Le Pape dénonce une «famine de fraternité» et appelle à dire « non » à la guerre

Une Ukrainienne au cimetière de Mariupol, photo d'illustration.Une Ukrainienne au cimetière de Mariupol, photo d’illustration.

Le Pape dénonce une «famine de fraternité» et appelle à dire « non » à la guerre

Dans un discours lu par Mgr Paul Richard Gallagher devant le Conseil de sécurité de l’ONU à New York, le Pape déclare que «la paix est possible si elle est désirée. C’est le rêve de Dieu, mais avec la guerre, ce rêve se transforme en cauchemar». François met en garde contre le recul de l’humanité vers un «nationalisme exagéré et agressif» et demande d’appliquer «la Charte de l’ONU sans arrière-pensées».

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

Le temps est venu de dire sérieusement «non» à la guerre, d’affirmer que ce ne sont pas les guerres qui sont justes, mais que seule la paix est juste. Et la paix est «possible, si elle est vraiment voulue». Avec des mots simples et percutants, le Pape a interpellé le Conseil de sécurité des Nations unies pour réitérer son appel à mettre fin à la violence, aux conflits et aux armements, fruits d’une «famine de fraternité» qui marque le monde d’aujourd’hui. Le message de François, hospitalisé depuis le 7 juin à l’hôpital Gemelli de Rome après une laparotomie, a été lu par le secrétaire pour les Relations avec les États et les organisations internationales au cours de d’une réunion sur «Les valeurs de la fraternité humaine dans la promotion et le maintien de la paix», en présence du Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, et du grand imam d’Al-Azhar, le cheikh Ahmed Mohamed el-Tayeb

La troisième guerre mondiale en morceaux

Le texte du Pape s’ouvre sur une analyse du «moment crucial» que traverse l’humanité, «où la paix semble succomber à la guerre» et où il semble que «nous retournons à nouveau en arrière dans l’histoire, avec la montée de nationalismes fermés, exaspérés, rancuniers et agressifs, qui ont déclenché des conflits non seulement anachroniques et dépassés, mais encore plus violents».

“Les conflits se multiplient et la stabilité est de plus en plus menacée. Nous vivons une troisième guerre mondiale en morceaux qui, plus le temps passe, plus elle semble s’étendre.”

Non aux idéologies et aux intérêts particuliers

«Aux yeux des peuples», le Conseil de sécurité lui-même, dont le mandat est de veiller à la sécurité et à la paix dans le monde, «semble parfois impuissant et paralysé», estime le Pape. «Mais votre travail, apprécié par le Saint-Siège, est essentiel pour promouvoir la paix», et pour cette raison, le Pape invite «de tout cœur» les membres de cette instance «à affronter les problèmes communs en vous éloignant des idéologies et des particularismes, des visions et des intérêts partisans».

Une mise en œuvre transparente de la Charte des Nations unies

Une seule intention doit animer leur travail: «travailler pour le bien de toute l’humanité». En effet, écrit le Pape, «on attend du Conseil qu’il respecte et applique la Charte des Nations unies avec transparence et sincérité, sans arrière-pensées, comme un point de référence obligatoire de la justice et non comme un instrument pour masquer des intentions ambiguës».

“Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, nous sommes tous plus proches, mais pas plus frères. Au contraire, nous souffrons d’une famine de fraternité, qui émerge de tant de situations d’injustice, de pauvreté et d’inégalité, de l’absence d’une culture de la solidarité.”

Le recul de l’humanité

François cite son message pour la Journée mondiale de la paix 2023, en affirmant que les nouvelles idéologies, caractérisées par la généralisation de l’individualisme, de l’égocentrisme et du consumérisme matérialiste, affaiblissent les liens sociaux, en alimentant cette mentalité de « mise au rebut », qui induit le mépris et l’abandon des plus faibles, de ceux que l’on considère comme « inutiles ». Ainsi, déplore-t-il, «la coexistence humaine devient ainsi de plus en plus un simple « do ut des » pragmatique et égoïste».

Le pire effet de cette famine de fraternité sont les conflits armés et les guerres, qui «antagonisent non seulement des individus, mais des peuples entiers, et dont les conséquences négatives se répercutent sur des générations». Il s’agit donc d’un recul de l’humanité, note le Pape, par rapport à l’époque qui a suivi les deux «terribles» guerres mondiales, alors qu’avec la naissance des Nations unies, il semblait que la leçon avait été apprise, et que l’on mesurait l’importance de «progresser vers une paix plus stable, pour devenir enfin une famille de nations».

Les gains faciles des armes

En «homme de foi», le Pape assure que la paix est «le rêve de Dieu pour l’humanité». Mais il ne peut s’empêcher de constater avec regret qu’«à cause de la guerre, ce rêve merveilleux est en train de se transformer en cauchemar». La racine du problème est également économique, reconnaît François: «La guerre est souvent plus tentante que la paix, car elle favorise les gains, mais toujours de quelques-uns et au détriment du bien-être de populations entières ; c’est pourquoi l’argent gagné par la vente d’armes est de l’argent souillé par le sang innocent».

Renoncer à des «profits faciles» afin de préserver la paix nécessite selon François bien plus de courage que de vendre des armes toujours plus sophistiquées et plus puissantes. Il faut plus de courage pour rechercher la paix que pour faire la guerre, résume-t-il, et ajoute qu’il faut plus de courage pour favoriser la rencontre que la confrontation, pour s’asseoir à la table des négociations que pour poursuivre les hostilités.

Le danger du nucléaire

Pour construire la paix, insiste le Pape, «il faut sortir de la logique de la légitimité de la guerre»,notamment parce que si dans le passé les conflits armés avaient une portée plus limitée, «aujourd’hui, avec les armes nucléaires et les armes de destruction massive, le champ de bataille est devenu pratiquement illimité et les effets potentiellement catastrophiques». Le moment est donc venu de «dire sérieusement « non » à la guerre» et de réaffirmer au contraire le « oui » à «une paix stable et durable, non pas construite sur le périlleux équilibre de la dissuasion, mais sur la fraternité qui nous unit».

“Nous marchons en effet sur la même terre, tous frères et sœurs, habitants de la même maison commune, et nous ne pouvons pas assombrir le ciel sous lequel nous vivons avec les nuages du nationalisme.”

Patience, prévoyance, ténacité, dialogue et écoute

Où en serons-nous si chacun ne pense qu’à soi ? demande le Pape. C’est pourquoi, rappelle-t-il, «ceux qui travaillent à la construction de la paix doivent promouvoir la fraternité». Un travail «artisanal» qui exige «passion et patience, expérience et prévoyance, ténacité et dévouement, dialogue et diplomatie». Il faut aussi «écouter», en particulier les cris de ceux qui souffrent des conflits, principalement les enfants. «Leurs yeux pleins de larmes nous jugent ; l’avenir que nous leur préparons sera le tribunal de nos choix actuels», avertit François.     

Le Saint-Père conclut en assurant que rien n’est perdu. «Nous avons encore le temps d’écrire un nouveau chapitre de paix dans l’histoire, nous pouvons faire en sorte que la guerre appartienne au passé et non à l’avenir». Et le mot décisif est «fraternité», ce ne peut pas rester une idée abstraite. Ce doit devenir «un point de départ concret».

Source : VATICANNEWS, le 14 juin 2023

Le cardinal Matteo Zuppi de retour de sa mission à Kiev

Le cardinal Matteo Zuppi de retour de sa mission à Kiev

L’archevêque de Bologne et président de la conférence des évêques italiens s’est rendu durant deux jours en Ukraine où il a rencontré notamment le président Zelensky. Une mission au nom du Pape François «pour évaluer les étapes à poursuivre tant sur le plan humanitaire que dans la recherche des voies d’une paix juste et durable» précise le Vatican. 

Vatican News

Le cardinal Matteo Zuppi a achevé ce mardi 6 juin une mission de deux jours en Ukraine à la rencontre de plus hautes autorités du pays. Envoyé à l’initiative du Pape François, l’archevêque de Bologne a été reçu mardi par le président ukrainien Volodymyr Zelensky que le Pape François avait accueilli au Vatican le 13 mai dernier. Le prélat italien était accompagné du nonce apostolique en Ukraine Mgr Visvaldas Kulbokas. Dans un communiqué, la salle de presse du Saint-Siège a évoqué une visite «brève mais intense» du cardinal, au cours de laquelle il a également eu l’occasion de se recueillir dans l’ancienne église Sainte-Sophie de Kiev. 

«Les résultats de ces entretiens, comme ceux avec les représentants religieux, ainsi que l’expérience directe des souffrances atroces du peuple ukrainien dues à la guerre en cours, seront portés à l’attention du Saint-Père et seront sans aucun doute utiles pour évaluer les étapes à poursuivre tant sur le plan humanitaire que dans la recherche des voies d’une paix juste et durable» précise encore le communiqué du Vatican. 

Avant de rejoindre la capitale, le cardinal italien avait effectué lundi une visite dans la ville martyre de Butcha, située au nord-ouest de Kiev, symbole des massacres de civils par l’armée russe, et où s’était déjà rendu l’an dernier le cardinal Krajewski, envoyé spécial du Pape François. Le cardinal Zuppi s’est recueilli sur les lieux du drame et a notamment visite l’église Saint André où reposent les dépouilles de 119 civils tués durant l’occupation russe.

Parmi ses rencontres, l’archevêque de Bologne s’est notamment entretenu avec Dmytro Lubinets, commissaire parlementaire ukrainien pour les droits de l’homme, afin de discuter de la question des enfants ukrainiens enlevés et déportés dans les territoires occupés par la Russie, ainsi que de la situation des prisonniers, y compris des civils.

Rencontre aussi avec des responsables religieux

Au cours de sa visite en Ukraine, le cardinal Zuppi a pu également s’entretenir avec des responsables du Conseil des Églises et des organisations religieuses du pays. 

«L’Ukraine se félicite de l’intérêt du Saint-Siège pour cette guerre sanglante, initiée par la Russie, et de son intention de comprendre en profondeur les réalités» a tweeté l’ambassadeur ukrainien près le Saint-Siège Andriy Yurash, au premier jour de cette mission. «Une connaissance approfondie des conséquences de la guerre aidera certainement à trouver des réponses appropriées au nom de la justice et de la paix» a t-il précisé. 

Cette rencontre entre le président ukrainien et l’archevêque de Bologne intervient le jour où le barrage électrique de Kakhovka a été partiellement détruit dans le sud de l’Ukraine. Cette grande retenue d’eau sur le fleuve Dniepr, l’une des lignes de front de la guerre a cédé, inondant les environs, et forçant des milliers ukrainiens de civils à évacuer. La destruction du barrage «aura des conséquences terribles sur la vie des gens et sur l’environnement», a déploré le président Volodymyr Zelensky auprès du cardinal Zuppi dans des propos rapportés par l’AFP. 

Mgr Shevchuk, archevêque majeur gréco-catholique de Kiev a également sévèrement dénoncé la destruction du barrage, y voyant «un crime de guerre, une catastrophe écologique et un péché contre Dieu créateur». Le chef de l’Église greco-catholique a fait part de sa prière pour les civils touchés.

Source : VATICANNEWS, le 4 juin 2023

Le Pape: la paix sera possible lorsque la Russie et l’Ukraine se parleront

Interview du Pape François à Telemundo

Interview du Pape François à Telemundo (Vatican Media)

Le Pape: la paix sera possible lorsque la Russie et l’Ukraine se parleront

Dans un entretien à Telemundo, jeudi 25 mai, François aborde la question des migrants qui partent «par nécessité», puis l’avortement et le célibat qui, selon lui, n’a aucun lien avec les abus. Il explique qu’il demande toujours des prières pour lui-même, car lorsque les fidèles prient pour un pasteur, «c’est comme s’il portait une armure».

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

«La paix sera possible le jour où ils pourront se parler, tous les deux ou par l’intermédiaire d’autres personnes». François se penche sur le drame qui se déroule en Ukraine depuis plus d’un an et, dans un entretien accordé à Telemundo, une chaîne de télévision américaine hispanophone, jeudi 25 mai, il indique ce qui pourrait être une solution au conflit ukrainien: le dialogue. La conversation avec le journaliste Julio Vaqueiro s’est déroulée dans une salle de l’Institut Augustinianum de Rome, à quelques mètres du Vatican, où François a rencontré des maires latino-américains et européens participant à la conférence Scholas Occurrentes « Villes éco-éducatives ». Avant d’animer cette rencontre, Julio Vaqueiro a réalisé une interview avec le Souverain pontife sur les questions liées à la guerre, à l’avortement, au célibat, à sa santé, aux migrants qui quittent leur pays «par nécessité», et à la prière des fidèles qui est pour le Pape comme «une armure».

La rencontre avec Zelensky

Une question a concerné la récente rencontre du Pape avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et les propos de ce dernier adressés aux médias sur le fait qu’il n’avait pas besoin d’intermédiaires. «Ce n’était pas le ton de la conversation», a précisé François, soulignant que le président Zelensky lui avait «demandé une très grande faveur»,à savoir de «s’occuper des enfants qui avaient été emmenés en Russie».«Ils ne rêvent pas tellement de médiations, parce qu’en réalité le bloc de l’Ukraine est très fort avec toute l’Europe et les États-Unis. Ils disposent donc d’une force très importante. Ce qui leur cause beaucoup de peine – et là il demande de l’aide – c’est d’essayer de ramener les enfants en Ukraine», explique le Pape. «Pour parvenir à la paix, pensez-vous que la Russie doit restituer ces territoires? C’est un problème politique», répond Jorge Mario Bergoglio.

Les migrants fuient «par nécessité»

La question des migrations constitue un autre sérieux problème pour François, qui réaffirme la nécessité d’une stratégie qui puisse favoriser le développement durable des pays d’origine des migrants. L’Afrique, tout d’abord: «Une femme, une grande femme d’État, a dit un jour que le problème des migrations africaines devait être résolu en Afrique, en aidant l’Afrique. Mais malheureusement, l’Afrique est esclave d’un inconscient collectif, selon lequel l’Afrique doit être exploitée», rétorque le Pape. «L’aide devrait plutôt servir à l’élever et à la rendre indépendante». Les pensées s’orientent vers le Sud-Soudan, qu’il a visité en février dernier, et à son «peuple merveilleux qui se réarme depuis peu»«Les puissances étrangères y ont immédiatement installé leurs industries, non pas pour faire grandir le pays, mais pour prendre» ses ressources, dénonce le Pape. «Je ne dis pas tout, je ne veux pas nommer de pays, mais le problème de l’Afrique est la malhonnêteté de l’inconscient politique qui pense que l’Afrique doit être exploitée et cela n’a pas changé. D’où toutes les migrations».

Le Pape François cite le livre « Petit frère », qu’il a remis aux évêques de la Conférence épiscopale italienne au Vatican lundi 22 mai. Le livre raconte la vie d’un garçon qui a quitté la Guinée à la recherche de son frère et qui a mis trois ans à atteindre l’Espagne, subissant l’esclavage, l’emprisonnement et la torture. «Lisez-le, vous verrez le drame, le drame d’un migrant sur les rives de Libye».

L’expérience des migrants

«Migrer, c’est mourir un peu», observe le journaliste, citant le réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu. François confirme: «Toujours, parce qu’on quitte sa propre terre». Il en a fait l’expérience avec sa famille: «Je suis né à Buenos Aires mais mon père était un migrant, il était comptable à la Banque d’Italie quand il est parti». Aujourd’hui encore, en tant que Pape originaire d’Argentine (une terre «cocktail» d’immigration) et vivant à Rome depuis dix ans, il continue de se sentir un peu «migrant»«On laisse toujours quelque chose derrière soi. Le maté que vous faites vous-même avec un thermos comme celui-ci, n’est pas le même que le maté que votre mère vous donne, ou votre tante ou votre grand-mère, fraîchement préparé. Ce n’est pas la même chose. Il manque l’air du lieu où tu es né», a déclaré le Pape, avant de citer un «très beau» poème de Nino Costa, en piémontais, Rassa nostrana (Notre race), qui raconte le destin d’un migrant qui part en Amérique, où il gagne beaucoup d’argent mais finit par mourir dans un lieu inconnu: «Le migrant peut devenir riche et bien faire. Mais il peut aussi finir par souffrir gravement s’il n’est pas accueilli».

Avortement et célibat

L’entretien se poursuit sur les questions de l’avortement et du célibat. Sur le premier point, le Pape cite des études en embryologie, selon lesquelles «un mois après la conception», celui qui est dans le ventre de sa mère «est déjà un être vivant», pour enchainer sur une question: «Est-il licite d’éliminer un être vivant pour résoudre un problème? Est-il licite d’engager un tueur à gages pour résoudre un problème?»

Concernant le célibat des prêtres et le lien supposé avec les abus sur les mineurs dans l’Église, le Pape François répond par des statistiques: «32%, ou 36% dans d’autres pays, des abus ont lieu au sein de la famille, l’oncle, le grand-père, et tous sont mariés; ou avec des voisins. Ensuite, dans les clubs sportifs, puis dans les écoles…». Pour le Souverain pontife, les abus dans l’Église n’ont «rien à voir» avec la question du célibat.

La santé du Pape

L’interview ne manque pas d’évoquer la santé de François et ses problèmes de genoux: «Avant, je ne pouvais pas marcher. Maintenant, je peux à nouveau marcher», dit le Pape en souriant. Avec sérénité, il évoque également son admission à l’hôpital, fin mars, pour une bronchite infectieuse: «C’était vraiment inattendu. Mais nous l’avons prise à temps, m’ont-ils dit, si nous avions attendu quelques heures de plus, cela aurait été plus grave. Et quatre jours après, je suis sorti» de la polyclinique.

Les prières comme armure

L’évêque de Rome explique pourquoi il termine chacune de ses interventions publiques en demandant de prier pour lui: «Parfois, dit-il, les gens ne se rendent pas compte du pouvoir qu’ils ont en priant pour leurs pasteurs. Et la prière des fidèles fait des miracles, vraiment, elle fait des miracles. Prenez soin du pasteur. Un pasteur, n’importe quel pasteur, qu’il soit curé, évêque ou n’importe quel pasteur, c’est comme s’il était défendu, blindé, avec une armure, grâce à la prière des fidèles».

Les réformes

Enfin, l’entretien s’achève par un rapide tour d’horizon des réformes réalisées au cours de ces dix années de pontificat. En réalité, explique François, rien de plus que ce que les cardinaux ont demandé lors des réunions pré-conclaves: «le système économique, les nouvelles lois de l’État du Vatican, la pastorale du service au Vatican», et le rôle des femmes. Pour l’avenir, cependant, il dit avoir le sentiment de devoir encore «tout faire»: «C’est amusant, au fur et à mesure que vous avancez, vous vous rendez compte que vous manquez de tout». L’un de ses objectifs est certainement la «dé-cléricalisation»: «Le cléricalisme est une perversion… Si vous êtes clérical, vous n’êtes pas pasteur. Je dis toujours aux évêques, aux prêtres, et à moi-même, d’être pasteurs».

Source : VATICANNEWS, le 26 mai 2023

Les pensées du Pape pour le Soudan et l’Ukraine

De la fumée s'élève au-dessus des bâtiments dans le sud de Khartoum, le 19 mai 2023. De la fumée s’élève au-dessus des bâtiments dans le sud de Khartoum, le 19 mai 2023. (AFP or licensors)

Les pensées du Pape pour le Soudan et l’Ukraine

Après la prière du Regina cæli en ce dimanche 21 mai, solennité de l’Ascension du Seigneur, le Pape François a tourné ses pensées vers le Soudan qui vit une situation grave de crise. François qui ne cesse de réitérer son appel pour la paix en Ukraine, a également invité à ne «pas s’habituer à la guerre et aux conflits».

Depuis la fenêtre du Palais apostolique, le Pape François a eu une pensée particulière pour le Soudan qui fait face à une grave crise liée à de violents affrontements entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) qui ont fait plus d’un millier de morts et plus d’un million de déplacés et de réfugiés.

Une situation «triste»

«C’est triste, un mois après le début de la violence, la situation continue d’être grave», a déploré l’évêque de Rome encourageant «les accords partiels». François a aussi appelé à faire taire les armes qui tuent de nombreux innocents.

Un cessez-le-feu d’une semaine a été conclu entre les belligérants au Soudan, où des frappes aériennes ont secoué plus tôt la capitale soudanaise.

La nouvelle, anticipée hier soir, a été confirmée par les États-Unis et l’Arabie saoudite dans une déclaration commune à l’issue de pourparlers à Djeddah. L’accord entrera en vigueur 48 heures après l’entente, soit le lundi 22 mai à 21h45, heure locale. Cependant, depuis le début des affrontements en avril dernier, les deux parties s’étaient déjà entendues sur la protection des civils et l’aide humanitaire aux personnes touchées par le conflit, mais des cessez-le-feu similaires ont été rompus. Selon le département d’État américain, l’arrêt des armes «pourrait être prolongé avec l’accord des parties».

Favoriser le dialogue

À l’issue de cette prière du Regina Cæli, le Pape est également revenu sur la situation de guerre en Ukraine, invitant la communauté internationale à ne ménager aucun effort «pour faire prévaloir le dialogue et alléger les souffrances de la population». «Ne nous habituons pas aux conflits et à la violence! Ne nous habituons pas à la guerre! Et continuons à soutenir le peuple ukrainien martyr», a-t-il déclaré. Le 13 mai dernier, François a reçu en audience au Vatican, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Lors de cette rencontre, il a été évoqué la nécessité de poursuivre les efforts pour parvenir à la paix et mettre fin au conflit.

Source : VATICANNEWS, le 21 mai 2023

Le Pape François a reçu le président ukrainien Volodymyr Zelensky

Le Pape François recevant le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le samedi 13 mai 2023. Le Pape François recevant le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le samedi 13 mai 2023. (Vatican Media)

Le Pape François a reçu le président ukrainien Volodymyr Zelensky

Le Souverain pontife a reçu en audience au Vatican dans l’après-midi du samedi 13 mai, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. C’est la seconde fois que le Saint-Père rencontre le président ukrainien, la première remonte au 8 février 2020. 

Si Volodymyr Zelenski est venu à Rome en Italie chercher un soutien militaire pour combattre la Russie, il a rencontré dans la journée le président italien, Sergio Mattarella, et la présidente du Conseil, Giorgia Meloni, c’est de paix dont il a été question au Vatican.

Le président ukrainien est arrivé vers 16h10 au Vatican, habillé en civil, d’un simple pantalon gris et d’un pull noir militaire. Les deux hommes se sont parlés pendant 45 minutes. «C’est un grand honneur pour moi», a d’emblée dit le chef de l’État ukrainien, ajoutant: «Je vous remercie pour cette visite». Volodymyr Zelensky a dans la foulée été reçu par Mgr Gallagher, le secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les États.

Selon un communiqué de presse partagé par la salle de presse du Saint-Siège après l’audience, «l’accent a tout d’abord été mis sur la guerre actuelle en Ukraine et les urgences qui y sont liées, en particulier celles de nature humanitaire, ainsi que sur la nécessité de poursuivre les efforts pour parvenir à la paix.» 

«L’occasion était également propice pour discuter d’un certain nombre de questions bilatérales, notamment en ce qui concerne la vie de l’Église catholique dans le pays.», ajoute le communiqué.

Lors de l’échange des présents, François a offert notamment une petite sculpture en bronze, représentant un rameau d’olivier symbole de paix. Son hôte a lui apporté une icône de la Vierge peinte sur les restes d’un gilet pare-balle.

Le Pape François le président ukrainien, au Vatican, le samedi 13 mai 2023.

Le Pape François le président ukrainien, au Vatican, le samedi 13 mai 2023. 

Premier appel en février 2022

Les deux hommes se sont déjà entretenus au téléphone plusieurs fois. Le premier appel remonte au 26 février 2022, deux jours après l’entrée des troupes russes sur le territoire de l’Ukraine, François exprimait alors sa profonde douleur pour les tragiques événements qui se déroulaient dans le pays. Le président Zelensky, sur Twitter, écrivait alors remercier le Pape pour avoir prié pour la paix en Ukraine et pour une trêve. «Le peuple ukrainien sent le soutient spirituel de Sa Sainteté», soulignait Volodymyr Zelenksy.

La rencontre entre le Pape François et le chef de l’Etat ukrainien.

Un mois plus tard, le 22 mars, nouveau coup de fil avant un autre le 12 août dernier. Volodymyr Zelenksy, à chaque fois, l’a signalé sur Twitter, précisant qu’il accueillerait favorablement le rôle de médiation du Saint-Siège pour mettre fin à la souffrance des Ukrainiens.

Venue du Premier ministre ukrainien

Cette visite de Volodymyr Zelensky a été précédée il y a peu de celle du Premier ministre ukrainien au Vatican, Denys Shmyhal, reçu en audience par François le 27 avril. Durant la demi-heure d’entretien, le chef du gouvernement a demandé l’aide du Pape pour le retour des enfants ukrainiens qui se trouvent de force en Russie et son soutien pour la poursuite des couloirs d’exportations des céréales.

Le Pape a donné sa réponse lors de la conférence de presse de retour de son voyage en Hongrie, affirmant que le Saint-Siège avait déjà servi d’intermédiaire dans certaines situations d’échange de prisonniers, et qu’il était «prêt à faire plus car c’est une chose juste», «il s’agit d’une question d’humanité», avait dit François.

Source : VATICANNEWS, le 13 mai 2023

François a-t-il un plan secret pour la paix en Ukraine ?

« Le pape François a déclaré dimanche qu’il avait travaillé sur un plan secret de paix entre l’Ukraine et la Russie, plus de 14 mois après la nouvelle invasion à grande échelle de la Russie. 

Mais alors que la perspective d’un accord de paix papal a retenu l’attention ces derniers jours, les responsables des gouvernements et de l’Église ukrainiens et russes disent qu’ils ne sont pas au courant d’un plan pontifical. 

Le Vatican et le pape ont toujours soutenu que François pousse fort pour la paix en Ukraine. Mais après les commentaires du pape dimanche, il n’est pas clair si un plan papal est encore plutôt germinal, ou si des joueurs de haut niveau n’ont pas eux-mêmes été mis au courant. 

Et quelques jours après les commentaires du pape selon lesquels une « mission » secrète de paix était en cours, il a rencontré un haut responsable orthodoxe russe au Vatican, et un proche conseiller papal a suggéré qu’une percée pourrait se produire.

De retour dimanche de son voyage apostolique de trois jours en Hongrie, le pape François a donné l’une de ses désormais coutumières conférences de presse en vol, au cours de laquelle il a été interrogé sur sa volonté de travailler pour le retour des milliers d’enfants ukrainiens qui ont été déportés vers Russie par les forces d’occupation.

« Je suis disponible pour faire n’importe quoi« , a répondu François. « Il y a une mission qui n’est pas publique qui est en cours ; quand ce sera public, j’en parlerai. »

Ces commentaires ont suscité une vague d’intérêt médiatique et de spéculations sur la manière exacte dont le pape pourrait travailler pour le rapatriement des enfants ukrainiens kidnappés, et si ses commentaires signalaient une percée prochaine dans les négociations de paix.

Mais dans les 48 heures qui ont suivi les remarques, les responsables gouvernementaux ukrainiens et russes ont semblé verser de l’eau froide sur l’idée. 

Les médias d’État russes ont rapporté mardi qu’un porte-parole du Kremlin avait nié avoir eu connaissance d’une mission dirigée par François, déclarant aux journalistes que « rien n’est connu » de Moscou au sujet d’une initiative de paix papale. 

CNN a ensuite rapporté un démenti similaire depuis Kiev, citant une source proche du président ukrainien qui a déclaré : « Si des pourparlers ont lieu, ils se déroulent à notre insu ou sans notre bénédiction ».

« Le président Zelenskyy n’a pas consenti à de telles discussions au nom de l’Ukraine« , a déclaré la source à CNN.

Mais le 3 mai, François a reçu publiquement l’envoyé étranger de l’Église orthodoxe russe à Rome, suscitant à nouveau des questions sur l’éventuel plan de paix de François. Le métropolite Anthony a assisté à l’audience générale du mercredi sur la place Saint-Pierre. 

La semaine dernière, François avait rencontré le prédécesseur d’Anthony, le métropolite Hilarion, lors de son voyage en Hongrie.

Alors que Hilarion a depuis déclaré que « rien concernant les relations bilatérales entre l’Église catholique romaine et l’Église orthodoxe russe » n’avait été discuté lors de la réunion et « aucune question politique » n’était sur la table, François a déclaré dimanche aux journalistes dans l’avion papal que « Vous pouvez-vous imaginer […] que nous n’avons pas seulement parlé du Petit Chaperon Rouge, n’est-ce pas ? »

Et, malgré les dénégations ukrainiennes et russes de tout pourparler de paix naissant, un proche conseiller papal a déclaré mercredi à un journal italien que François « travaillait continuellement pour la paix depuis plus de huit mois« . Le conseiller a prédit qu’une initiative papale privée pourrait bientôt porter ses fruits.

Stefano Zamagni, ancien président de l’académie pontificale des sciences sociales et l’un des principaux contributeurs à l’encyclique du pape Laudato Si de 2015, a déclaré à Il Fatto Quotidiano qu’il avait aidé à rédiger un plan de paix en sept points l’année dernière, qui verrait le Saint-Siège convoquer des réunions privées , non officielles, négociations de paix.

Zamagni a rejeté les récents démentis officiels de Kiev et de Moscou, déclarant mercredi au journal qu’il n’était « pas surprenant » que les gouvernements aient nié toute implication dans des pourparlers de paix qui se voulaient informels et non officiels.

L’économiste a affirmé que l’effort de paix du Vatican est maintenant dans la « dernière ligne droite » et pourrait se concrétiser publiquement « si ce n’est dans les prochaines semaines, du moins dans les trois prochains mois », dans le cadre d’une série de négociations parallèles à celles qui sont poursuivies. par les gouvernements américain et chinois avec les présidents Zalinsky et Poutine. 

Mais, a concédé Zamagni, toute conclusion à l’effort ne serait pas «parfaite» et a insisté sur le fait qu’une «paix injuste» était préférable à une «guerre juste».

Tout au long du conflit actuel, François a suscité des critiques de la part des représentants ukrainiens et russes pour ses commentaires sur le conflit et les tentatives du Vatican d’éviter de se ranger ouvertement du côté de l’un ou l’autre pays après l’invasion. 

Au cours de la semaine sainte de l’année dernière, le Vatican a invité des femmes russes et ukrainiennes vivant en Italie à participer au chemin de croix du Vendredi saint célébré par le pape François – les deux femmes tenant la croix en l’air au 13e chemin de croix . 

Cette invitation a suscité de nombreuses critiques parmi les Ukrainiens et les catholiques ukrainiens, qui l’ont qualifiée d' »étrange sorte d’œcumanisme » et ont déclaré qu’elle semblait donner une équivalence morale aux envahisseurs et aux envahis dans le conflit actuel.

Dans le même temps, il a également suscité la colère de Moscou, après avoir révélé publiquement qu’il avait critiqué le patriarche orthodoxe russe Kirill lors d’une vidéoconférence privée, lui disant de ne pas être « l’enfant de chœur de Poutine ».

Alors que François a été invité à plusieurs reprises à se rendre en Ukraine, à la fois juste avant le début de l’invasion russe et dans l’année qui a suivi, le pape a clairement indiqué qu’il n’entreprendrait un tel voyage que s’il pouvait visiter à la fois Kiev et Moscou en tant qu’émissaire de la paix.

En octobre de l’année dernière, François a réitéré sa volonté d’être un intermédiaire pour un cessez-le-feu, utilisant son discours hebdomadaire de l’Angélus pour lancer un « appel confiant au président ukrainien pour qu’il soit ouvert à des propositions sérieuses de paix », tout en déclarant que son « appel s’adresse en premier lieu au président de la Fédération de Russie, l’implorant d’arrêter cette spirale de violence et de mort, également pour le bien de son propre peuple.

Tout en adoptant un ton de plus en plus haussier sur le bien et le mal du conflit, qualifiant l’invasion russe de « insensée, répugnante et sacrilège » et parlant des « actions sauvages, des monstruosités » commises par les troupes russes, François a également déclaré que c’est une erreur de penser qu’il s’agit d’un film de cow-boy où il y a des gentils et des méchants. »

Ref. François a-t-il un plan secret pour la paix en Ukraine ?

Peut-être pas un western mais sûrement encore un nouvel imbroglio à la Bergoglio…

Source: Pillar, le 3 mai 2023

La Russie et l’Ukraine démentent les propos du pape François : elles ne sont pas au courant d’une mission de paix du Vatican

Drapeaux de la Russie et de l’Ukraine © Organisation mondiale pour la Paix
Drapeaux De La Russie Et De L’Ukraine © Organisation Mondiale Pour La Paix

La Russie et l’Ukraine démentent les propos du pape François : elles ne sont pas au courant d’une mission de paix du Vatican

Pas de déclaration de la salle de presse du Saint-Siège pour l’instant

Lors du vol de retour de Budapest à Rome, le pape a répondu à une question sur un processus de paix entre l’Ukraine et la Russie et une éventuelle rencontre entre François lui-même et Poutine. C’est dans ce contexte qu’il a déclaré : « Je suis prêt à faire tout ce qui doit être fait. De plus, il y a maintenant une quête en cours, mais elle n’est pas encore publique. Voyons comment… Quand ce sera public je le dirai. »

Cette simple déclaration a fait la une des journaux. Ces gros titres ont interprété la mission comme une mission de paix du Vatican pour servir de médiateur entre la Russie et l’Ukraine. Cependant, un jour après cette déclaration du pape François, la Russie et l’Ukraine ont nié avoir eu connaissance de cette mission qui devrait les impliquer.

Interrogé par la presse, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov dit à l’agence TASS  qu’ils ne connaissent aucune mission de paix de la part du Vatican : « Nous ne savons rien. »

Mais ce n’était pas seulement la Russie qui contredisait le pape. L’Ukraine a également affirmé ne pas avoir connaissance d’une mission de paix du Vatican. Le ton était d’autant plus vif que, depuis Kiev, ils ont assuré que si cela a lieu, c’est sans l’accord du président Zelenski, selon une source gouvernementale – déclaration à CNN .

Les deux pays n’ont pas été les seuls à faire des déclarations. Depuis que le pape a rencontré à Budapest, hors programme officiel, l’ancien numéro deux de l’Église orthodoxe russe, l’archevêque Hilarion, il a publié une vidéo pour démentir certaines rumeurs selon lesquelles il aurait traité avec le pape d’un plan secret.

L’archevêque Hilarion a déclaré : « Des insinuations sont apparues dans la presse selon lesquelles j’ai rencontré le pape François pour lui donner des informations afin de parvenir à des accords secrets ou à d’autres fins politiques. Je réponds à ceux que cela intéresse : il n’y avait rien concernant les relations bilatérales entre l’Église catholique romaine et l’Église orthodoxe russe. Les questions politiques n’ont pas été abordées. La rencontre était de nature personnelle entre deux vieux amis. »

Le Métropolite Hilarion a également expliqué la raison de cette rencontre : « De nombreuses personnes m’ont demandé ces dernières heures pourquoi j’avais rencontré le pape François, alors qu’il n’y avait pas de rencontres séparées avec le représentant de Constantinople, ni avec d’autres évêques orthodoxes. La rencontre s’explique en raison de notre amitié personnelle de plus de dix ans, lorsqu’il a été élu pape en mars 2013. J’étais l’envoyé de l’Église russe pour sa cérémonie d’investiture. Le lendemain, je lui ai parlé en privé pendant une heure. C’était le troisième pape que je rencontrais dans ma vie : Jean-Paul II, rencontré une fois et Benoît XVI, quatre fois. Dans le cas du pape François, j’ai découvert qu’il avait une bonne expérience des relations bilatérales. »

Enfin l’archevêque Hilarion commente : « La Hongrie est un pays à population majoritairement catholique et le pape a été chaleureusement accueilli par des dizaines de milliers de personnes. La Hongrie est le seul pays de l’Union européenne ouvert malgré les pressions de Washington et de Bruxelles. C’est un pays qui protège les valeurs chrétiennes et s’oppose systématiquement à la propagande du libéralisme, de la permissivité morale et de la débauche. La Constitution hongroise commence par ces mots : « Que Dieu bénisse les Hongrois » et est une citation de l’hymne national hongrois, qui n’est rien de plus qu’une prière. La Constitution dit que nous sommes fiers que notre roi saint Étienne, il y a mille ans, ait fait de notre pays une partie de l’Europe chrétienne. Les valeurs chrétiennes sont protégées dans la Constitution hongroise, notamment : le mariage, défini comme l’union entre un homme et une femme ; toute personne a droit à la vie et à la dignité ; le fœtus a le droit d’être protégé dès la conception… »

Du côté du bureau de presse du Saint-Siège, aucune déclaration n’a été publiée pour préciser à quoi le pape fait référence avec « une mission » qui n’est pas encore publique. Les parties, pour l’instant, affirment ne pas être au courant.

Traduit de l’anglais par ZENIT

Source : ZENIT.ORG, le 3 mai 2023

Le Premier ministre ukrainien reçu par le Pape

Denys Shmyhal reçu par le Pape François au VaticanDenys Shmyhal reçu par le Pape François au Vatican (Vatican Media)

Le Premier ministre ukrainien reçu par le Pape

Denys Shmyhal a eu un entretien d’une demi-heure avec François jeudi 27 avril. Le Premier ministre ukrainien a également rencontré le cardinal Pietro Parolin et Mgr Paul Richard Gallagher avec lesquels différentes questions liées à la guerre en Ukraine et aux efforts de rétablissement de la paix ont été abordées. Le chef du gouvernement ukrainien, qui a offert au Pape une reproduction en céramique d’un coq, symbole de la résistance de la population, a dévoilé avoir invité François à Kiev.

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

Lorsque les missiles russes ont frappé Borodjanka, dans le nord de l’Ukraine, fin février et début mars 2022, au milieu des décombres d’un immeuble résidentiel dévasté, seule une armoire est restée debout, intacte, avec un coq en céramique sur le dessus. La statuette est immédiatement devenue un symbole pour l’Ukraine: un symbole de résistance, le symbole d’un peuple resté debout malgré la tragédie de la guerre. Une reproduction de ce «coq» en forme de cruche a été remise aujourd’hui au Pape François par le Premier ministre ukrainien, Denys Shmyhal, reçu en audience au palais apostolique jeudi 27 avril. L’entretien privé avec le Souverain pontife dans la bibliothèque apostolique a duré environ une demi-heure, et Denys Shmyhal, comme il l’a lui-même révélé lors d’une conférence de presse un peu plus tard devant les correspondants de la presse étrangère à Rome, a réitéré au Pape son invitation à visiter la capitale Kiev. Le chef du gouvernement ukrainien a affirmé avoir sollicité un soutien pour favoriser le retour des enfants déportés de force vers la Russie. «Concernant ma rencontre avec le Pape aujourd’hui au Vatican, nous avons parlé de paix et de l’aide possible de Sa Sainteté et du Vatican pour la mise en place toutes les étapes du plan de paix du président Zelensky. J’ai également demandé à Sa Sainteté de nous aider à ramener chez eux les Ukrainiens et les enfants ukrainiens qui sont détenus, arrêtés et déportés de force en Russie. J’ai également invité le Saint-Père à venir visiter personnellement notre pays»

Les entretiens à la Secrétairerie d’État

Après son entretien avec François, Shmyhal a rencontré au Vatican le cardinal secrétaire d’État, Pietro Parolin, et le secrétaire pour les relations avec les États et les organisations internationales, Mgr Paul Richard Gallagher. Au cours des «entretiens cordiaux» à la Secrétairerie d’État, rapporte un communiqué de la salle de la presse du Saint-Siège, «différents sujets concernant la vie et l’activité des Églises dans le pays» ont été abordés, et «les diverses questions liées à la guerre en Ukraine ont été mises en évidence, en accordant une attention particulière à l’aspect humanitaire et aux efforts pour rétablir la paix».

L’échange de dons

C’est cette même paix que symbolise le cadeau que le Pape a offert au Premier ministre ukrainien: un bronze représentant une fleur naissante avec l’inscription «la paix est une fleur fragile». François a aussi remis à son hôte le message pour la Journée mondiale de la paix 2023, le document d’Abou Dhabi sur la Fraternité humaine, le livre sur la Statio Orbis du 27 mars 2020, et le livre «Une encyclique sur la paix en Ukraine». Denys Shmyhal a pour sa part remis au Saint-Père une représentation du fameux coq en céramique, mentionné plus haut, et un album-photos sur la guerre et la résistance du peuple ukrainien. Le premier ministre a également offert des épis de blé provenant des plaines agricoles ukrainiennes, symbole de l’accord international, signé en juillet 2022, qui permet aux navires transportant des céréales ukrainiennes de traverser la mer Noire malgré le conflit, et auquel le Saint-Siège a apporté son soutien, a déclaré Denys Shmyhal à la presse, en exprimant sa gratitude.

Source : VATICANNEWS, le 27 avril 2023

En Ukraine, une église qui sauve de la faim

En Ukraine, une église qui sauve de la faim

À Beryslav, occupée pendant neuf mois par l’armée russe et aujourd’hui dépeuplée, plus de 100 personnes reçoivent chaque jour un repas chaud sur des tables installées devant l’autel. Le père Oleksandr, curé de la paroisse, explique que la situation est terrible, mais que la communauté essaie de vivre comme une famille.

Svitlana Dukhovych – Cité du Vatican

Lorsqu’en 2011, le père Oleksandr Bilskyi a commencé à servir les gréco-catholiques dans la petite ville de Beryslav, dans la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, il n’y avait que deux familles gréco-catholiques, mais cela n’a pas troublé le jeune prêtre, il l’a accepté avec confiance en Dieu, en disant: «Si le Seigneur le veut, c’est qu’il a ses propres plans». Aujourd’hui, après plus d’un an de guerre à grande échelle, le père Oleksandr comprend qu’«en effet, le Seigneur avait un plan».

Beryslav, située sur la rive droite du Dniepr, a été occupée par les troupes russes au début de l’invasion de l’Ukraine et a été libérée par l’armée ukrainienne au mois de novembre suivant, lors de la contre-offensive qui a conduit à la libération de Kherson. Avant la guerre, Beryslav comptait douze mille habitants, mais beaucoup ont quitté la ville mais quatre mille ont fait le choix de rester. Pendant les neuf mois de l’occupation russe, la petite communauté gréco-catholique locale offrait chaque jour des repas chauds aux nécessiteux dans son église nouvellement construite. Le nombre de nécessiteux avait considérablement augmenté car l’occupation avait interrompu l’approvisionnement en nourriture des grandes villes voisines.

Église de Beryslav

Église de Beryslav

Cinq pains et trois poissons

Le père Oleksandr nous raconte que la soupe populaire a été relancée en octobre 2021 pour venir en aide aux pauvres qui ont le plus souffert de la pandémie. La cantine a été baptisée «Cinq pains et trois poissons». «Lorsque nous avons lancé ce projet, nous avions plus ou moins les mêmes ressources», explique le pasteur en se référant au récit de l’Évangile, «car notre paroisse est petite: elle ne compte qu’une trentaine de personnes. Mais nous nous sommes simplement confiés aux mains de Dieu et, en effet, le Seigneur a béni nos « cinq pains et deux poissons » et, avec l’aide de bienfaiteurs, nous avons commencé à nourrir les gens».

Avant la guerre, la paroisse offrait chaque dimanche un déjeuner à une trentaine de personnes dans la cour de leur petite église dédiée aux sept frères maccabéens, dont la consécration était prévue pour le 14 août 2022. La guerre a annulé et changé tous les plans.

«Le 24 février 2022, lorsque j’ai appris le début de la guerre, se souvient le père Oleksandr Bilskyj, je n’étais pas à Beryslav: je me trouvais dans une ville de l’ouest de l’Ukraine, où j’organisais une collecte de fonds pour notre paroisse. Lorsque j’ai appris la nouvelle, je suis immédiatement parti pour Beryslav, mais je n’ai pas pu y arriver parce que les militaires ukrainiens ne m’ont pas laissé passer, disant que c’était très dangereux: les troupes russes étaient déjà entrées dans la ville. J’ai essayé de m’y rendre trois fois de plus, mais sans succès, et j’ai abandonné en pensant que le Seigneur me protégeait probablement de quelque chose, ou me préparait à quelque chose d’autre.»

Repas au sein de l'église

Repas au sein de l’église

Le prêtre avait décidé de s’installer temporairement dans la région de Mykolaiv pour être le plus proche possible de ses paroissiens restés sous l’occupation, prêt à les rejoindre dès que possible. «Le 27 février, nous avons eu une réunion téléphonique avec les bénévoles de notre soupe populaire et nous avons décidé d’offrir le déjeuner tous les jours directement à l’intérieur de l’église parce que le besoin était grand: après deux semaines depuis le début de l’occupation, les gens n’avaient plus de provisions alimentaires, ils n’avaient pas d’argent pour en acheter, mais en plus, il n’y avait rien à acheter parce que les magasins étaient fermés. Du 28 février à aujourd’hui, notre petite église a été ouverte tous les jours pour offrir un repas chaud à 120-130 personnes.»

Alors qu’à Beryslav, les bénévoles de la paroisse préparaient et servaient les repas dans l’église et que certains d’entre eux portaient le déjeuner au domicile de ceux qui ne pouvaient pas se déplacer, le père Oleksandr s’est occupé de l’approvisionnement en nourriture. Il a demandé de l’argent aux différentes organisations, a acheté les denrées alimentaires et, au cours des premiers mois, a réussi à les envoyer à Beryslav avec les minibus qui allaient et venaient pour évacuer les personnes de ces régions. Puis, lorsque le transit a été bloqué, il a trouvé un autre moyen: ses paroissiens ont demandé aux agriculteurs des villages voisins de leur vendre des légumes, de la viande, etc. et le père Oleksandr les a payés par une banque en ligne.

Bénévoles et bénéficiaires des repas

Bénévoles et bénéficiaires des repas

Chaîne de solidarité

Le jeune pasteur se souvient avec émotion du 11 novembre, lorsqu’il a appris la libération de Beryslav. «Le 13 novembre, je suis arrivé sur place, raconte-t-il. J’ai versé des larmes de joie parce qu’après tant de mois, j’ai revu mon peuple, mais aussi des larmes de tristesse parce que j’ai vu ce que l’armée russe avait laissé derrière elle. La situation de la population était dramatique et c’est pourquoi j’ai décidé de me rendre une fois par semaine dans l’ouest du pays pour continuer à apporter de l’aide», explique-t-il.

Ce prêtre gréco-catholique distribue de l’aide humanitaire non seulement à Beryslav, mais aussi dans les villages voisins. Pendant les mois froids de l’hiver, alors que les gens étaient privés d’électricité, de gaz et d’eau, il a réussi, grâce au soutien de bienfaiteurs venus également d’Italie, à acheter deux mille couvertures chaudes qu’il a distribuées principalement aux personnes âgées, aux malades et aux familles avec des enfants en bas âge.

En ces mois terribles de la guerre, qui poussent les Ukrainiens à repenser le sens de tant de choses dans la vie, le père Oleksandr comprend mieux sa vocation: «Pour ces gens – à la fois pour nos paroissiens, mais aussi pour tous les habitants de Beryslav – j’essaie d’être comme un père prêt à écouter, à consoler, à aider, parce que nous sommes une grande famille où chacun connaît les besoins de l’autre et où nous nous comprenons souvent sans mots».

Les bénéficiaires des repas attendent devant l'église

Les bénéficiaires des repas attendent devant l’église

«Les paroissiens, héros de notre temps»

Cette atmosphère bienveillante au sein de la population aide à supporter l’état de danger permanent et la douleur de la perte vécue par les habitants de la petite ville: depuis la libération de la région de Kherson (dont Beryslav) située sur la rive droite du Dniepr, l’armée russe s’est installée sur la rive gauche. À Beryslav, la paroisse gréco-catholique est située sur la rive du Dniepr. L’autre rive, occupée par les Russes, est visible d’ici: environ 5 km d’eau les séparent. «Nous encourageons les gens à partir, car Beryslav et d’autres villes de la rive droite subissent des tirs constants de la part des Russes, qui touchent à la fois les infrastructures et les maisons privées. Il y a une grande menace pour toute vie».

Malgré tout, la cantine paroissiale ne s’arrête pas et continue d’offrir un déjeuner chaud une fois par jour. «Les gens apprennent vraiment à se connaître dans les moments difficiles», dit le jeune pasteur en parlant de ses paroissiens. Je me suis rendu compte qu’ils sont très forts, ce sont les héros de notre époque. C’est incroyable de voir à quel point ils sont prêts à se sacrifier pour aider les autres, et c’est ce qu’ils m’apprennent tous les jours. Nous entendons souvent le bruit des bombardements, mais même s’ils ont peur, ils essaient de finir de cuisiner s’ils le peuvent, parce qu’ils savent que les gens ont faim et attendent cette nourriture. Ils se disent: « Faisons vite et partons. Si nous ne les nourrissons pas, qui le fera? Préparer chaque jour un déjeuner pour 110 à 120 personnes n’est pas facile, et il faut en plus le servir, nettoyer et tout arranger. En outre, chaque jour, une cinquantaine de déjeuners sont également apportés au domicile de personnes qui ne sont pas autonomes. L’un de nos bénévoles, un retraité, a installé une boîte sur son vélo et parvient à livrer jusqu’à trente repas par jour. Vingt autres sont pris en charge par des employés des services sociaux locaux et apportés aux nécessiteux. Honnêtement, il m’arrive d’être très fatigué après de longs voyages, après avoir cherché, chargé et déchargé de l’aide humanitaire, mais quand j’arrive à Beryslav, je regarde ces gens et le Seigneur me donne de la force. Je vois comment ils se sacrifient pour leur prochain et cela ne peut manquer de m’inspirer » je regarde ces gens et le Seigneur me donne de la force. Je vois comment ils se sacrifient pour leur prochain et cela ne peut manquer de m’inspirer.»

Source : VATICANNEWS, le 20 avril 2023

Mgr Chevtchouk: le Pape François offre une voix unique pour la paix

 Le Pape François et Sa Béatitude Sviatoslav Chevtchouk. Le Pape François et Sa Béatitude Sviatoslav Chevtchouk.

Mgr Chevtchouk: le Pape François offre une voix unique pour la paix

Dans une interview accordée à Vatican News, l’archevêque majeur Sviatoslav Chevtchouk, chef de l’Église gréco-catholique ukrainienne, déclare qu’en cette fête de Pâques, le Christ leur donne l’espoir et la certitude d’un avenir meilleur, exprimant sa gratitude au Pape François pour avoir été une voix singulière dans le travail en faveur de la paix.

Deborah Castellano Lubov – Cité du Vatican

Malgré la tragique guerre en cours en Ukraine, qui conduit à des pertes en vies humaines et des destructions, le chef de l’Église gréco-catholique ukrainienne déclare qu’en célébrant la Pâques, le Christ, source d’espérance et de résilience, lui permet de garder l’espoir d’une fin de la guerre. Pour lui, la paix, la vie et la résurrection auront le dernier mot.

L’archevêque majeur de Kyev-Halyc, Sviatoslav Chevtchouk, s’est exprimé en ce sens, soulignant sa gratitude envers le Pape François pour sa proximité et ses appels constants, et, en particulier, pour avoir offert une voix unique sur la façon de trouver des solutions pacifiques.

Sa Béatitude évoque dans cette interview: la Pâque gréco-catholique ukrainienne au milieu des décombres et de la guerre, l’opportunité des avertissements du Saint-Père tout au long de son pontificat sur les armes nucléaires, et la manière d’œuvrer pour la paix alors que leur pays est confronté à la guerre et à la souffrance depuis plus d’un an, et cela depuis l’invasion russe.

Votre Béatitude, en Ukraine, à Pâques, les croyants se saluent en disant: «Le Christ est ressuscité, vraiment ressuscité». Quelle est la signification de cette salutation dans le contexte de la guerre qui dure depuis plus d’un an?

Pour nous, cette salutation n’est pas une simple salutation, mais une proclamation de la foi chrétienne et une révélation de l’authenticité de notre existence en tant que chrétiens. Je me souviens qu’à l’époque soviétique, lorsque j’étais enfant, j’ai salué un représentant du parti communiste sans en être conscient. Je lui ai dit: «Le Christ est ressuscité». Il a répondu: «Oui, merci. J’étais déjà au courant». Mais être informé et avoir le droit de proclamer que «Le Christ est ressuscité», ce sont deux perspectives différentes. Aujourd’hui, nous pouvons partager notre expérience de la situation tragique, des moments tragiques du peuple ukrainien. Le Christ est bel et bien ressuscité. Il est avec nous, et il est la source de notre résilience et de notre espoir, l’espoir pour l’avenir, l’espoir qu’un jour cette guerre prendra fin, et alors, la paix, la vie et la résurrection auront le dernier mot dans notre histoire.

Le Saint-Père a lancé d’innombrables appels en faveur de l’Ukraine et pour aider ceux qui souffrent. Qu’est-ce que cela signifie pour vous et quelle est la valeur de ces appels?

Pour nous, il est très important de ne pas être abandonnés, de ne pas être seuls dans nos souffrances. Le Saint-Père s’adresse non seulement aux Ukrainiens, mais aussi au monde entier au nom des Ukrainiens. Et chaque fois qu’il tente d’annoncer au monde la tragédie qui se déroule en Ukraine, ses paroles sont pour nous une bouffée d’oxygène. Grâce à la solidarité mondiale, nous avons pu résister aux conséquences de cette guerre. Grâce à Dieu et au Saint-Père, cette crise humanitaire, provoquée par la guerre, cette tragédie humanitaire ne s’est pas aggravée. Personne en Ukraine n’est mort de faim, de soif ou de froid. Nous avons pu apporter notre aide à ceux qui sont victimes de l’invasion russe. Ainsi, chaque prière, chaque appel du Saint-Père au monde pour nous, est un message vivifiant.

Le Pape François a encouragé la recherche de solutions pacifiques à la guerre. Dans votre esprit, envisagez-vous une voie possible vers la paix en mettant l’accent sur la médiation et les efforts de construction de la paix plutôt que sur les armes et la violence? Et comment?

Nous prions pour la paix. Nous luttons pour la paix. Bien sûr, cette paix immédiate ressemble à un miracle, à quelque chose qui devrait se produire, mais nous ne savons pas quand. Il n’existe aucune perspective humaine pour un cessez-le-feu immédiat dans cette guerre. Mais nous croyons que les miracles se produisent. Peut-être qu’un jour, nous connaîtrons la paix sur notre terre ukrainienne.

Tout au long de son pontificat, le Pape François n’a cessé de mettre en garde contre les dangers des armes nucléaires. Pourquoi son message est-il particulièrement important en ce moment?

Parce qu’en ce moment même, le monde est à nouveau au bord d’une confrontation nucléaire. Lorsque le droit international ne fonctionne plus, personne dans le monde ne se sent en sécurité. Et de quelle sécurité, de quel argument, disposent aujourd’hui de très nombreuses nations? Seulement des armes nucléaires, des puissances nucléaires. Et c’est très triste parce que nous sommes témoins de l’escalade et de la militarisation des relations internationales en ce moment même. Le Pape François est presque une voix unique qui s’adresse au monde pour lui dire: «Arrêtez, s’il vous plaît. N’utilisez pas cet argument dans vos négociations». Nous ne pouvons pas utiliser le chantage à l’utilisation de l’énergie nucléaire, car cela provoquerait un désastre pour le monde entier.

Le Christ ressuscité s’est d’abord manifesté aux femmes. Quel rôle les femmes ukrainiennes, en particulier au sein de l’Église, jouent-elles en ces temps difficiles?

En Ukraine, les femmes sont une pierre angulaire de notre société. Très souvent, nous disons que dans la culture ukrainienne, nous avons un matriarcat. Ainsi, une mère, une femme, est une personne qui a le plus souvent annoncé, proclamé la foi chrétienne en Ukraine. Et le deuxième dimanche après Pâques, nous avons un dimanche dédié aux femmes porteuses de myrrhe.

Le rôle des femmes dans la mission d’évangélisation aujourd’hui en Ukraine est crucial. Près de 99 % des catéchistes dans nos communautés sont des femmes, mais notre clergé est également majoritairement marié, de sorte que le rôle de l’épouse du prêtre est très important dans la paroisse et la communauté paroissiale. Très souvent, les gens s’adressent d’abord à la femme du prêtre, puis à lui, en particulier pour des questions délicates pour les femmes. La mère est une image de l’Ukraine d’aujourd’hui. L’Église en tant que mère est quelque chose de très, très important, je dirais, d’éloquent pour les Ukrainiens d’aujourd’hui en particulier. L’Église mère, mère et enseignante, mère et protectrice, est une icône de notre Église aujourd’hui.

À quel point est-il difficile, en tant que Béatitude, de transmettre cette foi alors qu’il y a tant de douleur et tant de morts autour de nous? Comment offrir un message d’espérance et de foi au milieu d’une telle tristesse en ce moment?

Dans ces circonstances, nous faisons nous-mêmes l’expérience que le message chrétien n’est pas une idée, mais une expérience vivifiante. En partageant notre message, nous partageons donc notre expérience. Nous partageons notre propre source d’espoir, notre propre source de résilience. Ainsi, les gens nous écoutent, mais ils nous regardent: comment incarnons-nous ce message dans notre propre vie? Très souvent aujourd’hui, nous assistons à un moment exceptionnel de conversion de tant de personnes en Ukraine, parce qu’elles cherchent un sens profond à ces circonstances très difficiles: pourquoi cela nous arrive-t-il? Que faut-il faire? Ce que nous faisons est-il juste? Et très souvent, nous ne pouvons répondre à ces messages ou à ces questions que si nous écoutons la Parole de Dieu et si nous sommes membres d’une communauté qui vit ce message, cette bonne nouvelle, que nous proclamons chaque jour.

Eh bien, du fond du cœur, depuis l’Ukraine, depuis la capitale de l’Ukraine, Kiev, nous voudrions transmettre l’authenticité de ce message: le Christ est bel et bien ressuscité. En effet, il est ressuscité! Le Christ est avec nous. Nous avons une espérance parce que nous participons à sa résurrection. Ce message, «Le Christ est ressuscité», ne concerne pas seulement Lui, mais aussi nous, et la proclamation de l’espérance chrétienne pour aujourd’hui.

Source : VATICANNEWS, le 15 avril 2023