14.07.2024 – HOMÉLIE DU 15ÈME DIMANCHE ORDINAIRE – MARC 6,7-13

Appelés et envoyés

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Les textes bibliques de ce dimanche nous présentent des hommes qui ont été appelés et envoyés par le Seigneur. Il est hors de question d’être ses missionnaires sans être appelés par lui. Le message qu’ils doivent proclamer ne vient pas d’eux mais du Seigneur. Un prophète c’est d’abord quelqu’un qui a pour mission de parler de la part de Dieu.

Nous avons tout d’abord le témoignage d’Amos ; il vivait au 8ème siècle avant Jésus Christ. C’était un simple agriculteur qui n’avait aucun lien avec les fils de prophète. Lui-même n’était pas fait pour ce métier. Mais un jour, il a été saisi par le Seigneur alors qu’il était derrière son troupeau. Il a été appelé et envoyé par le Seigneur pour dénoncer les magouilles des hommes politiques de son temps. Malgré les menaces, il ne se laisse pas intimider. Dans un langage vigoureux et rugissant, il s’efforce de secouer le monde de son temps. Il prend le parti des pauvres et des laissés pour compte.

Les injustices dans le monde sont toujours bien présentes. Mais Dieu continue à susciter des prophètes pour crier que le pouvoir de l’argent ça suffit. Ce qui est premier, c’est le respect de la dignité de l’homme, le respect des familles, le droit au logement et à la nourriture. Comme au temps d’Amos, des prophètes sont là pour dénoncer les causes de la misère et de la faim. À travers eux, c’est le Seigneur qui nous appelle à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel. Il ne peut supporter de voir ses enfants souffrir des injustices et de l’intolérance.

Saint Paul a, lui aussi, été “saisi” par le Seigneur pour annoncer l’Évangile. Et aujourd’hui, il rend grâce pour le chemin parcouru. Le projet de Dieu est en train de se réaliser. Des communautés chrétiennes sont nées et se sont développées malgré les persécutions. Saint Paul s’est dépensé sans compter pour la mission mais il reconnaît que Dieu l’a précédé. Sans l’action de l’Esprit Saint, rien n’aurait été possible. C’est pour cette merveille que saint Paul rend grâce. Et nous-mêmes, nous nous unissons à cette prière d’action de grâce. Le Seigneur est toujours là, au cœur de nos fies, toujours présent et agissant.

L’évangile commence aussi par un envoi en mission. Cet appel nous rejoint en période de vacances. Beaucoup partent pour rechercher l’évasion et le repos. C’est vrai que les vacances sont loin d’être un départ en mission. Et pourtant, nous sommes appelés à être des disciples et des messagers de Jésus, toujours et partout. Il n’y a pas de vacances pour un cœur qui aime. Alors, en vacances ou non, Dieu nous envoie pour être les témoins et les messagers de son amour.

“Jésus appelle les Douze et pour la première fois, il les envoie deux par deux.” Pourquoi deux par deux ? C’est une manière de rappeler que les commandements de la charité sont deux : l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Celui qui n’a pas la charité n’est pas qualifié pour entreprendre un ministère de prédication. Comprenons bien : Jésus nous envoie porter au monde un message d’amour. Nous devons en donner le témoignage par notre amour fraternel. C’est là le premier moyen d’apostolat ; et c’est le plus efficace : “On vous reconnaîtra pour mes amis si vous vous aimez les uns les autres. La mission a besoin du témoignage de foyers unis, de voisinage solidaire et compréhensif et de chrétiens vivant en frères entre eux.

“Il leur donne pouvoir sur les esprits mauvais…” La mission que Jésus nous confie n’est pas facile. Le tentateur est toujours à l’œuvre ; il ne prend jamais de vacances. Le mal existe autour de nous et en nous. Cela ne doit pas nous décourager : le Seigneur nous demande de rester vigilants. Le meilleur moyen c’est de rester sans cesse relié à lui comme le sarment à la vigne. C’est à ce prix que notre mission portera du fruit. Une fois de plus, le Seigneur se sert de notre faiblesse pour réaliser de grandes choses.

La suite de l’évangile va dans le même sens : Jésus demande à ses envoyés de ne rien emporter pour la route si ce n’est un bâton, de n’avoir ni pain, ni sac, ni pièce de monnaie. La mission qui nous est confiée n’est pas notre affaire personnelle mais la sienne. Nous ne devons rien emporter de nous ni compter sur nous. “Ne revêtez pas deux tuniques…” Il ne s’agit pas de la tunique de rechange mais de celle que l’on voudrait mettre par-dessus l’autre dans un souci d’adaptation au monde. Nous ne sommes pas envoyés pour dire ce qui plaît au monde mais pour annoncer le message de l’Évangile. L’important c’est de nous rappeler que nous sommes baptisés en Christ et plongés dans son amour. De ce fait, nous avons revêtu le Christ. (Ga 3, 27)

Nous sommes tous appelés et envoyés comme messagers de l’Évangile. Mais si nous voulons être crédibles, il importe que notre vie soit en cohérence avec nos paroles. La véritable conversion doit commencer par nous-mêmes. Alors oui, demandons au Seigneur de nous ramener à l’essentiel : qu’il nous libère de tout ce qui nous encombre ; que la force de sa Parole et le souffle de son Esprit nous rendent disponibles pour être les témoins et les messagers de son message d’amour et de réconciliation.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN.ORG, le 6 juillet 2024

En Gaule, au Puy-en-Velay, Marie apparaît dès le IIIe siècle

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En Gaule, au Puy-en-Velay, Marie apparaît dès le IIIe siècle

Selon le chanoine Fayard, historien du Velay (Auvergne, France), c’est un 11 juillet, qu’au IIIème siècle la Vierge apparaît à une veuve atteinte d’une forte fièvre, sur le dolmen appelé « la pierre des fièvres ». La Mère de Dieu demande à la femme d’aller sur le Mont Anis, baptisé aussi rocher Corneille, proche du bourg du Puy-En-Velay et de s’allonger sur une dalle mégalithique!. La veuve s’en relève guérie.

La Vierge lui confie son souhait de voir s’ériger une église sur le mont Anis, qui devient ainsi un des plus anciens sanctuaires dédiés à la Mère de Dieu. Après une deuxième intervention miraculeuse de la Vierge Marie, Saint Vosy, septième successeur de Saint Georges, l’évangélisateur du Velay, fait construire la première église à la fin du Ve siècle, après avoir demandé conseil au Pape qui l’encourage.

Scutaire, jeune sénateur romain, sera l’architecte de ce sanctuaire qui est rapidement très fréquenté, comme l’indique en 591 un texte de Saint Grégoire de Tours, par de pieux pèlerins auxquels se joindront plus tard Charlemagne puis de nombreux rois de France, qui viendront se confier à la célèbre Vierge noire.

En 1051, dans une bulle adressée à Pierre de Mercoeur alors évêque du Puy-en-Velay, le Pape Saint Léon IX souligne la renommée du pèlerinage : « Dans ce sanctuaire du Mont Anis plus que dans tout autre, la Bienheureuse Vierge Marie a reçu un culte éminemment spécial et filial d’honneur, de vénération et d’amour de la plupart des fidèles de toute la Gaule. »

Chanoine Auguste Fayard

Historien du diocèse du Puy-en-Velay

Et aussi : Encyclopédie Mariale

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

11.07.2024 – SAINT DU JOUR

St Benoît de Nursie

PATRON DE L’EUROPE († 547)

Saint Benoît de Nursie
Père des Moines d’Occident 
(480-547)

Benoît naît, autour de l’an 480, dans une petite ville des montagnes de l’Ombrie, d’une des plus illustres familles de ce pays. Le pape saint Grégoire assure que le nom de Benoît lui fut providentiellement donné comme gage des bénédictions célestes dont il devait être comblé.

Craignant la contagion du monde, il résolut, à l’âge de quatorze ans, de s’enfuir dans un désert pour s’abandonner entièrement au service de Dieu. Il parvint au désert de Subiaco, à quarante milles de Rome, sans savoir comment il y subsisterait ; mais Dieu y pourvut par le moyen d’un pieux moine nommé Romain, qui se chargea de lui faire parvenir sa frugale provision de chaque jour.

Le jeune solitaire excita bientôt par sa vertu la rage de Satan ; celui-ci apparut sous la forme d’un merle et l’obséda d’une si terrible tentation de la chair, que Benoît fut un instant porté à abandonner sa retraite ; mais, la grâce prenant le dessus, il chassa le démon d’un signe de la Croix et alla se rouler nu sur un buisson d’épines, tout près de sa grotte. Le buisson se changea en un rosier : de ce buisson, de ce rosier est sorti l’arbre immense de l’ordre bénédictin, qui a couvert le monde.

Les combats de Benoît n’étaient point finis. Des moines du voisinage l’avaient choisi pour maître malgré lui ; bientôt ils cherchèrent à se débarrasser de lui par le poison ; le saint bénit la coupe, qui se brisa, à la grande confusion des coupables. Cependant il était dans l’ordre de la Providence que Benoît devînt le Père d’un grand peuple de moines, et il ne put se soustraire à cette mission ; de nombreux monastères se fondèrent sous sa direction, se multiplièrent bientôt par toute l’Europe et devinrent une pépinière inépuisable d’évêques, de papes et de saints.

Parmi ses nombreux miracles, citons les deux suivants : un de ses moines avait, en travaillant, laissé tomber le fer de sa hache dans la rivière. Benoît prit le manche de bois, le jeta sur l’eau, et le fer, remontant à la surface, revint prendre sa place. Une autre fois, cédant aux importunes prières d’un père qui le sollicitait de ressusciter son fils, Benoît se coucha sur l’enfant et dit : « Seigneur, ne regarde pas mes péchés, mais la foi de cet homme ! » Aussitôt l’enfant s’agita et alla se jeter dans les bras paternels.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du pape Benoît XVI :
>>> Saint Benoît de Nursie

Saint Benoît de Nursie priez pour nous !

11.07.2024 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,27-29.

En ce temps-là, Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? »
Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël.
Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Vénérable Pie XII

pape de 1939 à 1958

Encyclique « Fulgens radiatur », 21/03/1947

Saint Benoît établit la paix du Christ dans l’Europe envahie par les barbares

      Dans un siècle barbare et turbulent, la culture des champs, le travail manuel et noble, et l’étude des sciences sacrées et profanes étaient dépréciés et délaissés presque de tous. Dans les monastères bénédictins, au contraire, croissait sans cesse une foule innombrable d’agriculteurs, d’artisans et de savants. Chacun selon ses talents, ces moines parvenaient non seulement à conserver intactes les productions de la sagesse antique mais à pacifier, à unir et à occuper activement des peuples, vieux et jeunes, souvent en guerre entre eux. Ils ont réussi à les faire passer de la barbarie renaissante, des haines dévastatrices et des rapines à des habitudes de douceur humaine et chrétienne…       Mais ce n’est pas tout : car dans l’organisation de la vie monastique bénédictine, l’essentiel pour tous…est de tendre à l’union continuelle avec le Christ et de brûler de sa charité parfaite. En effet, les biens de ce monde, même dans leur ensemble, ne peuvent pas rassasier l’âme humaine que Dieu a créée pour l’atteindre lui-même… C’est pourquoi la Règle de Saint Benoît dit qu’il est indispensable que « rien ne soit préféré à l’amour du Christ », « que rien ne soit estimé de plus haut prix que le Christ », « qu’absolument rien ne soit préféré au Christ, qui nous conduit à la vie éternelle ».       Et à cet amour ardent du divin Rédempteur doit correspondre l’amour du prochain, que nous devons considérer tous comme des frères et aider de toutes les façons possibles. C’est pourquoi, à l’encontre des haines et des rivalités qui dressent les hommes les uns contre les autres, de la violence et des innombrables maux et misères qui sont les conséquences de cette agitation des peuples et des choses, Benoît prescrit aux siens ces très saintes règles : « Qu’on montre les soins les plus empressés dans l’hospitalité, spécialement à l’égard des pauvres et des pèlerins, car c’est le Christ que l’on accueille principalement en eux. » « Que tous les hôtes qui nous arrivent soient accueillis comme le Christ, car c’est lui qui dira un jour : J’ai été étranger, et vous m’avez accueilli » (Mt 25,35). « Avant tout et par-dessus tout, que l’on ait soin des malades, afin de les servir comme le Christ lui-même, car il a dit : J’étais malade et vous m’avez visité » (v. 36).

LECTURES :

Livre des Proverbes 2,1-9. 

Mon fils, accueille mes paroles, conserve précieusement mes préceptes,
l’oreille attentive à la sagesse, le cœur incliné vers la raison.
Oui, si tu fais appel à l’intelligence, si tu invoques la raison,
si tu la recherches comme l’argent, si tu creuses comme un chercheur de trésor,
alors tu comprendras la crainte du Seigneur, tu découvriras la connaissance de Dieu.
Car c’est le Seigneur qui donne la sagesse ; connaissance et raison sortent de sa bouche.
Il réserve aux hommes droits la réussite : pour qui marche dans l’intégrité, il est un bouclier,
gardien des sentiers du droit, veillant sur le chemin de ses fidèles.
Alors tu comprendras la justice, le jugement, la droiture, seuls sentiers qui mènent au bonheur.

Psaume 34(33),2-3.4-5.6-7.8-9.10-11. 

Je bénirai le Seigneur en tout temps, 
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur : 
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur, 
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond : 
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira, 
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

L’ange du Seigneur campe à l’entour 
pour libérer ceux qui le craignent.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! 
Heureux qui trouve en lui son refuge !

Saints du Seigneur, adorez-le : 
rien ne manque à ceux qui le craignent.
Des riches ont tout perdu, ils ont faim ; 
qui cherche le Seigneur ne manquera d’aucun bien.