Le Pape demande à l’archange Michel de protéger la France

Saint Michel Archange trônant sur le château saint-Ange à Rome. Saint Michel Archange trônant sur le château saint-Ange à Rome.  

Le Pape demande à l’archange Michel de protéger la France 

Michel -dont le nom signifie « qui est comme Dieu? »-, prince des anges, joue un rôle décisif dans les Écritures. Lutteur par excellence contre les forces du Mal, il est le saint patron de la France, et depuis 2013, aussi celui de la Cité du Vatican. 

Delphine Allaire – Cité du Vatican

«Aujourd’hui, l’Église fait mémoire des Saints Archanges Michel, Gabriel et Raphaël, messagers de la grâce de Dieu. Confions-nous à eux, afin que nos bonnes œuvres rendent visible l’amour de Dieu pour le monde», a déclaré le Saint-Père en ce 29 septembre 2021 par le biais d’un tweet

«Que la France garde fidélité à ses racines»

Par ailleurs, lors de la traditionnelle audience générale du mercredi, l’évêque de Rome a aussi fait allusion aux trois archanges, demandant expressément à saint Michel, «protecteur de la France», «de veiller sur le pays», «de le garder dans la fidélité à ses racines, et de conduire le peuple français sur les voies d’une unité et d’une solidarité toujours plus grandes».

«Michel, qui signifie “Qui est comme Dieu”, est le champion du primat de Dieu, de sa transcendance et de sa puissance. L’Archange Michel lutte pour rétablir la justice divine. Il défend le Peuple de Dieu de ses ennemis et surtout de l’ennemi par excellence, le diable. Et saint Michel vainc parce qu’en lui, c’est Dieu qui agit», affirmait le Pape François, lors de la Bénédiction de la Statue de l’archange dans les Jardins du Vatican en juillet 2013. 

Chef de l’armée, prince fidèle

Au total, l’archange Michel revient cinq fois dans l’Écriture Sainte: dans le Livre de Daniel, on dit qu’il est le chef suprême de l’armée céleste et un guerrier appelé pour se défendre contre les ennemis de l’Église, alors que dans le livre de l’Apocalypse, Michel est le prince des anges fidèles à Dieu, combat et chasse le dragon et les anges rebelles.

L’archange symbolise ainsi la puissance des forces du bien contre le mal. L’iconographie médiévale le représente couramment brandissant une épée ou une lance, le dragon vaincu à ses pieds. Michel est également psychostase et psychopompe, c’est-à-dire qui pèse les âmes lors du Jugement Dernier, qui les conduit au Paradis. 

Un culte depuis le Vème siècle

Le culte de saint Michel remonte au Ve siècle en Occident. En Italie, le Monte Gargano est un site michaëlique reconnu dès la fin de l’Antiquité, avant que le culte de l’archange ne s’étende ensuite à tout l’Occident médiéval.

Au Vème siècle, sur le promontoire du Gargano fut érigé le sanctuaire de Saint Michel à Monte Sant’Angelo, le plus ancien et le plus célèbre lieu de culte de l’Archange Michel d’Occident.

Très vite, ce sanctuaire devint un lieu important pour la diffusion du culte de l’Archange Michel en Europe et en Italie, et il représenta le modèle idéal pour tous les sanctuaires angéliques ultérieurs qui ont été érigés justement «ad instar» de celui du Gargano: les sommets des montagnes, les collines, les lieux élevés, les grottes profondes ont été considérés depuis le début comme le lieu le plus approprié pour l’adoration des anges et de Michel en particulier.

Saint patron de la Cité du Vatican

En France, en 708 ou 709, sur un autre promontoire, sur la côte Normande, fut consacré à l’Ange un sanctuaire dit du Mont Saint-Michel, au péril de la mer à cause du phénomène des hautes et basses marées, qui rendait dangereux ce lieu. Le culte de l’archange Michel a donné naissance à un grand pèlerinage à l’origine du développement de l’abbaye.

Saint Michel est le saint patron de la Normandie, de la France, de l’Allemagne (avec saint Boniface de Mayence), de la Belgique (après saint Joseph) ainsi que de Bruxelles (il se retrouve d’ailleurs sur son blason) et, depuis avril 2017, de la Cité du Vatican (avec saint Joseph), selon la consécration du Pape François et selon le vœu du Pape émérite Benoît XVI.

Source: VATICANNEWS, le 28 septembre 2021

Au Michaelsberg, saint Michel aurait laissé des plumes !

Saint Michel archange

Josef Mariano Kitschker, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons – Saint-Michel terrassant le dragon, chapelle de Michaelsberg dans le Bade-Wurtemberg.

Au Michaelsberg, saint Michel aurait laissé des plumes !

Petite histoire du Mont Saint-Michel allemand, le Michaelsberg (Bade-Wurtemberg), où l’Archange saint Michel, appelé par Boniface, terrassa le démon au prix de quelques plumes…

À l’aube du VIIIe siècle, l’évangélisation du monde germanique reste largement à faire. Il ne subsiste pas grand-chose des chrétientés fondées à la fin de l’Empire romain en Rhénanie, et les efforts, au demeurant peu évangéliques, des rois francs pour convertir leurs lointains cousins païens n’ont pas donné grand-chose… La plupart des tribus d’Outre-Rhin détestent les chrétiens et ne perdent pas une occasion d’en occire quand il s’en trouve d’assez imprudents pour venir leur prêcher la bonne parole. C’est d’ailleurs ce risque du martyre qui attire, paradoxalement, quelques jeunes prêtres ou moines très fervents, désireux de verser leur sang pour le Christ. Beaucoup d’entre eux sont originaires d’Irlande, et depuis quelques décennies, d’une Grande-Bretagne revenue au christianisme grâce aux efforts de saint Grégoire le Grand pour convertir Angles et Saxons.

À l’assaut du mont maudit

C’est un pareil rêve d’héroïsme et de sacrifice que nourrit Winfrid, un bénédictin des environs d’Exeter, né en 675. En 718, on l’élit abbé de Nursling, mais son humilité s’effraie de cette élévation et il quitte l’Angleterre. Le voilà en Frise où l’évêque, Willibrod, lui conseille de se rendre à Rome afin d’être investi par le pape. Consacré évêque en 722, Winfrid, devenu Boniface, « celui qui fait le bien, qui agit bien », décide de s’enfoncer en territoire germanique, là où nul n’a encore osé planter la croix. Il sillonne l’ouest de l’Allemagne, prêche, convertit, baptise, et laisse derrière lui, pour consolider son œuvre, de nouvelles fondations bénédictines. Partout, il se heurte aux anciens dieux païens qu’il chasse, en abattant les arbres sacrés de Hesse et de Thuringe. Puis il s’enfonce en Bavière.

Là-bas se dresse un mont sacré où, depuis des temps immémoriaux, l’on vénère Wotan, le maître du Walhalla, et Frida, sa fille, la déesse de l’amour et du plaisir. Ce sommet est l’un des derniers hauts lieux du paganisme et Boniface entend bien l’arracher au démon. Pour ce faire, le meilleur moyen, que d’autres évangélisateurs ont expérimenté ailleurs, est de placer le mont maudit sous la protection de l’archange Michel, vainqueur de Lucifer.

La fureur du démon

Sûr de la protection du Prince des Séraphins, Boniface attaque l’ascension de la montagne, la croix à la main. Il n’a pas mesuré la fureur infernale. Ce sommet, c’est le dernier sanctuaire de Satan dans la région, et il entend le défendre, de tous ses pouvoirs qui restent immenses. Soudain, Boniface, stupéfait, se rend compte qu’autour de lui, le mont s’anime mais d’une vie mauvaise, agressive, meurtrière. Tout ce qui l’entoure conspire pour le chasser ou le détruire. Des cailloux se dérobent sous ses pieds pour le faire tomber et le précipiter dans le vide, des rochers se détachent du sommet et roulent vers lui pour l’écraser. Plus il monte, plus la montagne se déchaîne. La végétation se met à croître follement, dressant entre le saint et l’idole une muraille de ronces et de branches épineuses… Boniface avance pourtant mais, à peine a-t-il franchi un obstacle qu’un autre se présente, pire que le précédent. Bientôt, il ne peut plus progresser. Maintenant, il a compris : le diable défend son ultime domaine, jette toutes ses forces dans la lutte et lui, pauvre homme, n’est pas de taille face à l’ange déchu… Il est vain et dangereux d’essayer. Alors, l’évêque appelle Michel au secours.

Dans cette clarté éblouissante, Boniface distingue un jeune homme aux immenses ailes immaculées, revêtu d’une cuirasse de feu, le glaive à la main : l’archange est descendu le secourir. 

Et voilà que le ciel s’embrase et qu’un météore semble en tomber. Dans cette clarté éblouissante, Boniface distingue un jeune homme aux immenses ailes immaculées, revêtu d’une cuirasse de feu, le glaive à la main : l’archange est descendu le secourir. Puis un autre phénomène céleste se produit : dans un faisceau de flammes soufrées qui semblent le vêtir tout entier, un autre jeune homme aux ailes de ténèbres a surgi, presque aussi beau que son frère ennemi, ne serait la crispation d’éternelle et insondable douleur qui le défigure… Grimaçant de haine et de colère, Lucifer se jette sur Michel. 

Une pleine poignée de plumes

À en croire les théologiens, la lutte de ces deux esprits, les plus hauts parmi les princes angéliques, ne saurait être que d’ordre spirituel. Pourtant, c’est à une véritable empoignade à laquelle assiste Boniface effaré. Les deux champions se tapent dessus comme des brutes, avec des ahans d’effort et de plaintes ; ils se mordent, ils se griffent. C’est une bagarre de chiffonniers ! Lucifer se battra jusqu’au bout, même s’il sait qu’il a perdu d’avance, qu’il est à jamais l’éternel perdant de cette bataille dans laquelle il s’est engagé par orgueil, avec l’illusion d’une impossible victoire. Condamné à jamais, sa dernière consolation est de faire encore tout le mal qu’il peut, et il ne s’en prive pas… Si Michel veut lui arracher sa montagne, il la paiera au prix fort ! Enfonçant ses griffes dans les ailes du prince séraphique, Lucifer lui arrache une pleine poignée de plumes couleur de neige.

Les rémiges angéliques tombent en pluie, telles des pétales de fleurs ou des flocons de neige. L’une atterrit aux pieds de Boniface qui la ramasse : ce n’est pas une plume ordinaire mais un joyau merveilleux, lumineux, tel qu’aucun orfèvre ne saurait en créer. Au même instant, dans un ultime effort, l’Archange vient de jeter Lucifer au sol. Vaincu, comme d’habitude, le diable s’enfuit en hurlant sa rage, son désespoir, son insondable souffrance qu’il se refuse à avouer, par orgueil…

Place aux bénédictins

En 754, Boniface trouvera le martyre qu’il avait tant cherché, en une autre région, tué par des païens alors qu’il donnait la confirmation à ses convertis. Les bénédictins s’installeront sur le mont, devenu le Michaelsberg, la montagne de Michel. Ils offriront en vénération aux fidèles éblouis la plume miraculeuse perdue par l’Archange, comme au Mont Gargan l’on vénère son manteau pourpre ou au Skellig Michael, en Irlande, la sainte épée qui triompha du dragon. La plume miraculeuse disparaîtra lorsque les luthériens s’empareront du Michaelsberg. Cela n’empêche pas l’Archange de veiller sur la Bavière.

Source: ALETEIA, le 28 septembre 2021