29.03.2025 – SAINTE DU JOUR

Sainte Gladys

Veuve et ermite

(Ve s.)

Gladys, prénom toujours apprécié dans le monde anglo-saxon, était princesse du Pays de Galles. 

Elle et son mari Gondlée étaient devenus des saints, non sans peine. Gondlée, chef de clan, avait enlevé sa future épouse, dont la fidélité conjugale fut loin d’être exemplaire. 

Or le fils de tels parents, Cadoc, se manifesta très vite, au contraire, comme un saint authentique. Il eut assez d’influence pour amener ses parents à quitter leur existence brutale. 

Devenue veuve, Gladys se convertit et se fit ermite, vivant dans la prière et la pénitence au bord de la rivière Ebbwé, dans l’Ouest de l’Angleterre. Elle termina sa vie dans la paix de la conversion du cœur. 

Quant à son fils, devenu moine, il fonda un monastère dans la région de Cardiff, puis se réfugia avec ses moines en Armorique, notre Bretagne, lors de l’invasion des tribus saxonnes. Ayant rencontré saint Gildas, le moine Cadoc porta l’Évangile dans la région de Vannes en Morbihan. 

Ainsi, le fils et la mère se sont retrouvés par la miséricorde du Seigneur qui « écrit droit avec les lignes courbes de nos vies ». 

De retour en Angleterre, Cadoc prend soin de ses compatriotes, les Celtes des comtés orientaux combattant les conquérants saxons, qui le livrent au martyre à Weedon. Il avait mené jusqu’au bout le beau combat de la foi. Le prénom Cadoc, ou encore Kadeg, a d’ailleurs le sens, en celtique, de « combattant valeureux ».

 Cette notice fait référence au dictionnaire hagiographique intitulé Dix mille saints et rédigé par les bénédictins de Ramsgate en Angleterre (Éditions Brépols).

Sainte Gladys priez pour nous !

29.03.2025 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 18,9-14. 

En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici :
« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts).
Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : ‘Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain.
Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.’
Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : ‘Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !’


Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Ludolphe de Saxe (v. 1300-1378)

dominicain puis chartreux à Strasbourg

La Vie de Jésus-Christ ; 2,30 (in Lectures chrétiennes pour notre temps, fiche I44; trad. Orval; © 1971 Abbaye d’Orval)

« Le Seigneur voit l’humble ; il reconnaît l’orgueilleux » (Ps 137,6)

Le pharisien de l’Évangile se vantait et se justifiait avec orgueil. Il accusait les autres et s’estimait meilleur qu’eux (…). Voilà bien les signes de l’orgueil que Dieu reconnaît de loin (cf. Ps 137,6) mais ne pardonne pas. Loin de s’accuser, cet homme se loue lui-même. Au lieu de prier Dieu, il se moque de celui qui le glorifie. Et lorsqu’il rend grâce, il ne pense pas aux dons de Dieu mais à ses propres mérites. « Le publicain, lui, reste à distance », avec l’humble sentiment qu’il n’est pas digne de s’approcher, « et il n’ose même pas lever les yeux au ciel » par modestie, car il a conscience de son indignité de pécheur, et son péché l’empêche de regarder le ciel. La douleur de son repentir fait qu’ « il se frappe la poitrine » où il trouve l’origine de tout mal, et il dit en s’accusant humblement : Toi qui peux tout, « mon Dieu, aie pitié de moi qui suis un pécheur » (Lc 18,13). Cette accusation de soi, cet aveu sans artifice, apporte au pécheur le pardon de ses fautes. Voilà les signes de l’humilité sur laquelle Dieu penche son regard et qu’il reconnaît. (…) Quel fut le fruit de cette attitude ? Dieu pardonna au publicain ce dont il s’accusait, et celui-ci s’en alla justifié. (…) Il est devenu juste à bon droit, car le pharisien présumait de sa justice, tandis que le publicain la possédait réellement. Celui-là était justifié à ses propres yeux par ses œuvres ; celui-ci l’était auprès de Dieu par sa foi. Celui-là se glorifiait orgueilleusement de ses biens ; celui-ci reconnaissait humblement son mal. Mieux vaut l’humble pécheur que le juste orgueilleux, car dès que le pécheur s’humilie, il n’est déjà plus pécheur ; et dès que le juste s’enorgueillit, il cesse d’être juste. Il ne faut donc pas se glorifier de ses œuvres, mais se confier humblement à la grâce.

LECTURES :

Livre d’Osée 6,1-6. 

Venez, retournons vers le Seigneur !  Il a blessé, mais il nous guérira ; il a frappé, mais il nous soignera.
Après deux jours, il nous rendra la vie ; il nous relèvera le troisième jour : alors, nous vivrons devant sa face.
Efforçons-nous de connaître le Seigneur : son lever est aussi sûr que l’aurore ; il nous viendra comme la pluie, l’ondée qui arrose la terre.
– Que ferai-je de toi, Éphraïm ? Que ferai-je de toi, Juda ? Votre fidélité, une brume du matin, une rosée d’aurore qui s’en va.
Voilà pourquoi j’ai frappé par mes prophètes, donné la mort par les paroles de ma bouche : mon jugement jaillit comme la lumière.
Je veux la fidélité, non le sacrifice, la connaissance de Dieu plus que les holocaustes.

Psaume 51(50),3-4.18-19.20-21ab. 

R/ Tu veux la fidélité, Seigneur, non le sacrifice. (Os 6, 6a)

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, 
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave moi tout entier de ma faute, 
purifie-moi de mon offense.

Si j’offre un sacrifice, tu n’en veux pas, 
tu n’acceptes pas d’holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; 
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

Accorde à Sion le bonheur, 
relève les murs de Jérusalem.
Alors tu accepteras de justes sacrifices,
oblations et holocaustes sur ton autel.

28.03.2025 – Prédication du père Roberto Pasolini, O.F.M. Cap., pour le Carême 2025 (2/4)

Carême: «Aux yeux de Dieu, chaque geste d’amour a une valeur infinie»

Dans sa méditation de ce vendredi 28 mars, le père Roberto Pasolini, prédicateur de la Maison pontificale à rappeler que «l’itinéraire du Carême que nous suivons a pour but de vérifier combien notre vie est ancrée dans le Christ, à partir du don baptismal reçu dans l’Église». Il a ensuite souligné que «la profonde liberté du Christ et sa manière d’apporter le salut au monde, nous obligent à réfléchir et à vérifier la qualité évangélique de nos gestes». 

Augustine Asta – Cité du Vatican

La deuxième prédication de Carême du père Roberto Pasolini, a eu lieu ce vendredi 28 mars dans la salle Paul VI du Vatican. Le religieux capucin dans son exhoration a tout d’abord tenu à rappeler que «l’itinéraire de Carême que nous suivons a pour but de vérifier combien notre vie est ancrée dans le Christ, à partir du don baptismal reçu dans l’Église comme possibilité d’une existence renouvelée». Revenant en particulier sur l’épisode du baptême du Christ et ses implications pour notre vie spirituelle, thème abordé lors de sa première prédication vendredi 21 mars, le prédicateur de la Maison pontificale a ensuite passé en revue quelques épisodes «dans lesquels la profonde liberté du Christ et sa manière d’apporter le salut au monde nous obligent à réfléchir et à vérifier la qualité évangélique de nos gestes».

Suivre l’exemple de Jésus

«Le Verbe de Dieu s’est immergé dans la réalité et la complexité de la vie humaine d’une manière surprenante et a révélé un profil de personnalité vraiment original et stimulant», a-t-il souligné. Afin d’exprimer cette qualité anthropologique «riche et convaincante, Jésus a suivi un parcours lent et ordinaire au cours duquel il a mûri en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes» (Luc 2:52). Pour le père Pasolini «grandir n’est pas un processus évolutif prévisible et mécanique, mais exige une grande capacité à évaluer les circonstances et une attention rigoureuse – mais non scrupuleuse – aux détails». C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, en se soumettant à ces exigences, «Jésus a pu devenir un homme simple, sans jamais être naïf». Au contraire, «son cœur doux, humble, à l’épreuve du désert, se révèle dans les évangiles mûr et fécond, capable de gérer la complexité des relations humaines sans jamais rien prendre pour acquis, pas même la première évidence», a-t-il noté. 

Le père Roberto Pasolini, prédicateur de la Maison pontificale lors de sa deuxième prédication de Carême.
Le père Roberto Pasolini, prédicateur de la Maison pontificale lors de sa deuxième prédication de Carême.   (VATICAN MEDIA Divisione Foto)

S’appuyant sur quelques passages de l’Évangile de Jean, le prédicateur de la Maison pontificale a indiqué que «la réaction de Jésus au large consensus que ses gestes sont capables de susciter, ne peut que nous déconcerter». «Immergés dans une culture où dominent les valeurs de l’individualisme et de la compétition effrénée, nous sommes extrêmement heureux lorsque notre popularité s’accroît soudainement et significativement. Ce besoin d’être continuellement et rapidement apprécié nous pousse à accueillir facilement tout signe d’appréciation à notre égard: une notification, un like, un regard», pourtant a-t-il détaillé, «Jésus semble détaché de ce type de reconnaissance trop rapide et superficielle».

Même si «le charme de sa personne ne passe pas inaperçu» et que «beaucoup aient commencé à lui faire confiance», Jésus «sent qu’il ne peut encore faire confiance à personne». Car par son «choix d’incarnation», Jésus a «découvert que notre cœur est beau, parce qu’en lui résident l’esprit et la voix de Dieu, mais qu’il est extrêmement fragile, manipulable, inconstant, craintif». Pour ce faire «Jésus ne succombe pas à la tentation d’une complicité facile avec notre consentement immédiat».

“Ne pas donner immédiatement trop de confiance et d’intimité à ceux qui nous approchent, peut-être avec un certain enthousiasme, n’est pas un signe de froideur, mais de sagesse. C’est l’expression d’un profond respect de soi, de l’autre et de ce que, dans la liberté, on peut choisir de vouloir vivre ensemble. Les choses importantes prennent du temps, il faut les accueillir avec patience et les préparer avec engagement et dévouement”

Le père Roberto Pasolini a ensuite expliqué que «c’est souvent la motivation qui nous pousse à agir rapidement lorsque nous sommes touchés par un appel à l’aide». «Nous enfilons immédiatement et volontiers les chaussures du sauveur, non pas parce que nous nous soucions réellement du sort de ceux qui sont dans la détresse, mais parce que tendre la main nous donne l’impression d’être importants et nous rassure face aux menaces qui nous guettent dans la réalité». En revanche, «la réponse de Jésus est humble et posée, déclarant simplement l’existence de certaines limites, même dans sa volonté inconditionnelle d’être un instrument de compassion entre les mains de Dieu». «Jésus n’a pas peur de mettre un frein à sa propre volonté d’aimer et de servir son prochain, parce qu’il n’a pas peur d’être inutile ou hors de propos», a poursuivi le prédicateur.

L’espérance dans la paix

Le troisième et dernier enseignement du Christ est sa capacité à se démarquer du consensus des foules. L’épisode de la multiplication des pains et des poissons, raconté dans l’Évangile de Jean (6,14), en est un exemple. Le religieux cappucin a estimé que ce passage «n’est pas seulement une manifestation de Dieu, mais aussi une révélation de ce que notre humanité», puisque «c’est une bonne nouvelle qui accroît notre espérance et rompt avec l’habitude de nous considérer comme insignifiants, ayant toujours besoin d’un soutien extérieur». Le prédicateur a également souligné dans sa méditation, l’importance de la liberté intérieure. «Jésus n’a pas besoin de confirmation pour continuer son chemin et ne perd pas la direction de son choix de vie». Au contraire a-t-il ajouté, «sa question est le miroir d’une profonde liberté intérieure qui ne demande à personne d’autre qu’à elle-même le prix de son désir».

Ne pas s’enfermer dans une complaisance inutile

Cet aspect est également évident dans les modes verbaux récurrents dans les Évangiles, à l’intérieur desquels on observe un glissement progressif de l’impératif à l’hypothétique, de manière à placer au centre les exigences d’un choix, d’un amour libre et conscient. Le Seigneur, en effet – a dit le père Pasolini «ne prétend pas avoir toujours des enfants prêts et disposés à faire sa volonté; au contraire, il s’inquiète si ces enfants ne sont pas libres d’exprimer leurs sentiments, finissant par s’enfermer dans la clôture d’une complaisance inutile, esclaves d’eux-mêmes et des attentes d’autrui». En revanche, a-t-il souligné, «avoir le courage d’exprimer sincèrement ses désirs ouvre à une vie plus grande et rapproche du Royaume de Dieu». Car «la vérité et l’amour n’ont pas besoin de s’imposer, mais savent attendre que les choses mûrissent, dans l’adhésion et la liberté». Et c’est «ainsi que le Christ sauve le monde», a conclu le prédicateur de la Maison pontificale.

Source : VATICANNEWS, le 28 mars 2025

Pour une vraie fécondité de la vie chrétienne, passons par Marie

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© Shutterstock/Deemerwha studio

Pour une vraie fécondité de la vie chrétienne, passons par Marie

Il est remarquable que l’évangile soit comme encadré par deux invitations à prendre Marie chez soi : celle à saint Joseph au seuil de l’incarnation – « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse ! » – et celle au disciple bien-aimé – « Voici ta mère », au moment où Jésus s’apprête à rendre l’esprit.

La piété mariale trouve son origine en cette invitation adressée à saint Joseph et saint Jean, et nous est donnée en héritage. Notre Règle de Vie traduit cette invitation par ces mots : « Jésus nous appelle à lui jusqu’à nous faire partager son amour filial pour sa Mère et nous charger de révéler le don qu’il fait d’elle aux hommes. » Pour atteindre la plénitude de la stature du Christ, pour croître dans l’ordre de la grâce, il faut vivre dans l’intimité de la Mère de Dieu. C’est l’expérience de l’abbé Desgenette et du père Lamy : ils désespèrent de l’inutilité de leurs efforts… Ils invoquent Marie… Une fécondité inespérée leur est donnée.

Cette expérience est une bonne nouvelle pour chacun d’entre nous ! Car nous pouvons être visité par l’épreuve comme ces deux curés ; épreuves de la séparation d’avec un être cher, de la sensation d’être oublié, de l’inutilité de nos efforts, du vieillissement, de la difficulté de transmettre ce que nous avons reçu, de l’incompréhension face à nos propres réactions…

Dans ces situations, nous recherchons du sens. En emboîtant le pas du père Lamy, attention, cependant de ne pas confondre fécondité et succès ou solution magique. Il s’agit d’une fécondité dans l’ordre de la grâce.

Liminaire Bulletin des Serviteurs

www.serviteurs.org

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

28.03.2025 – SAINT DU JOUR

Saint Gontran
(545-592)

Petit-fils de Clovis et de sainte Clotilde. Il est, à 16 ans, roi d’Orléans, de Bourgogne, du Berry. Il connut cette époque féroce et cruelle où la reine Frédégonde fit assassiner sa sœur, son beau-frère, son mari et l’évêque Prétextat. 

Clotaire II fit périr Brunehaut, reine d’Austrasie, en l’attachant à un cheval au galop. Gontran lui-même fit bien quelques écarts dans la fidélité conjugale, répudia sa femme, crime qu’il ajoutait à bien d’autres.

Et puis, il se convertit, pleura ses péchés pendant le reste de sa vie, racheta ses fautes par ses grandes libéralités envers les pauvres, qui le surnommèrent « le bon roi Gontran ». Il essaya toujours de réconcilier ses frères et fit fonder de nombreux monastères.

Vers la fin de sa vie, il entra au monastère Saint-Marcel de Chalon sur Saône. Peu après sa mort, il fut proclamé saint par son peuple.

Saint Gontran priez pour nous !