La musique avec le sitar; le Khöömei, les chants harmoniques aux sonorités gutturales; les danses folkloriques; le Bok, la lutte, croisement entre le sumo et le catch; le carrousel équestre, avec des acrobaties sur les nombreux chevaux qui peuplent les steppes; des exhibitions de contorsionnistes. C’est un spectacle pour les yeux et l’esprit que d’assister au Besreg Naadam, le festival culturel traditionnel de Mongolie, qui, par le biais de compétitions artistiques et sportives, permet au visiteur étranger d’entrer dans les racines de la culture de ce pays d’Asie centrale et de s’en imprégner.
À quarante kilomètres à l’est de la capitale Oulan-Bator, au premier jour du voyage de François consacré au repos avant le début des différents rendez-vous du 2 septembre, la suite pontificale et les journalistes accompagnant le Souverain pontife ont pu assister à un moment d’art et d’histoire parmi les masques anciens, les danseurs, les musiciens, les chameaux et les chevaux. Le tout immergé dans un cadre naturel impressionnant de vallées verdoyantes parsemées de yourtes typiques, les tentes des bergers nomades.
François salué par une garde d’honneur à son arrivée en Mongolie
François est arrivé à Oulan-Bator pour la première visite d’un Pape en Mongolie
L’Airbus A330 de la compagnie Ita Airways qui avait décollé de Rome à 18h41 s’est posé sur l’aéroport Gengis Khan d’Oulan-Bator à 9h52, heure locale.
Vatican News
Au terme de 9h30 de vol pour parcourir les 8 278 km qui séparent les deux aéroports de Rome et d’Oulan-Bator, l’avion qui transportait le pape François, sa suite et les journalistes vaticanistes qui l’accompagnent, est arrivé dans la capitale mongole à 9h52 locales. François, le premier Pape à fouler le sol mongol a été accueilli par la ministre des Affaires étrangères, Battsetseg Batmunkh, tandis qu’une jeune femme mongole en costume traditionnel lui offrait une coupe de yaourt séché.
L’évêque de Rome a été salué par une garde d’honneur avant de rejoindre les salons de l’aéroport pour un bref entretien avec la cheffe de la diplomatie. Le Souverain pontife a ensuite pris la route pour la préfecture apostolique, distante d’une cinquantaine de kilomètres et située dans la partie sud de la capitale Oulan-Bator. C’est là qu’il résidera au cours de son séjour.
Aucune activité publique du Pape n’est prévue pour le reste de la journée. Le programme du voyage reprendra samedi 2 septembre avec une visite privée au président de la République, Ukhnaagiin Khürelsükh, qui sera suivie de la rencontre avec les autorités et le corps diplomatique au cours de laquelle aura lieu le premier échange de discours.
Comprendre la Mongolie par «les sens»
Pendant le vol, en saluant les quelques 70 journalistes qui l’accompagnent dans ce 43e voyage apostolique, François s’est inspiré de la faible densité de population, la plus faible au monde, sur le vaste territoire de la nation (1,6 millions de km2): «Aller en Mongolie, c’est aller à la rencontre d’un petit peuple dans un grand pays. La Mongolie semble ne pas avoir de fin et ses habitants sont peu nombreux, un petit peuple (peu nombreux) d’une grande culture. Je pense qu’il nous sera utile de comprendre ce silence, si long, si grand. Cela nous aidera à comprendre ce qu’il signifie, mais pas intellectuellement, à le comprendre avec nos sens».
Eva Fernadez, journaliste de Cope, montre au Pape une gourde transpercée
Une gourde transpercée par les balles en Ukraine
En poursuivant comme à son habitude au début du vol papal un échange verbal avec les journalistes, Eva Fernandez, correspondante de la radio espagnole Cope, montre au Saint-Père une gourde verte trouée et explique que l’objet a été percé par des impacts de balles. La gourde appartient à un soldat ukrainien qui a été sauvé d’une explosion. Il l’a ensuite déposée dans une église de Lviv pour remercier le Seigneur de l’avoir épargné. François a béni la gourde, sur laquelle sont gravés les signes de la guerre. Elle sera ramenée dans l’église de Lviv.
Sainte-Marie-Majeure : le pape confie à la Vierge son voyage en Mongolie
« Avec la Vierge, je suis en sécurité »
Le pape François s’est rendu à la Basilique de Sainte-Marie-Majeure, mercredi après-midi 30 août, pour confier à la Vierge Marie son voyage apostolique en Mongolie, indique Vatican News en italien. Il a prié devant l’icône de la Vierge Salus Populi Romani.
Le pape partira à Oulan-Bator ce jeudi 31 août 2023, à 18h30. Le retour au Vatican est prévu dans l’après-midi du 4 septembre.
Un communiqué de la Salle de presse du Vatican informe que « cet après-midi, mercredi 30 août, le pape François a quitté la Maison Sainte-Marthe et s’est rendu à la Basilique de Sainte-Marie-Majeure, où, comme d’habitude, il s’est arrêté en prière devant l’icône de la Vierge Salus Populi Romani, lui confiant son prochain voyage apostolique en Mongolie. À la fin, il retourna au Vatican ».
C’est la 111e fois que le pape François arrive à Sainte-Marie-Majeure à l’occasion d’un voyage apostolique, indique la même source.
Pourquoi le pape François se recueille-t-il à Sainte-Marie-Majeure avant et après ses voyages ? Le pape a expliqué son geste lors de l’audience générale du 11 septembre 2019, la veille de la fête du Saint Nom de Marie.
Le pape a en effet dit : « Avant de commencer un voyage, et au retour, je me rends toujours auprès de la Vierge, la Salus Populi Romani, pour que ce soit elle qui m’accompagne pendant le voyage, comme une Mère, qui me dise ce que je dois faire, qui conserve mes paroles, mes gestes. Avec la Vierge, je suis en sécurité. »
C’est son dernier voyage apostolique avant Marseille. Le pape François est en Mongolie, du 31 août au 4 septembre. Il se rend aux « périphéries », dans un pays où les catholiques sont ultra minoritaires. Mais son déplacement est aussi politique car le chef de l’Église catholique sera à mi-distance de la Chine et de la Russie.
C’est la première fois qu’un pape se rend en Mongolie. À l’issue de l’Angélus, dimanche 27 août, le pape François s’est dit « heureux » de partir à la rencontre d’un « peuple noble et sage ». Et de rendre visite à une « Église petite en nombre mais dynamique dans la foi ». Avec pas plus de 1.500 fidèles, c’est peu de dire que les catholiques sont minoritaires au pays des steppes. Qu’est-ce donc qui motive le chef de l’Église catholique à faire le déplacement ?
La Mongolie, un ancien pays du bloc soviétique
Avec 1.500 fidèles sur un total de trois millions d’habitants, en majorité bouddhistes, la Mongolie l’un de ces pays qui comptent une toute petite communauté catholique. Grand comme trois fois la France, il a fait partie du bloc soviétique entre 1917, 1918 et 1992. Année où « les premiers missionnaires chrétiens sont arrivés », raconte l’historien Jean-Baptiste Noé, rédacteur en chef de la revue Conflits et auteur du livre « Le déclin d’un monde – Géopolitique des affrontements et des rivalités » (éd. L’Artilleur, 2023).
Mais le christianisme était présent en Mongolie bien avant l’ère soviétique,« au moins depuis le XIIIe siècle », décrit l’historien. « La Mongolie c’est le pays de Gengis Khan, explique-t-il, ce grand homme qui a édifié un empire à travers toute l’Asie centrale. Il a été en contact avec des catholiques orientaux, des syro-orientaux. » Et parmi eux, sa propre mère ! « On sait que la mère de Gengis Khan était chrétienne. » De même que plusieurs ministres à la cour de l’empereur.
Un voyage aux « périphéries »
On connaît l’affection du pape François pour l’Asie, une attirance qui remonte à ses années étudiantes. Mais ce n’est pas la seule raison de sa visite au pays des steppes. « François l’a dit dès le début de son pontificat, il souhaitait faire des voyages dans des pays très peu visités par des papes », rappelle Jean-Baptiste Noé. Ainsi, après la Birmanie en 2017, les Émirats arabes unis et la Macédoine du Nord en 2019, l’Irak en 2021, Bahreïn en 2022 et le Soudan du Sud en 2023, la Mongolie est le septième pays à recevoir pour la première fois la première visite d’un souverain pontife.
Le pape François ne dira probablement rien sur la situation en Ukraine mais il sera aux portes de la Russie…
À mi-distance entre la Chine et la Russie
Mais le pape des « périphéries » effectue aussi un voyage hautement symbolique, si ce n’est stratégique.« La Mongolie c’est une île au milieu de deux empires, décrit l’historien, à savoir la Russie et la Chine. En se rendant en Mongolie le pape sera à équidistance entre les deux pays. » Depuis longtemps, le pape espère se rendre en Chine et en Russie mais aucun « accord » a été trouvé entre les gouvernements. Le pape François « ne dira probablement rien sur la situation en Ukraine ou en Chine mais il sera aux portes de la Russie et de la Chine ».
Un voyage aux portes de la Russie alors que le Vatican tente d’éteindre la polémique suscitée par les propos du pape aux jeunes catholiques russes, tenus le 25 août dernier. Des propos « spontanés », a précisé le Vatican ce mardi 29 août, mais qui ont fait réagir. Notamment en Ukraine, où on accuse le chef de l’Église catholique d’encourager l’impérialisme russe. Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, a tenu à préciser : « Le pape a voulu encourager les jeunes à préserver et à promouvoir ce qu’il y a de positif dans le grand patrimoine culturel et spirituel russe, et certainement pas à exalter des logiques impérialistes et des personnalités gouvernementales, citées pour indiquer certaines périodes historiques de référence. » (Source : Vatican News)
Cardinal Parolin: François en Mongolie, pèlerin de l’espérance pour le monde entier
Le Pape se rend en Mongolie pour confirmer dans la foi la communauté catholique «petite et vivante» de Mongolie et pour renforcer les liens entre le Saint-Siège et ce pays asiatique. C’est ce qu’a déclaré le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, sur la visite apostolique à Oulan-Bator. La paix, la rencontre et le dialogue seront les trois pierres angulaires de ce voyage.
Massimiliano Menichetti – Cité du Vatican
La Mongolie est prête à accueillir un Pape pour la première fois de son histoire, «l’attente est grande»: le secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, dans un entretien accordé aux médias du Vatican, évoque l’enthousiasme avec lequel la petite communauté catholique de ce pays asiatique se prépare à accueillir le Saint-Père.
Au cours de ce 43e voyage apostolique, François sera du 31 août au 4 septembre à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, pays de 1,5 million de km2 et peuplé d’environ 3,3 millions d’habitants, frontalier de la Russie et de la Chine. La devise « Espérer ensemble » est essentielle pour comprendre ce voyage, car il y a un grand besoin d’espérance, «une espérance qui n’est pas une attente vide, mais qui se fonde, au moins pour nous chrétiens, sur la foi, c’est-à-dire sur la présence de Dieu dans notre histoire, et qui se transforme en même temps en un engagement personnel et collectif», explique le cardinal Parolin.
Éminence, quelles sont les attentes du Saint-Père? Ce voyage au cœur de l’Asie répond à l’invitation des autorités du pays et de la communauté catholique. Les attentes sont grandes, tant de la part du Saint-Père que de la Mongolie, qui voit pour la première fois un Successeur de Pierre fouler son sol. L’intérêt du Pape est de rencontrer cette communauté, réduite en nombre, mais jeune, vivante, fascinante, par son histoire et sa composition particulières. De plus, la dimension interreligieuse sera très importante dans ce pays à grande tradition bouddhiste.
Le Pape confirmera dans la foi quelque 1 500 catholiques présents en Mongolie. Quelle est l’importance de la présence de François pour cette petite communauté missionnaire? L’enthousiasme avec lequel les catholiques se préparent à accueillir le Saint-Père est palpable. Sa présence est attendue à la fois comme une confirmation et un encouragement sur le chemin de la vie chrétienne, sur le chemin de la foi, de l’espérance et de la charité, mais aussi comme une confirmation de l’accomplissement d’une période fascinante d’inculturation missionnaire. En effet, si nous pensons à l’histoire de cette Église, nous ne pouvons qu’être admiratifs. Je dirais même émus. Après des siècles d’absence, au début des années 1990, suite à la transition démocratique pacifique du pays, elle est repartie pratiquement de zéro. Les premiers missionnaires sont arrivés en pionniers, apprenant la langue, et commençant à célébrer dans les foyers. Ils ont senti que la voie à suivre devait être celle de la charité et ont étreint la population locale comme s’il s’agissait de leur propre peuple. C’est ainsi qu’après seulement quelques décennies, il existe une communauté catholique au sens propre du terme, une communauté « universelle »,composée de membres locaux, mais aussi de membres de différents pays, qui, avec humilité, douceur et sens de l’appartenance, souhaitent être une petite graine de fraternité.
L’accent sera également mis sur la rencontre œcuménique et interreligieuse du dimanche 3 septembre. Comme l’a rappelé à plusieurs reprises le Saint-Père, la voie interreligieuse, du dialogue œcuménique, ne sont pas des choix d’opportunité ou de commodité, mais des chemins que, depuis le Concile, l’Église catholique suit sans syncrétisme. De ce point de vue, la rencontre avec des représentants d’autres religions a toujours pour but de construire la paix et la fraternité. Nous savons combien nous avons besoin aujourd’hui de cet effort pour construire la paix et la fraternité! Bien entendu, cette visite marque également un moment important de rencontre avec le bouddhisme qui, en Mongolie, bénéficie d’une présence et d’une histoire très significatives, caractérisées par une sage recherche de la vérité, mais également marquées par de grandes souffrances dans le passé.
Ces dernières années, à côté du mode de vie traditionnel, nous assistons à une urbanisation croissante. Dans le contexte de ce changement social, quel rôle la visite du Saint-Père peut-elle jouer? Le Pape souligne souvent l’importance de la recherche de l’harmonie. Par cette expression, il entend suggérer une croissance globale, totale, c’est-à-dire une croissance humaine, sociale et spirituelle qui se tient à l’écart des risques d’homologation, sachant au contraire intégrer les différences et les changements comme facteurs de croissance, de sorte que la rencontre des contraires et des différences l’emporte sur l’affrontement et l’opposition. La société mongole traverse une période historique difficile, où la sagesse bien enracinée dans le peuple est appelée à combiner tradition et modernité, sans perdre ses racines et en promouvant le développement de tous. Le Pape, qui, en signe d’amitié et de grand respect, est heureux de rencontrer le peuple mongol, sera attentif à ces aspects.
Le dialogue entre le Saint-Siège et la Mongolie remonte à quelques 800 ans, à l’époque d’Innocent IV. Quelle est la nature de ces relations aujourd’hui? Dans le sillage des précédents historiques que vous venez de mentionner, la convergence d’intérêts a conduit à l’établissement formel de relations diplomatiques en 1992. Et la coopération qui s’est établie alors -même à un niveau formel- continue de progresser! Des progrès significatifs ont été réalisés dans des domaines d’intérêt commun, comme cela a été mis en évidence par la visite officielle de Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États et les organisations internationales, en juin dernier. Cela va continuer. Le prochain voyage apostolique est donc une occasion propice pour renforcer encore ces liens, qui visent à promouvoir le bien commun, la liberté religieuse, la paix, le développement humain intégral, l’éducation, les échanges culturels, ainsi qu’à relever les défis communs qui affectent la région et la communauté internationale.
En ce sens, pouvons-nous nous attendre à un nouvel appel à la paix de la part du Saint-Père, en ces temps où le monde entier est déchiré par des conflits? Le Saint-Père continue d’appeler à la paix, pourquoi? Parce qu’il porte dans son cœur la douleur atroce causée par ce qu’il a lui-même longtemps appelé la « troisième guerre mondiale en morceaux ». Au-delà des appels explicites à la paix que le Pape pourrait lancer à cette occasion, il me semble que c’est la présence même du Pape en Mongolie qui constitue une invitation à la paix. Et ce, en raison de la place significative que ce pays occupe dans le grand contexte asiatique. Cette visite porte en elle l’appel au respect de chaque pays, petit ou grand, à l’observation du droit international, à la renonciation au principe de la force pour régler les différends, à la construction de relations de collaboration, de solidarité et de fraternité entre voisins et avec tous les pays du monde.
La Chine est un grand pays limitrophe de la Mongolie, une nation que François considère avec beaucoup d’intérêt. Un voyage en République populaire de Chine est-il envisagé, même si ce n’est pas dans un avenir proche? Tout le monde connaît l’intérêt que porte le Pape François à la Chine. Et en ce qui concerne votre question, je peux dire qu’il y a dans le cœur du Saint-Père ce grand désir, un désir tout à fait compréhensible qu’il a déjà manifesté publiquement à plusieurs reprises, de se rendre dans ce noble pays. À la fois pour visiter la communauté catholique et l’encourager sur le chemin de la foi et de l’unité, mais aussi pour rencontrer les autorités politiques, avec lesquelles il a déjà eu l’occasion d’échanger des points de vue. Ces autorités politiques avec lesquelles le Saint-Siège a établi depuis longtemps un dialogue, confiant que, malgré les difficultés et les obstacles sur le chemin, c’est précisément par cette voie du dialogue et de la rencontre, plutôt que par celle de l’affrontement idéologique, que l’on peut obtenir de bons fruits pour tous.
Le Saint-Père est revenu récemment des JMJ de Lisbonne où, comme il l’a souligné, l’espérance est devenue visible chez les jeunes. Où nous mène ce voyage en Mongolie? La devise du voyage -nous le savons- est « Espérer ensemble » et donc, une fois de plus, l’accent est mis sur l’espérance, qui sera également le thème du Jubilé de 2025. Pourquoi tant d’insistance sur l’espérance? Évidemment, parce que notre monde en a tellement besoin! Notre monde manque d’espérance, face aux nombreux drames personnels et collectifs qu’il vit. Une espérance qui n’est pas une attente vide, attendre que les choses s’améliorent, presque sous une forme magique, mais qui se fonde, au moins pour nous chrétiens, sur la foi, c’est-à-dire sur la présence de Dieu dans notre histoire, et qui se transforme en même temps en un engagement personnel et collectif, un engagement actif, pour l’amélioration du monde, et cela nous pouvons le faire ensemble, croyants et laïcs, tous ceux qui sont convaincus de cette possibilité. Ici, il me semble que le fait que le Pape parte pour des pays géographiquement éloignés et qu’il affronte aussi les inconvénients qui en découlent, c’est précisément pour signifier son désir de témoigner activement et de promouvoir concrètement l’espérance dans le monde d’aujourd’hui.
Éminence, quelle est votre espérance, quelles sont vos attentes? Je partage les attentes du Saint-Père, celles que je viens d’essayer de décrire. Il me semble en outre que les voyages apostoliques du Pape, du Successeur de Pierre, sont d’une grande importance et d’une grande efficacité pour attirer l’attention de toute l’Église sur certaines communautés qui la composent et qui, comme dans le cas de la Mongolie, sont numériquement peu nombreuses et courent donc le risque, d’une part, de ne pas être toujours suffisamment connues, appréciées et prises en considération; et d’autre part, cela permet à ces communautés d’offrir leur contribution à l’Église dans son ensemble, en attirant l’attention sur ce qui est fondamental pour sa vie et pour sa mission. Je dirais qu’elles sont un peu comme les premières communautés chrétiennes dont nous devons nous inspirer. Je suis convaincu que cela se produira, et que cela se produira également en cette occasion. Et je prie en ce sens.
À quelques heures de l’arrivée du Souverain pontife en Mongolie, la petite communauté catholique s’attèle aux derniers préparatifs pour ce voyage à la rencontre d’une Église méconnue.
Olivier Bonnel – Envoyé spécial à Oulan-Bator, Mongolie
«Mais qui est le Pape?» C’est une question régulièrement revenue dans la bouche des certains prêtres missionnaires en Mongolie, se faisant l’écho de leurs ouailles. Elle traduit la singularité de ce 43e voyage apostolique. Pour la petite communauté catholique mongole, la venue du Pape François est avant tout celle d’un quasi-inconnu, qui leur fait l’honneur de venir visiter l’une des plus modestes Églises de la planète.
Si cette première visite d’un évêque de Rome sur les traces de Gengis Kahn reste un événement, cela se traduit dans les rues d’Oulan-Bator avec une certaine modestie. À l’aéroport de la capitale, un stand affiche le visage du Souverain pontife et propose de télécharger le programme via un QR code. Mais les rues de la ville restent pour le moins discrètes. On est loin des allées qui pavoisent et qui seraient bondées de pèlerins saluant le Saint-Père, comme dans les grandes nations catholiques qu’il a récemment visitées.
Les paroisses mobilisées
C’est aux abords des paroisses de la capitale que l’on s’affaire. La plupart des missionnaires vivant sur place ont été réquisitionnés pour superviser les derniers détails, que ce soit à la cathédrale des Saints-Pierre et Paul, première église érigée dans le pays où le Pape rencontrera samedi après-midi la communauté catholique locale, ou bien dans la Steppa Arena, écrin flambant neuf où se loge la patinoire nationale, lieu choisi pour la célébration de la messe dimanche.
À la paroisse Saint-Thomas d’Aquin, tenue par les frères scheutistes et située dans le centre-ville, une atmosphère joyeuse règne dans les couloirs. Sur un présentoir, à l’entrée de la chapelle, des tee-shirts aux couleurs de la Mongolie et du Vatican, ainsi que des sacs arborant la devise de ce voyage «Espérer ensemble» ont été mis en vente, tout comme une urne pour les dons. Les sommes récoltées pourront couvrir les frais de déplacement des catholiques vivant hors de la capitale.
«Nous sommes tous très excités, c’est la première fois que l’on accueille un aussi grand personnage comme le Pape, sourit le père Jay Mark Gutierrez, d’origine philippine, membre de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie, les émotions sont mélangées, des catholiques mongols demandent plusieurs fois par jour à quelle heure il faut partir pour la cathédrale, ils sont joyeux comme des enfants, mais ils ne savent pas pourquoi». La joie est timide mais prégnante, dans ces visages prêts à accueillir un Pape, venu donner de la visibilité à ce petit troupeau au sein de la Mongolie.
Oulan-Bator, la capitale mongole, attend le Pape François.
François, «Je serai en Mongolie comme un frère pour tous»
Après la récitation de la prière mariale, François a évoqué son prochain voyage apostolique, la Mongolie du 31 août au 4 septembre. Un déplacement «tant désiré», s’est-il réjoui.
Le Pape, enthousiaste de son départ imminent pour la Mongolie, où il se rendra du 31 août au 4 septembre. Lors de l’Angélus du dimanche 27 août, il est revenu sur ce voyage «tant désiré», évoquant notamment la rencontre œcuménique et interreligieuse prévue le dimanche 3 septembre.
“Cela sera l’occasion d’embrasser une Eglise peu nombreuse mais vivante dans la foi et la charité, et aussi de rencontrer de près un peuple noble et sage, avec une grande tradition religieuse, que j’aurai l’honneur de connaître surtout dans le cadre d’un événement interreligieux.”
François s’est ensuite adressé à tous les Mongols, se disant «heureux de voyager pour être parmi vous comme un frère pour tous», il a remercié les autorités pour l’invitation, ainsi que tous ceux qui travaillent à la préparation de ce déplacement et a demandé d’accompagner ce voyage par la prière.
Mongolie : L’histoire de la statue de la Vierge de Darkhan
« Le fait que nous soyons ici est une grâce de Notre-Dame »
L’histoire de la statue mariale trouvée dans la décharge de Darkhan est au cœur du sixième vidéo-reportage réalisé pour l’agence vaticane Fides par Teresa Tseng Kuang yi, à l’occasion du voyage du pape François en Mongolie (31 août – 4 septembre 2023).
Elle a été trouvée par une dame de Darkhan, dans le nord de la Mongolie. La dame l’a placée dans sa ger, la maison traditionnelle mongole.
Personne ne sait d’où vient cette statue de Marie, découverte en 2013 dans la chambre de la dame par une religieuse salésienne : à l’époque, il n’y avait pas de chrétiens dans cette partie de la Mongolie.
« Si ce que la dame a dit est vrai, elle a trouvé cette statue de Notre-Dame avant que nous, les prêtres et les religieuses, n’arrivions à Darkhan, dit P. Leung Kon Chiu, salésien de Hong Kong travaillant en Mongole. Cette Madone est donc venue à cet endroit avant notre arrivée. Elle a préparé le terrain pour nous. Et le fait que nous soyons ici est une grâce de Notre Dame. »
Le cardinal Giorgio Marengo, préfet apostolique d’Oulan-Bator, a demandé que la statue soit placée dans la cathédrale de la capitale. Il a également informé le pape François de l’existence de la statue de Darkhan et le pape lui a demandé de donner un nom à la Vierge.
La statue est devenue « un symbole de notre Église catholique en Mongolie », souligne P. Leung Kon Chiu. Les Mongols l’appellent la « Madone céleste », et le card. Marengo a proclamé une année Notre-Dame de Mongolie qui se terminera le 8 décembre 2023, en la fête de l’Immaculée Conception.
La Mongolie est bordée au nord par la Russie et au sud par la Chine. Il est fort probable que ces frontières géographiques aient guidé la décision du pape de se rendre dans un pays où il y a si peu de catholiques, mais qui offre une excellente occasion d’envoyer un message à deux importants pays asiatiques.
Le porte-parole du Bureau de presse du Saint-Siège a confirmé samedi 3 juin que le pape François se rendra en Mongolie du 31 août au 4 septembre 2023, répondant à l’invitation du président du pays et des autorités ecclésiastiques de cette nation asiatique.
Quelques particularités de l’Église en Mongolie
La Mongolie est le 18e pays du monde par sa superficie, mais sa population n’est que de 3,2 millions d’habitants. Pour vous donner une idée, la capitale de l’Allemagne, Berlin, a une population de 3,6 millions d’habitants.
Il n’y a pas de diocèse en Mongolie. L’ensemble du territoire ecclésiastique relève de la « Préfecture apostolique d’Oulan-Bator », qui couvre tout le territoire du pays. La Mongolie ne compte qu’environ 1 500 catholiques.
La Mongolie est bordée au nord par la Russie et au sud par la Chine. Il est fort probable que ces frontières géographiques aient guidé la décision du pape de se rendre dans un pays où il y a si peu de catholiques, mais qui offre une excellente occasion d’envoyer un message à deux pays importants : le conflit en Ukraine pour l’un et les relations avec l’Église catholique pour l’autre.
La Mongolie a également la particularité d’avoir l’un des plus jeunes cardinaux du Collège des cardinaux : Giorgio Marengo, âgé de 48 ans.