres dans le Cénacle, priant pour la venue de l’Esprit Saint à la Pentecôte (Ac 1,14). Dans Apocalypse 12, Marie est vue comme la femme revêtue du soleil, sur le point d’accoucher. Elle est combattue par le dragon qui veut dévorer son fils.
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.