01.03.2026 – HOMÉLIE DU 2ÈME DIMANCHE DE CARÊME – MATTHIEU 17, 1-9

Être lumineux

Homélie par le Fr. Laurent Mathelot

Nous étions revenus, la semaine passée, sur la nécessité de se plonger dans le contexte culturel d’un texte pour le comprendre. C’est a fortiori le cas de la Bible, rédigée en contexte hébraïque, dont nous sommes bien plus distants que les disciples. D’où l’importance majeure pour nous de l’Ancien Testament, qui constitue le contexte du Nouveau. On manque quelque chose d’essentiel du Christ, si on l’extrait du peuple dont il est le Messie. C’est une illusion d’imaginer que le christianisme a été une rupture radicale avec le judaïsme, ce que les Évangiles et l’Histoire d’ailleurs démentent. Le Christ et ses disciples se voient comme l’accomplissement du judaïsme.

Le texte d’aujourd’hui n’échappe pas à la règle, qui est truffé de symbolique juive et de références à l’Ancien Testament. Nous avons déjà relevé l’emploi constant, dans la culture hébraïque, d’images particulièrement concrètes pour présenter les réalités spirituelles : ainsi parlera-t-on de ‘marcher sur l’eau’ pour signifier ‘surmonter le doute et la peur’ ou des ‘flammes de l’Enfer’ pour illustrer l’âme aux prises avec ses tourments. Aujourd’hui, la transfiguration du Christ, en présence de Moïse et d’Élie, récit particulièrement extraordinaire et imagé, dont il convient de décrypter la symbolique.

Moïse représente ici la loi, la tradition, tandis qu’Élie incarne l’espérance, l’annonce du Messie. De prime abord, le récit nous propose donc une nouvelle image de Jésus accomplissant les Écritures. Moïse et Élie symbolisent ici le début et l’arrivée de la marche vers la délivrance, le Christ apparaissant lumineux au milieu d’eux.

Au-delà de l’affirmation théologique, intéressons-nous aux détails concrets du récit, dont nous savons qu’ils sont parlants pour la rhétorique juive. Nous sommes sur une haute montage, c’est à dire dans un moment d’élévation vers Dieu. Et si, comme le spécifie le texte, l’apparition de Moïse et d’Élie est clairement de l’ordre de la vision, il rapporte la Transfiguration comme effective. Le texte dit en effet : « Il fut transfiguré devant eux » – et non « Il leur apparu transfiguré » – « son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière ». Aujourd’hui, nous dirions sans doute que le Christ est apparu rayonnant, transcendé de bonheur en priant.

J’espère que nous avons tous vécu des évènements qui nous ont transfigurés, qui nous ont exalté l’âme jusqu’à rendre notre joie particulièrement visible et communicative. On pense sans doute à une rencontre amoureuse, à la naissance d’un enfant, à une extase spirituelle. Mais pensons aussi aux simples regards, aux douces paroles et aux petites marques d’attention qui nous ont transportés de joie. Ici, les images impressionnantes que nous livre le récit servent à souligner le caractère merveilleux et extraordinaire de ce qu’éprouve le Christ et qui impressionne les disciples. Mais nous savons décoder ces images désormais et comprendre qu’il s’agit avant tout d’un bouleversement intérieur qui rayonne la joie. Le concret du récit nous invite à considérer ce bouleversement comme réel : le bonheur transfigure concrètement l’humain.

Dans cette lignée des images fortes qui décrivent des réalités spirituelles, la nuée représente dans la Bible le trouble, la perte de repères, l’étourdissement – autant d’états spirituels que nous connaissons aussi. C’est dans le trouble que nous sommes appelés à reconnaître l’éclat du Christ que nous désigne le Père : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »

Enfin, intéressons-nous à un troisième détail concret : les tentes que Pierre veut dresser. Départons-nous d’emblée de l’image d’un Pierre un peu pataud, qui ne comprend Jésus qu’à moitié et qui réagirait ici de manière futile. Dans la Bible, les tentes sont des lieux d’accueil et de fraternité, des demeures où l’on invite ses hôtes à rester. Avant la construction du Temple par Salomon, au temps de David, Dieu lui-même résidait dans la Tente de la rencontre. Ainsi l’intention de Pierre est-elle bien de préserver la présence du Christ entouré de Moïse et d’Élie, de leur proposer de demeurer avec lui.

On a maintenant tous les éléments pour comprendre le sens spirituel du texte : dans le trouble, entre légalisme et espérance, il s’agit de trouver la lumière du Christ et s’en laisser transfigurer à demeure. La personne troublée, en effet, oscille souvent entre préoccupation, parfois rigide, de la loi et soif de délivrance. Nos difficultés nous poussent à l’exigence et à l’ordre, et parfois nous braquent même sur le respect des règles. Par ailleurs, nos troubles nous poussent tout autant à l’espérance d’un changement radical, d’une transfiguration de notre vie. De là, la présence symbolique de Moïse et d’Élie qui reflète les bornes admissibles de nos oscillations spirituelles troublées.

Au centre de ce va-et-vient entre légalisme et espérance, il y a un bonheur rayonnant à trouver – le Christ – que nous désigne le Père, qui transfigure notre humanité et dissipe la nuée qui nous entoure. La nécessité de la loi et de l’espérance a alors disparu, seul reste à demeure le bonheur rayonnant.

Dans un monde troublé, la loi et l’espérance définissent le cadre de notre marche vers le bonheur. Il faut, à la fois, des règles pour circonscrire l’action du mal et une espérance pour donner sens à ces règles. Ainsi, il s’agit de ne tomber ni dans un légalisme désespéré, ni dans une espérance débridée. Au contraire, il s’agit de trouver, dans l’élévation vers Dieu, entre espérance et loi, une joie parfaite, paisible, stable et rayonnante qui nous libère de la quête du bonheur.

Le Christ demande à ses disciples de ne parler de ce qu’ils ont vu qu’après la Résurrection. Et, en effet, c’est au-delà de la mort que notre transfiguration sera achevée. Au ciel ne subsistera que notre partie rayonnante. Pourtant, le concret du récit nous pousse à croire que notre transfiguration est possible dès ici-bas. J’espère, si nous ne le sommes pas encore, que nous connaissons tous des personnes rayonnantes, qui incarnent cette promesse d’un bonheur affranchi du besoin d’espérer et des contraintes pour l’atteindre ; des gens qu’aucune loi, règle ou contrainte n’affecte plus désormais ; des gens qui ne nécessitent même plus d’espérer ; des gens à la quête de bonheur aboutie ; des gens simplement heureux de la présence de Dieu ; des gens rayonnants.

Croyez-vous qu’un bonheur divin puisse ici-bas vous transfigurer ?

Fr. Laurent Mathelot

Source : RÉSURGENCES.BE, le 25 février 2026

01.03.2026 – HOMÉLIE DU 2ÈME DIMANCHE DE CARÊME – MATTHIEU 17,1-9

Une heure inoubliable

Pistes pour l’homélie par l’Abbé Jean Compazieu


Textes bibliques : Lire


Avec ce 2ème dimanche du Carême, nous sommes invités à nous déplacer, à sortir de notre jardin, celui de notre petite vie bien tranquille. Les textes bibliques de ce dimanche évoquent trois mouvements qu’il faut avoir en permanence : quitter son « chez soi », monter pour découvrir la Lumière, puis accepter de redescendre vers la vallée (qui peut être une « vallée de larmes ».

C’est ce qui s’est passé pour Abraham (1ère lecture) : il a été appelé à quitter une vie où Dieu est inconnu ; il a marché vers le pays que Dieu lui destinait. Plus tard, Jésus demandera à ses disciples de tout quitter pour le suivre. Nous sommes appelés à nous libérer des entraves qui nous tiennent éloignées de Dieu et de la bénédiction qu’il veut répandre sur nous. Vivre le Carême, c’est sortir de notre vie tranquille, c’est nous nourrir chaque jour de l’Évangile du Christ, c’est suivre le Seigneur sur des chemins que nous n’avions pas prévus.

La lettre de saint Paul à Timothée rejoint le texte de la première lecture qui vient d’être proclamé. Elle nous redit le grand projet de Dieu : il ne souhaite rien d’autre que de déployer la bénédiction confiée à Abraham. La grande préoccupation de l’apôtre c’est que l’Évangile soit connu de tous : Dieu nous a sauvés. Il nous a donné la grâce dans le Christ Jésus avant tous les siècles… Il fait resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile ». La force de Dieu accompagne le missionnaire du Christ.

L’Évangile de ce jour nous montre Jésus qui prend avec lui trois de ses disciples : Pierre, Jacques et Jean. « Il les emmène à l’écart sur une haute montagne ». Dans le monde de la Bible, « la montagne représente la proximité avec Dieu et la rencontre intime avec lui ». C’est le lieu de la prière. On y est vraiment en présence du Seigneur. Jésus laisse entrevoir à ses disciples la beauté de sa divinité. Nous nous rappelons qu’un jour, il a dit : « Je suis la lumière du monde ». Aujourd’hui, il laisse transparaître un peu de cette lumière qui est en lui. Si le Christ nous appelle à lui, c’est pour nous faire contemple les choses du ciel.

Pierre est ébloui par cette vision. Il a envie de rester là, de s’installer. Mais voilà que la voix du ciel se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui, je trouve ma joie. ÉCOUTEZ-LE ! » Cette parole est très importante ; elle est pour chacun de nous aujourd’hui : « Écoutez car il est mon Fils bien-aimé ». Écoutez Jésus ! Ce n’est pas le prêtre qui vous dit cela ; c’est Dieu le Père qui le dit à chacun de nous.

Nous qui sommes des disciples de Jésus, nous devons être de ceux qui écoutent sa voix et qui prennent au sérieux ses paroles. Pour écouter Jésus, il faut être proche de lui, il faut le suivre comme faisaient les foules de Palestine. Jésus était un itinérant, un marcheur qui proposait ses enseignements ou plutôt les enseignements du Père.

Nous sommes donc tous appelés à suivre le Christ pour l’écouter. Nous l’écoutons dans sa Parole écrite, dans l’Évangile. C’est important que nous puissions en lire un passage chaque jour, en particulier pendant le Carême. Nous pouvons nous arrêter à n’importe quel moment de la journée pour en lire un extrait. À travers ces textes que nous lisons, c’est Jésus qui nous parle.

Dans l’Évangile de la Transfiguration, nous pouvons souligner deux moments significatifs : la montée et la descente. Nous avons besoin d’aller à l’écart, de monter sur la montagne dans un espace de silence. C’est là que nous pourrons mieux percevoir la voix du Seigneur. C’est ce que nous faisons dans la prière, en particulier dans l’Eucharistie. Ce rendez-vous avec le Christ est un événement qu’il ne faut surtout pas manquer.

Mais nous ne pouvons pas rester là. La rencontre avec le Christ nous pousse à « descendre de la montagne ». Nous sommes envoyés ver les « périphéries », vers ceux et celles qui souffrent à cause de la maladie, des injustices, de la pauvreté matérielle et spirituelle. Nous sommes envoyés pour leur apporter les fruits de l’expérience que nous avons faite avec Dieu. Nous avons écouté la Parole de Dieu ; nous l’avons dans le cœur. Mais elle ne pourra grandir que si nous la donnons aux autres. C’est cela la vie chrétienne. C’est une mission pour tous les baptisés, pour nous tous : Écouter Jésus et le donner aux autres.

Tout au long de ce Carême, nous sommes tous appelés à sortir de notre vie tranquille et à gravir la montagne pour aller à la rencontre du Seigneur. Rappelons-nous que ses paroles sont celles « de la Vie éternelle ». C’est de cette bonne nouvelle que nous avons à témoigner dans un monde défiguré par tant de souffrances, de mensonges et de mépris de la dignité des personnes. Nous sommes attirés par l’espérance de la transfiguration finale. Alors comme Abraham et bien d’autres, mettons-nous en route pour suivre le Seigneur. Qu’il soit toujours avec nous et nous toujours avec lui pour que toute notre vie témoigne de l’amour qu’il nous porte.

Abbé Jean Compazieu

Source : DIMANCHEPROCHAIN, le 22 février 2026

« Le Rosaire est une prière dont le centre est christologique »

« Le Rosaire est une prière dont le centre est christologique »

Le Rosaire de la Vierge Marie, qui s’est développé progressivement au cours du deuxième millénaire sous l’inspiration de l’Esprit de Dieu, est une prière aimée de nombreux saints et encouragée par le Magistère. Dans sa simplicité et dans sa profondeur, il reste, même dans le troisième millénaire commençant, une prière d’une grande signification, destinée à porter des fruits de sainteté.

Elle se situe bien dans la ligne spirituelle d’un christianisme qui, après deux mille ans, n’a rien perdu de la fraîcheur des origines et qui se sent poussé par l’Esprit de Dieu à « avancer au large » (Duc in altum !) pour redire, et même pour « crier » au monde, que le Christ est Seigneur et Sauveur, qu’il est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), qu’il est « la fin de l’histoire humaine, le point vers lequel convergent les désirs de l’histoire et de la civilisation ».

En effet, tout en ayant une caractéristique mariale, le Rosaire est une prière dont le centre est christologique. Dans la sobriété de ses éléments, il concentre en lui la profondeur de tout le message évangélique, dont il est presque un résumé. En lui résonne à nouveau la prière de Marie, son Magnificat permanent pour l’œuvre de l’Incarnation rédemptrice qui a commencé dans son sein virginal. Avec lui, le peuple chrétien se met à l’école de Marie, pour se laisser introduire dans la contemplation de la beauté du visage du Christ et dans l’expérience de la profondeur de son amour.

Pape saint Jean Paul II, Lettre apostolique Rosarium virginis mariae sur le Rosaire

Lectures de la messe du jour

Prions :
Je vous salue, Marie pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen.

Source : une minute avec Marie

26.02.2026 – SAINTE DU JOUR

Ste Paule de Saint-Joseph de Calasanz

Sainte Paule de Saint Joseph de Calasanz

Religieuse et fondatrice des :

« Hijas de María, Religiosas Escolapias »

(Filles de Marie, religieuses scolopes)

 

Paule de Saint Joseph de Calasanz, (dans le siècle Paula Montal Fornés), naît  le 11 octobre 1799 à Arenys del Mar (Barcelone) dans une famille chrétienne modeste. Elle est baptisée le jour même. 

Aînée de cinq enfants, elle doit, dès l’âge de dix ans, aider sa mère qui est veuve et elle comprend que les filles, et les femmes en général, ont peu d’accès à l’éducation et à la culture. Elle se sent poussée par Dieu à agir en leur faveur. Son projet sera de « sauver la famille en éduquant les petites filles dans la sainte crainte de Dieu ». 

En 1829, elle se rend à Figueras (Gérone, Catalogne) suivie de son amie inconditionnelle Inés Busquets, pour ouvrir une première école de filles fondée sur un vaste projet éducatif, lequel dépasse largement le système pédagogique de l’époque, même en ce qui concerne les garçons. Elle veut une éducation complète, humaine et chrétienne, des femmes, sachant que cela ne peut avoir qu’une influence bénéfique sur la société. Elle prévoit un quatrième vœu pour les religieuses à venir : celui d’enseigner.

En 1837, elle se transfère à Sabadell (Barcelone). Cette femme, cette « mystique enracinée dans l’action », déploie une intense activité. À partir de cette époque, elle s’identifie entièrement avec le charisme de Saint Joseph de Calasanz (le saint espagnol fondateur des Scolopes, qui s’est voué à la scolarisation des enfants pauvres à Rome au XVIIe siècle). Elle veut vivre selon la spiritualité de ce grand éducateur et selon sa règle qui se résume par la devise : « piété et instruction ». 

Elle fonde une deuxième école à Arenys del Mar, sa ville d’origine, en 1842, puis une troisième à Sabadell en 1846. Elle est toujours en contact avec les Pères Scolopes et grâce à l’aide de deux d’entre eux, elle réussit à obtenir rapidement la structure canonique des Scolopes pour sa Congrégation naissante. 

Le 2 février 1847, avec trois autres compagnes dont Inés, elle prononce ses vœux comme « Fille de Marie, religieuse scolope ». En tout, de 1829 à 1859, elle a fondé 7 écoles et aidé à la fondation de 4 autres. De plus, elle a été la formatrice de 130 sœurs de la Congrégation.

En 1859, elle fonde sa dernière école dans le petit village de Olesa de Montserrat, au pied du Monastère et de la Vierge de Montserrat à laquelle elle est particulièrement attachée. Là, pendant une trentaine d’années jusqu’à sa mort, elle mène une vie retirée. Elle donne alors la preuve de l’authenticité, du courage et de la tendresse de son esprit : un esprit modelé par Dieu. Dans ce collège qui bénéficie de sa présence et auquel va sa préférence, elle est entourée de l’affection et de la vénération de toutes ses Filles. 

Lorsqu’elle meurt, très âgée, le 26 février 1889, la Congrégation compte 346 religieuses réparties dans 19 collèges en Espagne. Aujourd’hui elles sont 800, qui enseignent à environ 30.000 élèves dans 19 pays et sur 4 continents.

Paula Montal Fornés de San José de Calasanz a été béatifiée le 18 avril 1993, à Rome, et canonisée, toujours à Rome, par le même Pape, saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), le 25 novembre 2001.

Source principale : abbaye-saint-benoit.ch (« Rév. x gpm »).

Sainte Paule de Saint Joseph de Calasanz priez pour nous !

26.02.2026 – ÉVANGILE DU JOUR

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 7,7-12. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.
Ou encore : lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils quand il lui demande du pain ?
ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ?
Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. »

Acclamons et partageons la parole de Dieu !

COMMENTAIRE :

Tertullien (v. 155-v. 220)

théologien

De la prière, 28-29 (in Lectures chrétiennes pour notre temps, fiche U13; trad. Orval ; © 1970 Abbaye d’Orval)

Dieu pourrait-il refuser la prière qui monte vers lui ?

« L’heure vient, dit-il, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jn 4,23) et il cherche de tels adorateurs. Nous sommes de vrais adorateurs et de vrais prêtres lorsque nous prions en esprit et offrons ainsi à Dieu, en sacrifice, notre prière, comme la victime qu’il s’est réservée et qui lui est agréable, celle-là même qu’il a demandée et préparée. Cette victime, offerte du fond du cœur, nourrie par la foi, élevée dans la vérité, intacte et innocente, intègre et pure, couronnée par l’amour, nous devons la mener à l’autel de Dieu avec un cortège de bonnes actions, parmi les psaumes et les hymnes, et elle nous obtiendra tout de la part de Dieu. Dieu pourrait-il refuser quelque chose à la prière qui monte vers lui en esprit et en vérité, alors que c’est lui-même qui l’a exigée ? Nous lisons, entendons et croyons tant de témoignages de son efficacité ! Déjà la prière ancienne délivrait du feu, des bêtes de la famine ; et pourtant, elle n’avait pas reçu sa forme du Christ. Combien plus grande est, par conséquent, l’efficacité de la prière chrétienne ! Elle n’envoie pas d’ange pour éteindre les flammes, elle ne ferme pas la gueule des lions, elle n’apporte pas de nourriture aux affamés, elle ne supprime aucune des passions des sens par un don de la grâce ; mais elle apprend la patience à ceux qui éprouvent une douleur et leur donne la foi qui fait comprendre ce que le Seigneur réserve à ceux qui souffrent pour le nom de Dieu. (…) Toute créature prie. Les animaux domestiques et les bêtes sauvages prient et fléchissent les genoux. En sortant de leurs étables ou de leurs tanières, ce n’est pas pour rien qu’ils font vibrer l’air de leurs cris. Même les oiseaux qui volent dans le ciel étendent leurs ailes en forme de croix et disent quelque chose qui ressemble à une prière. Que dire encore en hommage à la prière ? Le Seigneur lui-même a prié, à lui honneur et puissance pour les siècles des siècles.

LECTURES :

Livre d’Esther 4,17n.17p.17q.17r.17aa.17bb.17gg.17hh. 

En ces jours-là, la reine Esther, dans l’angoisse mortelle qui l’étreignait, 
chercha refuge auprès du Seigneur.
Se prosternant à terre avec ses servantes du matin jusqu’au soir,
elle disait :
« Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob,
tu es béni.
Viens à mon secours car je suis seule,
et je n’ai pas d’autre défenseur que toi, Seigneur.
Car je vais jouer avec le danger.
Dans les livres de mes ancêtres, Seigneur,
j’ai appris que ceux qui te plaisent,
tu les libères pour toujours, Seigneur.
Et maintenant, aide-moi, car je suis solitaire 
et je n’ai que toi, Seigneur mon Dieu.
Maintenant, viens me secourir car je suis orpheline,
et mets sur mes lèvres un langage harmonieux
quand je serai en présence de ce lion ;
fais que je trouve grâce devant lui,
et change son cœur :
qu’il se mette à détester celui qui nous combat,
qu’il le détruise avec tous ses partisans.
Et nous, libère-nous de la main de nos ennemis ;
rends-nous la joie après la détresse
et le bien-être après la souffrance. »

Psaume 138(137),1-2a.2bc-3.7c-8. 

R/ Quand je crie vers toi, Seigneur, tu réponds à mon appel. (Ps 137, 3a)

De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce : 
tu as entendu les paroles de ma bouche. 
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne.

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel, 
tu fis grandir en mon âme la force.

Ta droite me rend vainqueur.
Le Seigneur fait tout pour moi ! 
Seigneur, éternel est ton amour : 
n’arrête pas l’œuvre de tes mains.