Étiquette : Notre-Dame de Fatima
De père musulman, de mère catholique, elle témoigne

De père musulman, de mère catholique, elle témoigne
J’ai toujours senti Jésus auprès de moi. À 2 ans, je faisais le signe de croix, alors que je ne l’avais jamais appris dans ma famille : mon père est musulman ; ma mère, catholique, n’était pas pratiquante.
Un jour, il y a une dizaine d’années – j’étais alors bénévole au sein d’un établissement de soins palliatifs – je me suis rendue, avant de commencer mon service, dans la petite chapelle de l’hôpital. Là, au fond de la pièce, je me suis agenouillée devant le tabernacle. À côté de moi, une jeune femme que je ne connaissais pas priait, elle aussi, mais devant une statue de la Vierge Marie. Tout à coup, j’ai eu le sentiment que nos deux prières « s’envahissaient » l’une l’autre, se mêlaient, se répondaient.
Quelques heures après, j’ai retrouvé cette jeune femme lors du déjeuner. Elle était bénévole, comme moi. Nous avons parlé de nos parcours spirituels, qui se ressemblaient. Plus tard, nous nous sommes revues, et elle m’a proposé de prier ensemble le chapelet. Jusqu’alors, je n’étais jamais arrivée au bout, je trouvais cela un peu ennuyeux ! Mais nous avons prié un chapelet entier.
J’ai alors senti comme un voile de simplicité et d’humilité me recouvrir, en même temps qu’une brûlure physique intense m’inondait. J’étais envahie par les larmes. J’avais devant moi l’image de Marie, sa main protégeant le monde. J’ai instantanément senti qu’elle m’ouvrait un chemin vers le Seigneur et qu’elle m’appelait à lui faire confiance. Mon amie m’avait introduite à la présence de Marie.
Pour la première fois dans ma vie spirituelle, riche mais jusqu’alors plutôt rationnelle, j’éprouvais une rencontre, sa brûlure, son urgence. Je suis consacrée à la Vierge depuis 2016, je l’ai placée au cœur de ma vie. Mon engagement bénévole comme hospitalière à Lourdes a pris un sens bien plus intense. Je confie désormais à Marie mes décisions car je sais qu’elle me précède.
Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.
Source : une minute avec Marie
05.08.2026 – SAINTS DU JOUR

BBx Manuel Moreno et comp.
PRÊTRES O.P., MARTYRS († 1936)
Fête Le 5 Août
BBx Manuel Moreno Martínez, Maximino Fernández Marínas,
Víctor García Ceballos, EduardoGonzález Santo Domingo
Prêtres o.p. et martyrs en Espagne († 5 août 1936)
Le 28 octobre 2007, le card. José Saraiva Martins, Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, représentant le Pape Benoît XVI, a présidé, à Rome, la Messe de béatification de 498 martyrs des “persécutions religieuses” de la guerre civile espagnole. Ces catholiques ont été tués dans diverses circonstances en 1934, 1936 ou 1937 ; parmi eux il y avait deux évêques, vingt-quatre prêtres, quatre cent soixante-deux religieux, trois diacres ou séminaristes et sept laïcs qui « versèrent leur sang pour rendre témoignage de l’Evangile de Jésus Christ…» (>>> Lettre du Pape Benoît XVI).
Commémoration propre à l’Ordo Fratrum Praedicatorum :
Manuel, né à Rincón de Soto (La Rioja) le 17 juin 1862, baptisé le 20, profession le 24 septembre 1878 au couvent d’Ocaña, profession solennelle le 30 septembre 1881 à Ávila. Encore diacre, en 1884 on l’envoie à Manille, où il termine ses études et est ordonné prêtre en juillet 1885. Envoyé aux missions de Chine (Fokien), il prêche l’évangile avec un grand zèle durant 26 ans; il écrit sur la Chine des récits du plus grand intérêt religieux et historique. Il est vicaire provincial de la mission de Fogan (en 1902 et 1906). Ensuite il exerce l’apostolat aux Philippines pendant 6 ans, au couvent Saint Dominique à Manille (1911-1913) et à Pampanga (1913-1917). De retour en Espagne en 1917, il vit dans divers couvents : Ávila (1917-1921), La Mejorada (1921-1931) comme confesseur des aspirantes et des moniales dominicaines d’Olmedo (Valladolid), chez qui il laisse une réputation de sainteté; puis il est à Santa María de Nieva (Segovia) (1931-1934), puis supérieur de la maison de Barcelone-Saint Gervais 1934-1935, où il est élu prieur d’Ocaña. Il avait un charme extraordinaire en raison de sa douceur et de sa largeur de jugement, sans rien perdre de son sérieux et de sa rigueur, il fit fleurir l’Ordre séculier dominicain à Ocaña.
Bien qu’il se soit occupé de faire passer au Portugal les frères les plus âgés, le 22 juillet ils furent surpris par l’assaut du couvent où se trouvaient 32 religieux; sous sa responsabilité il laissa les frères partir où ils voulaient et leur donna de l’argent; les assaillants saccagèrent le couvent, profanèrent l’église, brûlèrent les images et les archives. Avec le P. Maximino Fernández et le frère Eduardo González, il se réfugia dans une maison, de laquelle il se préoccupa de ses subordonnés; ils restèrent là jusqu’au 5 août. Alors il décida d’aller à Madrid chercher un hébergement pour tous. A la gare d’Ocaña on leur donna un sauf-conduit qui en réalité menait à la mort. Ils furent emprisonnés à la « poste de Cuenca »; arrivés à la gare de Madrid-Atocha, ils furent arrêtés et fusillés. Ils moururent en criant « Vive le Christ Roi ! Vive l’Église catholique! ». Il avait 74 ans.
Maximino, naît à Castañeo (Asturies) le 2 novembre 1867. Profession à Ocaña (Tolède) le 9 septembre 1885, profession solennelle à Ávila le 9 septembre 1888. Envoyé aux Philippines en 1892, ordonné prêtre à Manille en1893. Il reste 6 ans à Cagayán, au nord de Luzón. En 1898, au cours de la guerre d’indépendance des Philippines, il fut arrêté et maltraité. Libéré en 1899, il revient à Manille et de là, très malade, il s’embarque pour l’Espagne en 1902. Il passe deux ans à Ocaña, puis est envoyé au collège Santa María de Nieva (Segovia). En 1914 il est nommé vicaire provincial en Espagne, puis visiteur des maisons de la vicairie. En 1919 il va en Italie, où il est confesseur dans les sanctuaires de Pompéi et Madonna dell’Arco ; économe et sacristain au couvent de la Trinité à Rome (1919-1920). De retour en Espagne (septembre 1920), il réside à Ocaña, sauf pour des missions: chapelain des moniales dominicaines de Santa Inés, à Saragosse (1927-1931); directeur de retraites spirituelles chez les dominicaines d’Olmedo (Valladolid) et Ajofrín (Toledo).
En mai 1936, il retourne à Ocaña pour protéger les Pères âgés. Le 22 juillet, au début de la guerre, le couvent fut attaqué. Blessé mortellement à la gare Atocha à Madrid, le 5 août, il est transporté à demi-inconscient à l’hôpital près de la gare, avec 11 balles dans le corps. Il meurt 10 jours plus tard, le 15 août, après un supplice atroce, au milieu du plus grand abandon et des moqueries.
Victor, naît à Carrión le 24 juillet 1880, prêtre au couvent d’Ocaña. Le 22 juillet 1936 les milices pillèrent le couvent et les frères durent fuir; le P. Víctor se réfugia chez le vicaire d’Ocaña. Mais les frères ne se sentent pas en sécurité et pensent qu’ils seraient mieux à Madrid avec d’autres frères. Le 4 août ils cherchèrent un sauf-conduit pour rejoindre leurs frères de Madrid, une sœur malade se joignit à eux, et une femme qui l’accompagnait. Le lendemain ils prirent le train, mais le sauf-conduit s’avéra être un piège car il ordonnait de les tuer en chemin. À l’arrivée à la gare d’Atocha, ils furent assassinés, mais les deux femmes purent se sauver et témoigner de l’événement. Du P. Víctor García on garde à Carrión des bannières qu’il peignit pour les processions.
Eduardo, naît à Ávila le 5 janvier 1884 ; baptisé le 13, confirmé en 1891. Orphelin de père à 3 ans, sa mère (tertiaire dominicaine) dut travailler comme employée de maison chez Antonio Mata, chapelain des carmélites de San José, qui l’emmena à la résidence provinciale d’Ávila. À 11 ans il revint chez sa mère. Après un temps à Ocaña, il fit profession comme frère coopérateur à Ávila le 27 décembre 1914. Il travailla fidèlement aux offices de sa profession au collège de La Mejorada (1917-1923), Ocaña (1924), Ávila (1925-1930), maison de la Passion à Madrid (1932-1933), couvent du Rosaire, aussi à Madrid (1935-1936). Plein de bonté, travailleur et charitable, joyeux, recueilli et humble. Il se rendait très bien compte de l’hostilité antichrétienne qui régnait à Madrid depuis le début de 1936, il prévoyait le martyre et même le désirait. Le 6 juin il fut nommé à Ocaña, où le 22 juillet il fut victime de l’assaut du couvent. Il alla à Madrid avec les pères Maximino Fernández, Manuel Moreno et Víctor García Ceballos et mourut, avec eux, le 5 août 1936. Il avait 52 ans.
Source principale : docteurangelique.forumactif.com/(« Rév. x gpm »).
BBx Manuel Moreno et comp. priez pour nous !

05.08.2026 – ÉVANGILE DU JOUR
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 15,21-28.

En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »
Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! »
Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »
Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »

Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »

Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.
Acclamons et partageons la parole de Dieu !
COMMENTAIRE :
Cardinal Joseph Ratzinger [Benoît XVI
pape de 2005 à 2013]
Retraite prêchée au Vatican, 1983 (trad. Le Ressuscité, DDB 1986, p. 41)
« Mon Seigneur, notre Roi, c’est toi le seul Dieu. Viens me secourir, car je suis seule et je n’ai pas d’autre secours que toi » (Est 14,4)
Dans l’Evangile, Jésus nous invite à la prière : « Demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira ». Ces paroles de Jésus sont très précieuses, parce qu’elles expriment la véritable relation entre Dieu et l’homme, et parce qu’elles répondent à un problème fondamental de toute l’histoire des religions et de notre vie personnelle. Est-il juste et bon de demander quelque chose à Dieu ? ou bien l’unique réponse correspondant à la transcendance et à la grandeur de Dieu ne consiste-t-elle pas à le glorifier, à l’adorer, à lui rendre grâce, en une prière qui sera donc désintéressée ? … Jésus ignore cette crainte. Jésus n’enseigne pas une religion pour élites, totalement désintéressée. L’idée de Dieu que Jésus nous enseigne est différente : son Dieu est très humain ; ce Dieu est bon et puissant. La religion de Jésus est très humaine, très simple — c’est la religion des simples : « Je te rends grâce, Père, Seigneur du ciel et de la terre, car tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et tu les as révélées aux petits » (Mt 11,25). Les petits, ceux qui ont besoin de l’aide de Dieu et le disent, comprennent beaucoup mieux la vérité que les intelligents qui, en refusant la prière de demande et en n’admettant que la louange désintéressée de Dieu, construisent une autosuffisance de l’homme qui ne correspond pas à son indigence, telle que l’expriment les paroles d’Esther : « Viens à mon aide ! » (14,4) Derrière cette noble attitude qui ne veut pas déranger Dieu avec nos petits malheurs, se cache le doute suivant : Dieu a-t-il le pouvoir de répondre aux réalités de notre vie, Dieu peut-il changer nos situations et entrer dans la réalité de notre vie terrestre ? … Si Dieu n’agit pas, s’il n’a pas pouvoir sur les événements concrets de notre vie, comment Dieu reste-t-il Dieu ? Et si Dieu est amour, l’amour ne trouvera-t-il pas une possibilité de répondre à l’espérance de celui qui aime ? Si Dieu est amour, et s’il ne pouvait pas nous aider dans notre vie concrète, l’amour ne serait pas l’ultime pouvoir du monde.

LECTURES :
Livre de Jérémie 31,1-7.
En ce temps-là – oracle du Seigneur –, je serai le Dieu de toutes les familles d’Israël, et elles seront mon peuple.
Ainsi parle le Seigneur : Il a trouvé grâce dans le désert, le peuple qui a échappé au massacre ; Israël est en route vers Celui qui le fait reposer.
Depuis les lointains, le Seigneur m’est apparu : Je t’aime d’un amour éternel, aussi je te garde ma fidélité.
De nouveau je te bâtirai, et tu seras rebâtie, vierge d’Israël. De nouveau tu prendras tes tambourins de fête pour te mêler aux danses joyeuses.
De nouveau tu planteras des vignes dans les montagnes de Samarie, et ceux qui les planteront en goûteront le premier fruit.
Un jour viendra où les veilleurs crieront dans la montagne d’Éphraïm : « Debout, montons à Sion, vers le Seigneur notre Dieu ! »
Car ainsi parle le Seigneur : Poussez des cris de joie pour Jacob, acclamez la première des nations ! Faites résonner vos louanges et criez tous : « Seigneur, sauve ton peuple, le reste d’Israël ! »

Livre de Jérémie 31,10.11-12ab.13.
R/ Le Seigneur nous garde, comme un berger son troupeau. (Jr 31, 10d)
Écoutez, nations, la parole du Seigneur !
Annoncez dans les îles lointaines :
« Celui qui dispersa Israël le rassemble,
il le garde, comme un berger son troupeau.
Le Seigneur a libéré Jacob,
l’a racheté des mains d’un plus fort.
Ils viennent, criant de joie, sur les hauteurs de Sion :
ils affluent vers les biens du Seigneur.
La jeune fille se réjouit, elle danse ;
jeunes gens, vieilles gens, tous ensemble !
Je change leur deuil en joie,
les réjouis, les console après la peine. »

04.08.2026 – VÊPRES À NOTRE-DAME DE PARIS
04.08.2026 – CHAPELET À LOURDES
04.08.2026 – PRIÈRE DU MILIEU DU JOUR AU SACRÉ-CŒUR DE MONTMARTRE
04.08.2026 – MESSE À LOURDES
Le curé d’Ars connaît le secret d’une âme

Le curé d’Ars connaît le secret d’une âme
Saint Jean-Marie Vianney (1786 – 1859) fut pendant plus de quarante ans le curé du petit village d’Ars-sur-Formans. Il eut les plus grandes difficultés à mener ses études jusqu’au sacerdoce. Rien ne laissait présager que ce modeste prêtre attirerait bientôt des foules venues de toute la France pour se confesser à lui. Dès les années 1830, des milliers de pèlerins font plusieurs jours de voyage pour recevoir son absolution. De nombreux témoins lui attribuent un discernement exceptionnel des consciences et le don de prophétie. Au confessionnal, il n’était pas rare qu’il ait connaissance de faits intimes ignorés de tous. Ce don peu spectaculaire est toujours mis au service de la conversion : non pour révéler des secrets, mais pour ouvrir les âmes à la miséricorde du Christ.
Les raisons d’y croire
- Dès la fin des années 1830, les foules se pressent à Ars afin de se confesser à l’abbé Vianney. Il faut souvent attendre plusieurs jours avant d’accéder au prêtre. Celui-ci ne tolère aucun passe-droit et ne tient compte d’aucune recommandation qui servirait de coupe-file. Ni la fortune ni la naissance n’y font rien : chacun doit attendre son tour. Ce pauvre prêtre, réputé ignorant et vivant lui-même dans la pauvreté, attire d’une façon surnaturelle la France entière vers lui.
- Pourtant, sans raison apparente, il lui arrive parfois, lorsqu’il vient à l’église, de faire signe à telle ou telle personne qu’il ne connaît absolument pas de passer avant les autres pour la confession. Il arrive que ces personnes protestent, disant ne pas vouloir resquiller. Il leur répond alors qu’elles ne peuvent pas attendre et qu’elles doivent rentrer chez elles au plus vite. Au confessionnal, il leur précise en des termes sibyllins qu’elles comprendront ensuite la raison de cette urgence : un malheur à empêcher, un drame soudain chez elles, une maladie grave qui va les clouer au lit… Ces prédictions se révèlent toujours exactes. En d’autres cas, il repère de grands pécheurs qui risqueraient de se raviser s’ils attendaient trop longtemps. L’abbé Vianney, comme Padre Pio au siècle suivant, dira que ces inspirations lui viennent de son ange gardien, qui lui indique les personnes vraiment pressées.
- C’est ainsi qu’un jour, dans les années 1840, il donne la priorité à une dame en grand deuil, venue de Lyon et qu’il n’a jamais vue. En passant près d’elle, il lui dit : « Ne pleurez pas. Il est sauvé. » Un instant plus tard, au confessionnal, cette dame lui explique que, veuve depuis peu, elle désespère du salut de son mari. Criblé de dettes, celui-ci s’est jeté dans le Rhône. On lui a refusé des obsèques religieuses, selon l’usage de l’époque, qui interdit l’accès à l’église aux suicidés. La veuve et ses proches sont persuadés de la damnation de cet homme qui, outre le fait de s’être suicidé, s’affirmait anticlérical et ne pratiquait jamais. Sa damnation était en effet une hypothèse très plausible, contre laquelle peu de prêtres, à l’époque, auraient osé s’élever.
- L’étonnant est que le curé d’Ars ne plaisante pas avec le risque de se damner, dont il brandit souvent la menace. Quand on le lui reproche, il répond qu’il aime mieux pousser les âmes vers le Ciel un peu brutalement que les laisser se perdre par une indulgence déplacée. Il n’est donc pas un laxiste persuadé que nous irons tous au paradis, ce qui n’est d’ailleurs pas dans les mœurs du temps. On comprend ainsi que ces propos ne correspondent pas à ses inclinations naturelles.
- Comme la veuve peine à y croire, l’abbé Vianney a cette formule magnifique : « Entre le pont et l’eau, il y avait place pour le repentir et pour le pardon. » Dire cela réclame une grande audace, tant cette affirmation va à rebours de ce que l’on enseigne alors, et même de ce dont il est convaincu.
- Cependant, devant les doutes de la veuve, il lui révèle des détails personnels que nul, à part elle, ne peut connaître : « Vous souvenez-vous que, chaque vendredi soir, votre mari rentrait chez vous avec des fleurs, qu’il vous offrait ? Il savait que vous les déposeriez aux pieds de la Sainte Vierge et c’est à elle, ainsi, qu’il les offrait en réalité sans le dire. C’est ce qui l’a sauvé, car elle a intercédé pour lui au tribunal de Dieu et lui a obtenu des grâces de conversion au dernier instant. »
- L’abbé Vianney ajoute qu’il faudra beaucoup prier pour l’âme du défunt, car celui-ci est malgré tout condamné à un long purgatoire.
- Cette anecdote, rapidement connue, puisque les gens racontaient les grâces spéciales dont ils avaient bénéficié, est authentique. Comme dans bien d’autres cas, le curé d’Ars ne pouvait qu’ignorer les détails qu’il évoquait. Ceux-ci lui étaient révélés par l’ange gardien de la pénitente, témoin des scènes en question.
- Il y a un équilibre étonnant entre l’annonce de la miséricorde divine, si abondamment offerte au pécheur repentant, fût-ce à l’ultime seconde, et le rappel d’une justice céleste dont on ne parle plus guère aujourd’hui, mais qui était très souvent évoquée au XIXe siècle. Le tempérament de l’abbé Vianney ne le poussant pas à l’indulgence, on peut penser qu’il parlait là directement in persona Christi (« à la place du Christ »), privilège du prêtre au confessionnal comme à l’autel.
- Si cet épisode n’est pas le plus spectaculaire de la vie du curé d’Ars, il illustre particulièrement bien la grandeur du sacerdoce, qui lui arrachait ce cri : « Si l’on savait ce que c’est que le prêtre, on en mourrait ! »
Auteur :
Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.
Source : 1000 raisons de croire