Rosa Venerini naît le 9 février 1656 à Viterbe (Latium, Italie). Ses parents, Goffredo Venerini et Marzia Zampechetti ont eu trois autres enfants, Domenico, Maria Maddalena et Orazio. Son père était médecin, originaire de Castelleone di Suasa dans la Province d’Ancône ; il exerça à Viterbe.
Petite fille, elle était déjà douée d’une grande sensibilité et d’une fine intelligence ; son éducation chrétienne développa en elle de grandes qualités de cœur et de fermes principes religieux. À l’âge de 7 ans, elle fit vœu de se consacrer à Dieu.
Durant son adolescence, elle fut en proie à de nombreux conflits intérieurs, entre les attractions du monde et sa promesse, mais elle dépassa ses crises par la prière et les mortifications.
Arrivée à l’âge de 20 ans, Rosa s’interrogeait : pour les femmes, à cette époque, il n’y avait que le mariage ou le couvent. Elle se sentait appelée au service de l’Église, mais ne parvenait pas encore clairement à déterminer sa vocation.
À la fin de 1676, en accord avec ses parents, elle rejoignit le monastère dominicain de Sainte-Catherine à Viterbe où elle espérait prononcer ses vœux. Mais la mort prématurée de son père l’obligea à retourner chez elle pour rester auprès de sa mère dont la santé était fragile. Après le décès prématuré de son frère Dominique, la mort de sa mère, et le mariage de sa sœur, en mai 1684 elle a commencé à rassembler des enfants et leurs mamans dans sa maison pour la récitation du Rosaire. C’est à cette époque qu’elle réalisa la pauvreté culturelle, morale et spirituelle des femmes de son temps, et qu’elle envisagea la création d’écoles qui offriraient une formation chrétienne satisfaisante à toutes ces personnes.
Le 30 août 1685, avec l’approbation de l’évêque de Viterbe, le card. Urbano Sacchetti, et avec la collaboration de deux compagnes, Gerolama Coluzzelli et Porzia Bacci, Rosa laissa la maison paternelle pour fonder une première école, projetée selon le plan original qu’elle avait mûri dans la prière et dans la recherche de la volonté de Dieu.
Sans grandes prétentions, Rosa avait ouvert la « première école publique féminine en Italie ». Les débuts étaient modestes et humbles, mais la portée était prophétique : la promotion humaine et l’élévation spirituelle des femmes étaient une réalité qui ne devait pas tarder à avoir l’approbation des Autorités religieuses et civiles.
Le cardinal Marc Antoine Barbarigo, évêque de Montefiascone, comprit le caractère génial du projet de Viterbe et appela Rose dans son Diocèse. La fondatrice, toujours prête à se sacrifier pour la gloire de Dieu, répondit positivement à l’invitation : de 1692 à 1694, elle ouvrit une dizaine d’écoles à Montefiascone et dans les zones qui sont aux alentours du lac de Bolsena.
Après l’ouverture des écoles de Viterbe et de Montefiascone, d’autres écoles furent créées dans la province du Latium.
Le 8 décembre 1713, avec l’aide de l’Abbé Degli Atti, grand ami de la famille Venerini, Rosa ouvrit une école au centre de Rome.
Le 24 octobre 1716, elle eut la visite du pape Clément XI (Giovanni Francesco Albani, 1700-1721) qui, accompagné par huit cardinaux, voulut assister aux leçons. Émerveillé et satisfait, il s’adressa en fin de matinée à la fondatrice : « Madame Rosa, vous faites ce que nous n’arrivons pas à faire, nous vous remercions, car avec ces écoles, vous sanctifierez Rome ».
Au soir du 7 mai 1728, Rosa Venerini mourut saintement dans la maison de Saint-Marc à Rome. Elle avait ouvert plus de 40 écoles.
Rosa Venerini a été béatifiée le 4 mai 1952 par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) et canonisée, le 15 octobre 2006, par le pape Benoît XVI (Joseph Ratzinger, 2005-2013).
Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,9-11.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.
Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
COMMENTAIRE :
Saint Anselme (1033-1109)
moine, évêque, docteur de l’Église
Prosologion, 26 (trad. bréviaire rev.)
« Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit complète »
Je t’en prie, mon Dieu, fais que je te connaisse, fais que je t’aime pour que ma joie soit en toi. Et si ce n’est pas pleinement possible en cette vie, fais du moins que j’y progresse tous les jours, jusqu’à parvenir à la plénitude. Qu’en cette vie ta connaissance grandisse en moi, et qu’elle soit achevée au dernier jour ; que grandisse en moi ton amour et qu’il soit parfait dans la vie à venir, pour que ma joie, déjà grande ici-bas en espérance, soit alors achevée dans la réalité. Seigneur Dieu, par ton Fils tu nous as donné l’ordre, ou mieux, le conseil, de demander ; et tu as promis que nous serions exaucés, afin que notre joie soit parfaite (Jn 16,24). Je te fais, Seigneur, la prière que tu nous suggères par celui qui est notre « Conseiller admirable » (Is 9,5). Puissé-je recevoir ce que tu as promis par celui qui est ta Vérité, pour que ma joie soit parfaite. Dieu vrai, je te fais cette prière ; exauce-moi pour que ma joie soit parfaite. Que désormais ce soit la méditation de mon esprit et la parole de mes lèvres. Que ce soit l’amour de mon cœur et le discours de ma bouche, que ce soit la faim de mon âme, la soif de ma chair et le désir de tout mon être, jusqu’à ce que j’entre dans la joie du Seigneur (Mt 25,21), Dieu unique en trois Personnes, béni pour les siècles. Amen.
LECTURES :
Livre des Actes des Apôtres 15,7-21.
En ces jours-là, comme la conversion des païens provoquait, dans l’Église de Jérusalem, une intense discussion, Pierre se leva et leur dit : « Frères, vous savez bien comment Dieu, dans les premiers temps, a manifesté son choix parmi vous : c’est par ma bouche que les païens ont entendu la parole de l’Évangile et sont venus à la foi. Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage en leur donnant l’Esprit Saint tout comme à nous ; sans faire aucune distinction entre eux et nous, il a purifié leurs cœurs par la foi. Maintenant, pourquoi donc mettez-vous Dieu à l’épreuve en plaçant sur la nuque des disciples un joug que nos pères et nous-mêmes n’avons pas eu la force de porter ? Oui, nous le croyons, c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous sommes sauvés, de la même manière qu’eux. » Toute la multitude garda le silence, puis on écouta Barnabé et Paul exposer tous les signes et les prodiges que Dieu avait accomplis grâce à eux parmi les nations. Quand ils eurent terminé, Jacques prit la parole et dit : « Frères, écoutez-moi. Simon-Pierre vous a exposé comment, dès le début, Dieu est intervenu pour prendre parmi les nations un peuple qui soit à son nom. Les paroles des prophètes s’accordent avec cela, puisqu’il est écrit : ‘Après cela, je reviendrai pour reconstruire la demeure de David, qui s’est écroulée ; j’en reconstruirai les parties effondrées, je la redresserai ; alors le reste des hommes cherchera le Seigneur, oui, toutes les nations sur lesquelles mon nom a été invoqué, – déclare le Seigneur, qui fait ces choses connues depuis toujours.’ Dès lors, moi, j’estime qu’il ne faut pas tracasser ceux qui, venant des nations, se tournent vers Dieu, mais écrivons-leur de s’abstenir des souillures des idoles, des unions illégitimes, de la viande non saignée et du sang. Car, depuis les temps les plus anciens, Moïse a, dans chaque ville, des gens qui proclament sa Loi, puisque, dans les synagogues, on en fait la lecture chaque sabbat. »
Psaume 96(95),1-2a.2b-3.10.
R/ Racontez à tous les peuples les merveilles du Seigneur ! (Ps 95, 3)
Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière, chantez au Seigneur et bénissez son nom !
De jour en jour, proclamez son salut, racontez à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles !
Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! » Le monde, inébranlable, tient bon. Il gouverne les peuples avec droiture.
Le rapprochement avec Salve Corda étant toujours dans une phase de mise en place, nous allons attendre que celle-ci soit achevée avant de reprendre les réflexions sur le message de Fatima. En attendant, nous allons poursuivre la réflexion sur la dévotion au Cœur Immaculé de Marie et plus particulièrement, la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois.
C’est en effet un point particulièrement important, et aussi douloureux, car il n’a pas été possible d’obtenir que le Saint-Père approuve et recommande cette dévotion, comme l’a demandé Notre-Dame. Mais cet échec ne doit pas nous décourager ; au contraire, il doit nous pousser à prier encore plus à cette intention, et à pratiquer cette dévotion avec d’autant plus de ferveur.
Pour cela, nous vous proposons de partager les réflexions du père António Maria Martins, un jésuite portugais, grand chercheur et auteur sur les apparitions de Fátima. Il a réuni plus de 3 000 documents sur la question et a publié plusieurs ouvrages importants dans les années 1970, notamment l’intégralité des quatre mémoires de sœur Lucie écrits entre 1935 et 1941, ainsi que des centaines de lettres d’elle. C’est donc un des meilleurs connaisseurs de Fatima. Aussi, son avis sur la dévotion au Cœur Immaculé de Marie est-il particulièrement important à connaître. Dans un petit livre intitulé Lettres de sœur Lucie, publié en 1979, il commence par un prologue dans lequel il aborde la question suivante : Qu’exigent de nous les premiers samedis ? Il y explique ce qu’est la dévotion réparatrice des premiers samedis du mois, en analysant en détail en quoi consistent les cinq pratiques de cette dévotion. Dans la précédente lettre de liaison, nous avons présenté ce qu’il disait sur la récitation du chapelet. Voyons ce qu’il dit sur deux autres pratiques de cette dévotion : le quart d’heure de méditation et l’esprit de réparation. Beaucoup de ce que dit le père Martins a déjà été dit plusieurs fois dans de précédentes lettres de liaison. Il est cependant intéressant de voir comment lui-même présente ces deux points.
La méditation de 15 minutes
Le 10 décembre 1925, Notre-Dame demanda de « lui tenir compagnie pendant quinze minutes, en méditant sur les quinze mystères du Rosaire ». Ce quart d’heure de méditation est pratiqué de diverses façons selon les endroits. Certains pensent qu’il est nécessaire de méditer sur les 15 mystères, d’autres qu’il suffit de méditer sur un mystère, d’autres répartissent les 15 minutes en cinq méditations de 3 minutes avant chacun des cinq mystères du chapelet.
Voici ce que dit le père Martins sur cette question :
Dans tous les textes de sœur Lucie concernant les premiers samedis, il est toujours demandé de consacrer 15 minutes à la méditation sur les mystères du Rosaire, indépendamment de la récitation du Rosaire. Cependant, nous savons, d’après sa lettre du 3 décembre 1939 au père Aparicio, que l’évêque de Leiria, Mgr José Alves Correia da Silva, a autorisé de faire les deux choses ensemble « afin de faciliter au peuple la pratique de cette dévotion, à laquelle, d’ordinaire, il n’est ni habitué, ni ne sait méditer ». Dans le prologue de Documentos de Fátima, page XIII, note 1, j’ai suggéré « que tout peut s’harmoniser, en effectuant la méditation entre les mystères, mais en prolongeant la durée de 15 minutes ». Je vais essayer ici de clarifier un peu mieux ce point. Comme tout le monde le sait, il existe plusieurs méthodes de prière. Je crois donc qu’on peut faire entre chaque mystère une brève méditation de 3 minutes, en lisant lentement les textes bibliques correspondants, en cherchant à en saisir le sens, à les savourer et à en tirer quelque fruit, puis prier la dizaine correspondante, sans se presser. Prier à la hâte, comme pour en finir, ce n’est pas prier. Dieu et Notre-Dame n’ont pas besoin de perroquets ou de cassettes d’enregistreurs, ni de mots. Ils veulent nos cœurs. Ne lésinons pas sur notre temps avec notre Mère du Ciel qui nous aime bien plus que nos mères sur terre. Bien qu’il me semble que cela réponde, et très bien, à ce que Notre-Dame a demandé, je ne manque pas de souligner l’opinion de Sœur Lucie qui, dans la lettre citée du 3 décembre 1939, s’exprime ainsi : « Cependant, pour ceux qui le peuvent, il sera plus parfait de faire chaque chose à son tour ». Et pour voir comment elle procédait, voici un extrait inédit d’une de ses lettres :
« Voici la manière dont je fais les méditations sur les mystères du Rosaire, les premiers samedis. Premier mystère, l’Annonciation de l’ange Saint Gabriel à Notre-Dame. 1er prélude : représenter, voir et entendre l’ange saluer Notre-Dame par ces mots : « Je vous salue Marie, pleine de grâce ». 2e prélude : demander à Notre-Dame d’insuffler dans mon âme un profond sentiment d’humilité. 1er point : Je méditerai sur la manière dont le Ciel proclame la Très Sainte Vierge pleine de grâce, bénie entre toutes les femmes et destinée à être la Mère de Dieu. 2e point : L’humilité de Notre-Dame, se reconnaissant et se disant servante du Seigneur. 3e point : Comment dois-je imiter Notre-Dame dans son humilité, quels sont les actes d’orgueil et de superbe par lesquels nous déplaisons le plus à Notre Seigneur, et quels sont les moyens que je dois employer pour les éviter, etc. Au deuxième mois, je médite le deuxième mystère joyeux ; au troisième, le troisième, et ainsi de suite, en suivant la même méthode de méditation. Quand j’ai terminé ces 5, j’en commence 5 autres, et je médite les mystères douloureux, puis les glorieux, et quand j’ai terminé ceux-ci, je recommence les joyeux. »
Nous voyons ainsi qu’elle ne se contente pas des premiers samedis de 5 mois, mais qu’elle les fait tous, et cela certainement pas pour s’assurer les grâces que Notre-Dame garantit à ceux qui pratiquent la dévotion pendant 5 mois consécutifs : « Je promets de les assister à l’heure de la mort avec toutes les grâces nécessaires au salut de ces âmes », car dès la première apparition, il lui a été assuré que les trois iraient au Ciel. À ce propos, je consigne ici cette anecdote : un jour, une compagne dit à sœur Lucie : « C’est vous, ma Sœur, qui êtes heureuse. Vous avez déjà la certitude d’aller au Ciel », ce à quoi elle répliqua aussitôt : « Et vous aussi, ma Sœur, parce que Notre Seigneur a dit : “Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle” ».
Ce commentaire du père Martins confirme plusieurs points que nous avons plusieurs fois affirmés :
La dévotion ne se limite pas à 5 samedis.
Selon sœur Lucie, il est préférable de faire les 15 minutes d’un seul tenant, plutôt que de les répartir en 5 groupes de 3 minutes avant chaque dizaine, même si cette pratique n’est pas rejetée par sœur Lucie.
Il n’est pas nécessaire de méditer sur tous les mystères (soit 1 minute par mystère) : sœur Lucie préférait méditer sur un seul mystère pendant 15 minutes.
Et pour nous aider à faire ces 15 minutes de méditation soigneusement, chaque premier samedi du mois, toute la durée de notre vie, nous essayerons de vous fournir des méditations pour soutenir votre réflexion et ainsi faciliter cet exercice qui n’est pas toujours naturel pour certains.
La réparation des offenses envers le Cœur Immaculé de Marie
C’est un point parfois un peu oublié. La Sainte Vierge a dit que cet esprit devait inspirer toutes les pratiques liées à la communion réparatrice : le chapelet, la messe, la méditation et la confession. Et, à Pontevedra, le 15 février 1926, Notre-Seigneur a précisé que si cette intention n’avait pas été formulée lors de la confession, il importait de le faire à la suivante. À sœur Lucie qui Lui demandait que faire si les personnes ne pouvaient pas se confesser le samedi, Notre-Seigneur lui répondit qu’une confession antérieure pouvait convenir « pourvu que (…) dans cette confession antérieure, elles aient l’intention de faire ainsi réparation au Sacré-Cœur de Marie. »
Voici les réflexions du père Martins sur la nécessité de bien avoir cet esprit de réparation.
C’est une condition indispensable, comme le montre ce passage : « Mon Jésus ! Et celles qui oublient de formuler cette intention ? — Elles peuvent la formuler dès leur prochaine confession, en profitant de la première occasion qu’elles auront de se confesser ». La même exigence figure dans une autre lettre : « Regarde, ma fille, mon Cœur entouré d’épines que les hommes ingrats m’enfoncent à chaque instant par leurs blasphèmes et leur ingratitude. Toi, au moins, efforce-toi de me consoler et dis que…, afin de m’apaiser… ».
Sœur Lucie, répondant à six questions posées par le Père Gonçalves, s’exprime ainsi :
« Pourquoi doit-il y avoir “cinq samedis”, et non pas neuf ou sept, en l’honneur des douleurs de Notre-Dame ? Alors que je me trouvais dans la chapelle, avec Notre Seigneur, dans la nuit du 29 au 30 mai 1930, et que je parlais à Notre Seigneur des quatrième et cinquième questions, je me suis soudainement sentie plus intimement envahie par la Divine Présence ; et, si je ne me trompe pas, il m’a été révélé ce qui suit :
“Ma fille, la raison est simple : il y a 5 sortes d’offenses et de blasphèmes proférés contre le Cœur Immaculé de Marie : 1. Les blasphèmes contre l’Immaculée Conception ; 2. Contre Sa Virginité ; 3. Contre la Maternité divine, en refusant, en même temps, de la recevoir comme Mère des hommes ; 4. Ceux qui cherchent publiquement à insuffler, dans le cœur des enfants, l’indifférence, le mépris, et même la haine envers cette Mère Immaculée ; 5. Ceux qui L’outragent directement dans Ses images sacrées.” »
La liste des offenses contre Notre-Dame, présentée par la voyante très intimement imprégnée de la présence divine, est si actuelle que nous en avons eu la confirmation il y a encore quelques mois. En effet, un professeur jésuite espagnol – à la grande stupéfaction de ses confrères de l’Ordre, qui ont eu connaissance de ce qui s’était passé – a osé affirmer dans un article des plus malheureux que Jésus aurait pu naître des relations conjugales entre Marie et Joseph. Henri Fesquet, dans le journal Le Monde du 15 août 1978, répète la même hérésie. Ici, au Portugal, il y a aussi un torchon qui, en 1974 ou 1975, a osé reproduire un célèbre tableau de l’Annonciation, accompagné de légendes infâmes. Dieu merci, des milliers de personnes se sont immédiatement mobilisées, au Portugal et en Espagne, pour tenter de réparer ces blasphèmes. Ces réparations ont-elles été suffisantes ? A-t-on fait tout ce que Notre-Dame et Notre Seigneur ont demandé pour échapper à la menace des châtiments annoncés : « La Russie répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. Plusieurs nations seront anéanties » ?
La vérité toute nue est que cette prophétie se réalise de manière alarmante. Il suffit d’observer ce qui se passe en Afrique, en Asie et en Europe. C’est précisément cette année que l’on célèbre le 10eanniversaire de l’invasion de la Tchécoslovaquie par les chars soviétiques. Les pays occidentaux ont-ils déjà pris conscience de leur terrible péché d’omission, en croisant les bras et en fermant les yeux face à cette atteinte flagrante aux droits de l’homme ?
La raison de mes craintes est de constater que, malgré tous les efforts de sœur Lucie, du père Aparicio et d’autres apôtres, qui ne manquaient jamais une occasion de répondre aux demandes du Ciel, celles-ci sont encore inconnues de la majorité des Portugais et des Espagnols. Que dire alors du reste du monde ?! Et même parmi ceux qui les connaissent, combien sont-ils à les mettre en pratique ? Combien y a-t-il de paroisses, de communautés religieuses, de séminaires qui célèbrent les premiers samedis ? Toi qui es convaincu que la paix ne peut nous venir que par les moyens que Notre-Dame a recommandés à Fatima et à Pontevedra, que fais-tu ? Ne dors pas, comme les Apôtres dans le Jardin des Oliviers, pendant que Judas et les ennemis du Christ s’efforçaient de L’arrêter. Cherche à imiter cette dame de Burgos qui fit imprimer des centaines de milliers de pages sur les premiers samedis, et qui ne manqua jamais d’argent, car elle disait : « Notre-Dame s’est chargée de toucher le cœur de généreux donateurs ».
Nous, catholiques, avons beaucoup à apprendre de certains groupes politiques et religieux qui ne restent pas tranquillement chez eux, mais agissent, animés par un idéal digne d’une cause plus noble. Les paroles de Jésus-Christ s’accomplissent en eux : « Les enfants de ce monde sont plus avisés que les enfants de la lumière » (Lc 16, 8). Souviens-toi qu’il existe de véritables péchés d’omission, comme nous le confessons au début de la Sainte Messe. Souviens-toi aussi que s’il y avait eu dix justes à Sodome et Gomorrhe, ces villes n’auraient pas été détruites. C’est pourquoi tu peux nourrir l’espoir que nous pouvons nous sauver si nous nous disposons à travailler et à prier, car la prière est toute-puissante, comme l’enseigne Jésus dans cette parabole : « Si l’un de vous a un ami et qu’il aille le trouver à minuit pour lui dire : “Mon ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis vient d’arriver de voyage et je n’ai rien à lui offrir”, et s’il lui répond de l’intérieur : “Ne me dérange pas, la porte est fermée et mes enfants sont comme moi au lit, je ne peux pas me lever pour te les donner”, Je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour les lui donner parce qu’il est son ami, il se lèvera au moins à cause de son importunité, et il lui donnera tout ce dont il a besoin. Je vous le dis donc : demandez et il vous sera donné ; cherchez et vous trouverez ; frappez et on vous ouvrira ; car quiconque demande reçoit ; celui qui cherche trouve, et à celui qui frappe, on ouvrira. Lequel d’entre vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? Ou s’il lui demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Ou s’il vous demande un œuf, lui donnerez-vous un scorpion ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison le Père céleste donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! » (Lc 11, 5-13).
Le père Martins parle d’événements s’étant produits à son époque, c’est-à-dire peu avant 1979 (il a terminé la rédaction de son livre en octobre 1978). Que dirait-il aujourd’hui, en voyant notamment les plus hautes autorités de l’Église aller jusqu’à tenter d’ôter à Notre-Dame deux de ses plus beaux titres ? Il faut donc vivre chaque premier samedi dans cet esprit de réparation. Chaque jour, l’Église nous donne l’exemple d’un saint et nous propose des textes de la Bible à méditer. Il faut faire de même pour les premiers samedis du mois, même si l’Église ne prescrit toujours rien sur ce point.
Voici donc deux points de la dévotion réparatrice à ne pas négliger. Que les propos du père Martins nous aident à mieux en comprendre l’importance pour mieux les pratiquer.
En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie Yves de Lassus
À propos des rosaires vivants
Suite au manque de fiabilité d’internet, il est devenu difficile, avec l’organisation actuelle, d’avoir l’assurance que chacun des quinze participants inscrits à un rosaire vivant a bien reçu les mystères à méditer. Cette difficulté a conduit à suspendre, au moins provisoirement, l’organisation de ces rosaires. Nombre de ceux qui y étaient inscrits ont fait part de leur vif regret suite à cette décision. Devant la grande déception de certains, il a été décidé d’analyser à nouveau le problème pour tenter d’y trouver une solution, en particulier par le développement d’un outil informatique plus adapté et plus automatique. Les premières investigations ont montré que cela semblait tout à fait possible. Une nouvelle organisation devrait pouvoir être mise en place dans le courant du mois de mai si tout se passe bien.
Cela nécessite toutefois quelques adaptations par rapport à l’organisation actuelle. En recevant le message d’inscription dans un rosaire, chaque participant devra cliquer sur le lien figurant au bas du message, ce qui remplira automatiquement le tableau des mystères qui sera mis sur le site et que chaque participant pourra consulter. Si un participant omet de le faire, le site lui enverra automatiquement un message de rappel chaque jour. Si après quelques jours il n’y a toujours pas de réponse, le participant sera remplacé et réinscrit pour le rosaire suivant. Il est également envisagé de demander régulièrement une confirmation de la participation effective au rosaire, peut-être pas chaque semaine, mais une semaine sur deux par exemple. Le site enverra automatiquement un message de demande de confirmation. Et comme pour l’inscription, la confirmation s’affichera sur le tableau du site, permettant à chaque participant d’être sûr que le rosaire est bien toujours complet.
Je Nous espérons que cette nouvelle organisation pourra être rapidement mise en place et donnera satisfaction à tous ceux qui souhaitent continuer à faire partie d’un rosaire vivant. En attendant, nous allons essayer de relancer un ou deux rosaires selon la procédure actuelle.