Prière pour la paix, l’Ukraine toute entière prie avec le Pape François

Un militaire ukrainien porte secours à son frère d’armes blessé près de Chasiv Yar.

Prière pour la paix, l’Ukraine toute entière prie avec le Pape François 

À l’occasion de la journée de prière, de jeûne et de pénitence pour la paix dans le monde, décrétée par le Saint-Père vendredi 27 octobre, deux évêques ukrainiens et une religieuse évoquent l’importance de cette journée, et expriment leur gratitude à toutes les personnes de bonne volonté pour leur soutien continu et spirituel.

Svitlana Dukhovych – Cité du Vatican

«L’appel du Pape François à consacrer la journée du 27 octobre à la prière, au jeûne et à la pénitence pour la paix dans le monde est très important pour nous en Ukraine». Tels sont les termes avancés par l’évêque Vasyl Tuchapets, exarque à Kharkiv de l’Église gréco-catholique ukrainienne, au micro de Radio Vatican – Vatican News, concernant l’initiative souhaitée par le Pape François en cette période de tensions mondiales. «La guerre à grande échelle dure depuis plus d’un an et demi et chaque jour les gens ici vivent en danger de mort. Cela affecte également l’humeur des gens. Ils aspirent à la paix et me demandent souvent quand la guerre prendra fin», explique l’évêque, soulignant que même les enfants, lors des différentes rencontres de prière, demandent toujours à Dieu la paix, la fin de la guerre, et prient aussi pour leurs pères afin «qu’ils reviennent vite du front».

Prières dans tout le pays

L’initiative du Pape a été soutenue par le chef de l’Église gréco-catholique ukrainienne, Sa Béatitude Sviatoslav Shevchuk. Dans son message vidéo du 22 octobre, l’archevêque principal a demandé à tous les fidèles gréco-catholiques de se joindre à la Journée de prière pour la paix: «Rejoignons l’Église universelle dans la prière devant la face de Dieu et invoquons la paix», demande-t-il.

Ce Vendredi 27 octobre, une Divine Liturgie pour la paix sera célébrée dans toutes les églises gréco-catholiques. À 19 heures, heure de Kiev (18 heures, heure de Rome), ceux qui en ont la possibilité suivront la retransmission (avec une traduction en ukrainien) de la prière présidée par le Pape François dans la basilique Saint-Pierre. La transmission sera assurée par Zhyve.tv, la web TV du département de la communication de l’Église gréco-catholique ukrainienne. Plus tard, la même télévision diffusera en ligne la prière habituelle du rosaire, à laquelle se joignent chaque jour des milliers de fidèles.

Des semaines tragiques

«Ces dernières semaines ont été particulièrement tragiques» pour les Ukrainiens. L’exarque de Kharkiv affirme que la ville et toute la région, qui borde la Russie, font l’objet d’attaques constantes de la part de l’armée russe.

«Des cibles civiles ont été bombardées lors de l’attaque d’un club dans le village de Hroza le 5 octobre, soixante personnes ont été tuées, et il y a quelques jours, un bureau de poste de Kharkiv a été touché, où six personnes ont perdu la vie et seize autres ont été blessées. Tous étaient des civils qui travaillaient simplementLes gens souffrent, des civils meurent, et cette situation de danger permanent crée beaucoup d’incertitude. Mais malgré tout cela, les gens restent unis et essaient de s’entraider», confie-t-il.

L’évêque a ajouté que de nombreux habitants des villes et villages frontaliers s’installent à Kharkiv, où ils sont un peu plus en sécurité. Ils y sont logées dans des dortoirs mis à disposition par la municipalité et ont besoin de l’essentiel: nourriture, vêtements chauds, couvertures chaudes et médicaments. De nombreuses personnes viennent également chercher du soutien à la cathédrale gréco-catholique Saint-Nicolas de Kharchiv. «Nous nous efforçons de trouver de l’aide humanitaire pour soutenir les gens autant que possible, même si ce n’est pas facile ces derniers temps», déclare Mgr Tuchapets, «surtout maintenant que le froid arrive, pour les aider à survivre à l’hiver».

Mgr Skomarovskyj: rappeler la gratitude du peuple ukrainien

Pour l’évêque de Loutsk des Latins et président de la Conférence des évêques latins d’Ukraine, Mgr Vitalij Skomarovskyj, «cette initiative de prière est l’expression de la grande solidarité de l’Église catholique, et pas seulement de l’Église catholique, car le Pape a également invité d’autres confessions et religions à se joindre à cette supplication pour la paix». «Dans nos paroisses, il y aura des prières pénitentielles pour la paix dans le monde et nous avons également encouragé tout le monde, dans la mesure du possible, à observer le jeûne ce jour-là, car le jeûne accompagné de la prière est une forme de supplication particulièrement puissante».

L’évêque de Loutsk  estime que pour le peuple ukrainien, victime d’une agression, il est très important de comprendre qu’il n’est pas seul dans cette situation. La guerre est un défi très difficile à relever et il est également difficile de garder espoir. «D’un autre côté, nous ne pouvons pas non plus vivre sans espoir, car si nous le perdons, tout perd son sens. Nous gardons donc l’espoir que Dieu nous aidera à traverser cette période difficile».

«Ce que nous vivons actuellement, l’horreur de la guerre», ajoute-t-il, «est en fait si terrible aussi car cela touche avant tout des gens ordinaires, pauvres, qui vivaient normalement dans des familles et menaient une vie normale, et maintenant nos garçons meurent au front, les femmes deviennent veuves, les enfants deviennent orphelins. C’est une guerre terrible, qui ne fait pas de discrimination: il y a tant de victimes civiles, y compris des enfants». L’évêque se dit donc «très reconnaissant envers toutes les personnes qui n’entendent parler de nous à travers les chaînes d’informations, mais qui veulent être avec nous, qui veulent nous aider. Nous leur en sommes très, très reconnaissants. N’oubliez pas non plus la gratitude du peuple ukrainien à l’égard de tous ceux qui nous aident».

Sœur Anastasia: Je me joins aux prières des bonnes personnes qui se souviennent de nous

La gratitude pour la prière et le soutien arrive également d’Odessa. C’est ce qu’exprime Sœur Anastasia Zabrotska de la Congrégation des Sœurs Servantes de Marie Immaculée, qui travaillent à la cathédrale Saint-André de l’Exarchat gréco-catholique d’Odessa. Sœur Anastasia explique qu’en réponse à l’appel du Pape François et de Sa Béatitude Sviatoslav Shevchuk, l’exarchat organise plusieurs initiatives: «La cathédrale restera ouverte toute la journée pour que les gens puissent venir prier en silence devant le Saint-Sacrement et avoir la possibilité de parler au prêtre ou même de se confesser», explique-t-elle. «Le soir, à 18 heures, il y aura une messe avec des prières pour la paix pendant l’ektenie. Ensuite, dans la cathédrale, nous prierons pendant une heure le saint rosaire et la prière de Jésus».

Sœur Anastasia s’est installée à Odessa il y a seulement deux mois. «Lorsque j’entends l’alarme de raid aérien, dit-elle, je réalise qu’il s’agit d’un danger réel, qu’il est possible qu’un missile arrive non pas dans une demi-heure ou 45 minutes, mais beaucoup plus rapidement, entre 10 et 15 minutes, parce que nous sommes ici aussi sur la ligne de front, même si le missile passe dans la mer». Souvent, «les sirènes retentissent au milieu de la nuit et il m’arrive de sortir du lit à moitié endormi et de me mettre à l’abri. Je demande donc à Dieu, à travers les prières de tous ceux qui prient pour nous dans le monde entier, que le Seigneur donne de la force, qu’il éclaire les mains de nos militaires, qui sont également éveillés avec nous, afin qu’ils abattent les missiles et les drones qui arrivent, et que le Seigneur préserve et protège la vie de tous les Ukrainiens et de tous ceux qui se trouvent dans le monde, parce que c’est Lui qui a donné la vie.»

«Je me joins à la prière de toutes les personnes de bonne volonté qui se souviennent qu’une guerre se déroule 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 en Ukraine», ajoute la religieuse. «Des gens meurent, des enfants, des scientifiques, des artistes, des musiciens et même des chirurgiens meurent, de futurs savants, de futurs chercheurs, des religieux et même de futurs pères et mères meurent simplement parce qu’ils sont nés en Ukraine à ce moment de l’histoire. Je suis reconnaissant aux chrétiens, aux personnes de foi, aux représentants des différentes confessions et religions, qui prient pour nous et demandent la paix du ciel pour l’Ukraine».

Source : VATICANNEWS, le 27 octobre 2023

Un entrepôt de la Caritas bombardé en Ukraine

Le bombardement russe de Lviv, à l’ouest de l’Ukraine, dans la nuit du 19 au 20 septembre 2023. (AFP or licensors)

Un entrepôt de la Caritas bombardé en Ukraine

Le cardinal Konrad Krajewski, en déplacement en Ukraine pour une nouvelle mission humanitaire, s’est dit profondément choqué après l’attaque russe d’une structure de Caritas à Lviv, à l’ouest du pays, dans la nuit du 18 au 19 septembre. 

Vatican news avec agences

La Russie a lancé une attaque de drones tôt mardi 19 septembre contre la ville de Lviv, à l’ouest de l’Ukraine et à près de 1 000 km du front, détruisant trois entrepôts, dont un de la Caritas-Spes Ukraine. Cette offensive a fait au moins un mort et un blessé, selon les autorités ukrainiennes.

Selon Denise Brown, coordinatrice humanitaire des Nations unies en Ukraine, un missile a touché un entrepôt utilisé notamment par l’ONU pour stocker des milliers de colis alimentaire. 300 tonnes d’aide humanitaire ont été détruites.

«Cela me fait mal», a réagi le cardinal Krajewski joint par téléphone par Vatican News – RadioVatican après cette attaque russe. L’entrepôt était souvent utilisé par le dicastère pour le service de la charité pour apporter le matériel donné par le Pape aux personnes dans le besoin. C’est notamment là-bas qu’ont été envoyés les générateurs électriques qui ont ensuite été distribués dans les zones les plus isolées d’Ukraine.

Inauguration d’un refuge

Le cardinal Krajewski, en mission humanitaire dans le pays, se trouve actuellement dans la région de Lviv pour inaugurer un foyer pour femmes et enfants, une « House of Shelter » (Maison du refuge en français, ndlr) qui sera gérée par les sœurs Albertines. «Cette maison, rapporte un communiqué du dicastère pour le service de la charité du mercredi 20 septembre, a été construite pendant le conflit pour soutenir les nombreuses personnes qui ont fui les lieux bombardés et qui, ne voulant pas quitter le pays, ont cherché refuge à Lviv», «les mères célibataires avec leurs enfants ainsi que les femmes sans-abri y trouveront l’hospitalité dans des chambres bien aménagées».

Une cantine pour les pauvres a également été prévue au sein de cet établissement afin de leur fournir un repas chaud et un lieu d’accueil.

«L’aumonier inaugurera la maison au nom du Pape François, en signe de soutien, d’appui et de proximité avec les nombreuses personnes qui ont été contraintes de fuir à cause du conflit, en leur apportant la bénédiction apostolique», ajoute le communiqué, le cardinal Krajewski prévoit également de visiter les différentes communautés qui accueillent les réfugiés et de remercier «tous les volontaires et tous ceux qui aident la population souffrante et nécessiteuse».

Source : VATICANNEWS, le 20 septembre 2023

L’image publique du pape a été détruite en Ukraine

Orest lyzhechka | Shutterstock

Du site (anglais) Aleteia.org :

Un dirigeant catholique ukrainien tente de sauver l’image du pape dans son pays

16/09/23

L’archevêque majeur de l’Église catholique ukrainienne a défendu le pape tout en déplorant certaines de ses déclarations les plus polémiques.

« L’image publique du Pape est détruite en Ukraine », a déclaré Sa Béatitude Sviatoslav Shevchuk, archevêque majeur de l’Église gréco-catholique ukrainienne, lors d’une conférence de presse tenue le 14 septembre 2023 à Rome, à l’occasion du synode de son Église d’Orient. Le représentant ukrainien a défendu le pontife en affirmant que le pape François leur avait dit : « Je vous assure : Je suis avec vous. »

Un synode d’espérance

Du 3 au 13 septembre, 45 évêques de l’Église gréco-catholique ukrainienne se sont réunis à Rome pour leur synode. Les prélats sont venus d’Ukraine, d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et du Sud, d’Australie, là où se trouve la diaspora de leur pays. Cette assemblée, dont le thème était l’accompagnement des populations touchées par la guerre, était un « synode de l’espoir », a déclaré Mgr Shevchuk.

Pendant les 10 jours de travail, les participants au synode ont eu l’occasion de se rendre au Vatican pour une rencontre avec le Pape François le 6 septembre. La rencontre a duré deux heures, le pape ayant prolongé la réunion d’une heure pour « permettre aux évêques de s’exprimer », a déclaré Mgr Shevchuck.

Dans une déclaration publiée peu après, les évêques ont remercié le souverain pontife, tout en lui faisant part de la « souffrance » de leur peuple et d’une « certaine déception » face aux « malentendus » entre Kiev et Rome. Les commentaires du souverain pontife sur les dirigeants historiques russes lors d’une récente vidéoconférence avec de jeunes catholiques ont fortement marqué l’opinion publique ukrainienne.

Un accueil mitigé pour la diplomatie papale

Mgr Shevchuck est également revenu sur les propos d’un conseiller du président Volodymyr Zelensky, qui a critiqué l’action diplomatique du pape dans la presse italienne, affirmant qu’il était « philo-russe » et que sa volonté de jouer un rôle de médiateur n’était donc « pas crédible ».

L’archevêque majeur a expliqué que les diplomates ukrainiens au Saint-Siège et en Italie lui avaient assuré qu’il s’agissait de « l’opinion personnelle » du conseiller et non d’une déclaration officielle ukrainienne. « Je ne suis pas sûr que le gouvernement ukrainien ait fermé ses portes », a-t-il déclaré.

Le chef religieux ukrainien a néanmoins affirmé que la cote de popularité du souverain pontife avait récemment chuté de manière significative en Ukraine et que les sondages qui faisaient de lui le principal « leader moral » pour près de la moitié des Ukrainiens avant la guerre lui accordaient aujourd’hui une confiance de « 6 %, voire 3 % ». « L’image publique du pape a été détruite en Ukraine », a-t-il déploré, faisant écho aux propos de l’évêque latin de Kiev, Vitaliy Krivitskiy. Il a ajouté : « C’est un vrai problème pour l’Église catholique en Ukraine ».

Le pasteur catholique ukrainien a tenu à lutter contre ce rejet : « Il ne faut pas mépriser les amis ».

« Sans un soutien global de la communauté internationale, l’Ukraine ne résistera pas » et a affirmé sa confiance dans la formule de paix proposée par le cardinal Matteo Zuppi, l’envoyé du pape actuellement à Pékin.

Il a toutefois souligné la difficulté de la mission du cardinal, qui cherche à libérer les civils ukrainiens présents en Russie. Pour Moscou, accepter un tel accord – en particulier concernant les enfants – reviendrait à reconnaître qu’ils les ont enlevés, et donc qu’ils ont commis des crimes de guerre.

Mgr Shevchuck a relaté les propos du souverain pontife lors de leur rencontre, qui lui ont laissé une impression durable. « Vous doutez peut-être de la position du pape. Je vous assure que je suis avec vous : Je suis avec vous ». Il s’agit là d’un « message de consolation » pour eux, a-t-il déclaré, avant de poursuivre : « Maintenant, c’est à nous de convaincre notre peuple de ce message et de le transmettre.

Le représentant des catholiques ukrainiens a rappelé les 227 interventions publiques étonnantes du Pape en faveur de l’Ukraine depuis le début du conflit. Il a également souligné les 3 000 participants ukrainiens à la messe célébrée par les évêques gréco-catholiques le 10 septembre dans la basilique Saint-Pierre. La décision de tenir leur synode dans la capitale italienne a permis de « faire grandir la communion catholique », a-t-il déclaré. Cette Église orientale dont il est le chef est unie à Rome depuis la fin du XVIe siècle et sa séparation d’avec le patriarcat orthodoxe russe.

« Nous avons payé un prix très élevé pour cette communion. Aujourd’hui, cette communion catholique et universelle est la force de survie de notre peuple », a déclaré Mgr Shevchuck. Il a cité le cas du martyre de saint Josaphat (1580-1623), les « marques » de torture soviétique que portent encore certains évêques gréco-catholiques et le destin tragique d’un prêtre de 34 ans, Oleg Tsunovskyy, qui a perdu un bras et une jambe dans le conflit actuel.

Pour une paix juste et durable

L’archevêque de Kiev a expliqué que lors de leur rencontre, le pape a pu entendre le témoignage des évêques des diocèses les plus touchés par la guerre, notamment ceux d’Odessa, de Kharkhiv et de Donetsk – aujourd’hui exilés à Zaporijia. Il lui a été rappelé qu’aucun prêtre catholique – latin ou grec-catholique – ne travaille actuellement dans les territoires ukrainiens occupés par l’armée russe.

L’archevêque Shevchuk a défendu le souverain pontife, mais a semblé déplorer certaines de ses déclarations polémiques. Il a notamment cité la référence du pape à la « pax mongolica » du XIIIe siècle lors de sa récente visite en Mongolie.

Mgr Shevchuk estime que cela ne correspond guère à ce que les populations envahies et soumises par les Mongols – notamment celles d’Ukraine et de Pologne – ressentaient à l’époque. « On voit comment le mot paix peut changer de sens », a-t-il affirmé, rappelant que lorsque la Russie a envahi la Géorgie lors de la guerre russo-géorgienne de 2008, elle a présenté son action militaire comme une « pacification ».

Le chef religieux ukrainien a tenu à défendre une vision de la paix, reprenant les propos de l’envoyé du pape, le cardinal Zuppi : « La paix doit être juste et durable. Sinon, a-t-il prévenu, il ne s’agira que d’une « trêve ».

Au cours de sa rencontre avec le pape, Mgr Shevchuk a attiré une nouvelle fois son attention sur le souhait des gréco-catholiques ukrainiens de voir leur Église orientale, actuellement un grand archidiocèse, élevée au rang de patriarcat – le rang le plus élevé pour une Église orientale. Il a assuré le souverain pontife que, de leur point de vue, il ne s’agissait pas d’un « privilège » mais d’un modèle d’organisation ecclésiale qui correspondrait à leur réalité d’aujourd’hui.

Source: ALETEIA.ORG, le 16 septembre 2023

Pacem in Terris: le Pape appelle à un monde sans armes nucléaires

La conférence Pacem in Terris mardi 19 septembre coincide avec les huit ans du voyage du Pape à Cuba (19 au 28 septembre 2015).

Pacem in Terris: le Pape appelle à un monde sans armes nucléaires

En commémoration de la publication il y a soixante ans de l’encyclique « Pacem in Terris » du Pape Jean XXIII, l’Académie pontificale des Sciences sociales et l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo organise ce mardi 19 septembre une conférence sur les obstacles à la paix dans le monde. Dans un discours adressé aux participants, François a déploré la place toujours omniprésente aujourd’hui des armes nucléaires dans les conflits mondiaux. 

Alexandra Sirgant – Cité du Vatican 

Du 19 au 20 septembre, l’Académie pontificale des Sciences sociales et l’Institut de recherche sur la paix d’Olso organisent conjointement une conférence intitulée « Pacem in Terris: War and other Obstacles to Peace », afin de commémorer les soixante ans de l’encyclique de Jean XXIII. Considérée comme le testament de ce dernier, décédé deux mois après sa parution en 1963, l’encyclique sur la paix entre les peuples et les nations s’inscrivait dans un contexte de guerre froide, en pleine crise des missiles de Cuba. Hasard du calendrier, ce mardi 19 septembre marque également les huit ans du voyage du Pape François à Cuba et aux États-Unis, qui s’est déroulé du 19 au 28 septembre 2015.

Dans un discours adressé au cardinal Peter K.A. Turkson, chancelier de l’Académie pontifical des Sciences sociales, François a rappelé que cette conférence venait «à point nommé», alors que «le monde est en proie à une troisième guerre mondiale» et que «dans le cadre tragique de la guerre en Ukraine, la menace d’un recours à l’arme nucléaire persiste».

En soixante ans, une accélération du recours au nucléaire 

François appelle les participants à cette conférence à porter une attention particulière aux passages de « Pacem In Terris » consacrés au désarmement nucléaire. «En effet, a souligné le Saint-Père, la situation actuelle ressemble étrangement à la période qui a précédé « Pacem in Terris », lorsque qu’octobre 1962, avec la crise des missiles de Cuba, le monde a frôlé la destruction nucléaire généralisée». Le Souverain pontife a poursuivi en déplorant que depuis «cette menace apocalyptique», «non seulement le nombre et la puissance des armes nucléaires ont augmenté, mais d’autres technologies d’armement se sont développées, et le consensus de longue date sur l’interdiction d’utilisation des armes chimiques et biologiques est remis en question».

«C’est notre responsabilité à tous de maintenir vivante la vision « qu’un monde sans armes nucléaires est possible et nécessaire »» a rappelé François, en faisant allusion à son propre discours au Corps diplomatique du Saint-Siège du 10 janvier 2022.  

Le Pape s’est également penché sur les problèmes éthiques soulevés par «l’utilisation, dans les guerres contemporaines, d’armes dites « conventionnelles », qui ne devraient être utilisées qu’à des fins défensives et ne pas être dirigées contre des cibles civiles».

Le Souverain pontife a conclu en réitérant la prière d’espérance formulée par le Pape Jean XXIII en conclusion de son encyclique, selon laquelle «par la puissance et l’inspiration de Dieu, tous les peuples puissent s’embrasser comme des frères et sœurs, et que la paix à laquelle ils aspirent puisse fleurir et régner parmi eux».

Source : VATICANNEWS, le 19 septembre 2023

Une Croix, un chapelet et un livre de prières des Rédemptoristes ukrainiens emprisonnés en Russie offerts au Pape

Vatican média

Une Croix, un chapelet et un livre de prières des Rédemptoristes ukrainiens emprisonnés en Russie offerts au Pape

Une croix missionnaire, un livre de prières et un chapelet. Tels sont les objets que l’archevêque majeur Sviatoslav Shevchuk a remis au Pape François à l’issue de la rencontre du Souverain Pontife avec le synode des évêques de l’Église gréco-catholique ukrainienne, qui s’est déroulée au Vatican dans la matinée du mercredi 6 septembre. Les objets remis au Pape appartiennent aux deux prêtres rédemptoristes, le Père Ivan Levytskyi et le Père Bohdan Heleta, arrêtés le 16 novembre dernier à Berdyansk par les services de sécurité russes et toujours incarcérés en Russie. « Comme un trésor inestimable », a déclaré Mgr Shevchuk au Pape, « nous vous les remettons dans l’espoir qu’une paix juste s’installe bientôt en Ukraine ». Au cours de l’audience, a rapporté le bureau de presse du secrétariat du synode de l’Église gréco-catholique d’Ukraine, les évêques ont « demandé au souverain pontife et au Saint-Siège de poursuivre leurs efforts pour libérer les prisonniers de guerre, et ont mentionné en particulier les prêtres de l’Église orthodoxe ukrainienne ».

Des sources de la Congrégation du Très Saint Rédempteur (Rédemptoristes) ont indiqué à l’Agence Fides qu’il n’y avait pas eu de nouvelles définitives depuis Noël sur le sort et la condition des deux prêtres missionnaires.

Au moment de leur arrestation, le père Ivan et le père Bohdan étaient curé et vicaire de l’église gréco-catholique de la Nativité de la Vierge Marie à Berdyank, une ville portuaire du sud-est de l’Ukraine, dans la région de Zaporižžja, qui est passée sous contrôle russe.
Les 23 et 24 novembre, la chaîne de télévision russe « Zviezda » a diffusé un extrait de l’interrogatoire d’Ivan Levytskyy. Sur les images diffusées, des « signes visibles de fatigue physique et mentale » apparaissent sur le visage du prêtre.
Au début de la guerre (24 février 2022) et plus tard, lorsque Berdyank est passée sous le contrôle des forces russes, les prêtres ont décidé de rester dans la ville afin de continuer à servir la population, tout en apportant un soutien spirituel et humanitaire aux réfugiés et aux personnes en détresse à cause de la guerre.
L’accusation portée contre les deux prêtres au moment de leur arrestation, rapportée par certains médias russes, était qu’ils avaient caché des explosifs et des armes dans les locaux de l’église et dans le sous-sol de leur résidence.

Source : Agence Fides, le 7 septembre 2023

Le pape fait l’éloge de la Russie impériale. L’Église ukrainienne lui demande de se rétracter

Le pape fait l’éloge de la Russie impériale. L’Église ukrainienne lui demande de se rétracter

De Sandro Magister sur Settimo Cielo (traduction de diakonos.be):

Ce vendredi 25 août après-midi, le Pape François s’est connecté à Saint-Pétersbourg à l’occasion de la Xè rencontre nationale des jeunes catholiques de Russie et leur a adressé en espagnol ce message vidéo, diffusé le jour suivant par la salle de presse du Vatican, également en version italienne :

> “Queridos jóvenes, queridas jóvenes: que la paz…”

Le thème du message du Pape était le même que celui des JMJ de Lisbonne. « Marie se leva et s’en alla en hâte (Luc 1, 39) », avec ces seules paroles susceptibles d’être associées à la guerre déchaînée par la Russie contre l’Ukraine :

« Je vous souhaite à vous, jeunes Russes, la vocation d’être artisans de paix au milieu de tant de conflits, au milieu de tant de polarisations de toute part, qui affligent notre monde. Je vous invite à être des semeurs, à répandre des graines de réconciliation, de petites graines qui en cet hiver de guerre ne germeront pas pour le moment sur la terre glacée mais qui fleuriront dans un printemps futur ».

Mais ensuite, avant la bénédiction finale, François, s’est lancé dans une déclaration improvisée en italien, qui n’a pas été publiée par la salle de presse du Vatican mais par le site « Il Sismografo », et que l’on peut écouter dans cette vidéo toujours disponible en ligne :

« N’oubliez pas votre héritage. Vous êtes héritiers de la grande Russie : la grande Russie des saints, des rois, la grande Russie de Pierre le Grand, de Catherine II, cet empire russe grand, cultivé, de tant de culture, de tant d’humanité. Ne renoncez jamais à cet héritage. Vous êtes les héritiers de la grande Mère Russie, allez de l’avant. Et merci. Merci pour votre façon d’être, pour votre façon d’être Russes ».

Naturellement, ces déclarations ont eu un grand écho à travers le monde, notamment dans cet article de Francis X. Rocca dans « The Wall Street Journal » :

> Pope Francis Praises Historical Russian Imperialism Amid War in Ukraine

Mais surtout, cet éloge sans retenue de la Russe impériale de la part du Pape a incité l’archevêque majeur de l’Église grecque catholique ukrainienne à publier le soir du lundi 28 août la déclaration suivante que nous reproduisons intégralement ici :

*

Déclaration de sa béatitude Sviatoslav Shevchuk concernant les déclarations du pontife romain pendant la rencontre avec la jeunesse Russe

C’est avec grande douleur et inquiétude que nous avons eu connaissance des paroles, attribuées, au Saint-Père François, prononcées pendant la rencontre à distance avec la jeunesse catholique russe, qui s’est déroulée le 25 août dernier en vidéoconférence à Saint-Pétersbourg.

Nous présumons que les déclarations de Sa Sainteté aient été prononcées de manière spontanée, sans la prétention de donner une analyse historique, et encore moins avec l’intention de soutenir les ambitions impérialistes de la Russie. Malgré cela, nous partageons la grande douleur suscitée par ses observations dans le chef des évêques, du clergé, des moines et des fidèles non seulement de notre Église, mais également d’autres confessions chrétiennes, ainsi que de représentants d’autres confessions religieuses. Dans le même temps, nous partageons également la grande déception de la société civile ukrainienne à la suite de ces déclarations.

Les déclarations sur la « grande Russie de Pierre I, de Catherine II, de cet empire grand et illuminé, de grande culture et de grande humanité » font référence au pire exemple de l’impérialiste et du nationalisme extrême russe.

Nous craignons que ces déclarations soient comprises par certains comme un encouragement envers ce nationalisme impérialiste qui est la véritable cause de la guerre en Ukraine. Une guerre que chaque jour sème la mort et la destruction dans notre peuple.

Les exemples employés par Sa Sainteté ne correspondent en réalité pas à son magistère sur la paix. Au contraire, le Saint-Père a toujours dénoncé toutes les formes d’impérialisme dans le monde d’aujourd’hui et il a mis en garde contre le danger du nationalisme extrême, en soulignant que ce sont bien eux la cause de « la troisième guerre mondiale par morceaux ».

En tant qu’Église, nous tenons à signaler que, dans le contexte de l’agression de la Russie contre l’Ukraine, de telles expressions inspirent les ambitions néocoloniales du pays agresseur au lieu de dénoncer et de condamner cette manière d’ « être Russes ».

Afin d’éviter que les déclarations et les intentions du Saint-Père ne soient manipulées, nous attendons de la part du Saint-Siège une explication de la situation.

L’Église grecque catholique ukrainienne unie à toute la société civile en Ukraine condamne l’idéologie du « monde russe » et toute la façon criminelle d’ « être Russes ». Nous espérons que notre voix sera entendue par le Saint-Père.

Dans quelques jours, les évêques de notre Église se réuniront à Rome pour célébrer le Synode annuel de l’Église grecque catholique ukrainienne. Nous aurons en outre l’occasion de rencontrer Sa Sainteté et de lui présenter personnellement les doutes et la douleur du peuple ukrainien, confiant en sa sollicitude paternelle envers notre peuple.

Source : Settimo Cielo (traduction de diakonos.be), le 28 août 2023

L’appel à la paix du Pape François pour que les armes se taisent

A Kherson le 14 août après la frappe d'un missile russe.A Kherson le 14 août après la frappe d’un missile russe. (AFP or licensors)

L’appel à la paix du Pape François pour que les armes se taisent

A l’issue de la prière de l’Angélus ce mardi 15 août , l’évêque de Rome a lancé un nouvel appel pour que les combats cessent, en Ukraine en particulier, et que la voie du dialogue soit toujours privilégiée par les responsables politiques. 

Prenant la parole après la prière de l’Angélus en ce 15 août, le Pape François a une nouvelle fois tenu à lancer un appel pour que cessent les conflits qui déchirent la planète. «Aujourd’hui, nous confions à Marie montée au Ciel notre supplication pour la paix, en Ukraine et dans toutes les régions déchirées par la guerre  il y en a tant, malheureusement!» s’est désolé le Saint-Père devant les quelques 10 000 fidèles réunis sur la place Saint-Pierre en cette fête de l’Assomption. 

«Le vacarme des armes couvre les tentatives de dialogue, le droit à la force l’emporte sur la force du droit» a encore regretté le Pape, qui a néanmoins exhorté les fidèles à ne pas se décourager. «Continuons à espérer et à prier, car c’est Dieu, c’est Lui qui guide l’histoire, qui nous écoute», a conclu François. 

Ce mardi 15 août des frappes nocturnes russes ont visé les villes de Lviv et Loutsk, dans l’ouest de l’Ukraine, et ont fait au moins trois morts selon des responsables locaux. Plusieurs personnes blessées ont par ailleurs été hospitalisées.

Source : VATICANNEWS, le 15 août 2023

François: la destruction du blé est une offense à Dieu

Champ de blé près de KievChamp de blé près de Kiev (AFP or licensors

François: la destruction du blé est une offense à Dieu

Le Pape a dénoncé les attaques contre les réserves de blé en Ukraine. Après la prière de l’Angélus, le Saint-Père a demandé la reprise des exportations. Le Pape a également évoqué la journée contre la traite et le troisième anniversaire de l’explosion dans le port de Beyrouth.

Jean-Charles Putzolu – Cité du Vatican

«La guerre détruit tout, même le blé», a déploré François juste après la prière de l’Angélus place Saint Pierre dimanche 30 juillet. En évoquant une fois encore l’Ukraine, le Pape a appelé ses «frères» et les autorités de la fédération de Russie à restaurer l’accord sur les exportations de blé en toute sécurité. Détruire le blé, estime François, c’est offenser «car le blé est son don pour nourrir l’humanité, et le cri de millions de frères et sœurs qui souffrent de la faim monte jusqu’au Ciel». «Ne cessons pas de prier pour l’Ukraine martyrisée», a encore dit le Pape.

Journée contre la traite

À l’occasion de cette journée, célébrée chaque 30 juillet, le Souverain pontife s’est arrêté sur le combat contre «le crime qui transforme les personnes en marchandises». La traite des êtres humains est une terrible réalité qui touche indistinctement des femmes, des enfants, parfois très jeunes, ou encore des travailleurs. Trop de personnes «exploitées», qui «vivent dans des conditions inhumaines, qui subissent l’indifférence et le rejet de la société». Dénonçant la large diffusion du trafic des êtres humains, le Saint-Père invoque la bénédiction de Dieu pour ceux qui luttent contre ce phénomène qui touche plusieurs dizaines de millions de personnes et qui peut avoir des formes multiples, du travail forcé à la prostitution, en passant par le trafic d’organes, le mariage forcé ou la gestation pour autrui.

Une pensée pour le Liban

François a adressé également quelques mots à l’intention des Libanais, à quelques jours du troisième anniversaire de l’explosion «dévastatrice» du port de Beyrouth: «Je renouvelle mes prières pour les victimes et leurs familles, qui cherchent la vérité et la justice, et j’espère que la crise complexe au Liban trouvera une solution digne de l’histoire et des valeurs de ce peuple. N’oublions pas que le Liban est aussi un message».
Le 4 août 2020, deux explosions successives dans le port de la capitale libanaise ont fait 215 morts et 6 500 blessés. La déflagration a endommagé des centaines de bâtiments et paralysé l’économie libanaise. Le coût financier de l’accident a dépassé les 4 milliards d’euros, et l’enquête sur les responsabilité piétine toujours.

Source : VATICANNEWS, le 30 juillet 2023

À Odessa, la cathédrale de la Transfiguration détruite par les bombes

Dégâts causés par les tirs de missiles russes sur la cathédrale de la Transfiguration, le 23 juillet 2023, à Odessa en Ukraine. (ANSA)

À Odessa, la cathédrale de la Transfiguration détruite par les bombes

La troisième ville d’Ukraine, sur les rives de la mer Noire, a vu sa cathédrale orthodoxe détruite lors d’une nouvelle attaque russe dans la nuit du samedi 22 à dimanche 23 juillet. Deux personnes sont mortes, une vingtaine a été blessée, et l’édifice religieux s’est largement écroulé.

Delphine Allaire – Cité du Vatican

«Continuons à prier pour la paix, en particulier pour la chère Ukraine, qui continue à subir la mort et les destructions, comme cela s’est malheureusement produit cette nuit à Odessa». Le Pape François a une nouvelle fois tourné ses pensées et prières vers «l’Ukraine martyrisée»,dimanche 23 juillet, après avoir récité l’angélus devant 20 000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre.

«Un crime de guerre»

La perle de la mer Noire, dont le centre historique a été classé en début d’année 2023 au patrimoine mondial de l’Unesco, a de nouveau été la cible de missiles russes dans la nuit de samedi à dimanche. 19 tirs ont visé Odessa, faisant deux morts, blessant 22 personnes, et détruisant l’historique cathédrale orthodoxe de la ville. «La cathédrale de la Transfiguration, située dans le centre historique d’Odessa, protégée par l’Unesco, a été détruite. Un crime de guerre qui ne sera jamais oublié ni pardonné», a dénoncé le ministère ukrainien des Affaires étrangères. Le président Zelensky promet lui «des représailles». Diverses chancelleries occidentales, de Rome à Paris, ont condamné cette destruction. 

Une cathédrale déjà démolie par les communistes de l’URSS

La cathédrale de la Transfiguration de style russo-byzantin, fondée à la fin du XVIIIe siècle a été bâtie par un architecte italien et a inspiré la construction de nombreux édifices religieux en Europe orientale, comme la cathédrale de la Nativité à Chisinau en Moldavie.

Les bombardements russes de la nuit de samedi à dimanche ne sont pas les premiers à détruire la cathédrale. Les communistes soviétiques avaient déjà démoli le lieu dans les années 1930. L’église n’avait pu être reconstruite qu’à l’orée de l’an 2000, dans le cadre du «Programme de reconstruction des monuments remarquables et perdus de l’histoire et de la culture de l’Ukraine». La cathédrale a de nouveau été consacrée en 2003.

Celle qui fut l’une des plus grandes cathédrales de l’empire russe renferme la dépouille du prince russe et maréchal Vorontsov, qui avait combattu les troupes napoléoniennes. D’abord sous juridiction de l’Église orthodoxe ukrainienne liée au patriarcat de Moscou, elle est ensuite passée dans le giron de l’Église orthodoxe d’Ukraine, autocéphale depuis 2018.

La mer Noire, épicentre des attaques

Les tensions en mer Noire, où la Russie organise des manœuvres militaires, se sont intensifiées depuis l’expiration de l’accord crucial qui permettait les exportations de céréales ukrainiennes. Odessa, ville de plus d’un million d’habitants au sud de l’Ukraine, est un port stratégique pour le transit maritime dans la région.

L’Unesco avait déjà «fermement condamné» vendredi 21 juillet les frappes russes contre «plusieurs musées» et des bâtiments historiques du centre-ville d’Odessa.

Méditerranéenne et slave

Carrefour privilégié des cultures depuis des siècles, port important de l’Empire ottoman, la ville actuelle fut fondée par un décret de l’impératrice Catherine II de Russie en 1794. Sa statue a d’ailleurs été déboulonnée en novembre 2022 pour être déplacée. L’architecture odessite mêle plusieurs influences: française, italienne, slave. De la Renaissance à l’Art nouveau, la ville est connue pour être l’un des poumons culturels de l’Ukraine, avec ses neufs théâtres et son opéra de renommée mondiale.

Source : VATICANNEWS, le 23 juillet 2023

L’archevêque de Lviv appelle à prier pour les victimes et la paix

Immeuble frappé par un missile russe à Lviv, ce 6 juillet 2023Immeuble frappé par un missile russe à Lviv, ce 6 juillet 2023

L’archevêque de Lviv appelle à prier pour les victimes et la paix

L’archevêque de Lviv des latins parle de l’attaque de la nuit dernière sur la ville, avec un bilan de cinq morts et plus de 30 blessés, la pire sur les infrastructures civiles de la ville. «Deux des victimes étaient nos fidèles, la mère et la fille. Les gens fuient pour protéger leurs enfants» témoigne-t-il.

Svitlana Dukhovych et Francesca Sabatinelli – Cité du Vatican

Deux jours de deuil ont été décrétés pour ce qui a été décrit comme «la plus grande attaque contre les infrastructures civiles à Lviv depuis le début de la guerre»: c’est ainsi que le maire de la ville, Andriy Sadovy, l’a décrit, faisant état de cinq morts et de plus de trente blessés, et d’une cinquantaine d’appartements détruits dans un immeuble, après l’attaque russe survenue dans la nuit de mercredi 5 à jeudi 6 juillet contre un immeuble d’habitation, dont les étages supérieurs ont probablement été soufflés par des missiles russes. Une enquête a été ouverte sur la fermeture d’au moins une douzaine de refuges dans la ville, comme il y a un mois à Kiev, la capitale, où trois personnes, dont une fillette de neuf ans, avaient trouvé la mort lors d’un bombardement.

Prières pour les morts et pour la paix

Les victimes de la nuit, quatre femmes et un homme, avaient entre 32 et 63 ans. Deux d’entre elles, Anastasia, 32 ans, et Myroslava, 60 ans, étaient mère et fille. «Il y aura certainement une réaction», a écrit le président ukrainien Zelensky sur Twitter. Des prières pour les morts et pour la paix, en revanche, demande Mgr Mieczyslaw Mokrzycki, archevêque de Lviv des latins, qui, à Radio Vatican-Vatican News, décrit la douleur et la peur dans lesquelles vivent ses concitoyens. Deux des victimes étaient également des fidèles de rite latin, la mère et la fille, «très engagées dans une fondation qui aide les enfants atteints de maladies incurables», raconte avec tristesse l’archevêque.

«À Lviv, explique Mgr Mokrzycki,nous entendons souvent des sirènes et de nombreuses personnes se réfugient dans des abris. Mais cette fois-ci, les habitants de ce bâtiment n’ont pas pu descendre dans l’abri, il faisait nuit, il était deux heures du matin. Ils dormaient paisiblement et ils ont perdu la vie. Nous sommes proches de tous ceux qui ont donné leur vie pour le pays pendant la guerre, soldats et civils». La douleur du prélat est aussi de «voir qu’après ces bombardements, tant de gens fuient vers des endroits plus calmes, vers des villages, ou vers d’autres endroits en Europe comme la Pologne. Ils fuient la ville parce que tout le monde veut se cacher et protéger ses enfants».

« Nous demandons à toutes les personnes de bonne volonté – c’est l’appel de l’archevêque – aux chrétiens du monde entier, en particulier à ceux d’Italie, un pays qui a toujours été très proche de nous, de prier pour ces morts et pour la paix en Ukraine». Quant à l’action des Églises de Lviv en faveur des civils, elles essaient toujours, a-t-il expliqué, «d’assister aux funérailles, d’être proches des familles qui ont perdu leurs proches, nous apportons une aide matérielle, morale et psychologique, et nous essayons d’instiller l’espoir dans leurs cœurs, en priant et en invoquant des prières, pour être proches de Dieu, pour avoir la paix. Notre vie n’est pas perdue, car le but de notre vie est le royaume des cieux et la vie éternelle».

Source : VATICANNEWS, le 7 juillet 2023