Le premier dimanche de Léon XIV avec les fidèles et à la tombe de Pierre

Le premier dimanche de Léon XIV avec les fidèles et à la tombe de Pierre

«L’Église a tant besoin de vocations», a lancé Léon XIV depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre, avant de réciter sa première prière du Regina Caeli devant les fidèles, chantant lui-même l’antienne mariale en latin. Dans sa brève prise de parole, d’une grande clarté pastorale, Léon XIV a exhorté les jeunes «à ne pas avoir peur» et «à accepter l’invitation de l’Église et du Christ Seigneur».

12h00, coups de canon à Rome. Sous les applaudissements nourris des 100 000 fidèles présents sur la Place Saint-Pierre et le long de la Via della Conciliazione, le Pape Léon XIV apparaît au balcon de la basilique Saint-Pierre, là où le monde l’a découvert il y a près de trois jours. «Chers frères et sœurs, bon dimanche!», s’est-il exclamé devant des fidèles de toutes les nations, dont de nombreux drapeaux américains, son pays de naissance, polonais, français, indien et de divers pays d’Amérique latine. Léon XIV a d’emblée assuré percevoir comme «un don de Dieu» le fait que ce premier dimanche «de service comme Évêque de Rome» soit celui du Bon Pasteur, quatrième dimanche de Pâques.

Pouvoir compter sur des modèles d’Église crédibles 

Conférant une atmosphère de piété populaire très joviale aux abords du Vatican, les musiciens et autres artistes du Jubilé des fanfares et des spectacles populaires ont été chaleureusement remercié par Léon XIV. «Ces pèlerins ont égayé par leur musique et leurs représentations» la fête du Christ Bon Pasteur.  «La fête du Christ Bon Pasteur: oui, c’est Lui qui guide l’Église par son Saint-Esprit», a relevé le nouveau Pape, citant saint Grégoire le Grand: «les personnes répondent à l’amour de celui qui les aime».

Par ailleurs, ce dimanche étant célébrée la Journée mondiale de prière pour les vocations, instaurée il y a 62 ans, le Pape Léon XIV s’est réjoui de prier avec tout le peuple de Dieu pour les vocations, en particulier pour les vocations sacerdotales et religieuses. «L’Église en a tant besoin!», a-t-il affirmé, souhaitant que les jeunes, hommes et femmes, trouvent dans l’Église «accueil, écoute, encouragementdans leur cheminement vocationnel», et «qu’ils puissent compter sur des modèles crédibles de don généreux de soi» à Dieu et aux autres. Léon XIV a fait sienne l’invitation laissée par François dans son message paru pour cette journée des vocations, celle d’accueillir et d’accompagner les jeunes.

«Aux jeunes, n’ayez pas peur!»

Le nouvel évêque de Rome a exhorté chacun à demander à Dieu «d’être les uns pour les autres, chacun selon son état, des bergers « selon son cœur», capables de s’aider mutuellement «à marcher dans l’amour et dans la vérité». Et s’est ensuite adressé spontanément aux jeunes: «N’ayez pas peur! Acceptez l’invitation de l’Église et du Christ Seigneur!» Léon XIV a ensuite lui-même sereinement chanté la prière mariale du Regina Caeli avant d’impartir la bénédiction aux 100 000 fidèles venus du monde entier. Puis, de demeurer quelques minutes seul face à la foule, la saluant d’une main et de joindre les deux en guise de remerciements et, certainement de gratitude envers tous ceux qui accompagnent ainsi ses premiers pas dans ceux de saint Pierre.

Messe sur la tombe de Pierre

Avant le Regina Caeli, c’est auprès du prince des Apôtres que Léon XIV a souhaité commencer son premier dimanche de Pape. Il a célébré la messe dans les Grottes vaticanes près de la tombe de Pierre ce matin, concélébrant avec le prieur général de l’ordre de Saint-Augustin, le père Alejandro Moral Anton. Léon XIV s’est ensuite arrêté prier sur les tombes de ses prédécesseurs toujours dans la crypte de la basilique pétrinienne. Benoit XVI et Paul VI, entre autres -149 Papes sont inhumés à Saint-Pierre-, y sont enterrés. Léon XIV a aussi prié devant la niche des palliums, correspondant au sanctuaire érigé au IIe siècle sur la sépulture de Pierre. Signe d’une attention certaine à l’union des évêques avec le Successeur de Pierre pour celui qui avait la charge de les choisir dans ses précédentes et encore récentes fonctions.

Revoir la première prière mariale du Regina Caeli récitée par le Pape Léon XIV en intégralité. 

Source : VATICANNEWS, le 11 mai 2025

11.05.2025 – REGINA CAELI À ROME

«Jamais plus la guerre!» L’exhortation à la paix de Léon XIV

À l’issue de la prière mariale du Regina Caeli, le nouveau Pape a lancé un vibrant plaidoyer pour que cessent les armes dans les nombreux conflits qui déchirent la planète et pour que des solutions durables soient trouvées. Léon XIV a confié ces appels à Marie, « Reine de la paix ». 

Olivier Bonnel – Cité du Vatican 

Après avoir chanté le Regina Caeli et béni les 100 000 fidèles réunis sur la place Saint-Pierre, le Pape Léon XIV a, dans la ligné de ses prédécesseurs, lancé un vibrant appel à la paix dans le monde. «Frères et sœurs, l’immense tragédie de la Seconde Guerre mondiale s’est achevée il y a 80 ans, le 8 mai, après avoir fait 60 millions de victimes. Dans le scénario dramatique actuel d’une « troisième guerre mondiale par morceaux », comme le Pape François l’a dit à plusieurs reprises, je m’adresse moi aussi aux grands de ce monde en répétant l’appel toujours d’actualité : jamais plus la guerre !» a-t-il lancé depuis la loggia de la basilique. Un cri déjà lancé il y a 60 ans par Paul VI à la tribune des Nations-unies, alors que le monde était divisé par la Guerre froide.

«Je porte dans mon cœur la souffrance du peuple ukrainien bien-aimé. Que tout soit mis en œuvre pour parvenir le plus rapidement possible à une paix véritable, juste et durable. Que tous les prisonniers soient libérés et que les enfants retournent dans leurs familles», a encore souhaité le nouveau Pape. 

Le miracle de la paix

Le regard de Léon XIV s’est également tourné vers le Proche-Orient et en particulier la bande de Gaza meurtrie, appelant à ce que le feu «cesse immédiatement». «Profondément attristé» par la situation sur place, le Pape a aussi souhaité «qu’une aide humanitaire soit apportée à la population civile épuisée et que tous les otages soient libérés». 

Signe d’espoir, le récent cessez-le feu signé entre l’Inde et le Pakistan, accueilli «avec satisfaction» par le nouvel évêque de Rome. «J’espère que les négociations à venir permettront de parvenir rapidement à un accord durable». «Mais combien d’autres conflits dans le monde !» a-t-il déploré, confiant cet appel à Marie, «Reine de la Paix afin qu’elle le présente au Seigneur Jésus pour qu’il nous obtienne le miracle de la paix».

Source : VATICANNEWS, le 11 mai 2025

Le très attendu premier Regina Caeli de Léon XIV

Antoine Mekary | Aleteia

Le pape Léon XIV doit prononcer le Regina Caeli ce dimanche 11 mai à midi depuis la fenêtre du palais apostolique. Une deuxième apparition publique particulièrement attendue par les fidèles, les touristes et les Romains.

Ce dimanche à midi, les regards de milliers de fidèles vont converger vers une simple fenêtre ouverte sur le ciel de Rome. Le pape Léon XIV doit prononcer depuis la fenêtre du Palais apostolique son tout premier Regina Caeli, la prière mariale qui remplace l’Angélus pendant le temps pascal. Il s’agit de sa deuxième apparition publique, Léon XIV s’étant déjà adressé une première fois aux fidèles places Saint-Pierre le 8 mai juste après son élection. La météo, radieuse, ajoute à l’effervescence : un grand soleil est annoncé sur la Ville éternelle, et les températures devraient flirter avec les 24°C. Ce samedi déjà, Rome baigne dans une lumière chaude et généreuse. Les places sont pleines, les gelateria ne désemplissent pas, et dans les rues piétonnes, une douce euphorie semble flotter au-dessus des pavés. Un temps de printemps idéal pour accueillir cette première bénédiction dominicale de Léon XIV.

« On sent une atmosphère joyeuse, une vraie curiosité, et même un peu d’excitation », confie une religieuse italienne croisée près de la Via della Conciliazione. « Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à un début de pontificat. Les Romains sont très fiers. » David, touriste venue en famille de Chicago pour les vacances, n’avait pas prévu de faire halte aussi longtemps au Vatican. « Je ne suis pas croyant », explique-t-il. « Mais c’est le premier pape américain… Alors franchement, je me dis que ce serait idiot de ne pas assister à 

Léon XIV, un « style » encore inconnu

À Rome, les grandes étapes d’un nouveau pontificat sont des moments presque sacrés. Le premier Regina Caeli – ou le premier Angélus lorsqu’il n’est pas prononcé en temps pascal – est souvent l’occasion d’un discours un peu plus long, parfois même d’un signe de la ligne pastorale à venir. Les observateurs du Vatican sont donc attentifs : le style Léon XIV, encore inconnu, pourrait commencer à se dévoiler ce dimanche, en quelques mots et quelques gestes. En attendant, Rome se prépare comme elle sait le faire : entre ferveur sincère, curiosité touristique et ce mélange unique de foi et de dolce vita dont elle a le secret.

Source : ALETEIA, le 10 mai 2025

Fatima à l’honneur pour la Messe radio-TV en direct de Payerne

L’église Notre-Dame de l’Immaculée à Payerne (VD) accueille la deuxième messe radio-filmée 2025, avec le Mouvement chrétien des retraités et la communauté portugaise. La célébration sera transmise le dimanche 11 mai 2025 à 10h sur RTS 2 et cath.ch. En radio, à 9h03 sur RTS-Espace 2.

A deux jours de la fête de Notre-Dame de Fátima, la liturgie comportera notamment quelques passages en portugais et un chant à la Vierge du Portugal. C’est pourquoi, durant cette messe radio – également télévisée sur RTS 2 et visible sur cath.ch –, nous pourrons compter sur la participation de la communauté portugaise, très dynamique au sein de la paroisse catholique de Payerne.

Source : CATH. CH, le 8 mai 2025

Léon XIV dans un sanctuaire augustinien et sur la tombe de François

Léon XIV en visite au sanctuaire de Notre-Dame-du-Bon-Conseil à Genazzano  (@Vatican Media)

Léon XIV dans un sanctuaire augustinien et sur la tombe de François

En fin d’après-midi ce samedi 10 mai, à son retour du sanctuaire de Notre-Dame du Bon Conseil, confié à des religieux augustiniens, le Pape Léon XIV s’est rendu à Sainte-Marie-Majeure.

Vatican News

Pour sa première visite surprise, ce samedi 10 mai, le Pape Léon XIV a choisi de se rendre sur la tombe de François, dans la basilique Sainte-Marie-Majeure. Il s’est agenouillé auprès de la pierre tombale, et a déposé une rose blanche. 

Léon XIV devant la tombe de François à Sainte Marie Majeure

Léon XIV devant la tombe de François à Sainte Marie Majeure   (@Vatican Media)

Plus tôt dans l’après-midi, il a fait un autre déplacement dans un lieu symbolique, un sanctuaire à une soixantaine kilomètres de Rome, cher à l’Ordre de Saint-Augustin présents depuis le XIIIe siècle: le Sanctuaire de Notre-Dame-du-Bon-Conseil à Genazzano. Le Souverain pontife s’y est rendu vers 16 heures pour une visite privée.

Confié aux religieux augustiniens, le sanctuaire abrite une ancienne représentation de la Vierge, provenant de Shkodër en Albanie, chère à l’ordre et à la mémoire de Léon XIII. Le Souverain pontife du XIXe siècle n’a jamais pu la visiter, enfermé à l’époque au Vatican, mais l’a élevée à la dignité de basilique mineure en 1903. D’autres Papes ont visité Notre-Dame-du-Bon-Conseil: Jean XXIII en 1959 et Jean-Paul II en 1993. Mais le 25 avril 2024, c’est le futur Pape Léon XIV, alors cardinal, qui a célébré la messe au sanctuaire en la fête de Notre-Dame-du-Bon-Conseil. Dans son homélie, le cardinal Prévost avait alors exprimé sa dévotion à la Vierge, exhortant les fidèles à s’inspirer de Marie pour répandre la paix et la réconciliation dans le monde.

Le Pape avec le recteur du sanctuaire.

Le Pape avec le recteur du sanctuaire. 

Saluer le peuple et prier la Vierge

Ce samedi 10 mai, le Pape Léon est arrivé dans un minivan Volkswagen, assis sur le siège avant. Il a été accueilli par une foule festive de centaines de personnes rassemblées sur la place ou regardant par les fenêtres et les balcons. Beaucoup criaient «Leone, Leone» («Léon, Léon» en français) et les rues avoisinantes se sont peu à peu remplies. En entrant dans l’église, où il a salué les religieux, le Souverain pontife s’est arrêté pour prier, d’abord devant l’autel, puis devant l’image de la Vierge, déposant un bouquet de roses blanches. Au sanctuaire, Léon XIV a fait don d’un calice et d’une patène. Avec les personnes présentes, il a récité la prière de Jean-Paul II à Notre-Dame-du-Bon-Conseil.

Notre-Dame-du-Bon-Conseil à Genazzano

Notre-Dame-du-Bon-Conseil à Genazzano

Dévotion mariale

À la fin, après la prière de l’Ave Maria et le chant du Salve Regina, le Pape s’est adressé aux personnes présentes dans l’église, les saluant ainsi que les habitants de Genazzano rassemblés à l’extérieur: «J’ai tant voulu venir ici en ces premiers jours du nouveau ministère que l’Église m’a confié, pour mener à bien cette mission de Successeur de Pierre». Rappelant sa visite après son élection comme prieur général de l’ordre de Saint-Augustin, et son choix d’«offrir sa vie à l’Église», Léon XIV a réitéré sa «confiance en Notre-Dame-du-Bon-Conseil», compagne de «lumière, de sagesse», avec les paroles adressées par Marie aux serviteurs le jour des Noces de Cana, rapportées dans l’Évangile de Jean: «Tout ce qu’il vous dira, faites-le». Avec la communauté de religieux, le Pape s’est ensuite rendu dans une salle intérieure pour un entretien privé.

L'arrivée en voiture et l'accueil des fidèles.

L’arrivée en voiture et l’accueil des fidèles. 

Un cadeau et une grande responsabilité pour Genazzano

Au terme de la rencontre avec la communauté augustinienne de Genazzano, le Souverain pontife s’est arrêté quelques instants devant la basilique et, saluant les personnes présentes, il a adressé quelques mots, exprimant sa joie d’avoir pu venir prier Notre-Dame-du-Bon-Conseil, «un si grand don» pour les habitants de la ville du Latium, dont il a également tiré une grande responsabilité: «de même que la Mère n’abandonne jamais ses enfants, vous devez également être fidèles à la Mère». Le Pape a ensuite salué les jeunes et a évoqué l’enthousiasme avec lequel suivre Jésus, à l’exemple de Marie. Enfin, avant de quitter le sanctuaire, il a béni toutes les personnes présentes.

Source : VATICANNEWS, le 10 mai 2025

Sœur Yvonne Reungoat: Léon XIV, un homme de décision et de collaboration

Soeur Yvonne Reungoat, membre du dicastère pour les Évêques.  (salesiane di don bosco)

Sœur Yvonne Reungoat: Léon XIV, un homme de décision et de collaboration 

Elle est une des trois femmes travaillant au sein du dicastère pour les Évêques. Nommée en juillet 2022 par François, sœur Yvonne Reungoat a précédé de quelques mois l’arrivée du cardinal Prevost à la tête du dicastère. La religieuse française de l’ordre de Don Bosco revient sur la personnalité discrète et spirituelle de Léon XIV, sur son souci de responsabiliser ses collègues, son sens de l’écoute et sa sérénité à prendre des décisions parfois compliquées. Autant d’atouts majeurs.

Entretien réalisé par Marie Duhamel – Cité du Vatican

Plus de 100 000 personnes se massaient jeudi soir sous la loggia de la basilique Saint-Pierre pour découvrir le visage du Pape tout juste élu. Sœur Yvonne Reungoat n’était pas de ceux-là. «Frappée de voir tant de gens courir avec joie», signe indiquant combien l’événement était hors du commun, la religieuse salésienne est restée bloquée à quelques mètres des colonnades, découvrant sur son portable l’identité du 267e Souverain pontife. «Plusieurs noms circulaient, et j’avais pensé au cardinal Prévost. Cela m’a beaucoup habitée» le jour de son élection, confie-t-elle.

Membre comme seulement deux autres femmes du dicastère pour les Êvêques dont le cardinal américain avait la charge, la religieuse française nous confie la joie éprouvée alors qu’elle a finalement vu apparaitre son ancien préfet vêtu de blanc à la loggia, prendre le nom de Léon XIV. Dans cet entretien, sœur Yvonne Reungoat retrace le parcours curial du religieux de l’ordre de Saint-Augustin. Elle revient sur son mode de gouvernance, simple et collégial, et sur la confiance qui est la sienne à l’égard des atouts et des convictions du nouveau successeur de Pierre.

Quelle fut votre émotion à lorsque le visage du Pape élu est apparu?

Je dois dire que j’ai ressenti une grande joie. D’abord, je le connais un peu, nous avons collaboré ces dernières années, alors qu’il était préfet du dicastère pour les Évêques. Ce n’était pas une personne inconnue. Ensuite parce que j’ai senti combien l’Esprit Saint est fidèle à lui-même et guide son Église. Cela m’a donné beaucoup de joie, de confiance et d’espérance dans l’avenir. L’émotion est très, très grande.

Vous avez rejoint le dicastère pour les Évêques quelques mois avant sa nomination au poste de préfet. Pourquoi le Pape François l’a, selon vous, choisi et quelles impulsions a-t-il donné au sein du dicastère?

Je ne connais pas les raisons du Pape François qui l’avait précédemment nommé évêque au Pérou, après qu’il a été supérieur général de sa congrégation. Cependant, je vois plusieurs éléments: le fait qu’il ait été missionnaire et son attention aux pauvres, à l’écologie, aux migrants, qu’il avait pu déjà manifester très concrètement. En plus, c’est un homme spirituel. Il me semble aussi que le Pape François le connaissait par ailleurs du temps de l’Amérique latine.

De quelle manière, ces deux dernières années, a-t-il tenté de définir le visage de l’Église universelle, son travail comme préfet consistant notamment à aider le Saint-Père dans le choix des futurs évêques?

Comme préfet du dicastère, il a pris la place du cardinal Ouellet avec beaucoup de simplicité et d’ouverture. Il a accordé une très grande attention au fait que le profil des candidats pour la nomination des évêques corresponde à la ligne du Pape François, pour que dans leur diocèse ils adoptent une ligne évangélique que le Pape François lui-même portait. Par exemple, le fait qu’ils soient vraiment des pasteurs pour leur peuple, capables de vivre une proximité avec les prêtres et aussi avec les gens, donc de bonne qualité relationnelle, en même temps que de bonnes capacités de discernement, d’ouverture, notamment aux dialogues œcuménique et interreligieux. Il faut également une capacité d’attention à tout le peuple de Dieu, et une capacité de construire la communion. Enfin ils doivent savoir prendre des décisions, et orienter. Ces attentions aux candidats qui pouvaient être présentés ont vraiment été tenues présentes dans le discernement pour les nouveaux évêques, tout en tenant compte de la réalité de chaque diocèse et des défis que chacun d’entre eux doit affronter.

Le cardinal Prévost, le Pape Léon XIV, l’a vécu avec une très grande attention, une capacité d’écoute et celle d’aller à fond dans les réalités pour comprendre, pour chercher à clarifier ce qui avait besoin d’être clarifié, concernant les risques qui pouvaient se poser à propos de certaines questions, liées aux abus ou à la morale. Je l’ai vu avec beaucoup de délicatesse mais de sens de responsabilité pour affronter ces réalités. Et donc il a guidé les discernements avec sérénité, mais avec aussi une certaine sécurité mais surtout beaucoup d’ouverture et de clarté à la fois sur les critères et les éléments à tenir présents.

Comment qualifieriez-vous son type de gouvernance au sein du dicastère?

Je pense que c’est un homme qui sait collaborer, qui sait donner des responsabilités, qui se fie: il a confiance dans les collaborateurs et les personnes. Et je ne pense pas que ce soit le type de personne à gouverner tout seul mais en collaboration, tout en ayant quand même entre les mains le fait de guider l’Église.

La synergie est un élément important aussi parce que le Pape Léon XIV devra accompagner la réalisation concrète de certaines réformes que le Pape François a mises en œuvre, par exemple la constitution apostolique Praedicate Evangelium qui touche, entre autres, la curie romaine et qui a mis l’accent sur une interrelation plus grande entre les dicastères, plus de collégialité. Et cela suppose un Pape qui non seulement le perçoit comme idée, mais qui puisse aider aussi à passer à sa réalisation concrète. Et je crois que, avec son expérience de gouvernance, Léon XIV a des atouts pour pouvoir gouverner et d’animer l’Église, pas tout seul bien sûr. Il sera important de voir de qui il va s’entourer dans sa tâche de gouverner et d’animer l’Église.

Vous parlez de collégialité, une des facettes de la synodalité. Le Pape Léon XIV dès sa première apparition a parlé d’une Église synodale. En êtes-vous satisfaite?

C’est pour moi une chose vraiment importante. Ayant eu la grâce et la joie de participer aux deux assemblées synodales d’octobre 2023 et octobre 2024, j’ai vraiment fait l’expérience que c’était l’Esprit Saint qui guidait. Il est important que le fruit du synode puisse vraiment germer, se déployer, se vivre dans l’église. Une de mes craintes était justement qu’il n’y ait pas de continuité dans le chemin synodal, ce qui me semblait impossible au regard des pas qui ont été fait et parce que c’est vraiment la vocation de l’Église. Je sentais très important de ne pas retourner en arrière, mais au contraire d’aller en avant. Et le Pape Léon XIV, qui lui-même a participé directement dans les deux assemblées synodales, est convaincu de l’importance de ce chemin de renouvellement pour l’Église. Il l’a dit dans son discours d’ouverture. Pour moi, c’est un des éléments prometteurs.

En voyez-vous d’autres?

Oui, si la personnalité et le style sont différents, je pense que le Pape Léon XIV continuera à guider l’Église dans la ligne du Pape François, en raison de l’expérience du Pape Léon XIV. Une expérience d’abord missionnaire, vécue au contact direct des pauvres dans le diocèse du Pérou où il a été évêque. Et c’est une expérience récente car il a quitté le Pérou pour Rome il y a deux ans à peine. Il faut également mentionner son expérience de prieur général des Augustins, une expérience internationale qui le rend ouvert aux dimensions de l’universalité de l’Église, non seulement en théorie, mais aussi dans le concret des relations qu’il a pu déjà connaître

Aussi, en plus de la synodalité, il bénéficie d’une ouverture due à ses origines (il est américain mais son père est franco-italien et sa mère d’origine espagnole) et à ses expériences. Il a un enracinement pastoral, et démontré une attention aux pauvres, aux marginalisés, aux migrants, à l’écologie, aux questions de la paix et de l’unité dans l’église et donc de la communion, qui est au fond la source de la paix dans le monde. Je crois qu’il a des bonnes capacités de porter, pour faire avancer ces dossiers.

Et vous qui l’avez côtoyé au sein du dicastère pour les Évêques, que dire de la place des femmes dans l’Église du Pape Léon XI?

J’ai expérimenté personnellement l’arrivée, pour la première fois, de trois femmes dans le dicastère pour les Évêques. Lui en était membre. Et ensuite, quand il en est devenu le préfet, j’ai pu vivre très concrètement, de sa part, un accueil, une collaboration, une confiance, un tenir compte, une ouverture, une autre contribution spécifique au sein du dicastère pour les Évêques. Cela me fait penser qu’il n’y a aucune raison de croire qu’il ne continuera pas dans ce sens, et je pense d’ailleurs qu’il pourra aussi développer cette ligne d’action, cet esprit de confier des responsabilités aux femmes dans l’Église, dans ce qu’elles peuvent porter.

Vous nous parliez de son style et de sa personnalité. Quelques points ont déjà été évoqués mais pourriez-vous être plus spécifique?

Je l’ai vu comme une personne discrète mais sereine et calme, qui sait affronter les situations avec la sérénité qui aide à prendre le recul et qui en même temps aide à approfondir, tout en restant maître de lui-même et dans une bonne capacité de collaboration. Cela permet de favoriser la corresponsabilité dans l’Église, je pense qu’il a une personnalité qui devrait l’aider à le vivre, au moins d’après ce que j’ai pu constater.

Je voudrais aussi parler de son engagement pour la paix qui est certainement un engagement important. Ces jours-ci, ça m’a beaucoup frappé de voir comment le monde a suivi l’Église, d’une part dans la participation à la douleur du départ du Pape François et en même temps la prière tout le temps de sa maladie mais aussi l’attente du nouveau Pape, l’accueil du nouveau Pape. Cela montre les attentes du monde par rapport à l’Église. Bien sûr, Léon XIV n’est pas seul. Il est un signe et derrière lui, avec lui, c’est aussi toute l’Église qui doit sentir cette responsabilité. Mais il est le pasteur qui donne l’orientation.

Source : VATICANNEWS, le 10 mai 2025

L’actuel évêque de Chiclayo parle de Léon XIV: «Le Pérou est dans son cœur»

L’évêque de Chiclayo lors d’une conférence de presse.   (ANSA)

L’actuel évêque de Chiclayo parle de Léon XIV: «Le Pérou est dans son cœur»

Lors d’une conférence de presse, le successeur de Mgr Robert Francis Prevost dans le diocèse péruvien de Chiclayo a souligné la proximité du nouveau Souverain pontife avec le pays sud-américain. «Il aime Chiclayo, c’est ici qu’il a appris tout ce qu’il va partager avec le monde aujourd’hui», a ainsi déclaré Mgr Edinson Farfán Córdova. 

Sebastián Sansón Ferrari – Cité du Vatican

L’Église catholique célèbre un moment historique: l’élection du nouveau pontife, le Pape Léon XIV, anciennement connu sous le nom du cardinal Robert Francis Prevost, qui a été évêque de Chiclayo et a passé une grande partie de sa vie pastorale au Pérou.

Lors d’une conférence de presse organisée dans son diocèse, Mgr Edinson Farfán Córdoba, l’actuel évêque de la circonscription ecclésiastique, a exprimé la profonde gratitude et la joie de la communauté catholique locale face à l’élection de «l’un des leurs» en tant que Successeur de saint Pierre.

Accompagné du père Fidel Purisaca Vigil, directeur du bureau des communications sociales du diocèse, Mgr Farfán a souligné la trajectoire du nouveau Pape et son lien profond avec le peuple péruvien.

«Le Pape Léon XIV est un de nos frères qui est passé par ces terres, il a travaillé à Chulucanas, Trujillo et Chiclayo. Il aime profondément le Pérou», a-t-il déclaré, rappelant la mission du nouveau pontife auprès des populations les plus pauvres du nord du pays.

Une papauté enracinée dans l’option pour les pauvres

Le cardinal Prevost, membre de l’ordre de Saint-Augustin, a adopté le nom de Léon XIV en référence au Pape Léon XIII, promoteur de la doctrine sociale de l’Église, comme l’a souligné Mgr Farfán, considérant que ce choix est un signe clair de continuité dans l’engagement en faveur de la justice sociale et des plus démunis.

«Le Pape Léon XIV poursuivra une mission basée sur la communion, le dialogue et la synodalité, comme l’a enseigné le Pape François», a souligné Mgr Farfán. Il a également souligné la sensibilité du nouveau Pontife aux défis contemporains: la pauvreté, les périphéries, la participation des laïcs et le rôle prépondérant des femmes dans l’Église.

Vocation missionnaire et lien avec le peuple

Au cours de la conférence de presse, l’évêque de Chiclayo a évoqué des anecdotes personnelles et des moments partagés avec le cardinal Prevost, qu’il considère comme son formateur. «Il connaît le monde, mais son cœur est au Pérou», a-t-il déclaré. Il a même rappelé des détails simples et humains du nouveau Pape, comme son goût pour la cuisine locale, notamment le chevreau, le riz au canard et le ceviche.

La trajectoire du Pape Léon XIV comprend plus d’une décennie en tant que supérieur général de l’Ordre de Saint-Augustin, une communauté religieuse présente sur tous les continents. Son expérience mondiale est complétée par une connaissance approfondie de la réalité sociale et pastorale péruvienne.

Un appel à marcher ensemble

Le dernier message de l’évêque était un appel à l’unité: «Marchons ensemble. Moins de paroles, plus d’actions. Les autorités civiles, religieuses, militaires et politiques doivent rechercher un consensus pour le bien commun». Cette exhortation entre en résonance avec les premières lignes connues de ce que sera le pontificat de Léon XIV.

Source : VATICANNEWS, le 10 mai 2025