Le Pape Léon XIV devant les cardinaux ce samedi 10 mai. (@Vatican Media)
Pape Léon XIV: l’Église offre à tous l’héritage de la doctrine sociale
Le Successeur de Pierre a adressé ce samedi 10 mai ses sincères remerciements à l’ensemble des cardinaux. «Votre présence rappelle que le Seigneur, qui m’a confié cette mission, ne me laisse pas seul pour en porter la responsabilité», a-t-il affirmé. Il également tourné ses pensées vers François, souhaitant ensuite que le Collège cardinalice «renouvelle sa pleine adhésion au chemin que l’Église universelle suit depuis des décennies dans le sillage du Concile Vatican II».
Myriam Sandouno – Cité du Vatican
«Je vous remercie tous pour cette rencontre et pour les jours qui l’ont précédée, douloureux par la perte du Saint-Père François, exigeants en raison des responsabilités que nous avons affrontées ensemble et en même temps, selon la promesse que Jésus lui-même nous a faite, riches en grâces et en consolations dans l’Esprit».
Au deuxième jour de son élection comme Souverain pontife, Léon XIV a exprimé sa reconnaissance envers tout le Collège cardinalice, particulièrement le doyen des cardinaux Giovanni Battista Re, «dont la sagesse, fruit d’une longue vie et de nombreuses années de service fidèle au Siège apostolique, nous a beaucoup aidés en cette période»; le camerlingue de la Sainte Église romaine, le cardinal Kevin Joseph Farrell, «pour le rôle précieux et exigeant qu’il a joué pendant la vacance du Siège et la convocation du conclave». Sans oublier ses frères cardinaux «qui, pour des raisons de santé, n’ont pu être présents. Je m’associe à eux en communion d’affection et de prière».
«Je sais que je peux toujours compter sur vous»
Lors d’une audience tenue ce samedi 10 mai avec les cardinaux, il leur a signifié: «votreprésence rappelle que le Seigneur, qui m’a confié cette mission, ne me laisse pas seul pour en porter la responsabilité». «Je sais avant tout que je peux toujours compter sur son aide et, par sa Grâce et sa Providence, sur votre proximité et celle de nombre de frères et sœurs qui, dans le monde entier, croient en Dieu, aiment l’Église et soutiennent le Vicaire du Christ par la prière et les bonnes œuvres», a-t-il déclaré.
Hommage au Pape François
Léon XIV, issu de l’Ordre de Saint-Augustin, a ensuite rendu un hommage au Pape François qui l’avait créé cardinal en 2023. En ce «moment à la fois triste et heureux», il a invité «à percevoir le départ du regretté Pape François et le conclave comme un événement pascal, l’étape d’un long exode à travers lequel le Seigneur continue de nous guider vers la plénitude de la vie». Dans cette perspective, «nous confions au Père miséricordieux et Dieu de toute consolation, l’âme du défunt Pontife et l’avenir de l’Église». Le Pape François fut «un humble serviteur de Dieu et de ses frères». Le nouveau Pontife a fait remarquer «son style de dévouement total dans le service et de sobre manière d’être dans la vie, d’abandon à Dieu pendant le temps de la mission et de confiance sereine au moment du retour à la maison du Père». «Recueillons ce précieux héritage, a-t-il poursuivi, et remettons-nous en route, animés par la même espérance qui naît de la foi».
La grandeur de l’Église
La proximité des fidèles en ces moments tristes, de deuil, vécus ces derniers jours, rappelle «la véritable grandeur de l’Église, qui vit dans la diversité de ses membres unis à l’unique Tête, le Christ, « pasteur et gardien » de nos âmes». «Nous avons pu voir la beauté et sentir la force de cette immense communauté qui a salué et pleuré son pasteur avec beaucoup d’affection et de dévotion, l’accompagnant avec foi et prière au moment de sa rencontre définitive avec le Seigneur», a dit le Pape Léon XIV.
Écouter la voix de l’Esprit Saint
Poursuivant son discours, il a souligné devant les cardinaux que «c’est le Ressuscité, présent parmi nous, qui protège et guide l’Église» et «qui continue à la faire revivre dans l’espérance, par l’amour répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné». D’où l’invitation à se faire «les auditeurs dociles de sa voix», et «les ministres fidèles de ses desseins de salut».
L’évêque de Rome les a invités à «renouveler leur pleine adhésion au chemin que l’Église universelle suit depuis des décennies dans le sillage du Concile Vatican II». Le Pape François l’ayant rappelé et actualisé dans l’Exhortation apostoliqueEvangelii gaudium, Léon XIV au cours de cette rencontre, a bien voulu souligner quelques aspects fondamentaux de ce concile: le retour à la primauté du Christ dans l’annonce; la conversion missionnaire de toute la communauté chrétienne; la croissance dans la collégialité et la synodalité; l’attention au sensus fidei, en particulier dans ses formes les plus authentiques et les plus inclusives, comme la piété populaire. Sans oublier, l’attention affectueuse aux plus petits et aux laissés-pour-compte; le dialogue courageux et confiant avec le monde contemporain dans ses diverses composantes et réalités.
Le choix du nom Léon XIV
Ces principes évangéliques ont en effet toujours animé et inspiré la vie et l’œuvre de la Famille de Dieu, de valeurs à travers lesquelles le visage miséricordieux du Père s’est révélé et continue de se révéler dans le Fils fait homme, espérance ultime de quiconque recherche sincèrement la vérité, la justice, la paix et la fraternité (cf. Benoît XVI, Lett. enc. Spe salvi, 2; François, Bulle Spes non confundit, n. 3). «C’est précisément parce que je me sens appelé à poursuivre dans ce sillage que j’ai pensé à prendre le nom de Léon XIV», a souligné clairement le Pape américain.
Se souvenant du Pape Léon XIII, il a expliqué qu’avec l’encyclique historique Rerum novarum, le 256e évêque de Rome (1878-1903), a abordé la question sociale dans le contexte de la première grande révolution industrielle. Et aujourd’hui, a estimé le nouveau Pape, «l’Église offre à tous son héritage de doctrine sociale, pour répondre à une autre révolution industrielle et aux développements de l’intelligence artificielle, qui posent de nouveaux défis pour la défense de la dignité humaine, de la justice et du travail», a-t-il conclu.
Ratzinger/Benoît XVI, biographe du pape Léon XIV, a déclaré à kath.net : « Les cardinaux ont manifestement été très attentifs lorsqu’ils ont écouté la voix du Saint-Esprit » – « Je pense que le pape Benoît XVI serait également très satisfait de ce choix. »
Vatican-Munich (kath.net/pl) « J’ai été fasciné lorsque le nouveau pape a fait son entrée sur la loggia de la basilique Saint-Pierre hier, 8 mai, à la fin de la guerre. Un Léon, dans la lignée de Léon le Grand et de Léon XIII. Je dois dire que cette élection a dépassé mes attentes les plus folles. Les cardinaux étaient visiblement très attentifs, à l’écoute de la voix du Saint-Esprit. » C’est ce que Peter Seewald a déclaré à kath.net sur demande. Seewald est un expert du cardinal Joseph Ratzinger/pape Benoît XVI depuis de nombreuses années ; il a publié de nombreux volumes d’entretiens avec lui et, après sa mort, a écrit la biographie très respectée du pape théologien.
« La première apparition de Léon XIV, dans laquelle il a présenté, pour ainsi dire, sa carte de visite, a montré qu’il est un pasteur pieux, sage, humble, expérimenté et mature qui ne veut pas se mettre au premier plan, qui n’entend pas briller par des initiatives personnelles, mais se place plutôt dans la continuité des disciples du Christ – et ce faisant, il sait exactement ce dont l’Église et le monde ont besoin à notre époque », explique Seewald. Son discours d’ouverture est porteur d’espoir pour un réconciliateur et un prédicateur. Un Américain, un missionnaire, un homme de prière, un ami de la Mère de Dieu, un prédicateur de la paix du Christ et du message de la vie éternelle ! Il est également merveilleux qu’il soit issu de l’Ordre de Saint-Augustin, témoignant ainsi de son lien étroit avec le grand Docteur de l’Église, que Joseph Ratzinger appelait son « maître ». Je pense que le pape Benoît XVI serait également très satisfait de ce choix.
Sur cette photo publiée par le diocèse de Chulucanas, l’évêque Robert Prevost, troisième à partir de la droite, pose avec des membres du clergé à Chulucanas, au Pérou, le 12 août 2024. (Crédit : Diocèse de Chulucanas via AP.)
De sérieuses questions de crédibilité entourent les allégations de dissimulation contre le nouveau pape
ROME – Après l’élection historique du cardinal Robert Prevost comme premier pape américain de l’histoire, de vieilles allégations de dissimulation et de mauvaise gestion d’affaires d’abus ont refait surface, mais elles contiennent de sérieux doutes quant à leur crédibilité.
Les cas en question, publiés par le Réseau des survivants de ceux qui ont été abusés par des prêtres (SNAP), concernent un groupe de femmes de Chiclayo qui affirment avoir été abusées sexuellement par deux prêtres et qui ont déclaré que Prevost a mal géré l’enquête sur leurs allégations, ainsi que le transfert d’un prêtre accusé dans une maison communautaire augustinienne près d’une école.
Les allégations de Chiclayo
Dans le cas des victimes de Chiclayo, les allégations en question ont été élaborées en partie par un ancien prêtre et avocat canoniste qui a brièvement représenté les femmes, mais qui a été défroqué en décembre dernier pour abus sexuel et interdit d’exercer le droit canonique, et qui avait un différend historique avec Prevost.
Ricardo Coronado, l’ancien prêtre en question, a également des liens étroits avec un groupe péruvien, le Sodalitium Christiane Vitae , que le pape François a formellement supprimé avant sa mort, après avoir expulsé un archevêque éminent appartenant à la société ainsi que 14 autres membres l’automne dernier.
Les femmes affirment avoir été victimes de comportements sexuellement inappropriés de la part de deux prêtres du diocèse de Chiclayo au Pérou avant l’arrivée de Prevost, mais elles n’ont pas déposé de plainte officielle auprès des autorités ecclésiastiques avant 2022, pendant son mandat.
Ces femmes allèguent notamment qu’après s’être manifestées, Prevost n’a pas ouvert d’enquête préliminaire et n’a pas informé les autorités civiles de leurs plaintes. Elles affirment également ne pas s’être vu offrir de services de consultation. Elles ont ensuite déposé une plainte civile.
Le diocèse de Chiclayo a nié ces accusations, publiant une déclaration en 10 points le 10 septembre 2024, affirmant que Prevost avait lancé une enquête, interdit au prêtre d’exercer son ministère et avait envoyé les résultats de l’enquête au Dicastère pour la doctrine de la foi (DDF) à Rome.
L’année dernière, un responsable du Vatican a déclaré à Crux, en toute confidentialité, que « l’affaire avait été examinée et que Prevost n’avait pas été reconnu coupable de dissimulation. Il avait agi conformément à la réglementation en vigueur à l’époque ».
D’autres sources au Pérou, au courant de l’affaire, ont déclaré que les femmes se sont en fait vu proposer un accompagnement psychologique lorsqu’elles ont été orientées vers le centre d’écoute diocésain après avoir déposé leur plainte, et l’une d’entre elles a profité des services d’accompagnement psychologique.
La source a également déclaré que Prevost avait mentionné la possibilité d’une plainte civile aux femmes, mais avait averti qu’elle ne serait probablement pas retenue en raison du délai de prescription, comme ce fut le cas plus tard.
Les accusations portées contre Prevost dans l’affaire Chiclayo n’ont été révélées qu’après l’intervention de Coronado comme avocat canoniste des femmes. Ancien augustinien, il a représenté les femmes de mai à août 2024, date à laquelle les évêques péruviens lui ont interdit d’exercer le droit canonique en raison d’allégations d’inconduite sexuelle.
Coronado a annoncé sa défroquement sur sa page Facebook juste avant Noël 2024, affirmant avoir été expulsé de force de la prêtrise. Sans expliquer pourquoi, il a été accusé l’année dernière d’un « crime contre le sixième commandement » non spécifié par son diocèse de Cajamarca, au Pérou.
Dans le jargon juridique catholique, un « crime contre le sixième commandement » implique une forme d’inconduite sexuelle.
Coronado a déclaré que le même décret lui interdisait également d’exercer la profession d’avocat, affirmant que l’objectif était de « protéger d’éminents prélats ». Dans une publication ultérieure sur Facebook, il a déclaré : « S’il vous plaît, ne considérez pas la destitution promue par un cardinal qui a dissimulé des faits comme une honte. C’est une distinction. Je me sens très honoré. »
La plupart des observateurs ont interprété ces références comme faisant allusion à Prevost, avec qui Coronado aurait des divergences politiques et personnelles remontant à l’époque où Coronado était chez les Augustins.
Diverses sources proches des deux hommes ont déclaré à Crux l’année dernière, en coulisses, que Coronado nourrissait du ressentiment contre Prevost dans le passé, en partie à cause de la croissance de la théologie de la libération au Pérou et de la conviction de Coronado que l’ordre augustinien était devenu trop progressiste, accusant Prevost de faire partie d’un camp progressiste qui avait besoin d’être réformé.
Trois personnes ayant une connaissance directe de Coronado remontant au début des années 1990, lorsqu’il dirigeait la maison de formation augustinienne à Lurín, au Pérou, ont parlé à Crux de son ressentiment personnel envers Prevost et de ses liens historiques avec le SCV, ainsi que de ce qu’ils ont qualifié d’inconduite sexuelle généralisée de la part de Coronado.
Chacun des hommes a parlé sous couvert d’anonymat par crainte de représailles de la part de Coronado.
« Il [Coronado] méprisait profondément Prevost, car il disait qu’il incarnait le progressisme dans l’Église, et que c’était du modernisme, etc. Prevost a toujours été au centre de toutes les attentions, et [Coronado] le méprisait ouvertement », a déclaré l’un des hommes.
Deux des individus qui étaient en formation sous Coronado ont raconté une attitude extrêmement compétitive à l’égard de la maison de formation de Trujillo, qui à l’époque était dirigée par Prevost.
Coronado, ont déclaré les hommes, considérait Prevost et la maison Trujillo comme trop progressistes, qualifiant les séminaristes de « homosexuels ».
Ces deux personnes ont décrit l’environnement de la maison de formation sous Coronado comme étant dominé par des règles strictes, du favoritisme et des allusions sexuelles constantes. Coronado distribuait des punitions humiliantes et banalisait les connotations sexuelles telles que la nudité et les blagues salaces. Ils ont dénoncé un comportement sexuellement inapproprié et agressif de la part de Coronado, envers les séminaristes adultes placés sous sa supervision.
Un autre individu qui n’était pas dans la maison de formation avec Coronado, mais qui lui rendait souvent visite et observait les mêmes comportements, a déclaré qu’il avait eu des contacts avec Coronado une vingtaine d’années plus tard, et que la conduite de Coronado n’avait pas changé.
Un individu qui était en formation sous Coronado a également souligné ses liens avec le SCV, aujourd’hui supprimé, en disant qu’il était l’ami personnel de nombreux membres, et que pendant qu’il dirigeait la maison de formation de Lurín, pendant au moins un an, il allait chaque mois servir comme confesseur à la maison de formation du SCV à San Bartolo, où divers abus physiques présumés auraient eu lieu, apparemment avec l’approbation du fondateur du SCV, Luis Fernando Figari.
Coronado voulait transformer la maison Lurín en « un autre San Bartolo », a-t-il déclaré.
L’autre individu qui était en formation avec Coronado a exprimé sa conviction que la décision de Coronado d’accuser publiquement Prevost de dissimulation est probablement due à la présomption que Prevost avait agi contre un éminent archevêque du SCV, qui a été évincé de la direction dans le cadre de l’enquête du Vatican sur le groupe, qui a été menée par une mission spéciale assignée par le pape et composée de deux responsables de la DDF.
Aucune mention de Prevost n’avait été faite jusqu’à ce que Coronado intervienne comme avocat des femmes, a-t-il déclaré, ajoutant : « Les victimes n’accusent pas Prevost, elles demandent de l’aide. Cette façon de salir Prevost » est venue de Coronado, a-t-il ajouté.
Coronado a intenté plusieurs poursuites contre des personnes qu’il accuse de diffamation, notamment pour des propos tenus lors d’une séance de partage en groupe dans le cadre d’un processus de guérison intérieure. Il a également poursuivi l’évêque James Golka de Colorado Springs.
Après avoir quitté les Augustins en 2001, suite à des plaintes adressées à ses supérieurs au sujet de sa conduite, Coronado a reçu la permission de l’évêque Michael Sheridan à Colorado Springs de venir travailler comme canoniste, y servant comme vicaire judiciaire pendant près de 20 ans.
Il a quitté ce poste en 2022, apparemment en raison de différends avec Golka, mais avec la compréhension qu’il était toujours un prêtre en règle et pouvait ainsi célébrer les sacrements lors de ses visites.
Cependant, l’année dernière, Coronado a intenté une action en justice contre Golka et son ancien vicaire général, Monseigneur Robert Jaeger, pour avoir prétendument rompu un protocole d’accord dans lequel les parties avaient convenu de ne pas rendre public, après que Jaeger a publié une déclaration en juin 2023 disant qu’il avait été mis au courant de « certaines allégations » concernant la conduite de Coronado, et que Coronado n’était plus un prêtre en règle.
Cette action en justice a ensuite été rejetée par le tribunal de district du comté d’El Paso. Coronado a fait appel de cette décision.
Un porte-parole du diocèse de Colorado Springs a refusé une demande de commentaire de Crux lorsque Coronado a été défroqué, invoquant un litige en cours.
Coronado a décliné une demande d’interview de Crux , mais son avocate canonique, Lucia Musso, a déclaré qu’ils étaient tous deux « surpris par la décision de le retirer de l’état clérical car il n’y avait aucune preuve d’un crime ».
« La décision signée par le Saint-Père ne peut être modifiée et mon client ne considère pas approprié de faire une quelconque déclaration », a déclaré Musso, précisant que Coronado prépare un livre qui offrira un « compte rendu détaillé des événements dans lesquels il a été impliqué, et jusqu’à sa publication, il n’y aura pas d’autres déclarations. »
Certains observateurs pensent que le mépris historique apparent de Coronado pour Prevost et ses liens étroits avec le SCV, que le pape François a supprimés plus tôt cette année et que Prevost connaissait bien compte tenu de ses nombreuses années au Pérou, étaient des motifs possibles pour fabriquer les allégations.
Affaire Chicago
L’autre cas concerne des allégations de mise en danger d’enfants suite au placement d’un prêtre accusé d’abus et démis de ses fonctions par l’archidiocèse de Chiclayo, dans un couvent situé près d’une école, à l’époque où Prevost était supérieur provincial.
Prevost a été prieur général de l’ordre des Augustins de 2001 à 2013, avant d’être nommé à Chicago en 2014. Il a été nommé préfet du Dicastère pour les évêques par le pape François en janvier 2023.
Un augustinien de Chicago a déclaré à Crux , en coulisses, plus tôt cette année, que l’archidiocèse avait demandé à l’ordre la permission de placer le père James Ray dans cette maison après avoir été démis de ses fonctions parce que son supérieur était un conseiller agréé qui servait de superviseur d’un plan de sécurité imposé à Ray, et que par conséquent Ray serait sous un œil plus vigilant.
L’Augustinien a déclaré que l’emplacement d’une école à deux pâtés de maisons n’était pas considéré comme un risque à l’époque, étant donné qu’un plan de sécurité était en place, et que le critère de ne pas placer les prêtres accusés à proximité des écoles était un produit de la Charte de Dallas de 2002, qui n’avait pas encore été publiée lorsque la décision concernant Ray a été prise.
Cette décision, ont-ils dit, était un accord entre l’archidiocèse et le supérieur du couvent, mais que Prevost devait signer formellement, puisqu’il s’agissait d’une maison communautaire augustinienne.
Dans une déclaration à Crux avec des documents à l’appui, Michael Airdo, avocat de la province augustinienne du Midwest, a déclaré que la décision de placer Ray au couvent St. John Stone de 2000 à 2002 « était un accommodement pour le regretté cardinal Francis George » en tant qu’archevêque de Chicago.
Lorsque Ray a emménagé au couvent, « il a été soumis à des restrictions découlant de ses précédentes allégations d’abus », et pendant son séjour au couvent, il a été supervisé par son prieur, qui s’est assuré que Ray respectait les restrictions imposées à son ministère.
Le prieur du couvent, le père James Thompson, était un conseiller professionnel, a déclaré Airdo, qui avait servi comme coordinateur des soins continus à l’Institut Southdown en Ontario, au Canada, un centre de traitement de santé mentale qui aide l’église à traiter les ministres et à favoriser des environnements sûrs.
Thompson « était particulièrement qualifié pour superviser des personnes comme Ray soumises à des restrictions. Il n’y a eu aucune allégation selon laquelle Ray aurait commis des abus pendant son séjour au couvent St. John Stone », a déclaré Airdo.
Selon le dossier personnel de Ray, publié par l’archidiocèse de Chicago, l’approbation de sa résidence au couvent a été accordée par l’archidiocèse de Chicago, et le placement initial de Ray là-bas a été fait avant la Charte de Dallas de 2002 de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, qui stipule que la proximité d’une école est une interdiction de placement du clergé accusé.
Cependant, Airdo a déclaré qu’un administrateur de l’examen de l’aptitude professionnelle de l’archidiocèse avait déterminé qu’il n’y avait « aucune école à proximité » et avait donc recommandé le placement de Ray, que le cardinal George avait ensuite approuvé en tant qu’archevêque.
Airdo a également fourni une liste des efforts de Prevost en matière de protection de l’enfance pendant qu’il dirigeait les Augustins, notant qu’en tant que prieur provincial de 1999 à 2001, « dans les cas où des accusations établies contre un Augustin lui étaient portées, il appliquait des mesures de précaution pour retirer le frère accusé du ministère actif, le plaçant dans un environnement où il n’y aurait aucun risque pour les mineurs. »
Après son élection comme prieur général en 2001, le père Prevost a aidé l’ordre des Augustins à mettre en place une exigence selon laquelle un ensemble de protocoles doit être établi pour chaque circonscription de l’ordre afin de guider les membres dans la protection de l’enfance et la réponse aux cas, « des années avant que cela ne devienne la loi générale de l’Église ».
Prevost, a déclaré Airdo, en tant que prieur général, a également organisé un cours pour tous les supérieurs majeurs des Augustins lors du Chapitre général intermédiaire de 2010, abordant la question de la protection et des meilleures pratiques pour répondre aux victimes.
En 2012, Prevost a participé à l’inauguration du Centre de protection de l’enfance à l’Université pontificale grégorienne de Rome, et il a également participé au premier cours de protection offert aux supérieurs généraux des ordres et congrégations religieuses.
Bien que cela relève de la responsabilité du major et des supérieurs provinciaux, Prevost, en tant que prieur général, a déclaré Airdo, « a été directement impliqué dans plusieurs cas… lorsque des victimes ont contacté le prieur général pour une raison ou une autre. »
« Il a pris des mesures pour protéger les mineurs et les adultes vulnérables dans de nombreux pays, cherchant toujours à protéger les innocents et à offrir la guérison aux victimes, tout en retirant les délinquants du ministère », a déclaré Airdo.
En tant qu’évêque de Chiclayo, nomination qu’il a reçue en 2014, Prevost a joué un rôle actif dans les politiques de protection de l’enfance des conférences épiscopales diocésaines et nationales, en aidant à rédiger des protocoles « qui n’avaient jamais été achevés ou publiés au Pérou ».
Prevost, a déclaré Airdo, a formé la première commission nationale au sein de la conférence épiscopale pour la protection des mineurs et des adultes vulnérables et a servi de premier coordinateur, organisant des cours de formation pour le personnel de l’Église et accompagnant personnellement les victimes.
Né aux Etats-Unis de parents issus de l’immigration européenne, le pape Léon XIV a des origines cosmopolites. Il compte même, côté paternel et côté maternel, des racines françaises plus ou moins récentes.
Américain, le pape Léon XIVcomprend le Français mais ne le parle pas couramment. Et pourtant, le successeur de François compte dans ses origines des aïeux français, à commencer par sa grand-mère paternelle, fille de pâtissiers originaire du Havre en Normandie, selon le site Geneanet et repris par La Croix. Celle qui s’appelait Suzanne Fontaine a vraisemblablement immigré vers les États-Unis en 1915 sur le navire La Touraine. Elle est décédée en 1979 à Detroit. Son petit-fils, futur 267e pape, avait alors 24 ans.
Mais le grand-père paternel de Léon XIV, italien, aurait lui aussi des racines françaises, comme le laisse entendre le nom de famille Prevost. Côté maternel, le pape a également des liens avec la France, plus lointains. Sa mère, Mildred Martinez, d’origine espagnole, créole louisianaise et haïtienne, a une ascendance française qui remonte au XVIIIe siècle. Cette partie de la famille, les Baquié, auraient vécu dans les Pyrénées-Atlantique où ils étaient négociants, avant d’émigrer en Amérique au XIXe siècle.
Curieux de ses origines
Le pape lui-même semble curieux de connaître davantage ses racines françaises, comme l’a laissé entendre un éditeur français qui l’a rencontré le lendemain de son élection. Actuellement à Rome avec une équipe des éditions Salvator pour publier un livre sur le nouveau pape, Marc Leboucher est parvenu à saluer Léon XIV au lendemain de son élection, à la cantine de la résidence Sainte-Marthe. L’éditeur y avait étéé invité par le cardinal Barbarin, ami de longue date. « Il s’est approché simplement et a fait le tour de quelques tables, raconte le Français, frappé par l’élégance de Léon XIV qui lui rappelle l’allure de Paul VI. Le cardinal Barbarin présente alors son ami au nouveau pape. En entendant sa nationalité française, Léon XIV lance à Marc Leboucher : « Vous allez pouvoir me renseigner sur les origines de mon grand-père ! ». Sur le moment, l’éditeur n’a pas de réponse précise à lui donner. « ‘Vous allez chercher’ !, m’a-t-il lancé, amusé ». En quelques instants, Marc Leboucher lui raconte qu’il est en train d’écrire un livre sur le nouveau pape. Il reçoit en échange un large sourire. »Je suis assez sensible au fait qu’il soit attentif à ses racines », raconte Marc Leboucher, qui souligne les origines multiculturelles du nouveau pape. « Comme pour Jorge Mario Bergoglio, mais peut-être plus encore, Robert Francis Prevost a des racines en Italie, en France, en Amérique… Il est à l’image de notre monde. »
Samedi 10 mai, Léon XIV s’est rendu en visite privée au sanctuaire marial de Genazzano, à une cinquantaine de kilomètres de Rome. L’historien de l’art Pierre Péqui raconte l’histoire miraculeuse de l’icône de la Mère du Bon Conseil, que Léon XIV vénère particulièrement, avec une pitié typiquement augustinienne : celle de la lumière intérieure, du discernement des esprits, de l’écoute du cœur.
Peu après 16h, ce samedi 10 mai, le pape Léon XIV s’est rendu en visite privée au sanctuaire marial de Genazzano, à une cinquantaine de kilomètres de Rome. Mais c’était un retour, non une première visite. Le 25 avril 2023, à l’occasion de la fête de la Venuta, il y était venu en pèlerin, lorsqu’il était cardinal, pour prier devant l’icône. Un an plus tard, devenu pape, il revient dans la discrétion, fidèle à cette dévotion qu’il partage avec toute la famille augustinienne.
Ce geste dit l’héritage qu’il entend pleinement assumer : Genazzano est une maison des Augustins, l’Ordre auquel appartenait Léon XIV avant son élection. Mais c’est aussi le lieu d’une image vénérée par un autre Léon : Léon XIII, grand promoteur de cette dévotion.
Une icône venue d’Albanie
L’histoire de Notre-Dame du Bon Conseil tient du miracle autant que du merveilleux médiéval. Selon la tradition, l’image était à l’origine une fresque vénérée à Scutari, en Albanie. En 1467, alors que la ville menaçait de tomber aux mains des Ottomans, l’icône se serait détachée du mur et, portée par une nuée lumineuse, aurait traversé la mer jusqu’à Genazzano, où elle serait apparue dans une église en ruine. La tradition fixe cet événement au 25 avril, jour de la saint Marc. Deux pèlerins albanais, arrivés peu après, auraient reconnu l’image disparue de leur sanctuaire.
L’église, dédiée à la Vierge depuis le XIᵉ siècle, était alors en ruines. Une veuve âgée, Petruccia, tertiaire augustinienne, avait entrepris sa restauration avec ses propres biens, au mépris des moqueries. Elle aurait alors prophétisé que « la Sainte Vierge et saint Augustin achèveraient l’œuvre ». L’arrivée de l’icône fut perçue comme l’accomplissement de cette promesse. Rapidement, les pèlerins affluèrent, les dons permirent d’achever l’édifice, et les récits de grâces se multiplièrent.
Une Vierge suspendue, un regard intérieur
Aujourd’hui encore, l’image est conservée au-dessus du maître-autel, dans une chapelle latérale baroque. Haute de 40 cm, elle montre Marie penchée vers l’Enfant Jésus ; leurs fronts se frôlent dans une intimité silencieuse. On y lit la douceur, mais aussi la méditation. C’est une Vierge du conseil, du discernement, de la consolation intérieure. La tradition veut que cette fresque soit littéralement « suspendue », sans ancrage visible. Des constats anciens et récents évoquent l’absence d’adhérence totale entre l’image et le mur — un phénomène non élucidé mais intégré au langage dévotionnel du sanctuaire. Plus récemment, une étude scientifique parue en 2023 a confirmé l’ancienneté de la technique, la fragilité des couches d’enduit, et l’usage de pigments traditionnels dans une facture probablement antérieure au XVe siècle.
Sur le plan iconographique, cette fresque s’inscrit dans la tradition byzantine de la Glykophilousa, la « Douce embrassante », variante de l’Eleousa, ou Vierge de tendresse. Le Christ et sa Mère se touchent la joue, dans une étreinte silencieuse. Ce geste, d’apparence enfantine, porte une gravité intérieure : Marie semble deviner le mystère de la Passion, et l’amour devient ici déjà souffrance partagée. C’est une icône de la tendresse grave, de la miséricorde silencieuse, de l’intimité qui sait.
Un cœur augustinien
Confié à l’Ordre de Saint-Augustin depuis le XIVᵉ siècle, le sanctuaire prolonge cette mémoire dans la prière. Le vocable Mater Boni Consilii — Mère du Bon Conseil — exprime une piété typiquement augustinienne : celle de la lumière intérieure, du discernement des esprits, de l’écoute du cœur. Pour Augustin, la sagesse ne réside pas dans le savoir, mais dans la transformation intérieure opérée par la grâce. Marie, dans ce contexte, devient guide, présence, conseil.
Le pape Léon XIV, ancien religieux augustinien, a voulu rendre visible cette filiation spirituelle. Sur son blason, dévoilé au lendemain de son élection, figurent à la fois une fleur de lys mariale et le Sacré-Cœur transpercé sur une Bible : emblème de son ordre, mais aussi programme de son pontificat, placé sous le signe de l’amour du Christ, de la Parole de Dieu, et du discernement fidèle.
La dévotion de Léon XIII
En cela, Léon XIV s’inscrit dans les pas d’un autre Léon : Léon XIII, pape de la doctrine sociale mais aussi des dévotions profondes. Il promut le culte de Notre-Dame du Bon Conseil à plusieurs reprises. En 1903, peu avant sa mort, il éleva l’église de Genazzano au rang de basilique mineure. Il alla même jusqu’à faire inscrire l’invocation Mater Boni Consilii, ora pro nobis dans les Litanies de Lorette. Léon XIII invoquait souvent cette figure mariale comme source de lumière pour guider l’Église dans un monde en mutation.
Un geste marial, à l’école de François
Ce déplacement du pape Léon XIV rappelle une autre habitude papale : celle de François, qui priait systématiquement devant l’icône Salus Populi Romani à Sainte-Marie-Majeure, avant et après chaque voyage. Mais le déplacement du pape Léon XIV à Genazzano s’inscrit dans la suite d’un autre geste marial : au soir même de son élection, lors de sa première apparition au balcon de la basilique Saint-Pierre, le nouveau pape a tenu à prier publiquement la Vierge Marie.
Après avoir remercié le pape François pour sa bénédiction au monde, il a conclu son homélie inaugurale par ces mots : « Aujourd’hui c’est le jour de la supplication à notre Dame de Pompéi. Notre mère Marie veut toujours marcher avec nous, être proche, nous aider dans son intercession, son amour. Alors je voudrais prier avec vous… » — et il fit réciter un Je vous salue Marie à la foule rassemblée. C’est cette même fidélité mariale qu’il est venu renouveler à Genazzano. Et peut-être déjà l’esquisse d’un programme : inaugurer un pontificat placé sous le signe de l’écoute, de l’humilité et de la lumière reçue dans la prière. Gouverner en priant, discerner dans le silence, avancer aux côtés de Marie.
Visite de Notre-Dame de Fátima à Rome pour le Jubilé 2025
La statue originale de Notre-Dame de Fátima au Portugal se rendra à Rome à la demande du pape François pour le Jubilé de la spiritualité mariale en octobre 2025, dans le cadre du programme officiel du Jubilé de l’Espérance.
Il existe plusieurs copies de la statue, appelées « statues pèlerines », qui sont souvent envoyées dans d’autres pays pour des occasions spéciales, mais l’originale ne quitte que très rarement le sanctuaire de Fátima, où elle est exposée dans la chapelle des apparitions.
Au cours des 105 années qui se sont écoulées depuis sa création, cette statue n’a quitté Fátima qu’à 13 reprises, la plupart du temps pour d’autres lieux au Portugal et deux fois pour l’Espagne. Elle a également été envoyée à Rome à trois reprises, toujours à la demande personnelle du pape.
Sa première visite à Rome a eu lieu en 1984, lorsque Jean-Paul II a consacré le monde au Cœur Immaculé de Marie le 25 mars. La deuxième visite a eu lieu 16 ans plus tard, du 6 au 9 octobre, à l’occasion du jubilé épiscopal de l’année sainte 2000, lorsque saint Jean-Paul II, le pape polonais, a consacré le nouveau millénaire à la Vierge Marie. La statue est revenue à Rome en 2013, les 12 et 13 octobre. Le pape Benoît XVI a fait la demande initiale, qui a été confirmée par le pape François, d’organiser une exposition de la dévotion mariale dans le monde au cours de la Journée mariale au Vatican.
Lors de cette quatrième tournée, la statue se rendra à Rome le 11 octobre prochain pour assister à la messe présidée par le Pape sur la place Saint-Pierre, organisée par le Dicastère pour l’évangélisation. Le service de presse du Sanctuaire de Fátima a indiqué que la statue sera de retour au Portugal pour la procession aux flambeaux qui a lieu traditionnellement dans la soirée du 12 octobre.
Dans un communiqué publié par le Dicastère pour l’évangélisation, son pro-préfet, l’archevêque Rino Fisichella, a déclaré que « la présence de la statue originale bien-aimée de Notre-Dame de Fátima nous permettra à tous de faire l’expérience de la proximité de la Vierge Marie » et l’a décrite comme « l’une des icônes mariales les plus significatives pour les Chrétiens du monde ».
Prions : Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Dans le Martyrologe Romain la date de la mémoire est celle de la naissance au ciel (dies natalis) : le 11 mai. Pour la Congrégation, et au niveau local, le jour de la mémoire est le 2 juillet.
Francesco De Girolamo, aîné de onze enfants, naît à Grottaglie (dans les Pouilles, Italie) le 17 décembre 1642.
Son enfance fut remarquable par une compassion innée pour les misères d’autrui. Un jour, il prit un pain pour les pauvres, sans la permission de ses parents. Sa mère lui en adressa d’amers reproches : « Croyez-vous que l’aumône appauvrisse ? dit-il à sa mère ; regardez le buffet ! » La mère regarda : aucun pain ne manquait.
Entré jeune encore dans la Compagnie de Jésus, il s’y montra dès l’abord saint religieux dans la force du terme. Ce qu’il convient avant tout de remarquer en lui, c’est l’apôtre. Il demande un jour à ses supérieurs d’aller évangéliser les Indes et le Japon : « Les Indes et le Japon, lui est-il répondu, sont pour vous à Naples. Quant au martyre, les épines du ministère apostolique suffiront. » C’était vrai.
Qu’il est beau de le voir chaque mois, la sonnette à la main, appeler Naples à la Sainte Communion, bravant toutes les intempéries des saisons et réussissant à amener jusqu’à vingt mille communiants, le même jour, à la Table sainte ! Souvent l’église ne suffisait pas à ses auditeurs ; une éminence en plein air lui servait de chaire, et l’on voyait les multitudes saisies d’émotion sous sa parole puissante.
Avant d’aller prêcher, le missionnaire passait des heures en prière et ne paraissait devant la foule que le cœur débordant des flammes de la charité qu’il avait puisée aux pieds du crucifix. Un jour, une personne scandaleuse qui l’avait interrompu dans un sermon vint à mourir ; le Saint alla près de son lit funèbre et lui cria : « Où es-tu ? à ces mots, les lèvres du cadavre s’agitent et répondent : “ En enfer ! ” ». Dieu, par une foule de miracles, multipliait la puissance apostolique de son serviteur.
Plusieurs fois l’on put constater sa présence en deux endroits simultanément ; ses prophéties étaient de chaque jour, sa foi rendit la vie à un enfant mort, et sa parole ressuscita une multitude d’âmes à la vie de la grâce.
Il meurt, comme il l’avait prédit, le 11 mai 1716, à Naples.
Béatifié le 2 mai 1806 par le pape Pie VII (Barnaba Chiaramonti, 1800-1823), il fut canonisé le 26 mai 1839 par le pape Grégoire XVI (Bartolomeo Cappellari, 1831-1846).
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,27-30.
En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main.
Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)
pape et docteur de l’Église
Homélie 14 sur l’Evangile ; PL 76, 1129-1130 (2000 ans d’homélies, année C; trad. L. Brésard; Éd. Soceval 2000, p. 136)
« Je leur donne la vie éternelle »
Voici que celui qui est bon, non par un don reçu, mais par nature, dit : « Je suis le bon Pasteur ». Et il poursuit, pour que nous imitions le modèle qu’il nous a donné de sa bonté : « Le bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10,11). Lui, il a réalisé ce qu’il a enseigné ; il a montré ce qu’il a ordonné. Bon Pasteur, il a donné sa vie pour ses brebis, pour changer son corps et son sang en notre sacrement, et rassasier de l’aliment de sa chair les brebis qu’il avait rachetées. La route à suivre est montrée : c’est le mépris qu’il a fait de la mort. Voici placé devant nous le modèle sur lequel nous avons à nous conformer. D’abord nous dépenser extérieurement avec tendresse pour ses brebis ; mais ensuite, si c’est nécessaire, leur offrir même notre mort. Il ajoute : « Je connais — c’est-à-dire j’aime — mes brebis et mes brebis me connaissent ». C’est comme s’il disait en clair : « Qui m’aime, me suive ! », car celui qui n’aime pas la vérité ne la connaît pas encore. Voyez, frères très chers, si vous êtes vraiment les brebis du bon Pasteur, voyez si vous le connaissez, voyez si vous percevez la lumière de la vérité. Je parle non de la perception de la foi mais de celle de l’amour ; vous percevez non par votre foi, mais par votre comportement. Car le même évangéliste Jean, de qui vient cette parole, affirme encore : « Celui qui dit qu’il connaît Dieu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur » (1Jn 2,4). C’est pourquoi, dans notre texte, le Seigneur ajoute aussitôt : « De même que le Père me connaît et que je connais le Père, et je donne ma vie pour mes brebis », ce qui revient à dire clairement : Le fait que je connais mon Père et que je suis connu de mon Père, consiste en ce que je donne ma vie pour mes brebis. En d’autres termes : Cet amour par lequel je vais jusqu’à mourir pour mes brebis montre combien j’aime le Père.
LECTURES :
Livre des Actes des Apôtres 13,14.43-52.
En ces jours-là, Paul et Barnabé poursuivirent leur voyage au-delà de Pergé et arrivèrent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et prirent place. Une fois l’assemblée dispersée, beaucoup de Juifs et de convertis qui adorent le Dieu unique les suivirent. Paul et Barnabé, parlant avec eux, les encourageaient à rester attachés à la grâce de Dieu. Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole du Seigneur. Quand les Juifs virent les foules, ils s’enflammèrent de jalousie ; ils contredisaient les paroles de Paul et l’injuriaient. Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance : « C’est à vous d’abord qu’il était nécessaire d’adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes. C’est le commandement que le Seigneur nous a donné : ‘J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre.’ » En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur ; tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants. Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région. Mais les Juifs provoquèrent l’agitation parmi les femmes de qualité adorant Dieu, et parmi les notables de la cité ; ils se mirent à poursuivre Paul et Barnabé, et les expulsèrent de leur territoire. Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et se rendirent à Iconium, tandis que les disciples étaient remplis de joie et d’Esprit Saint.
Psaume 100(99),1-2.3.5.
R/ Acclamez le Seigneur, terre entière ! (Ps 99, 1)
Acclamez le Seigneur, terre entière, servez le Seigneur dans l’allégresse, venez à lui avec des chants de joie !
Reconnaissez que le Seigneur est Dieu : il nous a faits, et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau.
Oui, le Seigneur est bon, éternel est son amour, sa fidélité demeure d’âge en âge.
Livre de l’Apocalypse 7,9.14b-17.
Moi, Jean, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main. L’un des Anciens me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, et le servent, jour et nuit, dans son sanctuaire. Celui qui siège sur le Trône établira sa demeure chez eux. Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, ni le soleil ni la chaleur ne les accablera, puisque l’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. »